‹ Nouveau dictionnaire de botaniqueChapitre 80 sur 414 · BULBES SOLIDES · texte numérisé non relu

BULBES SOLIDES

une curieosc anomalie que j’ai rencontrée chez VOrchù maculnta, les racines sortent brusquement du sac pardes déchirures, sansque le sac se prolonge sur elles. Un autre fait qui confirme ma manière de voir, consiste dans la perforation de l'éperon, dans certains cas, par un éperon intérieur et concentrique dont le développement est plus rapide que celui de l'éperon extérieur: l'éperon extérieur constitue, dans ce cas, une coléorrbize à l’éperon intérieur appartenant h une feuille supérieure, éperon qui renferme la masse radiculaire, et duquel sort le bourgeon qui doit fleurir l'année suivante. On voit que, chez les Orchidées, la structure du bulbe n'est pas sans analogie avec celle du caïeu pédirellé de la Tulipe. I.a différence est dans la masse radiculaire qui existe chez l'Orchis, et qui dilate l’éperon auquel elle est adhérente, tandis que, chez la Tulipe, les racines se développent isolément et après la destruction ou la dessiccation de l'éperon, qu’elles traversent alors comme un corps inerte. Du reste, il est des Orchidées dont le bulbe est longuement pédicellé : tels sont les Sera/iias Lingua, rordigera, etc., I ' Hfrminium Monordm, VOphryt bombyliflurn, etc. Les pédiccllcs de ces bulbes ne sont autre chose qu'un col plus ou moins étroit et plus ou moins long du sac ou éperon (col tubuleux), mais dont le calibre latéral très-étroit s’efface quelquefois complètement. Des hourgeons bulbiformes axillaires en uombre variable naissent chaque année à la base de la tige florifère, qui se détruit ensuite : une même espèce (VOrchis f usen , le Loroglossum hircinum, par exemple) en présente tantôt un, tantôt deux; chez I' //erminium Monorchis, il en naît quelquefois trois ou quatre à des hauteurs différentes. Chez des plantes recouvertes d'une épaisse couche de terre, j'ai trouvé des bulbes séparés par un intervalle d'un demi-décimètre.

J’ai remarqué chez une plante dicotylée, VAconitvm Najiellus spontané, et chez VA. Anlhora, des bourgeons dits radicaux se terminant chacun par une forte racine pivotante, et qui ne sont pas sans une certaine analogie de forme et de structure avec les hourgeons bulbeux des Orchidées ; mais chez les Aconits, le sac enveloppant n'existe pas, et la racine, au lieu de se composer de l'agglomération d'un certain nombre de fibres radicales agglutinées, est constituée par une racine pivotante, émettant des radicelles dans toute sa longueur. — Les organes charnus et globuleux qui naissent à l'aisselle des feuilles de la tige aérienne chez une variété du Ficaria ranunruluidest, ont une analogie frappante avec la structure du bulbe des Orchidées; mais là, comme chez l 'Aconitum, la masse radiculaire du bourgeon n’est point enveloppée dans un éperon ; ces corps charnus deviennent libres comme les bulbes des Orchidées, par la destruction de la plante-mère épuisée par la floraison et la fructification.

blxbes solibls Axes souterrains renflés qui n’ont des véritables bulbes que la forme extérieure (ex. : les rhizomes des Glaïeuls, des Crocus [fig.127, 128, 129], des Colchiques, etc.). Des feuilles membraneuses nées sur ces tiges souterraines leur constituent de minces tuniques. Mais toute la masse charnue est le résultat de l’épaississement, ordinairement de nature charnue, de la tige souterraine elle-même. Ces souches bulbiformes sont généralement du type défini; en d'autres termes, l'axe principal lui-même se prolonge en tige florifère, il s’épuise en même temps par celte floraison et par la production à sa surface à l’aisselle

MJI.RKS SOUDES.

«le ses feuilles membraneuses) de bourgeons h axe rliarnu, souvent déprimés, prenant la forme de la sonche-mèrc (ou bulbe solide mèrei épuisée, et dont le plus gros et le plus vigoureux (ordinairement situé près du sommet) fleurit

Fie. 127. — Bulbe solide du Safran

(Crocus sativus).

Fie. 1 28.— Colchicum nutum unir (plante entière) à l’époque de la floraison, bulbe soluté.

l'année suivante; les plus petits bourgeons ou caïeux ne fleurissant qui' plus lard. — Lorsque le bull»e-père existe encore, et «pie le bulbe-fils ou les bulbes-fils

Fie. f>9. — Bu/hr toli'lr il» Colchique (île grosseur nntiirclli-v. t.n bulbe est vu par ses deux faces, dont Finie présente un sillon (qui «attirasse In lige florifère enlevée); les tuniques sèches (bulties anciens épuisés) ont été enlevées.

sont plus ou moins développés, t es bulbes solides ou faux-bulbes semblent être superposés ; mais ce n'est qu'une souche ramifiée à rameaux charnus, courts et déprimés, se recouvrant les uns les autres. Il n’y a superposition réelle que dans

RULRR11X. — RÜRSÉRACf.F.S.

le cas où le bulbe principal n'ayaiit pas fleuri, son axe s’est prolongé en un Ivourgeon bulbiforme qui constitue un second article h cet axe principal. Los Orchidées épiphyles et de rares espèces européennes (ex. : le Lijmris Lasdii) présentent des bourgeons (ou des rosettes de feuilles) réellement bulbeux, c’est-à-dire formés par des bases de feuilles épaisses et chaumes. Os mêmes bourgeons ou rosettes, après avoir fleuri, offrent une structure toute différente : la masse n’est plus formée par des feuilles charnues; ces feuilles sont alors réduites à de minces membranes, et la masse charnue est le résultat de l’épaississement en un corps ovoïde de la partie inférieure de l’axe qui se terminait par l’inflorescence. C’est ce corps charnu, analogue au rhizome bulbiforme du Colchique (fig. 128 et 129), qui émet des bourgeons bulbeux, lesquels fleuriront et donneront lieu, à leur tour, à un axe charnu-bulbiformc.

BULBEUX, bulbosus. Qui a les caractères du bulbe.

BULBIFÈRE, bulbifer. Qui porte des bulbes.

BULBIFORME, bulbifurmis. Qui a l’apparence d’un bulbe.

BILBIL1.E, bulliillus. Petit bulbe. On a appliqué ce. nom à divers organes de natures assez différentes : —1" A de petits bulbes qui se développent à la place des fleurs sur les ombelles de certaines es|ièces A'Allium (ex. : AUium vinealt, oleraceum, magicum). — 2” Aux bulbillcs axillaires : bulbilles se développant à l’aisselle des feuilles de la tige (ex. : Lilium bulbiferum). — 3” Chez les plantes dicotylédones, on donne le nom de bulbilles aux petits bourgeons souterrains bulbeux du Saxifraga granulata, aux bourgeons axillaires caducs hulbiformes du Dentaria bulbifera, et aux corps reproducteurs ovoïdes charnus qui naissent à l'aisselle des feuilles chez une variété du Fiearia ranunculuitlcs. — 4” Les frondes de quelques Fougères sont [vourvues de bulbilles qui reproduisent directement la plante. — 5° Certains corps reproducteurs des Cryptogames paraissent avoir beaucoup d'analogie avec certains bulbilles. — Hulbilles j>éilicel/és. Voy. Bui.be.

W'PLKVRE, Oreille-de-lièvre, Perce-feuille ( Itupleumm jierfoliatum, famille des Ombellifères). Celte plante était comptée au nombre des remèdes vulnéraires ; ses feuilles sont amères et astringentes.

IH'HMA.WIKF.S. Famille de plantes monocotylées, placée dans la série entre les Hydrocharidées et les Iridécs, et comprenant un petit nombre d'espèces des régions tropicales. Ce sont de petites plantes des lieux humides, à fleurs hermaphrodites, régulières, solitaires ou en épis; à feuilles linéaires, ressemblant à celles des Graminées; à ovaire adhérent, à 3 loges mulli-ovulées.

Itl'ItSEHACEES. Famille de plantes dicotylées, dialypétales, à ovaire libre, voisine de celle des Térébinlhacées. Ce sont des arbres des régions tropicales, à suc résineux (fig. 130), et dont plusieurs fournissent des baumes célèbres et des parfums estimés. — L’encens commun se compose de résines fournies par divers arbres de la famille des Conifères ; mais l’encens digne de brûler dans les temples, l’encens vraiment parfumé, est le suc résineux de plusieurs arbres de la famille des Burséracécs. L'encens d’Arabie est fourni par nu Hnlsnmorlrne/ron ; l’encens de Cayenne, par 1 ’leicn guianensis; l’encens do commerce, par le liosivellia serrata, arbre résineux des Indes. — La 'famille des

Rtmsicurx — nirroMfis.

Burséracées diffère de celle des Térébinthacées par l’ovaire composé do 2-5 carpelles, à 2-5 loges hi ov niées, à ovules suspendus réfléchis. Le fruit est une drupe à 2-5 noyaux osseux ou 5 un seul noyau par avortement. L'embryon est à cotylédons ordinairement pliés-enroulés.

Ftc. 130. — Rameau florifère (réduit) du

Hurxrra gummifera, famille des Burséracées.

jIA.

Fie. 131. — Inflorescence du Hutomux umfteliaius (le Junc-Aeuri), famille des Bu (ornées.

/Jvrsiculatus. Muni d’une bursirule.

BliUlOlLE, bursicul it. Nom donné, dans la description de la fleur de certaines Orchidées, 5 un repli membraneux qui constitue une petite poche ou bourse renfermant l’extrémité gluante (rétinacle) des masses polliniques Les deux bursicules correspondant aux deux rétinacles peuvent être isolées ex. : genre Orchis), ou confondues en une seule (ex. : gcure Atvra*), ou être milles (ex. : genre Platanthern, etc. ).

BUSSEROLE, Raisin-d’ours, Faux-Arbousier ( Arbutus Uvn-ursi, famille des Éricinées). Arbrisseau des montagnes du centre et du nord de l’Europe; on le rencontre même en Asie et dans l’Amérique boréale. Les feuilles sont douées d’une odeur légèrement aromatique; leur saveur est amère et astringente. On les emploie fréquemment en infusion, comme diurétiques, dans le traitement de la gravelle et de plusieurs aiïections de la vessie. Les baies de VArbutus (Jm-ursi sont d’une saveur fortement acerbe.

BUTOMÈES. Famille de plantes monocotylées, contenant un petit nombre de plantes aquatiques des deux hémisphères (geures Ituhmut, Limnnchari* et Ifi/drocleis). — Plantes vivaces, h tiges sca pi formes. Feuilles à pétioles engainants à la base. Fleurs hermaphrodites régulières, disposées en ombelle ou soli-

BUXINÊES. — BYTTNÊRIACÉES.

taires au sommet de la lige. Périanthe à 6 pièces, dont 3 extérieures (calice), verdâtres ou colorées, et 3 intérieures (corolle), colorées pétaloïdes. Étamines nombreuses, liypogynes. Carpelles 6 ou davantage, verticillés, uniloculaires, libres entre eux, multi-ovufés. Ovules réfléchis, insérés sur toute la face interne des carpelles; styles très-courts. Carpelles murs coriaces, s’ouvrant ordinairement par la suture ventrale, polyspermes. Graines uombreusK>, dépourvues de périsperme. — I.c Butomus umbellatus ulg. Jonc-fleuri) (fig. 131), â feuilles rubanées canaliculées, à fleurs roses disposées en une ombelle simple qui termine une hampe nue, est une des plus belles plantes qui décorent le bord de nos rivières et de nos étangs. Toutes les parties du BiUomus umbel/alus sont amères et âcres; le rhizome et les graines sont doués de propriétés purgatives.

BUXINÊES (BuxacêES, II. Bâillon). Famille de plantes dicotylées, apétales, détachée des Euphorhiacécs, et dont les principaux genres sont : Buxus (Buis), Sareococca et Pachymndra (plantes de l’Asie). Quelques caractères du second ordre (absence de suc laiteux, styles déjetés en dehors, laissant â nu le sommet de l’ovaire, placentas pariétaux dans leur partie supérieure) distinguent' seuls ce petit groupe, qui pourrait, sans inconvénient, rester â titre de tribu dans la famille des Euphorhiacécs voy. ce mot). Les Pachytandra, dont la fleur ressemble beaucoup à celle du Buis, ont de larges feuilles membraneuses crénelées ; leur inflorescence est en épis allongés.

Byssaceus. Qui est conqvosé de longs poils soyeux.

BYTTNÊRIACÉES ou BUETTNÉRIACÉES. Famille de plantes dicotylées, dial\ |>élalcsou apétales, à ovaire libre, voisine des Slcreuliacées, et par conséquent alliée aux Malvacées. Arbres et arbrisseaux des régions tropicales de l’ancien et du nouveau monde. — La plante célèbre de cette famille est l'arbre qui produit le cacao (graines torréfiées, broyées, servant à la préparation du chocolat). Le Theobroma Cacao , indigène en Amérique, est cultivé dans les diverses régions tropicales. — Les Byttnériacées sont divisées en f> sous-familles, comprenant chacune un certain nombre de genres, savoir : 1“ ÉriolênÊes (fleurs à pétales plans, à étamines en nombre indéfini soudées en colonne, toutes fertiles, à anthères bilobées; arbres de l'Inde). — 2° DOMItEYACtES (fleurs à pétales plans, â étamines 5-10. libres, dont 5 stériles). — 3° Hervianniêes (fleurs à pétales plaus, à étamines 5, libres, opposéesaux pétales). — 6” Byttnêriêes (fleursà pétales concaves, étamines 10, à filets soudés en tube, dont 5 stériles). — 5° LasiopÉtalêES (pétales nuis ou sqtiamiformes, étamines 10, libres, dont 5 stériles).

Les caractères généraux de la famille des Byttnériacées sont les suivants : Arbres ou arbrisseaux, rarement plantes herbacées. Feuilles alternes, pétiolées, simples, entières, palmalilobées ou pinnatifides, munies de stipules. Fleurs hermaphrodites, régulières, axillaires ou oppositifoliées, cil cyme, en particule ou en épi. Calice herbacé ou coriace, souvent coloré, tubuleux, 6-5-lidc, ou profondément divisé. Corolle nulle ou â 6-5 pétales hypogynes, libres, plans ou concaves. Étamines hypogynes, 5, 10, 15, 20 ou en nombre indéfini, â filets libres ou soudés en tube, â anthères bilobées extrorses. Ovaire libre, sessile ou légèrement slipilé, pluriloculaire, ordinairement â 6-5, rarement 10 carpelles soudés entre eux. Ovules 2, ou plusieurs dans chaque loge, réfléchis; styles

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