RENONCULES
entre eux. Dans le genre Artrea, il n’y a qu’nn seul carpelle, lequel devient un fruit charnu bacciforme.
Les plantes indigènes de la famille des Renonculacées comprennent les genres : Clematis (fig. 1355 et 1356), Thalictrum, Anemone (fig. 1359), Adonis , Myosurus (fig. 1357), Ranuncuhts (Renoncule), Ficoria, Callha, ffellel/nrus (fig. 1360, 1361), Eranthis, Isopyruui, Nigella (fig. 1362, 1363), Garidella (fig. 1368), At/uilegia (Ancolie) (fig. 1369), Delphinium (Piedd'alouette) (fig. 136/i, 1366), Aconitum (Aconit) (fig. 1365, 1367), Pœonia (Pivoine) (fig. 1370), A ctœa.
Le groupe des Renonculacées a des affinités avec les Berbéridées et les Dilléniacées ; il se rapproche aussi des Papavéracées et des Nymphéacécs (qui s’en éloignent par leurs car|>elles soudés entre eux); il présente même des rapports avec un groupe monocotylé (les Alismacécs). — Les plantes de cette famille, abondantes dans les régions tempérées et glacées de l'hémisphère boréal, sont rares dans l'hémisphère austral; dans les régions tropicales de l'Asie et de l’Amérique, on en rencontre un certain nombre sur les pentes des hautes montagnes.
Les plantes de la famille des Renonculacées ont généralement un sucre âcre et irritant ; plusieurs sont douées de propriétés énergiques purgatives ou émé • tiques; quelques espèces, l'Aconit-Napel, par exemple, constituent des médicaments puissants ou des poisons dangereux ; les graines de quelques-unes sont aromatiques. Voy. Aconit, Ancolie, Clair-Bassin, Clématite, Ellébore, Hépatique, Nigelle, Pied-d’alouette, Pivoine, I’ulsatille, etc.
RENONCULES. Espèces du genre Ranunculus, famille des Renonculacées : — Ranunculus acris (Clair-bassin). Cette espèce et les II. bulbosus, II. arcensis, H. Lingua (grande-Douve), H. Flammula (pctite-Douve), sont également •âcres et vésicantes ; la médecine n’en fait plus aucun usage. — Le fl. Thura, plante des Alpes, et le fl. sceleratus, plante de nos ruisseaux, sont au nombre de celles dont l’icrelé est portée au plus haut degré (pendant que je séchais au fer chaud un échantillon de II. sceleratus, la matière âcre volatilisée détermina chez moi l'éternument et le larmoiement, et une vive irritation des muqueuses nasales et oculaires). — Ilanunculus repens (Pied-de-poule, Bouton-d’or). Cette plante est considérée à tort, par quelques auteurs, comme douée de la même âcreté que les précédentes ; il est facile de s’assurer que la plante fraîche a une saveur herbacée qui non-seulement est dépourvue d'àcreté, mais n’est pas même astringente; elle était connue dans les anciennes pharmacies sous le nom de H. dulcis, par opposition au U. acris. et employée comme diurétique. — Le flanunnilus asiatirus, la Renoncule des jardins, dit Endlicher, à fleurs doubles et multicolores, est la plus charmante des espèces du genre Renoncule; cette espèce se multiplie par ses racines grumeuses (ou griffes, souches à fibres radicales ovoîdes-charnucs-fasciculées). On sait combien elle était en honneur et de quels soins minutieux elle était l'objet dans les jardins de nos aïeux. Cette belle fleur, à peine admise aujourd'hui dans les corbeilles de nos élégants parcs modernes, a trouvé un asile dans les modestes jardinets des cloîtres, où elle est à l’abri des caprices de la mode ; l'aspect de scs touffes élé-
RENVERSÉ. — RÉSÉDACÉES.
gantes et gracieuses pénètre d’un doux sentiment de plaisir les âmes meurtries, aigries par l’incessante contemplation des vicissitudes humaines et l'aspiration à la béatitude céleste.
RENVERSÉ, inversut, — Semem inversum, graine renversée (dont le sommet regarde en bas) .
/lepandus. Dont les bords sont ondulés ou sinués.
llepens — lleptans. Rampant, dont les tiges sont couchées sur le sol et émettent des racines adventives, soit dans toute leur longueur, soit au niveau des bourgeons axillaires.
RÉPLICATIVES (Feuilles), folia replicativa. Feuilles doul le limbe est plié en travers pendant la préfoliaison.
REPRODUCTEURS (Organes). On désigne sous ce nom, chez les végétaux * phanérogames, les étamines ou le pollen qu'elles renferment, et les carpelles ou les ovules qui y sont contenus.
REPEODUTIOV, pro/tagatio. La reproduction est dite ovipare lorsqu’elle a lieu par les graines, et gemmipare lorsqu’elle a lieu par des bourgeons, au moyen des fragments de tiges, bourgeons plantés, enracinés dans le sol ou non enracinés (boutures et marcottes), ou insérés sur la tige d’une autre plante (greffe). Voy. Durée des plantes. Fécondation, Greffe, etc.
lleptans, llepem. Rampant (voy. ce mol).
RÉSÉDA (fleseda ndorata, famille des Résédacécs) (fig. 1371). Le nom de /leseda, qui vient de resedure, guérir, calmer, semblerait indiquer des propriétés que 11e justifient pas les plantes de la famille des Résédacées : leur saveur est âcre et piquante, et présente la plus grande analogie avec celle des Crucifères. Celle du /leseda odorata me parait presque identique avec celle du Lepidium sativum (Cresson -alénois).
RÉSÉDACÉES. Famille de plantes dicotylées dialypétales, i ovaire libre. Les Résédacées, bien que voisines des Capparidées, constituent un petit groupe parfaitement distinct Celte famille comprend quatre ou cinq genres, dont deux : /leseda et Astroearpus, sont représentés dans notre Dore d’Europe par quelques espèces communes : tel est le fleseda Luteola (la Gaude, plante vulgaire fournissant à la teinture une couleur jaune). Le Réséda odorant (/f. odorata ), si aimé pour sa senteur finement suave, est cultivé dans tous les jardins.
Les caractères de cette famille sont les suivants : Plantes herbacées ou un peu sous-frutescentes ; â feuilles alternes ou en spirales, entières ou découpées. Fleurs ord. hermaphrodites, [dus ou moins irrégulières, en grappes ou en épis terminaux. Calice à 4-7 divisions inégales, herbacé, persistant et même accrescent. Corolle à 4-7 pétales inégaux, les supérieurs découpés en lanières, les inférieurs très-petits, ord. munis à leur face interne d’une écaille glanduleuse embrassant le disque ; rarement à 2 pétales, ou nulle. Étamines 10-30, hypogyncs, insérées sur un disque charnu oblique, unilatéral, à filets réfléchis-arqués. Ovaire à 3-6 carpelles, soudés en une seule loge ou disposés en étoile. Ovules réfléchis ou courbés. Fruit capsulaire (fig. 1371)
FlO. 1371. — Fruit du Réséda -odorant
{Réséda odorata ).
RÉSINES. — REST1ACÊES. 1159
membraneux, ouvert au sommet, ou à car|>ellcs isolés disposés en étoile. Graines réniformes, dépourvues de périsperine.
kÉsixi s Sucs propres des végétaux ligneux dits arbres résineux, généralement extraits par des iucLsiuus ou scarifications de la tige vivante. Les résines sont solides à la température ordinaire, mais fusibles à une température un peu plus élevée; elles sont insolubles dans l’eau et solubles dans l'alcool. Le mélange de cette solution alcoolique avec l'eau forme un précipité blanc laiteux (lait virginal). Les résines ont une forte odeur aromatique; elles sont douées de propriétés stimulantes, excitantes et résolutives.
Les familles végétales qui fournissent les résines les plus importantes sont les Conifères- A hiétinées et les Térébinthacées. La résine commune est recueillie (par incisions) du tronc du Pin-maritime Pinus maritime), du Mélèze ( Larix euro/jtea), du Sapin commun ou Épicéa (A /lies exceha) et du Sapin argenté (A hies /icctinata).
L’essence de térébenthine est obtenue par la distillation de cette résine; la substance qui reste dans la cornue est la |>oix-résinc. La poix-dc-Bourgogne est ce résidu brassé avec de l’eau. La j>oix-noire s'obtient des derniers débris (bois et diverses substances résineuses) chauffés dans des fourneaux disposés pour recevoir le résidu liquide qui s'en écoule par une lente combustion. Le goudron est une (voix noire impure.
Les résines des Térébinthacées sont : le mastic, retiré des liges du Pislaeia fxntiscus, bel arbuste odorant, un des buissons les plus communs de la région méditerranéenne; et la résine-éléini, obtenue de divers arbres ou arbustes : Elaphrium elemiferum, Bursera gummifera, etc.
Parmi les résines fournies par des arbres de diverses autres familles, nous citerons : le sang-dragon, provenant d’arbres différents : un Palmier {Calamus I/raco), une Asparaginée ou Asphodélée ( Dractena Draeo), une Légutnineuse [Pterocarpus I/raco); le courbaril (//gin entra Courbant); le ladanum, qui exsude naturellement des tiges de plusieurs espèces du genre Cistus ( C . ladaniferus, C. creticus, C. Ixdum, et quelques autres), jolies plantes frutescentes de la région méditerranéenne.
Besinnsus. Qui contient ou qui sécrète de la résine; de nature résineuse.
rfspiratioX, respiratiu. Phénomène physiologique qui consiste, chez les végétaux, eu la décomposition de l’air absorbé par les tissus. Pendant le jour, le résultat de la décomposition de l’acide carbonique contenu dans l'air est la fixation du carbone et l'exhalation de l’oxygène. Les organes de la respiration des plantes sont situés à la surface des feuilles et des autres parties herbacées; on les désigne sous le nom de stomates. Voy. Stomate et Régne végétal