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anomaux ou qui présentent des particularités remarquables. Du des faits les plus importants dont la découverte ait couronné mes recherches consiste dans la structure des caïeux dits pédieellé», chez certaines espèces du genre Allium. Chez l',4. multi/lorum, ces caïeux, très-nombreux a l’aisselle d'une même écaille, ont un pédicelle court ; ils font hernie au dehors, eu déchirant les tuniques ii l'aisselle desquelles ils ont pris naissance. Chez les A. tphœrocephalum et vineale, ces caïeux sont longuement pédiccllés, et ils s’élèvent, entre les gaines des feuilles qui embrassent la tige, à diverses hauteurs, où ils s’arrêtent pour grossir. I.es gaines distendues présentent 5 ces niveaux de fortes bosselures; ces caïeux deviennent libres lors de la destruction des feuilles il la fin de l'automne. L’étude du développement de ces caïeux tn'a démontré que l'organe filiforme qui constitue ce qu'on nomme leur pédicelle est une véritable feuille fermée en gaine, dont le calibre est sou vent nul par l'accolement des parois de sa face interne; cette feuille tubuleuse se termine par un limbe qui constitue la tunique externe du caïeu dit pédieellé. C’est sur le limbe de celte première feuille du bourgeon qu'est insérée la masse charnue qui constitue le bulbille; la base filiforme de la feuille-mère de ce bulbille est donc une sorte «l’axe, c’est un pétiole renforcé dans toute sa longueur par la production axile descendante du bourgeon.

Celte structure était déjà évidente à mes yeux, lorsque l’examen de la singulière forme de Y Allium niyrum désignée sous le nom d’/l . magicum est venue m'en fournir la confirmation. Chez cette plante bizarre, indépendamment de l'ombelle qui porte des bulbes au lieu de fleurs, le bulbe émet une feuille à limbe bulbifère, dont la partie pétiolaire, au lieu d'être tubuleuse et filiforme comme chez les espèces précédentes, est foliacée et à bords libres, et c’est, comme dans les cas précédents, le limbe de celte feuille qui sert de première tunique au caïeu. — Les espèces du genre TuUpa produisent des bulbes pédiccllés souterrains dont la conformation est absolument la même que celle des bulbes dont je viens de faire connaître la structure dans le genre Allium. Ces bulbes pédiccllés des Tulipes naissent (comme les caïeux non pédiccllés) à l'aisselle des tuniques du bulbe-mère, et selon les circonstances où la plante est placée, tel caïeu se . développe sessile ou est pédieellé. Ces pédiccllés souterrains constitués par une gaine de feuille ont 2 à 3 décimètres de longueur, et plus, chez le T. silvestris; chez le T. Gesnertana (où j'ai trouvé le moyen d’en déterminer le développement à volonté), ils sont plus courts et beaucoup plus robustes : on y reconnaît parfaitement la gaine d’une feuille.

Formulons ici un des résultats les plus importants de mes observations sur les bulbes on bulbilles pédicellés, comparés aux ovules avant la fécondation : L’ovule avant sa fécondation n'est autre chose qu'un petit bulbille pédieellé né sur le bord de la feuille carpellture ; la forme générale, tant du bulbille pédicellé que de l’ovule, est, le plus ordinairement, la forme réfléchie ou anatrope. — Chez l'ovule, le funicule est le pétiole de la première feuille, ou primine, de r ovule, et il est exactement construit sur le modèle du pédicelle d'un bulbille pédieellé. — Lu seconde feuille (ou tunique) de C ovule, la secondine, corres/jond exactement à la seconde feuille du bulbille pédieellé : l’insertion de

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BULBES DES OPHBYDÊES.

cette seconde feuille, daas l’un et l'autre cas, a lieu à la base du limbe de la première feuille, en un point nommé chalaze chez l'ovule, et qui doit recevoir le même nom chez le bulbillc pédicellé. — La troisième feuille de C ovule est le nucelle, dont la forme conique ne diffère pas de la forme d'une feuille intérieure du bulbille, cette feuille n'apparait réellement qu’en troisième ordre, et c'est par suite d’une erreur d’observation (inexplicable, tant il est facile de l'éviter, et qui a été générale), que la priminc (premier organe qui apparail dans la production de l ovule) a été prise à son apparition pour le nucelle! — Le sacembryonnaire est la quatrième feuille de l’ovule. Vov. Ovule.

Parmi les bulbes anomaux qui présentent une certaine analogie de structure avec les caïeux pédicellés des A Ilium et des Tulipes, sont les bulbes de I ’L'ry-

tluimium Dens-canis et les bulbes des Gagea, particulièrement du G. stenojietala et de sa variété G. pratensis. Ce n’est point ici le lieu de faire connaître ces organisations assez compliquées ; j’ai dévoilé la structure mystérieuse de la souche bulbiforme de nos Orchidées dites bulbeuses (Note présentée à la Société philomathique, 18.Ï0) ( I). Un travail important a été publié vers la même époque par M. Irmisch, sur la structure des bulbes, et notamment la structure du bulbe des Ophrydécs.

Bi;i.BEs de la section Ophbvdêes (Orchidées indigènes). J’ai donné >i ces bulbes si singuliers, de forme si bizarre, et qui tiennent autant du tubercule que du bulbe, le nom d’OPHBYDO-BULBES. Le bourgeon charnu reproducteur de la souche des Orchis (fig. 126), OphryieX genres voisins), ovoïde chez certaines espèces, palmé chez les autres, est logé dans un sac ou éperon de la même nature que le pédicelle et le sac des caïeux des litlipii et des Allium. Ce sac ou éperon renferme un bourgeon dont les racines se développent en constituant une masse enveloppée par ce même sac, qui est accrescent, et qui tantôt conserve une Fis. 126. — Plante de la section forme ovoïde, tantôt se laisse en quelque sorte des Ophrydées (1 Orrhis mao distendre par des faisceaux de racines, et prend une forme palmée. Lorsque ces racines sont fort longues, le sac n’existe plus, à proprement parler, au niveau de leur extrémité ; ce sac, en s'atténuant, a pour ainsi dire cessé, à ce niveau, d’exister. Dans

(1) Un nombre considérable de dessins et d’analyses, résultats de persévérantes études, accompagnera la publication du traite que je prépare sur les organes de la végétation souterraine des plantes (l’achèvement et la publication de ce travail ont été retardés pendant plusieurs années par des circonstances indépendantes de ma volonté).

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