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milieu entre le malayou et le malekasâou, qui en est le type le plus parfait, et que left Malais et les Javans tles cOteê de 111e Kalémantan ou Bornéo les reconnaissent comme les aborigènes, les orang-benoa du pays. (Nous ayons pris pour point de comparaison la langue des Dayas-Marouts, qui habitent le tiord de File Kalémantan, avec celles de Taïti, d*HaouaI et de la Nouvelle- Zélande et le malayou de Soumâdra.) — Il est facile de voir que la différence des climats, les communications avec les îles placées dans les différentes divisions de TOcéanle, de nouvelles relations, de nouveaux besoins, des aliments quelquefois opposés, Tinfluence des peuples étrangers, et surtout le mélangé des races noire et malaise avec celle des Bayas, ont dû introduire des changements notables entre ceux-ci et les peuples polynésiens, et peuvent seuls expliquer toutes ces nuances qu*on rencontre parmi les habitants de cette partie du monde. Ainsi, le mélange des Lampouns, des Reyangs et des Chinois, a donné aux premiers les yeux obliques des Seconds ; ainsi la réunion des Nikobariens et des Andamènes a fait de ceux-là des miilâtres; ainsi, dans les lies de louçon, de Soumâdra et dans Tarchipel des Caroiines, j'ai observé le mélange de toutes les races de TOcéanie. — Tous les Polynésiens ignorent Tusage de Tare et des flèches comme instruments de guerre; tous font usage de la boisson enivrante du kava, et chez quelques-uns les lois de rétiquette ont déjà acquis un assez grand développement.— Les peuples de Haouaï, de Tatti et de Tonga, sont de tous les habitants de la Polynésie ceux qui ont fait le plus de progrès vers la civilisation. Les Nouveaux-Zélandais, réunis en peuplades peu considérables, et vivant sous un ciel plus âpre et sur un sol pauvre en ressources alimentaires, sont beaucoup moins avancés ; mais leur population , plus grande que celle des autres États polynésiens, leur énergie, leur activité et leur aptitude pour les arts et métiers, font espérer que leur civilisation, plus tardive, fera un jour des progrès plus rapides. — Les peuples de la Polynésie ont acquis une industrie remarquable. Toutes les tribus policées de cette région fabriquent des étoffes fines avec Pécorce de Paouté {bhouisonetia papyriféra) et des toiles plus grossières avec le liber de rarbt>e à pain (artth corpus inciia), Cési avec un maillet quadrihitère et strié sur ses quatre faces qu'elles les façonnent en frappant sur les écorees ramollies et invisquées avec un gluten. Toutes emploient les mêmes procédés de fabrication, ainsi que Pari 4e lis enduire d'une sorte de caouteboue pour
les rendre imperméables I la pluie. Dé tels rap« prochements doivent dériver des arts pratiqués jadis par la souche de ces peuples. Tous les Polynésiens préparent et font ëuire leurs aliments dans des fours souterrains, à Ikide de pierres chaudes; ils se servent de feuilles de végétaux pour leurs besoins divers ; ils convertissent le fruit à pain, la chair du coco, le taro en bouillie ; tous boivent le kava ou Tava, suc d'un poivrier qui les enivre elles délecte. -^Les Haouaïens font les étoffes les plus remarquables avec l'écorce de mûrier. Les Néo-zélandais confectionnent de beaux manteaux avec leur fomeux phormium, tenax. Les Carolins Sont les seuls Polynésiens ifui fabriquent de vrais tissus. Les habitants de Rotouma fbnt de très-jolies nattes. Les habitants des archipels de Tonga (des Amis), de Talti (de la Société) , et de l'ile RourdutoU (Ohiteroa) dans le groupe de Toubouai, se distinguent aussi par leur industrie.— Les Polynésiens se distinguent par la construction et la manœuvre de leurs pirogues, qui volent sur les eaux; par le goût et les dispositions pour la sculpture qu'ils montrent dans les ornements de leurs embarcations j de leurs pagaies , de leurs tambours, et même, chez quelques tribus, dans ceux de leurs cabanes. — Les sculptures des Néo-Zélandais, des Taftiehs, des Haouaïens, des naturels des Peliou et des autres lies Caroiines, etc. , sont des chefs-d'œuvre d'élégance. — Quaht au commerce, il n'y a que les Haouaïens et les Carolins occidentaux qu'on puisse regarder comme des peuples commerçants. Le port d'Hdnarou^ou dans l'archipel de Haouaï est déjà devenu le rendez-vous des bâtiments qui se rendent en Amérique, aux Philippines et à Rouant-Cheou (Canton). Depuis 1805, une flottille part de Setouai et d'OuIia et autres Iles de l'archipel des Caroliries, se rend à Lamourek, et va tous les ans â Agagna dans l'Ile de Gouhau (groupe des Marianriès), où elle commerce avec les Espagnols de cette colonie. — L'anthropophagie est très-répandué dans la Polynésie; les cannibales les plus féroces de cette immense région sont les naturels de l'archipel de Titiou-Fidji, surtout ceux de l'Ile Navihi-Levou, les naturels des archipels deHamoa du des Navigateurs, et ceux de Nouka-Hlva. Les habitants de Nouka-Hiva dévorent non-seulement leurs prisonniers, mais, ce qui les distingue de presque tous les anthropophages connus, c'est qu'en temps de disette, ils ont dévoré leurs parents âgés (ainsi que le faisaient anciennement les Raltas), leurs enfants et jusqu'à leurs propres femmes. Les naturels de Malilegôto, dans le groupe orientildf ParehlpeldesftaroUneset teioi
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ies grotipèt de ftepith-Urut et de Palliier; soiit tnibropophages, et left habitants des archipels de Tonga od des Amis et de Peliou ou Palaos dans le grand âfehipel des Carolines, les plus humains et les plttS réservés des Polynésiens, le sont également, malgré les éloges exagérés que leur ont prodigués Gook et Wilson. Les habitants de Tardiipel de Taiti n'y ont renoncé que depuis en- ?lroti ttti deml-sièele, et si nous en ereyons un ▼oyageor anglais, nous y trouyerons récemment un eiemple de eeite coutume infernale.— M. Jules de Blosseyille remarque qile ces lies ont offert^ il y a de longues années, des exemples bien constatés d'anthropophagie; mais les Polynésiens 4^1 se livrent avec lé plus de fureur à cette exêertble coutume sont les Héo- Zélandais. Il flÉut cependant remarquer que la portion de ces pevples qui a nslguère embrassé le christiaiiisiDe a aussi renoncé au cannibalisme, et que, saaf quelques exceptions, les Polynésiens ainsi que la plupart des habitants des quatre divisions de rocéanie ou cinquième partie du monde, ne flnngeaient que la chair huniaine de quelques prisonniers ou des hommes qui avalent séduit la femme d'un indigène et l'avaient rendue adultère.—Les sacrifices humains offerts aux dieux ont existé thel la plupart des Polynésiens, comme ils àûi existé che2 la plupart des peuples dans renfence de la civilisation. Ils existent encore dans quelques archipels de ce grand Océan, qui renferme tant d'Iles de création récente. — Les Polynésiens crbient en général aux deux principes, quelques-uns à une espèce de Trinité. Tels sont lesTaltlens et les Carolins.— Les opinions de ces nations sur la vie future se ressemblent. Ils sent persuadés de l'immortalité. La plupart des peuples polynésiens professent les mêmes opinions sur la vie future et sur l'immortalité de rame; ils reconnaissent même un paradis et un enfer, mais ce n'est point, selon eux, la vertu ni le crime qui y conduisent. Les habitants de la Wouvelle-I^lande pensent que l'homme qui a été tné ou mangé par l'ennemi est condamné à un fleu éternel. Les naturels des lies Mariannes pensent aussi que ceux qui meurent de mort violente ont l'enfer pour partage, mais les Carolins croient généralement que les justes seront réeompensés, et que les méchants seront punis après leur mort — Le tatouage est pratiqué par tous les insulaires de la Polynésie, et en général par toutes les nations sauvages ou à demi civilisées. Les Houka-Hi viens et les Néo- Zélandais surpassent tous les Polynésiens dans cet art. Le climat qu'ils habitent ne comporte pour tout titttteni q«*«ie draperie légère, mais si le sorps
des insulaires est peu vêtu, du moins ils ne hégllgent pas de l'orner de différents deséins qu'ils impriment sur la peau toême. — L'opération de tatouer, c'est-à-dire d'imprimer ces dessins, appartient à des taioueun en titre (notre niot tatouage parait évidemment venir du mot ta-: laott^ qui, aux Iles Taïti et Tonga, sert à désigner celte opération. Les Papouas emploient le mot pa). Us la fbnt très-adroitement, en se servant d'un petit morceau d'écaillé de tortue, semblable, pour la forme, à une portion de lame de scie, présentant cinq ou six dents droites et aiguës. Le tatoueur, après avoir enduit les dents de l'outil d'une peinture noire, qui n'est pas autre chose que de la poussière de charbon délayée dans de l'eau, applique l'outil à la peau, et frappe dessus à petits coups arec une baguette, jusqu'à ce que les pointes des dents aient pénétré jusqu'au vif. L'opération occasionne une légère inflammation, et une enflure peu douloureuse, qui cependant ne cesse qu'au bout de quelques jours. Par le moyen de ces piqûres, les sauvages de la mer du Sud se dessinent sUr le visage et sur toutes les parties du corps des figures Indélébiles, dont les unes sont des cercles parfaitement tracés; d'autres des portions de cercles, d'autres des lignes en spirales, des figures carrées ou ovales, des échiquiers; d'autres enfi|n des lignes inclinées et croisées divei*sement. Tous ces dessins sont distribués avec la plus grande régularité : ceux d'une joue, d'un bras, d'une jambe, correspondent exactement à ceux de l'autre; et celte bigarrure, tout extraordinaire qu'elle est, présente un ensemble qui plaît. Les chefs et les nobles de l'Ile Nouka-Hiva surtout semblent couverts d'un justaucorps de différentes étoffes, ou d'une cotte de mailles décorée d'un grand nombre de ciselures précieuses; mais les serfs, les esclaves et les hommes des dasses inférieures sont tatoués avec moins d'art et de soin; quelques-uns ne le sont même pas du tout. Quant aiix femmes, il est défendu de les tatouer autre part que sur les mains, sur les bras, aux lèvres et aux lobes de l'oreille. G. L. D. BK RiMti.
POLTKICI, né avec Étéocledu plus sacrilège des incestes, celui d'une mère et de son fils, d'OEdipe, roi parricide, et de Jocaste, femme de Laius. f^o/. ÊTÉocLi.
POLYNOME (de ffoAvf , plusieurs, et vop.it, part), quantité algébrique composée de plusieurs parlies ou termes distingués par les signes -|- ou —, comme a*b — Ac -{- 86^ — c^, etc., une quantité d'un seul terme 3 ab^, est dite monôme (de fnàtêi, seul); les mots e»^fi^e,(HiidiMe,tte.| Indiquent
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det polsrnômes de deux {a+b)^ trois termes ( o — 6' + 4c ), etc. L. Loc vet.
POLYPES. Animaux gélatineux, à corps allongé, contractile; n*ayant aucun autre viscère intérieur qu*un canal alimentaire, à une seule ouverture entourée de tentacules, qui varient pour la forme et le nombre. Ils se reproduisent par bourgeons, par divisions ou par des œufs. On en a formé deux ordres, les pofypes nus', c*est-àdire sans enveloppe dure, et les polypes à polypiers, enveloppés d*une substance solide, calcaire ou cornée. Un sac gélatineux, dont Pouverture forme la bouche et la tête de ranimai, le bout du sac sa queue, et les petits barbillons de Touverture ses bras, voilà tout le polype. Il se tient fixé par la queue aux plantes aquatiques ou aux autres corps solides environnants, la tête en bas, dirigeant dans tous les sens les appendices dont il est couronné; au moindre attouchement il se relire, se contracte, et n^est plus qu*un atome visqueux. L& sac du polype représente tout le système digestif : ranimai est Carnivore, et se nourrit de petits insectes et d*animalcules aquatiques; lorsqu'un petit ver se trouve à sa portée, il Ten tortille dans ses barbillons et Tengloutit; quand le sac est plein, il se contracte de nouveau, et demeure jusqu'à la fin de sa digestion dans une espèce de torpeur. Le corps du poijrpe est transparent : on peut suivre à travers sa substance les différentes modifications et ballottements de la matière alimentaire. Quand les polypes ont avalé et digéré un de ces petits vers rouges qui se trouvent si fréquemment dans les eaux bourbeuses, leur corps adopte une couleur plus ou moins rouge; quand ils se sont nourris de certaines espèces d^animalcules infusoires, ils prennent unenuance d*un beau vert. Les polypes d'eau douce sont très-voraces ; lorsqu*ils s'emparent d'un corps qui ne peut être contenu tout entier dans leur tube digestif, ils en avalent toujours ce qu'ils peuvent, et pendant que leur estomac digère la partie engloutie, leurs bras retiennent l'autre en dehors. Quand les polypes ont digéré, ils cherchent à se débarrasser des matières inutiles qui embarrassent leur tube digestif; mais comme cette cavité ne présente qu'une seule issue, c'est par celle-ci qu'a lieu cette expulsion. Ainsi, un seul orifice sert à la fois d'entrée et de sortie : c'est une bouche^nus, — Les polypes n'ont point de cœur, point de poumons; ils ne possèdent ni cerveau, ni nerfs, ils sont privés des organes de la vue, de l'ouïe et de l'odorat; les sens en eux se réduisent au toucher et au goût, encore ce dernier ne consiste-t-il qu'à avaler.
Ou ne leur connaît point de sexe ni d'organes spéciaux pour la génération. A l'époque où ils doivent se reproduire, on voit naître à la surface de leur corps de petites excroissances gélatineuses, qui grossissent, se creusent en tube, développent de petits bras et se séparent bientôt de leur souche. Dans les pays chauds, il faut 34 heures pour compléter cet enfantement. Quelquefois, avant leur isolement, ces petits animaux produisent à leur tour d'autres petits polypes, formés sur leur substance et suivant le même mode de propagation, de manière que le polype (père et mère) porte à la fbis ses fils et ses petitfils. Il se forme ainsi une famille plus ou moins nombreuse, dont les membres sont comme greffés les uns sur les autres. Toute la famille jouit d'une vie commune : ce qui est mangé par un membre tourne au profit de tous; cependant chacun manifeste une volonté indépendante, ou se dispute une proie avec acharnement, comme si chacun devait en jouir à lui seul. Enfin, arrive le moment où l'association est rompue, la famille se disjoint, et chacun peut alors se fixer dans un autre lieu, manger et digérer pour ion propre compte, et devenir à son tour centre d'une nouvelle association. — Lamarck fait de ces animaux la seconde classe de ses invertébrés qu'il divise en cinq ordres, ainsi qu'il suit :
I. Polypes giués. Polypi ciliaU, non tentacules, mais ayant près de leur bouche ou à son orifice des cils vibraliles ou des organes ciliés et rotatoires, qui agitent ou font tourbillonner l'eau.
II. Polypes nds. Polypi dénudait , tentacules, ne se formant point d'enveloppe ou de polypier, et fixés, soit constamment, soit spontanément. Ce ordre contient quatre genres : hydre, hydra; coryne, coryna; pédiceliaire , pedicellaria ; jsoanlha.
III. Polypes a polypiee, polypi vaginali, tantaculés, constamment fixés dans un polypier inorganique, qui les enveloppe et forme en général des animaux composés. Cet ordre est divisé en deux tribus, les polypes d'une seule substance, et ceux qui forment des substances séparées et très-distinctes.
Les animaux de tous les polypiers n'étant pas suffisamment connus, on est obligé de les classer selon les caractères que présentent les parties qu'on en a pu conserver. Lamarck forme dans cet ordre les sections suivantes, où il reporte soixante et un genres.
lo Polypiers fluviatiles. Difflugie, cristatelle, spongille et alcyonelle.
^ Polypiers vaginiformes. Plumatelle, tu-
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bolaire, cornulaire, campanulaire , sertulaire, antennulaire, plumulaire, sérialaire, tulipaire, cdiaire, angu inaire, dichotomaire, tibiane, acétabulaire et polyphyse.
8» Polfpierê à réseaux, Flostre, tubipore, dtscopore, cellépore, eschare, adéone, rétépore, alvéolite, ocellaire et dactylopore.
4o Polypiers foraminés. OvuUte, lunulite, orbulite, distichopore, millépore , fàvosite, caténipore et tubipore.
5» Polypiers lamsUifères, Styline, sarcinule, caryopbyllie, turbinolie, cyclolite, fongie, pa- TOoe,agarice, méandrine, monticulaire, écbinophore, eiplanaire, astrée, porite, pocillipore, madrépore, sériapore et oculine.
0* Polypiers corticifères. Corail, mélite, isis, aotipate, gorgone et coralline.
!• Polypiers empâtés. Pinceau, flabellalre, éponge, tbétie, géodie et alcyon.
IV. P0LTFB8 TDBIFÈRE8. Polypi tubiferi. Polypes réunis sur un corps commun, cbarnu et Tirant, mais constamment fixé et jamais libre, sans polypiers Téritables qui le constituent, ni axe, ni fibres cornées qui en soutiennent la ■asse. Ici Torganisation se complique, et le passage des polypiers empâtés aux polypiers flottants a naturellement lieu. C'est à Savlgny qu'on doit la connaissance approfondie.de ces coUectioiis singulières d'animaux qui n'en forment qu'un, et qui sont réparties dans les quatre genres anthélie, xénie, ammotbée et lobulaire.
T. PoLTras FLOTTAifTS. Potypi notantes. Polypes tentacules, ne formant point de polypiers, et réunis sur un corps libre, commun , cbarnu, TJTiot, axigère, mais dont les masses semblent Mger dans les eaux. Les genres de cet ordre sont:TéréUlle, funiculine, pennatule, rénille, ▼iqpilaire, encrine et ombellulaire.
Pour CuYier, les polypiers ne sont qu'une section de son quatrième embranchement des animaux rayonnes ou zoophytes; et ce dernier BOB, emprunté de Linné, qui le premier lui avait donné une signification positive, est des plus convenables , parce que les zoophytes de envier sont des animaux végétants dans toute retendue du mot, encore que ce savant n'en donne point cette définition : « Les polypes, ditil, ont été ainsi nommés, parce que les tentacules qui entourent leur bouche, les font un peu ressembler aux poulpes , que les anciens appelaient polypes. La forme et le nombre des tentacules Tarient; le corps est toujours cylindrique •« conique, souvent sans autres viscères que sa cavité, sourent aussi avec un estomac visible, A^uel pendent des intestins, ou plutôt des vais-
seaux creusés dans la substance du corps, comme celles des méduses; alors on voit ordinairement aussi des ovaires. Tous ces animaux sont susceptibles de former des animaux composés, en poussant de nouveaux individus comme des bourgeons; néanmoins ils se propagent aussi par des
L'auteur.du Règne animal, dans la première édition de cet important ouvrage, divisait la quatrième classe des zoophytes, ou les polypes, en deux ordres seulement; dans l'édition postérieure, ces ordres sont précédés des orties de mer, qui faisaient partie de la troisième classe, constituant le premier ordre intitulé acalèphes fixes. Voici l'exposé de cette nouvelle classification.
1«r ohire. PoLTPBS GHAiifDs. Ortics de mer fixes, s'attachant à volonté par leur base, sur tous les corps que la mer renferme, pouvant aussi.ramper sur cette base, ou la détacher tout à fait, et nager ou se laisser emporter par le mouvement des eaux; le plus souvent ils se bornent à épanouir plus ou moins l'ouverture de leur bouche, entourée de tentacules, et donnant dans un estomac en cul-de-sac. Cet ordre se compose des genres actinie, thalassianthe, zoanthe et lucernaire.
S« ordre. Poltpis nos. Ils sont les mêmes que ceux auxquels Lamarck avait bien auparavant donné le même nom, c'est-à-dire les hydres ou polypes à bras, les corynes et les pédicellaires ; seulement Cuvier y comprend les vortlceUes et les cristatelles.
3* ordre. Poltpis a poltpiees. Ils forment cette nombreuse suite d'espèces que l'on a longtemps regardées comme des plantes marines, et dont les individus sont en .efifet réunis en grand nombre, pour former les animaux composés, habituellement fixés comme des végétaux, soit qu'ils forment une tige ou de simples expansions, par le moyen des appuis solides qui les revêtent à l'extérieur ou les soutiennent à l'intérieur. Les animaux particuliers, plus ou moins analogues aux polypes à bras, y sont tous liés par un corps collectif et en communauté de nutrition. Les polypes à polypiers sont répartis dans trois familles.
A. Polypes à tuyaux, qui habitent des tubes dont le corps gélatineux, commun, traverse l'axe, comme ferait la moelle d'un arbre, et qui sont ouverts, soit au sommet, soit aux côtés, pour laisser passer les polypes. Cette famille renferme les genres tubipore , tubulaire et sertulaire.
B. Pofypeê à oelluleê, où chaque polype est
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adhérent dans une cellule cornée ou calcaire, à parois minces, et ne communique a?ec les autres que par une tunique extérieure très-ténij^, ou par les pores déliés qui traversent les parois des cellules. Ces polypes, qui ressemblent généralement à ceux que Tauteur nomme hydres, sont compris dans les genres cellulaire, flustre, cellépore et tubipore. Cu?ier, indécis sur Tanimalité des genres quMl réunit sous le nom de corallinéeê, propose de les comprendre dans cette seconde famille.
C. Po(jrp^ corticaux, où les polypes se tiennent tous par une substance commune, épaisse, charnue ou gélatineuse , dans les cavités de laquelle ils sont reçus, et qui enveloppe un axe de forme et de substance variables. Ces polypes, plus avancés dans Téchelle de Torganisation, présentent déjà quelques rapports avec les actinies, et se subdivisent en quatre tribus.
t Les cèralapf^teê , où Taxe intérieur, ^d*apparence de bois ou de corne, croit fixé à la si|rhce des rochers : ce sont les genres antipate et gorgone, très-nombreux en espèces.
-H* Les lithopltjrtes, où Taxe intérieur, fixé au fond des mers , est de substance pierreuse : ce sont les genres isis, madrépore et millépore, non moins considérables les uns que les autres en espèces variées et souvent peu faciles à distinguer.
ttt I'^ pofy'pierê naffeurê, qui forment, en commun, un corps libre de toute adhérence : ce soi)l les genres pennatule, virgulaire , scirpéaire, pavonaire , rénille, vérétiUe et omhellulaire.
tttt Les alcxouê, où une écorce animale ne renferme qu^une substance charnue, sans axe osseux ni corné.
Cuvier place les éponges à la suite de ces animaux.
Avant les deux illustres professeurs dont les méthodes viennent d*étre analysées, les polypes n>vaient guère qu*accessoirement occupé les naturalistes; les anciens les avaient dédaignés. Marsigli fut le premier, parmi les modernes, qui leur accorda quelque attention; enfin Linné, avec son regard d*aigle et cette sorte de prévision qui lui fut propre, commença vers 17i4 à débrouiller le chaos de leur histoire : il leur conserva le nom de zoophjri9s, et il les regardait comme étant d'une nature intermédiaire entre les plantes et les animaux. « Le premier, dit Lamouroux, il fit connaître les principes qui devaient servir de base à Pétudf des polypiers; il les classa diaprés une méthode particulière, type de toutes celles qu'on a suivies depuis; il en dé-
termina les principaux genres et augipenta con« mdérablement le nombre des espèces; enfin il rendit à cette partie de la zoologie un aussi grand service qu'à la botanique, en la dépouillant de tout cet appareil de phrases fatigantes, qui en rendait Tétude si laborieuse et si difficile. • A dater de la seconde partie du siècle dernier, rétude des polypes commença à faire de grands progrès. Pallas qui s'occupa de cette branche de l'histoire naturelle avec cette supéfloriié qui caractérise toutes ses productions, réunit, vers 1766, dans son Eleuchus ^oophylorum, tout ce que ses prédécesseurs avaient écrit sur les zoophytes. Vinrent successivement les travaux moins étendus sans doute, mais non moins importants, de Spallanzani , Solander, OUvi, Bosc, Savigny, Moll, Lesueur, Desmarest, Risso et surtout de Lamouroux, qui étudia les polypes et leur demeure, non-seulement dans les collections, mais encore dans leur élément. Un heureux hasard , qui secondait sa passion pour les hydrophytes et les polypiers, ayant %:i!^ son séjour au voisinage d'une rive qui n'est pas sans richesses, il put avec avantage s'occuper de rhistoire des polypiers; il y débuta en 1810 par la publicatiou d'un excellent traité sur les coralligènes flexibles, et ce traité fit époque. Étendant ses recherches sans interruption jusqu'à la fin de ses jours, c'ea en 1831 qu'il a publié une sorte de prodrome d'un travail général, soua le titre d'Exposition méthodique des genres do l'ordre des polypiers. Ce grand et iiqpoirtant ouvrage, modestement annoncé comme une simple édition d'un livre d'Ellis et de Solander, peut être considéré comme tout ce qu'il était possible dt tenter en ce genre, dans l'état actuel des eon* naissances. Sa classification pourra bien subiv des déplacements de genres et même des nodifir cations plus importantes , mais elle démembra comme une source d'excellentes coupes et de divisions très-heureuses. Dans la méthode de Lamouroux, les polypes et polypien sont 4is* posés de la manière suivante :
\ I». PoLTPuns FLBXIBI.18 OU 101 uiniaBBinT
PIBEEIDX.
^ Polor?i$r^ cellulifères, c^st-à-4ire oit ke polypes sont contenus dans des cellules uni irritables.
\o CuUtoitBs. Polypiers membrano-cakaires, encroûtants; cellules sans commiinicattene entre eUes, ne se touchant que par leur partie inférieure, ou seulement par leur base ; ouvert ture des cellules au sommet ou latérale; polypes isolés. Lea genres compris dans cet ordre sent : tubulipore et cellépore.
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9o Fi.iT8TftÉB8. Polypiers membrano-calcaires, quelquefois encroûtants , souvent phytoïdes, à cellules sériâtes, plus ou moins anguleuses, urcéolées dans presque toute leur étendue , mais sans communications apparentes entre elles, et disposées sur un ou plusieurs plans. Les genres de cet ordre sont : bérénice, phéruse, eliérine, fiuslre et électre.
3o CELLA^aiÉEs. Polypiers phytoTdes , souvent articulés, plans, comprimés ou cylindriques; cellules communiquant entre elles par leurs extrémités inférieures; ouverture en général sur une seule face; bord avec un ou plusieurs appendices cétacés sur le côté externe ; point de tiges distinctes. Les genres de cet ordre sont : cellaire, cabérée, cenda, acamarcbis, crisie, mé- Dipée, loricaire, eucratée, lafoée, aétée.
40 SsETDLàHiÉss. Polypiers phytoïdes, à tige distincte, simple ou rameuse, très-rarement articulée, presque toujours fistuleuse, remplie d^une substance gélatineuse, animale, à laquelle Tient aboutir Textrémité inférieure de cbaque polype contenu dans une cellule dont la situation et la forme varient ainsi que la grandeur. Les genres de cet ordre sont : pasytbée, amathie, némentésie, aglaophoenie, dynamène, sertulaire, idie, clytie, laomédée, tboée, saiacie et cymodocée.
5» ToBOLAEiÉBS. Polypicrs pbytoïdes, tubuleux, simples ou rameux, jamais articulés, ordinairement d^une seule substance cornée ou membraneuse, ni eelluleuse, ni poreuse; recouyerte quelquefois d*une légère couche crétacée, polypes situés aux extrémités des tiges, des rameaux ou de leurs divisions. Les genres de cet ordre sont : tibiane, naisa, tubulaire, cornulaire, télesU), liagore et néoméris.
tt Polxpier$ caictfèret. Substance calcaire mêlée avec la substance animale ou la recou- Trant, apparente dans tous les états.
6* AciTABDi.uiitss. Polypes à tige simple, grêle, fistuleuse, terminée par un appendice ombelle ou par un groupe de petits corps pyrilormes et polypeux. Les genres de cet ordre sont : acétabulaire et polypbyse.
7« CoiALuniBS. Polypiers phytoïdes, fermés de denx substances, Tune intérieure om axe, membraneuse ou fibreuse, fistuleuse ou pleine; Tautre extérieure, écorce plus ou moins épaisse, calcaire et parsemée de cellules polypifères, trèsrareqi^nt visibles à Tceil nu dans i*état de vie,encore moins jdans la dessiccation. Les genres de cet ordre sont.: !<> tubuieus, galaxaure ; arUculéiy oésée, janie, coraUlne, cymopolie, amphiroé et j^alimède^ j}» ^iar^<((é« «I en éventail, iidp^e.
ttt Polypiers corHcifèreê, composés de deux substances : une extérieure et enveloppante, nommée écorce ou encro^^emefil ; Pautre appelée axe, placée au centre et soutenant la première.
80 Sponfiiivs. Polypes nuls ou invisibles ; polypiers formés de fibres entre-croisées en tout sens, coriaces ou cornées, jamais tubpleuses, enduites d*une humeur gélatineuse, très-fugace, et irritable suivant quelques auteurs. Les genres appartenant k cet ordre sont : épbydatie et éponge.
90 GoRGONitES. Polypiers dendroïdes, inarticulés, formés iqtérieureroept d*un axe en général corné et flexible , rarement assez dur pour recevoir un beau poli, quelquefois mou ou de consistance subéreuse, enveloppé d*une écorce gélatineuse et fugace, ou bien charnue, crétacée, plus ou moins tenace; ces polypiers sont toujours animés et souvent irritables , enfermant les polypes et leurs cellules. On place dans cet ordre les genres : anadiomène , antipate , gorgone, plexaure, eunicée, muricée et corail.
10» IsiDÉBS. Polypiers fermés d*une écorce analogue à celle des gorgoniées et d*un axe articulé, à articulations alternativement calcaréopierreuses et cornées, quelquefois solides ou spongieuses, ou presque tubéreuses. Les genres appartenant à cet ordre sont : mélltéei mopsée et isis.
J II. POLTPIBIS FIHERBUX, JAMAIS FLKXIBLIS.
t Polypiers foraminés; ils ont <|e petites cellules perforées, ou semblables à des pores presque t|f buleux et sans aucune apparence de lames.
II0 EsciAitis. Polypiers lapidescepts , polymorphes, sans compacité intérieure; cellules petites, courtes ou peir profondes, tantôt sériales, tantôt confuses. Cet ordre, remarque Lamoi^roux, est fdripé d*une partie seulement des polypiers à réseaux de Laroarck; les autres appartiennent à la première division, composée des polypiers flexibles. Les genres qui s*y viennent grouper sont : adéone, eschare, rétépore, krusensterne, hornère, tilésie, discopore et ceiléporaire.
13o MiLLtpOEÉBs. Polypiers pierreux, solides, compactes intérieui^emeQt; cellules très-petites et polyfèrmes, éparses ou sériales, jamais lamelleuses, quelquefois cependant à parois légèrement striées. Les genres compris dans cet ordre sont : ovulite, rétéporite, lunulite, orbulite, ocellaire, mélobésie, eudée, alvéolite , distichopore, spiropore et mil|épore.
tt Pof/pi^re lamelliféreê, pierr^iu, offraal
( lâS )
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des étoiles lamelleuses , ou des sillons ondes et garnis de lames.
ISoCaktophtllaires. Polypiers à cellules éioilées et terminales, cylindriques, ordinairement parallèles, quelquefois turbinées et épatées, mais Don parallèles. Les genres suivants rentrent dans cet ordre : caryophillie, turbinolie , cydollte et fongie.
14» MiAiiBifiiÉis, étoiles ou cellules latérales, ou répandues à la surface , non circonscrites, comme ébauchées , imparfaites ou confluentes. Cet ordre renferme les genres pavone, agaricie, méandrine et monticulaire.
15« AsTB&is, étoiles ou cellules circonscrites, placées à la surface du polypier. Les genres de cet ordre sont : échinopore, explanaire et astrée.
16« MADRiPOiÉis, étoiles ou cellules circonscrites, répandues sur toutes les surfaces libres du polypier. Les genres de cet ordre sont : porite, sériatopore, pocillopore , madrépore, ocu- Une, styline et sarcinule.
ftt Polypiers tubulés^ pierreux, formés de tubes distincts et parallèles, à parois internes lisses.
. 17» TuBiPORtis. Polypiers composés de tubes parallèles, en général droits, cylindriques et quelquefois anguleux, plus ou moins réguliers, réunis et accolés dans tolite leur longueur, ou ne communiquant entre eux que par des cloisons externes et transversales. Les genres appartenant à cet ordre sont : mécrosélène, caténipore, favositeettubipore.
$ III. PoLTPiBRS sAEColQES. Plus OU moius irritables et sans axe central. Ici les polypes sont encore placés dans des cellules ; mais ces cellules ne sont plus contenues dans une masse cornée flexible, ou pierreuse et dure ; elles sont à la surface d\ine masse plus ou moins charnue, entièrement amincie. Lamouroux n*a point formé de section parmi les polypiers sarcoldes, qui sont seulement divisés en trois ordres.
18» ALGTOfiÉxs, où les polypes connus ont huit tentacules souvent ponctués , ou plutôt garnis de papilles quelquefois de deux sortes différentes. Les genres appartenant à cet ordre sont : alcyon, ammolhée, Xénie, anthélie, polythoé, alcyonelle, halliroé.
19» PoLYCLiNÉEs, OÙ Ics polypcs Ont une ou deux ouvertures formées par six divisions tentaculifOrmes. Ce sont les thétyes composées, de Savigny, dont Lamarck, qui n*y voit plus de polypes, a formé Tordre des botryllaires dans sa quatrième classe quHt a appelée les tuniciers, laquelle suit celles des radiaires ; il est cependant difficile de concevoir que des êtres qui, par
leur réunion , exercent encore june vie commune, indépendamment de celle de chaque individu, puissent être transportés, dans Téchelle de Torganisation, au delà des créatures où Tindividualité devient Tessence de Texistence. Quoi qu*il en soit, les genres appartenant à Tordre des polyclinées sont : distome , sigilline , synotque, aplide, didemne, encélie et botry lie. Lamouroux en exclut le genre pyrosome sans en donner les motifs.
30o AcTiiiAiEBS. Polypiers composés de deux substances, une inférieure, membraneuse, ridée transversalement, susceptible de contraction et de dilatation; Tautre supérieure, polypeuse, poreuse, celluUfère, lamelleuse ou tentaculifère. Ici existe le passage des polypiers sarcoïdes aux acalèphes fixés de Cuvier, qui sont en partie les radiaires de Lamarck. Les genres de cet ordre sont : chenendopore , hippaiime, lymnorée, montlivallie et iérée. De..z.
En pathologie , le mot polype est une de ces expressions qui n*ont aucun sens bien déterminé. On appelle communément polypes des excroissances charnues, fongueuses, fibreuses, carcinomateuses, etc., qui peuvent se développer sur toutes les membranes muqueuses , mais qu*on observe plus fréquemment dans les fosses nasales, la matrice ou le vagin. On donne aussi ce nom à des tumeurs formées dans le tissu cellulaire sous-muqueux , à des productions fibreuses, etc. Les anciennes descriptions se rapportent presque toutes aux polypes du nez, qui ont été les premiers connus. Ce nom de polypes vient, dit Paul d*^gine, de ce que le polype du nez envoie de nombreuses racines dans toutes les anfractuosités des fOsses nasales, et gène la respiration, de même que le polype de mer étreint les pêcheurs avec ses longs bras. Selon Palucci, Torigine de ce nom vient de ce que les excroissances polypeuses ont la faculté de se reproduire après avoir été extirpées, de même que les polypes ont la faculté de reproduire les parties qu^ils ont perdues. Mais Levret a judicieusement observé que les excroissances polypeuses n*ont qu*une seule racine , et que les prolongements qui entourent leur pédicule ou leur base ne sont que des fausses membranes, des vaisseaux nourriciers de la tumeur, ou d*autres polypes moins volumineux. On n*a admis pendant longtemps que deux espèces de polypes : les muqueux ou vésiculeux, et les sarcomateux. Aujourd*hui on en admet cinq ; les vésiculeux, les sarcomateux, les granuleux, les fongueux et les fibreux, l» Les polypes vésiculeux se composent d*un tissu mou, homogène, contenant un liquide qui s*écouIe
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quand on déchire ces végétations; ils sont hygrométriqnes, se développent rapidement, mais ne s*enflamment que difficilement. 9<» Les polypes sarcomateux appartiennent surtout aux fosses nasales, aux gencives, à Putérus, au col de cet organe, à la vessie, au rectum : ils se ramollissent, s*ulcèrent , et donnent du pus icboreux ; ils ne se bornent pas à la membrane muqueuse, mais s*éteudent aux parties molles environnantes, aux cartilages, aux os, etc. 3o Les polypes granuleux se développent surtout dans Tulérus et la vessie. Peu volumineux , ils occupent une grande surface, et paraissent sous la forme de grains blanchâtres, jaunes ou légèrement rosés; etlorsqu*ils sont nombreux et confluents, ils ont quelque analogie avec les végétations vénériennes appelées ckoux-fleun. Ils se détachent fadlement de la surfeice à laquelle ils tiennent; ils croissent lentement et sont peu douloureux, nais ils finissent par dégénérer en cancer, surtout s*ils sont traités par les irritants ou les caustiques. 4» Les polypes fongueux diffèrent peu des polypes sarcomateux ulcérés. On les observe sur les membranes muqueuses. 5« Les polypes fibreux sont étrangers aux membranes muqueuses, comme leur nom Findique ; ils ne sont qu'un développement ou une hypertrophis du tissu albuginé : tels sont, le plus souvent les polypes dn nez. Les membranes muqueuses par lesquelles ees polypes fibreux sont recouverts, ne sont, pour ainsi dire, que des enveloppes d'emprunt. Us dégénèrent rarement , et les accidents quUls causent sont dus à leur action mécanique plutôt qu*à une altération du tissu. Ils déplacent ou usent tout ce qui gène leur accroissement; mais ils n'exposent guère aux hémorragies ni aux soppurations ichoreuses. — On obtient la guérison des polypes par Tarrachement, Texcision, la ligature ou la cautérisation. On emploie de préférence rarracbement pour ceux du nez. Mais pour les polypes utérins, les seuls modes opératoires qui puissent convenir, sont la ligature et la résection. — On a quelquefois donné le nom éepoljrpeê à des concrétions sanguines formées sur la membrane interne du cœur ou des gros vaisseaux , concrétions attribuées par quelques auteurs à une inflammation de cette membrane, qui, à raison de son état inflammatoire, agirait sur le sang et le coagulerait; et par d'autres à rinflammation du sang lui-même. Laènnec les a appelées, avec plus de raison, concrétions polf piformet, KTSTiti.
POLTPÈTALIE. Kichard, dans ses Éléments de botanique et dans sa Botanique médicale, a employé ce mot pour désigner les huitième et neu-
vième classes de U méthode qu^il y propose^ classes qui renferment toutes les familles des, plantes à corolle polypétale. La huitième, polypélalie'$xmphx8ogxnie , comprend les polypetaies à ovaire adhérent, et la neuvième , polype* talie^leuthérogxnie , les familles polypétales à. ovaire libre.
POLTPHÈME (nom qui, en grec, signifie très ou trop fameux, le plus célèbre et comme le roi des Cyclopes (in>/. ce mot). Ce géant pasteur et anthropophage, fils de Neptune et de la nymphe Thoosa, parait avoir été le type des ogres du moyen âge. Il fout lire au IX« livre de VOtfy-êséo le récit nai'f du séjour forcé qu'Ulysse fit, avec quelques-uns de ses compagnons, dans l'antre ensanglanté de ce monstre, Motns semblable à un homme qu'à une montagne couverte de forêts. Déjà l'impitoyable Cyclope avait dévoré, en trois repas, six des compagnons d'Ulysse, quand le héros lui fit bdlre trois hirges coupes d'un vin délicieux qui l'assoupit. Les Grecs profitèrent de son sommeil pour crever, avec un pieu embrasé, l'œil unique qu'il avait au milieu du front; et grâce au génie inventif du roi d'Ithaque, ils parvinrent à regagner leur vaisseau et s'éloignèrent des côtes homicides de la Sicile.
Théocrite, dans sa XI* idylle, nous présente Polyphème sous des traits moins odieux. La passion non partagée qu'il éprouve pour Gala-» tée s'exprime avec un charme attendrissant: c'est que le Cyclope amoureux «était encore Jeune. Néanmoins, dans sa fureur Jalouse , il écrasa le berger Acis, que la nymphe lui préférait.
Un autre Polyphème, fils du Lapithe Élatos»' prit part à l'expéidition des Argonautes, épousa Laonomé, fut abandonné dans la Mysie, et y f6nda la ville de Cios. L. BSLCàsso.
POLYPIER. On nomme polypier la substance solide, calcaire, ou cornée, qui enveloppe les polypes marins. Cette substance résulte de la transsudation des animaux qui se trouvent logés dans sa masse, et dont l'agglomération f6rme le corps concret, inorganique, et plus ou moins solide, du polypier* Les polypes à polypiers ont été longtemps considérés comme des ant*mat«4rptantes, et rangés, sous le nom de :toophxtes^ dans la dernière classe du régner organique. Ces singulières productions qu'on trouvait fixées à une base commune, à la manière des plantes, pouvaient bien présenter au premier coup d'œil un autre ordre de végétation, une sorte de passage d'un règne dans l'autre ; mais en 1737, une observation sur les corauX| faite par Peyssonel,
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dtaontra ju^u^à révideDceMniê ces prétendus xoopliytes coostituaieBt les habitations d*un grand nombre de petits animaux qui ne pouyttent vivre ailleurs. Trembley étendit cette découverte en feisant connaître les polypes nus; mis compléta cette étude en retrouvant des animaux analogues dans les terlulaires, les eêchO' fe$ et les gorgoneêy et me fois lancé dans cette voie de recherches, on s*aperçut bientôt que les madréporei, les mfllépores et toutes les innombralries espèces de la classe des polypiers avaient la même analogie et une organisation à peu près semblable. Le polypier varie de forme suivant les animaux qui le produisent et qui augmentent sa masse à mesure quHls se multiplient, é'est-à-direpar les générations qui se succèdent. Les polypes, groupés ou agglomérés plusieurs ensemble , communiquent entre eux par leur base, participent d'une vie commune, et, suivant rexpression de Lamarck, constituent une sorte d'aasociatios d*animaux composés. Touteibis, chaque individu isolé, et renfermé dans une des cellules du polypier, contribue à Tacfroissement de la masse; chacun produit des gemmes qui, en se développant, augmentent le nombre des animaux particuliers et adhérents. Il résulte de là une croissance progressive du polypier commun qui s*étend dans tous les sens, envahit à la longue le corpe marin sur lequel il est fixé, et parvient à recouvrir un grand espace, soit en forme de croète, soit en masse relevée, diversement lobée, ramifiée, dendroïde, foliacée ou réticulaire, selon les espèces. La marche de Paeoroissement se foit par Tagrégation de la nouvelle substance transsudéepar les nouveaux polypes : c'est une augmentation en territoire et en population. Les différentes espèces de polypiers offipent tontes, soit à leur surfoce, soit le long des lobes et des rameaux, ou à leurs extrémités, des cellules distinctes, dans chacune desquelles se trouve la partie antérienre d'un polype terminée par une bouche entoorée de barbillons ou tentacules. En résumé, le polypier, pris dans son ensemble , est une espèce de ruche dont le travail est continu, parce que les animaux qui l'habitent et l'accroissent incessamment vivent sédentan*es, sans Jamais quitter leurs cellules. —Les polypes à polypier jouent un rôle important parmi les animaux qui peuplent le globe : de tous les êtres créés , oe sont eux qui laissent après leur mort les plus grandes traces de leur existence; ils forment dans le fond de la mer, ou le long des côtes, d'immenses dépôts de matières calcaires; des profondeurs de l'Océan, ces maéseë, eu s'augmentavt, s'élèv«iit au<4essns de
la surface des eaux, et donnent naissance à de nouvelles tles; l'origine de certains archipels des mers polynésiennes est due à cette cause, qui continue, d'agir. Aussi, les polypiers exercent dans les régions chaudes , plus encore qu'ailleurs, une action puissante, et déterminent des changements notables dans les localités où iU ont pris racine, en augmentant les inégalités du fond, en élevant des récifs qui barrent l'entrée des rades, op bien en entourant les lies corallifères d'une ceinture de rochers dangereux. L'imagination s'effraye k la vue de ces formations que l'homme ne peut ni prévoir, ni arrêter, ni détruire, et que produisent pourtant des animaux si petits, si incomplets dans leur organisation, mais dont l'action incessante et progressive atteste la puissance . 8. Bietbilot.
POLYPODIACÉES. fer* FouoÈBl.
POLYSPERCHON, général d'Alexandre, eonn mandait les Stymphéens à la bataille d'Arbèles^ et conquit ensuite l& Bubaoène; mais, par sa franchise, il encouru^ la disgrâce d'Alexandre^ qui le mit en prison et ne lui pardonna que long*> temps après. Il remplaça Antipater dans la tutelle des rois et la régence de l'empire (3il). Gassandre, fils d'Antipater, aidé de Ptolémée, lui déchira la guerre. Vaincu en plusieurs rencontres et abandonné de ses alliés, Polysperchon fut obligé de se réfugier chez les Éloliens (317); il reparut quelques années après avec Hercule, fils d'Alexandre et de Barcine, qu'il voulait mettre sur le trône; mais, séduit par les promesses trompeuses de Gassandre, il consentit à empoisonner le Jeune prince (309) : par là il se priva de tout appui. On ignore ce qu'il devint depuis. Bouillit*
POLYTECHNIE, mot dérivé du grec «oAi»^ et Tfxv^, art, par lequel on entend généralement une étude qui dispose à acquérir de l'habileté dans la pratique de différents arts d'application. Le but d'un institut polytechnique est donc bien moins d'enseigner la science théorique que d'en mettre toutes les parties au service de la pratique. L'utilité de semblables établissements a été sentie par presque tous les gouvernements, et non-seulement la France a son école polytechnique, qui mérite un article à part, mais Vienne, Prague, Munich, Dresde, Carlsruhe et beaucoup d'autres villes ont des institutions analogues, où les élèves vont puiser des connaissances soientifiqnes qu'ils répandent dans la pratique des arts divers qu'ils sont ensuite appelés à exercer. La NooRiiis.
POLYTECHNIQUE (Écou). Cette insUtuUoh- Bioëèle a été fondée en l'an m (1794) par la Goa-
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¥«iitioii natimiale, dans le but 4e «éer une école fui |»ftt fournir k rfitat des hommes spéciaux pour les divers services puMics. Bile était surtout destinée, dans le principe, à fora^r des infénîeurs t aussi tot-eUe nommée d*abord Éeoie e$fUrak 4e$ iroMtum publiée. Le nom à^Ét€H polyiéchniquê ne lui fut donné que par la M du l** sept. 1795. Les élèves, au nombre de MO, cboisis après examen préalable, tarent réunis dans des amphithéâtres au Palais-lourbon qui, ^^àce au cèle des commissaires , ne tarda pas à être pourvu de nombreuses coMedions scienti- Éques. Ils refurent d^bord un traitement. La loi du 18 Jmiv. 1798 et ceUe du 16 déc. 1799 apportèrent quelques changements à la constitution de i^écolo. Le nombre des élèves fut fixé à 890, ri«e d*adaiis8ion de 16 à 90, et à 16 pour ks militaires qui avaient trois ans de service. Les savants les pkis célèbres de la ïranoe, Lal^range, Laplace, BerthoUet, Fourcroy, Cruyton* Horveau, Pdletier, Chaussier, Prany {tqy, ces noms), 7 étaient alors chargés des différentes branches de l*enseignement. Le 16 juillet 1804, un décret impérial ordonna qu*à Tavenk les élèves sondent casernes; ils furent traasMrés à la montagne Sainte-Geneviève, et le conseiller d*État Lacttée Ait nommé gouverneur é» Técole. Pendant toute la durée de Tempire, les élèves ne négligèrent aucune occasion de téaMigner leur dévouement à Napoléon. On nVi pas oublié leur nobla et courageuse conduite au 80 mars 1814. Aussi récole fM-eUe d*abord considérée par la restaundion conme peu favorable à son gouvernement, et un mouvement d*lndi«etpftine hit le prétexte de son licenciement, lequel eut Ueu le 15 avril 1816. Ille Hi toutefois recoasUtuée par rordonnanoe du 4 sept, de la même année. Bepula, les élèves durent pajrer une pension. Le duc d*AngoulêaM fut déclaré par le roi protecteur de récole. Mais au mois de Juillet 1880, les élèves se mirent à la tête du peuple de Paris, et secondèrent de tous leurs efforts le mouvement quisVpéraH.
Les anciens règlements ont été à peu près maintenua. L'admission a toujours Heu par vole de concours au moyen dVxaminateura perma- Mula, d*après un programme arrêté p«r le conaefl de peîrfrctionnement, et publié le !« avrH nu plus tard. Incessamment le grade de bachelier sera exigé pour être admis à concourir. La durée des cours est encore de deux ana. Après les examens de sortie, les élèves qui y ont satis- Mt est le droit de choisir, d'après le rang qu'Us necupent sur la liste générale dressée par le Jury, nehri dea envioes publies oO Ha désirent entrer.
ceux qui se reerutent dans récole soAt : firtillerie de (erre et de mer, le génie militaire et le génie marKime, le corps des ingénteurs bydro^ graphes, les ponta et chaussées, tes mines, lei poudres et salpêtres, le corps Vt>yal d^6tatHBiaJof (partie de géodésie) et radmhilitratlon des tabacs. Depuis le aiintstère du marquis de GtêN ONHit-Tonnerre, six places sont rtservdes aux élè* ves sortants dans le corps des ofliclers de vaisseau .
L'école a un état-major pris dans les con» spéciaux de l'armée. Outre le directeur des études et les exaaSinateufs d'admission et de sortie, qui, à proprement parler, ne font point partie de l'institution, l'école compte encore 88 personnes chargées de l'instruction à titre de professeurs, de maîtres et de répétiteuirs. Après avoir été dans les attributions du ministrede l'iatérienr, l'École polytechnique est maintenant dans celles du ministre de la guerre. Là HoviiAts.
POLTTHilSMB (u), est une des trois grandèu ftKves auxquelles se ramène en dernière analyse toute la variété des systèihes religieux. En effét^ on admet que tout est Dieu, c^t le panthéi$mei ou qu'il est un seul Dieu, «"est le monotkHime; ou qull y a phisteurs dieux, c'est le polythéiàmt* Le polythéisme n'est pas le système rationnel; fl n'est que le système populaire,- mais il est ancien ; H a eu des formes riches et variées; il a conduit aux pkn grands cheftHTfieu vre que possède l'espèce humaine; il a exercé et U exerce encore une influence. Il mérite donc notre attention sous beaucoup de rapports. Nous traiterons successivement de son principe, de son origine, de ses principaux ^sfhncs et de IVn« flmnee qu^ a exercée ou qull exerce encore dane le monde. Hous nommerons etiin quelifueB mêwagm auxquels H a donné Heu. -^ I. Le prPn*' cipc éfk polythéisme tt'est pas un prtndpe. Gh n'est qu'une Induction erronée, une mductton qui conclut de la variété des phénomènes secott'> dalres à la variété des forces supérieures, d«i puissances Meltigentes qui les produisent, éU un motdes<f^é«i#. Il est très-vrai que la variété des phénomènes est grande, et qu>ntre eux II y a non-seulement divergence, mais combat, antithèse. Chi a donc pu admettre à bi première Yue de l'univers, non-seulement une ceitaine dtttlnetion de domatafcs et de gouvernements soumis à des puissances diverses, quoique subordonnées à une seule autorité suprême; on a pu y aditiet-^ ire des empires opposés. Cependant, t^ était naturel d'en Juger ainsi à la première vne^ il n'était pas rationnel de persévétvr dans cette hypothèse. Sa effet, la raison, se possédant mieux, lisait nécessairement dans la tariété des phé-
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nomènes leur succession, leur enchaînement, leur unité; et puisqu'elle reconnaissait un seul monde, un seul univers, elle devait aussi reconnaître une seule loi, un seul Dieu. Telle est la force des choses. Nous avons donc raison de dire que le polythéisme repose, non sur un principe, car un principe ne périt pas, mais sur une induction : une induction se corrige. — IL Vorigine du polythéisme explique comment il s*est arrêté sur une induction erronée. Le polythéisme remonte à Tenfauce du genre humain. Il n*est pas la foi primitive de Thomme, point de doute à cet égard, puisqu'en sortant des mains de son Créateur, le roi de la création n'a pas pu débuter par la plus grossière ingratitude : cela impliquerait contradiction. Mais si le polythéisme n'est pas primitif, il est ancien. Doué de cette liberté qui foit la gloire ou Tignominie de sa destinée, rhomme n'a pas tardé à subir l'influence des phénomènes, et à multiplier en les admirant avec stupeur les objets de son culte. Le polythéisme est à tel point ancien qu'on en ignore l'origine. Il a été la foi primordiale des peuples de l'Asie et de l'Afrique. Ceux qui le regardent, à tort, comme la conception première de la raison humaine prétendent en reconnaître les vestiges jusque dans les codes sacrés des Juifs. Ils invoquent à cet efiFet : !<> le nom d'Élohim, qui est un pluriel ; 2o le célèbre anthropomorphisme que renferment ces mots : Faisons l'homme; 3o les noms de Tubalkain et de Jabal, qu'ils assimilent à Vulcain et à Apollon, et qu'ils considèrent comme des débris d'un' polythéisme vaincu ; 40 le penchant presque invincible que le peuple de Dieu, c'est-à-dire le peuple que, par une série de vocations et de directions spéciales. Dieu a disputé à l'idolâtrie, n'a cessé de montrer pour cette doctrine. Mais, on le voit, ce ne sont pas là des arguments, ce ne sont pas du moins des raisons. Le monothéisme est, au contraire, la pensée la plus constante et la plus fondamentale de toutes les parties du code mosaïque et judaïque. Dès lors, la question de la priorité entre le polythéisme et le monothéisme se résout par celle de la priorité entre les monuments religieux de la Judée et ceux de l'Inde ou de l'Egypte. Cette question est loin d'être tranchée ; elle ne saurait l'être dans l'éUt de la philologie orienUIe. Aussi n'est-ce pas sur des considérations philologiques, mais au contraire sur des arguments philosophiques que nous fondons l'antériorité du monothéisme sur le polythéisme. Rien ne réfute ces argumenU. Le polythéisme a, d'ailleurs, été longtemps la foi de la majorité, et celui des nations les plus célèbres. De Moïse à Jésus-Christ
le seul peuple des Juifs a professé le monothéisme, et ce peuple même, qui a trouvé dans sa religion la source de sa plus grande célébrité, n'a pas toujours professé ses principes avec la même ferveur. Il a souvent partagé les erreurs de ceux qui étaient ses maîtres, car le polythéisme régnait partout. Pour plaire à tant de nations diverses, le polythéisme a dû revêtir des formes variées ; il en a revêtu un grand nombre. — III. Ses annales présentent cinq systèmes princtpaus. On les distingue par les divers cultes auxquels ils ont donné lieu. En efiFet, on a adoré les dieux sous la forme dé l'homme ou celle de l'animal, qui en est comme la contrefaçon. On^ les a adorés sous le symbole du soleil et des astres, ou sous celui du feu, qui en est comme l'image. Enfin, on les a adorés sous la forme de tout autre objet qui ofiPrait quelque chose de spécial. Ces cinq systèmes se désignent sous les noms d'anthropolâtrie, de zoolàtrie^ d'aslrolatrie, de p/rolâtrie ou de fétichisme ^ mais c'est la science moderne qui a fait cette terminologie, ce n'est pas l'antiquité. — Vanlhropolàtrie, c'est le polythéisme grec et romain, dont l'Apollon et la Vénus sont les plus belles idéalités que puisse concevoir le génie d'un artiste ou d'un poète. Les plus grands dieux de l'Olympe sont , comme Vénus et Apollon , des hommes grandis, embellis, divinisés, et, en un mot, faits dieux par l'homme. Mais ce n'est pas un homme, une génération, ce sont les hommes, les diverses générations qui se sont succédé dans le même ordre d'idées qui ont créé ces belles idéalités. En efiFet, le Jupiter de la Grèce de Périclès n'est pas celui de la Grèce d'Orphée; et, de la Vénus barbue à celle de Praxitèle, il y avait tout un monde de créations idéales à franchir. Si toutefois c'est l'anthropolâtrie qui domine dans le polythéisme greco-romain, et qui en constitue le caractère, tout n'y est pas anthropolâtrie. Il s'y trouve d'abord des éléments de zoolâtrie et des éléments de démonologie. Les premiers percent évidemment dans le symbolisme de Pan et dans celui des satyres, des faunes et des centaures. Les seconds se montrent moins dans le culte public et dans la mythologie populaire que dans les tradictions des sanctuaires et dans les enseignements des écoles : témoins le génie de Socrate et les esprits des nouveaux platoniciens, êtres ou abstractions auxquels on ne prêtait pas immédiatement la forme humaine. On y trouve d'autres éléments encore, de grandes personnifications cosmologiques et astronomiques; mais toutes ces créations finissent par une anthropolâtrie. — La zoolâtrie pure ne se
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tronve nulle, part. Dans le polythéisme de TÉg]rpte et de Tlnde règne une sorte de transaction entre la zoolâtrie et Tanthropolâtrie. ^ On serait toutefois autorisé à dire que c*est la loolâtrie qui y domine, puisqu'elle fournit ha* bituellement dans le symbolisme des principales divinités la partie principale, la tète, et que les Juifs,quand ils imitent le culte de TÉgyple, choisissent le bœuf Apis pour leur idole. ^ L*aslrolâtrie et la pyrolâtrie se rapprochent et se confondent de leur côté comme les deux systèmes dont nousvenons de parler. Elles dominent dans les religions de la Chaldée et de la Perse; mais aucune des deux formes que nous venons de nommer n*est exclusive dans les systèmes de ces deux contrées; et, dans la religion de la Babylonie et de la Syrie, nous voyons une troisième forme du polythéisme, Tanthropolâtrie, se joindre à Tastrolâtrie. Quand celte dernière est toute à peu près pure, comme nous la montre r Arabie antique, on lui donne le nom de sabéisme, — Le cinquième système, \t fétichisme, mot formé du portugais /<é/tfo, n'est qu*un grossier mélange des trois derniers dont nous venons de parler. Le fétichisme embrasse tout : il n'exclut que Tanthropolàtrie. En e£Pet, le sauvage vénère une sorte de puissance divine dans tout objet qui frappe son imagination, dans le rocher, dans la montagne, dans une simple pierre, dans un animal. Cependant, il n'adore jamais sous la forme de l'homme. Ce serait une sorte de panthéisme qu'il professerait s'il allait jusque-là, mais ce serait le panthéisme du sauvage. On pourrait dire avec la même raison que ce serait l'athéisme de l'homme de la nature; car il est bien évident qu'au fond le fétichisme est athée : il a la nature, il n'a pas la Divinité. Un exemple frappant montre à quel point le fétichisme, le panthéisme et Tathéisme se touchent, c'est l'état religieux de la Chine, où le peuple adore les serpents et leur offre des sacrifices, tandis que certains mandarins sont panthéistes ou athées, et que d'autres professent une sorte de théisme platonique (roules mémoires de M. Abel Rémusat). Le fétichisme, ayant un plus grand nombre d'objets de culte que tout autre genre de polythéisme, ofiFre aussi une plus grande variété de nuances. Il a non-seulement varié dans l'antiquité, il varie encore dans les temps modernes, et de peuplade à peuplade, de fomille à famille, d'individu à individu. U est, de tous les genres de polythéisme, celui qui a toujours exercé et qui exerce encore sur l'esprit et le cœur l'influence la plus foneste. — V. L'influence que le polythéisme exerce sous tous les rapports varie naturelle-
ment suivant la diversité de ses systèmes. Hais cette influence ne peut qu'être fâcheuse. Le polythéisme est une erreur, et une erreur sur la question la plus fondamentale de la destinée humaine. La solution de notre destinée est dans la philosophie ou dans la religion. Quand l'homme n'a pas de philosophie et que sa religion n'est qu'une grande aberration, toute sa vie est dominée par l'erreur, par un point de vue qui fausse sa pensée, ses affections, ses actes. La mission spéciale de la religion est d'élever l'homme de lui-même à Dieu, du monde matétériel au monde moral. Le polythéisme vient faire le contraire, il abaisse Dieu au niveau de l'homme; il fait plus, il l'adore dans l'animal, dans la plante, dans la matière. La plus noble espèce du polythéisme, l'anthropolfttrie , n'est qu'un anthropomorphisme plus ou moins grossier, plus ou moins subtil. Avec la figure grandie de l'homme, il prête aux dieux les mœurs et les goûts grandis de l'homme. 11 leur prêle nos affections et nos passions, et l'exemple de ces passions est d'autant plus pernicieux qu'il est donné de plus haut. Le poète Térence met dans la bouche d'un jeune étourdi ce raisonnement : « Si le grand Jupiter a trompé les jeunes filles, pourquoi m'en ferai-je scrupule, moi ?» Ce raisonnement, mille autres l'avaient fait avant que Térence le prêtât à un libertin. Le polythéisme allère ainsi, et il altère profondément les notions du bien etdu mal. Si vous trouvezdans un système polythéiste une morale bonne et pure, c'est que ce syslème a eu deux morales. Soit un exemple. Quand nous parlonsde polythéisme, nous pensons d'abord à celui de la Grèce et de Rome, que nous prêchent les plus beaux chefs-d'œuvre de l'esprit humain. Ces deux pays nous offrent une morale, une politique, une philosophie glorieuses. Mais ce n'est pas le polythéisme qui a donné aux Grecs et aux Romains le génie que nous admirons dans leurs immortelles créations, c'est, au contraire, ce génie qui a été le correctif du polythéisme. Il en a été d'abord le flambeau, puis la torche qui l'a consumé. En effet , quand ce génie est arrivé à sa complète maturité; quand les philosophes d'Athènes ont posé les principes d'une sage psychologie, d'une morale pure et d'une politique appuyée sur cette étude de l'homme, de ses droits et de ses devoirs, le polythéisme a aussitôt cessé d'être la religion dés classes supérieures. Ce n'est donc pas grâce au polythéisme, c'est en dépit du polythéisme que la Grèce a été le pays de la civilisation et des arts. Les plus illustres des Grecs, Socrate, Platon et Aristote ne furent pas polythéistes. L'histoire
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d« lovM vîw^i ooBfimer «m mti. Ce K*«st pai la reli^iMi fui a IaH la griBdeiir é% llone, e*efl le premier corps politique de lone, G*eit le eé* nat, qui a tou^joufi ftoit de la religion oe fu*il a Toulu. A répoque de Cioéron, le pelylbéisne avait fait sou temps. Ou le maiutiut parce qu*il était confondu a?ee lei institutions du pays} mais il n'était plus rien aux lois ni aux mcsurs, et dès que la politique cessa de le soutenir, sa cbute Ait rapide* Constantin , qui Tappréclait comme on Tapprédait depuis longtemps, n*eut qM*à se prononcer pour le monothéisme pour que le monothéisme renversât coup sur coup tous les temples, les sanctuaires, toutes les écoles des polythéistes^ On parie des traces profondes que le polythéisme a laissées dans les mœurs des peuples; des usages, des cérémonies et des fêles qui le rappellent encore en tirèce et en Italie. Nous ne contestons pasTalliance du polythéisme avec le génie de la Grèce et de Kome x cette al* tiance s'était établie dans les mmurs du peuple, comme elle s'était établie dans les conceptions des poêles et dans les créations des artistes. Nous ne contestons pas non plus les vestiges qui restent de cette alliance : ces vestiges sont incontestables. Hais nous disons que les Jeunes ftUes des Cyclades qui répètent quelques pas de Tancienne Grèce, ou les villageois de la Sicile et de la Fouille, qui se transmettent quelques souvenirs du polythéisme, n'attestent pu plus la profonde influence de ce système que nos poètes qui s'inspirent des Muses du Parnasse, ou nos artistes qui vivent des dieux de l'Olympe. Il est des genres de polythéisme qui s'Accordent, ainsi que l'anthropolâtrie de la Grèce, avec un haut degré de civilisation i les anciennes religions de la Perse, de l'ÉgypU et de llnde l'attestent. U OB est d'autres qui plongent ou retiennent l'intelligence dans l'abrutissement; qui sont incompatibles avec toute espèce 4e progrès moral ou politique. U n'est pas de nuance de polythéisme qui ne conduise à la superstition t ici, ce sont des terreurs poignantes et continuelles, ailleurs, des sacrifices cruels, ridicules ou infimes. On offre à des divinités indignes d'indignes hommages; on ne leur ofiRre pu seulement des firuits, des fleurs et des animaux, on égorge en leur honneur ici des enfants, ailleurs les hommes roux, plus loin les naufiragés; on leur immole Jusqu'à l'honneur et la vertu. Nous l'avons dit, aberration plus fondamentale que toute autre, le polythéisme jette naturellement l'imagination et les affections de l'homme dans les plus déplorables excès. L'aveuglement qui l'enfante est son plus lert appui» Il vit du fanatisme qu'il Inspire
et des saeriflcee qu'il commande. Mak parient où la civilisation vient rompre le charmOi Q s'évanouit. C'est une ombre effrayante et ensanglantée qui peu à peu se retire devant le ' flambeau de la raison; car la raison, nous l'avons vu, c'est le monothéisme. Partout où pénètrent les missionnaires du monothéisme moderne, c'est-à-dire du christianisme, le polythéisme disparaît. D^à il a quitté l'Europe ; déjà les autres parties du monde ne lui olfrent plus peut uile que des pays sauvages, des bois, des déserts ou des solitudes peu accessibles. L'Inde est à la veille de passer au monothéisme, et la Chine, qui, presque seule encore, nous montre le polythéisme Joint à de fortes institutions, parait devoir passer par l'athéisme et le panthéisme au système que depuis si longtemps elle repousse avec une invincible opiniâtreté. — Vl. Le poly« théisme est exposé dans une foule d'ouvrages, que l'on peut distinguer en trois classH, ceux qui le combattent, ceux qui l'exposent avec impartialité, oeux qui le recommandent. Ces derniers sont des compositions plus ou moins poétiques, plus ou moins artistiques, qui s\»ccupent principalement du polythéisme grec et romain, do cette mythologie pleine de fictions, à la fois gra« cieuses et hardies, qui sont considérées comme les muses des lettres et des arts modernes, et qu'on fait apprendre aux élèves de nos collèges, comme aux Jeunes personnes de nos pensionnatt {vqjr. le seul bon ouvrage de oe genre , celui de M. Humbert). Les ouvrages qui combattent It polythéisme sont tous anciens, à l'exceptioii des belles pages de M. de Chateaubriand. Personne ne s'attaque plus maintenant à cet ennemi vaincu. Les missionnaires eux-mêmes, qui luttent contre les derniers restes du polythéisme, en parlent avec un calme parfeit (M{r« les Lêi* treê dêë Miuionnairu). Ce sont les ouvragée qui exposent le polythéisme avec impartialité, ceux-ci pour rhistorien et l'antiqnaira ; eeux4à, pour le philosophe ou pour Thomme d'Ëtat, qui sont les plus importants. La grande composition de B. Constant, Dû la Religion ^ et ses deux volumes sur le PoIflhèiêtM romain, s'adressent an philosophe et à Thomme d'État , qui, toutefois, sont aujourd'hui tort indifférents pour le polythéisme. L'ouvrage de Creuier, que nous donne M. GuignauH, s'adresse à l'historien et à l'anUquaire, dont la curiosité pour le polythéisme de Eome et d'Athènes, de Memphis et de Babylone, de Persépolis et de Calcutta, ne saurait mourir. Nous avons cité au mot PAOànisnB une série d'autres compositions qui se rattachent à ee sujet. Nous pourrions y Joindra notra Uittoiro
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du ChrUtkiniâme (4 vol. ln-8«), dont nous publions en ce moment la 9« édition, et qui eit en quelque sorte une histoire de la chute du polytiiéisme ancien et moderne. Mattu.
POLTlÈIf E , fille de Priam, fut une héroïne d'une grande beauté, d'une grAce si ravissante, et surtout d'un cœur si noblement animé, qu'elle mérita son nom, tiré de l'idiome hellénique polu (beaucoup), et apêné (hospitalière), comme qui dirait vierge pleine d'hospitalité. Achille, auquel une trêve avait permis de la voir, en devint épris; il envoya un héraut k Hector pour lui demander la main de son illustre saur. Il lui fut répondu que l'époux d'Andromaque et Priam y eonsentaient s'il voulait abandonner la cause des Grecs et passer dans le camp troyen. A l'idée de trahison, la grande âme d'Achille s'indigna; il repoussa loin cette honteuse condition. Mais l'obslacle ne devait qu'irriter et doubler les feux de l'amour dans un cosur impétueux comme celui du fils de Thétis. Le sang des Grecs et des Troyens confondu inonda de nouveau et encore longtemps la phiine de l'Ida, lorsque Hector enfin tombé sous la lance de l'Impitoyable Achille, le char du vainqueur l'eut trois fois traîné autour des murailles d'Uion. A ce déchirant spectacle, le vieux Priam, dans son désespoir, résolu d^embrasser les genoux d'Achille pour qu'il lui rendit le corps défiguré de son fils, emmena avec lui, comme un des moyens les plus puissants d'amoUr ce cœur de fér, la belle et Jeune Polyxène. Les sanglots, les pleurs, les cheveux vénérables de l'illustre vieillard, traînant dans la poussière qu'y baisait, le plus grand roi de r Asie collant ses lèvres suppliantes sur ses mains redoutables, et Polyxène en deuil, dont la douleur rendait les charmes si touchants et si nobles, fondirent, pour ainsi parler, le cour d'airain du vengeur de Patrocle. Achille céda , et redemanda à Priam la main de la sœur d'Hector. Le vieillard la lui aceorda pour prix des restes précieux qui lui étaient rendus. Il y avait dans l'espace, enlre les deux camps , un temple d'Apollon : son autel fut fixé pour la célébration de cet hymen : on s'y rendit, mais là, le Iftche Paris, à l'insu du généreux Priam, caché derrière une colonne, tendit son arc, et il en partit une flèche qui replongea Achille tout entier et à Jamais dans le 8tyx en le perçant au talon, seule partie vulnérable de son corps, car c'était edie par laquelle sa mère l'avait tenu quand au sortir de son sein elle l'avait plongé dans ce fleuve. On dit qu'alors Déiphobe, son beau-fi»ère d'un instant, tenait étroitement embrassé le ptiMe tiiMsaUeB. Poly^èott qui aimaU autant
la renommée du héros que le héros htinnéiM, dit une légende, en haine de son lAche frèr^ l'adultère amant d'Hélène, se retira au camp des Grecs, où Agamemnon combla d'honneurs celte vierge épouse. Mais une nuit, à la faveur d'un ciel sans lune et sans étoiles, elle se déroba de la tente splendide qu'on lui avait dressée^ ot courut se percer le sein sur la tombe de son époux. Selon une autre légende, elle aurait suivi Paris, et, rentrée dans le palais de Priam, elle y aurait vécu d'amertumes jusqu'à la chute d'Ilion. A cette époque, l'ombre menaçante xT Achille l'aurait demandée pour vicUme expiatoire, et la tombe de ce héros sans pitié aurait bu le sang de cette nouvelle Iphigénie, pareille à cette candide fille de Clytemnestre, par sa Jeunesse^ ses charmes, sa chasteté et son amour pour le cruel fils de Thétis. Cette fière et ravissante héroïne se découvrit elle-même le sein et tendit la gorge au farouche Néoptolème , Néoptolème, le fils de son époux, qui, se faisant prêtre et bourreau, y plongea son épée Jusqu'à la garde. Pau^ sanias assure que si Homère a passé sous silenee ce drame, c'est qu'il lui faisait horreur. Mais comment le poète grec en aurait-il parlé, puisque cet horrible sacrifice n*eut lieu qu'au retour des Grecs, après le CôHêommatum e$t d'Ilioa. On veut qu'il se soit accompli enThrace,eontrée barbare : alors c'eût été sur un cénotaphe achilléen, car le tombeau du héros thessalien dut être élevé sur hi rive d'Asie, non loin de la plaine de Troie. Une mort si lamentable et si héroïque remplit l'Ame des Grecs de pitié et d'admiration; ils rendirent à Polyxène de magnifiques honneurs funèbres. Sophocle et le tendre Euripide s'emparèrent de ce sujet. Le drame du dernier, intitulé Hécube, atteint le comble du pathétir que; le Me de Polyxène, si noble et si touchant, dut faire couler bien des larmes dans cette Athènes si délicate et si sensible. Sophocle et depuis Sénèque ont aussi traité cette légende héroïque, que des vases et bas-reliefs antiques ont très-souvent reproduite, et que traça l'habile pinceau de Polygnoto, au Lesché, près de Corinthe. DxttifB-BAiON.
POMATOIlHIN8.0i6eauxdel'archipeIde l'Inde et de la Nouvelle-Hollande dans l'ordre des passereaux ténuirostres , dont le genre vient se placer méthodiquement auprès des vrais o^ftnirii. Ces oiseaux présentent pour caractères : un bec allongé, droit à la base, se courbant un peu au delà des narines et se comprimant tout à coup sur les côtés ; arête très^pparente, carénée, entière au sommet; narines recouvertes d'un opercule oblonf^ convexe^ à ouverture 9bU-
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ipie, étendue juiqu^au ftront; ailes arrondies; queue longue; ronde au sommet; doigt du milieu plus long; ongles comprimés, recourbés, le postérieur le plus grand et le plus robuste. Ces oiseaux sont d*un naturel sauvage et silencieux; quelques espèces habitent constamment les rochers solitaires les plus élevés. Les couleurs dont leur plumage est orné sont dépourvues du brillant métallique qui tait admirer la plupart des oiseaux de la Polynésie. De., i.
POMBAL (SÉBiLSTiBR-JosK Caivàlbo-Mbllo, d*abord comte i^Obteas , puis marquis ib), né en 1699 au bourg de Soura. Parmi les grands hommes qui font la force et la gloire d*une nation, parmi ces illustres influences individuelles qui dominent, renouvellent, fondent ou soutiennent les États, quel historien consciencieux refusera la première place à ce ministre du roi de Portugal don José I«r? Armé d*un pouvoir immense , qu'il doit à la confiance absolue de son maître, il marche, en brisant tous les obstacles, à son but, et, médecin sans pitié de cette monarchie malade , il touche trop de blessures irritables, il cicatrise trop de plaies invétérées pour ne pas susciter des cris de douleur et des idées de vengeance. Aussi quel ministre a été plus diversement jugé? Écoutez les uns! 11 n*exerça son vaste pouvoir que dans les limites tracées par le plus pur amour du bien public; et, sUi fut rinexorable destructeur des abus, s*il sacrifia des individus et des corporations , ce fut au profit des desseins les plus généreux. Écoutez maintenant les autres! Jamais ambitieux despote ne couvrit des ombres du silence de plus tyranniques excès. Il fit la grandeur de sa nation sans doute, mais ce ne fut pas par des moyens que rhonneur puisse justifier. — Entre deux portraits si opposés, Thistoire examine et juge. Slle reconnaît tout d*abord dans le marquis de Pombal Tennemi le plus infatigable des jésuites. Non-seulement il les chasse du Portugal, nonseulement il les proscrit des pays de la domination portugaise, mais il a le crédit de provoquer leur expulsion de tous les États de r£urope. — A peine a-t-il pris les rênes de Tempire, qu*il traite avec toutes les cours , négocie avec tous les cabinets, et fait sentir à tous les rois que le Portugal va redevenir puissance. Il rétablit la discipline militaire relâchée , encourage Tagriculture d*un peuple qui meurt de faim, change les deux tiers des vignobles en terres labourables, proscrit les auto-da-fé, restreint le pouvoir de rinquisition , abroge des lois, en crée d'autres, diminue les prérogatives des nobles, règle U police intérieure, augmente les finances en
prohibant la sortie de Tor, veille sur les arts et vivifie le commerce. Lisbonne est engloutie par un tremblement de terre ; il lui tend la main et la relire de T^Ime. Des bandes de malfaiteurs sortent du goufiFre comme les flammes, comme les ondes; son bras les atteint et les punit. Il bfttit une ville superbe sur les décombres de la capitale perdue. Ge n*est pas tout, on le voit s'opposer aux vues ambitieuses de l'Espagne, faire un traité d'alliance avec l'Angleterre, réparer les places fortes, poursuivre la restitution des biens de la couronne, réformer l'université de Colmbre, fonder une académie de commerce, peupler les provinces d'écoles, protéger les débiteurs insolvables, et déclarer le commerce du tabac libre. — Voilà, en aperçu rapide, les travaux de Pombal dans l'espace de moins de 30 années. Difficilement on trouverait un ministre qui, en si peu de temps , ait frappé tant de grands coups. Mais, de tous les actes de cette administration vigoureuse, l'expubion des jésuites est celui qui a donné le plus de retentissement au nom de Pombal. — Cet homme d'Étal était d'origine qoble. Avant d'entrer dans la confiance de José I«', il avait rempli, en 1759, les fonctions de secrétaire d'ambassade près de la lotion portugaise à Londres ; puis il était devenu ministre à Vienne, et avait rétabli la bonne harmonie entre l'Autriche et le saint-siége. Avait-il pris chez les Anglais ou chez les Allemands ses hautes habitudes diplomatiques? Npn, il ne devait rien qu'à la nature du Midi : doué d'une ardeur sérieuse et d'une imagination tout intérieure, avare d'épanchements, exempt de passions et presque de faiblesses, il dominait d'autant plus les autres qu'il était maître de lui-même. Sa supérioritéorgueilleuse, écrasante, lui suscita d'abord de nombreux ennemis, lorsqu'en 1750 il fut nommé secrétaire d'État au département des affaires étrangères. Leurs clameurs alarmé- ^ rent José I«r; et Carvalho fut disgracié; mais la confiance du monarque ne tarda pas à lui revenir. Le confesseur de ce prince ne lui avait pat rendu un médiocre service en lui faisant mieux apprécier le mérite d'un tel homme d'État. C'est qu'en effet toute la célébrité de José I*' consiste à avoir eu Carvalho pour ministre. Privé d'éducation, doué de penchants généreux, mais faible, timide, sans énergie, ce roi a laissé la postérité incertaine sur son propre compte. L'histoire ne dit pas le règne de José /«^ mais le ministère du marquis de Pombal; et ce Louis XIII a eu son Richelieu. — En montant sur le trône, José avait trouvé la cour en butte aux factions : deux partis y dominaient, les no-
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blés et les jésuites. Les premiers s'étaient créé de véritables principautés en Aftrique et en Amérique; il y en avait qui exploitaient des domaines plus vastes que la Sardaigne ou que l*Êcosse. Pombal les en déposséda , et les indemnisa par des pensions et des titres. Mais les jésuites tenaient plus ferme dans le Paraguay {vox*), pays de la domination espagnole , échangé contre la colonie du Saint-Sacrement vers la fin du règne de Jean Y. Ils s'étaient fait chérir des habitants, qui les appelaient leurs pères , et qui portaient avec reconnaissance leurs douces lois. Quatre mille soldats aguerris se trouvèrent insuffisants contre des hordes de sauvages disciplinés, commandées et menées au combat par des jésuites. Un singulier enthousiasme animait ces hommes simples. S'ils n'avaient pas vaincu, ils se seraient ftiit massacrer jusqu'au dernier. La maladie et la disette leur facilitèrent la victoire en affolbllssant la petite armée portugaise, et Pombal se vit ibrcé de renoncer à cette guerre lointaine. Il crut qu'un meilleur expédient, pour ébranler la puissance des jésuites en Amérique, était d'attaquer leur crédit en Europe ; et il renvoya de la cour de Portugal tous ceux qui y vivaient comme confesseurs ou à d'autres titres. Pour justifier cette mesure, il fit publier contre eux un écrit auquel ils répondirent; et le débat durerait peutêtre encore sans une tentative d'assassinat contre le roi et sans le tremblement de terre qui bouleversa Lisbonne. Des ruines de cette capitale sortirent des hordes de brigands, le glaive et la torche à la main. Pombal en fit attacher deux cents à des gibets plantés autour de Lisbonne ; et l'ordre fut rétabli. Des actes la licence se réfugia momentanément dans les paroles; et un édit promit cinquante mille livres au dénonciateur de quiconque parlerait mal du gouvernement. Alors une révolution éclata à Porto, suscitée par la création d'une compagnie de commerce à laquelle le ministre avait donné le privilège exclusif de trafiquer des vins du pays. A peine cette rébellion redoutable était- «lie domptée, que le complot contre la personne du roi fut tramé par les cheh de la noblesse, auxquels le ministère associait les jésuites. C'étaient le duc d'Avdro , la marquise douairière de Ta- Tora, le marquis de Tavora son fils, la marquise femme de ce dernier, maîtresse avouée de José I«r; les deux fils du marquis; Jérôme d'Atayde, comte d'Atougia son gendre, un capitaine de cavalerie de son régiment, et le jésuite Malagrida, déjà connu par un ouvrage déclaré séditieux sur le tremblement de terre et par une vie de sainte Anne» mère de la Vierge. La jeune
marquise de Tavora savait-elle la conspiration ? C'est un fait maléclairci. Si elle en était instruite, que d'angoisses durent lui faire «expier son illustre adultère ; car elle ne pouvait prévenir le roi sans courir le risque de perdre toute sa famille, ni laisser agir sa famille sans s'exposer au danger de perdre son royal amant. — Les conjurés avaient choisi la nuit du 5 septembre 1758 pour l'exécution de leur complot. Ils attaquèrent le roi sur la route de Belem lorsqu'il se rendait d'une de ses résidences appelée la Quinta do Meyo à une autre nommée la Quinta da Cima, Le duc d'Aveiro, suivi de deux hommes, tira sur le postillon; le coup ne partant pas, il jeta l'arme en blasphémant. Les deux hommes suivirent au galop le carrosse qui s'éloignait : désespérant de Patteindre , ils lâchèrent leurs deux coups. Le monarque, blessé, perdant Waucoup de sang, eût succombé sous les coups d'autres assassins appostés plus loin s'il n'eût bravé le péril du retour pour aller se jeter dans les mains de son chirurgien à la Junqueira. Cette courageuse détermination le sauva. — Les circonstances qui avaient précédé, accompagné et suivi ce forfait furent bientôt soigneusement recueillies. Les documents rendus publics semblent laisser peu de doute sur la réalité de l'événement; et pourtant les adversaires de Pombal ont cherché à rendre le crime problématique ou à faire suspecter le ministre d'être l'auteur de la conspiration pour se défaire de ceux qui lui portaient ombrage. On a présenté aussi cette oeuvre de régicide comme le fruit de la jalousie du marquis de Tavora , furieux de voir sa femme dans les bras de José I«r. Quant au jésuite Malagrida, ce vieillard mystique, aux idées extravagantes, ce fôu sur le compte duquel on a accumulé tan l d'accusations disparates, il était le directeur de conscience de la marquise douairière de Tavora, dont l'exaltation ne le cédait en rien à la sienne. Tous les nobles furent livrés à une cour spéciale à laquelle aucun d'eux n'échappa. Malagrida, abandonné par le pouvoir à l'inquisition, se vit condamné, non comme coupable du crime de lèsemajesté , mais comme hérétique et ennemi de la foi catholique. Il périt sur Péchafaud ; ses livres furent brûlés, et peu après un édit royal bannit à tout jamais les pères de la compagnie de Jésus de tous leèpays de la domination portugaise, comme rebelles, traîtres, agresseurs notoires de la personne du roi. Un autre édit prononça la confiscation de leurs biens. Il est à remarquer que ce n'est qu'après mûres réflexions qu'on les déclare atteints et convaincus de régicide, crime qui n'est pas imputé à Malagrida. Les jésuites
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furent embarqués (il en eût trop coûté peur les faire voyager autrement ) et Jetés sur divers points des côtes dUtalie. Le xèle du ministre ne s*arréta pas là; il sollicita sans relâche et obtint de tous les rois, du pape lui-même, la suppression de la fameuse société. — Bientôt il ose réprimer Torgueil de l'Angleterre et obtenir de cette puissance satisfaction pour des vaisseaux français qu'elle a brûlés sur les côtes de Portugal; il proclame l'aflFranchissement de l'espèce humaine et rend libres tous les indigènes de Brésil. L'Espagne avait étendu sa main sur le royaume, et s'était emparé d'Almeida. Pombal obtint, par le traité de Fontainebleau, que cette place serait rendue; mais la guerre se ralluma dans l'Amérique méridionale entre les deux peuples. José I« n'en vit pas la fin. Il mourut en 1777, laissant entre les faibles mains d'une femme et d'un prince sans vigueur le fardeau de Unt d'institutions largement et quelquefois brutalement ébauchées. La nouvelle reine, Marie-Françoise, fille de |oseI«r, et femme de son oncle Pierre III, frère puîné de José, se hâta de faire la paix avec llspagne. Avant la conclusion du traité, Pombal n'éUitplus au pouvoir. Le peuple, specUteur silencieux de sa chute, ne la rendit point amère par ses malédictions. On rétablit dans leurs fonctions tous ceux qu'il avait destitués; on proclama innocents tous ceux qu'il avait plongés dans les cachots comme complices de la conjuration tramée contre le roi. Le peuple vit apparaître cette fOule de spectres, témoins effrayants de ce que coûte le repos douteux de la société. Leur misère toucha tous les cœurs. Ils étaient presque nus, couverts â peine de la toile qui dans les premiers Jours de capUvité leur avait servi de lit, le corps enflé, le teint livide, si faibles qu'ils ne pouvaient marcher ni même se souUnir. Et c'éUient là ces seigneurs que, dans leur superbe jeunesse, Lisbonne avait vus brillauU de tout l'éclat de la fortune et des grandeurs. — Du fond de sa retraite, où il inspirait encore de la crainte , Pombal assisUit tranquille â tous ces changements. Bientôt il est dépouillé de ses emplois et outragé par Tenièvement pubUc de son effigie en brome, qui décorait la base du monument consacré â José I«r. Les d'Aveiro, lesTavora, demandent la révision du procès de leur famille; les jésuites rentrés sollicitent une pareille mesure pour leurs frères condamnés. Les Tavora, dont les biens ont été confisqués, les maisons rasées, le nom aboli, se Justifient et obtiennent des faveurs et des emplois. Pombal est mis en jugement comme coupable de plusieurs trimes. U subit afec impassi-
bilité de longs Interrogatoires et est déclaré criminel et digne d'un Jugedient exemplaire; mais la reine, ayant égard à son âge et â ses Infirmités, lui fit grâce des peines afflictives et se contenta de l'exiler à vingt lieues de la eour. La mort vint l'y chercher en 1782, pende temps après que la volonté royale lui eut dit : iVotit te permetioM de vivre. Don Pedro, par un décret daté du 10 octobre 1885. fit réUblir le buste en bronse de Pombal sur le piédestal de la statue équestre de José I**. — Parmi les ouvrages dont le ministère du marquis de Pombal a fourni le sujet, nous n'en citerons que deux : La vita ⣠Sebaei. Giui. di Carvalho, etc. (Florence, 1761, 4 vol.- ln-8o), diatribe de longue baleine, traduite en français sous le titre de Mémoiree (Paris, 1784); et VjédminUiratioH de dan Sébae^ tten'Joêephde Carvalho, etc. (1788, 4 vol. in-19), apologie des actes du ministre. E. dx Monolatk. POMEBAVCIO (Le chevalier de). Cristoforo Roncali, peintre italien, prit ce nom, selon quelques biographes, d'un village de Toscane où il avait vu le jour. D'autres le font naître à Volterra en 1552. Après avoir parcouru la Flandre, la Hollande, l'Angleterre et la France, il revint dans sa patrie, où son amabilité de caractère lui mérita l'amitié des artistes et des grands personnages de Bome. Il se vit chargé de peindre la chapelle Clémentine du Vatican, dans laquelle il représenta la Punition d'Ananie et de Sa* phira. Cette peinture a été transportée depuis, à ce qu*il parait, â la Chartreuse. Les autres ouvrages de Roncali sont le Baptême deConêtantin, dans l'église de Saint-Jean-deLatran ; un Saint jiuguetin et un Saint François en prière, â Ancône; une Sainte Palatia et un Jugement de Salomon, au palais Galli, à Osimo; enfin, à Kaples, dans l'église de Saint-Philippe-Nerl, une Nativité, dans laquelle l'œil s'arrête avec plaisir sur une délicieuse tète de Vierge. Un coloris vague, lumineux et harmonieux, relevé par un clair-obscur asseï beau; unecempositiOD pittoresque, quelquefois un peu trop libre, distinguent les oiuvres de Pomerancio. Malheureusement, le dessin en est souvent outré, les attitudes forcées, l'expression et le caractère dea tètes maniérés; celles-ci sont d'ailleurs surchargées de cheveux flotUnUd'un effet désagréable, parce qu'il est beaucoup trop répété. Du reste, sa touche est légère. Cet artiste, sans être une des célébrités artistiques de l'IUlie, occupe cependant parmi elles une place distinguée. On voit son portrait â l'Académie des beaux-arU de Paris, qui l'avait admis au nombre de ses membresi il mourut en lOM à Aome. ^ Peu «Htrai