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RÈGNE VÉGÉTAL COMPARÉ AU RÈGNE ANIMAL

nisme) sc simplifie et s’affaiblit, de degré en degré, dans les classes inférieures de la série animale, jusqu'à ces productions ambiguës, intermédiaires, hésitantes entre les deux règnes, où les organes de la digestion et de la circulation paraissent manquer absolument ; productions qui ne sont plus que des masses presque homogènes, dont les fonctions paraissent réduites aux phénomènes d'absorption et d’assimilation, et chez lesquelles des mouvements de translation spontanés, capricieux, volontaires, décèlent seuls la nature animale.

Les fonctions de nutrition et de circulation paraissent être d’une simplicité beaucoup plus grande chez les végétaux que chez les animaux ; elles nous sont encore cependant moins connues. — Les végétaux n’ont pas de cavité digestive, d'estomac, d’intestin : aussi ne peuvent-ils pas absorber d'aliments solides; ils n’absorbent que de l’eau tenant ou non diverses substances en dissolution. Cette eau s’introduit par l'extrémité des racines, d’où elle monte dans le corps des racines, puis dans la tige, les branches, les rameaux et les feuilles. Les forces qui déterminent l’ascension de l'eau dans toutes les parties de la plante sont : l’endosmose et la capillarité (l'attraction s’exerçant daus des conditions particulières) ; l’action exhalante des feuilles produit aussi, pendant certaines périodes de la végétation, une sorte de succion qui facilite le mouvement d’ascension de l'eau. — Les liquides ascendants, arrivés dans les feuilles, y subissent l'action de l'air au moyen des petits, mais innombrables, organes stomatiques , et cet acte respiratoire les charge d'une certaine quantité de carbone ; puis, ainsi modifiés, et sans doute concentrés par [l'évaporation ou exhalation, les liquides passent à l'état de sève.

La sève fournit la substance de l'accroissement des feuilles et du prolongement qui s’étend au-dessous de leur point d'insertion, et qu'on nomme dècurrence. L'ensemble de ces décurreuces constitue, en grande partie, l'axe du jeune rameau (bourgeon développé), et accroissent, de haut en bas, son diamètre. La substauce séveuse, à l’étal de liquide gélatineux, continue à descendre à l’intérieur des branches, puis de la tige principale et des racines, entre le bois et l’écorce, où elle forme d'abord (chez les tiges dicotylées) une couche mucilagineuse unique ( cambium ) qui ne tarde pas à s'organiser en deux couches distinctes. L’une de ces deux couches (la plus profonde) s'ajoute au bois précédemment formé, et offre la même structure que lui (c'est la couche externe de l'aubier); l'autre couche (partie externe de la masse gélatineuse de la sève descendante) s'ajoute à la face interne de l’écorce, et présente la même structure que la couche d’écorce qui l’a précédée (c'est la couche interne du liber). — Si nous commençons à connaître l'emploi définitif des substances séveuscs, dans l’économie végétale, nous devons avouer que nous n’avons encore que des notions très-peu précises sur le mécanisme des fonctions de nutrition ou de circulation qui peut appartenir à chacun des divers tissus végétaux. Ces tissus jse composent de la réunion de petits organes, dits organes élémentaires, parfaitement étudiés et assez bien connus au point de vue de leurs formes spéciales et de leurs situations relatives (cellules de formes diverses, fibres ou clostres, trachées déroulables, vaisseaux ponctués, vaisseaux rayés, vaisseaux scalariformes, vaisseaux laticifères, etc.). Il est hors de doute, cependant, que ces organes, de formes dif-

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