‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 22Chapitre 18 sur 61 · KS · texte numérisé non relu

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que c^est un concert frauduleux entre plusieurs personnes pour exploiter les bénéfices que peut produire une élude d'avoué, soit que Tavoué se rende complice du lait en consentant à devenir un simple prête-nom f soit que, trompé luimême, il demeure étranger à la firaude. Tiolr. POTAGER. Ceft un Jardin ou la partie d*un Jardin spécialement destiné à la culture des légumes. Le potager demande une bonne exposition, une terre meuble et profonde, des eaux abondantes et fociles à distribuer. U se partage ordinairement, pour la plus grande facilité du service, en carrés divisés eux-mêmes en planches dont la largeur est adaptée aux différents travaux du Jardinage. Ces carrés sont entourés de bordures, quelquefois aussi de plates-bandes, garnies d*arbres fhiitiers, etc., qui doivent être disposés de manière à n'intercepter ni Tair ni la lumière.

Les cultures potagères se composent : !« des graines légumineuses, savoir s les haricots, les fèves, les pois, si recherchés dans leur primeur, les lentilles, qui s'obtiennent dans les champs aussi bien que dans les potagers ; d» des tubercules et racines, dont les principaux sont la pomme de terre, qui se cultive également en plein champ, la patate, le topinambour, la carotte, les navets, les salsifis, les scorsonères, les betteraves, les panais, les raves et les radis $ So des légumes turbines , tels que l'oignon, qui entre dans la plupart des préparations culinaires, l'ail, dont on fait un grand usage dans le Midi, l'échalotte, les ciboules et les poireaux; 4» des légumes herbacés , comme le chou dans toutes ses variétés, le céleri, les épinards et les cardons; &> des légumes vivaces, l'asperge et l'artichaut, dont les plants doivent être renouvelés au bout d'un certain nombre d'années; 6» des cucurbitacées, entre autres les citrouilles ou potirons, courges et giraumonts, que Pon . plante sur des monticules de fumier recouverts d'un peu de terre, les concombres, les melons, qu'on ne cultive bien que sur couches et sous cloches, et qui forment un des produits les plus exquis du potager ; 7« de» différentes variétés de salade, la laitue, la romaine, la chicorée, la mâche, la raiponce, le cresson et le pourpier; 8? des herbages potagers, tels que l'oseille, la poirée, la bourrache, le persil, le cerfeuil^ l'estragon. Ces derniers s'emploient comme /immtïiira*. U faut y igouterla pimprenelle,le fenouil, l'angelique, la capucine, le piment, la tomate, etc. ; Oo de plantes aromatiques, le thym, le romarin, la sauge, la lavande, le basUie, etc«| 10* enin tle quelques antres plantes et arbustes qui ne

rentrent dans aileune des catégories qui précèdent, mais qui appartiennent par leur nature aux^platea-lMUides du potager. Ce sont les flraisiers, les framboisiers, les groseilliers et lescassis ou groseilliers k Aruit noir. On les comprend sous la dénomination de petite fruUê. La vigne et les arbres Arultiers en espaliers s'étendent ordinairement sur les murs du potager. À. Boionis. POTASSE, hydrate de protoxyde d'un métal nommé par les chimistes potaêsium (vqr*)* I>o nom de potasse vient du hollandais paf-awche, qui veut dire cetidre de potê, parce qu'on la mettait Jadis dans des pots pour la conserver et la transporter. Ce sel caustique a longtemps porté le nom d'alcali végétal / c'est ordinairement en effet dans les cendresdes végétaux qu'on le trouve ; mais l'analyse chimique en a depuis constaté la présence dans plusieurs pierres* La potasse pure verdit le sirop de violettes ; elle n'est point troublée par l'acide carbonique; mais les acides perchlorique et phtorhydrique silice la précipitent en blanc, et par le cUomre de platine elle est précipitée en Jaune^eerin. . On distingue ficilement la potasse pure de la potasse factice du commerce, qui n'est qu'un carbonate légèrement coloré en rouge par le protoxyde de cuivre ; car elle ne Ciût pas effervescence avec les acides forts, ce qui prouva qu'elle n'est pas carbonatée ; mise en contact avec du nitrate d'argent en dissohition, élit donne un précipité oUve qui est entièrement dissous dans l'acide nitrique ; si elle contenait de l'hydrochlorate de potasse, il y aurait un résidu blanc soluble dans l'ammoniaque.

La potasse du commerce est en effet presque en totalité k l'état de carbonate déliquescent. On en connaît de plusieurs sortes. La potasse de Russie ou potaeee blanche contient 0.55 à 0.60 de sous-carbonate de potasse; celle d'Allemagne ou potoêêe bleue en renferme 0.40 à 0.46; celle d'Amérique oflto deux variétés : la rouge ^ qui contient 00 pour 100 de carbonate ; et la pertosM qui en contient 06 pour 100 ; cette dernière est très-blanche et peu caustique*

Le carbonate de potasse est nn sel indécomposable par la chaleur, très-sduble dans l'eau, qui existe en phis ou moins grande quantité dans la cendre des végétaux* Pour l'obtenir, la combustion est faite en plein air çt n'exige aucune précaution ; on recueille les cendres, on les lessive et on laisse évaporer les liquides ; le produit brut, nommé ealinf est calciné au rouge dans des fOurs à réverbère. Quelques potasses sont préparées H la chaux, d'autres à l'alaooL Mais elles renferment toutes phis tu âioloa de

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ehldrure el ûè ftulftte, doot 11 fâttt èe dAbfl^l^êêer* Pour cela , on mêle là potasse atec son tolume d*eau qui se charge d*une grande quantité de carbonate et â*une feible portion des sels qui Taocompagneni ; on fàil bouillir c« liiélange et on 7 terse du lait de chaui ; oti filtre la |i* qneur et on fait évaporer* Quand la potasse est refroidie et prise en masse, il fftut la eoncasser et la renferme^ de suite dans des flacons bien bouchés.

Mais après cette opération, là potasse contient enoore des parties de chlorure et de stilfote; si on Tcutla purifier davantage, on projette ce produit dans Taloool concentré, qui dissout seule* ment Toxyde et laisse précipiter les sels ; on décante aVee un siphon et on distille aux ^U dans one cornue de verre pour recueillir Talcool.

Les lies de vin donnent une bonne potasse qui ne renferme que très-peu de sels étrangers; les fanes de pommes de terre et les vinasses de betteraves en fournissent aussi une certaine quantité.

On fait une grande consommation de potasse dans rindustrie et les arts; en la mêlant aux huiles et aux graisses , elle forme des savons mous, ehtre autres le êavon noir, dont elle constitue la base. On remploie enoore dans les lesfivcs (m9^.) et k beaucoup d'autres usages* Ble sert à la préparation du nitre, de Talun, du bleu de Prusse, du verre, etc* La potasse dissout toutes les matières animales; elle attaque et détruit par la cbideur le rubis, Témeraude et antres pierres pTéelenses. lUe est souvent employée dans les laboratoires comme réactif. Son action caustique est tellement forte qu'on ne Ta presque Jamais tmpkrfée à rintérleur; cependant on Ta administrée très-étendue d'eau dans la gravdle, les coliques néphrétiques, les scrofules, lalèpre, etc. Dans le cas d'empoisonnement par la potasse, les meilleurs antidotes sont les acides étendus d'eau, tels que le vinaigre, le citron, etc. La potasse dont on se sert pour ouvrir les cautères, qui porte le nom de pierre à cautère, contient de la potasse, du carbonate, du sulftite de potasse et du chlorure de potassium^ de l'acide silieique, et enfin accidentellement des oxydes de fer et de manganèse. En réagissant sur une dissolution peu concentrée de potasse, le chlore donne un chlorure de potasse nommé eau de Javelle, qu'on emploie surtoutdans le blanchissage pour enlever les taches, etc. Z.

POTAMIUM, métal déeotivert, en tM7, par sir ItuiÉphry Dsivy, qoifobtint en privant la potasse de son oxygène de constitution, mais qu*on trouve aussi dans la nature combiné avec Toxy-

«gène dâtts certaihë sels et dans qiiel^ùes pMuils volcaniques. Il est solide, très-ducUle,plus mou que la cire, présentant une section lisse lorsqu'on le coupe, doué d'uh grand éclat métallique, èemblable à celui de l'argent poli, qu'il perd par le contact de l'air; d'une texture cristalline. U est inodore, d'une saveur caustique et verdit le sirop de violettes. Ce que le potassium a surtout de remarquable, c'est que sa densité n'est que de O.S^ à la température de 19<» cent., c'est-ftdire moindre que celle de l'eau. Placé dans de rhuile de naphte, il fOnd à 58«, et chauffé Jusqu'au rouge naissant, il se volatilise et donne de belleis vapeurs vertes. S'il est â l'abri de l'air, comme sous une petite cloche de Verre, il s'empare aisément de l'oxygène mis en contact avec lui, même à la température ordinaire; si on élève sa tempéhiture Jusqu'à le faire f^dre, l'absorption de l'oxygène est rapide et se fait avec dégagement de calorique et de lumière. Le potassium se combine encore avec l'hydrogène, le carbone, le phosphore, le soufre, l'iode, le brome, le chlore, le phtore, le sicilium, etc. On le rencontre ainsi dans diverses eaux minérales. Liodure de potassium s'emploie avec succès dans le traitement des goitres et de certaines affections scrofuleuses, ainsi que dans certains cas de cancers, etc. Le chlorure de potassium, autrefois connu sous le nom de sel fébrifuge dé SyMuê, est d'une saveur piquante, amère; il est peu altérable à Pair et décrépite au feu. Sa dissolution dans l'eau produit un abaissement de température considérable. On s'en est servi comme fondant dans la fabrication du verre, et on l'a regardé longtemps comme digestif et désobstruant. L'axote est sans action sur le potassium, en sorte qu'il peut servir à conserver ce métal, qui décompose tous les acides formés par l'oxygène.

Lorsqu'on jette quelques fragments de potassium dans une terrine pleine d'eau , le métal tourne, s'agite en tous sens, court à la surface du liquide, le décompose en s'emparant de son oxygène, et dégage une vive lumière produite par l'inflammation de Phydrogène, dont la combustibilité est augmentée par une petite quantité de potassium et par l'élévation de température que cause la combinaison de l'oxygène avec le métal. Si, lorsque le potassium s'agite sur l'eau, on le frappe fortement avec une spatule en cherchant à l'enfoncer dans l'eau, il se produit une forte détonation, et il se dégage beaucoup de gax hydrogène qui s'enflamme en s'élançan t dans l'air. En faisant chauffer du potaésium ou du sodium dans du gax ammoniac, Jusqu'à ce que

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les métaux aient disparu en entier, une partie, du gaz est absortiée, une autre décomposée; il se dégage de l^tiydrogène, et les métaux se trouvent unis au nouveau composé, qui peut être considéré comme un métal, qu*on a proposé d'appeler ammonium.

Le potassium s'obtient dans les laboratoires en décomposant la potasse par divers procédés qu'on trouvera décrits, entre autres ouvrages, dans les Élémentê de chimie, de H. Orfila. Z.

POTEMKINE (GbobgB'Alkxarbiovttsch, prince), ou plutôt Patioumkine, pour se conformer à la prononciation russe, fût Tbomme le plus extraordinaire de son siècle. Né en 1756, dans le gouvernement de Smolensko, d'une famille noble, mais obscure et sans fortune, il fut destiné à l'état ecclésiastique, état tellement peu consi^ déré alors que la qualification de fils de prêtre était mise au nombre des injures. Son caractère emporté, son désir de s'élever, son horreur pour toute espèce de dégradation personnelle, le Jetèrent bientôt, de ses études théologiques à l'université de Moscou, dans les derniers rangs de l'armée, où il ne se serait fait connaître que par la dépravation de ses mœurs et l'extravagancede sa conduite, si un grand événement ne l'eût arraché à cette vie désordonnée, pour faire luire à ses yeux Tespoir d'une grandeur à laquelle il ne semblait point destiné. De garde près de Catherine, lors de la révolution de 1762, le zèle qu'il déploya en cette occasion fut remarqué par cette princesse , qui, dans une lettre confidentielle à Poniatowski, lettre inédite que J'ai vue entre les mains du baron de Rehausen, disait : « Un Jeune bas officier s'est conduit à merveille, il se nomme Potemkine. » Ce Jeune bas officier était d'une figure superbe, d'une tournure ^noble, d'une construction athlétique, et c'est ce qui le fit particulièrement remarquer. Élevé subitement au rang de colonel, envoyé à Stockholm pour y notifier le changement de règne, nommé gentilhomme de la chambre de l'impératrice, et plus tard son chambellan, il la charma autant par son esprit que par sa beauté fière et mâle, éprouva réellement pour elle une passion violente, et parvint à la lui foire partager. Grégoire Orloff, favori régnant, s'en alarma et ne s'en cacha point : aussi, un Jour que Potemkine entrant au palais et en voyant sortir ce puissant seigneur, lui demanda : « Quelle nouvelle y at-ii? » on lui répondit : « Une seule, vous montez et Je descends. » Ne voulant pas néanmoins abandonner la place , Orlo£P parvint à faire envoyer à rarmée son rival dont le désespoir, qui n'y cherchait que la mort, n'y trouva que la

gloire. Le grade de lieutenant général vint le récompenser de sa bravoure, mais il espérait mieux. Incapable de supporter la puissance orgueilleuse du favori, la tète de Potemkine s'égare, et il se Jette dans un couvent. Catherine, toucha d'un amour ^i exalté , le rappelle à la cour; l'en rend en quelque sorte le souverain et le sien même, au point de supporter ses brusqueries, de lui pardonner plus tard Jusqu'à sa froideur, et de ne prendre enfin que les favoris désignés par lui quand il cessa d'exercer un emploi si vivement ambitionné d'abord : car à l'amant avait succédé l'ami, le confident, le conseiller de celle dont il savait tous les secrets, dont il flattait et servait l'ambition. Elle allait le consulter par une galerie communiquant du palais impérial à son hôtel. Plus puissant peut-être que Catherine elle-même, outre les décorations les plus brillantes et les plus nombreuses, qui n'étaient qu'un faible symbole de sa grandeur; outre une fortune incalculable et le privilège d'avoir, comme l'impératrice, huit chevaux à sa voiture, et celui, plus remarquable, de recevoir et d'envoyer des ambassadeurs lorsqu'il était à l'armée, il avait su réunir tout ce qui crée et assure un pouvoir absolu , car il était prince d'empire, féld-maréchal, commandant en chef de toutes les armées russes, général en chef delà cavalerie, grand amiral des flottes de la mer Noire, de la mer d'Azof et de la mer Caspienne; chef de la garde à cheval, colonnel des gardes de Préobraginski et de plusieurs régiments dont un portait son nom; inspecteur général des armées, chef de tous les ateliers d'armes et de fonderies, grand hetman des cosaques, dont il avait formé un corps régulier, qui n'obéissait qu'à lui; sénateur et président du collège de guerre, général gouverneur de Katarinoslaf, de la Tauride et de la Crimée, adjudant général et chambellan actuel de l'impératrice. Cet homme, réellement indépendant par ses utiles dignités, brûlait d'atteindre au rang suprême, comme empereur de Constantinople, roi de Pologne ou même duc de Courlande ; mais le premier de ces trônes était destiné par Catherine à son petitfils Constantin, et le second lui fut promis sans avoir pourtant le dessein de prêter de la vigueur à l'héritage des Jagellons, et en faisant tomber la couronne sur la tête de celui qui pouvait ia rendre redoutable à la Russie. Potemkine l'eût néanmoins obtenu sans elle et contre son gré si la Pologne, dont sa famille était originaire, la Pologne, qu'U cajolait et protégeait, l'eût désigné pour successeur de Poniatowski, au lieu de porter ses vues sur l'éleoteur de Sa^e» qui n'osa

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accueillir ses vœux, et peut-être y avait-il encore des chances en sa faveur quand il mourut— Segur a peint Potemkine d*un pinceau brillant, mais superficiel, fidèle quelquefois, et plus souyent feux. Ce petit bel esprit, poète sans verve, historien sans critique , politique sans sagacité, courtisan sans tenue, n^était pas capable de juger un aussi souple et puissant génie, un homme qui parti de si bas, s*éleva si haut, et s*7 maintint sous le gouvernement d*une femme aussi fière, aussi impérieuse que Catherine II? Potemkiae eut des ridicules, des disparates, mais d'instinct ou de calcul ; ses défauts même devinrent pour lui des moyens de supériorité sur Tesprit de Timpératrice. Cet éminent personnage fut-il utile à son pays? Non, car s*il Tenrichit de vastes déserts et aguerrit son armée, il ne sut ni corriger la défectueuse organisation de celle-ci, ni faire prospérer les provinces nouvelles où il commanda. Par lui, la population et les familles de rÉtat furent épuisées, les Ames plus que jamais affaissées sous le plus honteux absolutisme, et il laissa la Russie en proie à une guerre que les circonstances politiques d*alors pouvaient rendre ruineuse ; car il sacrifiait tout à sa propre et dévorante ambition. Ce que pourtant il ne faut pas omettre dans son portrait, c'est que cet homme, si fier avec ses égaux, fut populaire à regard de ses' inférieurs, généreux avec ses serviteurs; que jamais il n'oublia un bienfait, ni ne se vengea d'un ennemi; que, peu sensible à l'éloge, dont il appréciait le but. Use montrait insensible au blâme par le sentiment de sa propre valeur. Son seul échec fut l'élévation des Zoubof, choisis sans son aveu, et qui parvinrent à inspirer à l'impératrice de vives craintes sur l'ambition démesurée de Potemkine. « Laissez- moi faire, lui dit un de ces favoris nouveaux, envoyez-moi à l'armée, et je vous en rendrai bon compte. « n part, et le prince , instruit par ses amis des intentionshostiles du présomptueux personnage, porteur d'une lettre révocative d'une partie de ses pouvoirs, reçoit, étendu sur son divan, la lettre, qu'il jette de côté avec indifférence, et laisse debout celui qui la lui remet, selon l'étiquette russe, qui ne permet pas à un militaire de s'asseoir devant son supérieur; et Zoubof, harassé et affamé par l'effet d'un voyage long et rapide, est contraint de demeurer dans cette attitude fatigante, tandis que Potemkine se fait apporter un déjeuner solide, le dévore à ses yeux sans lui rien offrir, et lui dit : a On me croit malade, vous voyez qu'il n'en est rien : rassurez donc l'impératrice, annoncez-lui que je ne sou^ fre que d'un mal de dents, et que je compte aller

à Saint-Pétersbourg pour me les faire arracher : {zauba, en russe, signifie den/). » Après cet épigrammatique calembour, Potemkine ordonne, toujours sans laisser s'asseoir son rival, que l'on attelle sa calèche et qu'elle soit escortée jusqu'aux limites de son gouvernement, sans permettre de retard dans le service des postes; puis, il lui signifie l'ordre de partir à l'instant. Qu'eût^il fait ensuite pour conserver un pouvoir chancelant? On llgnore, mais, réellement malade encore, quoiqu'en convalescence, il part en hAte pour Nicolatef, ville et port qu'il avait fendes ; déjeune, avant de monter en voiture, avec une énorme oie grasse, que, malgré les instances de son médecin , il mange tout entière, est saisi d'une violente colique, descendu de sa calèche, couché sur un manteau, au sein d'une vaste solitude , n'a que le temps de serrer la main de la comtesse Braniska sa nièce, et expire, le 15 septembre 1791, à l'Age de 56 ans, et au moment où il cherchait sans doute à rendre indépendante et solide une puissance créée par une audacieuse ambition, exercée très-souvent avec un dégoût, fruit de la satiété, mais que son orgueU irrité lui donnait le désir de rétablir avec un lustre nouveau, aussi bien que l'impérieux besoin d'un caractère incapable déployer, et dont le plus léger obstacle réveillait promptement toute la vigueur. G^ Abiand d'Aixonvuxi. POTENCE, instrument qui sert au supplice de la pendaison, et qui est composé ordinairement d'un montant en bois, à l'extrémité duquel se trouve une autre pièce de bois transversale, soutenue au moyen d'un chevron, et destinée à recevoir la corde que l'on passe au cou du patient. Le mot de potence s'emploie aussi pour gibei ou fourche» patibulaires ( ainsi nommées parce qu'elles étaient originairement formées de deux fourches soutenant une pièce de bois allant de l'une à l'autre, et à laquelle on accrochait le corps des suppliciés). Sous l'empire de l'ancienne législation, chaque justice seigneuriale, chaque communauté religieuse , voulait avoir dans sa juridiction un gibet ou potence. A Paris même, indépendamment de l'instrument de supplice qui s'élevait à la place de Grève, aux Halles, à Montfaucon , etc., l'abbé de Salnt-Gervais possédait une potenee, près de la barrière des Sergents; et l'évèque de Paris en avait deux au parvis Notre-Dame et au port Saint-Landry. Du reste, le supplice du gibet était tout roturier : on tranchait la tète aux nobles et chevaliers; on pendait les bourgeois et les manants. Le supplice de la potence a été aboli en France le 21 janvier 171K). On avait dé^ supprimé le fluneux gibet

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de Montfeucon, près de Paris, où les cadavres des pendus restaient exposés. DiADPi.

POTERIS. {Technologie,) Ce sont toutes sortes de vaisselles, de vases, ou de pois en terre. Lemot ffo^ ven^int peuMtre du (aMn potio, acte de lH>ire, Poterie est aussi le nom du lieu où le potier travaille à la fabrication des pots, partout on trouve de |a terre propre à Aiire de \k poterie commune; le^ ferres destinées aux poteriee du^ res sont déjà moins répandues; les terres ïA^ft-: çhes pour la ft(|>ricaUon de la fytence se rencontrent moins fréquemment eqcore, et ce n*^8l que daps les localités peu nombreuses que Ton trouve les terres réfractaires propres à la con-^ fection des v^ses employés dans les fourneaux destinés à sHpporter une très-baufe température, et dans un plus petit nombre encore que Ton a rencontré des terres |i porcelaine. La différence de pureté des matières premières n*en apporte presque aucune dans la première opération que Ton fait subir à toutes les terres dont les pâtes doivent être cuites; mais leyr cuisson doit avoir lieu à une température d*autaDt plus éleyée que ces terres sont plus infMsibles, car si on eberebait d cuire de la terre à fatepce à la température H laquelle on cuit la porcelaine, les pièces éprouveraient upe altération profonde par la vitrification plus ou moins prononcée à laquelle elles se trouveraient soumises, iaqdis que )a poroela^ine ne pourrait être confectionnée convenablement à la température de la cuisson de la faïence ou de la terre de pipe. Les argiles qui servent à M fabrication de toutes les espèces de produits ce* ratniqpee sont susceptibles de former avec Tean une pâte plus ou moins liante : de |à leur vient le nom d^argiies plaetiquee. On les trouve dans le sein de la terre soqs la forme de coucbes plus ou moins étendues. Après les avoir extraites, il est indispensable de les délayer dans Tean pour en séparer les porlipns de sable et de matières grossières qu*elles peuvent renfermer, et qui se précipitent aq fdnd; Tean enlevée par décantation laisse déposer peu â peu Targile sous forme de pâle. Les argiles renferment toutes une plus ou moins grande proportion de silice , mais il est tonjours nécessaire d*en ajouter à la pâte, et dans certains ci|s Talumine peut être remplacée par la magnésie ; ce mélange donne naissance â des pâtes jouissant de certaines qualités particulières. L*argile seule monlée et cuite donnerait des pâtes qui éprouveraient trop de retrait et seraient trop disposées â se fendre. Gerlaines ar- .giles très-peu colorées prennent une teinte plus ou moins js^unâtre ou rougeâtre par la cuisson, parce que le Ur qu*eUes renferment passf à Té-

tât d*oxyde rouge, beauconp plus colorants d*autres, au contraire , d'une couleur grise on noirâtre, perdent complètement leur couleur quand elles sont rougles : la teinte particulière qu*elles présentaient était due â des matières organiques que la cbaleur décompose ; on ne peu| donc pas toujours juger par Taspect d*une terre si elle fournira une pâte bjancbe. Cr . bb CiàUBiiT*

FOTIRI^. (Jrçhitecture.) Ce sont des potg qu*on emploie quelquefois dans la construction des voûtes et des planchers. Les Romains mêlaient souvent ces ouvrages de plastique aux massifs de leurs constructions. Lorsqu'on avait à faire, soit de grandes masses de maçonnerie, spit des voûtes d'une certaine épaisseur, selon le système de blocage, qu'on appelle aujourdliui ff //« rinfueOf dans lequel de petits fra^ents de pierres sont mêlés avec du mortier de cbaux et de pouisolane, les constructeur, pour économiser le temps et la matière, la cbarge et la dépense, plaçaient d^espace en espace, dans le massif, des pots de terre du genre de nos cruches, dont chacun, environné de maçonnée, fermait naturellement et sans art une petite arche qui devenait comme une voûte de décbsirge. Ainsi s'allégissait la construction et s'économisaient les frais de matériaux et de nminnl'eBuvre. — G*est surtout au cirque de Caracalla, â Rome, qu*on voit de nombreux vestiges de oet|e méthode économique de construction. On a retiré de ces massifs de maçonnerie plus d'une ^4ria entièrement conservée. ^ Un architecte, M. de Saint-Fart, employa vers la fin du siècle dernier des briques creuses â former des voûtes et des planchers. ]|l existe un rapport de TAcadémie des sciences sur Tapplication de ces poteries ^ la construction des plafonds. Ce rapport loue la résislance des ppts contre la pression et la consistance des planchers ainsi construits. Il existe au Palais-Royal â Paris quelques galeries, dont les plafonds, élevés d'après ce procédé, n'ont éprouyé aucun e£Fèt qui puisse prédire la moindre désunion. X,

POTERNS. {Art milOaire.) Selon Bucange, ce mot prend son étymologle du latin barbare poêtema, employa avec la même signification dans la base latinité ; il dérive du mot po$l (derrière). — On donne le nom de poterne â une fausse porte placée dans le milien ou dans l'angle d*une courtine et sur le terre-plein du rempart. Ces ouvertures donnent issue dans les fossés et sont destinées â faciliter les sorties de la place sans être aperçu des assiégeants. Après les avoir franchies, les troupes montent les escaliers sa^s rampes {po^ de eçurie^ pr^tiqu^ dans les

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forUfioalioof en pierre qui encaltseqi les fossés du côté de la oampagne j elles arrivent ainsi au chemin conrert et se forment en bataille sur les glacis : c'est de là qu*on attaque Tennemi à llmproTiste.— Kn temps de guerre, les deft des portes et des poternes sont déposées, chaque soir, au cheret du lit du commandant de la place, sur qui repose toute la responsabilité de la sûreté de la défense. Sigaid.

POTHIER ( RoBiBT*Josi»H ) naquit le 9 Janyier 1099 , à Orléans , où son père, qu'il perdit dès renftince, était conseiller au présidial. frêle et de chétive apparence, il fit, chei les Jésuites de sa ville natale, de bonnes études dont le mé* rite ne peut être compté à ses maîtres : ils ne ravalent pas distingué du commun de leurs disciples ; la droiture de sa raison suffit d'autant mieux h le garantir de leurs doctrines. Un moment attiré vers la vie monastique par l'influence de sa complezion, moins encore que par aversion pour les soucis de toute autre carrière, il &k fût détourné par la considération de Tétat de veuvage de sa mère et de Tisolement où il la laisserait, et il embrassa les études du droit, à l'université d'Orléans. A SI ans, il y siégeait comme conseiller au présidial, préludant, par ki pratique des affaires journalières et par la méditation des auteurs, à la tâche qu'il devait accomplir.

Sn 1748, après plus de douze ans d'une infatigable persévérance, il produisit au Jour cette grande csuvre des Pandeotêê, qui, suivant une heureuse expression que J*aime à reproduire , fit ce ^Hê diS'êeptJuHêeanêHUeê, ekoîêiê par Juêiiniên , n^avaient pu faire sur /•# IùU de leur peye '. ie chancdier d'Aguesseau, qui en accepta la dédicace, avait, dès le début, pris sous son patronage cette entreprise sur la témérité de laquelle les plus imposants suArages rassuraient à peine le modeste magistrat d'Orléans. In lui conférant la chaire de droit français laissée vacante par la mort de Prévôt de la Janès (1749), le chancelier fit mieux encore que réaliser les vœux de Pothier , et que payer une dette de la reconnaissance publique : il fonda cette pépinière de Jurisconsultes que l'université d*Orléans a produits, et qui ont brillé à la fin du xvmt siècle et au commencement duxix*. Les devoirs du professorat étant à ses yeux une sorte de sacerdoce, Pothier ne crut point avoir asses lait pour s'en rendre digne. Jusqu'à ce qu'il eût accompli pour le droit français Té- <piivalent de ce qu*il avait exécuté pour le droit

romain. L'exposition des principes généraux de ce droit, qu'il a placée en forme d'introduction à la tête de son commentaire sur la Omhême d'Orlèanê, peut être considérée comme formant les prolégomènes du Gode civil.

Vinrent ensuite ses divers traités sur les prindpales matières du droit. Le premier qu'il mit au Jour , le Traité des obligaHonê, parut en 1761. C'est le plus beau livre de droit positif qui soit sorti de la main des hommes. Les autres se succédèrent d'année en année , Jusqu'à la mort de rauteur qui en laissa même plusieurs en manuscrit, imprimés depuis sous le titre d'OEifvre$ posihumeê,

U faut bien se garder de croire que la composition de ces ouvrages fit négliger à Pothier aucun de ses devoirs. Toujours au travail, il trouvait du temps pour tout.

Le duc dV>rléans avait su distinguer le mérite de Fothier , et l'avait choisi pour un de ses Juges en la chambre du domaine ; il remplit cette fonction avec Indépendance et formeté.

Quant aux préoccupations du professorat, loin de les borner à son cours public, il entourait $eB disciples d'autant d'encouragements et de bons soins que s'il eût dû être solidaire de leur capacité, de leur application et de leur droiture. U tenait dans sa maison des conférences particulières où à la Jeunesse de Técole venaient se Joindre les néophytes du barreau et de la magistrature. Ik>yen et oracle de sa compagnie , il avait également établi chez lui, comme juge, un prétoire de conciliation dokit Tautorilé avait pour sanction l'estime et la reconnaissance publiques. Un trait de sa carrière de magistrat le caractérise sous cet aspect, et comme personne privée : chargé de Pexamen et du rapport d'une affiire, il omit, par inadvertance, de rendre compte d'une pièce favorable à la partie qui perdit son procès; la réparation du dommage ne se fit pas attendre, il indemnisa, de ses deniers, le plaideur auquel il avait causé préjudice.

Une autre vertu que Pothier possédait à Tégal de son désintéressement, fkit son inépuisable charité. Il n'y a point d'exagération à dire qu'il se réduisait à la gêne pour augmenter ses aumônes. Aussi la vénération publique entoura la vieillesse de cet homme, aussi pieux et candide qu'il était ferme dans son propos pour la défense de toute Jusite cause. Quoique élevé chez les Jésuites, il n'était rien moins que leur partisan. Il partageait à leur égard les sentiments du parlement : aussi le taxèrent-ils de Jansénisme. . Pothier mourut à Orléans, le 9 mars 177), et n^ reçut d'abord pour honneurs flmèbresqu'une

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épiUiplie confiée au sol tfu cimetière commun. Bile a élé heureusement conservée à Phonneur de la cité qui enfin, en 1833, lui a érigé un monument dans sa cathédrale.

Alors aussi se publiait, par les soins de M. Siffrein, la !'« édition des TraUé$ de Pothier, réunis sous le titre à^OEuvrea complètes, en 17to1. in-8o. Est venue ensuite Pédition compacte de MM. Rogron et Firbach , 1826, 3 yol. in-8o. — J*ai indiqué avec détail , et même souvent par extraits, les ouvrages qui concernent Pothier, dans la Dissertation sur sa vie et ses écrits placée en tête de mon édition de ses OEuvres (Paris, 1834, 10 vol. in-8o); dissertation qui a été imprimée séparément en 1837, in-13. Les Pandectes, quoiqu*on en ait fait une traduction française, et même avec le texte latin en regard, sont et demeurent à part de la collection des OEuvres de Pothier. D*abord publiées sous ce titre : Pandeciœ Justinianœ, in novum ordinem diges» tœ, Paris et Chartres, 1748, 1749 et 1753, 5 vol. in- fol., elles ont été réimprimées à Lyon, en 1783, et à Paris, en 1818, par les soins de M. Latruffe Montmeylian, avocat à la cour de cassation : c*est la meilleure et la plus belle édition. DupiN àIhé.

POTIER, famille parlementaire qui a produit plusieurs magistrats fort distingués. Nicolas Potier de Blancmesnii, président au parlement de Paris, se signala par son dévouement au roi Henri lY, fut condamné à mort par les Ligueurs, échappa au supplice, grâce à Tintervention du duc de Mayenne, se rendit ensuite près de Henri lY, et devint plus tard chancelier de Marie de Médicis; il mourut en 1635 à 04 ans. — Son frère, L. Potier de Gesvres, secrétaire des finances en 1567, secrétaire du conseil en 1578, secrétaire d*État en 1589, eut part à la réconciliation de Henri III et de Henri lY, et fut fort utile à ce dernier. Il siégea dans le procès de Biron, et mourut fort Agé en 1630. — Nicolas Potier de Novion (1618-1697) joua un rôle dans les troubles de la Frondé, finit par prendre parti pour Mazarin, et rendit un arrêt violent contre les ennemis du ministre. Il devint premier président en 1678, mais fut forcé de se démettre en 1689 pour abus d*autorité. Bovillkt.

POTIER D*ÉTAIN. Le potier d'étain confectionne non-seulement les vaisselles et les poteries dont on se sert encore dans les ménages des départements montagneux, mais une infinité d*âutres ouvrages, dont il serait trop long de faire Ténumération, et que tout le monde connaît. Il n'emploie pas Tétain pur, il Pallie avec du plomb. Ce dernier métal est très-dangereux;

il est délétère, et ne doit être employé dans Palliage de Pétain qu*avec une extrême réserve, lors qu*on veut en fabriquer des vases qui doivent servir à contenir des aliments ou des boissons spiritueuses. Aussi la loi a-t-elle prescrit la proportion de plomb que le potier peut allier à rétain fin. Sur 100 livres ou 50 kilogrammes d*alliage, il ne peut s*y trouver que 18 livres ou 9 kilogrammes de plomb, sur 83 livres ou 41 kilogrammes d*étain fin. Le potier ne doit pas ignorer qu'on n*a pas besoin d'analyser son ouvrage pour en reconnaître le titre. Il suffit de peser hydrostatiquement le vase, sans le déformer, sans Paltérer en aucune manière; la différence de poids que Ton trouve en le pesant d*abord dans Pair, et ensuite dans Peau, dans laquelle il perd une partie de son poids, donne exactement, à Paide d'une table que le gouver-r^ nement fit imprimer en jum 1801, la quantité de Pun et de l'autre des métaux qui constituent l'alliage.

Le potier d'étain moule ordinairement ses ouvrages dans des moules en bronze; il les répare, les tourne ensuite lorsqu'ils sont susceptibles de se placer sur le tour, il les soude, les polit ou les brunit selon les cas. Ck>mme l'alliage ne présente pas une grande résistance, il n'a pas besoin d'outils bien trempés, ni très-durs, et ses opérations sur le tour ressemblent et peuvent s'assimiler à celle du tourneur.

La manière de souder est toute différente de ceUes qui se pratiquent dans plusieurs autres arts. L'ouvrier rapproche les deux pièces et les foit chevaucher l'une sur l'autre; U les arrête haut et bas par une goutte d'étain qu'il place avec le fér à souder; ensuite il met pardessus un morceau de feutre, et avec un gros fer bien chaud, il fait fondre les deux pièces d'étain par leurs bords; il laisse refh»idir, et n'a plus qu'à réparer.

11 soude aussi, dans certains cas, à la manière des ferblantiers ; alors la soudure est composée de parties égales d'étain et de plomb. Il est une soudure qu'on appelle légère, parce qu'elle fond à une chaleur douce; elle se compose d'une partie d'étain fin, une partie d'étain de glace et une partie de plomb. Quant aux moules nombreux dont on se sert, ce sont les fondeurs en bronze qui les fournissent ; après qu'on les a fait réparer par les ciseleurs, on se contente de les ajuster, lorsqu'on y reconnaît quelques défauts. Lbiioemaiio et Mxllit.

POTIN, métal factice et cassant, mélange de cuivre jaune et de quelques parties de cuivre rouge. U se dit aussi d'une sorte de cuivre fomé

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des lavures que donne la fobrication du laiton, et auxquelles on mêle du plomb ou de Tétain. Le premier se nomme ordinairement potin jaune; le second^ potin gris. Ce métal supporte mal la dorure. Son nom lui vient, suivant quelques érudits, de ce qu*autrefois on en ftiisait des pots. Borel le dérive de potier, potier d'étain. Il y a beaucoup de médailles en potin.

POTION. On a longtemps confondu sous le nom de potion, des médicaments qui n*avaient vraiment entre eux aucun rapport. Les anciens praticiens eux-mêmes commettent encore ces erreurs; on doit réserver le nom de potioni à des mélanges de sirops, d^eaux distUlées, d*infùsions, de décoctions, dans lesquels on fait entrer des teintures, de Tétber, des électuaires, des poudM, des sels, des huiles, des gommes-ré- ^ sines, etc., en agissant de manière à ce que ces substances soient dissoutes ou incorporées d*une manière convenable. Ces médicaments ne sont point destinés à servir de boisson habituelle aux malades, mais à être pris par fractions, parce qu*en général ils sont beaucoup plus actifs que les tisanes, et qu*ils pourraient souvent occasionner des accidents graves si Ton agissait imprudemment. — Les potions varient à FinAni ; aussi est-il difficile de leur assigner un mode de préparation générale. Ce n*est que par une pratique longue et des études approfondies, que Ton pourra connaître les soins qu*elles réclament. Comme un grand nombre de maladies peuvent exiger Tusage longtemps prolongé d*une de ces préparations, il n*est pas suffisant qu*elle soit ftiite avec les mêmes substances employées à la même dose, mais encore constamment avec un soin extrême et toujours avec le même procédé, parce qu*il ne faut pas que le malade y trouve la plus légère différence; il pourrait croire que le médicament a été mal préparé : cela diminuerait sa confiance, et quand le moral ne vient pas en aide au physique, il est rare que la guérison puisse avoir lieu. ^ Parmi les potions le plus fréquemment ordonnées par les médecins, il en est quelques-unes dont la préparation présente de grandes difficultés, c*est lorsqu*on doit y «Jouter des matières huileuses ou résineuses. Dans ce cas, le pharmacien doit les préparer luimême, et ne pas les confier à ses élèves, qui y mettront toujours moins de soin et d'habileté, et phis de précipitation. » Inutile d'indiquer ici les potions et leur mode de préparation : ce soin regarde spécialement les pharmaciens, qui tous possèdent des ouvrages ne laissant rien à désirer tous ce rapport - Les médicamenU que Ton

connaît sous le nom de loochê, sont aussi de véritables potions. C. Faveot.

POTIRON {cucurbita pepo, var., L.), espèce du genre courge, de la famille des cucurbitacées. Parmi tous les végétaux herbacés, il n*en est probablement aucun dont les fruits atteignent un volume aussi considérable que cent de quelques variétés de cette espèce; car leur poids ordinaire est de 30 à 40 livres, et il s'en trouve parfois de 3 pieds de diamètre sur 1 pied de liant, et du poids de 60 livres ou même plus. Le potiron, originaire de TAsie équatoriale, de même que la plupart des autres cucurbitacées alimentaires , se cultive fk'équemment dans les potagers et les champs. Cette plante produit des tiges rampantes, atteignant jusqu'à 50 pieds de long, garnies de vrilles bifdrquées ou trifurquées; ses feuilles, larges de 1/9 pied à 1 pied , sont arrondies ou ovales, obtuses, velues, à 5 lobes plus ou moins profènds, échancrées en forme de cœur à la base, et portées sur de gros pétioles verticaux, d'environ 1 pied de long ; les fleurs sont solitaires, axillaires> pédonculées, monoïques, grandes, jaunes, en forme de cloche à 5 lobes rabattus; le fruit est presque sphérique, un peu déprimé aux deux bouts, creux vers le centre à la maturité , à écorce jaune ou verdâtre ( quelquefois rayée de bandes blanchâtres ), lisse, ou brodée, ou verruqueuse, unie ou relevée de côtes; il contient une grande quantité de graines assez grosses, ovales, comprimées, lisses, blanchâtres, à bords épaissis en bourrelet. La chair du potiron, ferme et de couleur Jaune ou orange, est peu savoureuse à l'état cru; mais l'art culinaire sait en préparer plusieurs mets assez généralement goûtés. L'huile grasse qui abonde dans les graines est d'une saveur de noisette^ et elle peut servir à l'usage alimentaire ; on emploie aussi ces graines, en guise d'amandes, pour faire des émulsions adoucissantes.

La courge pépon, espèce à peine distincte du potiron, comprend comme autant de races ou variétés principales : les citrouiUee ou giraumonte, les pasiiseon» ou pâtissons, les orangins, les cougourdettee et les barbarines.

De toutes ces variétés, les citrouilles (autrement dites courges de Saint- Jean, concombres d*hiver, concombres de Malte ou de Barba-, rie, etc.) sont celles qui se rapprochent le plus des vrais potirons par leur volume, en général très- considérable, et souvent aussi par leur forme; la citrouille melonée (ou citrouille musquée, courge musguée, courge melonée) est remarquable par sa chair légèrement sucrée et plus délicate que celle des potirons ; les oran-

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g{n$ (vulgairement ooloquinellêê, fauueê cfh loguint$s, fl$u8$e$ oranges) doîTeot oe nom à leur forme et à leur volume peu considérable. Les cougourdettes sont pyriformes ou ovoïdes, petites, à chair très^blanche. Les barbarines (vulgairement barbarsaques $auvage$) sont ca« ractérisées par les bosselures de leur surface; on en possède une sous-variété à laquelle sa forme bizarre a valu le nom de courge iurban ou pé- PQu turban, ies paeiisions se distinguent également par des formes très-singulières, auxquelles font allusion les noms vulgaires de bonnet d'électeur, bonnet de prêtre, couronne impé- "riale, et artichaut de Jérusalem,

La cougourde (vulgairement gourde des pèlo" rinSf ou courge bouteille), la gourde et la courge trompette sont des variétés du çuourbita lagenoria, L. (lagenaria leucantha, 8eringe), dont on parle à Tarticle Caubassi. io. Sfagh.

POTOÇEI (prononcez PotoUki), famille titrée de Pologne, très-ancienne et originaire de Potoçk, petite ville de la Podolie, Parmi les hommes distingués qu*elle a produits, les plus remarquables sont les suivants :

Le comte Paul Potoçki, castellan de Kaménietz en Podolie, qui vécut dans le xvn* siècle, fut à la fèis politique habile et écrivain érudit. Ses ouvrages ont été publiés par Zaluski qui y a Joint la généalogie de cette illustre famille. *- Son petit-fils, le comte Artoihb, fils du palatin de Smolensk, frère de Tarchevéque de Gnezne, primat de Pologne, fut ambassadeur d'Auguste II auprès de la czarine Anne, plus tard palatin de Belz, et sous Auguste III, maréchal du royaume et premier maréchal de la reine. Ses discours passent pour des modèles d'éloquence.

Le comte Stahislas-Félix Potoçki, hetman de rartUlerie polonaise, personnage influent par ses richesses, prît une part active et fâcheuse aux troubles qui agitèrent la Pologne en 1788. €e fut lui qui, dans TimpossibUilé d'empêcher l'acceptation de la contitution du 5 mai 1791, organisa, pour la renverser, la confédération de Targowiça, entra dans les intérêts de la Russie, et, de concert avec Rzewuski et Branecki, publia une proclamation antipatriotique au mois de mai 1793. On sait que la peur décida le faible roi Stanislas-Auguste à entrer lui-même dans cette confédération ; la diète de Grodno, tenue sous l'influence de la Russie et dirigée par Félix Potoçki, abolit la constitution du 5 mai et consentit le nouveau partage de la Pologne. Plusieurs historiens pensent que la conduite du grand maître de l'artillerie lui fut dictée par l'amhition, et qu'il aspirait au tr^e. L'impératrice

Catherine le oomMa de distinctions et lui confia d'importantes négociations. Vais lorsque les confédérés de Cracovie réussirent à chasser tes Russes de Varsovie et de Vilna, Potoçki dut se réfugier en Russie $ la cour suprême de la république le condamna à mort comme traître à In patrie, confisqua ses biens et le fit pendre en effigie. Les victoires de Souvorof permirent à Potoçki de retourner en Pologne, avec le grade de généralissime que Catherine lui avait conféré en 1705. U mourut dans ses terres, en 1805.

Le comte Iohaci Potoçki, cousin du précédent, né en 1751 , suivit une tout autre ligne de conduite. Ce grand maréchal de Lithuanie unissait un ardent amour de la patrie à une noble fermeté de caractère. De concert avec Malachovtrski , Kollontay, l'Italien Piatoli et beau* coup de patriotes, il rédigea la ooustitutiop du 5 mai 1791, qu'il parvint aussi ft faire accepter au roi, mais non à son cousin Félix. Il se rendit à Berlin pour essayer d'intéresser le roi de Prusse, FatoiaiG-GuiixAinu II, au sort de la Pologne mienacée par la Russie, et il ne négligea rien pour empêcher les progrès de la confédération de Targowiça. A l'approche des troupes moscovites, Stanislas-Auguste se soumit, et Ignace Potoçki s'enfuit à Dresde. Mais en 1794, il courut à Varsovie pour combattre sous les étendards de Kosciuszko. Élevé au grade de généralissime, il contribua plus que personne à l'établissement du haut conseil national, et il continua k prendre une part active aux affaires publiques, soit comme ministre des affaires étrangères, soit comme membre de la commission des écoles, jusqu'à la prise de Praga. Sa fiant ^ la capitulation de Souvorof, il resta à Varsovie) néanmoins il fut arrêté et enfermé dans la fèrteresse de Schltlsselbourg où il fut détenu jusqu'en 1796. Lorsque Paul !«' l'eut renda à la liberté, il se retira en Galicie, et y vécut sous la surveillance de la police jusqu'en 1806. Alors, rappelé aux affaires, il se consacra tout entier au bonheur de sa patrie à laquelle il rendit de signalés services en abolissant la servitude et en organisant des écoles. Il mourut le 50 août 1809, dans la capitale de l'Autriche, où il était allé trouver Napoléon à la tête de la députation du duché de Varsovie,

Le comte Stahisias-Kotska Potoçki, frère du précédent, se fit remarquer aux diètes de 1788 et 1793. Il était général de l'artUlerie et un des plus chauds partisans de U constitution du 3 mai. Lorsque le roi entra dans la confédération de Targowiça, il se réftigia en Autriche, où il vécut jusqu'en 1807, tenl entier k Tétude des

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