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rassemblé toutes les questions, tant surrhomme que sur Dieu , dans lesquelles la méthode d*induction Jouait le rôle principal. — Ainsi, d'une part, théorie de TintelUgence, théorie de la sensibiUté, théorie de TactiYité; de Tautre, quesUon de Torigine de nos connaissances, distinction du principe pensant et de la matière, inductions sur rétat futur de Tâme, Toilà Tobjet de la psychologie, Yoilà rétendue de son domaine. En le mettant à part, que reste-t-il à la philosophie? la logique, Testhétique, la morale et la théologie naturelle. — Maintenant, quelles sont les relations de la psychologie avec les autres parties de la philosophie? Ces relations sont si étroites qu*il est impossible de ne pas proclamer la psychologie le point de départ et Tunique base de toutes les théories philosophiques. La logique, Testhétique, la morale, ne sont que des corollaires ou des applications des théories de Tentendement, de la sensibilité et de TactiTlté. Qu'est-ce en effet que la logique, si ce n*est Tart de perfectionner les facultés de Tentendement et de les diriger par les voies les plus sûres vers leur but principal, qui est la découverte et la transmission de la vérité ? Or, comment tracer des préceptes pour Texercice de ces focuUés avant que la psychologie vous ait fait connaître ces facultés mêmes, et vous ait appris leurs lois? Comment décrire la méthode d'une science, si Ton n'a préalablement observé quel procédé a suivi l'entendement pour arriver à l'espèce de vérités qui constituent cette science? Comment déterminer la manière de transmettre un certain ordre de connaissances, si l'on ne connaît pas la faculté à laquelle on s'adresse , les lois et les exigences de cette faculté? Il en est de même pour l'esthétique : les préceptes qu'elle trace aux poètes et aux artistes ne sont fondés que sur la connaissance des lois de la sensibilité, l'analyse de toutes les affections qui nous révèlent la beauté dans tout ce qui nous entoure. La morale s'appuie sur toute la psychologie, et elle en est comme le résumé : qu'est-ce en effet que l'accomplissement delà loi morale pour l'homme, si ce n'est le développement régulier de toutes ses tendances? Faire son bien ou le bien d'autrui, c'est agir conformément aux besoins ou aux penchants de sa nature ou de la nature des êtres qui nous entourent. Or, qui nous révèle les tendances, les besoins de notre nature et leur importance relative, si ce n'est l'étude même de la nature humaine, en d'autres termes la psychologie? Quant aux bases de la morale, on a coutume de les placer dans l'ontologie , comme si l'ontologie était autre chose que l'analyse de la
raison ? Il est juste de dire cependant que la psychologie ne fournit pas à elle seule tous leg éléments de solution pour la question morale, et qu'il faut avoir recours à la théodicée, si l'on veut déterminer tous les caractères de la loi morale, et principalement sa sanction. Mais il ne suffit pas que la connaissance de la nature du législateur nous ait révélé tout ce qui rend la loi obligatoire pour le sujet de cette loi, il faut encore que l'homme sache ce qu'il doit faire pour remplir les obligiitions qu'elle lui impose, et cette question est la plus importante, car, si l'homme comprend facilement la sainteté de l'obligation morale, il ne sait pas aussi bien ni aussi vite tout ce qu'il doit faire, tout ce dont il doit s'abstenir, pour accomplir la loi : or, c'est là ce que lui apprendra la psychologie, chargée de lui expliquer toutes les lois de la nature humaine, de lui analyser ses diverses tendances, et de lui montrer par là même celles qu'il doit respecter, et dont il doit favoriser le développement, celles dont il doit restreindre l'action comme nuisible au développement régulier des facultés les plus importantes de son être. On voit donc que la logique, l'esthétique et la morale ne sont que des dépendances de la psychologie, qu'elles en dérivent, qu'elles en sont la conclusion et le couronnement. Quant k la théodicée, si elle s'en distingue nettement par son objet, elle a encore avec elle une relation assez étroite, en ce que les preuves à priori de l'existence de Dieu et de ses principaux attributs reposent sur des idées que la psychologie examine en analysant la raison. — Nous avons séparé la psychologie des autres branches de la philosophie, nous avons démontré les rapports qu'elle a avec chacune d'elles. Quelle est maintenant sa place parmi les autres sciences naturelles? pourquoi s'en distingue-t-elle ? quels sont avec elles ses points de contact? Mais d'abord, la psychologie est-elle une science, ou peut-elle le devenir et avoir droit d'être placée en parallèle avec les autres théories scientifiques? Quoique cette dernière question n'en soit plus une pour ceux qui ont fait de la psychologie une étude sérieuse et attentive. Je n'ai pas néanmoins hésité à la poser ici, puisqu'il y a été répondu négativement par des hommes dont le nom peut être une autorité aux yeux du monde savant, puisque des philosophes mêmes ont prétendu que la philosophie ne pourrait jamais s'élever au rang des sciences proprement dites, et consistait dans la connaissance des diverses doctrines émises sur l'homme et sur Dieu, oubliant sans doute que la psychologie expérimentale, non-seulement fait partie de laphilosophie» mais
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en est la base essentielle. — Oui, la psychologie est une science, science encore dans son enfance, comprise par bien peu de monde, et entourée de difficultés qui limitent le nombre de ses adeptes, mais science positive, possédant tous les caractères qui distinguent les autres sciences, ayant un objet bien déterminé, des faits à elle, et des faits dont Fexistence est d*une évidenee irrécusable; une méthode à elle, méthode sûre et incontestée : son objet, c*est Tesprit humain, dont personne ne saurait mettre en doute la réalité sans se renier en même temps soi-même; ses faits, ce sont tous les phénomènes dont la conscience est le théâtre, et par lesquels nous nous révélons à nous* mêmes, phénomènes intellectuels, phénomènes afFectifi, phénomènes volontaires. Qui serait assez insensé pour nier Texistence de tels faits? Quoiqu'ils ne se présentent pas à nous comme les phénomènes de la matière, avec retendue tangible, la forme, la couleur, etc., ils n*en ont pas moins leur évidence, qui nous les rend tout aussi appréciables, et beaucoup mieux peut-être que les faits extérieurs. Ainsi, quoique nos idées, nos déterminations, nos joies ou nos souffrances ne soient ni figurées, ni colorées, nous n'y croyons pas moins qu'à notre propre existence, puisque ce sont ces phénomènes qui la constituent, qui en sont le développement et la manifestation. Ces fïits sont d'une autre nature que les faits de la matière, voilà tout : ils n'en sont pas moins des faits, des faits certains et incontestables. Ces faits ont leurs lois comme les faits de la nature physique. Tout le monde sait, par exemple, qu'une connaissance se grave mieux dans la mémoire quand l'attention s'est arrêtée sur elle plus longtemps et avec plus d'énergie. Quant à la méthode de la psychologie, elle ne diffère point au fond de la méthode des sciences physiques : c'est toujours d'une part l'observation analysant les faits et leurs caractères, de l'autre l'induction s'élevantàla connaissance des lois de l'esprit d'après les données de l'expérience : la seule différence consiste dans le procédé de l'observation, procédé qui ne peut être le même, puisqu'il ne s'agit pas de ftiits du monde extérieur, mais de faits du monde Interne , qui ne tombent pas sous les sens, qui par conséquent ne peuvent s'expérimenter avec le scalpel ou le microscope, mais qui sont accessibles à la réflesion. Or, la réflexion n'est autre chose que l'attention donnée aux modifications du moL C'est donc toujours ràttentioDqHi opère, qui s'exerce comme faculté d'analyse, nais qui s'exerce au moyen de la conscience et non de la perception externe. La
réflexion s'adjoint encore comme auxiUairet : lo Tobservation des actes extérieurs de nos seau* blables, qui peut nous fournir des inductions fécondes, et suppléer à ce que l'observation 4e notre individu a de borné et d'incomplet; 9* le sens commun, qu'on ne consulte jamais en vain, et dont les réponses, soumises au contrôle de la réflexion, renferment toujours une vérité ; S» ta langue, miroir de la pensée humaine, miroir vrai et fidèle pour les hommes intelligents et de bonne foi ; 4» enfin, l'examen judicieux des systèmes philosophiques, où l'on trouvera éparses de nombreuses et importantes vérités, que contrôlera et que classera la réflexion. La psychologie est donc réellement une science, ayant m droit incontestable à être rangée parmi les sciences naturelles, et dont elle ne doit être distinguée qu'en raison de la nature des faits dont elle s'occupe, faits qui ont de commun avec les phénomènes physiques la réalité, l'évidence, la possibilité d'être classés, ramenés à des lois. Or, ces caractères suffisent pour élever la théorie qui présente de tels faits à la dignité de théorie positive et scientifique, quel que soit actuellement son peu de progrès. — Si la psychologie est, sous le rapport de son développement, inférieure aux autres sciences naturelles , eUe a néanmoins sur elles, même à son état actuel, plusieurs avantages remarquables. D'abord, c'est que, s'occupant des lois de l'entendement, des procédés différents qu'il emploie, selon les différents ordres de vérités qu'il étudie, elle pose les bases de la méthode et de toutes les méthodes, et qu'elle sert ainsi à toutes les sciences de point de départ et de guide. Et si leurs tliéoriss ont droit à notre confiance, c'est encore la psychologie qui va chercher dans les faits de resprit humain de quoi baser notre certitude; car avant de croire aux objets de nos spéculations, il nous faut croire à l'esprit, qui en est le sqjet, il nous faut accorder notre confiance aux lois intellectuelles, qui président à toute œuvre scientifique. — Mais ce qui élève surtout la psychologie au-dessus des autres sciences, c'est l'importance de son objet, et, à ce titre, non-seulement elle veut être considérée comme science, mais elle réclame des hommes sérieux, des aaus de la vérité et de l'humanité, le concours de leur zèle éclairé, pour élever l'édifice dont les nalAriaux sont encore épars, et dont on n'a fait qoe jeter les fondements. Quoi de plus digne en effet de nos spéculations, quoi de plus utile et de pins grand dans ses résultats que la science qui révèle l'homme à lui-même, l'initie aux sublimes mystères de sa nature, lui donne le sacrstiiesi
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