‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 22Chapitre 16 sur 61 · HK · texte numérisé non relu

HK

POR

portes de même forme et d*ordonnance ionique ont en hauteur deux f6i8 et un quart leur largeur. Celles qu*on nomme corinthiennes ont en hauteur deux fois et demie la mesure de leur largeur. — Les plus beaux modèles de portes dans Tarchitecture antique se trouvent sur les façades des temples. Celle de la maison carrée de Nimes est des plus belles et des mieux conservées. On peut eiter encore la porte du Panthéon à Rome, celles du Panthéon de Paris et de Péglise de la Madeleine. Au moyen âge, les voûtes élancées/ les frontispices en pignons triangulaires et décorés en placage, ne pouvaient s'accorder avec les portes à linteau : ainsi, dans les édifices de cette époque, elles sont en tiers-point; dans certains pays, la nature des matériaux dut être favorable à cette forme. Il est difficile, en effet, de trouver des linteaux d*un seul bloc de pierre, et d'ailleurs, la forme ogivale des arcades, comme nous Tavons dit, constituait tout un style. Au temps de la renaissance, on revint à Tare en plein cintre ou surbaissé , en anse de panier. Mais les ornements de cette époque sont beaucoup plus abondants, beaucoup plus riches que ceux de l'antique . Les portes de ce style sont gracieuses et sévères, sans présenter des lignes dures et trop précises. Au xviiie siècle, Parchitecture civile s'enrichit. On emploie les colonnes, les plates-bandes sculptées, les frontons, dans la composition des portes de palais. A Paris, le plus grand nombre des hôtels un peu remarquables du faubourg Saint-Germain ont leur porte ornée de colonnes, quelquefois accouplées et dégagées. L'architecte Boulanger construisit beaucoup de ces belles entrées, qui, par leur riche ordonnance, semblent appartenir à des monuments publics. On en a fait dont les pieds droits représentent des trophées, don tl'entablement est orné de bas-reliefs; quelques-unes, telles que celles du Palais-Royal , du palais Bourbon , du palais de la Légion d'honneur, sont accompagnées de colonnades, et ressemblent plutôt à des portiques qu'à des portes d'entrée. — Considérées comme dégagements à l'intérieur des édifices et des habitations, les portes, sauf quelques accessoires, offrent les mêmes formes et la même décoration que celles qui sont placées à l'extérieur ; celles qui servent d'entrée et de communication aux différentes pièces d'un appartement ont une simple baie, ouverture quadrangulaire sans aucun accessoire. Les grandes pièces d'un hôtel ont leurs portes revêtues de chambranles ou de bordures avec des moulures exécutées en plâtres ou en bois ; quelquefois, elles sont surmontées de panneaux ou de tableaux appelés des-

sus de porte. Bans les palais qui ont de vastes intérieurs, des salles de réception ou des galeries, la hauteur des plafonds permet de pratiquer des portes cintrées accompagnées de colonnes ou de pilastres, des quadrangles surmontés de frontons de plates-bandes supportées par des consoles, et des couronnements avec des sculptures en ronde bosse ou en bas-relief. — La partie servant de clôture dans une porte se compose d*un ou de deux battants au ventaux. Le bois et le métal sont les matières les plus propres à faire des ventaux. Les plus simples ouvrages de ce genre sont ordinairement arasés, et présentent une surface lisse. Les portes à compartiments sont susceptibles d'ornements en tout genre ; dans les riches intérieurs , ils consistent quelquef6is en placages de bois précieux, en revêtements d'acajou, de citronnier, de bois de rose, d'ébène, etc. La décoration de» baies doit, dans tous les cas, s'accorder avec celle des ventaux. Un chambranle simple n'encadrerait pas bien que porte richement travaillée. — Les portes cochères, servant de clôture extérieure aux maisons particulières ou édifices publics, ont leurs battants fermés par de forts assemblages en bois de charpente. On y pratique le plus souvent des panneaux avec figures, mascarons, moulures en ove , en perle , en feuille d*eau , etc. Les portes en bois, particulièrement aux époques du moyen âge et de la renaissance, ont souvent offert à la sculpture des champs propres à recevoir des ornements riches, des sujets historiques ou religieux traités en bas-relief. Nous citerons, comme exemples , plusieurs portes d'églises et des ventaux du Vatican dans la galerie dite des Loges de Raphaël : ils sont sc^ulptés d'après les dessins de cet artiste ou de quplque élève de son école par Jean Barile. L'exécution, la composition de ce morceau, sont d'un goût parfait. Au Louvre, à Paris, se voient encore des portes du même genre dans la salle contigue au musée espagnol , et dans une des galeries des battants sculptés sur les dessins de le Brun. La porte principale de Notre-Dame, qui est en bois et f6rt belle, fut faite sous la direction de Sotifllot; elle représente le Sauveur et la sainte Vierge.— La peinture s'est aussi employée à décorer les compartiments de certaines portes d'ornements, d'arabesques et de figures. Il y a des battants recouverts eu métal plaqué sur un f6nd de bois : tels sont ceux de la porte antique du Panthéon d'Agrippa. — - Les belles portes de bronze, productions de l'art chrétien et moderne, ne remontent pas au delà du xi« siècle. C'est à Constantinople que s'étaient conservées les pratiques

POR

POR

traditionnelks de la fonte; ce fût dans cette dernière ville que, vers le milieu du xi« siècle , le consul romain, Pantaleonus, alla faire exécuter les portes destinées à la basilique de Saint-Paul. L^lnscription qu*elles portent indique le nom de leur auteur : Stauraehîos Tuchitos de Chio. C*est aussi de Constantinople que furent apportées, au xiii« siècle, les belles portes de bronze qui décorent Téglise Saint-Marc à Venise. Cependant, nous Toyons, an xii« siècle, Tart de fondre le bronze sUntroduire en Italie. Bonano, artiste de Pise, fondit, en 1180 , pour la catbédrale de cette dernière ville, des portes de bronze. Celles de la cathédrale de Novogorod sont du style byzantin de la même époque, et de fabrication grecque. N*oublions pas les portes du baptistère de Florence, et celles de Tancienne basilique de Saint-Pierre.— Il n^ejdste à Paris qù*une seule porte de bronze; encore peut-on rappeler grille; elle sert d'entrée à la cour du Louvre par le côté de la colonnade de Perrault. Le métal y est employé en ornements, qui sont à jour et en ronde bosse : c*est un travail très-beau , mais qui diffère des anciens ventaux de bronze en ce que la partie inférieure de la porte est de bois. — Nous citerons comme fort remarquables les portes de fèr travaillé en ornements à Jour, qui ferment quelques-unes des salles du Louvre, et particulièrement celles de la galerie d'Apollon. A. FlLUODX.

PORTE. ( Arl miliiaire, ) Les changements survenus dans les méthodes de Fart de la guerre ont apporté de considérables modifications dans la matière, les formes, les dimensions, l'emplacement des portes des enceintes fortifiées , des châteaux, des ouvrages de tout genre. Au temps de la fortification dominante , et avant l'invention des dehors, les portes d'une place de guerre étaient , le plus ordinairement , au nombre de quatre, comme au temps des camps romains; mais quel qu'en fût le nombre, elles étaient ordinairement entre deux tours qui les flanquaient et les défendaient à coups de flèches. Les assiégeants parvenant à se préserver des traits des archers au moyen de la tortue arrivaient au pied même des portes; ils les attaquaient à cojups de bélier, ou, si le temps et un bélier leur manquaient, ils allumaient de grands feux qui leur assuraient bientôt l'ouverture de la place. Les garnisons , pour se défendre contre l'incendie de leurs portes, les recouvrirent à l'extérieur de cuirs saignants; ils en fortifièrent les faces par des garnitures de bronze ou de fer. Ils établirent à une certaine hauteur des ouvertures pour pouvoir inonder les foyers incendiaires du dehors.

Pour résister mieux à Texostre ou au bélier, ils disposèrent les portes, non plus entre deux tours rondes, mais au milieu d^ine tour carrée, surmontée de mâchecoulis; ils garnirent la cage de la porte de contre-portes ou doubles portes; ils y pratiquèrent des herses. L'invention de l'ar^ tillerie, les moyens plus puissants d'attaque, l'insulte entamée de loin, ayant rendu d'une faible ressource ces moyens défensifs, les barbacanes furent imaginées; les fossés s'élargirent et se revêtirent; les ponts-levis rendirent plus diflBcile l'approche; les abords des portes furent mis à couvert au moyen de palissades , de bailles, de braief , dominées par les bretèches. L'artillerie se perfectionnant, les insultes des portes eurent lieu à l'aide du pétard. On y avait recours principalement contre les places qui n'étaient pas encore disposées suivant le système de la fortification rasante, système italien qui depuis peu venait de prévaloir. C'étaient surtout les enceintes à simple chemise qui avaient à redouter le pétard, mais les places d'armes plus importantes cessèrent bientôt d'en craindre les atteintes. Leur portes furent percées dans un ravelin ou une demi-lune. Les abords en furent protégés par des éperons, furent couverts par des dehors; elles communiquèrent avec l'intérieur des fossés; elles cessèrent d'être vues de la campagne. Les règlements de l'avant-dernier siècle s'occupèrent de l'ouverture et de la fermeture des portes, de la manière dont le service y doit être fait, des règles de police et de propreté qui en assurent et en facilitent la communication, des soins que leur sûreté et la conservation de leurs clefï exigent. Ces règles se ressentaient des temps orageux où elles avaient été établies,et des troubles de la minorité de Louis XIY. Depuis longtemps, à raison des progrès sociaux, elles étaient devenues trop rigoureuses. La législation, en cela, n'était plus d'accord avec les mœurs nouvelles, avec les besoins du commerce , avec le bien-être des habitants des places. Depuis l'ordonnance de 1768, recopiée en partie des rescrits du siècle précédent , les principes qui y étaient posés avaient reçu, si ce n'est légalement, du moins dans la pratique, des adoucissements, hormis en temps de guerre. Aujourd'hui, la législation militaire de la France attend encore qu'une ordonnance nouvelle prononce à l'égard de la liberté ou de la non-liberté ditt portes. Cr*i Babddi.

PORTE. {Géographie,) Les anciens donnaient le nom de portes des nations (portœ gentium), à certains défilés resserrés entre deux montagnes ou rochers à travers lesquels s'échappait quel-

POl

POR

que grand fleuve ou qui forraaieDi la def et quel* quef6U Tunique communication <Tun pays ayeo un autre. Les plus célèbres de ces passages sont^ en Asie t les quatre principales issues de la chaîne du Caucase, sur son revers méridional, appelées dans Tantiquité Portes Caucasiennes^ Albanisnnes, Ibériênnes et Casjdennês; les portes de Suss par lesquelles on pénétrait dans la Perside; les deux passages étroits qui formaient au sud, entre la Citicie et la Syrie, les seules ouvertures de la chaîne Amanique (Almatag), branche occidentale du Taurus, et dont Tune vers l*Suphrate, avait reçu le nom de Por« te8;^mant^tief,ratttre, vers la mer, celui de Portes de Sjyrie.

En Europe, les portes de montagnes les phis remarquables sont, outre les Thermopyles(in&Ai|, en grec, signifie porte) i la Porte de Fer(Demir Kapi)^ du Danube, dans la petite Talachie; la Porte de Fer de Transylvanie, gorge située dans ks monts qui séparent cette province de la plaine de Témesvar; enfin la Porte Wesiphalienne, près de Minden, dans la basse Allemagne, où le Weser rompt les derniers obsUcles que lui oppose la chaloe dite WesergMrge.

En Afrique, la Porte de Fer ou Biban de TAt* las, qui Joint TAIgérie proprement dite à la province de Constantine , a éte franchie dans une expédition célèbre du maréchal Yallée, accompagné du ducd*Orléans, en automne 1889 : c*est une suite de murailles resserrées au milieu desquelles coule Voued Biban , dont le cours augmente par les pluies rend parfois le passage impraticable.

PoaTi Ottohahb on Subumi Poari. Cest le nom officiellement donné au gouvernement ottoman, ainsi que nous Tavons déjà dit. L*origine de ce terme honorifique remonte cependant bien plus haut que rhistèire des Turcs. Port anciennement d^à les plus puissante monarques de rorient, tels que les rois de la Perse aussi bien que les chefs des tribus nomades, éUient dans Tusage d'assembler leur conseil et de rendre leurs décisions, dans toutes les occasions solennelles, les uns sous les portes de leur résidence, ou sous le portail de leur palais, les autres à rentrée de la tente qui leur servait d*habitetion. Ch. Yoobl.

POET&E, le plus importent des caractères de la musique moderne, celui sur lequel repose à vrai dire tout le système actuel de notetion (voy. ce mot). La portée se f6rme de 5 lignes parallèles, équidîstentes et tracées horixontelement; ki intervalles égaux qui séparent ces Hgnes se Bovmeni #i|MK^ ou interlignes; les lignes et

les espaces se comptent de bas en haut. Sur ces lignes et dans ces espaces se posent les signes exprimant le degréde gravite ou d*acuite du son : les tons aigus occupent les lignes et espaces supérieurs; les tons graves, les lignes et espaces inférieurs. La portée a doncrinappréciable avantege d*offrir à Toil une figure parfaitement en rapport avec Thitelligence et qui exprime par son aspect materiel Tidée de Télévation et de rabaissement du son. Lorsque les cinq lignes de la portée ordinaire deviennent insuffisantes pour la représentetion des tons que Ton veut exprimer, on place soit au-dessus, soit au-dessous des lignes extrêmes, de nouvelles lignes qui se pmlongent ou se reproduisent selon la nécessite. Ces lignes ferment avec leurs voisines de nouveaux interiignes dans lesquels on pose également des notes : on les appelle lignes suppléa mentairesùupostichei, Vof. Glkf , Notatioiy et

MUBIQUl. J. A. ni LA F AOB.

POETB-AIGUILLOlf S, seconde section de Tordre des hyménopteres , renfermant quatre fiimilles : les héiérogjrnes, les fouisseurs, les di*plopières et les mellifères, et se composant d*insectes hyménoptères, dont Tabdomen se termine par un alipiiHoB acéré et offensif. Les mâles ont leurs antennes de treixe articles; celles des femelles en ont douze. L*abdomen est pédicule , c'est-à-dire qu'il tient au corselet par un pédicule très-long, et il est composé de sept anneaux ohei les mâles et de six chex les femelles.

POETBFBUILLB est le nom que Ton donne à une enveloppe ordinairement composée de deux feuilles de carton, réuni par un de leurs côtés au moyen d*nne bande de parchemin, de peau on d*étoflfe, que Ton nomme dos; aux trois autres côtés sont fixés plusieurs cordons pour les fermer. Ce dos est quelquefois garni lui-même de carton, dont la largeur varie de un à quatre pouces, et sur lequel on place un titre. — On fait des portefeuilles de toute grandeur, depuis Tin-S*, pour renfermer des brochures et des opuscules de ce format. Jusqu'au grand aigle ouvert, pour placer des estempes, des dessins ou des plans d'architecture. Les portefeuilles sont couverts et ornés d'une manière plus ou moins rtche, suivant le goût de ceux qui les fônt.fSaire et l'usage auquel ils les destinent. — Un portefeuille ordinaire est couvert en papier de couleur; le dos est en parchemin, ainsi que les coins, et les cordons en ruban de fil. Le dos est parfois en veau, en maroquin de diverses couleurs; les plate en papier marbré et les cordons en soie. On ftdt aussi des portefeuilles entièrement recouverts en

FOR

veto ou en maroquin ayec dei ornements en or appliqués avec des fers ehaux comme sur les reliures. Quelquefèis on i^ute sur deux côtés une pièce triangulaire en toile, en percaline ou en soie, et on lui donne le nom de /one. Ce qui vaut mieux, c'est d'attacher à chacun des côtés, le dos excepté, un morceau de tissu cairé. Celui du derant doit être de toute la grandeur du porteféuiUe et sans cordon; les deux autres n*ont que la moitié de cette dimension, et se fixent par deux ou trois cordons au milieu. C'est un usage asses généralement adopté en Angleterre pour mieux garantir les estampes ou les dessins de la fumée du charbon de terre. — J'ai souvent employé des portefeuilles auxquels J'avais fbit adapter par le bas un morceau de toile de la Béme dimension que le portefeuille, et qui, relevé sans aucune attache, soutient les estampes et les eaqiéche de retomber sur le cordon du bas lorsqu'on place le portefeuille debout sur une tablette. ^ On fdt aussi des portefeuilles pour reaffermer des papiers d'affsires : ceux-là sont ordinairement éouyerts en maroquin; les joues soni de même nature; Tintérieur a plusieurs coaripartiments, et, au lieu de cordons sur le devant, ils ont un rabat aussi en maroquin, au milieu duquel est une plaque de métal avec une agrafe, qui entre dans la serrure placée au mi- Ken d'un des plats. Ces portefeuilles, contenant des pièces Importantes ou de grande valeur, sont habituellement renfermés dans un secrétaire ou dans un bureau. <— J'ai fait taire quelquefois des portefeuilles avec plusieurs clefS de la serrure, lesquelles étaient remises à tous les membres d'un comité ou d*un conseil. Par ce moyen, le secrétaire peut j renfermer les pièces qu'il veut communiquer aux antres personnes ou faire signer au président, avec la certitude que les pièces ne seront ni égarées ni gâtées, et sans craindre Tinilscrétion de la personne à qui le portefeuille est ommentanément remis. ^ On fait aussi des portetanilles plies en serviette : Il n'entre aucun carton dans la composition de ceux-là; ils ne sont formés que d'une peau avec des doublures en soie, et n'ont aucune fermeture; ils contlennoit cependant quatre poches ou compartiments qui servent à placer des papiers de diverse nature sans qu'ils puissent être égarés ni gâtés en les mettant dans sa poche. — Le moiporiefeufUe est encore pris flgurément pour désigner non le contenant, nuiis le contenu : ainsi, pour exprimer qu'un artiste a rapporté des dessins curieux de ses voyages, on dit qu'il a rapporté un beau poriêflfuiik. Si on veut parler de la collection d^u amateur, on dit souvent : Il fiut vohr son

portefeuille. On dit aussi qu'un banquier a beaucoupd*effets en porle/*eMt7/é^ et que tel capitaliste a toute sa fortune en portefeuille, n se dit figurément du titre, des fonctions de ministre : le portefeuille des affiiires étrangères, de la marine; recevoir, conserver, remettre le portefeuiile; refuser un portefeuille. Un ministre à portefeuille est celui qui a un département ; un minière sans poWe/^uiVfe, celui qui n'en a point. — On désigne encore par ce mot les œuvres littéraires manuscrites, faisant ainsi opposition aux oeuvres publiées : ce poète a une tragédie en portefeuille. Bocbbsux atné.

POETS-OLAIVS (c]niVAtTns),^^a</i/'er/> ensifèri, ordre séculier de Livonie, institué en 1204, à Bnnamttnde par l'évèque Albert de Riga. Ils portaient dans Porigine une robe de serge blanche avec la chape ou manteau noir, lequel était orné du côté de l'épaule gauche d'une épée rouge croisée de noir; ils avaient sur la poitrine deux semblables épées en sautoir. Les chevaliers porteglaive, qu'on peut assimiler aux ordres hospitaliers (rqr*), se donnaient le nom de ftères du Chriet. Leur but était de pourvoir à la défense des prédicateurs de l'Évangile dans les contrées du Nord. Le premier grand maître fut Winnd de Rohrbach. Innocent III, qui approuva leur institut, en lui proposant pour règle celle de l'ordre des Templiers (vof.), décida que les chevaliers porte-glaive devaient être subordonnés à révoque de Riga : celui-ci leur accorda cependant l'entière possession du tiers de leurs conquêtes. L'évèque et les chevaliers sVmparèrent successivement de toute la Livonie et de la Cour* lande (vof. ces noms). WInno ayant été assassiné (1908) par Un chevalier rebelle , foulques Schenk de Winterfeld fut élu à sa place. Il guerroya sans succès contre les Slaves , ses voisins, et contre les princes de Novgorod et de Pskof. Les tentatives de l'évèque et des chevaliers con« tre les Esthoniens furent plus heureuses ; ils baptisèrent (1290) tous leurs ennemis et s'emparèrent même de Revel. Su 1299, Albert mourut. Foulques proposa alors à Hermann de Salza, commandeur de l'ordre Teutonique (tn?/.), de réunir les deux ordres. Celui-ci refusa d'abord son consentement; mais plus Urd (1S37) le pape Grégoire tn opéra cette réunion, craignant pour les chrétiens de la Livonie la puissance toujours croissante des Lithuaniens, qui venaient de remporter sur Foulques une victoire complète, malgré la résistance héroïque de ce grand maître qui perdit la vie, ainsi que 40 de ses chevaliers. Dans cet état d'union, le grand maître de l'ordre Teutonique (1241) donna pour chef aux cheva-

POE

POR

liers porte-glaive, qu'où appela aussi depuis che^Uers de la crois, un mattre {wny.) particulier (Landmeiiter ; fnagiêier provindalia). Sous cette organisation, ils enlevèrent (1331) llKsthonieaux Russes et aux Danois; le maître s*y établit en souverain ainsi que dans la Livome. Riga était la capitale des chevaliers de Tordre, qui 7 acquirent beaucoup plus de considération que révèque lui-même, quoique élevé au rang d*arcbevéque. Cependant leur résidence ordinaire était le château de Wenden, en Livonie, où Ton voit encore les tombeaux de la plupart. Le plus célèbre des maîtres fut Walther de Plettenberg (1493-1535). Au commencement du xvi« siècle, la réforme faisant toujours de nouveaux progrès le long de la mer Baltique, il chercha à se rendre indépendant du grand malire, Albert de Brandebourg, qui, ainsi que lui, inclinait au luthéranisme. Walther profita du besoin que le chef de Tordre eut de son assistance contre la Pologne pour obtenir (1513) en faveur de la langue de Livonie Tindépendance et le droit de choisir elle-même son maître, à la condition cependant de continuer à reconnaître la suzeraineté du commandeur de Tordre Teutonique, Ce traité fut confirmé à Kœnigsberg (1530) et à Hémel 1535). Élevé par TEmpereur à la dignité de prince d*Empire, il prit le titre ûeFurstmeisler. Le luthéranisme avait triomphé à Riga. Cinq Fûrstmeistert régnèrent successivement : Hermann de Brugge (1536-1549), Jean de Recke (1549-1552), Henri de Galen (1552-1 557), et Guillaume de FUrstenberg , qui fut vaincu par les Russes (1559), emmené à Moscou comme prisonnier de guerre et assommé à coups de massue. Gotthard Kettler, son successeur, trop faible pour lutter seul contre ces voisins, alors afiPranehis du joug des Tâtars, entama (1561) avec le roi de Pologne Sigisroond des négociations qui eurent pour résultat la cession des droits et privilèges de Tordre à ce dernier, lequel assurait en retour à Kettler, pour lui et ses hoirs à perpétuité, le duché de Courlande {vcx-) et de Sèmagalle sous la suzeraineté de la Pologne. La maison de Kettler y a régné jusqu^en 1711, où elle fut dépossédée par les Russes; elle s*éteignit en 1737. « ScHiaTZLSR.

P0RTE-Y01X. (Marine.) Instrument en forme de trompette destiné à porter la voix sur tous les points du navire où le commandement doit être entendu. Il est en fer- blanc peint ou verni ; les meilleurs sont en cuivre mince et bien écroui. L*extrémité destinée à recevoir la parole est évasée de manière à ce que les lèvres conservent leur mouvement d*action au moment du com-

mandement, et lorsque Tinslrument est appliquécontre la bouche; Tautre bout se termine en pavillon de trombone. Les anciens se servirent du porte-voix sur le champ de bataille. Il en estfait mention dans Eschyle. La trompe d*Alexandre portait, dit-on, la voix à plus de quatre lieues. Les voyageurs arabes qui visitèrent la Chine 1^ trouvèrent en usage au ix« siècle : ce qui n*empêche pas Samuel Morland, baronnet anglais, et le célèbre jésuite Kircher de se difliputer Tinvention de cet instrument, connu dans nos contrées dès 1645. ^ Il y a plusieurs espèces de portevoix : Tun que Ton nomme braillard, et dont on se sert en temps ordinaire sur les bâtiments de moyenne dimension pour le commandement des manœuvres; un second, composé de deux tubes rentrant Tun dans Tautre, sortant à volonté pour Tallonger, dans le genre des lunettes, et à Taide duquel on se fait entendre d*un bâtiment à un autre; il sert même aux commandements iorsqu*il vente grand ftrais; on Tappuie ordinairement sur un support quand on en fait usage. Enfin, il y a des porte-voix de combat qui descendent verticalement en traversant les ponts, dans les batteries, pour y transmettre les ordres. Maitul Mbruh.

PORTICI, bourg et chef-lieu de canton du royaume de Naples, dans une position délicieuse, à une lieue et demie sud-est de la capitale, sur le golfe, au pied du Vésuve, avec un château fort. Là, sur la grande place, se dessine un beau palais où sont déposées toutes les antiquités qu'on découvre à Stabia, à Pompéi, à Herculanum. Ce bourg, ainsi que celui de Résina, qui en est à un quart de lieue, est bâti, dit-on, sur le sol de cette dernière ville, fondée Tan 1342 avant notre ère en Thonneur d*flercule, et ensevelie par une éruption du volcan. Tan 79 avant J.C. selon les uns. Tan 471 selon les autres. On remarque encore à Portici Téglise paroissiale, le vaste et bel édifice de la manufecture de rubans, les écuries du roi, les casernes des gardes du corps et un couvent de franciscains. Ce bourg compte 5,500 habitants. X.

PORTIQUE, {architecture.) C*est une galerie couverte et soutenue par des colonnes, des piliers ou des arcades, sous laquelle on peut circuler et se promener, et qui sert au défpgement d*une cour intérieure ou d*une façade. Elle est le plus souvent voûtée et publique. On appelle aussi de ce nom toute disposition de colonnes dégagées en forme de prostyle ou de péristyle. Chez les Grecs, le mot stoa (portique) n'avait pas un sens restreint, et on doit croire qu'il s^appliquait sur* tout à ces galeries formant, par une ou deux

POE

( ââi^ )

Angées de colonnes, les périboles ou enceintes qui régnaient autour de Varea des grands temples. Nous entendons comme les anciens le mot portique, et nous nous en serrons pour désigner de vastes cours en forme de cloîtres, ou une continuité de longues galeries couvertes. On peut se figurer sous cette forme et dans le même plan ces célèbres stoa de la Grèce antique, où se tenaient les diverses écoles, soit de gymnastique, soit de philosophie.— Les gymnases, si on enjuge parles descriptions des auteurs anciens', étaient environnés de galeries couvertes qui abritaient les portes des grandes salles d*étude : tel était celui d'Olympie; tels furent ceux qu*à Athènes on appela VAcadémie, le Lycée, le Qrnosarges. Cesi de ce mot stoa que les disciples de la philosophie de Zenon tirèrent le nom de stoteietu, Les spacieuses galeries des maisons religieuses du moyen âge diffèrent peu des portiques du paganisme, et il est raisonnable de croire que le célèbre pœcile ou portique, qui, selon Pausanias, était décoré de peintures, ressemblait à beaucoup d*égards à ces cloîtres dont les murs d*enceintes furent illustrés par les ouvrages de nos plus habiles artistes. — Chez les anciens, les portiques servirent à un grand nombre d*usages, et ils étaient d*un style plus ou moins riche, selon la nature de leur destination. Les agora^ ou marchés publics, étaient décorés de portiques semblables à nos balles. Les théâtres, les stades, eurent de vastes portiques*. Considérés comme promenoirs couverts, ces galeries trouvèrent place à Rome, dans les bâtiments des simples particuliers qui étaient riches et aimaient le luxe. On construisit des portiques dans diverses expositions, et Ton prenait soin d*y varier la température. Le crypto-portique pratiqué sous terre était frais en été, tiède en hiver. — On n'a que des données fort incertaines sur le plan, rélévation, le caractère des portiques romains. Bans Tarchitecture moderne, ils manquent d*un genre qui leur soit propre, et n*ont qu'une destination dépendante et relative. Tous les grands palais d'Italie ont des cours ornées de portiques. On peut mentionner la vaste enceinte de la cour du Vatican à deux rangs de portiques, par Bramante, et la cour des loges du même palais, construite sur les dessins de Raphaël. — Quelques monuments à Paris sont accompagnés de portiques : nous citerons en ce genre la cour de Phôtel des Invalides, environnée de deux galeries superposées qui dégagent avantageusement toute la partie intérieure de l'hôtel. Beaucoup de places en Italie sont construites dans ce système : la place Saint- Marc à Venise en est un riche

exemple. Sous Louis XIII, le goût desporliqued s'introduisit en France, et on construisit à cette époque la place Royale et quelques-unes des galeries du Palais-Royal, qui est aujourd'hui si riche en promenoirs couverts. Les rues Castiglione, de Rivoli, des Colonnes, nous montrent tout ce qu'ont d'agréable et d'avantageux des galeries servant de voie publique, et nous espérons qu'à l'avenir on multipliera les constructions de cette nature. A. Filliodx.

PORTLAND (Williah-Hkiibi-Gavindish Bb!!- TiifCK, 3« duc de), descendant du comte de Portland, homme d'État et ambassadeur en France sous Guillaume III, et frère de lord Bentinck, gouverneur général de l'Inde, naquit à Oxford, le 14 avril 1735. Il fit ses études à l'université de celte ville, et voyagea ensuite sur le continent sous le nom de marquis de Litchfield. De retour en Angleterre, il fut d'abord nommé à la chambre des communes; mais, en 1769, la mort de son père lui ouvrit l'entrée de celle des lords. Il se rangea du côté de l'opposition et combatlit les ministères de lord Bute et de George Grenville. Lors de la nomination du marquis de Rockingham, son ami, à la place de premier lord de la trésorerie, il fut fait grand chambellan de la maison du roi, emploi qu'il perdit l'année suivante, lors de l'avènement aux affaires du duc de Grafton. Ce ministre, si décrié pat* les atlaques du pseudonyme Junius, montra contre lord Portland, un de ceux à qui on a attribué ces Lettres, une anlmosité toute personnelle, et voulut, dans un intérêt électoral, le dépouiller de possessions dont sa famille jouissait depuis 70 ans dans le comté de Cumberland. Néanmoins lord Portland l'emporta devant les électeurs et devant les tribunaux. Il continua de faire partie de l'opposition pendant toute la guerre d'Amérique ; mais en 1789, il fut créé lord lieutenant d'Irlande, et plus tard premier lord de la tréso* rerie dans le ministère de coalition formé par Pitt et North. A sa dissolution, il rentra encore une fois dans l'opposition dont il se sépara avec éclat en 1799. Pour prix de son adhésion à la politique de Pitt , il fut nommé chancelier de l'université d'Oxford, secrétaire d'État de Tintérieur et lord lieutenant du comté de Nottingbam. Il resta en place malgré les changements de cabinet qui eurent lieu en 1801 et en 1801; mais l'année suivante, il fut sacrifié à Addington avec qui Pitt venait de se réconcilier. Par suite de la mort de Fox, en 1806, le duc de Portland redevint premier lord de la trésorerie, quoique seulement à titre nominal, car Perceval était le chef rtel du ministère. Il donna sa démission en

poa

Page 1