‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 22Chapitre 26 sur 61 · RÉ · texte numérisé non relu

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(tins sa jeunesse sont soutent le préludé des crimes qu'il commettra plus tard : Tagitation d*un peuple est quelquefois le prélude d*one Insurrection. Il y a, comme on le voit, beaucoup d*anaIogie entre les mots préface, préliminaire et prélude; seulement, le premier ne s'emploie guère que dans le sens Nltéraire et liturgique : c'est ordinairement à un ordre de faits moraux que s'applique le terme préliminaire, tandis que celui de prélude sert à caractériser indistinctement des ftiits de rordre physique et moral : la fumée que lanoe le YésuTC est le prélude d'une éruption volcanique. Diot. m la Cont. PRÉMtDlTATtOK, signifie la délibération intérieure que l'on Mi en^i-méme avant de prendre un parti ou d^exécuter un dessein. Dans notre droit criminel, la préméditation est une drconstanceessenttellement aggravante. Toutes les fois qu'elle accompagne un fait qualifié crime et puni comme tel par la loi, la peine qu'on doit prononcer contre son auteur est nécessairement plus forte. L'art. fQ7 du code pénal définit ainsi la préméditation s « Le dessein formé avant l'action d'attenter à la personne d'un individu déterminé, ou même de celui qui sera trouvé ou rencontré, quand même ce dessein serait dépendant de quelque circonstance ou de quelque condition. «-^De cette définition résultent trois principes incontestables : le premier et le plus absolu^ c'est que la.préméditation est un fait tout moral, qui consiste spécialement dans la pensée délibérée, mûrie et arrêtée d'attenter à une personne, et quis^apprécie et se juge, abstraction faite des individuSi.ou plutôt des individualités; le second, c'est qu'il n'est pas nécessaire, pour que la pe»> •ée coupable, délibérée et arrêta à l'avance, soit qualifiée préméditation, qu'elle ait eu en vue tel ou tel Individu donné; le troisième, c'est que tai préméditation existe alors même que l'exécu* tion se serait trouvée soumise à une circonstance ou à une condition indépendante de la volonté du conpable. — La préméditation ne s'applique qu'aux attentats contre les personnes : ainsi, le meurtre devient assassinat s'il a été commis avec préméditation ; ainsi les blessures et coups volontaires, et les violences, sont punis d'une peine plus fbrte, s'H est démontré qu'ils ont été portés, ^ qu'elles ont été exercées avec une préméditation. — La rigueur des lois pénales, dans tous les cas oii il y a préméditation, n'est qu'une conféquence logique de ce grand principe qu'en matière crimineile,le fait n'est qu'un accessoire, etitntention le principal. Le législateur qui poavait, sinon pardonner ou excuser la brutalité de eenattts actes de otière inatanlanét , du moins

souflV'ir llndulgence à leur égard , a dû, par la même raison, se montrer d'une sévérité rigou** reuse h l'égard de ces criminels dangereux qui nourrissent longtemps une idée, la tournent et la retournent sous toutes ses faces, combinent tous leurs moyens d'exécution, assurent leur épouvantable succès, et viennent ainsi, de sangfroid et après avoir longuement délibéré, violer les lois d'une société tout entière. — La préméditation étant une circonstance essentiellement aggravante, en France, cette question doit être posée séparément au jury, et par lui examinée et résolue distinctement et à part du fait principal auquel elle se rattache : c'est une des exigences spéciales du code pénal de 1859, modifié par les lois du 9 septembre 1S85. OoiLLUtTEAD.

PEÉMIGXS {primUiœ). Premiers fruits de la récolte, premières productions de la fécondité des animaux. Il était d'usage, suivant l'ancienne loi, d'offrir les prémices au Seigneur, et elles se prenaient depuis la trentième partie jusqu'à la cinquantième. Dans les premiers siècles de l'Église, où les fidèles mettaient leurs biens en commun^ les ministres vivaient généralement d'ofolations, sans qu'il y eût d'ailleurs de disposition légale qui leur accordât ladimeou les prémices, jusqu'au pape Alexandre II, qui ajouta les prémices au premier de ces impôts, dont il fit un précepte religieux. Par le concile de 1955 tenu à Bordeaux, la quotité de ces dons fut fixée depuis la trentième jusqu'à la quarantième partie du tout : un autre concile tenu à Tours, 27 ans phis tard, fixa cette quotité à la soixantième partie. L'usage d'offrir à Dieu les prémices de la terre et de la fécondité des animaux est fort ancien; il existait chex les païens; les Égyptiens flaisaient des offrandes de ce genre à Isis, les Grecs et les Romains à Gérés ou à Diane. Moïse, qui convertit en maximes religieuses, les préceptes hygiéniques de son temps, rejetait, comme impure, lesfruits des trois premières années : ceux de la quatrième seule étaient censés prémices.—Prém/œs, se dit figurément du commencement de beaucoup de choses, des premières productions de l'esprit, et des premiers mouvements du cceur. Digt. ai la Conv.

PREMIEll. L'accepUon la plus générale de ce mot, qui en a un très-grand nombre, est celle par laquelle il désigne ce qui précède numériquement les choses dont on parie rela- Uvement à TeqiMice, au temps, à l'ordre, à la dignité, etc. Premier se prend parfois pour la supériorité du mérite, du génie : un esprit da premier wére\ un leditausside ce qui est passé, ^œqai uOitilt Mipnnfant, priektme : il re-

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gre(te sa première grandeur. Il «^emploie de même pour devant, en avant : c^est lui quia passé le premier* Premier indique également toute espèce de prééminence dans des qualités, des aptitudes quelconques. Le travail est la première richesse des sociétés ; premier sert aussi à désigner les choses les plus indispensables : les premières nécessités, les premiers besoins de la vie; on le dit encore du commencement ou de rébauche de certaines choses : cet homme n*a pas la première teinture des connaissances que vous lui supposez. En termes de courtisan, on nommait monsieur le premier celui qui remplissaitles fonctions de premier écuyer du roi. Un nombre premier, en arithmétique, est celui qui n*a pas d*autres diviseurs exacts quelui-méme ou que Tunité; telssontlesnombres3,5,7, etc. Deux nombres sont dits premiers entre eux quand ils nVmt pas de diviseurs exacts communs, tels sont par exemple 14 et 15, qui sont premiers relativement Tun à l'autre, quoiqu'ils ne le soient point absolument parlant, puisque Tun est divisible par 2 ou par 7, et l'autre par 3 et 5. On nomme Dieu la cause première en métaphysique. Les physiciens appellent matière première la matière qu'ils supposent dénuée de toute forme, et des autres conditions qui la peuvent modifier. Les matières premières sont, en ter^ mes de commerce et de manufacture, les productions brutes qui doivent élre soumises à un travail industriel quelconque pour avoir une certaine valeur. Premier, dans l'Écriture sainte, désigne celui qui donne l'exemple aux autres. Premier-né veut dire encore, dans V Écriture, te premier enfant mâle ; Dieu voulait sous l'ancienne loi qu'on lui offrit tous les premiersnés des hommes et des animaux. César prétendait qu'il vaut mieux être le premier dans une bicoque que le second à Rome. Beaucoup de personnes sont aujourd'hui de l'avis de César. HUHBEIT.

PRÉMISSES, terme de logique, qui sert de nom collectif aux deux premières propositions d'un syllogisme (du latin prmmissœ, formé de prœ, devant, et missus, envoyé). Ces deux propositions, dont la première s'appelle la majeure, et la seconde la mineure, ont reçu le nom de prémisses, parce qu'elles sont comme envoyées devant la troisième proposition, qui est la conséquence. « Dans la première des prémisses, dit Dumarsais, on cherche ce qui, de l'aveu de celui à qui l'on parle, a la propriété qui est en question. Dans la seconde, on fait voir que le sujet dont il s'agit, est un des individus compris dans l'exteoiioii de l'idée générale dont les indi-

vidus ont cette propriété : d*où Ton conclut^ dans la conséquence, que le sujet dont il s'agit, a la propriété qu'on lui dispute. Vous convenes que ce qui est chaud dilate l'air : or , le soleil est compris dans l'extension de l'idée générale de ce qui est chaud : donc le soleil dilate l'air, parce qu'il doit avoir les mêmes propriétés que ce qui est chaud. Puisque ce qui est, est, une chose ne saurait être et n'être pas; puisque le soleil est compris dans l'idée générale de ce qui est chaud, il doit avoir les mêmes propriétés en tant que chaud. » En prenant l'exemple choisi par Dumarsais,- les deux propositions : tout ce qui est chaud dilate l'air; or, le soleil est chaud, sont les deux prémisses, dont voici la conséquence : donc le soleil dilate l'air. — Si les deuxpréititsses sont vraies, et qu'on en convienne, on est forcé d'accorder la conséquence. Au contraire, si les prémisses, ou quelqu'une des prémiaseê est fausse, alors on doit nier la conséquence. Il n'est pas rare qu^unedetpréiftisses soit véritable à quelques égards, et fausse à quelques autres; alors la conséquence est bonne dans le sens où cette prémisse est vraie; elle est mauvaise dans le sens où elle est fausse. La conclusion d'un syllogisme ne doit jamais être plus étendue que les prémisses; celles-ci doivent même la contenir, et en même temps le faire voir, exemple :

n fant ftlmer e« qui ikmis rcad htmtu; Or, la ▼fita notu rend bcarm; Donc, Il faat aimer la ^

Ici la majeure comprend ce qui nous rend heu* reux, qui est le grand terme; la mineure comprend le petit terme, qui est la vertu; à l'aide du mqjren terme, qui est, il faut aimer, on rapproche les deux prémisses, et l'on obtient la conséquence, il faut aimer la vertu. Voy. Syllogisme. Cbamfaonag.

PRÉMONTRÉ (oïDti M). Les chanoines, ordre enseignant, intermédiaire entre les moines et les prêtres séculiers, furent établis vers le milieu du vni« siècle. Dans un concile que le pape Nicolas II tint à Rome en 1059, il abrogea l'ancienne règle de l'ordre pour lui en substituer une autre beaucoup plus rigide; mais, par l'Impossibilité d'assujettir tous les chanoines \ la même réforme, on se contenta d'ériger un certain nombre de leurs collègues en communautés, dont les membres respectifs durent habiter et manger ensemble : de là cette distinction entre les chanoines séculiers et les chanoines réguliers. Néanmoins, le relAchement de la disci- . pline étant sorvenu dans l'ordre régularisé, Ton

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itentit Turgence de recourir à des mesures d*une efficacité plus certaine. Un liomme d'illustre naissance, proche parent de Tempereur Henri Y, Norbert, natif de Santen, dans le duché de Clèves, alors simple eccl^iastique, derenu plus tard archevêque de Hagdebourg, et mis au nombre des saints après sa mort, brigua la gloire d*opérer cette nourelle réformation. Au diocèse de Laon se trouve un vallon désert et marécageux, qu'on nomme Prémoniré : c'est dans ce lieu sauvage qu'en 1130 saint Norbert rassembla quelques chanoines réguliers de Saint-Augustin pour les soumettre à des observances rigojureusement monastiques; sa règle, approuvée par Honoré n en 1136, fut confirmée dans la suite par plusieurs autres papes. Le nouvel institut, accessible aux deux sexes, s'accrut avec une prodigieuse rapidité. Fondé depuis moins d'un siècle, il comptait déjà mille abbayes, trois cents prévôtés, un nombre considérable de prieurés, et cinq cents communautés de filles; d'ailleurs, on comptait neuf archevêchés et sept évêchés dont les sièges étaient occupés par des chanoines réguliers de l'ordre. Be grands seigneurs, des dames de haute qualité, s'empressaient de s'y faire admettre : tels furent, parmi les hommes, le comte de Cappenberg et Othon son frère ; Henri, comte d'Arnsberg; Godef^i, comte de Namur; Henri, cousin de Louis le Gros, roi de France; Gui, comte de Brienne; Robert, cousin du roi d'Angleterre ; deux Hayton, l'un roi, l'autre prince d'Arménie; et, parmi les femmes, Ermesende, comtesse de Namur; Agnès de Pandemont, comtesse de Braine; Béatrice, vicomtesse d'Amiens; Anastasie, duchesse de Poméranie. Les évêques de Brandebourg, de Havelberg et de Ratzebourg étaient toujours pris dans Tordre de Prémontré : leur élection appartenait aux chanoines de ces églises, qui ne dépendaient point de leurs évêques, reconnaissant pour supérieur le prévôt de Sainte-Marie de Hagdebourg. Saint Norbert avait lié ses disciples par des prescriptions fort austères : ils devaient renoncer entièrement à Tusage de la viande, et jeûner pendant tout le cours de leur vie. Ces abstinences furent religieusement observées jusqu'en 1345, mais, par suite de justes réclamations , Nicolas IV (1388) et Pie n (1460) permirent d'en tempérer l'extrême rigidité. Les travaux apostoliques des prémontrés n'ont point été sans friiiU pour l'Église : ainsi, saint Norbert délivra les Pays-Bas des troubles que l'hérétique Tanquelin y avait causé», et plusieurs chanoines se distinguèrent par leur zèle dans la guerre contre les albigeois. — L*abbaye de Prémontré

nV>ffrait de remarquable qu'une grande cour, où l'on voyait rangés en assez bel ordre plusieurs corps de bâtiments destinés à loger les abbés qui se rendaient au chapitre général. L'église, de médiocre importance, renfermait les tombeaux bien exécutés de Gaultier, évêquede Laon; de Thomas etd'Eoguerrand deCouci. La bibliothèque, de vaste étendue, possédait une grande quantité de bons livres et quelques manuscrits curieux, entre autres un Juvénal, un Perse, un Suétone, un Jean de SalisberL — Il existait à Paris, au carrefèur de la Croix-Rouge, un collège de Prémontrés; en l'année 1661, Anne d'Autriche avait posé la première pierre de cette nouvelle fondation. E. Lavignx.

PRÉNOH (du latin prœnomen, formé deprœ, devant, et nomen, nom). Chez les anciens Romains, le prénom était, comme le dit son étymologie, un nom qui se mettait devant le nom de famille : les gens d'une condition libre avaient seuls le droit de prendre un prénom. Les jeunes gens ne recevaient un prénom qu'au moment où ils prenaient la robe prétesie ou virile, c'està-dire à l'âge de dix-sept ans. — On donnait ordinairement le prénom du père au fils aine, au second fils celui du grand-père, et aux suivants ceux des ancêtres de la famille. Suivant Cicéron, les prénoms avaient à Rome une sorte de dignité, et ils n'étaient donnés qu'aux hommes et aux femmes d'une certaine naissance. — Chez les peuples modernes, on considère comme pré^ noms, et avec raison, les noms de baptême qui précèdent les noms de famille; mais ces prénoms n'ont pas d'autre importance que de servir à faire distinguer les enfants d'une même famille, aussi bien que les personnes qui portent le même nom. Champagnac.

PRÉOCCUPATION, disposition mentale dans laquelle nous sommes tellement absorbés par une idée fixe que nous ne pouvons donner que peu on point d'attention à tout ce qui se passe autour de nous. Les idées qui déterminent le plus ordinairement l'état de préoccupation sont celles qui se rattachent à l'exercice de quelque passiou fovorite. Ainsi, la possession d'un royaume préoccupera ordinairement l'esprit d'un conquérant ambitieux; le désir de la vengeance et le moyen de l'accomplir absorbera toutes les facultés mentales d'un esprit haineux, vindicatif; la solution d'un problème sera la préoccupatipn ordinaire du géomètre studieux : Archimède, absorbé dans une solution de ce genre, ne s'aperçoit pas de la prise de Syracuse sa patrie. Cet état de préoccupation entraine nécessairement toujours celui qu'on nomme de distraction; et

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cependant, la distraction n^est le plus souTent qu*une sorte de vague dans mille idées qui se croisent sans ordre et sans suite dans la tête de Tbomme. L*efiFet de la préoccupation n*est pas d^ailleurs, comme on dit, d^altérer le jugement; elle peut le développer au contraire dans des limites incroyables sur ce qui en fait Tobjet; et quoiqu'elle précède ou accompagne fréquem* ment la folie, elle n*en est pas moins fréquemment aussi le signe ou lecacbet du génie, comme dans Texemple de Galilée, préoccupé de Tidée du mouvement de la terre, ou dans celui de Colomb, tourmenté par Tidée fixe de la découverte du nouveau monde. Nous croyons d'ailleurs que c'est fausser entièrement la vraie acception de ce mot préoccupation, que de le définir prévention d'esprii, comme beaucoup de dictionnaires. DiGT. 9B UL Goifv.

PRÉPARATEUR. Cette dénomination, qui indique quelqu'un qui prépare quelque cbose, s'applique à plusieurs arts, mais surtout aux arts chimiques et pharmaceutiques. Un préparateur çst celui qui fait des préparations chimiques devant servir à des expériences pendant le cours du professeur. Cette expression, d'abord généralisée, est devenue maintenant spéciale à l'homme qui prépare des expériences : cependant, elle peut s'étendre non-seulement à celui qui s'occupe d'expériences chimiques, mais encore, dans les mêmes circonstances, à tous ceux qui disposent avant le cours ce qui doit servir à la démonstration. Il n'y a vraiment d'exception que pour l'anatomle : le préparateur prend alors le nom de prosecteur. Cette fonction de préparateur exige des connaissances assez étendues, une grande habileté et surtout une extrême prudence, principalement dans les opérations chimiques. Trop souvent, malgré toutes les précautions, des accidents graves viennent interrompre ses travaux : heureux celui qui, en cessant ses fonctions, n'a pas à regretter un œil ou un membre ! quelquefois même une santé faible et délicate, résultat des exhalaisons nuisibles auxquels Il est chaque Jour exposé, est le seul fruit qu'il retire d'une jeunesse de dévouement et d'un travail environné de dangers. Nous pourrions citer des chimistes distingués qui ont été victimes de ces accidents, et à leur tête M. Dulong, qui, dans une seule expérience, a perdu un œil et trois doigts. On aurait tort de regarder la prépal^ation des cours, soit de chimie, soit de pharmacie, comme une chose très-simple, elle est au contraire hérissée de difficultés, et souvent les expériences ne réussissent pas , par des causes ou qui demeurent inconnues, ou auxquelles toute

l'habileté d'un homme ne saurait remédier. Les expériences de physique, tout en offrant moins de dangers, n'exigent pas moins de talent et moins dHiabitude. Dans ce cas-là, les instruments sont soumis à l'influence du temps, et l'on sait qu'il est à peu près impossible de faire des expériences électriques pendant un temps de pluie, l'air déchargeant les instruments presque aussitôt qu'ils sont électrisés. Nous ne donnerons point de règle générale sur les moyens de disposer les expériences : chacune exige des soins particuliers, un mode de manipulation différent; nous dirons seulement que l'habitude seule peut apprendre les modifications que l'on doit faire aux divers procédés, indiquées souvent d'une manière fort inexacte dans les ouvrages, et dont on ne peut reconnaître les inconvénients que par une pratique de chaque jour. — Dans tous les établissements publics où l'on fait des cours de chimie, il y a, outre le préparateur, des aides de laboratoire qui, sous la direction du prenûer, apprennent à manipuler, à monter des appareils et à préparer des produits qui doivent servir à la leçon du professeur. Le préparateur doit les surveiller avec soin, éviter de leur confier des opérations dangereuses, parce que la crainte ou le peu d'habitude pourraient leur occasionner quelquefois de graves accidents. Il faut donc à ce poste un homme grave, qui ne se laisse point entraîner par l'étourderie , qui n'agisse jamais sans mûre réflexion, qui remplisse ses devoirs, non point pour se débarrasser d'un travail pénible, mais par amour de la science à laquelle il s'est dévoué, et en soufpant que ce labeur doit contribuer k, son instruction et lui préparer peutêtre un avenir honorable. C. Faviot.

PRÉPARATION. C'est ce qui doit précéder une action, ce qui est nécessaire pour la bien exécuter. On conçoit combien cette acception peut être étendue; il y t hi préparation à la messe pour les prêtres et pour les laïques; elle consiste à appeler par des prières la bénédiction du ciel, avant Tun des plus grands mystères de la religion chrétienne; la préparation à la cooununion, autre acte de religion qui exige l'Ame la plus pure, la plus détachée des choses de ce monde. On pourrait dire que la confession est une préparation à la communion, puisqu'elle doit toujours la précéder; cependant, on applique davantage ce mot au recueillement que doit avoir, et aux prières que doit adresser à Dieu celui qui est convié à la sainte table. — Daos les arts, cette expression n'a pas tout à ftût la même acception ; elle indique, non point ce qui doit précéder un fait, mais le fait luiHaèBK : ainsi.

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les préparalioHê chimiques ou pharmaeeutiques ne sont autre chose que le trayail nécessaire pour obtenir des produits. — On emploie encore le mot préparaiiony en anatomie, pour désigner Tart de conserrer les pièces d*anatomie ou de pathologie. * Un grand nombre de physiologistes distingués se sont occupés des préparations anatomiques. Parmi les modernes, il faut citer MM. Duméril, Breschet, Jules Cloquet. Un temps tréf-chaud ou très-froid est celui qui con- Tient le mieux. Tout le monde sait que des cadavres sont restés enfouis dans les glaces, pendant des années entières, sans éprouver la moindre altération ; mais aussi, dès qu^on les avait placés dans un lieu où la température était au-dessus de zéro, la décomposition se manifestait à Tinstant même et marchait avec une rapidité effrayante, La dessiccation est un moyen préférable en ce que le corps peut alors se conserver pendant longtemps à Tabri de Thumidité sans éprouver de fermentation putride, surtout lorsqu'on a eu le soin de le recouvrir d*un vernis. Noos n*avons pas besoin de dire qu^avant de soumettre les pièces, soit à la dessiccation, soit à la macération dans les liquides, il faut avoir le soin de les nettoyer parfaitement, d*en enlever les matières grasses et les autres parties dont la conservation est plus difficile, peut-être même impossible, et d^iqjecter les veines et les artères afin que la pièce présente le plus possible sa forme naturelle. Un des meilleurs agents de conservation est le sublimé corrosif : U a le double but d*empècher la décomposition de la matière et sa destruction par les insectes. Ce n*est point te seul agent chimique qui jouisse de celte propriété : Talun, te sulfate de fer, le sel marin, et depuis peu la créosote, la partagent avec lui. Quant au dernier de ces composés, son emploi, qui de prime abord semblait devoir douner de très-heureux résultats, n'a pas répondu à ce qu*on en attendait, parce que la matière animale se dessèche beaucoup, et qu'elle présente une odeur très-désagréable 5 en outre, elle est toujours assez fortement colorée. — Il y a quelques années M. Bogros, aide d'anatomie à la faculté de médecine de Paris, indiqua un nouveau procédé pour les préparations anatomiques : il consiste à faire macérer les pièces dans un mélange de deux parties d'essence de térébenthine et d^une d'alcool, et à les foire sécher quand elles ont fait un assez long séjour dans ce composé. U parait que l'alcool s'empare de l'eau et que l'essence de térébenthine se combine avec le tissu adipeux. — Il est encore un art que Ton pourrait désigner sous te nom de préparation,

et pour lequel on a créé le mot taxidermie (v€iy.) : c'est cdui qui a rapport à la conservation des animaux avec leurs formes primitives et leur état naturel. Cet art tout nouveau a pris depuis quelques années un développement extraordinaire; et la dénomination ancienne d'em* pailleurê, que l'on donnait à ceux qui remplissaientde paille despeaux d'animaux écorchés, ne peut plus être appliquée aux savants qui maintenant nous oflPrent l'image frappante de la nature, et nous font connaître ces animaux étrangers dont la beauté et les formes extraordinaires excitent chaque jour notre admiration C. Faviot. PRÉPOSITIF, PaiPOSiTion . Les grammairiens qualifient de préposiiif tout mot qui sert à être mis avant un autre mot. Il y a aussi des lettres, des syllaf>bes prépositives : ce sont celles qui servent à être placées à la tête d'un mot. — Quant à la préposition, ce mot, qui se forme de deux mots tetins qui signifient mie devant, mie pour dominer, sert à marquer un rapport entre deux objets. La préposition ne signifie rien par elle-même, mais avec son complément ou régime, avant lequel elle est toigours placée, elle exprime la relation qui existe entre ce complément et ce qui précède. Cette partie du discours est, comme l'adverbe, un mot invariable, qui n'a ni genre ni nombre ; mais ces deux mots di£Fèrent en ce que la préposition est toujours suivie d'un régime exprimé ou sous-entendu, et que l'adverbe n'a point de régime. Les principaux rapports qu'expriment les prépositions sont desrapportsdelteux, de temps, d'ordre, d'union^ de séparation, d'exclusion, d'opposition, de but, de cause, de moyen. Nous n'avons point à donner ici le tableau général de ces diverses prépositions. Nous nous bornerons à en indiquer quelques-unes pour exemples. J, de, sur, marquent la place, le lieu : aller à Paris, sortir de Lyon, mettre un manteau sur ses épaules. J, de marquent aussi le temps et l'ordre : aujourd'hui à neuf heures ; je suis arrivé le premier de tous. Jveo est le signe de l'union : venez avec vos enfants. Excepté indique la séparation, l'exception, l'exclusion : il nous aime tous, excepté moi. Contre dénote l'opposition : se révolter contre ses maîtres. Envers, sur, désignent le but : charitable envers les pauvres, raisonnement sur la science, i'ar est évidemment l'indice de la cause ou du moyen : je l'ai fléchi par mes prières. Les prépositions sont simples ou complexes; simples lorsqu'elles s'expriment en un seul mot, comme avec, sans, par, pour, etc. ; complexes quand elles s'expriment en plusieurs mots, comme auprès de, au travers cte, loin de, etc. Lesprépo-

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Bitions contribuent beaucoup ft répandre Tharmonie et la clarté dans les tableaux de la porole; elles sont même si nécessaires que, sans elles, le langage n'offrirait que des peintures imparfaites. « n n*est, a dit un grammairien, aucun objet qui ne suppose Texistence de quelque autre objet avec lequel il est lié immédiatement : une vallée suppose des montagnes, et des montagnes des terrains moins élevés; la fumée suppose du feu ; et il n^est point de roses sans épines. Il faut donc que ces divers objets soient liés dans le discours comme ils le sont dans la nature; qu'on ait des mots qui expriment les rapports qui régnent entre eux, ce qu'ils sont l'un ft l'autre. » Gela montre l'utilité, la nécessité des prépositions ; et ce qui ajoute encore à leur importance, c'est qu'elles constituent une grande partie des beautés et des finesses d'une langue. Des savants se sont exercés sur l'origine des mots qui servent de préposition. Aucun de ces mots ne fut Jamais l'effet du basard ,* ils furent toujours formés sur des noms qui désignaient des objets relatifs au sens physique qu'offrent ces prépositions. Ainsi, par exemple, à, désignant un rapport de propriété, vient du primitif «e, qui daigne la possession ; sur, formé du latin super, vient du primitif Atip, qui désigne l'élévation. Toutes les autres prépositions, de quelque langue qu'elles soient, ont des origines semblables. Elles tiennent donc toute leur énergie du nom dont elles ont été formées, et dont dles représentent elliptiquement la valeur. Ainsi, sur, signifiant élévation, et se trouvant entre' les noms de deux objets, montre qu'il y a entre eux rapport d'élévation, que l'un est élevé relativement à l'autre. Ainsi, les prépositions, loin d'être de nouveaux mots ajoutés aux langues, ne sont qu'un emploi particulier de mots déjà existants. — Il y a des prépositions qu'on peut appeler inséparables. Ce sont celles qui sont placées à la tête des mots pour en diversifier le sens et en indiquer les rapports. Du seul verbe mettre, au moyen des prépositions inséparables et initiales, n'a-ton pas fait une foule d'autres verbes, comme admettre, démettre, commettre, transmet* ire, etc. — Nous ajouterons, d'après la remarque du savant Lai^uinais, que, dans plusieurs langues, les prépositions, c'est-à-dire les mots qui exposent les rapports entre deux objets, se placent, ou constamment, ou quelquefois, après les mots qui complètent l'expression du rapport : ce sont alors des post-positions. Mais l'auteur cité fait observer que si on les appelait esposants, ce terme conviendrait en tout cas et en toute langue. Chahpagnac.

PRÉROGATIVE. Ce mot, d'origine essentieUement aristocratique, sert à désigner les privilèges ou les avantages attachés à certaines fonctions comme à certaines dignités. Sous l'ancien régime, si fécond en immunités et en distinctions de toute sorte, chaque classe avait ses prérogatives spéciales aussi bien que chaque corps constitué; et, dans cet inextricable labyrinthe de privilèges, l'esprit le plus subtil avait souvent de la peine à se retrouver. Prérogatives du clergé, prérogatives de la noblesse, prérogatives de la magistrature et des parlements, etc., etc., c'étaient alors autant d'arches saintes, et malheur à la main profone qui osait y porter atteinte ! — Le niveau de l'égalité s'est abaissé victorieux sur toutes ces distinctions éphémères, sur toutes ces grandeurs factices, et l'égalité civile devant la loi, en les balayant toutes, n'a laissé debout que quelques prérogatives purement honorifiques, innocent hochet avec lequel jouent encore quelques âmes candides, qui n'inspire plus ni crainte ni jalousie, et n'éveille tout au plus que l'ombrageuse susceptibilité de nos bourgeois parvenus ou de nos marchands enrichis. — Eu perdant, en ce qui concerne les classes aristocratiques, la plus grande partie de son importance, prérogative en a acquis une nouvelle par l'établissement du gouvernement représentatif, car nous avons aujourd'hui la prérogative royale. On entend par là les droits, les pouvoirs et les honneurs que la constitution accorde au roi. — Dans un gouvernement représentatif sainement entendu, sagement appliqué, la prérogative est, sans contredit, le plus beau fleuron de la couronne. C'est, en effet, le droit exclusif d'initiative, le droit de paix et de guerre, le droit exclusif de^refus de sanction, le pouvoir exécutif tout entier, etc., etc. La restauration, sur laquelle on a amassé, à tort et à travers, tant de griefï. conserva jusqu'au â5 juillet 1850, sous l'empire d'une charie octroyée et comme conséquence nécessaire et forcée de l'octroi de cette charte, la plénitude de la prérogative royale. — Mais la révolution française de juillet survint, qui changea les principes, altéra, tout en voulant la sauver, la vérité du gouvernement représentatif, déplaça les bases, et transporta le gouvernement du pouvoir exécutif au sein des chambres. Le droit d'initiative accordé par la charie de 1850, simultanément au roi et aux chambres, n'a , en effet, d'autre résultat que d'annihiler la prérogative royale, et de confier, dès lors, l'action gouvernementale, la puissance et la direction à des chambres mobiles, temporaires, passagères, sujettes aux fluctuations d'une majorité incer-

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taioe et flottante, et de détruire ainsi Tunité et la précision, iMges premières et indispensables de tout pouvoir qui yeut un avenir. — Cette étrange perturliation des principes les plus simples et les plus usuels en droit public, a donné naissance à une nouvelle prérogative, la prérogative parlementaire. Née d^hier, celle-là se montre plus flère et plus Jalouse de ses privilèges que ses aînées : ce serait une haute folie que de songer à lui contester son existence ou ses droits; et, pour être vrai, il fout bien ajouter que ce serait un acte de barbarie : pourquoi ravir à tant d'bonnétes députés inoffénsife la précieuse marotte dont ils ont foit pompeusement Tancre du salut du pays! Guillembtbau.

PRÉSAGE, signe bon ou mauvais par lequel on argue d*un pressentiment de Tavenir : ce mot vient du latin prœeagium ; il est composé de prœ (d^avance) et de sagio (Je pénètre, Je sens). Les Grecs, imitateurs des devins d^Égyple et de Cbaldée, donnèrent à cette superstition les noms de oi&nisma et de kiêdôn : le premier vient de oiônoê (grand oiseau), parce qu'ils consultaient le chant ou le vol de ce quasi habitant du ciel, et le second de kétadoê (bruit), lorsque le présage était tiré de quelques paroles ou de quelques rumeurs vagues. Aussi Horace, dans son Hymne séculaire, recommande aux Jeunes hommes et aux jeunes vierges Ufavere Itnguiê des prêtres d*Apollon et de Diane, c'est-à-dire de garder le silence. Les Romains renchérirent de beaucoup sur les Hellènes dans Tart de Toionoscopie ou Inspection des oiseaux, art futile et vain qu'ils tenaient des Étrusques, chez lesquels l'avait nationalisé un certain Tagès, être mystérieux, Étrurien d'origine. Quand le présage se tirait des lèvres ou des paroles, ils l'appelaient omen, de 08 (bouche); si c'était des entrailles de la victime, aruspicium (aruspice); si c'était des volatiles {auêpicium et augurium) (auspice, augure) : de là ces derniers mots sont devenus chez les modernes synonymes de présage. Les fils du Latium, lors de leur conquête de la Grande-Bretagne, y laissèrent avec leurs rites le nom d'omen, qui est le nom usud chez elle, aujourd'hui elicore, pour signifier un pronostic fovorable ou funeste. Shakspeare dit :

Pomtrat, thoa bloodj prison VbuI aocl ominoÊU to noble peers !

« 0 Pomfret, ta prison ensanglantée est fatale, et de mauvais augure aux nobles pairs ! »

Les anciens tiraient encore leurs présages de certaines voix Invisibles qu'ils pensaient être ceUes des dieux; des voix humaines, des tinte-

ments d'oreilles : comme chez nous, cet accident subit et momenté annonçait que quelques tongues absentes, bonnes ou malignes, devisaient à l'instant même sur notre compte. Ainsi que chez nous encore, l'éternument avait quelque chose de mystérieux ; celui du matin n'était pas fovorable, et il était ordinairement accompagné d'un souhait de la personne présente; c'était notre « Dieu vous bénisse! » Toute^is, Properce est dans le ravissement de ce que l'amour éternua sur le berceau de sa Cynlhie. Dans notre civilisation , c'est un bon présage pour les femmes si le nouveau Jour de l'année c'est un homme d'abord qu'elles voient et qu'eUes embrassent. Chez les Grecs et les Romains, elles redoutaient en ce même Jour hi vue d'un nain, d'un être contrefoit et surtout celle d'un eunuque; l'aspect d'un lion altier, des fourmis inteUigentes, des abeilles laborieuses, était un pronostic des plus heureux; l'aspect du serpent qui rampe, du loup et du chien qui hurlent, était du plus triste augure. Mais ceux qui, avec le sage de Virgile, mettaient sous les pieds le vain bruit de l'Achéron avare, Jetaient un œil dédaigneux sur ces pauvretés, sur ces foiblesses de l'esprit humain. Cotta disait que c'était offenser la majesté des dieux que de vouloir sonder, à force d'observations si folles et si ridicules, leurs décreU immorteb; Cicéron ne savait comment deux augures pouvaient se rencontrer dans les rues de Rome sans rire; et une charmante plaisanterie du grave Caton confondit un supersUUeux qui accourait tout tremblant lui annoncer que les rats avaient, la nuit, mangé ses souliers : «Ce serait bien un autre prodige, lui répliqua l'illustre censeur, si mes souliers avaient mangé les rats. » Nous ne mettrons pas au rang des superstitions cette belle formule des Latins inscrite à la tête des actes publics : Quod felix fausium fùrlunatumque sitl Que cela vous soit heureux, favorable et fèrtuné! Combien cette formule païenne devait être touchante aux autels des dieux lorsque le prêtre plaçait sur le front de la vierge romaine le bandeau si chanceux de l'hymen ! On l'a conservée dans la formule Par la grâce de Dieu, qui précède quelques-unes des chartes françaises. Chez les modernes, une salière répandue sur la table foit pâlir certaines personnes; elle prédit, selon eux, quelque événement malencontreux ou sinistre; chez les anciens, cet accident annonçait une amitié rompue. Des tisons qui roulent de l'fttre sur le plancher présagent des visites; les pétillantes étincelles ^ul se dégagent de la mèche de la chandelle, des nouvelles, des lettres. Les ten-

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dres TillageoUes, pleurant Tâbsence de leurs amants, à la veUiée, tournent souvent les yeux yers la lampe. Celle de la jeune épouse de Pœtus, dans Properce, ne lui dit que trop sou malheur. Beaucoup de gens, pour tout au monde, ne mettraient pas une chemise le vendredi, ou sortent de table quand ils voient treize couverts. D^autres sont inquiets, si, comme au bon la Fontaine, il leur arrive de mettre le matin un bas à Tenvers. Dans Tlnde, si une pie, de son aile, frôle votre vêtement, dans moins de six semaines, vous, ou quelqu*UQ de votre famille, mourrez, assurent les naturels du pays. Dans Tlle de Bornéo, le vol et le cri des oiseaux, ainsi que dans Tautique ttrurie, sont des pronostics. Qui croirait que ces terreurs d*enfants , plus vaines que les vaines ombres, ont plus de prise sur les grands génies, les ftmes les plus fermes, que sur le vulgaire. Auguste, le maître du monde, le spirituel Henri III, Tallière Hédicis, et ce Napoléon, à rftme de fer, duquel sa mère disait qu*elle lui avait mis un boulet dans la poitrine au lieu d*un cœur, étaient tous sous cette puérile influence. Ces âmes fortes, si faibles par moment, sont un témoignage d*un Dieu qui tient dans ses mains nos frêles destinées, et le fil de chacune de nos actions, dont cependant 11 nous laisse libres. . Ces génies se sentent étreints dans leur volonté, si ferme et si puissante, par une volonté surnaturelle : c*est ce qui fait qu*à chaque pas dans leur vie inquiète, ils craignent et tremblent, attestant ainsi à Tunivers, malgré la révolte de leur orgueil, quUls ne sont que le roseau penêanl de Pascal, que courbe et peut rompre le moindre soufHe d*en haut. Diififi-BAioii .

PRESBOURG (en latin Posonium, ou mieux Piêonium, en hongrois Poêony ), ville de Hongrie, dans le palatinat du même nom, située par 48» 8' de Uit. N. et 14o 15' de long, or., sur un plateau élevé d'environ 150» au-dessus du niveau de la mer. Elle est assise dans un site pittoresque sur la rive gauche du Danube, qui a en cet endroit une largeur de âSO», et qui f6rme dans son cours plusieurs jolies îles. Au loin, le paysage est encadré par les hautes montagnes des Karpathes. Presbourg, y compris le faubourg de Blumenlhal et les bourgs de Zuckermandel et de Schossberg, renferme à peu près 57,000 âmes, dont 8,000 luthériens et 3,000 juifs. Son commerce est dans un état complet de stagnation, quoique favorisé par la navigation à la vapeur sur le Danube , et par 7 foires qui s'y tiennent annuellement; son industrie se borne â quelques manufactures de soieries, de draps, de cuirs, de tabacs, de liqueurs , etc. Hais la vie y est facile

et agréable. Presbourg est à 13 lieues seulement de Vienne, à laquelle elle se trouvera rattachée, de même qu'à Tyrnau et Raab, par un chemin de fér. On compte dans cette ville dite royale 14 églises, dont 1 S catholiques, et plusieurs couvents d'hommes et de femmes. La cathédrale, oïl a lieu le couronnement des rois, est d'une beUe architecture gothique. Les autres édifices remarquables sont le palais du prince palatin, le vieil hôtel de ville, qui fut engagé aux Juifs en 1388, etc. L'Académie royale possède deux facultés, une de jurisprudence, l'autre de philosophie; il y a en outre une chaire de langue grecque, et une de langue hongroise. Elle est fréquentée par 300 élèves. On trouve encore à Presbourg un gymnase catholique confié aux bénédictins, des écoles normale et municipale, un lycée prolestant avec une importante bibliothèque ; celle du comte d'Appony est ouverte au public. On voit à quelque distance de Presbourg la plaine de Rokasch, où s'assemblait la nation hongroise pour élire ses rois.

L'origine et le nom de Presbourg remontent jusqu'à l'époque romaine, où des historiens nous parlent du lac Pêiso, qui existait dans son voisinage. La ville, peuplée en partie plus tard par des colons allemands, devint une place frontière Importante, et partagea toutes les vicissitudes des guerres que les rois de Hongrie firent alors à la Bohême. Aussi obtint- elle beaucoup de privilèges et fut souvent le siège des diètes. Le burgrave de Presbourg fut le dernier des grands barons de l'Empire revêtus de fonctions en Hongrie. Quand les Ottomans eurent conquis la moitié de ce pays, Presbourg devint la première ville du royaume. C'était là que les rois se taisaient couronner, et la ville était en même temps le siège de toutes les autorités, y compris le primat. A Presbourg fut tenue, le ir sept. 1741, sous Marie-Thérèse, la fameuse diète hongroise qui sauva l'héritière des Habsbourg. Aujourd'hui, Pesth, Bude, Debreczyn remportent sur Presbourg, soit en importance officielle, soit en population. Cependant, bien qu'en 1784, Joseph II eût transporté à Bude le siège du gouvernement, il s'y tint encore des diètes où les rois se firent couronner. Si Presbourg eut peu à souffrir, en 1805, de la guerre avec la France, il n'en fut pas de même en 1800, où la brillante défense de sa tête de pont lui attira les horreurs d'un bombardement. En 1811, le château fût complètement ruiné par un incendie.

Presbourg est encore célèbre par la paix qui y fut signée entre la France et l'Autriche, le 36 décembre 1805, aprèa la UtaiUe d*AuaterUU.

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Praoçoit n, empereur d*AUeiiiagDe, dut céder au royaume dltalie la partie de ritat Ténitien qu'il avait acqulM au traité de Lunérille; à la Bavière, le Tyrol, le Yorarlberg, £icbst»dt, Passau, etc.; à Bade, Constance et une partie du Brisgau; au Wurtemberg enfin, les villes du Danube et quelques fractions de la Souabe autricbienne. Par forme de compensation, Napoléon incorpora la principauté de Salxbourg à TAu* triche, et la Bavière abandonna Wurtzbourg à rélecteur archiduc Ferdinand. Ensuite Napoléon donna le margraviat prussien d*Anspach à la Bavière, et reçut le duché de Berg qu^il unit à celui de Clèves pour en doter son beau-frère Hurat (30 mars 1800). L*empereur reconnut comme rois les électeurs de Bavière et de Wurtemberg, et accorda aussi la pleine souveraineté au nouveau grand-duc de Bade. Le 1«r juillet, remplre d'Allemagne fut déclaré dissous ; et le 13, la confédération du Bhin fut proclamée à Paris. Les Français évacuèrent alors TAutriebe, qui dut regarder Tlsonzo comme sa frontière du royaume dltalie. La Nourais.

PBESBTOPIE (preêhytie) , vice de la Vue qui ne permet point de distinguer aisément les objets rapprochés, tandis qu'on voit sans peine ceux qui sont loin de nous. Le point de vision pour les objets fins, chez les personnes Jouissant de toutes leurs facultés, est communément à 15 ou 90 pouces de l'œil : les presbytes ne voient distinctement qu'à 50 pouces, et même plus. La presbytie se manifeste presque toujours par quelques prodromes. Au commencement, les malades se plaignent d'un manque de lumière, ils ne peuvent distiriguer les couleurs à la distance ordinaire 'y les objets leur paraissent plus petits et èomme agglomérés ; ensuite, le fèyer s'éloigne beaucoup de l'œil, et, chose singulière, les presbyopes, qui recherchent une lumière très-intense, ont coutume, le soir, lorsqu'ils lisent, de placer le doigt entre la chandeile et l'œil. — Ce vice de la vue s'aggrave continuellement à mesure qu'on avance en âge : cependant, il ne va Jamais jusqu'à atteindre l'intensité de la myopie. Quand la maladie est à son apogée, les presbyopes peuvent ordinairement distinguer des objets assez ténus à une distance fort éloignée, lorsque ces objets sont un peu colorés : ils ne peuvent pas, pourtant, voir distinctement les objets toutàftdt petits. —-La cause prochaine de la presbytie doit èlre attribuée à la trop petite réfraction que les rayons lumineux éprouvent en entrantdans l'œil; de là, il arrive que l'image des objets tombe par derrière la rétine, et qu'on ne peut les voir si on neleséiolgue^Bo «£fet,ies rayons se rapprochent

d'Autant plus vite du foyer de la rétine que Tobjet d'où ils partent est phis éloigné, parce que les rayons lumineux qui parviennent à l'œil sont moins divergents. Le trop peu de réfraction des rayons lumineux provient d'une diminution dans la convexité de la cornée et du cristalin i c'est ce que Ton trouve fort souvent chez les vieillards, et très-rarement avant l'âge de 40 ans,

— Bans un âge avancé, il y a une grande dimi-« nutlon de vitalité dans les organes; la cornée et le cristalin s^eu ressentent tellement, chez beaucoup de personnes, que ces organes ne réfractent pas assez les rayons lumineux : ce qui occasionne la difformité dont nous nous occupons. Les matelots, les chasseurs, les cochers, sont très-exposés à cette affection, par suite des efforts qu'ils font pour distinguer de loin les objets. La presbytie peut être aussi symptomatique, comme dans la synéchie et l'hydrophtalmie, qui naissent d'une trop grande accumulation de l'humeur aqueuse. — La presbytie ne se guérit Jamais: son traitement n'est que palliatif, et ne s'obtient qu'en recourant à des verres convexes. Un grand soin doit guider dans le choix qu'on en fait : il faut savoir y faire adapter un fèyer con. venable. Mieux vaut cent fois commencer par des numéros faibles que de se laisser séduire par les marchands, qui oflFrent presque toujours des numéros trop forts, afin de flatter l'acheteur en le faisant bien voir : il en résulte quelquefois une augmentation de presbytie telle que le malade ne trouve plus de verres convenables, et se voit privé de la foculté de Ure. Les verres dont on fera choix doivent être tels que le presbyte puisse voir très-distinctement les objets à une distance de 15 à 20 pouces, sans qu'ils grossissent le moins du monde. U ne faut changer les verres que tous les cinq ans, et même plus tard s'il est possible : la matière qui les compose doit être d'une teinte tt d'un poli uniforme. D'. Caiion du YillaibsI

PRESBTTBBE, maison située près d'une église paroissiale, et servant de logement au curé. Anciennement , l'on nommait ainsi le chœur des églises parce que les prêtres seuls avaient droit d'y prendre place: la nef était pour les laïques.

— Pans saint Paul, le pre$bxtère signifie Tas* semblée des prêtres. X.

PESSBTTÉBIENS et PURITAINS. Le premier de ces noms, qui vient de preshyterium (nptve^^c, les plus âgés, les anciens), s'applique à une secte fondée vers 1500, en Ecosse» par John Knox, sur le modèle de l'Église calviniste de Genève, et devenue dominante dans ce premier pays. Ses doctrines en matière de foi sont à peu près celles de l'Église anglicane } mais elle eq

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diffère complètement sous le rapport de la discipline. Dans son organisation démocratique, elle proscrit toute distinction hiérarchique entre les ministres du culte. Le gouyernement spirituel, le pouvoir d*ordination, appartiennent exclusivement aux assemblées dites presbxières, composées des membres du clergé, égaux entre eux, et des anciens. L'Église nationale d*Écos8e {Kirk) se divise en 69 presbytères. En 1680, le roi Jacques, sa famille et le peuple d'Ecosse adhérèrent solennellement à la religion presbytérienne. Cependant, dans les dernières années de son règne, ce prince essaya de rétablir dans ce pays Tépiscopat, dont il avait admiré la splendeur en Angleterre. Charles I*' continua sans succès cette tentative de réaction, et Ton sait la part active de l'Église d'Ecosse dans les troubles qui amenèrent la première chute des Stuarls en 1640. La restauration proscrivit le culte presbytérien ; mais à l'avènement de Guillaume III sur le trône d'Angleterre, l'Ecosse, en reconnaissant la souveraineté du prince d'Orange, stipula expressément l'existence de son Église comme Église nationale; et, depuis cette époque, tous les souverains de la Grande-Bretagne, en montant sur le trône, prêtent le serment de maintenir l'Église presbytérienne dans tous ses droits, privilèges et immunités. Cependant peu à peu le pouvoir temporel gagna du terrain, et une loi de la reine Anne attribua à l'État et aux propriétaires le droit de présenter les ministres aux charges vacantes, droit qui Jusque-là avait appartenu aux congrégations. Bu reste, le ministre ainsi présenté était soumis à un examen et à une enquête touchant son instruction et ses mœurs, et n'était admis qu'après cette épreuve. En 1854, l'assemblée générale de l'Éc^se presbytérienne, qui se réunit chaque année, et dont les membres sont élus par tous les pasteurs, passa un acte connu sous le nom de yeio act, en vertu duquel les presbytères devaient, avant de prononcer sur la capacité d'un ministre présenté par un patron , le souiqettre à l'élection de tous les chefe de fomille de la paroisse. Les tribunaux civils refusèrent de reconnaître la légalité de cette résolution, qui mettait le droit de patronage de l'État et des propriétaires à la merci de l'élection populaire. La question fut portée devant le tribunal suprême et la chambre des lords, qui se prononça pour les cours civiles contre les cours ecclésiastiques. Les pasteurs nommés par les patrons et confirmés par la chambre des lords furent à leur tour suspendus de leurs fonctions par rassemblée générale de TÉglise, et ce fut ainsi que s'é-

tabUt la hitte qui abouUt, le 18 mai 184S, à la scission d'une partie de l'Église presbytérienne d'Ecosse avec l'État, et à sa constitution en Église libre, sous la direction d'un modéraieur, le docteur Chalmers. A la suite de cet événement, le ministère annonça qu'il présenterait un projet de loi destiné à opérer une réconciliation.

Il y a aussi en Angleterre et en Irlande des presbytériens, qu'il ne faut pas confondre avec ceux d'Ecosse. C'est une classe de diêsidêntê qui se rapproche beaucoup de celle des indépet^ dants et des puritains.

Ces derniers furent ainsi nommés parce qu'ils faisaient profession de suivre la parole de Dieu dans toute sa pureté, et en opposition avec toute autorité humaine. On les appela ailssi d'abord non-conformistes, parce qu'ils refusaient de se soumettre à la liturgie établie par Edouard YI, professant l'opinion que la forme du culte et de la prière doit être libre. Sans nier absolument, comme les presbytériens , le pouvoir des évoques, ils leur préféraient les doyens et n'admettaient que ce degré dans les ordres avec celui de prêtre. Née dans l'exil et parmi des protestants anglais réfugiés à Francfort, sous le règne de Marie Tudor, la secte des puritains qui combattait l'autorité absolue que la couronne s'était attribuée dans les matières ecclésiastiques, fut persécutée par Elisabeth. Jacques W ne les traita pas plus favorablement Alors commencèrent (1620) ces émigrations de puritains dans l'Amérique du Nord, qui se multiplièrent les années suivantes et influèrent si puissamment sur le gouvernement, les mœurs et les croyances du peuple auquel elles donnèrent naissance. roX» ÉTATS-UlfIS.

Quoique Cromwell fût de la secte dtA indépendants, dont la doctrine, rapprochée de celle que nous venons d'exposer, était que chaque congrégation doit se gouverner à son gré en matière de ft>i, la révolution , religieuse autant que politique, consommée par lui n'eut pas de prosélytes plus ardents, de soldats plus intrépides que les puritains. Ils donnèrent le ton à cette époque, et la restauration Ait non-seulement le signal d'une persécution légale commencée dans Vacte d'uniformité (1662) et continuée, sauf quelques intervalles, Jusqu'à l'avènement de la maison d'Orange, mais encore d'une révolution morale contre l'influence puritaine. En 1689, le bill de tolérance ouvrit pour eux, comme pour les autres non-confôrmistes, une série de mesures, complétée de nos Jours par la suppression des actes de corporation et du test, et destinées, sinon à établir entre toutes

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les sectes une égalité absolue, du moins à efllicer des distinctions odieuses introduites à des époques de ftinatisme. — Le docteur Neale a donné, en anglais , une Hiêioire des puriiains, 5 yol. in-8o, qui a été abrégée par Parsons ; nous n V Yons pas besoin de rappeler le roman de W. Scott (vciy.) qui, dans la trad. française, a emprunté son titre à ces sectaires. EATiitT.

PRESCIENCE, connaissance certaine et infeillible de ravenir. Une des vérités que la révélation nous enseigne est que Dieu a de toute éternité connu tout ce qui arrivera dans la durée des siècles, soit les événements qui dépendent des causes physiques et nécessaires, soit les actions libres des créatures intelligentes. Sur cette connaissance de Dieu est fondée la certitude des prophètes. Aussi Tertullien at-il eu raison de dire que la prescience de Dieu a autant de témoins qu*elle a fermé de prophètes. Il n*est pas possible de concevoir en Dieu une providence, à moins qu*on ne lui suppose une connaissance parfaite de Ta* venir et des actions libres de toutes les créatures. Saflscela, cette providence se trouverait à chaque instant déconcertée dans ses desseins et arrêtée dans Texécution de »t» volontés par les actions imprévues des hommes. On ne pourrait plus lui attribuer la toute-puissance, encore moins Timmutabilité ; Dieu serait obligé de changer continuellement ses décrets, et d'en former decontraires parce qu*il rencontrerait à chaque pas des obstacles qu*il n*aurait pas prévus. Cette pre$eience de Dieu ne nuit en aucune manière à la liberté de Thomme. Dieu a voulu que Thomme fût libre, afin qu*il fût capable de mérite et de démérite, digne de récompense et de châtiment. Dieu contredirait ce décret, s*il en faisait un autre, incompatible avec celte liberté, et s'il usait de sa toute-puissance pour détruire ce qu'il a sagement établi. La prédesUnaiion (cc^y,) est fondée sur la prescience de Dieu, et sur ce que tout l'avenir lui est présent. On doit , dit Halebranche, admirer la profondeur de la preêcience et de la sagesse de Dieu, qui, en imprimant le premier mouvements la matière, a prévu toutes les combinaisons possibles que pouvait avoir cette première impression pour des siècles infinis.

PRESCRIPTION. Dans l'ordre naturel, les biens ne sont le domaine exclusif d'aucun être en particulier, c'est le lot. commun sur lequel vit la création. Sous cette loi, être propriétaire, c'est posséder à l'occasion et à due concurrence d'un besoin présent. Là, tout se réduit donc au foit de simple possession ; foit réel, et dont la loi civile a considérablement accru la portée lorsqu'elle Ta fait aboutir au droit de protpriété. Le droit de

propriété, c'est donc le droit du possesseur dé^ mesurément agrandi ; c'est la possession prise pour point de départ. De là vient que la possession forme présomption de propriété au profit du détenteur ; et c'est parce que le droit d'appropriation est un droit d'institution civile que le fait de la possession n'a jamais pu valoir que comme présomption, comme indice. — Deux circonstances sont, dans notre droit civil, attributives du droit de propriété : ce sont le titre joint à la possession, et, à défaut de titre ou de qualité sufltonte, le temps joint à la possession ou longue possession. — La longue possession, ou usage exclusif pendant un certain temps d'un objet déterminé, constitue donc un moyen d'acquérir la propriété des choses qui peuvent tomber dans le domaine particulier. D'où l'on voit que la prescr^/<(m, ou longue possession, est un fait complexe, et qui, loin d'être d'ordre naturel^ ainsi que le prétendent Yatel, Grotius et quelques autres qui ont écrit sur le droit des gens, est un fait d'institution civile qui prend bien-^on point de départ, la possession dans l'ordre naturel, mais dont l'un des éléments, le temps, accroît, détermine la valeur d'appropriation : or dans l'ordre naturel, le temps n'a par lui* même, on le reconnaît, aucune vertu d'appropriation .--La définition que nous donnons de la prescription est confirmée par la loi civile, qui ajoute seulement que ce fait constitue aussi un moyen de se liiférer,— Nous ne nous arrêterons pas à démontrer que se libérer par le seul effet du laps de temps, sans bourse délier ^c^esiéUinûre sadelte sans la payer; c'est, en définitive, ajouter la chose d'autrui, une créance, à son avoir; c'est acquérir : doctrine qui s'applique aux déchéances de toute sorte, lesquelles constituent de vraies modes d'acquisition indirects. La difinition légale eût donc pu, sans inconvénients, être bornée aux termes de l'article 713 du Code civil ; je laisse de côté le point très-contestable de l'utilité des définitions en matière législative, circonstances dont l'esprit de chicane abuse toujours, et qui sont loin d'offrir les avantages d'une spécification bien réglée. — Il peut être utile de rechercher, à l'occasion de la prescription, par quelle filiation d'idées le législateur a été conduit à mettre en même ligne la possession jointe au titre et la longue possession. Cet exposé se lie à la détermination des principes qui régissent la matière. — L'utilité qu'on retirera d'une chose, son utilisation ^ telle est la fin de toute possession. On veut posséder dans un but d'usage déterminé : telle est aussi la fin du droit de propriété; la méconnaître > c'est porter atteinte au droit lui-

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même. — Or, t^Ue est la condidion de tout propriétaire qui ne cherche pas à ju$iifier en quelque sorte de soo droit d*appropriatlon sur une chose en faisant servir cette chose à ses besoins. Ce maître de la chose va contre rinstitutioo du droit de propriété ; après avoir exclu autrui de tout usage sur la chose appropriée, voilà qu*il s*en interdit lui-même Tusage. Or, le bien sur lequel il n*existe aucun fait d*usage exclusif cesse à rinstant même d*être une chose propre : il tombe dans la masse des biens communs, lesquels passent aux mains de celui qui se mettra en peine de se les approprier sérieusement en les utilisant. Pour le propriétaire, un seul moyen existe de se conserver propre et bien approprié, VutUi» sation, A cette condition seulement, il reste investi d*un droit privée c*e8t-à-dire exclusif, sur les biens dont il a le domaine.— De ce principe, souverainement équitable et conforme aux lois de la raison, il résulte que le propriétaire qui, loin d*utiliser sa chose, cesse de la posséder, outre qu*en droit naturel il a perdu le privilège du possesseur, annonce par ces circonstances que cette chose est pour lui sans valeur, qu'il la délaisse et Tabandonne. D>ù il suit que c^est de son comentement qu'un propriétaire perd, par suite de- non-usage, son droit de propriété. Il ne faut pas dès lors que ce consentement ait dans sa manifestation rien d'équivoque ou (^incertain ; et les faits d'où l'on ne pourrait induire l'abandon volontaire du droit de propriété ne pourront, dans le droit civil, dépouiller l'ancien titulaire, et fonder par la voie de longue possession un nouveau droit d^appropriation. Telle est l'économie de la loi civile, qui met au nombre des circonstances équivoques les faits de violence^ de fraude, de êurpriâe, de tolérance et de pure faculté; lesquels faits, tenus pour suspects, Ticlent la possession, qui est l'un des éléments de la prescription. Puis vient la possession conférée à titre de fermier, d'usager, ^usufruitier, de dépO' siiaire, etc. ; circonstances indiquant que le propriétaire a entendu retenir le droit de domaine tout en modifiant l'exercice de ce droit. C'est cette possession, sans vertu d'appropriation, que la loi qualifie de possession équivoque, à titre précaire ( 3d90-3S36 ). Il fout en dire autant de celle qui e&i troublée par certains actes judiciaires, ou par des actes de jouissance de la part du propriétaire porteur du titre , actes qui prouvent qu'il est loin de consentir à se dépouiller de son droit, et qui constituent des interrup* lions efflcacesde la prescription. ^ Indépendamment de ces dispositions de la loi, et pour que Tintention d'abandonner puisse r^itlter du fait

de non-possêision pris comme signe de nonutilisation , il faut que ce fait ait duré assez longtemps pour qu'on puisse en induire le renoncementdu propriétaire. Par exemple, la nonpossession, jointe au défaut d'usage pendant 50 ans, permettra de croire que le propriétaire a renoncé à tout droit privé sur son bien. En conséquence le nouveau possesseur aura, en utilisant la chose pendant cet espace de temps, qu'il soit ou non fondé en titre, pourvu toutefois qu'il ne soit pas détenteur à titre précaire ou suspect (3t40- 3262), le nouveau possesseur aura feit cette chose sienne par cette longue possession. Cet espace de temps est borné à dix ans pour l'appropriation des Immeubles lorsque le possesseur et le propriétaire habitent dans le ressort d'une même cour royale; dans le eu contraire, il est fixé à 20 ans. Seulement, dans ces deux cas, le nouveau possesseur ne prescrira le droit de propriété qu'autant qu'originairement il a été portesr de bonne foi d'un titre en ferme (art. 2265-9267-2269) .—Pour ce qui est des principes qui régissent, non le fait distinct de la possession, mais la prescription en général, ils se réduisent aux suivants. On peut renoncer, soit expressément, soit tacitement, à se prévaloir de la prescription ; seulement, il faut qu'elle soit acquise, nul ne pouvant se lier d'avance à cet égard. Pour renoncer A ce droit, il faut être capable d'aliéner. — La prescription en matière civile est d'ordre privé et ne peut être suppléé par le juge. Elle peut être opposée en tout état de cause. L'État, les communautés, sont soumis aux prescriptions ordinaires, lesquelles, en général, ne courent pas contre les mineurs, les interdits, et sont suspendues entre époux tant que dure le mariage. — La prescription se compte par joute. Tous droits et actions se prescrivent par 80 ans à défaut de terme plus court assigné par la loi. Les arrérages de rentes, les loyers des maisons, les fermages , les intérêts, et généralement tout ce qui est payable par an ou à des termes périodiques plus courts, se prescrivent par 6 ans. Telle est la mesure de temps à laquelle sont soumis les effets de commerce, lesquels donnent lieu à une action qui est prescriptible par 5 ans. La prescription court du jour du protêt; et s'il n'en a pas été fait, du lendemain de l'échéance ou de la dernière poursuite juridique, tant qu'il n'existe aucun acte séparé portant reconnaissance de la dette ou condamnation. Les débiteurs seront néanmoins tenus, en cas de réquisition, d'affirmer par serment qu'ils ont payé et ne doiventrien . Il en est de même de ceux dont on réclame, soit le prix de fournitures, soit un salaire pour soins,

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louage de Irmll, etc., et qui, soiyant le cai et sauf répreuye du serment, peuvent opposer des prescriptions de six mois et dHin an. P. Coq.

Pbbscuption. Ce mol, outre son acception en Jurisprudence, est pris dans un sens général pour synonyme, ou à peu près, de précepte de masime. C*est ainsi qu*on disait : Vous ne tous conformez pas aux pr^êoriplionê de la sagesse, pour dire à ce que la sagesse commande, prescrit ; TOUS n*en obseryez point les maximes. On nomme prescriptions médicalee les ordonnances du médecin. Ce mot peut enfin s'appliquer en général à tout ce qui est prescrit ou commandé, soit à titre d'observations, de conseils, soit plutôt encore ft titre d'ordre ou d'ordonnances. — Tertullien a écrit au iii« siècle un ouvrage intitulé: Prescriptions contre tes hérétiques^ entendant par là ce qu'on nomme au barreau fin de nonfvcevoir, c'est-à-dire les raisons par lesquelles U est prouvé, sans entrer dans le fond des questions, que l'adversaire ne doit pas être admis à disputer; c'est ce que les controversistes modernes ont nommé préjugés légitimes contre les hérétiques. Z.

PRÉSÉANCE. On nomme ainsi le rang ou la place d'honneur que les usages re(^us assignent à certaines personnes ou à certains corps dans des circonstances données. 11 y a des préséances de droit et des préséances purement honorifiques, ou plutôt de politesse : les premières sont fixées par des règlements ad hoo ou des usages ayant force de lois : telle est la préséance des cours royales sur les tribunaux de première instance ; les préséances d'honneur appartiennent à l'Age, à la qualité, et se règlent d'après les usages de la civilité ou de la politesse. Ainsi, le jeune homme bien élevé cédera toujours le pas au vieillard; ainsi, la galanterie fait un devoir à chacun de céder toi^ours la préséance au beau sexe, etc. Z.

PRÉSENCE, existence d'une personne dans un lieu marqué. — On appelle droit de présence la rétribution accordée aux membres de certaines compagnies, de certaines associations lorsqu'ils assistent aux assemblées. On nomme dans le même sens jetons de présence les médailles qui représentent cette rétribution. — La présence d'esprit est cette vivacité, cette promptitude de Jugement, qui fait foire ou dire sur-le-champ ce qu'il y a de mieux à faire ou k dire. — Présence se dit aussi de Dieu, quoiqu'il ne soit contenu dans aucun espace. Dieu remplit l'univers de sa présence» « U y a, dit Fléchier, une présence intime que Dieu ftiit seuUr i l'Ame lorsqu'il se communique k elle avec plus d'abondance. » 4>ans le langage de la dévoliOAt ae mettre en

présence de Dieu, c'e^fconsidérer Dieu comme présent A ce que Ton va faire. — Dans le langage du droit, ce mot a diverses acceptions. On passe un acte par-devant notaire ou en présence de notaire. A la levée d'un scellé de mineurs ou d'absents, la présence ou l'assistance d'un magistrat est nécessaire. Présence se dit particulièrement, en jurisprudence, de l'existence d'une personne au lieu de son domicile; et quelquefois, surtout en matière de prescription, de la résidence habituelle d'une personne dans le ressort d'une cour royale.— /'rés^fice, en chimie, en médecine, existence d'une substance dans une autre. La chimie nous fait reconnaître la présence de l'arsenic dans les aliments. X.

PRÉSENCE RÉELLE. A l'arUcle Eucbaiistis, on a vu ce que l'Église enseigne concernant l'institution de la sainte Cène par Jésus-Christ. Regardée d'abord comme un acte purement symbolique destiné à rappeler les résultats de hi mission et de la mort du Sauveur, elle devint bientôt un mystère , un sacrement. Cependant la controverse s'exerça durant des siècles sur ce point de dogme; et les opinions n'étaient pas encore généralement fixées à cet égard, lorsqu'un moine de Corbie, Paschase Radbert, vint hAter la solution de la question par son traité De cerpore et sanguine Domini (S31). Il y enseigna qu'après la consécration, le pain et le vin sont le corps et le sang de Jésus-Christ, et que ce corps est le même que celui qui est né de la vierge Marie; d'où il conclut que le Sauveur est immolé tous les Jours réellement, mais en mystère, c'est-A-dire que l'Eucharistie est vérité et figure tout A la fois. Cette doctrine fut combattue par Raban Maur, Ratramne et Jean Scot Érigène, qui soutinrent que les éléments consacrés ne sont que des symboles, des gages de salut; mais la théorie de Paschase Radbert trouvad'ardents défenseurs dans Hincmar et Rémi d'Auxerre, Le savant Gerbert, depuis pape sous le nom de Silvestre II, conseilla de s'en tenir purement et simplement aux paroles de l'institution de la Cène. L'Église nUntervint dans ces disputes que vers le milieu du xi* siècle, en censurant' Bérenger de Tours , élève de l'évèque Fulbert de Chartres^ qui avait enseigné que le Christ n'est mangé que spirituellement. Cette censure fut confirmée l'année même par le concile de Yerceil. Plus tard, condamné de nouveau parles conciles de Rouen, de Poitiers, de Rome, Bérenger consentit A souscrire une nouvelle formule portant que par la consécration, le pain et le vin sont changés substantiellement en la vraie, propre et vivifiante chair et au sang de

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Notre-Seigneur, et noii*pa8 seulement en signe, en vertu, en sacrement, mais en propriété de nature et en vérité de substance. C*était bien là la théorie de la transsubsianiialion, mot inventé depuis par Hildebert de Tours, et il semble qu*après une décision aussi formelle, le dogme aurait dû être fixé. Il n*en fut rien cependant. On ne douta plus, il est vrai, de la transsubstantiation 'j mais on se divisa sur la manière dont elle s*opérait. Les uns prétendirent que la substance du corps et du sang de Jésus-Christ prenait la place de la substance du pain et du vin, et qu*il ne restait de ceux-ci que les accidents, comme le poids, le goût, la forme. Cette opinion triompha au concile de Latran de 1315, et dès lors fut rangée parmi les hérésies Topinion de Robert de Deutz et de Jean de Paris qui enseignaient que la substance du pain et du vin reste, et que celle du corps et du sang de Jésus-Christ s*y ajoute seulement. Cette théorie, connue sous le nom dHmpanation ou de oonsubaiantiaiion, fut adoptée par Luther; mais Carbtad t et Zwingle la rejetèrent ainsi que celle de la transsubstantiation, et ne voulurent voir dans la Cène qu*un acte symbolique. Calvin repoussa à son tour la théorie de Zwingle, et, prenant un moyen terme, il enseigna que les fidèles participent d*une manière spirituelle au corps et au sang de Jésus- Christ, admettant ainsi une union mystique du corps et du sang du Sauveur avec les symboles. De nos jours , sans parler des anabaptistes, des mennonites, des sociniens et des arminiens, qui n*ont jamais reconnu d*autre signification au sacrement de Teucbaristie que celle de nous retracer la mémoire de la mort du Seigneur, les Églises réformées en sont presque généralement revenues à la théorie de Zwingle. £. Haag.

PRÉSENTATION. C*est un de ces mots tellement connus qu*il serait absurde de vouloir les définir. On sait trop bien, hélas ! ce que c*est que la présentation d^une lettre de change, ce prosaïque quart d^heure de Rabelais, dont Tattente fait tous les jours pâlir les plus intrépides jusqu'au poète lui-même malgré son habitude et sa longue expérience. Nous en disons autant de la préêentation à la cour, de cette cérémonie qOi consiste à être présenté au monarque et à sa famille. — En termes de pratique , on appelle préBentation Tacte par lequel un procureur déclarait se présenter pour telle partie; on dit aujourd'hui constitution d*avoué. Présentation se dit encore du droit de présenter à une place, à un emploi, à un bénéfice : ainsi, on dira : Cette place est à la nomination du ministre sur la présentation du préfet.

PlÉSKNTiLTIOlf DE LA SAINTE VIBH6E, fètC qui

se célèbre dans l*Église romaine le 91 novembre, en mémoire de la présentation de la sainte Vierge au temple par ses parents. C'était un usage religieux , chez les JuifA, de vouer k Dieu leurs enfants, même avant leur naissance. L'Écriture nous en offre plusieurs exemples. Anne, femme d'Elcana, se voyant stérile, promit à Dieu, s'il la rendait féconde, de consacrer à son service Tenfant qu'elle mettrait au jour ; et cet enfant fut Samuel. Les parents, qui avaient fait un semblable vœu, conduisaient l!enfant au temple a vaut qu'il eût atteint l'Age de cinq ans. Ils le remettaient entre les mains des prêtres, qui l'offraient au Seigneur; puis, s'ils voulaient le racheter, ils payaient aux prêtres une certaine somme, sinon l'enfant restait dans le temple, et était employé au ministère sacré, à la confection des ornements, à tous les offices, en un mot, qui concernaient le culte de J>ieu. Or, une tradition porte que la sainte Vierge fut vouée à Dieu par Joachim et Anne, et conduite au temple de Jérusalem dès l'âge de trois ans. On ignore quel fut le prêtre qui la reçut; quelquesuns ont cru que c'était Zacharie. C'est cette offrande de la sainte Vierge au Seigneur que l'Église célèbre par la fête de la Présentation. — Cette fête est plus ancienne chez les Grecs que chex les Latins. Les premiers la célébraient dès le xip siècle sous le nom d^Entrée de la mère de Dieu au temple. Le pape Grégoire XI fit célébrer la fête de la Présentation dans l'Église romaine vers l'an 1573 ; et, dans le même temps, Charles V, roi de France, la fit soleoniser dans la Sainte-Chapeile de Paris. Hais elle fut presque oubliée dans les siècles suivants, jusqu'au pontificat de Sixte V, qui la rétablit en 1585. —Trois ordres de religieuses ont porté le nom de Présentation de Notre-Dame. Le premier fut projeté, en 16 j8, par une fille pieuse, appelée Jeanne de Cambrai ; mais il ne fut pas établi. Le second le fut en France, vers l'an 1627, par Nicolas Sanguins, évêque de Senlis; il fut approuvé par Urbain VIII ; mais il ne fit pas de progrès. Le troisième enfin fut institué, en 1664, par Frédéric Borromée, visiteur apostolique de la Valteline; il lui donna la règle de Saint-Augustin. X. PRÉSERVATIF. Ce mot ne se dit guère qu'en parlant des remèdes qui sont censés avoir la vertu de préserver de l'atteinte de maladies quelconques. Les préservatifs sont une des parties de la médecine sur lesquelles le charlatanisme s^est le plus exercé; et, toutefois, il n'y a guère de médicaments, s'il y en a un seul, qui mérite réellement ce titre, â l'exception du vaccin, con-

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lidéré comme préservatif de la petite Térole. Le plus paissant préservatif contre les maladies contagieuses résulte de la disposition particulière de Tètre moral, inaccessible à toutes les influences de la crainte , disposition qui, malheureusement, ne dépend pas de la volonté. Quelques tribus d'Afrique se chargent d'amulettes comme d'infaillibles préservatifs contre tous les accidents possibles, quoiqu'il n'y ait en tout ceci d'infaillible que la robuste f6i et la stupidité des croyants. — Préservatif s'emploie figurément comme dans cette phrase : La lecture est un excellent pré$ervatff contre Vennuù Z. PRÉSIDENT. C'est le Utre qui, dans l'ordre judiciaire , est attribué aux chefs des compagnies. On l'applique encore dans beaucoup d'autres occasions, et c'est, notamment, la qualification donnée à celui des membres des chambres législatives que ses collègues ont élu pour diriger les débats pendant le cours d'une session. L'ensemble des qualités nécessaires pour remplir l'éminente fonction de président de la chambre se trouve rarement chez le même personnage, et l'on a vu plus d'un homme distingué par de grands talents manquer de celui qu'exige une position si importante. Il faut être doué tout à la fois de la focilité d'élocution, de la rectitude du Jugement, de l'esprit d'analyse, de la noblesse du caractère, du sang-ft>oid qu'aucun tumulte n'étonne, de la fermeté à laquelle rien n'impose, et de la dignité qui commande l'attention et le respect. Il est rare, disons -nous, qu'un seul homme possède tant de belles qualités : le député qui en réunit le plus grand nombre est celui qui obtient plus longtemps les suffrages de ses collègues. — Bans un ordre moins élevé , moins éclatant, mais peut-être non moins utile, on peut placer les présidents d'assises. Au milieu des nobles attributions de la magistrature, c'est le poste qui semble plus spécialement attirer l'attention du public : aussi est-il ordinairement fort recherché, même par des magistrats qui ne se sont pas rendu compte des difiScultés que présente l'exercice des fonctions de président, et qui, parfois, ne remplissent pas toutes les conditions nécessaires. On ne pense pas toujours à la nécessité de joindre à certaines qualités extérieures, telles que la gravité de l'attitude et du geste, la force et la netteté de la voix, la rapidité et la sûreté du regard, d'autres qualités qui tiennent à la maturité de l'esprit et à la droiture du cœur : c'est ainsi que le président des assises doit montrer la bienveillance qui encourage, à l'accusé disposé à s'approcher de la vérité, et au témoin qui veut la dire tout entière; la fermeté

qui d^oue les calculs du mensonge, qui confond l'audace du crime, et les égards que peut réclamer une position malheureuse. Mais c'est surtout par l'impartialité la plus entière qu'il doit se distinguer : exempt de passions, il doit comprendre l'intérêt de la société, qui s'anéantirait par la tolérance du crime, et ne pas oublier, d'ailleurs, que la faiblesse humaine a besoin quelquefois d'indulgence. En un mot, si la modération du caractère, si la dignité du langage, des mœurs et du maintien, doivent être, en général, les attributs du magistrat, cette modération et cette dignité sont plus nécessaires encore aux présidents des compagnies, et spécialement aux présidents des assises, dont la tâche publique est de proclamer l'innocence en même temps qu'ils prononcent la punition des coupables. Autrefois, disent les auteurs, quand le roi nommait un ^Ttmief président f et même des prési» dents en général, il les choisissait ordinairement entre les barons : il allait du moins être chevalier, surtout pour pouvoir remplir la première place; mais, plus tard, on s'était départi de cette exigence : lorsqu'on était pourvu d'une présidence qui voulait le titre de chevalier, on était censé posséder ce titre, et lesprésidents à mortier étaient dans l'usage de prendre, dans fous les actes, la qualification de chevalier, en vertti de leur dignité , et lors même qu'elle ne leur appartenait point par la naissance.— Quand, après la chute des parlements , des tribunaux dépourvus de toute importance politique furent établis pour les remplacer, le titre de président, qui fut décerné par élection, et qui n'était plus que temporaire , perdit tout à la fois son éclat et ses attributions : la magistrature cessa presque d'exister, et si, parmi les nouveaux juges, il se trouva des hommes d'un mérite éminent, des hommes faits pour honorer les compagnies les plus illustres, si l'on continua à juger des procès, il faut bien avouer qu'en masse la magistrature, qui avait si longtemps fait la gloire de la France, ne subsistait, pour ainsi dire, pas même de nom. — Napoléon, qui réhabilita tant de gloires diverses, fut encore le restaurateuf des lois et de leur sanctuaire. Par un sénatus-consulte du 28 floréal an xii, il établit, d'abord, que les présidents de la cour de cassation, des cours d'appel et de justice criminelle, seraient nommés à vie par l'empereur. Quelques mois après , une distinction de costume leur fut assignée. Plus tard, le 30 mars 1808, un décM impérial régla les attributions des premiers présidents et des présidents des cours d'appel, aujourd'hui cours y aies, ainsi que des présidents et vicet-prést-

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dents des tribunaax de première insUnce. Inflo, et le 19 novembre 1808, sous le nom de préêidents des aisiseê, furent établis des magistrats qui, pris temporairement parmi les conseillers des cours impériales, furent chargés de la distribution de la justice criminelle. Dubaï».

PRÉSIDES. On connaît sous le nom de présides d'Jfriguê les différentes places ou forteresses possédées par TEapagne sur les côtes barbaresqués, et dans lesquelles elle tenait garnison pour se défendre contre les attaques des Mores» ses ennemis. Ces places servent encore de lieu de punition pour un grand nombre de condamnés, qui y sont entretenus sous le nom de preâidiario8, La peine de los pre$tdioe sUnflige assez légèrement, et souvent pour des fautes de trèspeu d'importance ; le moindre juge de village la prononce comme s*il ne s*agissait que d*une amende. En attendant que les pauvres condamnés puisent en appeler, de cette sentence, devant un tribunal supérieur, les uns vont languir dans des prisons qui leur sont destinées en divers lieux du continent de TEspagne; les autres, c*est le plus grand nombre, sont déportés en Afrique. « On y expédie tout le monde, dit le marquis de Langle , les officiers même ; pendant qu*ils rament ou quMls pèchent, leur service compte; en revenant des jt?résû^«^ ils reprennent leur rang.» On raconte qu*un personnage très-riche, condamné à cette peine Infamante, par Teffet d*une vengeance atroce , parcourait les rues portant des chaînes et un boulet d*or. Les meilleures maisons lui étaient ouvertes, et la honte dont on avait voulu le couvrir rgaillissait sur ses juges. L*établissement d'Oran, avant que cette ville fût tombée aux mains des Mores, et pkis tard au pouvoir des Français; ceux de Penon, de Yelez, de Ceuta et de Mellla étaient spécialement affectés à recevoir les deêteradoê ou exilés. Ceuta seulement en compte plusieurs milliers : les uns y subissent une peine analogue à celle du ban-nUsemetU; les autres y sont comme aux galères, car les délits les plus légers et les crimes les plus graves y exposent également. Ceux-ci ont la liberté des^occuper de leur métier, vont euxmêmes chercher du travail, ou servent dans une troupe particulière pour eux; ceux-là, nus et couverts de haillons, attachés deux à deux, chargés de lourdes chaînes et traînant un pesant boulet, sont employés à des travaux pénibles, traités comme nos forçâtes et gardés avec une vigilance extrême. Tous reçoivent un salaire égal, mais très-modique, que leur accorde le gouvernement Là sont eotasséf, à la honte de la raison, les uns pour un temps limité, les autres

pour toujours, les assassins, les scélérats de tontei espèce, les contrebandiers, les déserteurs, et d*autres malheureux t^và expient^ trop souvent dans cette cruelle et contagieuse coilmensalité de simples peccadilles , et même des délits politiques. Pendant les trente dernières années, les présides d'Afrique ont vu de grandes infortunes noblement soutenues, et plus d*un beau nom est venu honorer les registres de ces repaires du crime et de la douleur. Lorsque par hasard un de$terado a reçu sa grâce, il est obligé de Taocepter et de retourner en Espagne, quelque avantage qu'il trouve de continuer sa profession dans la ville d*où on le rappelle. La plupart de ceux qui reviennent des présides en sortent pires qu'ils n*y étaient entrés : ils y ont conltacté le goût de l'oisiveté et de la paresse , car on ne travaille nulle part moins que là , où le travail est exigé par le bâton ; et, sous prétexte d'être employés aux travaux publics, ils ne tout en réalité que fort peu de chose; corrompus encore par la compagnie des scélérats avec lesquels on les a renfermés , ils vont augmenter le nombre des pauvres et des vagabonds dont l'Espagne f6urmille. Parmi les réformes de tout genre que réclame ce malheureux royaume , celle des présides n'est ni la moins utile ni la moins pressante. Y. Ratixi.

PEÉSIDIAL, juridiction établie dans les principaux iMdUiages et sénéchaussées par l'édit de Henri II (janvier 1651). Le siège présidial se composait de neuf magistrats au moins, y compris les lieutenants généraux et particuliers, civil et criminel. Jusqu'alors, la compétence des tribunaux de première instance n'avait pas été fixée. Il importait de mettre un terme aux appels aux pariements, qui se trouvaient encombrés de causes d'une valeur minime. Un second édit du mois de mars de la même année créa trente-deux présidiaux dans le ressort du parlement de Paris; d'autres furent successivement institués pour les parlements de Normandie, de Bretagne^ de Languedoc, de Guienne, et en portèrent le nombre à soixante : les présidiaux de Lorraine ne fUrentcréés qu'en février 1685, ceux de Bourgogne en janvier 1696 ; les autres ont été éublis par Louis XIV et Louis XY. Leuf compétence avait été fixée par l'édit d'Henri U ; les présidiaux jugeaient en premier ressort toutes les affaires criminelles, et en dernier ressort les matières civiles jusqu'à la concurrence d'un principal de 350 livres ou dix livres de rente annuelle ; et à la charge d'appel, jusqu'à 500 liv. ou 90 fr. de revenu { mais les sentences, en et cas, étaient exécutoires par provision. Dans tous

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les cas, les présidiaux jugeaient souverainement quant aux dépens, quel que fût le chiffre. Les parlements auraient dû se féliciter de Tinstilution des présidiaux, qui les débarrassaient de tous les petits procès dont ils étaient surchargés : il u*en fut pas ainsi, ils s^opposèrent à cette utile réforme, et contestèrent aux nouveaux sièges le droit de compétence. Henri III, pour faire cesser ce conflit, attribua au grand conseil la connaissance des atteintes portées aux attributions des présidiaux. Mais c*était substituer un abus à un autre abus. C*était forcer les plaideurs de toute la France, et pour des causes de peu de valeur, k venir débattre leurs intérêts devant le grand conseil ; c'était les placer dans la cruelle alternative de sacrifier leur droit ou de s*exposer k des trais énormes pour le soutenir. Ce déplorable état de choses ne fut modifié qu*en 1774. Un nouvel édit agrandit le chiffre de la compétence : il fut ordonné que la juridiction présidiale jugerait en dernier ressort toutes les matières civiles qui n*excèderaient pas 2,000 liv., ou 80 liv. de rente, et les dépens et restitution de fruits ou revenus, quelle qu*en fût la somme, et par provision , jusqu'à 4,000 liv. ou IdO liv. de rente. La juridiction présidiale fut encore modifiée par une ordonnance de 1777. Les juges de chaque siège ne pouvaient prononcer de sentence qu'au nombre de sept. A défaut de juges, les parties pouvaient convenir d'avocats du siège pour compléter le nombre. Les conseillers des présidiaux devaient être âgés de 25 ans, licenciés et gradués, et n'étaient admis qu'après avoir subi un examen du chancelier ou du garde des sceaux. Ddfst.

PRÉSOMPTION. Ce mot a deux significations bien distinctes, qui ne paraîtraient pas même devoir se rapporter à la même origine. Il vient de la prépositiou latine prie (d'avance), et du verbe êumere (prendre), d'où nous avons fait présumer, c'est-à-dire, prendre son parti d'avance, raisonner par analogie, conjecturer , juger par induction d'un fait connu k un fait inconnu. C'est sans doute parce qu'il est très-facile de se tromper dans les raisonnements que l'on veut faire par induction que dans l'ordre moral le mot présomption est devenu la dénomination d'un vice : pris dans ce sens, il a donné Tacjçctif préaofnptueus, qui sert à qualifier ces hommes qui ne doutent de rien, décidant de tout et sur tout sans la moindre connaissance de cause, parce qu'ils ont la présomption de se croire infaillibles. Ce parti pris d'avance de ne tenir aucun compte des objections qui peuvent être présentées contre une opinion émise, détruit tout le

charme des relations sociales : c'est le véritable cachet de la sottise. En effet , la présomption, c'est l'amour-propre porté au plus haut degré de ridicule. — A part cetle signification , le mot présomption ne représente à l'esprit qu'un simple raisonnement fondé sur les règles les plus certaines de la logique ; la présomption ne constitue pas encore hi preuve, mais elle forme l'un de ses premiers éléments , et comme nous ne pouvons, le plus ordinairement, découvrir la vérité que par des conjectures, il a bien fallu classer entre eux tous les faits qui pouvaient concourir à former une certitude. Aujourd'hui, on emploie presque toujours ce terme comme générique; il comprend tous les indices qui servent k former une preuve; on en est venu même k décider que la présomption légale équivalait à une preuve complète. Autrefois, on distinguait la simple présomption des autres éléments de la preuve ; le savant Menochius, qui a fait un excellent traité De prœsumptionibus, conjecturis, etc., distingue la présomption d'avec l'indice, la conjecture, le signe, la suspicion et l'adminicule. Vindice est, dit-il, une certaine marque ou démonstration qu'une chose a été faite; la conjecture est l'indice d'une chose cachée, ou la preuve qui résulte de la vérité du fait par le raisonnement, par les signes qui l'accompagnent et par la conjecture des temps ; le signe est la marque sensible ( c'est-à-dire, qui tombe sous quelqu'un des sens ) d'une chose dont il est ou le prélude , ou l'accompagnement, ou la suite, et qui néanmoins a besoin d'être confirmée par d'autres preuves plus fortes. Ainsi, ^oute-t-il, une épée sanglante dans la main d'une personne est un signe qu'il y a' eu quelqu'un de tué ou de blessé. La suspicion est un mouvement de l'âme fondé sur quelques circonstances qui inclinent à juger d'une façon plutôt que d'une autre, mais qui n'empêchent pas de douter si on ne doit pas juger autrement. La présomption, plus forte que l'indice, la conjecture, le signe, la suspicion et l'adminicule, est un jugement porté sur la vérité d'un fait par suite de simples raisonnements. Le Code civil (art. 1349) définit les présomptions des conséquences que la loi ou le magistrat tire d'un fait inconnu. De là cette division des présomptions en deux classes, celles établies par la loi, que l'on nom présomptions légales, et celles qui sont abandonnées à la conscience du magistrat. — La présomption légale que l'on nommait en droit romain prossumpUo juris et de jure constitue la vérité légale : elle ne peut être combattue par aucune preuve que dans les cas et par

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les moyens expressément indiqués par une loi formelle. Le législaleur n*a jamais voulu proclamer que ses décisions légales fussent la vérité même; mais il importe à la conservation de Tordre social que certains faits soient tenus pour vrais, précisément parce qu*il y aurait impossibilité d^arriver à une décision irrévocable sUl était permis de les remettre toujours en discussion. C*est ainsi qu*on » dû mettre au nombre des présomptions légales Tautorité de la chose jugée, non pas que Ton sûX voulu décider par là que tout juge fût infoiUible, et que toute décision judiciaire fût la vérité même, mais il imporUità la sécurité publique, à l'intérêt général, qu'une telle maxime fût établie : resjudicata pro veritate habetur (la chose jugée doit être réputée comme étant la vérité même) : c-est TefiFèt que produit la présomption légale {vox^ CHOSE jugée). Le Code civil énumère également au nombre des présomptions légales les actes que la loi déclare nuls, comme présumés faits en fraude de ses dispositions d*aprèsleur seule qualité; les cas dans lesquels la loi déclare la propriété ou la libération résulter de certaines circonstances' déterminées, et la force que la loi attache à Taveu de la partie ou à son serment (art. 1550). Et il ajoute (art. 1353) que la présomption légale dispense de toute preuve celui au profit duquel elle existe. -—Toutes les autres présomptions doivent être rangées dans la classe des présomptions humaines, c'est-à-dire qui sont abandonnées à l'arbitrage de Phomme. Cependant, on distingue encore les présomptions de droit (en droit romain prœsumpiio de jure) : On nomme ainsi celles qui reposent sur une probabilité qui a son fondement dans un exemple donné par la loi ; mais, comme il ne s'agit plus d'une décision établie sur un texte formel, mais d'une simple induction, ce genre de présomptions rentre nécessairement dans toutes celles que le magistrat doit apprécier. C'est la raison pour laquelle cette subdivision n'a pas été admise dans le Code. Cependant, elle doit être maintenue dans l'enseignement , parce qu'en effet la conjecture qui repose sur un exemple pris dans la loi elle-même aura toujours plus de force aux yeux du magistrat que tout autre genre de preuve. Alciat, dans son traité De probationi- ' bus, définit la présomption de droit une conjecture probable fondée sur un signe certain que la loi prend pour une preuve, jusqu'à ce qu'elle soit détruite par une preuve contraire. Cette définition s'applique surtout au cas où le législateur n'a admis un fait que comme une probabilité, qui ne doit être accueillie par le juge qu'à

défaut de preuve contraire. — Les simples /yré« somptions humaines sont donc celles qui ne reposent ni directement ni indirectement sur un texte de loi $ elles sont abandonnées aux lumières et à la prudence du magistrat ; mais , pour être admises, elles doivent réunir trois caractères sans lesquels elles ne formeraient que de simples indices insufl&sants pour établir une preuve et déterminer une décision. Elles doivent être à la fois graves, précises et concordantes : graves, c'est-à-dire capables de faire une impression profonde sur un esprit raisonnable ; précises, c'est-à-dire portant directement sur le tait qu'il s'agit de vérifier et d'établir; concordantes, c'est-à-dire que le magistrat ne doit former sa conviction qu'autant qu'il voit sous ses yeux un faisceau de présomptions, qui toutes se réunissent pour concourir à certifier un même fait, une même vérité. C'est sur des présomptions humaines que repose aujourd'hui tout notre droit criminel. Le législateur ne demande aucun compte, soit aux juges correctionnels, soit aux jurés, des éléments de leurs sentences, qui sont abandonnées à leurs lumières et à leur prudence; mais ils ne doivent jamais se déterminer que sur des présomptions assez graves , assez précises, assez concordantes pour constituer la preuve la plus complète, f^qy. Preuve. Tedlet.

PRESQU'ILE. On doit entendre par ce mot «une étendue de terre plus entourée d'eau que la péninsule, et dont l'isthme est par conséquent fort étroit. » Ainsi, en Europe, la Crimée, environnée par la mer Noire et les eaux moins profondes de la mer d'Azof ; le Péloponèse, aujourd'hui la Morée , dont l'isthme, d'à peine 2 lieues de large, est dominé par la citadelle élevée de Corinthe, sont des presqu'îles dans Tacception pleine du mot. L'Afrique aux formes compactes n'en a pas; l'Asie, sur laquelle les flots de l'océan ont eu plus de prise, en offre quelques-unes. Au sud, c'est la longue presqu'île de Malacca, que l'isthme de Roua unit à la péninsule indo-chinoise; au nord , le Kamtchatka, avec sa chaîne de volcans jetant leurs flammes au-dessus de neiges éternelles. L'Ile de Tchoka, raéloung- Kiang des Chinois, parait n'être qu'une presqu'île que les limons du grand fleuve Sakhalian- Oula ont unie au continent. Célèbes, cette belle lie de la Malaisie , n'est formée que de presqu'îles, ainsi que Gilolo, la plus importantes des lies aux Épices, et, ce qu'il y a de remarquable, c'est que dans l'une comme dans l'autre les terres ainsi découpées sont dirigées dans le même sens, vers l'Orient. Au massif de hautes terres qui constitue la partie principale de b

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Papouaftie se rattachent deux presqu^Ues, Tune dont Textrémité cache le magnifique havre Dory, si souvent décrit par les navigateurs; Tautre qui voit commencer à son extrémité Tarchipel encore peu connu que dlSntrBcasteaux nomma la Loulsiade. Deux pre8qu*lles d*inégale grandeur, couvertes de chaînes qui se dirigent du centre au pourtour et retracent assez bien la figure d*un éventail, constituent Tahiti, cette reine brillante des lies sans nombre de la Polynésie. Les deux Amériques ne sont que deux immenses presqu^lles. Celle du Sud offre un ensemble de masse semblable à celui de TAfrique. Au midi cependant , les nouvelles explorations du capitaine King nous ont fait connaître des terres très-découpées. Dans une direction tout à fait opposée, à rentrée du golfé-lac de Blaracaybo, on côtoie la presqu^Ie montagneuse de Paraguana, habitée par des indigènes et quelques blancs qui y élèvent beaucoup de bétail. Toutes les presqu'îles qu'offre l'Amérique du Nord sont placées sur ses lisières maritimes septentrionales. D'un côté, à l'est, on remarque la Nouvelleicosse, que les Français, ses premiers colons, avaient nommée Nouvelle-Acadie; vers les plages du pôle, la presqulle de Helville, reconnue dans le voyage de l'intrépide capitaine Ross, et enfin , dans le grand Océan, la presqu'île d'Alaska, cette longue terre qui semble le commencement d'un môle immense Jeté par la nature sur la vaste mer, pour réunir l'Asie et l'Amérique. Oscar Mac Cartht.

PRESSE. {Technologie,) C'est une machine employée dans les arts et métiers à exercer une pression quelconque. La presse la plus simple est celle dite à papier. Elle se compose d'un bâti, à la partie supérieure duquel se trouve un écrou où tourne une vis dont la tète porte sur un ais placé dans l'intérieur du bâti. Les corps que l'on veut presser sont placés sur la partie inférieure de ce bâti, et recouverts de l'ais mobile ; on fait tourner la vis au moyen d'un levier qu'on introduit dans les trous dont sa tète est •percée. Cette action force Tais à descendre et comprime de plus en plus les corps qui sont audessous. Les timbres secs s'obtiennent au moyen d'une petite presse à vis dont la tète est traversée par un levier. On peut aussi considérer comme des presses les balanciers à battre monnaie, à faire des boutons à découper, etc. La presse des relieurs est formée de deux forts morceaux de bois que deux vis, faisant avec eux un parallélogramme, forcent à se rapprocher. Enfin il y a encore la petite presse à copier des lettres, les différentes preisses à imprimer, et particu- Î9

lièrement la presse hydraulique à satiner. L*i-» dée de cette machine, dont l'action est si puissante, est due à Pascal, et fut d'abord mise en pratique par un mécanicien anglais. Application des principes de la potnpe foulante el aspirante, la presse hydraulique consiste principalement en un piston, mobile dans un corps de pompe, dont l'extrémité extérieure s'appuie sur un plateau où l'on pose les matières à presser, et que, dans son mouvement d'ascension, il pousse contre la partie supérieure d'un bâti. L'action de ce piston lui vient de la force d'extension d'un fluide qu'une véritable pompe accumule dans le cylindre où le piston est renfermé. L. Loovet.

PRESSE. Au figuré, ce mot s'entend des produits de l'impression, des écrits de toute nature qui sortent de dessous la presse du typographe, surtout des ouvrages de polémique , de discussion, comme les journaux, les pamphlets, etc.

La presse est l'écho prolongé de la parole hu* maine; c'est la tribune agrandie, ou plutôt, c'est l'extension du fbrura Jusqu'aux bornes du monde civilisé. Par la presse, tout ce qui se fait, tout ce qui se pense, tout ce qui se découvre sur un des points du globe devient aussitôt commun à tous les pays, à tous les peuples de la terre. Cet instrument de publicité universelle est une des causes les plus actives des différences profondes qui séparent le monde moderne du monde antique. Sur ce premier aperçu, qui ne pressent déjà quelle influence la presse doit exercer sur tout le développement de la vie sociale?

D'abord , comme moyen de communication entre les hommes, la presse, et surtout la presse périodique. Joue, dans le domaine des intelligences, le rôle que la machine à vapeur, appliquée aux grandes routes, joue dans le monde matériel : elle travaille à unir les peuples par le lien puissant des idées, comme les chemins de fèr par le lien des intérêts; elle ébranle, elle mine chaque jour la vieille barrière des haines nationales, et prépare ainsi le triomphe de la fraternité universelle, qui ne doit plus faire, un jour, du genre humain tout entier qu'une grande famille.

En second lieu, l'immense auditoire auquel elle s'adresse simultanément lui donne toute la -^ puissance de l'enseignement public, dont le double caractère est la rapidité et runivérsalité. En effet, quelle action ne doit pas exercer sur les esprits ce véhicule si prompt de la pensée, au moyen duquel les idées nouvelles, élaborées par un penseur solitaire, sont bientôt mises en cir* culation et se propagent en tous lieux pour y subir l'épreuve de la contradiction? Dans cette

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laèlée des opinions humaineti ee qui réliste à l^eiaœn des sayes et su contrôle de la publicité pénètre peu à peu dans la conscience populaire, et iFa grossir oe capital de vérités acquises qui forae ce qu*OB appelle le sens commun. Le sens oomiBun doit donc foire chaque Jour de nouveaux progiAs dans lesquels la presse est en droit de rerendiquer une bonne part lorsqu'elle dirige ses le^ns avec prudence. C'est par cet enseigne- BMnt approprié à toutes les conditions, à tous les pays^ et de mise dans tous les instants, qu'elle peut être regardée de nos Jours comme le grand agent de la oivilisatioUi

" Infln, organe de la penséoi qu'elle transmet aux extrémités du monde, la presse doit participer à tous les droits de la pensée c àee titre, elle doit être libre} et la presse libre devient k son t#ur la garantiede toutes les autres libertés (Mtr* ce mot). Ateo l'indépendance de la presse et la rapidité des communications, le despotisme est dormais impossible* Bile surveille la marche et les actes du pouvoir, et c'est là sans doute une des fondions qu'elle remplit avec le plus de vigilance; elle prête ses cent yoix aux réclama* tiens de tous les droits attaqués; elle éclaire le gouvernement lui-même sur une foule d'abus prêU à faire imipUon malgré hii, s'ils n'éUient signalés) la seule crainte de la publicité en prévient un grand nombre* Hais les bienliits de la presse ne le bornent pas à cette espèce de haute police sociale. 8a véritable mission, nous l'avons d^à foit comprendre, est surtout dans la publieité qu'elle donne aux travaux de l'intelligence : c'est par le qu'elle est la plus vitale de nos libertés, qtt'eUe protège la Uberté religieuse, comme la libeKé pÀtique et civile ; c'est par là qu'elle devient une institution puUique, qui veille sur les pouvoirs, les éclaire, les avertit, les réprime, leur résiste.

Quelle que soit donc la ferme du gouvernement et la distribution des pouvoirs, quelle que aoit la législation d'un pays, il n'y a de liberté réelle que là où la presse est libre. Selon qu'une nation possède ou non cette liberté,quels aspects divers y présente l'état social ! d'un côté, l'acti- Tlté, les lumières, la vie intellectuelle ; de l'autre, la langueur, Pignorance et le sommeil des âmes. L'opinion publique n'a de ressoK que là où die peut se produire sans entraves, liais aussi quelle est la force incalculable de ce pouvoir qui semble créer l'opinion publique, et qui quelquefois a le don de la fousserl Partout redoutée de ceux qui gouvernent, eUe leur est suspecte^ Us cberdient à la comprimer de toutes les maniè^ res, et il ne isut pas trop sVn étonner. Arbitre

des réputations, la presse dispose de l'honneur des particuliers; investie de la représentation des intérêts généraux, il dépend d'elle de déchaîner les tempêtes dans le monde politique. N'est-il pas trop focile d'abuser d\ine telle influenoe, et les exemples n'en sont-ils pu trop fk^quents? Peut-on laisser des mains hostiles ou inexpérimentées manier une arme si redoutable, sans qu'aucune précaution ne rassure la société contre les dangers qui la menacent? Personne ai^ourd'hui ne s'avise de le contester; un pouvoir si aggressif de sa nature, si enclin à se laisser empoKer, ne saurait être abandonné sans règle et sans frein. La liberté veut être soigneusement distinguée de la licence. Hais où est la limite qui les sépare? Que de veilles, que d'elForts ont été dépensés par les législateurs pour la trouver !

Les premières années de la restauration se consument en longues chicanes, en arguties interminables sur la confusion que le gouverne* mentprétendaitfàireentreledroitder^iifMr et celui de prévenir. Toutefois, cette petite guerre ne fot pas perdue pour la raison publique. Ce ftit bientôt une vérité acquise et enracinée dans tous les esprits, que la Uberlé de la preue n'existe pas là où elle est soumise au régime préventif, c'est-à'^dire à la osnst^re {vof). Le gouvernement lui-même finit par reconnaître que les abus de la liberté doivent être punis, mais qu'ils ne peuvent être prévenus, et le problème finit par se poser ainsi t premièrement, réaliser la liberté de la presse, en réprimant l'abus qu'on en peut fsire( secondement, réprimer l'abus, sans que l'abus de la répremlon détruise la liberté elle-même. Bien des fois encore ce gouverneoMnt foible et soupçonneux réclamera la censure de la presse quotidienne; il aura, pour l'obtenir, à surmonter d'opiniâtres résistances; il devra prétexter des drcoostances extraordinaires; il devra reconnaître qu'il est armé d'un pouvoir exceptionnel, qui cessera de droit avec les circonstances alléguées;

Hais sur le terrain même de la répression, do longs débats se sont élevés sur la juridiction, sur U définiUon des déliU de la presse, sur la pénalité : de ces débats sont sorUes de nouveUes conquêtes pour l'opinion publique. Il a été démontré avec une logique irrésistible que les délits de la presae n'étant ni définis, ni définissables, toute législation destinée à les atteindre flottera toujours entre deux extrêmes, l'arbitraire ou l'impunité; qu'on ne peut remédier à l'arbitraire que par l'équité naturelle d« juge, laquelle est dans son opinion, éclairée par l'Opinion publique. Pour l'atténuer cot arbKraire, il iMi ne le fixer

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el M la c«iiM>lidtr nulle |iirt, soit comné pott- Toir ipéolâl, Mit eottUM ittribat «I patrlmofiM d€8 pouTolri établis I 11 fattt le mettre pdrtotit, afin ^il lie soit nulle part) qu^l reste au fond d« la'soeiété, et qn^ll s*y dWise à nnflnl pour y être imperceptible { 4|ue. sans cesse n passe de nain en main^ et ne poisse être retenu par au* cunei que sa cireulation soit si rapide qu*èlle ne laisse point de traoes après elle. A ces eoodi*^ tlons, Tarbitraire devient inoffensir, parée quMl est désintéressé. Il suit de là que, dans la répreS" slon de la presse, le discernement de rabus, c*est'à-dire kl déclaration du lait qui est là ma* tière du Jufyettéttt^ doit être invariablement se* paré du ministère du ffÊHê. Dana la déclaration au fUit est engagée la liberté de la presse tout entière^ U est doue indispensable que le fait reste en la puissance de la société^ qui ne le fera parrenlr au Juge q«*aprè's ravoir constaté eHe* même dans son intérêt, par des arbitres tirés de son sein, qui soient sa pàrftiite image, et qui, pour ne Jamais cesser de Tétre, se roiouveUent sans cesse comme le hit lui-même. Or, ces arbltrès ne sont autre chose que le Jury {vcy* ce mot). Teilà donc le principe fondamental en fait de liberté de la presse ; cite ne sera réellement garantie que si elle repose §» In .base iadépen* dante d« Jury.

Ge principe défènda, sous la restauration, par toute Toppositlon Mbérale, el établi avec nne rare vigueur de raison par M. noyer^Collard, dont le gouvernement écouta quelque temps les conseils, eut beaucoup de peine è pénétrer dans la législation, et ne put sY maintenir | car la loi de 1819 qui Tavail admis fut abrogée par la loi de 1S5», qui bientôt ne suAt plus elle-même a« exigences de la faction qui avait envabi le pou*v<rfr. In 1897, la dernière année du ministère vmèle, H. de Peyronnet {vcy. ces noms) présenta le projet de la tamèuse M d'amour, qui eipira sous la réprobation de l*opinion publique. Le ministère Martignac, à son toUr, abrogea la loi d« 1899, et présenta la loi de 1898, qui organisa le système actuel des gérants, propriétaires réels dHme partie du cautionnement, qui remplaçaient le personnage ictif de Téditeur responsable.

Enfin, la révolution de 1880 fM pour la presse une époque nouvelle. Bans la révision de la charte , à Tarticle 7, ainsi eon^ ! t Les Français ont le droit de publier et de faire imprimer leurs opinions, en se conformant aux lois; » on ajouta ce paragraphe décisif : « La eenêurê ne pamrra Jama(ê éiré rMabU^^t Sn outre^ la chambre, en recommaBdani au gouvernement

de pourvoir dans le plus court délai possible à certains objets par des lois spéelalesi désignait en première ligne rapplidation du Jury aux délits de la presse et aux délits polittqueSi m effet, la loi du 8 Octobre 1880 rendit aux cours d'assises la oonfifissasce de tous les délits commis, Soit par la vole de Ifl presse^ soit par tous les autres moyens de publication énonoés en Tart. 1« de la loi du 17 mai 1819. Alori, an lendemain d^one révohitloh , les principes étaient en<»re vivants dans les esprits^ nul n^aurait osé les contester. Vais quelques années plus tard, nous avons vu des ministres venir déclarer leur impuissance à gouverner avec ees principes qo^eux-mêmes avaient autrefois travaillé à fêlre prévaloir i On invoqua contre la liberté les attentats odieux de quelques grands coupables et les secousses d*une époque turbulente, et l'on obtint d*ufle majorité effrayée IM lois du 9 septembre 1898^ qui ernt enlevé la connaissance de certains délits de presse au Jury pour la damner à la policé correctionnelle, ou à bi chambre des pairs, en les qualifiant d'attentat à la sûreté de ritat. Toutefois, nous ne regardons pns la cause du Jury en matière de presse comme perdue t à mesure que le souvenir des troubles s*éloigbeni, à mesure que la classe moyenne, d*où sort le Jtfry^ acquerra phis de lumières et d'taidépendance, Topinion se raffermira, et le gouvernement^ ramené par elle, reviendra^ nous TeepdronSf amc vrais principes de la liberté. AiTAua.

PU88E. {MariMé) En Angleterre, ce nom a une acception spéêiale i il y désigne une ootftume barbare usitée pour le recrutement dés matelots et des soldats de marine, lorsfue lès enrôlements volonuires ne sufliént pas aux bosoine duaervice< KUe cousiate ft enlever de fOrde des homases propres au service nuritime. Dans les temps de guerre^ tt n'était pas rare de voir 10 à 15 matelot8,armés de bfttons et de couteaux, commandés par un oficier, parcourir les rues, vi^ter les auberges, les cabarets et les nudsons publiques, et arrêter tous oeux qu'Us Jugeaient aptes à servir sur la fiotte royale. Il en résultait souvent des rixes sanglantes. Les hommes ainsi arrêtés étaient emprisonnét sur un vaisseau Jusqu'à leur translation sur cehil on Hs devaient servir. C'est en 1779 qu'un acte du parlement a autorisé la presse des matelots. Coiiv. Lix.

PRESSENTIMENT. C'est une émotion interne. Spontanée, tevolontaire, qui peut découvrir à ravancecertaines afiMious de notre cynisme, ou de celui des personnes que nous êonnaissons, et auxquelles noua prenon» intérêt, car la sympathie est surtout une grande sourcede preê-

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«entiment entre les individus éloignés. La prévision {vcijr*) tient davantage à une intuition par rintelligence : c'est une sorte de conclusion tirée de Tappréciation des circonstances, lors même que ce. travail s'élabore en secret dans notre esprit; mais le pressentiment est tout instinctif, et un résultat de la sensibilité, comme Tindique son nom; aussi les personnes les plus délicates, les plus sensibles, tels que les femmes, sont éminemment douées de la faculté de pressentir, plus que les hommes aux tempéraments fhMds et durs. — U est de ces pressentiments communs que tout le monde avoue. Les personnes qui ont des cors aux pieds, des rhumatismes, éprouvent des douleurs assez vives avant les mutations de la température, la pluie, la gelée, etc. L'approche des orages cause une pesanteur de tête et des membres, ou un engourdissement aux individus nerveux: c'est ainsi que des bois hygrométriques se gonflent ou se fendent selon la sécheresse ou l'humidité de Tair. On pressent la fièvre, un accès de goutte, etc. Les animaux, plus encore que rhomme, prévoient ainsi les changements atmosphériques. Les oiseaux devinent, à point nommé, les saisons de leurs émigrations et de leurs retours. Les poissons , au fond de l'Océan, sentent les approches du printemps, les époques de leurs voyages, rapproche des pluies. Lbb oiseaux de mer appellentàhautevoix la tempête; les bestiaux, dans nos prairies, tendent le cou vers Je ciel en aspirant l'air humide; les agitations des grenouilles, de plusieurs insectes, présagent la pluie et les vents, etc.— Privé de baromètre, les anciens cherchaient à prévoir les variations météoriques, surtout dans leurs expéditions militaires, par l'observation des oiseaux, qui sont fort sensibles aux changements de temps. De là est né l'art des auspices. On examinait les poulets sacrés, le matin seulement et à jeun : tous les animaux ont alors les sens plus délicats et plus libres que le soir et après leur repas. Quintus Metellus, savant pontife, rejetait les présages des oiseaux après le mots d'août, temps de leur . mue et d^un état de langueur (Plutarque, Demande des choses romaines, w 38) ; l'animal malade n'offrait aux aruspices que des présages douteux; c'est un baromètre dérangé :

lT«c nip«im potcst counltiM radd«r« Tatct.

(V|BO., Céorg.t ut,

L'intdligence de Thomme, s'appliquant d'ordinaire à un grand nombre de réflexions sur les objets extérieurs, foit peu d*attention à ces impulsions obscures ou subtiles du dedans; mais .elles sont éprouvées presque aussitôt par les

animaux qui ne pensent à rien. Aussi les hom'^ mes très-simples les ressentent bien mieux que les plus savants. Un paysan , sans baromètre, prédit le beau temps ou l'orage. L'ignorance, abandonnant Tâme à son allure spontanée, est plus propre à recevoir des notions instinctives que la marche logique et compassée du raisonnement. En effet, trop d'esprit et de savoir, montrant à la fOis mille routes diverses, nous laissent incertains sur la véritable, tandis qu'un instinct commun n'en découvre qu'une seule, qui est la meilleure, puisqu'elle est la plus naturelle, et d'autant plus forte qu'elle se partage moins. —Ces pressentiments intimes sont aperçus par les moyens propres k augmenter la subtilité ou la délicatesse de nos impressions intérieures les plus secrètes. Toute multiplicité des opérations tiraille l'âme en plusieurs sens : aussi les ébranlements des passions abrutissent-ils nos facultés internes. — Ainsi , l'absence de tout trouble dispose à sentir mieux une légère émotion, de même que le silence protond permet d'entendre le plus foible bruit. La solitude, séparant l'esprit du tourbillon des afilidres, concentre la sensibilité, accoutume à la méditation, rend plus attentif aux actes intérieurs de l'âme. Celle-ci, se recueillant au dedans, s'écoute davantage; elle grossit et enfle nos moindres sensations dans le repos et l'obscurité de la nuit surtout. — Les songes sont les soUloques de l'âme dans sa liberté et sa conscience. Souvent elle se trahit alors par des voix, des gestes, des agitations insolites, et jusqu'à des sueurs, d'atroces anxiétés, des soupirs, des anhélations, des sugillations ou épanchements de sang, comme si les scélérats se sentaient déjà poursuivis, frappés par la main terrible des bourreaux sur leur poitrine frémissante ! Oui, lorsque Néron et Caligula, torturés par des rêves après leurs forfaits, se levaient avec effroi, en parcourant de nuit leurs palais silencieux et déserts, ils pressentaient les furies vengeresses qui devaient les immoler à Tindignation de Tunivers. Oui, il y a des songes funèbres qui dénoncent de redoutables maladies, surtout après les grands excès. S'il y a, des pronostications de mort, il y a pareillement des espérances soudaines de guérison et de joie qui surgissent dans le cceur d'un malheureux moribond, et, dans le fort même du délire, font éclore le rire sur ses lèvres décolorées. Anima,in somnio, perlustrans interiora corpons, magis sentit eifus defectus et imminentiam morborum. Nous nuirons pas remonter à Voneirooritique, ou à l'art de la divination par les songes, inventé par les Cbaldéeiis, les

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É^tiens et les Arabes; nous n^aJoutoDg toi aucunement aux prédictions de nos somnambules magnétiques dans leurs prétendues extases. Elles ▼oient, disent-elles, d*autant plus loin que leur imagination yive s'exalte plus haut. Nous ne croyons pas davantage aux cérémonies magiques des sauvages et des populations ignorantes qui s*enquièrent ainsi des secrets d*un incertain avenir; mais il est des conjectures ou plutôt une inexplicable sympathie des âmes pour entrer en consonnance avec d'autres êtres sensibles, pour pressentir des événements dans le monde qui nous touche et nous avoisine. Qui pressent plutôt, dans les fomiUes, les maladies, les morts, les périls et autres accidents de la vie, si ce n'est la tendresse inquiète d'une mère, la sollicitude d'une Jeune épouse? Leur âme toujours craintive, tendue à s'enquérir de ce qui peut nuire aux êtres qu'elle chérit, court au-devant, pour ainsi dire, des coups du sort. Et comme avant la blessure que nous voyons faire, notre sensibilité compatit d'abord dans la partie semblable par une sympathie involontaire, de même les âmes s'entretiennent par ce commerce secret, k de longues distances; elles vivent aussi dans les autres par de saintes et indissolubles amours; elles s'attachent par les liens du sang, par l'étroite communauté des habitudes, qui persiste malgré l'absence Jusque sous d'autres hémisphères. Oui oi^ra que dans cette adhésion perpétuelle des âmes, il ne se forme pas de vrais pressentiments, et qu'ils ne puissent s'accomplir? — Comme une balance dans l'équilibre parfait reste mobile par le plus léger atome, tandis que des poids ébranlent â peine une lourde balance inégalement chargée, de même ces impressions subtiles sont aperçues par un corps délicat, mais passent sans émouvoir des constitutions massives. Les corps augmentent encore leur délicatesse par le jeûne ou l'abstinence, qui, laissant dans la vacuité les organes digestif^, rend l'esprit plus net, les sens plus déliés, les penchants plus vife. Par exemple, les chiens, les faucons qui ont jeûné, chassent avec infiniment plus d'ardeur; leur sagacité instinctive est bien plus aiguisée pour pressentir et découvrir la proie. Au contraire, les individus lourdement bourrés de nourriture ou de boissons restent épais et insensibles aux plus fortes émotions intérieures. J. J. ViEET.

PRESSION (du latin pressio, dérivé de premo, je presse), terme dé physique, action de presser. On sait que la pression d'une colonne d'air est égale à celle qu'exercerait une colonne d'eau ayant la même base, et environ SS pieds de haut,

ou bien au poids d'une colonne de mercure d'eii** viron 28 pouces, et dont la base serait la même. Il y a des machines à vapeur à haute, à moyenne, à basse pression. Voy. les articles Goveessioe et Machiue.

PRESSIROSTRES. Nom donné par Duméril à une famille d'oiseaux de rivage ou gralles, qui comprend les genres jacana, râlé, hultrier, gallinule et foulque. Cuvier a donné le même nom à une famille plus étendue qui admet les genres outarde, pluvier, oedicnème, vanneau, hutirier, coure-vite et cariama. De..z.

PRESSOIR. (Agriculture^ C'est une machine qui sert à extraire du raisin, des poires, des pommes, des olives et des graines à huile le suc qu'ils contiennent. On donne aussi le nom de pressoir au lieu où est établie cette machine, ainsi que les cuves dans lesquelles le raisin fermente. La partie de la maison rustique qui contient le pressoir et les caves doit être exposée au levant ou au midi , bien éclairée, et assez vaste pour que tous les travaux de la vendange s'accomplissent facilement. Nous ne nous occuperons ici que des pressoirs qui servent à faire le vin et le cidre : ils sont assez nombreux et variés dans leur construction, mais les plus employés, le pressoir à étiquet et te pressoir à tesson, compriment sur une table fixe (la maie) le marc pour en faire sortir le jus. Le premier se compose d'une table inférieure qui reçoit la vendange, d'une table supérieure qui lui est superposée, et d'une vis engagée par le haut dans un écrou , reposant par sa partie inférieure sur la table supérieure; un cabestan met la vis en mouvement, et le marc, placé entre les deux tables, est soumis à la pression. Dans le pressoir à tesson, la compression est exercée à l'aide de deux longues poutres reliées ensemble par des clefs, et faisant fonction de leviers.^ Ces poutres, appliquées à la table supérieure, ont leur point d'appui au fond du pressoir, et peuvent s'élever et s'abaisser à volonté dans une rainure qui les reçoit. La maie chargée, elles sont abaissées par l'extrémité qui doit rester fixe, et prennent ainsi une direction inclinée de bas en haut, à partir du fond du pressoir. Une vis appliquée à l'autre extrémité, et maintenue par un écrou à sa partie supérieure , est mise en mouvement au moyen d'une roue; son action, qui tend â ramener l'extrémité mobile des tessons à la position horizontale, et qui même au besoin peut la leur ftiire dépasser, produit la pression. Fcijr, Yiii, Yendanobs, Raisin, Cidee, Pommes,

POIEES. p. GaUBEET.

I PïtESTANCE. Ce mot, qui dérive évidemment

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de prœ et de êtare, eetioa de poser ea public ou devept le piiblic, est ordinairement effsoté à ciractéfiser le roeintieu d*uD individu : ou dit HJDSi de quelqu^uu qui est bien fait, dont Tatti^ tude est in^ve, majestueuse, qu*il a une belle prestance, beaucoup de /ires/anof . Il est dificile 1^ une personne contrefaite d*avoir de 1^ prestance, encore qu§ cette qualité ou les attributs par lesquels elle 9e caractérise résultent plutôt de raction de Tétre moral que de la con-r figuration physique. La prestence doit être une des principales qualités de ceux qui sont chargés de représenter. Dans un orateur qui joint à une belle prestance les facilités d*une belle élocution, il y a comme une sorte de fascination qui magnétise en quelque sorte les auditeurs, au moins momentanément, et qui les idenuae avec le rôle, avec les passions qu*on veut développer en eux, Z.

PRESTATION. Cemot a deux applicationsbien distinctes qui ne doivent pas se rapporter à la même origine. Dans cette locution, jfreêWion do $ermen$, qui exprime Taction de prêter ser^ ment, il dérive du verbe prêfer, qui s^écrivait autrefois preeêer^ et dans cette autre locution« preHation en argent, prestation en nature, i) vient directement du verbe latin pr^êtare (fèurnir).-- Lapresta/ton de serment est Tacte qui doit précéder toute investiture d*une charge, d*un emploi ou même d*un honneur publics. Dans tous les cas où le serment est exigé par la loi, il faut qu*U soit reçu par Tautorité publique avec toutes les solennitéji requises, après quoi il en est dressé un acte authentique qui sert de titre au récipiendaire s*il s*agit pour lui d*un droit à exercer, ou de garantie k la société s*il 8*agit d*un fait pour lequel cette formalité a été jugée nécessaire. La prestation de serment n*est donc autre chose que le serment lui-même, et nous ne pouvons Ici ^ue renvoyer à ce mot (vqr^ Sirhirt), — Les prestations en argent ou en nature constituent une dette pour laquelle Toption est assez généralement laissée au débiteur, qui a le droit de se libérer, selon qu*il le juge plus convenable à êe$ intérêts, soit en payant une certaine redevance, soit en faisant un travail déterminé. Cette locution, qui était autre^ fois d*un usage très-fréquent dans les contrats féodaux, parce qu*elle emportait avec elle une certaine idée de domination féodale, est encore employée dans les b^ux h fçrme, oU le preneur s^oblige ordinairement à fournir certaines prèstalions annuelles outre le prix de son bail. Mais fllee&t en qui*lque sorte consacrée dans la langue du droit administratif, qui en fait rappUcation

toutes les fois qu^il s*agit de la réparation dee chemins vioinaus;. A cet égard, la loi du 9t mai 1836 a rétabli en France le principe qu*en cae dinsufllsance des ressources ordinaires des eom* munes il serait pourvu à Tentretien des chemins vicinaux h Taide, soit de prestations en nature, dont le mammum est fixé à trois journées de travail, soit de centimes spéciaux qui forment une prestation en argent. *^ La prestation en nature est réglée , suivant les circonstances, à une, deux ou trois journées de travail pour chaque habitant, chef de famille ou d^établissement, suivant Timportance de son exploitation. Cette prestation doit être appréciée en argent pour que le contribuable puisse Tacquitter à son gré, soit en deniers, soit en nature; mais si, dans un certain délai, il n*a pu déchiré son option, elle devient nécessairement exigible en argent. Lorsque cette option a eu lieu pour la prestation en nature, une grave difficulté se présente* parce qu*il s*agit de coordonner les journées de tra* vall dues par chacun des contribuables de la manière bi plus convenable pour arriver à un résultat. A cet égard, il a fallu hiisser une grande latitude ft Tautorité locale pour arriver à la composition des ateliers, qui doit être réglée de manière à utiliser tous les objets qui sont mis en réquisition, tels que les charrettes, voitures, bêtes de somme ou de trait. Mais on est loin d*être d*aceerd sur les bases que Van doit prendre pour révaluation des prestations en nature comparées les unes aux autres. Le moyen le plus simple, o*est de tout ramener a une évaluation commune, prise pour la journée ordinaire d*un ouvrier, et de rapporter à cette valeur la journée d*une charrette, d'une voiture, d*un cheval, d*un bflsuf, d'un àne, etc., afin d'établir le rôle général. L*emploi des prestations en nature est d*ail* leurs une af aire d'adminislratioa intérieure qui doit être dirigée dans des vues toutes paternelles. Au reste, le législateur ^a senti lui-même combien il serait difficile de régulariser cette partie du service, et il a laissé à la disposition du conseil municipal un moyen de se tirer d'embarras eu l'autorisant à convertir les prestations non rachetées en tâches, d'après les bases et évaluations de travaux qui seront préalablement fixées. Les prestations en nature ont d^jà donné lieu à une question intéressante de droit constitutionnel î il s'est agi de savoir si leur évaluation ne devait pas être comprise dans la cote des contributions produite par un citoyen pour justifier de sou droit à participer aux élections politiques. Ces prestations n'étant autre chose qu'une véritable contributioii pfcuniaire» Il a été dé-

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