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VIGNE

Les propriétés fortifiantes du vin de bonne qualité pris avec modération sont assez généralement appréciées pour qu’il soit inutile de les signaler (1). Le vin rouge est tonique; le vin blanc est diurétique et excitant. Le vin rouge de bonne qualité est un des meilleurs remèdes qui me soient connus pour la guérison des plaies et des ulcères : il stimule les tissus et en facilite la cicatrisation; il est dans un grand nombre de cas, préférable aux cérats et onguents journellement employés, et je ne saurais trop en conseiller l’usage. On doit, pour l'employer en topique, le faire bouillir avec du persil, laver la plaie de celte décoction, et en imprégner la charpie et les compresses ; on en humecte l’appareif aussitôt qu’il commence à sécher, et l’on renouvelle les compresses matin et soir.

Fig. 1604. — Feuille de Vigne (Vitù viniferu).

Fig. 1605. — Coupe verticale. A, et boriiontale, B, de l’ovaire de la Vigne.

L’eau-de-vie prise en très-petite quantité est stimulante; mêlée à l’eau avec l’addition de sucre, elle fournit une boisson désaltérante et tonique. L'eau-devie camphrée constitue un topique stimulant, précieux pour la guérison des contusions et des foulures.

L'alcool sert 4 de nombreux usages ; je n’insisterai que sur son utilité pour la conservation des objets d'histoire naturelle. Les lampes alimentées par l'alcool sont aussi d’un usage fréquent dans le cabinet du naturaliste.

« (1) Levin (dit Malthiole, trad.) est la plus souveraine liqueur de toutes : estant le » principal soustien et maintien de la vie de l'homme, car remet sus et régénéré les » esprits vitaux et restabiit toutes les forces du corps, confortant et vivifiant la principale » partie d’icelui,à sçavoir le cœur, et par-ainsi ce n’est de merveille si les anciens Lalings » ont appelé la sacrée Vigne et le divin bourgeon Fï/w, prenans sa dénomination de Vita : » voulons quasi dire, par cela, la Vigne estre comme une source de la vie de l’homme, » pour cela néantmoins messieurs les yvrongnes ordinaires ne se doivent trop égarer. » Mais si ou en ose modérément, il n'y a chose plus ronfortative. Il donne courage à » l'homme, purge le cerveau, éguisc l'entendement, resjouit le cœur et vivifie les esprits; » il engraisse ceux qui sont en bonne santé, donne bon appétit, purifie le sang troublé, » desoppile la personae, finalement il rend la couleur bonne. Mais, au contraire, si on en » prend gouluëment et sans raison, comme font ces sacs à vin, il raffroidit accidentelleu ment tout le corps. Davantage, il est contraire au cerveau, à l'cspine du dos et à su n moelle, tellement qu'en ces principales parties du corps ainsi offensées surviennent dan- » gereuses maladies : apoplexie, mal caduc, paralysie, tremblemens, estoimeinens, stupi- » dites, suffocations nocturnes, congélations, spasmes, vertiginosilez, retiremens de join- « tores, letargies, frénésies, roupies, distillations, surdité/., aveuglisscmens, et retiremens » de bouche et de lèvres... — h* eau-de-vie se tire du vin par les alembics. Prise tous » les jours à jeun à la mesure d’une petite cuillerée, elle est singulière aux douleurs UËRMAIK (DE ST-PIERRE), «4

YILLOSUS. — V10LAR1ÉES.

Le vinaigre est obtenu avec du vin auquel on fait subir la fermentation acide. — Le verjus est le suc exprimé du fruit avant sa maturité. — La lie du vin rouge est presque entièrement constituée par du lartratc de potasse uni à une matière colorante dont on le sépare pour les besoins du commerce.

Le raisin (de race mus, grappe) contient en diverses pro|>ortions les acides tartrique, tnalique, citrique et racémique, unis, à la maturité, à du sucre d'une nature particulière (sucre de raisin), à du mucilage et à des substances colorantes et astringentes.

Plusieurs espèces du genre Vitù sont spontanées dans l'Amérique septentrionale : la plupart ont des fruits acerbes ; chez quelques-unes, cependant, le fruit est d'une acidité agréable.

Villusus. Velu. — Villas. Villosité.

Viminnlis, Vimimus. Qui est de la nature de l’Osier (Salis viminalis).

VIN UE palme. Produit de la fermentation alcoolique de la sève descendante du Dattier. — Les nègres de la côte ouest d’Afrique pratiquent au tronc de l'arbre des trous avec une tarière, reçoivent le suc (conduit par un jonc dans une calebasse), et le laissent fermenter plusieurs jours. Le suc fermenté prend une saveur piquante et agréable (analogue à celle du vin de Champagne); altéré par la fermentation acide ou putride, il provoque une ivresse bruyante et peut causer des accidents graves ; le remède est l'opium et les médicaments stimulants.

Vinalis. Qui habite les Vignes.

VIOLAIUÉES (lig. 1606 à 1610). Famille de plantes dicolylées dialypétales, à ovaire libre, comprenant un assez petit nombre de genres de plantes herbacées propres aux régions tempérées des deux hémisphères, et des plantes frutescentes de l'Amérique tropicale. La |>etitc tribu des Alsodinées, piaules à fleurs régulières, est répandue dans les diverses contrées intertropicales. — Les Violariées oui à la fois des affinités avec les Listinécs, les Droséracécs et les Balsaminécs. — Quelques espèces exotiques, notamment du genre lonidium, sont douées de propriétés émétiques très-prononcées; leurs racines ont été confondues dans les officines avec celles des Ipécacuanhas (fournies par des

• d'estomac. La prise sera plus singulière, la préparant de teste sorte : prends cinamome, » gingembre, santal, girofle, galauga, noix muscate, macis, cubebe, cardamum, graine n île nielle, zedoaria, fenouil, panel sauvage, basilic, racine d’angetica, cariophyllata, » reglisse, calantes odoratus, ladite valerieime, feuilles de sclarea, thym, catamcnle, pou- » liot, menthe, serpollct, marjolaine, roses rouges, fleur de sauge, betonica, rosmariu, » stechados. buglosse, borrache, ecorce de citron, poudre de diantbra, rosat aromatique, » diamoschon doux, diamargariton, diarrhodon, électuaire de perles, de chacun trois a dragmes; pile ccqui doit se piler, et mets le tout détremper en 1 2 livres de bonne caun de-vie. Ou met le tout en alembic de verre et t'ou disnie au balneum Mat iæ, bouchant > si bien l’alembic qu’il ne puisse respirer. A l’eau qu’on en a tirée ajoute musc et ambre, a de chacun un demi-scrupule; bouche le vaisseau de cire et de parchemin, Leste eau, » jettêe de la bouche en la face, fait revenir les épileptiques, rend la paroile à ceux qui » l’auroient perdue, et retient fort miraculeusement ceux qui seroient desia à l’article n de la mort. Elle est fort souveraine clyslerisée au poids d’une once ès coliques causes a de ventositez ou froideur, en y adjoustant de triade ou mitbridatc de chascun deux » dragmes. Bref, c’est un médicament fort souverain à toutes affections froides. — Le bon o vin miellé qne les Latins appellent Mulsum se fait de vin vieil et brusc meslc sur deux o mesures de vin d’une mesure de bon miel ; pris au commencement du past il remplit la » personne et fait bon ventre. Le vin fait de lambrusqucs rouges est astringent ; en Tosa cane les paysans le boivent à faute d’aultre. »

[VIQLARIÊES. 1331

plantes appartenant à divers genres de la famille des Itubiacées). — Les espèces les plus célèbres, parmi nous, sont les Violettes et les Pensées (espèces du genre Viola). L'image de la Violette ( Viola odorata [lig. 1611], V. Iiirta, V.canina ) nous transporte aux clairières parfumées des bois; l'image de la Pensée nous

Kic. i (306. — Plante do la famille des Yiolariées, la Pensée-sauvage ( Viola tricoter var. nrvensis).

transporte dans les champs apres la moisson, où nous trouvons la Pensée sauvage (Viola tricolor) (flg. 1606-1608); puis dans nos parterres, où les variétés du V. altaica sont groupées en si gracieuses collections.

FlC. 1607. — Fleur d’une plante de lu famille Fie. 1608. — A.verticillestaminal (androcéej des Violariéca, la Pensée ( Y'iola tricolor). — du Viola tricolor appliqué sur l’ovaire; A, (leur entière ; B, fleur dont on a enlevé B, l’audrocée enlevé laisse à découvert la corolle pour laisser voir le calice. l’ovaire (gjuécée). (Objets grossis.)

Les caractères de ta famille des Violariées sont les suiv ants : Plantes herbacées, sous-frutescentes ou frutescentes, à feuilles ord. alternes, pétiolécs, à limbe entier ou crénelé, à bords enroulés en dedans pendant la préfoliaison, munies de stipules. Fleurs hermaphrodites, ord. irrégulières, à pédicellcs munis rie 2 bractéoles axillaires solitaires dans nos espèces herbacées, souvent penchées sur le pédicclle. Calice à f> sépales plus ou moins inégaux, libres ou cohérents, quelquefois prolongés au-dessous de leur base. Corolle à 5 pétales hypo gynes, inégaux, libres, marccscenls, à préfloraison imbriquée -contournée, l’inférieur prolongé en éperon au-dessous de son insertion. Étamines 5, hypo-

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