POW
POlf
p«et physlqde général , cènmie composé d*os et de tnuscléi^ le corpi bumain est un système où tout est parfaitement Hé et équilibré. De là ré- 8ulte« Il Tétat de repos, un arrangement déterminé des divers éléments qui le composent, et, à rétat de mouvement, une réaction des diverses parties les unes sur les autres, une sorte de réflexion de mouvements ayant lieu de procbe en proche, une relation harmonique des déplacements, quelque rapides et quelque brusques qa*ils soient. L'observance exacte des règles que la nature indique à ce sujet est ce que Ton nomme pondération en peinture et en sculpture.-^ Quoique les mouvements du corps soient en nombre indéfini, il est pourtant certaines lois qui ne sont jamais enfreintes, et dont nous pouvons dire quelques mots. La plus impérieuse ^t celle de la conser?ation de Téquilibre. Lorqu'un corps est en repos, pour que son état soit stable^ il Aut qu*il y ait une certaine relation entre la position de son centre de gravité et celle des points par lesquels il repose sur le sol. Sans cela, il se mettrait en mouvement de lui-même et éprouverait une chute. Cet état d^équilibre est instinctivement cherché et trouvé par nous, quand nous reposons sur nos deux pieds ou sur un seul. Lorsqu'il y a mouvement, dans la marche par exemple , les lois de Téquilibre à l'état de repoe ne sont pas à chaque instant satisfaites : ainsi, quand un des pieds est soulevé et se porte en avant, l'équilibre est rompu, et il y aurait chute s'il ne se posait bientôt à terre. Il en est de même dans tous les autres cas, de sorte qu'il résulte du mouvement des conditions d*équilibre un peu différentes de celles à l'état de repos , et variables avec sa vitesse. Toutes ces choses doivent être examinées avec grand soin par les artistes dans la composition de leurs figures. -^ Outre la remarque générale que nou9 venons de faire, Léonard de Vinci a posé quelques règles qui semblent toutes devoir être observées dans le plus grand nombre de cas, surtout lorsqu'il n'y a pas d*action violente à représenter. En voici quelques-unes. Dans une figure, le pied qui soutient le corps doit être tourné du même côté que la tête; la tête, dans son mouvement, quel qu'il soit, ne doit pas dépasser les épaules; la main ne doit jamais s'élever plus haut que la tête, ni le poignet dépasser la hauteur de l'épaule; quand un bras est levé, toutes les parties doivent suivre le même mouvement , la cuisse s'allonger et le talon s'élever, etc. Quoique ces règles soient convenables et sages, comme toutes celles du même genre données par les poétiques» et quoiqu'il ne fUUe
pas s*y soustraire sans motif, il est visible qu'on tomberait dans le froid et le compassé si l'on voulait s'assujettir à leur joug. Elles doivent être regardées comme de prudentes bornes Indiquant un écueil à éviter. — Nous avons dit plus haut que les rigoureuses lois de l'équilibre sont fréquemment violées dans un corps en mouvement. Il n'y aurait, d'après cela, rien d'absurde à re^* présenter dans une composition de peinture ou de sculpture une figure dont la pondération ne pourrait pas convenir à l'état de repos. Mais, comme l'immobilité est l'état réel et inévitable d'une statue et des personnages d'un tableau, quelle que soit la rapidité du mouvement que leur pose indique, il y a quelque chose de peu rationnel à représenter un mouvement dont le terme doit être nécessairement très-court; et l'esprit se trouve toujours gêné en contemplant une composition de ce genre. — Pondération s'entend aussi bien de l'harmonie générale d'une composition que de la pose des diverses figures qu'elle contient. Ce serait folie que de vouloir poser quelque règle à cet égard-là ; mais, pour peu qu'on ait le sentiment des arts, on comprend qu'il doit y avoir encore sur ce point certaines règles, sinon de symétrie, du moins de régula^ rite, qui, sans être nettement posées par personne, sont acceptées de tous. — Pondération s'emploie encore en politique pour désigner un certain équilibre des pouvoirs d'un État qui leur permet de se contre-balancer mutuellement, et qui s'oppose aux empiétements des uns ou des autres. Le système constitutionnel présente, sinon dans la pratique, du moins en théorie, un des exemples les plus parfaits d'une pondération de pouvoirs. L. L. Yaothiib.
PONDICBÉET. f^€|r* INDB (po$ê99$ion8 /Yançaises dans V),
P0N6ERyiLLE(JiAilBArTi8Ti-ANT0INB-Ainft- Saivsor), membre de Plnstilut de France, Académie française, chevalier de la Légion d'honneur, un des littérateurs les plus remarquables de notre époque, est né en Picardie, le 3 mars 1709. Ses premières années s'écoulèrent dahs la terre de son père, magistrat distingué par son mérite, et qui, appréciant refficacKé d'un profond savoir, fil donner à son fils une instruction solide et variée par des maîtres particuliers; car, à cette époque, les collèges supprimés par la révolution n'étaient pas encore généralement rétablis. Le jeune Pongerville manifesta , dès son enfance, un goût extraordinaire pour Tétude et pour l'art qu'il a cultivé avec tant de succès. 11 s'exerçait à composer des vers, à ébaucher des po<Unes, des pièces de théâtre» sans autre bui
PON
PON
que de charmer les moments qu^il passait «n famille dans la solitude des champs. Le poète HilleToye, son compatriote, reçut le premier ses confidences poétiques ; Fauteur d'Emma et de la Chute des feuiUea, dans les essais imparfaits du Jeune adepte de Part, vit briller un talent réel; il Tencouragea; et, dans la parole d*un homme déjà célèbre, Tenfànt né poète crut recevoir un gage de Tavenir, et se livra au travail avec un zèle nouveau. A TAge de 18 ans, il lut le poëme de Lucrèce, qu^une prudence respectable écartait alors des études classiques; il le lut avec tout rintérét que cet ouvrage peut Inspirer, et les difficultés mêmes que présente la latinité de ce poème furent un aiguillon pour lui. 11 fit son étude de Lucrèce, et les nobles pensées, les images, les scènes de la nature, entassées dans ce grand ouvrage, sympathisèrent avec Tesprit du jeune poète, qui, simple dans ses goûts, méditatif par instinct, retrouvait dans le poète romain les scènes champêtres dont il était sans cesse le témoin et Tadmirateur. U traduisit Lucrèce d*abord comme étude, et puis, trouvant chaque Jour plus d'attrait à son travail, il résolut de devenir Pinlerprète du poète philosophe. Il abandonna tous les ouvrages qu*il avait commencés pour ne plus s'occuper que de son auteur favori. Avant de terminer cette immense traduction, il voulut connaître si réellement les arbitres de Tart le jugeaient digne de lutter avec le talent du poète. Il envoya un chant du poème au sage H. Raynouard, secrétaire perpétuel de TAcadémie française, en le priant de prononcer un arrêt qui pour lui serait irrévocable. L'auteur des Templiers, étonné de voir tant de difficultés si heureusement vaincues, lui répondit : a Venez terminer votre ouvrage à Paris; le succès vous y attend. » M. de Pongerville se rendit à rappel du vétéran célèbre, comme autrefois les Jeunes guerriers accouraient dans la lice à la voix des chevaliers du camp. Après quatre ans d'un travail opiniâtre, terminé dans le centre des lettres, le Jeune poète publia une traduction qui, comme celle de Delille, fut mise au rang des ouvrages les plus originaux de notre époque; les éditions de ce poème se multiplièrent rapidement, et le public ami des lettres, qui ne connaissait ce chef-d'œuvre de poésie que par fragments, put apprécier tout ce qu'il devait à Lucrèce et à son interprète. On put aussi connaître combien les poètes modernes avaient puisé d'images et de pensées dans ce vaste trésor, et combien l'interprète s'élevait au-dessus de tous ceux qui avaient imité son auteur. Ainsi, comme le dit si bien un de nos plus habiles critiques ,
M. de Pongerville s'est approprié Lucrèce. •— L'éclatant succès de cette version poétique fut la meilleure de toutes les réponses à ceux qui demandaient encore si l'on doit de préférence traduire les poètes en vers. Question vaine d'ailleurs, car la plus parfaite version en prose ne pourra être qu'une exacte indication des images et des pensées de l'original; elle ne laissera rien échapper du sens et des nuances; mais il lui manquera ce mouvement vital imprimé par la poésie; elle sera comme le plan géométrique d'une belle campagne qui indique les ruisseaux, les plaines, les collines , les bois, mais qui ne les peint pas. 11 est absurde d'établir une comparaison entre deux genres de travaux tout à fait différents; car la version en vers est une reproduction qui, dans son imitation , est empreinte d'une originalité exigée par la langue de l'interprète. Les deux genres de traduction ne peuvent donc être comparés; et il faut reconnaître que, si une excellente traduction en prose est rare, une exceAente traduction en vers est une espèce de phénomène : car celui qui traduit le génie d'un grand poète doit lui-même écrire de génie; il ne calque pas, il tient le pinceau d'une main ferme, et sa couleur savante rend la vie aux scènes qu'il retrace. Ici nous emprunterons à M. de Pongerville sa définition ingénieuse du traducteur en vers. « Je veux moins encore, dit-il, en abordant un auteur, le faire connaître dans ma langue maternelle que je ne veux lutter avec lui : je sens qu'il existe entre nous deux une parfaite analogie de sentiments et de goûts; je m'attache à lui; je retrouve en lui des pensées qui m'appartenaient, et qu'il a revêtues des formes de son talent; je le regarde comme mon interprète par anticipation; je veux devenir le sien à mon tour, et lui reprendre mon bien; nous lutterons, et, venu le dernier, j'ambitionne de me montrer quelquefois son égal, et peut-être de le surpasser. » Il est beau d'entreprendre une œuvre si difficile; il est heureux de la faire paraître avec éclat à l'époque où le champ de la littérature, presque entièrement moissonné, ne laisse à glaner que quelques coins inaperçus : honneur à l'homme qui, né avec un talent fait pour créer, se borne à reproduire les chefsd'œuvre des autres langues, et surtout des langues, anciennes, dont le génie absolument étranger à l'esprit des idiomes .modernes, demande un interprète qui unisse l'érudition au talent, et qui, original en traduisant, se montre créateur en suivant un modèle! — M. de Pongerville , doué d'un talent vigoureux et souple à la fois, car la souplesse dans
PON
PON
les arls, c*est la f6rce dans sa plus grande extension; M. de Pongerville, avec sa concision fidèle , a fait pour la poésie didactique plus que Delille n^avait fait pour la poésie géorgique. Après avoir si heureusement reproduit Lucrèce en vers, le i)Oéte le traduisit en prose, et il a prouvé par cette version, qui rend tout ce que la prose peut rendre, combien il s*était identifié avec le poète romain : on applaudit à ce double tour de force, où le prosateur se montra digne du poète. M. de Pongervillle traduisit bientôt Ovide, et trouva des couleurs assorties aux nuances brillantes de son auteur. La grâce et la volupté, Pesprit et le sentiment du chantre des Métamorphoses, reparurent dans notre langue poétique; et, sous le titre d^jimours mxtkologtqueêy M. de Pongerville enrichit notre littérature des plus belles conceptions d*Ovide. L*auteur, à qui FAcadémie française ouvrit ses portes dès son éclatant début, ne se reposa point après le succès : il publia plusieurs épitres philosophiques , où de hautes pensées sont reproduites avec une grande supériorité de talent. VÉpUre ausp Belges, VÉpUre au roi de Bavière, VÉpitre sur IHndèpendance des lettres, sont surtout empreintes d^une verve mordante et philosophique , qui rappelle la vigueur et le coloris du maître à qui nous devons ta Promenade et VÉ pitre à Foltaire. M. de PongervUle est auteur d*un grand nombre d'articles littéraires et de notices biographiques insérés dans les principaux recueils périodiques : il esr aussi Tun des membres qui furent choisis par PAcadémie française pour composer Thistoire alphabétique de la langue et de la littérature; il a depuis achevé plusieurs ouvrages en vers et en prose, et les journaux vantaient, il y a peu de temps, ses traductions en prose de Hilton et de Virgile. — Entièrement livré à la littérature, il se tient éloigné des affaires publiques, et ne travaille qu'à augmenter les richesses littéraires de la France. H. de Pongerville est on des hommes qui comprennent le mieux la mission et le caractère de Técrivain, qu'il peint si bien lui-même dans l'un des discours qu'il prononça au nom de l'Académie française. « Le véritable écrivain, dit-il, regarde la littérature comme un sacerdoce qu'il doit exercer religieusement ; il n'en souille point la pureté par des actions cupides, par une vanité mesquine ; il ne veut ajouter à l'éclat de sa renommée que le titre d'honoéte homme. Interprète des vérités utiles, il les met en circulation avec le sceau du talent; plein de courage pour défendre les libertés publiques ou Pftonneat national, il ne descend ja-
mais dans l'arène des passions vulgaires. Patriote sans aveuglement de parti, philosophe sans intolérance, il honore le mérite et la vertu dans quelque rang qu'il les trouve. Il n'oublie pas surtout que la noblesse du caractère donne une nouvelle force au talent. » Ainsi s'exprime M. de Pongerville, et l'homme qui écrit cette notice sait apprécier toute la valeur de cette belle définition, et c'est pour cela qu'il aime à rendre justice à tous les travaux consciencieux. Voué lui-même, par la solitude et par le malheur, à de longues études philosophiques, il a passé une partie de sa vie à combattre les systèmes que Lucrèce a revêtus des couleurs magiques de son pinceau; il n'y voit que les théories d'une science erronée, embellies par l'imagination et par le génie, mais dont l'exposition magnifique se recommande à l'admiration de tous les siècles sous le rapport de l'art. Il n'a pas dû entrer dans cette partie sérieuse de la discussion, parce qu'elle est étrangère au mérite propre du poète, et il a rendu compte de ce travail, selon la pensée de l'auteur, sans se croire obligé à donner ici une place étendue à la sienne. Admirateur du rare talent de M. de Pongerville, et ami de son beau caractère, il aime à lui payer le tribut de ces deux sentiments, sans lui faire une concession d'opinions qu'aucun homme n'a le droit d'exiger de la part d'un autre. Ce qu'il croit fermement, c'est que les vers de M. de Pongerville vivront aussi longtemps que ceux de Lucrèce, et qu'ils vivront les uns et les autres quand le système de Lucrèce ne vivra plus. Ch. Nodier.
PONGO. y(^. Oràivg-Odtàno.
PONIATOWSRI, maison titrée de Pologne, une des branches de l'ancienne famille italienne des Torelli, qui descendait des comtes de Guastalla et de Montechiarugolo. Un membre de cette maison, Joseph Salinguerra Y, né en 1619, s'enfuit en Pologne lorsqu'il eut été dépouillé de ses biens par Ramiccio l«r, duc de Parme, échappant avec peine au massacre de sa famille. Profitant de l'indigénat qui y avait été accordé à ses ancêtres, il s'établit dans ce royaume en changeant son nom de Torelli en celui de Cziolek qui en est l'équivalent polonais. Il mourut vers 1650. Son épouse Sophie, fille d'Albert Poniatowski et d'Anne Leszczynska, transmit à ses descendants son noin de famille, en même temps que le fief de Poniatow. Parmi eux, nous citerons d'abord STAifiSLAS, trésorier de la couronne, né en 1678, qui suivit Charles XII en Turquie, après la bataille de Poltava, et qui décida la Porte à déclarer la guerre à la Russie. Après la mort de Charles XII, il fit sa soumission à Auguste II,