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PLANTES (CONNAISSANCE DES) AU TEMPS UE I.A RENAISSANCE

contemporains, parmi lesquels il m’est permis d'en citer plusieurs, entrés récemment et trop tôt dans le domaine de l'histoire : A. -P. De Candolle, Endlicber, Hubert Brown, ktmlh et Littdlcy. Prononçons aussi le nom de notre maitre et ami regretté Adrien de Jussieu, le digne fils d'Antoiuc-Laurent de Jussieu.

Il n'est pas sans intérêt de jeter un coup d'œil sur ce que furent la bolauiquc et la science des herborisations chez nos ancêtres; si donc le lecteur consent à me suivre, je le conduirai dans l'arrière-boutique du bouquiniste. Nous lâcherons ensemble d'y tirer de la poussière les humbles monuments de la flore française, et, pour peu qu’il aime la botanique et les vieux livres, nos recherches pourront le charmer. Mais, quelque agréable que soit le parfum des livres moisis, on arrive à en être saturé. Heureux alors de retrouver le soleil et le grand jour, nous emporterons avec nous l'un de nos plus vénérables auteurs, Cornuti, par exemple, et, sairant ses précieuses indications (voy. Herhorisaitons, page 7él et suiv.), nous irons bravement au Cliaillol de Louis XIII chercher le couvent des Minimes, et les plantes qui croissent dans les environs.. . Nous n’y trouverons plus le couvent, mais nous y trouverons encore les descendants des plantes qui habitaient le voisinage du couvent. — Les œuvres de la nature sont, |>ar bonheur, plus durables que celles des hommes.

Comme spécimen de l'état de la botanique il y a trois siècles environ (1), je citerai en première ligne les Commentaires du laborieux, naïf et consciencieux » Matthiolus médecin sénois, sur les six livres de Dioscoride », importante compilation qui résume les compilations de l’line et de Dioscoride, et ne dédaigne aucune des fables et des traditions souvent burlesques, transmises d'âge en âge, à travers les siècles, par l’ignorance et l’amour du merveilleux; traditions souvent aussi très-dignes d'attention, et renfermant quantité de faits intéressants tombés à tort dans l'oubli, et nombre de fines observations: cette compilation, traduite dans presque toutes les langues, et notamment en français du xvie siècle, est devenue elle-même, pendant longtemps, la pâture de nouveaux compilateurs. — Une curieuse traduction de ce temps, remarquable par la grâce naïve du langage, est celle d’Antoine du Pinet ; j'ai fait çà et là, dans le cours de mon Dictionnaire, quelques emprunts à cette traduction, afin de faire connaître ce qu'étaient la matière médicale et l’herboristerie chez nos bons aïeux.

Je veux aussi mentionner les ouvrages de Uuchsius (2) et de ses traducteurs.

(I) Sous le règne de François 1er.

(’J) Voici les litres de plusieurs des traductions ou imitations françaises :

tt Commrnltiires tret r.rert/rns de /'Histoire de* jdnnte s, composés premièrement eu » latin par Leonhart Eousch, médecin très renommé, et depuis en fraueois par un homme ii savant et bien expert en la matière, ln-ful-, Paris. 1549, avec figures réduites.»

o l.'Histoire des p/nntes mi » en commentaires par Lconart Fusclis, médecin très ren nommé, et nouvellement traduict de latin en français, avec vrave observation de l'auteur,

» en telle diligence que pourra tesmoigner ceste œuvre présente, ln-4". Lion, 1558, avec » ligures réduites. »

» Vthstnire des plantes redou te en très bon ordre , augmentée de plusieurs simples,

» avec leurs figures et pourtraicts, et illustrée |>ar les Commentaires de Leonarlh Fnsrh,

» médecin Ires savant, laicls premièrement en latin, et puis traduits en françois. Lyon,

» 1575. In-folio, avec figures. »

« b: Bénéfice commun de tout te monde, où est contenu plusieurs souverainetés pour la

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