‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 22Chapitre 36 sur 61 · PEI · texte numérisé non relu

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grand nombre (Tiiidivldos sous un mode de sur- Teillance simple et peu dispendieux. La prison de 01ocesCer fut ouverte en 1791 , eelle de Milbank en 1899, et dans Hntervalle, comme aussi depuis, la règle des établissements de détention fut entièrement changée, en même temps que la législation oriminelle reçut de notables adoucissements.

te mouvement que produisirent en France des sentiments analogues fût moins éclairé. La pitié ne crut Jamais assez feire pour corriger la loi ; elle adopta tous ceux que celle-ci frappait ; elle s^efiforça de rendre la condition matérielle du prisonnier préférable même à celle de beaucoup d*hommes libres , comme pour le dédommager des peines que la société lui infligeait. Il ftillut revenir sur ces exagérations , qui cependant avaient porté de bons fruits en attirant la sollicitude publique sur les plus intéressantes questions.

Infin TAllemagne s^émut à son tour. Un homme aussi distingué par son zèle que par ses lumières, M. le docteur Julius, fit à Berlin, en 1897, un conrs public sur ce qu'il nomma la 9€ienc0 des priêons *, L'impulsion fut donnée , et de ce moment les efforts des sociétés libres de bienfaisance et ceux des gouvernements se sont soutenus par une généreuse émulation.

La réforme des prisons est donc aujourd'hui un sujet de méditations et d'essais pratiques dans tous les pays civilisés. Hous allons essayer d'exposer brièvement les divers systèmes qui se partagent le terrain de la discussion.

C'est en Amérique, nous l'avons dit, que la pensée du régime pénitentiaire a pris naissance. Le premier essai en fut fait dans la prison de Walnut-streat, à Philadelphie, dont l'établisse* ment coïncide avec la réfSorme du Gode pénal. Cette prison contenait à la toi$ des condamnés groupés selon la nature de leurs délits , et des eeUuIes particulières pour les grands criminels que la loi cessait d'immoler. Les premiers étaient seuls appliqués au travail; les autres, dans leur Isolement, se voyaient en outre réduits à l'oisiveté absolue. Mais on reconnut bientôt que le crime n'est point une mesure Infaillible de la perversité : en le prenant pour base des classifica^ons, on risque de tomber dans les erreurs les plus dangereuses. Le confinement solitaire ne réussit pas mieux : les maladies, la démence et le suicide décimèrent les cellules ; et sur 96

" rorlmtOÊftH a«r ^ GfftngmêOmmdi, «!•., Lêfvu sut- la manê9 ê— frmuê (trad. «n 6«ii^ pw M. Lagamlm), B^ Uo. 1828.

d*entre eux qui furent graciés, 14 ne rentrèrent dans la société que pour commettre de nouveaux forfeits.

Éclairé par cette expérience, rttat de New- Tork introduisit dans son pénitencier d'Auburn la séparation de nuit et le travail en commun pendant le Jour. Ce régime nouveau obtint dès le principe un succès d'opinion que ses résultats ne firent qu'accrottre d'année eh année. Un grand nombre d'autres prisons furent établies sur les mêmes bases ; il convient de citer particulièrement celle de Sing-Sing, construite par les condamnés eux-mêmes qui devaient l'habiter. M. Élam Lynds, directeur de la prison d'Auburn, . partit avec eux de cette maison , les conduisit sur les bords de l'Hudson, et là, campé à ciel ouvert, sans autre force pour les retenir et les dominer que l'influence de son caractère, il leur fit accomplir tout le travail. Aujourd'hui encore, 900 criminels y sont occupés à extraire de la pierre dans des carrières, sous la seule surveillance d'une trentaine de gardiens et de quelques postes militaires dispersés aux environs.

Malgré l'exemple d'Auburn, la Pensylvanie ne voulut point renoncer au confinement solitaire; mais elle vit la nécessité de modifier profondément ce régime, en introduisant le travail danrs les cellules comme moyen de distraction. Tel fut le principe du pénitencier de Cherry-Hill.

Voilà donc les deux modèles en présence, Aubum et Cherry-Hill. Les autres n'avaient été que des essais préparatoires.

Les partisans du premier système font valoir ''d'abord l'économie de leurs constructions : îdes préaux communs, des ateliers communs, des cellules destinées seulement au repos de la nuit, au lieu d'une habitation complète pour chaque détenu, avec fontaine, Heux d'aisance, ventilateur, conduits de chaleur et autant que possible une cour particulière pour la promenade; ils fbnt valoir les habitudes d'ordre et d'obéissance que l'on puise dans le travail discipliné, comparées à la négligence et à l'irrégularité d'une occupation prise seulement comme un préservatif de Tennui ; ils reprochent au système rival de ne pouvoir introduire dans ses cellules qu'un petit nombre de professions, toutes sédentaires, au grand préjudice de la santé des détenus, sans utiliser les apprentissages qu'ils avaient peutêtre faits auparavant , sans leur préparer pour l'avenir un métier avantageux; ils reprochent surtout à l'isolement de rendre l'homme insociable, de nourrir dans son cœur des sentiments de vengeance, de lui faire contracter des habitudes honteuses et souvent mortelles, de le con-

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duire à rabrutissement ou à la démence. Malheureusement de nombreuses preuves Tiennent à Pappui de ces assertions.

Les partisans du régime de Cherry-Hill allèguent Textréme difficulté de trouver des sur- TeiUants doux et fermes, vigilants et éclairés, tels que Tezige le maintien de la discipline dans des ateliers nombreux. L*isolement dispense de ce soin; il dispense aussi des châtiments qu^avec un personnel de malfaiteurs il est presque impossible de rendre efficaces sans les pousser jusqu*à la cruauté. Enfin, ils prétendent que ces âmes profondément gangrenées de corruption, ne peuvent être touchées que par la contemplation forcée et prolongée de leur propre laideur.

L*introduction du principe cellulaire, commun aux deux systèmes que nous venons d^indiquer, nécessitait la construction d*édifices nouveaux. Déjà ceux-ci avaient subi de nombreux changements avant Pintroduction du système panoptique (de ffocv, tout, et Snro/un, je vois), qui consiste à grouper les bâtiments et les cours de telle maaière que d'un point central ie regard du directeur puisse tout embrasser. Cette pensée s'est ensuite diversifiée à Tinfini ; mais à la fin on s!est arrêtée à une forme déterminée, celle que Ton a nommée raisonnante ou étoilée. Les corps de logis occupés par les détenus sont placés, relativement à celui du directeur, dans la position des ailes d'un moulin à l'égard de leur axe {Milbank). Les modifications ne portent plus guère aujourd'hui que sur le nombre des ailes, que l'on a varié .depuis 9 jusqu'à 14.

Une difficulté particulière au système de l'isolement absolu consiste à pratiquer le plus grand nombre possible de cellules sans que la disposition des murailles et de leurs ouvertures permette aucune communication de l'œil ni de la voix entre les détenus. Le problème important dans les ateliers communs, c'est que les moyens de surveillance soient faciles et multipliés. L'architecture et la semirreie se sont évertuées aux artifices les plus bizarres pour créer des Impossibilités d'évasion et de relation entre les prisonniers. Les imaginations n'ont pas été moins fécondes dans la recherche des moyens les plus propres à intimider, dompter ou corriger les coudamnés. Elles sont arrivées quelquefois à des inventions dignes des temps barbares. Loin de nous la pensée de taxerde barbarie les auteurs des étranges combinaisons mises en pratique :

( A l'articU Onàrs, on d^rit U prltea pteltMlldrt d« cftta irille» la prcaûcrc qa'o* ait <teUi« car U cootfaMat.

leur multiplicité accuse seulement la difficulté du problème.

En traversant l'Océan pour se naturaliser en Europe ', le régime pénitencier a subi une iraosfôrmation bien plus profonde ; il a pour ainsi dire changé de caractère : chez nous, la pensée sociale va dominer la pensée morale.

Interrogeons les hommes qui travaillent avec une sincère ardeur à l'acclimatement de ce régime en France. Voici leur plus grande préoccupation : « Il faut bien reconnaître qu'il existe en ce moment parmi nous, dit M. de Tocqueville *, une société organisée de criminels. Tons les membres de cette société s'entendent entre eux; ils s'appuient les uns sur les autres; ils s'associent chaque jour pour troubler la paix publique; ils forment une petite nation au sein de la grande. Presque tous ces hommes se sont connus dans les prisons ou s'y retrouvent. C'est cette société dont il s'agit aujourd'hui de disperser les membres; c'est ce béné^ce de l'association qu'il faut enlever aux malfaiteurs, afin de réduire, s'il se peut, chacun d'eux à être seul contre tous les honnêtes gens unis pour défendre l'ordre. Le seul moyen de parvenir à ce résultat est de renfermer chaque condamné à part, de telle sorte qu'il ne fasse point de nouveaux complices, et qu'il perde entièrement de vue ceux qu'il a laissé au dehors. »

Il est évident que cette considération est celle qui donne aujourd'hui quelque faveur, parmi nous, au système de l'isolement; c'est celle qui a déterminé le gouvernement à en proposer Tadoption, malgré les grandes raisons d'économie qui devraient en éloigner. Certes, il est juste de se placer au point de vue de hi garantie publique; il faut prévenir ces funestes enseignements, ces dangereuses confraternités, qui prennent si souvent leur origine dans les prisons. Mais peuton abandonner comme des réprouvés ces hommes qui, peut-être, ne sont devenus menaçants pour la société que parce qu'elle a négligé leur première éducation ? Ne serait-ce pas substituer le cordon sanitaire à la médecine, parquer les malades pour se préserver de la contagion, sans égard pour leur propre guérison? L'humanité est assez puissante pour entreprendre les deux œuvres à la fois. Eh bien! n'hésitons pas à le dire, l'amélioration des condamnés par un retour sur eux-mêmes est à peu près impossible : la plupart d'entre eux sont des êtres grossiers

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et bornés que leur conscience ne saurait éclairer ; il fout que la lumière morale leur soit apportée.

Le mauvais résultat du confinement solitaire en Amérique, autant que la barbarie de cette peine, a inspiré Pidée d*un adoucissement dont on s*est exagéré la portée. En séparant les détenus les uns des autres, on a cherché à leur procurer, le plus souTenl possible, le contact de la société honnête. Mais à moins d*ouTrir aux simples curieux les portes de la prison, à moins d*y laisser entrer indistinctement des visiteurs aussi nuisibles peut-être que les habitants mêmes du logfs^ cette concession sera illusoire, surtout pour ceux qui auraient le plus besoin d*en profiter. Quant aux entrevues du directeur et de Taumônier, on conçoit que dans un vaste établissement, occupé par 500 cellules, ces entrevues, fort rares, se borneraient à réchange de quelques paroles, sans influence sur Téducation morale. « Si j*en avais 500, disait un excellent directeur de prison, je ne pourrais que leur envoyer chaque jour ma carte de visite. » Nous ne parlons pas de Tinstruction primaire : une seule méthode étant praticable, celle de renseignement individuel, aucun personnel d'institution ne pourrait y suffire. On retomberait donc de fait dans tous les inconvénients, dans tous les dangers du confinement solitaire.

L'appréhension de ces dangers a fait repousser d'une manière absolue, par quelques personnes, ridée du cellulage, et les a conduites à ne chercher la réforme que dans le perfectionnement de notre mode actuel de détention. Plusieurs de nos établissements méritent en effet d'être cités pour leur tenue exemplaire; mais après avoir été conçus avec ensemble et dans une pensée de coordination, la pratique en a fait un véritable chaos; l'échelle de la pénalité se trouve renversée à ce point que, de l'aveu même d'un inspecteur général des prisons ', les maisons d'arrêt sont plus sévères que les maisons de correction^ le séjour des maisons centrales est préférable à celui des prisons de département, et les bagnes sont devenus le domicile favori des condamnés. On en a vu commettre de nouveaux crimes pour y être envoyés ; et la licence des mauvais exemples y est portée si loin qu'on a pu invoquer le passage au bagne comme nne circonstance atténuante en faveur des prévenus.

Bans le labyrinthe de tant d'opinions contra-

• Morwa GhrisioplM. Sh U Paris, 1838.

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dictoires, quel fil pourrait servir de guide, si ce n'est ce principe que nous avons présenté dès le début comme base du système pénitentiaire: la prison, sans cesser jamais d'offrir une garantie contre les malfaiteurs qu'elle renferme, doit avant tout être considérée comme un moyen d'éducation pour certaines natures rebelles qui ont résisté à l'éducation sociale? Eh bien î s*il est vrai qu'en matière d'éducation les méthodes absolues doivent être rejetées, et qu'il faille surtout adapter le moyen au sujet; si cela est vrai pour des enfants, dont le cœur et l'intelligence sont essentiellement souples , à plus forte raison cela est- il vrai lorsqu'il s'agit de ces individualités profondément caractérisées et d'autant plus inflexibles qu'elles se sont forgées, pour ainsi dire, par une lutte pénible et prolongée contre l'état social. Il n'y a point de mesure commune pour de telles âmes. Soumises indistinctement au même régime, au régime de l'isolement, les unes seront domptées ou souvent brisées; d'autres seront exaspérées, plus perverties encore peut-être, frappées de démence ou remplies d'une haine inextinguible pour la société. Qui sait si l'influence de l'exemple, au contraire, si l'habitude d'une vie disciplinée et laborieuse, ne les auraient pas rendues dignes de reprendre place au milieu des âmes honnêtes ! La diversité des résultats est écrite dans tous les rapports sur les pénitenciers; et un homme d'expérience autant que de théorie, après avoir cité des faits nombreux finit par s'écrier : « Rien n'est plus inégal et souvent même plus contradictoire que les effets de l'isolement ^ »

Au lieu de mettre en opposition les systèmes divers, ne serait-il donc pas plus sage de croire qu'ils peuvent être tous utiles et salutaires, pourvu qu'on les appliquât à des natures diverses? Au lieu de reconstruire toutes nos prisons pour un traitement exclusif, qui peut-être n'a point encore fait ses preuves suffisantes, ne serait-il pas plus prudent de les disposer de manière à comporter à la fois la cellule solitaire et la vie commune, l'emprisonnement individuel et l'emprisonnement collectif?

Un problème demeurerait à résoudre : comment effacer l'injustice d'une pareille diversité de châtiments non prévue par le Code? Mais l'objection a été levée par le gouvernement lui-même, lorsque adoptant une pensée de la commission que la chambre des députés avait chargé, en 1840, d'étudier ces questions, il s'est exprimé

* Ch. Lucaa, Inspecteur g^oÀvl Sn prisons da royaoaif, Corn» wunu'cëthn sur U* éét«muc$Uutés, etc., 18S9.

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ainsi dans l*exposé des motifs de son nouveau projet de loi (17 avril 1843) : « Nous proposons de décider que Temprisonnement isolé, o£Frânt plus d*efficacité et de puissance répressive que remprisonnement dans la vie commune, la peine subie sous le premier de ces régimes comptera, dans la supputation de la peine totale, pour une plus forte proportion que la peine subie sous le régime actuel; en d'autres termes, la durée de la peine, quand le condamné aura été assujetti au système de Tisolement, sera réduite dans un certain rapport que nous avons déterminé par une disposition formelle du projet de loi. • Le gouvernement comprend cette échelle de proportion comme un moyen transitoire pour passer du régime actuel d'emprisonnement à la captivité solitaire. Mais, dans le système dont nous parlions tout à Theure,. son application serait généralisée et rendue permanente ; les deux genres de détention étant maintenus concurremment, les tribunaux devraient se trouver investis d'une nouvelle attribution; ilsdevraient^ selon la nature du délit, selon le caractère du coupable étudié par le ministère public et par les défenseurs, révélé par les débats du procès, décider si la peine serait subie dans une prison cellulaire ou dans une prison commune.

Que cette idée aille augmenter le nombre des théories que la discussion a fait éclore depuis quelques années; c'est du sein de cette discussion que la lumière sortira. La France se montre souvent tardive à entrer dans l'application des progrès nouveaux. Mais, grâce à l'esprit merveilleusement pratique, à Tinstinct éminemment social de son peuple, souvent aussi elle a bientôt dépassé les autres nations. Peut-être encore dans cette occasion, en évitant de s'enchaîner par l'imitation des systèmes étrangers, parviendratelle à doter la philanthropie d'une véritable éducation pénitentiaire '. H* Garnot.

PRIVATIFS. On appelle ainsi, en termes de grammaire, les mots qui, par l'addition d'une syllabe ou d'une simple lettre, prennent une acception tout opposée à leur signification première : ainsi, de Valpha privatif des Grecs joint au mot polus, qui veut dire plusieurs, on a fait JpoUon, synonyme de sol ou êoUil, comme brillant seul d'un éclat non disputé. In latin et dans la plupart des langues vivantes de l'Europe, cette fonction est le plus communément

> 0«Ml«oan«ig«idti«aM«l«eMitad«rttliek,l«lené«r pMm «OMtoliCT, Mr et* iaportuMM ^pwtlMt i Dm êjnùnu féniumtimirê tuut Éutê-Umù, par MM. A. d« ToeqvetUle et Q. d« Bwoaont (Fui*, 1832; 2« M., 1636, 2 «ôl. i».8«); Aylk», D» êjrsàmtpémlêniiairê êtéêHs tonditioiu/oiulmnnttUê (Parte 1887);

remplie par la particule in; mais, de même que l'a privatif des Grecs est parfois augMentatif, si la syllabe in représente une autre pré^ition, les mots ainsi composés n'emportent rien moins qu'une idée négative. C'est ce que l'on voit dans les mots inné, insinualion, inteUin gent, intention, et dans le mot inintelligible, où la même particule joue les deux rôles diamétralement opposés. Les divers idiomes présenteol à ce sujet de grandes bizarreries : en anglais, in* habitant signifie la même chose qu« notre iboI habitant. Le privatif est sous-entendu apparemment dans le mot latin populatus, qui veut dire dépeuplé. Populata tempera doit se rendre par têle chauve f c'est-à-dire tempes dépouillées de leur chevelure. Feu M. Pougens prétendait enri* chir la langue fkvnçaise d'une foule de nouveaux privatifs, empruntés au latin^ à l'italien^ à l'espagnol, au portugais, à Tanglais» à Tellemand, etc. : beaucoup de ces termes nous sembleraient on ne peut plus barbares. Tel est le caprice de l'usage qu'il est un grand nombre de privatifs qu'on ne pourrait jamais dépouiller de leur particule : on dit insolent, insolite, inteetat; on ne pourrait dire ni soient, ni soUte^ ni testât, pas plus qu'il ne serait permis de dire effàble, comme le contraire d'ineffable. Inno* vation n'est pas le contraire de novation, qui exprime au contraire une idée analogue, de même qu'inhérent a de l'analogie avec adhérent; impertinent n'est pas même le contraire de pertinent. Le premier terme est emi^oyé dans la conversation usuelle, et le second en jurisprudence, pour exprimer deB* idées d'un tout autre ordre. On se rappelle au palais œ Jeu de mots d'uii avocat, feu M. Delahaye, ancien bâtonnier, plaidant un procès en séparation de corps : « Les faits articulés contre ma cliente^ disait-il, non-seulement ne sont point perii* nents, mais je prouverai qu'ils sont fort imper^ tinents. » — Outre la particule in privative, à laquelle les Allemands et, dans plusieurs cas, lee Anglais, ont substitué la syllabe un, nous avons les prépositions dé et dis, qui rendent des idées négatives, mais ce ne sont pas précisément des significations contraires. Le mot déshahilU n'implique pas toi^ours l'absence d*habits; dans disproportion, la première syllabe a un tout autre sens que dans distribution, ou dé dans les mots défaire et désaffMion* Cette dernière par»

Morcra Cbriftopha, Dt Vitat mctaêl 4êê primmt m Prûum (1837); XttllM, Jf»ré'Am0Hk0'4éi$tMê ZêitrnntU (D« là eonditloa iMrd« «Ubs TAn^iM dm Nord, etc.; Ldps., 1838, 2 toI. i»8o ; priM* Oww {mut.) à» Smiàêt D00 fùnà U 4êê priêêmi (m miêdk»), StoeUi., 1841. 9.

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