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chine ingénicirsc le remplaçait dans les combles et les galeries supérieures. Enfin 11 fut obligé de garder 4e lit, et il expira le 5 février 1837. H. Daunou prononça son éloge, le 9 août 1840, dans la séance publique de TAcadénrie des inscriptions *, un autre éloge a été inséré dans V Annuaire de TAcadémie de Bruxelles et dans celui de la bibliothèque royale de Belgique. 4|I. Guigniaud, qui a refait la symbolique de Creuser, s^est assis dans son fauteuil à Tlnstitut, et M. Ch. Lenormant lui a succédé à la bibliothèque. Quant aux éditions de Colard Mansion qu*il avait rassemblées, Tan Praet les avait léguées partie à la bibliothèque royale, partie à sa Tille natale. Sa dernière pensée fut pour son pays. Le 9 juin 1 839, ses neveux HH. Paul Devaux et Jules Van Praet, dignes représentants d'un tel homme, remirent ce précieux dépôt à la régence de Bruges; le gouverneur de la province et le bourgmestre de la ville prononcèrent à cette occasion des discours où le mérite du défunt était convenablement apprécié. Le buste de Yan Praet, exécuté aux frais du conservatoire delà bibliothèque royale de Paris, et envoyé par lui à la bibliothèque de TÉtat a Bruxelles, en est aujourd'hui un des principaux ornements. Le savant bibliographe semble y présider et donner à ceux qui la dirigent, des leçons et des exemples dont ils s'efforceront de profiter.
Le même buste, exécuté en marbre par M. Geefis, fut inauguré à Bruges, le 23 novembre de cette année, avec celui de M. Scourion. M. Oct. Delepierre, dans cette circonstance, prit la parole. Be Reiffenberg.
PRAGA, ville f6rte du royaume de Pologne, sur le bord de la Yistule, en lace de Yarsovie, dont elle est considérée comme un faubourg : un pont de bateaux Punit à la capitale. Elle renferme 855 maisons et 3,080 habitants. Le nom de Praga se rattache au souvenir des guerres de la Pologne. Lorsque Kosciuszko, en 1794, eut été battu et fait prisonnier à Matschievitz, Souworoff s'avança contre Praga , dernier boulevard de la Pologne : 5,000 cavaliers et une nuée de paysans armés de faux, traînant 48 pièces d'artillerie, s*y étaient réfugiés en désordre, sous les ordres de Hackranowski, qui céda le commandement à Zajonczek. Les Russes campèrent à RobyUca, et Souworoff fit tous les préparatifo pour l'assaut de la place. Le chirurgien polonais Muller fut envoyé dans le camp moscovite pour donner ses soins à Kosciuszko blessé. Souworofi^
> U • M \m»M duu la Bnuê hAUographi^Mi» M. J. M.Qm. rani, 30 joiUti 1829, pog. 2I14I8.
lui montra tous ses apprêts : « n me serait pénible, lui dit-il, de voir les Polonais , par une résistance inutile, attirer sur leurs têtes les calamités suites inévitables d'un assaut. Qu'ils acceptent l'amnistie, je leur garantis à tous leur liberté ; mais s'ils persistent dans feur folle entreprise, ils seront tous passés au fil de Pépée. » Le 3 novembre, les Russes s'avancèrent en trois fbrtes colonnes contre Praga, et établirent pendant la nuit trois batteries, à l'abri desquelles Souworoff observait les travaux des assiégés. Les Polonais crurent que l'ennemi voulait assiéger régulièrement la place; mais le 4, à trois heures du matin, les Russes se déployèrent sur sept colonnes. Un profond silence régnait dans leurs rangs : ils s'approchèrent en demi-cercle des fortifications. A cinq heures le général donna le signal de l'assaut : un terrible hourra répondit à ce signal. Après une lutte de quatre heures, Praga, que défendaient trois lignes de travaux et trente-trois batteries, fut escaladée par 2â,000 Russes. Treize mille Polonais restèrent sur le champ de bataille , plus de deux mille avaient péri dans la Yistule, 14,680 furent faits prisonniers, et parmi eux les généraux Hayer, Hoesler et Krupinski; cinq colonels et 437 officiers. Souworoff les traita avec humanité et les fit mettre bientôt en liberté. Huits cents hommes seulement étaient parvenus à se sauver en traversant le pont. Un grand nombre de paysans, de femmes, de vieillards et d'enfants, qui étaient venus chercher un refuge à Praga, perdirent la vie pendant Passaut. Une partie de la ville fut la proie des flammes, et plusieurs jours s'écoulèrent avant qu'on eût pu débarrasser les nies des cadavres et des décombres. Les généraux Ja8inski,Korsek, Kwaschnefski et Grabovrski furent tués. Jasinski, l'un des meilleurs officiers de l'artillerie et du génie polonais, le libérateur de Wilna, avait, dans la soirée du jour qui avait précédé l'assaut, pris congé de ses amis, décidé à mourir si les Russes n'étaient pas repoussés : il fut tué d'un coup de baïonnette à l'attaque du premier bastin. Les Russes n'auraient eu, d'après leurs bulletins, que 600 morts et 1,000 blessés ; d'après d'autres relations, le nombre de leurs morts se serait élevé à 3,000. Cette perte est du reste peu considérable si on la compare à Facharnement des Polonais, à qui manquait une bonne organisation. Le général Souworoff envoya du champ de bataille son rapport à l'impératrice; il se composait de trois mots : Hourra I Pragal Souworoff l Elle lui répondit avec la même brièveté : Bravo, feld-maréchaU Le 9 novembre, Souworoff entrait dans Yarsovie, et le dernier
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paHa^^c de la Pologne. était le résultat immédiat de la prise de Praga. Dicr. de la Cohy.
PRAGMATIQUE SANCTION. Ce terme est emprunté du code romain, où les rescrits impériaux pour le gouvernement des provinces sont appelés fonnuleê pragmatiques on pragmatiques sanctions. U Tient du mot latin sanctio, équivalent d''ordonnance , et d*un mot qui signifie affaire. On remployait pour exprimer les ordonnances qui concernaient les objets les plus importants de l'administration civile ou ecclésiastique, surtout lorsqu'elles avaient été rendues dans une assemblée des grands du royaume et de ravis de plusieurs jurisconsultes. II y a deux pragmatiques célèbres dans le droit français : Tune est de saint Louis, l'autre de Charles VII.
U Pragmatique sanction de saint Louis.
S. Louis, se préparant à une seconde expédition contre les infidèles, voulut assurer la tranquillité de rÉglise gallicane, et prévenir les troubles que pourrait occasionner, pendant son absence, le défaut d'une loi précise. L'ordonnance rendue à ce sujet règle les droits des coUateurs et patrons des bénéfices ; elle assure la liberté des élections, promotions et collations; elle confirme les libertés, privilèges et franchises de l'Église gallicane; elle modère les taxes de la cour de Kome. Cette pragmatique est divisée en six articles. Quelques exemplaires ne renferment point l'article contre les taxes de Rome. Elle porte la date de lâdS.
Pragmatique sanction de Charles Fil. Charles TU étant à Tours au mois de janvier 1438 (nouveau style), écouta les plaintes qu'on vint lui faire de la part du concile de Bàle sur la convocation du nouveau concile de Ferrare. Peu de temps après, il se rendit à Bourges avec un grand nombre de princes du sang, de seigneurs et de prélats, pour délibérersur les affaires présentes de l'Église. Il y eut dans cette assemblée l'archevêque de Crète, nonce du pape, les archevêques de Reims, de Tours, de Bourges et de Toulouse. On y compta 25 évèques, plusieurs abbés, et une multitude de députés des chapitres et des universités du royaume. Ce fdt là qu'on dressa le règlement célèbre appelé pragmatique sanction, le 7 juillet. C'est, à proprement parler, un recueil des règlements dressés par les Pères du concile de Bâle, auxquels on ajouta quelques modifications relatives aux usages et aux circonstances actuelles. Cette pièce est divisée en 93 titres : I. De l'autorité et du pouvoir des conciles généraux ; du temps et de la manière dont ils doivent être convoqués et câébrés. II. Des élections. III. Des réserves. lY. Des collations. V. Des causes ecclésiastiques.
YI. Des appels frivoles. YII. De ceux qui ont possédé et possèdent sans trouble. YUI. Du nombre et de la qualité des cardinaux. IX. Des annates. X. Comment on doit célébrer l'office divin. XI Dans quel temps chacun doit être dans le chœur. XII. Comment les heures canoniques doivent être dites hors du chœur. XIII. De ceux qui, pendant la durée des offices divins, se promènent par l'église. XIY. Du tableau appendu dans le chœur. XY. De ceux qui, à la messe , n'accomplissent pas le Credo, chantent des chansons, disent la messe trop bas, en passant les secrètes, ou sans ministre. XYI. De ceux qui mettent en gage le culte divin. XYII. De ceux qui tiennent des chapitres pendant le temps de la messe. XYIII. Des spectacles qu'il ne faut pas donner dans l'Église. XIX. Deâ concubinaires. XX. Il ne faut pas éviter les excommuniés. XXI. Les interdits ne doivent point être jetés légèrement. XXII. De la suppression de l'une des clémentines. Le titre XXIII contient la conclusion de l'Église gallicane pour la réception des décrets du concile de Bâle, qui y sont énoncés, avec les modifications qui y sont introduites. Les évèques prient le roi, en finissant, d'agréer tout ce corps de discipline, de le faire publier dans son royaume, et d'obliger les officiers de son parlement et des autres tribunaux à s'y conformer ponctuellement. Le roi entra dans ces vues, et envoya la pragmatique sanction au parlement de Paris, qui l'enregistra le 13 juillet 1439. Mais , par une déclaration du 7 août 1441, il ordonna que les décrets du concile de Bâle, rapportés dans la pragmatique, n'auraient leur exécution qu'à compter du jour de la date de cette ordonnance, sans avoir égard à la date des décrets du concile. On voit dans cette pièce une grande attention à recueillir tout ce qui paraissait utile dans les décrets du concile de Bàle, et une déclaration néanmoins bien positive de l'attachement qu'on vpulait conserver pour la personne du pape Eugène lY : ce furent en effet les deux points fixes du roi Charles YII et de l'Église gallicane durant tous les démêlés qui affligeaient alors l'Église. La pragmatique, maintenue dans son entier sous Charles YII, qui en ordonna de nouveau l'exécution en 1453, reçut dans la suite de grandes atteintes. On ne voulut jamais l'approuver à Rome; elle fut même regardée, dit Robert Gaguin, comme une hérésie pernicieuse, mais les passions qui assaillirent cette œuvre se sont bien calmées depuis. « C'était, s'il faut en croire Pie II, une tache qui défigurait l'Église de France, un décret qu'aucun concile général n'avait porté, qu'aucun pape n'avait
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reçu ; un principe de confusion dans la hiérarchie ecclésiastique , puisqu'on Toyait depuis ce temps-là que des laïques étaient devenus maîtres et juges du clergé; que la puissance du glaive spirituel ne s'exerçait plus que sous le bon plaisir de Tautorité séculièrei que le pontife romain, malgré la plénitude de juridiction attachée à sa dignité, n'avait plus de pouvoir en France qu'autant qu'il plaisait au parlement de lui en laisser. » Ainsi parlait le pontife aux ambassadeurs de France, dans l'assemblée de Mantoue en 1450. La politique de Louis XI osa abattre ce mur de division, élevé depuis plus de âO ans entre les cours de France et de Rome. Ce monarque crut voir bien des avantages dans la destruction de la pragmatique. C'était d'abord une des r^lesde sa conduite de prendre en tout le cootre-pied du roi son père. La pragmatique était f*ouvrage de Charles VII, c'était assez pour qu'elle déplût à Louis XI. D'ailleurs, la discipline établie par cette ordonnance, ramenant tout au droit commun, déférant aux évéques la collation des bénéfices, il arrivait que, dans chaque province, dans chaque évéché, les seigneurs particuliers se rendaient maîtres, par leur crédit ou par leurs menaces, des principales dignités ecclésiastiques : ce qui augmentait l'autorité des seigneurs vassaux de U couronne, au grand déplaisir de Louis. Ce prince crut qu'il n'en serait pas de même sur l'influence qu'aurait le saint-siége dans le gouvernement de rËglise gallicane après l'abolition de la pragmatique : car, comme le roi serait toigours plus puissant auprès des papes que les seigneurs subalternes, il devait aussi en être plus écouté quand il demanderait des grâces ecclésiastiques: Louis se flattait même que peu à peu la cour acquerrait une sorte de direction générale pour le choix des sujets, et que les si^ets placés à la recommandation de la cour se trouveraient liés à elle par des motifs de reconnaissance; de plus, il espéra qu'en faisant le sacrifice de la pragmatique il déterminerait le pape à abandonner le parti des princes aragonais pour favoriser celui des Angevins : toutes ces considérations l'engagèrent à écrire au pontife une lettre, en date du 97 novembre 1461, dans hiquelle il reconnaît que « la pragmatique a été faite dans un temps de schisme et de sédition ; qu'elle ne peut causer que le renversement des lois et du bon ordre; qu'elle rompt Tuniformité qui doit régner entre tous les États chrétiens; qu'il casse dès à présent cette ordonnance, et que si quelques prélats osent le contredire, il saura les réduire au parti de la soumission.» L'évêqued'Arras, Geoffroiou Jouffroy, confident de Louis en tout ce qui concer-
nait l'aboUtion de la pragmatique, fut le chef de l'ambassade solennelle que le roi envoya au pape peu de temps après, pour mettre le dernier sceau à cette affaire; il porta la parole dans la première audience de Pie, et reçut le chapeau des mains du saint-père. L'évèque d'Angers, Balue, obtint le même honneur de Paul II. L'abolition de la pragmatique n'était pas encore revêtue des formes légales : Louis XI, pour procurer la pourpre à son favori, rendit une déclaration à ce siyet. Balue la porta au parlement le !«' octobre 1467, et en requit l'enregistrement; mais il y trouva des oppositions invincibles de la part du procureur général Jean de Saint-Romain, qui déclara que la pragmatique était une ordonnance utile à l'Église gallicane, et qu'il fallait la maintenir. Ce magistrat protesta qu'il aimerait mieux perdre sa charge et la vie même que de rien faire contre sa conscience, contre le service du roi et le bien de l'État. Louis, infbrmé des oppositions du procureur général, fit publier sa déclaration au Châtelet, et voulut en outre qu'on lui présentât par écrit les motifs qui avaient empêché le parlement d'enregistrer ses lettres. Cette cour fit dresser alors les longues remontrances qu'on nous a conservées : on y lit que la pragmatique sanction était le résultat des conciles de Constance et de Bâle ; qu'elle avait été dressée du consentement des princes du sang, des évéques, des abbés, des communautés monastiques, des universités du royaume; que l'État et l'Église jouissaient d'une grande tranquillité depuis qu'on l'observait; qu'on avait vu dans les évêchés des prélats recommandables par leur sainteté; qu'on ne pourrait la détruire sans tomber dans quatre grands inconvénients : la confusion de l'ordre ecclésiastique, la désolation de la France', l'épuisement des finances du royaume et la ruine totale des églises. Cet écrit détaille chacune de ces conséquences, insistant toutefois davantage sur le premier et sur le troisième article, prétendant que, par la destruction de la pragmatique, on va donner lieu au rétablissement des réserves, des expectatives, des évocations de procès en cour de Rome; qu'ensuite on verra le royaume surchargé d'annates et d'une multitude d'autres taxes. On fait sentir combien ce transport d'argent hors du royaume est pr^udiciable à l'État; on rappelle à cette occasion les sommes qui avaient été payées à la chambre apostolique dans l'espace de trois ans, et on en tait monter le Uh tal à deux millions cinq cents mille écus d'or. L'université de Paris se joignit au parlement. A peine la déclaration de Louis XI eut-elle paru que les docteurs en appelèrent sur-le-champ au
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