PUF
obtenir. Dans les forges à Tanglaise de Seraing (vox* planche et description du LAHmoia dk Sk- RAIII6, tome iy«) le fer fort donne toujours plus de déchet que le fer tendre. Dub...
PUDEUR, sentiment noble et délicat qui participe de la honte et de la modestie. Il est une pudeur pour les choses de Tesprit, comme pour celles du corps ; cependant le soin de veiller à la pureté de la partie matérielle de notre être semble caractériser cette aimable vertu. Alors, chez les hommes, elle se nomme décence; et, sous le nom de pudeur, elle est particulièrement Tapanage du sexe féminin, aux grâces duquel eHe prête un attrait de plus. Avant le mariage, gardienne de la virginité, elle devient ensuite la sauvegarde de la chasteté d^une épouse. Ce fut la pudeur qui arma la main de Lucrèce (vox* BBiTTii8)d*un poignard, pour venger, aux dépens de sa vie, son honneur outragé par Todieux Sextus.
Les anciens avaient fait une divinité de cette vertu. Sousie nom de PudicUé elle avait à Rome un temple et des autels. On lui donnait le lis pour symbole. Un des chefs-d*œuvre de la sculpture antique, la f^énus de la villa Borghèse, quoique nue, n*en a pas moins reçu le surnom de pudique. Un sculpteur moderne, Antoine Corradini, a, au contraire, représenté la pudeurcouverte d'un voile, depuis la tête jusqu'aux pieds. On voit, à Naples, cette statue. P. A. Vibillabb.
PUFENDORF <Sahiibl), historien et publiciste célèbre, vit le jour en 1631 à Chemnitz, petit village de Misnie; son père était ministre luthérien. Né sans fortune, il comprit de bonne heure qu'il ne pouvait se créer une position honorable et indépendante que par ses talents. Envoyé à I«eipzig, il se distingua par son assiduité et par ses progrès ; il se livra surtout à l'étude de la philosophie cartésienne , des mathématiques et du droit public. Coyet, ambassadeur de Suède à la cour de Danemark, lui confia l'éducation de son fils. La guerre ayant éclaté entre ces deux iuts, il fut arrêté avec tout ce qui composait la maison de l'ambassadeur. Il resta huit mois en prison. Habitué à se rendre compte de ses lectures, il avait fait des extraits et des notes sur le Droit de la guerre et de la paix de Grotius, et sur les ouvrages de Hobbes. Pendant sa captivité , il réunit en corps d'ouvrage ses notes et ses réflexions sur les doctrines de ces deux auteurs, et publia son travail en 1660, à la Haye, sous le titre à* Éléments de jurisprudence universelle. Ce premier ouvrage fit une grande sensation, et appela sur.son jeune auteur l'attention publique. L'électeur palatin Charles-Louis fonda
Sa
en sa faveur une chaire de droit naturel dans l'université d'Heidelberg : il y professa jusqu'en 1670. Le roi de Suède, Charles XI, le nomma à la chaire de droit naturel à Lunden , le fit son historiographe, et l'admii au nombre de ses conseillers, avec le titre de baron. Plusieurs autres souverains du Nord lui firent les propositions les plus honorables pour le fixer dans leurs États ; il donna la préférence à l'électeur de Brandebourg, qui le fit conseiller d'État, et le chargea d'écrire l'histoire de l'électeur Guillaume le Grand. L'air des cours ne fut point contagieux pour Pufendorf ; ses mœurs furent toujours simples et pures. L'étude fut l'unique occupation de toute sa vie; il mourut à Berlin, en 1694, âgé de 63 ans. La science du droit public a fait depuis de grands progrès. Mais Pufendorf doit être considéré comme un de ses premiers fondateurs. Il fut supérieur à Grotius et à Hobbes, qui l'avaient précédé. On doit à cet auteur érudit et judicieux : 1» les Éléments de jurisprudence universelle (Elementorum jurisprudentiœ universalis libri duo), publiés à la Haye en 1660, et à léna en 1669 : un anonyme y a joint un appendix, De sphœrâ morali; 3» histoire de SuédOy depuis l'expédition de Gustave- Adolphe jusqu'à l'abdication de Christine (1638 â 1654, Utrecht, in-fol., 1686), ouvrage remarquable par la concision, la clarté et l'exactitude; 3» Histoire de Charles-Gustave (3 vol. in-fol., Nuremberg, 1696), écrit en latin et publié en français dans la même ville (1698, in-fol.); 4o Histoire de Frédéric-Guillaume, électeur de Brandebourg. L'auteur avait eu â.sa disposition les archives de la famille, mais il fut obligé de faire de nombreux retranchements pendant et après rimpression. Quelques exemplaires échappèrent aux ciseaux de la censure électorale. Ils sont fort rares (Berlin, 3 vol. in-fol., 1695).5o Jo/iatinis Meursii laconica, et la Grèce ancienne de Jean Lauremberg (Amsterdam, 1661). Pufendorf n'est que l'éditeur de ces deux ouvrages. 6» Do statu imperii germanici : c'est moins une histoire qu'une dissertation , mais cette dissertation , écrite avec esprit, clarté et précision, est dégagée de cette surabondance de citations et de raisonnements si familiers aux jurisconsultes d'Allemagne. L'auteur arrive de fait en fait, de preuve en preuve, à cette triste et incontestable conclusion , que l'empire d'Allemagne est une agrégation indéfinissable, incohérente, dont les partis présentent un mélange monstrueux d'éléments hétérogènes. Son but était de provoquer une réforme politique qui conciliât tous les intérêts, tous les besoins de la nation germanique;