BULBE
Les bulbes constituent, en général, toute la partie souterraine du végétal ; chez, certaines plantes cependant (ex. : VAllium falfox), ils sont les bourgeons terminaux des divisions d’un rhizome (tige souterraine).
Les modes d'inflorescence indéfini et défini existent chez les plantes bulbeuses comme chez les autres végétaux ; il en résulte pour les bulbes (d'après les observations que j'ai poursuivies pendant un certain nombre d’années) deux modes
Fig. 121. — Bulbe h végétation indéfinie <l'une Scillc (le S cilla marilima).
Kig. 125. — Bulbe à végétation indéfinie d’un Narcisse (Narcissus Pscudonarcissus) .
de végétation bien distincts (qui avaient été entrevus, mais n’avaient pas toujours ete bien interprétés): — 1° Bulbes à végétation indéfinie (ex. : Scille [ûg. 124], Narcisse [fig. 125] ). Citez ces bulbes, les bourgeons florifères naissent 4 l'aisselle des feuilles squamiformes du bulbe ; le bourgeon amiral de ce bulbe s accroissant indéfiniment. A mesure que ces bulbes sc dessèchent à l’extérieur (tant |>ar la base de l'axe ou plateau que par les feuilles anciennes situées en dehors), leur bourgeon central s'accroît par la production de jeunes feuilles destinées à remplacer les feuilles ou écailles détruites : ce uiode de végétation est le plus fréquent. —2» Bulbes à végétation définie (ex. : Tulipe). Citez ces bulbes, le bourgeon florifère est le bourgeon terminal lui-même. Ils s'épuisent par une seule floraison (comme s'épuise la rosette florifère i végétation définie de V Agave americanu); iis se renouvellent |>ardes bourgeons axillaires dont le développement
BII.BE.
ne demande qu’une aimée : il n'y a donc ordinairement pas d'interruption dans la floraison de la plante, qui se succède à elle-même d'année en année. (Tandis que, chez la Jacinthe, c’est le même bulbe qui se conserve et fleurit indéfiniment, chez la Tulipe un ou plusieurs bulbes florifères nouveaux succèdent chaque année au bulbe ancien.)
Tant chez les bulbes indéfinis que chez les bulbes définis, le bourgeon qui, en s’allongeant, devient la tige florifère ou hampe, est muni extérieurement de feuilles charnues squamiformes et souterraines; mais, intérieurement (à la base de la tige), il fournit de véritables feuilles vertes, foliacées et aériennes. — Les bulbes définis, comme celui de la Tulipe, non-seulement se succèdent à eux-mêmes par la production d'un nouveau bulbe florifère, mais ils se multiplient en fournissant quelquefois deux ou plusieurs bulbes florifères, ou de plus petits bulbes, nommés caïeux, qui, selon leur force, ne sont en état de fleurir qu’une ou plusieurs années plus tard. — Les bulbes indéfinis, comme celui de la Jacinthe, fournissent, indépendamment de leurs bourgeons axillaires florifères, des bourgeons destinés à la multiplication de la plante (de jeunes bulbes ou caïeux dont la structure est la même que celle du bulbe-mère) : ces bulbes axillaires, qui se développent souvent il l'aisselle des feuilles extérieures, ne sont généralement en état de fleurir (surtout si on les détache de la plantemère, qu'après avoir grossi ; en général, quelques années plus tard. — Les plantes bulbeuses appartiennent presque toutes à l'embranchement des Monocotylédones; un petit nombre de plantes dicotylérs produisent des bourgeons souterrains bulbeux (ex. : le Sa ji fraya granulala, certains Osait», etc.).
L’étude des bulbes occupe une place importante dans mes recherches (en partie inédites) sur la structure et le mode de végétation (les parties souterraines des plantes. Au nombre des observations que j'aurai à ajouter à l’histoire des bulbes, je citerai : 1° le phénomène fréquent, et passé inaperçu, de la production normale d'un grand nombre de bourgeons de même valeur à l'aisselle d'une même feuille squamiforme; 2° une loi importante et invariable, d'après laquelle, chez les bulbes dont les tuniques sont soudées entre elles dans une certaine étendue de leur partie inférieure, ce n’est pas à l'aisselle de ces tuniques que les caïeux prennent naissance, mais au point où cesse la soudure. Chez certains Agraphis ( Scilla ), celte disposition donne lieu aux résultats les plus dignes d'attention : la soudure de la partie inférieure des feuilles ayant lieu dans une longueur de 1 à 2 décimètres, on trouve des caïeux échelonnés entre les tuniques au niveau où chacune d'elles cesse d'être soudée ; les racines, d'une part, et les feuilles, d’autre part, qui sont émises par ces caïeux traversent latéralement comme des corps inertes les tuniques qui les recouvrent, et cet ensemble donne lieu à une sorte de rhizome des plus bizarres. J’insiste dans ce travail sur la forme singulière des racines chez certains bulbes de la section Hgacinthu» et Scilla : ces racines sont volumineuses et charnues, elles ont quelquefois le diamètre du bulbe lui-même, et, bien qu’adventives, rappellent la forme des racines pivotantes.
Après avoir suivi dans toutes les phases de leur végétation les bulbes des types les plus différents, je me suis livré à l'observation de certains bulbes