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Irouvent endayés en tout ou en partie dans le territoire de la Prusse, n'a pas laissé d*étre indirectement profitable à cette puissance, en la fixant nettement sur le but marqué à sa politique, c'est-à-dire en désignant rAllemagne même comme le terrain sur lequel elle doit principalement s'appliquer à étendre ses racines et à propager son influence. Cosignataire du pacte de la sainte-alliance, le gouyernement prussien s'est montré assez peu soucieux de réaliser certaines promesses d'institutions libérales données lors de la guerre de l'indépendance : soit qu'il ait craint de rencontrer, dans l'introduction d'un système de représentation générale pour toute la monarchie, trop de difficultés résultant de la nature hétérogène des éléments dont elle se compose, soit qu'il lui en coûtât trop de rompre entièrement ayec son passé et ayec les principes qui sont la base de ses alliances, il n'a encore fait jusqu'ici que des essais insignifiants dans la yoie du régime constitutionnel. Dans les crises passagères que l'efiFeryescencedes idées libérales produisit plusieurs fois en Allemagne, on a de même toujours yu le cabinet de Berlin pleinement d'accord ayec celui de Vienne sur l'application rigoureuse des mesures adoptées par eui (yoy. congrès de Cablsbad) contre toutes les personnes que leurs opinions ou leurs démarcbes pouyaient foire soupçonner de menées démagogiques au sein de la confédération. Plus d'une fois aussi, on a pu remarquer la fayeur si prononcée que le gouyernement prussien n'a jamais cessé de témoigner, sous tant d'autres rapports, pour tout ce qui ressort à l'aéliyité et au libre déyeloppement de la pensée, ou tend au progrès et à la difihision des lumières. C'est, en effet, grâce à celte supériorité intellectuelle que la Prusse est arriyée peu à peu à exercer sur les États secondaires de la confédération germanique une influence morale qui l'emporte de beaucoup sur celle de l'Autriche, et à diriger, d'une manière plus efficace et plus positiye que celle-ci, le mouyement des esprits en Allemagne, dans un sens où l'on reconnaît un acheminement yisible yers l'unité nationale. La prépondérance dont elle jouit s'est elle-même fortement rehaussée par le mérite et par les talents distingués de ses hommes d'État et de ses administrateurs (vox. Huhboldt, Ancillon, EicHBOBif, SAyiGiTT, etc.), dans la gestion et les exemples desquels presque tous ks petits gouyernements se sont plus ou moins habitués à prendre leurs modèles. Le besoin d'assurer le maintien de son influence^ par le resserrement de ces liens, a donné lieu â la création de la
grande ligue commerciale allemande, appelée le Zollverein, dont il a déjà été question dans la première partie de cet article. Tout en fixant principalement son attention sur les affaires intérieures et sur les intérêts particuliers de l'Allemagne qu'elle tend à faire grayiter de plus en plus yers son propre centre, la Prusse, dans toutes les questions relatiyes à la politique générale de l'Europe, a le plus souyent suiyi la marche tracée par sa puissante alliée la Russie, à laquelle l'alliance matrimoniale qui unit les souyerains des deux pays , et la conformité des principes qui se montre dans l'essence des deux gouyernements , la rattachent encore, nonobstant certaines répulsions d'intérêts et de sentiments nationaux. Jusqu'ici la mort du roi Frédéric-Guillaume III, arriyée le 7 juin 1840, n'a guère occasionné de changement notable dans la politique de la Prusse ; son fils Frédéric-Guillaume lY persiste à marcher dans la yoie pacifique qui lui a été sagement recommandée comme la plus propre à seconder le déyeloppement de la prospérité matérielle de son royaume, que l'on peut regarder comme une des conditions f odispensables de la consolidation de sa puissance dans l'ayenir. — Lés deux principaux ouyrages sur l'histoire générale de la Prusse sont : J. Yoigt, Geschichte Preusaens, von den œliesien Zeiien bis Mum Untergang der Herrschafl des deutschen Ordens, Kœnig&b., 18S7- 1839, 9 yol. in-8o, et Stenzel, GeschiclUe des preusstschen Staats, Hamb., 1830 et suiyant, 1. 1 et II. Ch. Yogbl.
PRUSSIATES, sels résultant de la combinaison de l'acide prussique ou hydrocyanique ayee une base.
PRUSSIQUE (Acibb). f^c»r*CTÂif06lEREet Agibe
BTDBOCTAIflQDB, yol. I«r, p. 154.
PRUTH. ycr- Pbobtb.
PRTTANÉE. On donnait ce nom, à Athènes, à l'édifice dans lequel étaient nourris et entretenus aux frais de l'État les ptytanes (ir^vraevcT^), magistrats choisis d'abord dans le conseil des 500 et chargés de l'administration supérieure de ia justice, des déclarations de guerre et des traités de paix, de la police de l'État et de la yille, de la distribution des yiyres, etc. Le Prytanée était aussi le siège du tribunal des prytanes. Le feu sacré de Yesta y était entretenu. On y receyait les citoyens qui ayaient rendu des seryices éminents à la république : les descendants de Démoslhène jouissaient de ce priyilége par droit héréditaire; Socrate répondit à ses juges, qui lui demandaient quelle peine il ayait méritée : « D'être nourri dans le Prytanée le reste de m<^
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joorf • » Infln c'était amti an VrjtMùée qu'on logeait lef ambassadeurs.
Sa 1795, lorsque l'enseignement public fut réorganisé en France, on donna, assez improprement, le nom de pryianéea à des établissements consacrés à Pinstruction de la jeunesse. Le Prxtanée français fut établi dans l'ancien local du collège Louis le Grand. L*ÉcoIe de Saint- Cyr devint un prytanée militaire. Sous le consulat, on substitua au nom de prytanée celui de lycée; et la restauration rendit aux lieux d'instruction publique leur yieille dénomination de collèges. A. Borghbbs.
PSALMODUE, cbant des psaumes, air sur lequel on les chante. Nous ne connaissons pas les airs sur lesquels les Juife les chantaient; cependant chaque psaume a un rfaythme particulier bien propre à l'accompagnement musical et qu'on a cherché à conserver autant que possible dans les traductions. On a étendu, au reste, le nom de psalmodie a toutes sortes de chants liturgiques exécutés en chœur. Coirv. Lix.
PSALTRII. Nom donné à un groupe d'oiseaux de Tordre des insectivores, qui offre pour caractères : bec extrêmement court, obtus, gros et bombé; mandibule supérieure trigone, courbée, à arête vive, l'inférieure à peu près de la même grosseur, un peu bombée en dessous; narines basales, latérales, entièrement cachées par les plumes du front ; ailes courtes, arrondies, avec la première rémige de moyenne longueur, et les deux suivantes un peu plus courtes que les autres; queue très-longue, un peu étagée; pieds à tarse long; le doigt postérieur le plus fort; l'externe soudé Jusqu'à la seconde articulation. On ne connaît encore de ce genre qu'une seule espèce, et c'est après l'oiseau-mouche pygmée, le plus petit de tous les êtres emplumés; la grosseur de son corps égale à peine celle d'un hanneton. Les psaltiies vivent en petites troupes dans les buissons, et se rappellent par un petit cri, sans cesse répété. Ils ont le plumage des parties supérieures brunâtres, avec un glacé de bleu azuré pftle ; le sommet de la tête, les côtés et le devant du cou bruns ; les rémiges et les rectrices noirâtres; les parties inférieures d'un blanc grisâtre, lavé de violâtre. Le bec est noir; les pieds sont jaunes. Taille, un pouce et demi, jusqu'à la naissance de la queue qui a presque la même longueur. Dr..e.
PSAMHITB. Ce nom, qui veut dire corps arénacé ou grès, a été donné par Hatty, à la roche qui forme le grès intermédiaire ou grauwacke commune; c'est un assemblage de grains de quartz, de phyllade, de mica, agglutinés méca-
niquement par un ciment ordinairement de b nature du phyllade, et qui est tantôt à gros grains, et tantôt à grains fins. Elle comprend comme variété la grauwacke schisteuse (ym»tcacken^chiêfèr)^ qui renferme accidentellement ilu carbonate de chaux sous la forme de veines parallèles ou irrégulières. Brongaiart, au contraire, donne le nom de psammite aux différents grès mélangés, quelle que soit leur position géognostique , dont la composition est analogue à celle du grès des houillères, et qsi sont un assemblage de grains de quartz et de parcelles de mica, réunis par une petite quantité d'argile. Le grès des houillères (grès micacé on friable de plusieurs géologues; métaxite d'Httty) forme, dans la classification des^ches, de ce dernier le type des psammites communs; la plupart des grès rouges à petits grains, et quelques-uns des grès bigarrés des Allemands, coaiposent 'son psammite rougeâtre ; enfin , plusieurs des grauwacken-êchiefer, forme aoe troisième variété que Hatty nomme psammite schistolde. D1..1.
PSARA ou IPSARA, anciennement Ptyra^Vut de l'Ardiipel grec située auprès de celle de Chio dont elle dépend. Le sol en est aride et rocailleux ; mais la culture de la vigne y prospère. La plupart des habitants s'adonnent à la marine et sont des bateliers très-excercés; habitués irnar viguer avec leurs petits bâtiments d'une Ile à l'autre, ils sont les commissionnaires par eande l'Archipel. £n temps de guerre, ce sont des corsaires redoutables, à cause de la connaissance parfaite qu'ils ont de toutes les retraites, baies, anses, ainsi que des écueils et bancs de sable de ces parages. Lort de la guerre de llndépendance, vers 1890, ils fournissaient un contingent assez considérable à la flotte des Grecs^LUe de Psara a un bon port dans lequel s'élève une petite Ile appelée, à cause de sa position, Anti- Pêora. BirriHO.
PSAUMES (du grec Y<a/ue, substanUf dériré de TdUAtcy, chanter en s'accompagnant d'un instrument à cordes), hymnes ou cantiques écrits sur la sainte montagne, en hébreu, et dont le roi David passe généralement pour être l'auteor. Toutefois, des Pères de l'Église lui associent d'autres pœtes sacrés, Asaph, Idithun, Émar, et presque certainement les enfanU de Coré, dont le nom figure en tête de plusieurs de ces hymnes, dont les titres secondaires passent pour être de la main d'Bsdras. Leur titre général, dansPidiome de Moïse, est Sêpher Thêhilim (le livre des louanges); et quelquefois ils ont un titre particulier en tête du premier verset, qui es
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MiMomar (Metton, coupon), Apparemment la raeture muiioile , que Pon indiquait ou battait lorsque ces hymnes étaient cliantés par les lévites. Les Grecs les nomment psalmôi, en français psaumes, de leur verbe psallein (pineer ou toucher un instrument). Ils sont au nombre de 150. David, dansant devant Tarehe, ou retiré dans son palais , ou même assis à la table des festins, chantait ces poésies nationales et sacrées au son du kinnor (la grande harpe), et dans le temple les éclatants buccins, les doux psallérions, les vibrantes cymbales, les chœurs mélodieux des 4,000 lévites les accompagnaient de leur puissante et immense harmonie. Durant la captivité, des Juifk moururent de tristesse de ne plus entendre les belles louanges du Dieu de leurs pères, du Dieu de tous les dieux. Leurs regards se levaient incessamment vers les saintes montagnes, qui semblaient leur dire :
Dira M Tcut ploâ qo*oa viMUM 4 acs soUonltÀ.
~ Le Supsr flumina Bahylonis faisait ruisseler sur leurs Joues un torrent de larmes. Aujourd'hui encore, indifférents que nous sommes, nous ne lisons pas cette plainte sans avoir Tâme navrée de tristesse. C'est la plus touchante élégie qu'aient enfantée la douleur, la captivité et l'exil. Le tendre Virgile seul, ohes les païens, semble avoir été pénétré de cette tristesse indicible lorsqu'il modula ce vers si doux, si plein de pleurs t
Km patrUi fines, «t dnlcla Ilnqaimiu vya.
L'esprit humain n'a Jamais rien conçu de com« parable à ces psaumes , dont l'authenticité est incontestable. Du moment que David eut élevé le temple du Seigneur sur la montagne de Sion, on les voit se succéder, puis s'interrompre, puis reparaître ches le peuple Juif depuis les pompes de la maison de cèdre et d'or de Jéhovah Jusqu'à la pauvre synagogue, espèce d'exil encore d'un malheureux peuple dans les Babylones actuelles de la terre. En ^t, dans ces compositions ad« mirables, la mi^esté et la grâce, la terreur et la consolation, la colère de Dieu et son amour, les mystères du ciel et les simples choses de la terre, l'exaltation et l'abattement, la douleur et la Joie, la prière humble et l'hosanna du triomphe, et la pénitence couverte d'un sac et de cendre, les couleurs les plus éclatantes et les plus sombres, l'ode, l'élégie, le dithyrambe, la morale rhythmée et chantée , tout est lié comme un merveilleux faisceau de 150 instruments divers. On ne peut y nier la présence tout entière de l'esprit saint, du msns divinior, éblouissant soleil dont le sage Horace hérita un rayon, parmi les
païens, ahMl que Platon et Bocrate. Quant I la prosodie de oes poëmes, les siècles envieux noué ont presque fermé les oreilles à ses rhythmes divins. Saint Jérôme ne fut pas plus heureux que nous; quand le voile du temple se déchira, cette admirable harmonie s'envola sur la harpe des anges. Tout ce que nous savons de la poésie hébraïque, c'est que chaque verset est tout d'abord rhyhtmé par un certain nombre de syllabes, comme les vers gaulois , et que comme lui chacune de ses lignes, plus courte ou plus longue l'une que l'autre, est enrichie d*un mot final qui, faisant écho avec celui de la ligne précédente, ressemble aux rimes françaises. L'auteur des psaumes, quel qu'il soit, s'appelle du nom général de psalmisU. L'instrument dont il s'accompagnait en chantant se nommait psaltérion, chex les Grecs, et nebel chei les Hébreux. Il avait doute cordes et se pinçait avec les doigts, ou se touchait avec le plectrum, ou archet. C'était, à peu de choses près, notre harpe moderne. Cet instrument était un des principaux accompagnements dans les symphonies sacrées des 4,000 lévites; c'était celui du roi David, celui qui avait tant d'empire sur l'âme du mélancolique et Infortuné Sattl. La plus ancienne des traductions des psaumes est celle des Septante. La traduction syriaque est aussi très-ancienne, elle fut faite sur le texte s deux versions arabes, une cophte, des psaumes , sont aussi sorties de l'Orient. L'ancienne Yulgate latine ou italique a été prise sur les Septante : eUe est d'une si haute antiquité qu'on n'eu connaît ni la date ni l'auteur. Saint Jérôme, qui la corrigea, voulut néanmoins que la première, toute grossière de style qu'elle était, mais exacte autant que possible, fût seule chantée par les fidèles. La version latine de saint Jérôme fut adoptée au x« et xi« siècle, dans la plupart des églises d'Italie et des Gaules, mais, au xvi*, Pie Y fit rétablir l'usage du psautier romain ; car c'est du nom de psautier que se nommait depuis longtemps le recueil des psaumes. Les Juifs l'avaient divisé en cinq parties, mais saint Jérôme et les Pères n'ont pas suivi cet ordre; d'ailleurs, on ne peut les classer par dates chronologiques ; on n'a sur le tempe précis de leur composition que des données incertaines. Le style de ces cantiques est figuré le plus souvent; une religion éclairée ne doit pas tout y prendre à la lettre : la venue du Messie, cette fleur de Jessé éclose du sang de David, y est plus d'une fois annoncée par ce roi prophète sous des voiles diaphanes, qu'a soulevés Bossuet. Ces chants faisaient les délices du peuple dUsraèl; c'étaient aussi ses hymnes de gloire; ils retentis-
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salent publiquement sur la montagne de Sion; Jérusalem, parée de ses habits de fête, accourait tout entière les ouïr; plus tard, enfermés sous des arceaux de pierres dans des cloîtres sonores, ils consolèrent du sacrifice des plaisirs et des pompes du monde de saints hommes et de saintes femmes. Dans les monastères, on psalmodie nuit et Jour. Ce chant monotone, qui n*a pour témoin que la lueur d*une lampe ou de quelques cierges dans le calme des ténèbres, a pour le voyageur égaré quelque chose de si grave, de si imposant, de si mystérieux, quUI fit plus d*une conversion; le flambeau de TÉglise, le grand saint Augustin, lui dut la sienne. Les hommes de voluptés tournent tout en ridicule; ils appellent en dérision pêoLmodier réciter sur un ton traînant et monotone, prose ou vers. On nomme psaumes graduels, ou des degréSf ou de la montée^ le 119* et les suivants jusqu^au 154«. Il parait certain que ces cantiques, au nombre de 16, ont été composés en partie par les enfants de Coré à Toccasion du retour de la captivité de Babylone. Cette ville magnifique s*étendait dans une plaine au bord de TEuphrate, et, pour retourner à Jérusalem, toute crénelée de monts blanchâtres, il fallait fnonter, surtout si Ton voulait aller au temple du Seigneur, bâti sur la colline de Sion. Les premiers versets d*un des cantiques des ^rés, que j*ai traduit textuellement de Thébreu, confirment victorieusement celte opinion. .
CoauM «M bfclM lul«laiil«, TottTM 1«0 7«az Tcn le torrait, Sdgncnr, moo âoM tst dans l'attcat*, Écoatts MO «ooffla moarani; De votre pr^MBce eltër^, De Tocre iememn êttétf Qnend ievclieni>t.elle le ecnU?
O DIctt vlTaat, bonti p«bMote !
SwToire Cmc AlwdMaMe Repoecnl-je eècor moo <bU 7
DlHlfl-BAAOIf.
Dans l*Église réformée, on appelle aussi psoMmes les cantiques que Ton chante pendant le service divin et pour lesquels les psaumes de David furent pris pour base. Clément Marot traduisit en vers français 59 psaumes, et ce travail fut achevé, après sa mort, par Théodore de Bèze. La Ir* édition, encore incomplète, du recueil des psaumes, est celle de Genève ; elle porte la date de 1545, et est précédée d*une préface de Calvin. Cette poésie religieuse du milieu du xvi« siède, n*ayant pas lardé à vieillir, fut remaniée plus tard par Tacadémicien Conrart et par le pasteur Labastide, et des corrections successives, faites en Suisse et en Hollande, en ont beaucoup
modifié la forme primitive. Néanmoins, ces traductions françaises des psaumes, ainsi que celles qui ont été faites en d'autres langues, et notamment à Tusage de TÉglise anglicane, laissent encore, sous le rapport du style, beaucoup à désirer. Leur musique aussi, d*un caractère lourd et traînant, serait susceptible de grandes améliorations. Le chant choral allemand lui est supérieur; mais les cantiques qu'on a en cette langue, et qui eurent pour point de départ le psautier publié par Luther en 1534, s'éloignent beaucoup plus des psaumes de David et sont dos la plupart à des auteurs modernes. X.
PSÉPHITE. Nom donné par Brongniart à une roche arénacée, qui fait partie du terrain defigné par les mineurs allemands sous le nom de Todie Liegende, et qui est composée des détritus de difFérentes roches, enveloppés dans une pAte argilolde. Le rothe todte Liegende d'Elrich et de Zorge, au Hartz, (grès rudimentaire d'Hatty), ainsi que le thonporphyr, de Chemnitx en Saxe, appartiennent à cette espèce. De. .t.
PSEUDONYME du grec ^cO^ot, faux, et ôvo/uc, nom), signifie littéralement qui a pris un nom faux et supposé. Cet adjectif s'applique également aux auteurs qui publient des ouvrages sous un autre nom que le leur, et aux ouvrages publiés sous un faux nom d'auteur. L'ouvrage pseudononne peut être publié sous le nom d'une personne connue qui ne l'a pas fait, ou bien encore sous le nom d'une personne qui n'existe point, sous un nom entièrement supposé. Cest une supercherie dont les auteurs ne se sont pas fait faute depuis l'invention de l'imprimerie; et notre siècle, à cet égard, peut se flatter de ne le point céder à ses devanciers. QUbique les lois tolèrent cette liberté, qui dégénère souvent eo licence, qu'il nous soit permis, dans l'intérêt de de la morale publique, de présenter ici quelques réflexions sur les auteurs et les ouvrages psendonjrmes. Qu'un auteur, en mettant sur son livre un nom supposé, n'ait que l'intention de dérober son véritable nom aux traits de la critique, il dY a rien là que de fort innocent, surtout quand l'ouvrage publié de cette manière ne renfenae rien que ne puisse avouer un honnête homne. Mais il n'en est plus de même lorsqu'un ouvn^ pseudonyme, sorti de la vile plume d'un iibelliste a pour unique objet de répandre le scandale dans la société, et de calomnier l'honneur des familles les plus respectables. Alors, Tauteor pseudonyme mérite d'être accusé du crime de Iftcheté devant le tribunal de l'opinion. Il y a presque identité entre sa position et celle de ces grands criminels qui prennent un faux non
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pour mieux échapper aux recherches de la police. Mais la question devient encore plus sérieuse, et le délit plus grave, si le calomniateur pseudonyme, dans le double but, et de se mettre à Tabri des coups de bâton, et de donner plus de poids à ses Inventions mensongères, pousse Teffronterie Jusqu^à usurper un nom bien connu, un de ces noms historiques qui commandent le respect en inspirant la confiance. Quel mot emploiera-t-on pour qualifier comme elle le mérite une aussi odieuse conduite? Serait-ce trop de Tassimiler à celle d*un meurtrier qui, après avoir commis maints assassinats, aurait Taudace d*accuser lui-même un homme innocent d*étre Tunique auteur de tous ses crimes? Certes, aux yeux de la saine morale, rien ne pourrait Justifier les attentats des auteurs pseudonymes de cette espèce : ni la faim, ni la soif, ni la cupidité, ni même une juste vengeance, ne pourraient être invoquées en leur faveur. Et cependant le public est si flriand d^hlstoires scandaleuses quMl accorde indulgence plénière à ceux qui veulent lui en fournir. Qu*on lui en donne à quelque prix que ce soit, il ne sMnquiète pas du reste ; le public se moque d^ètre dupe, à la condition qu*on Tamusera. Il est tels Mémoires d*assez fraîche date qu*on a lus avec engouement; ils étaient pleins de mensonges, de turpitudes et de méchancetés : c*était déjà un puissant élément de succès ; mais, de plus, Tauteur avait eu la précaution de mettre son salmis d*anecdotes sous le nom d'une femme de Tancienne cour de Versailles connue pour la politesse et la finesse de son esprit. Comme cette dame était morte et sa famille éteinte, il n'avait point à redouter les réclamations directes; il a joui paisiblement des fruits de son indigne fraude, et, malgré les efforts de quelques journalistes pour dévoiler Pinfâme imposteur, son œu?re pseudonyme passe encore pour authentique aux yeux de bien des gens. Des auteurs pseudonymes de cette trempe nous semblent bien autrement criminels que des écrivains anonymes qui débiteraient les mêmes choses; ils ont deux fois plus de lâcheté, et mille fois plus de chances d'être crus. Les démasquer avec éclat serait un utile service à rendre à la société; la loi elle-même devrait prévoir de semblables brigandages, et vouer leurs auteurs à l'opprobre , comme calomniateurs et comme faussaires. — Feu Antoine Alexandre Barbier a laissé un Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes français et latins (4 vol. in-go, Paris, 1832 et années suivantes). On trouve dans cet ouvrage une foule de faits curieux qui prouvent combien est grand le nombre de ceux
qui n*ont pas le courage de leurs opinions ou de leurs mauvaises passions. Malgré les erreurs et les omissions inséparables de la nature d'un tel dictionnaire, le lecteur ne verra pas sans intérêt toutes les recherches et toute la science bibliographique avec lesquelles l'auteur a su dévoiler tan t d'écrivains anonymeset pseudonymes.
CHA»A61IAC.
PSITTACIROSTRE. Groupe d'oiseaux de l'ordre des granivores, qui ont pour caractères : bec court, très-crochu ^ un peu bombé à la base ; mandibule courbée à la pointe sur l'inférieure qui est très-évasée, arrondie et obtuse; narines placées de chaque côté du bec, à sa base, recouvertes en partie par une membrane emplumée; tarse plus long que le doigt intermédiaire; quatre doigts : trois eu avant, divisés, les latéraux ^aux; un pouce, deuxième rémige un peu plus courte que la troisième. Ce genre a été établi par Temminck; les espèces qui le composent se trouvent aux lies Sandwich ; Vieillot le premier les a séparées des gros-becs avec lesquels on lès avait primitivement confondues. Dr..z.
PSYCHÉ, dont le nom tout hellénique signifie âme, et par analogie papillon, n'est qu'un être semi-mylhologique; les anciens mythes grecs l'avaient à peine indiqué; il passa chez eux pour une princesse d'une beauté ravissante dont Cupidon* fut vivement et éternellement épris. C'était le symbole du désir pur, qui dédaigne la brillante argile du coVps, et qui s'attache à l'âme. Apulée, philosophe platonicien , qui vivait sous les Antonins , vers la fin du ii« siècle, composa sur cette légende obscure la plus charmante fable qui existe. D'une forme et d'un style tout nouveaux à cette époque, elle servit depuis de types à nos contes de fées. « Il y avait, raconte ce riche et savant citoyen de Madaure , dans une certaine ville, un roi et une reine qui avaient trois filles, toutes trois fort belles. Quelques charmes que pussent avoir les deux aînées, il n'était pas impossible de leur donner des louanges proportionnées à leur mérite. Mais , pour la cadette , sa beauté était si rare et si merveilleuse que toute l'éloquence humaine n'avait point de termes pour l'exprimer. » Ne croirait-on pas entendre le début d'un conte de Perrault et de la Bibliothèque bleue. Toutefois, les peuples et les rois venaient déposer leurs hommages aux pieds de cette beauté surnaturelle, dont Fâme était encore plus belle. Vénus, abandonnée, oubliée, tomba dans le mépris ; elle quitta de honte, de dépit et de . colère, Paphos, Cythère et Gnide, où ses autels, couverts d'une mousse humide, ne recevaient plus ni fleurs, ni encens, ni vœux, ni offrandes.