‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 22Chapitre 5 sur 61 · PLY · texte numérisé non relu

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TÊmurworth. BDe s'élève à rentrée du Catwater, au nord, antoor d'un bassin nommé Suttonpool, que protègent deux Jetées et qui lui sert de port; la citadelle, construite sous Charles II (1070) se dresse au midi de la ville, au-dessus de Touverture du port, et occupe une portion de la banteor dite le Hoe, baignée par le soundy et qui est un point de reconnaissance pour les navigateurs. Les édifices de Plymouth dignes de quelque remarque sont la vieille église qui existait d^à en 1991, TégUse Saint4:harles (1646), le théâtre construit tout en fér, la bibliothèque publique, le marché, les casernes, les prisons, les greniers et la boulangerie de la marine. Elle possède de nombreux établissements d'instruction et de bienfaisance et fait un commerce considérable d'importation en charbon de terre, grains, vins, bois, etc. Elle avait en 1841 une population de 86,527 habitants.

Dock's-Tovni, la ville du Dock ou de l'arsenal, est sur une péninsule entre le Hamoaze, qui la baigne à l'ouest et au sud, et le bras de ce bassin appelé Sionehouse-creek^ une enceinte fortifiée la protège du côté de la terre. Elle se divise en 2 parties distinctes, l'arsenal et la ville même, séparées l'une de l'autre par une muraille. L'arsenal, qui se développe au bord du Hamoaze suivant une ligne courbe de plus de 1,000b, présente le mouvement, l'activité qu'entraînent avec eux tous les grands travaux d'un port militaire. Dock's-Town est une jolie ville, régulièrement bâtie, pavée en un marbre grossier extrait du sol sur lequel elle repose. On y remarque l'hôtel du gouvernement, des casernes pour 3,000 hommes, la maison des pauvres. Eile est approvisionnée d'eau, de même que l'arsenal, par un aqueduc qui y amène les eaux lointaines des sources de Dartmoor. Entre cet aqueduc et le Hamoaze, au nord des fortifications, s'étend on ftiubourg appelé Morristown. Quant à Stonebouse, dont les habitations s'étendent aujourd'hui presque sans interruption de Plymouth à Dock's-Town , elle est séparée de celle-ci par la fttoneiiouse-creek et n'o£Fre de remarquable que rbôpital royal delà marine, placé au bord de la crique; sa disposition grandiose est du plus bel effet. Toutes ces villes, en y comptant Plymouth, oAraient, en 1841, une population de 80,061 habitants.

L'arsenal de Plymouth est d'une origine peu ancienne. Avant le règne de Guillaume et Harie, fl n'y avait là qu'un misérable village; on y fonda, à cette époque, quelques établissements maritimes qui toutefois ne prirent une véritable hqportance qu'à partir de 1760. Ce fut alors en

effet qu'on se pénétra seulement des grands avantages que présentait le Hamoaze. Mais il manquait à ce beau port une rade, un lieu pour rallier les flottes, car le «oimm/, vaste, ouvert aux flots de la pleine mer, aux lames furieuses de l'Atlantique, était rarement tranquille. On eut l'idée de Jeter au milieu et en travers une puissante muraille de pierre qui imposerait silence à l'Océan, et de cette grande pensée est née le Break'Water, le brise-flots. C'est une digue placée à 3,950» en avant du fond de la baie, plus près des rivages orientaux que des rivages de l'occident, et qui a 1,555» de développement. Sa hauteur moyenne au-dessus du fond est de 17". Eile a coûté environ 25 millions de tr. Ses deux extrémités s'annoncent. Tune par une pyramide en fer, à l'est, l'autre par un phare en construction, à l'ouest, lequel se lie avec le merveilleux édifice que Smeaton a élevé, en 1757, sur le roc d'Eddystone, au large de l'entrée du sound, et qui en signale au loin les approches. Ainsi fut complété ce grand ensemble de créations diverses qui fait de Plymouth l'un des premiers ports militaires de l'Angleterre. Oscar Mac Caitbt.

PNEUMATIQtJE (du grec, pneuma, souffle, vent), science qui a pour objet les propriétés physiques de l'air, c'est-à-dire sa matérialité, sa pesanteur, son élasticité, etc. Ce mot s'applique par extension à l'étude des propriétés analogues que possèdent les autres gaz permanents différents de l'air. On appelle dans ce sens physique, chimie pneumatique, la partie de la physique, de la chimie, qui traite de Tair et des différentes espèces de gaz; et briquet pneumatique, un petit cylindre de métal ou de verre dans lequel on allume de l'amadou en y comprimant l'air subitement. Nous avons décrit ailleurs la machine pneumatique, avec laquelle on pompe Tair d'un récipient. On en doit Tin vention à Otto de Guerike, bourgmestre deMagdebourg, qui en fit Texpérience à la diète de Ratisbonne en 1654. Gaspard Schott a le premier écrit sur ce sujet. La macinne pneumatique a été perfectionnée depuis par Hook, Robert Boyle et Pspin. DiGT. DB lA Coirv.

PNEUMATO-CHIMIQUE (cdve). f^qy. Covb.

PNEUMATOLOGIE, mot formé de pneuma, esprit et de logos ^ discours. La pneumatologie est la science des esprits. Les esprits sont les êtres intermédiaires entre hi Divinité et les hommes : la pneumatologie est donc sœur de l'anthropologie et de la théologie : c'est, dans tous les cas, une science aussi variable que Tune et l'autre; ou plutôt ce n'est pas une science, c'est tout au plus un ensemble d'opinions, de croyan-

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CH «t de traditions, foit philosophiques, soit ^ populaires. C*est rarement à la philosophie pro- * prement dite, à la philosophie dialectique, qu'appartient la pneumatologie : elle ne fleurit du moins que dans les temps primitift de Thuma- Dilé ou dans Tàge d*or et aux époques de décadence des peuples. Bile s'éclipse des écoles dans les siècles d*ezamen et de critique : elle devient alors le partage du yulgaire et de quelques élus. C*e8t dans les temps primitifi de Tesprit humain, quand la philosophie, la religion et la poésie sont une seule et même chose, que prospère la pneumatologie, car alors le coMir de Thomme éprouve le besoin de peupler la terre, les airs et les cieux, d*étres intermédiaires entre lui et la Divinité, et alors la raison ne vient pas demander compte à Timagination, qui les crée, qui leur foit des destinées et des l^^endes, de la légitimité de ces créations. Dans Tantiquité, ce sont les peuples de llnde, de la Perse, de la Chaldée et de l'Egypte qui ont le plus brillé par leur pneumatologie. Dans les systèmes de llnde, la terre, les eaux. Pair et les cieux étaient tout peuplés de génies. La Perse fut plus sobre que rinde, la Chaldée que la Perse, TÉgypte que la Chaldée; mais partout le dualisme qui est dans la nature et dans l*homme se refléta dans ces libres créations. C'est peut-être la pneumatologie de la Perse qui le présentait sous les formes les plus arrêtées. Là, les bons génies, distingués en trois grandes classes, les arnshaspands, les iMedê et les ferouers, formaient, sous les ordres de leur chef Ormuzd, une armée d'esprit purs, saints et célestes, combattant pour la cause et Tempire de la lumière contre l'armée des detas et de leur chef Ahriman, à qui obéissaient l'empire des ténèbres et les hommes qui en faisaient les oeuvres. La pneumatologie de la Chaldée, qui a dû offrir de grandes analogies avec celle de la Perse, nous est peu connue : il ne nous en est pas resté de monument pareil au Zend'Aventa, Il nous en est parvenu toutefois quelques traditions par les théosophes de la Judée, et par les partisans de la kabbale, qui, sans nul doute, avaient fait de riches emprunts à la Chaldée comme à la Perse, soit pendant, soit après l'exil. Philon, qui affecte de rattacher sa doctrine à celle de la Grèce, et celle de la Grèce au code sacré des Juifk, mais qui se permet à ce snjet de grandes licences, ftiit voir à quel point les croyances de l'Orient dominaient de son temps celles de la Grèce et de la Judée. La Ju* dée ne nous ayant pas laissé d'autres monuments que les Hvres de Philon (car les codes sacrés et les doctrines de la révéUtion sont ea dehors de

l'ordre de faits que nous parcourons ici), nous ne parlerons pas de sa pneumatologie. Quant k la Grèce, elle rattachait facilement les emprunts faits à l'Orient à ses anciennes traditions, où flguraient un grand nombre de génies intermédiaires entre les dieux et les hommes, les uns bons, les autres mauvais, les uns et les autres toujours prêts à servir d'instrument aux bienfaits et aux vengeances de l'Olympe ou du Tarlare. Deux philosophes, Socrate et Platon, enrichirent la pneumatologie grecque d'une manière remarquable, l'un par l'hypothèse de son démon familier, l'autre par l'acception toute nouvelle qu'il donna au mot démon. Cependant, après eux la pneumatologie mourut dans les écoles : le scepticisme la tua. Le mysticisme la ressuscita. Maxime de Tyr, Plutarque et Apulée disposèrent les esprits à recevoir la démonologie de l'Orient; Ammonius Saccas, Plotin, Porphyre, Jamblique, Proclus et Marin leur en donnèrent une plus riche, et qu'ils prétendirent rendre plus utile. En effet, ces philosophes apprirent non-seulement à classer 1^ esprits en bons et en mauvais, en agaiho» démoHê et kakodémom, ils enseignèrent aussi l'art de s'en faire servir. Cependant, les gnostiques vinrent encore renchérir sur les nouveaux platoniciens et sur les kabbalistes, car ils révélèrent à leurs adeptes, sur la chaîne des êtres qui rattache l'homme au Dieu inconnu, une science plus positive, phis hardie, et en apparence plus régulière que tout autre. Bn effet, les gnostiques expliquèrent l'origine, la naissance, les mariages et les destinées dernières, sinon de tous les éons, du moins de ceux d'entre ces esprits qui Jouaient à la création, à la chute, & l'expiation et au retour de l'homme dans le sein du plérOme, les rôles principauxi On peut voir cette pneumatologie si audacieuse dans notre Histoire du gnoêticisme. Les soi-disant disciples de saint Jean, dont Norberg a publié le code, ont en quelque sorte rivalisé sous ce rapport avec les gnostiques, mais bientôt les créations ou les rêveries des uns et des autres s'évanouirent devant les doctrines du chjristianisme: elles disparurent du moins des écoles. La scolastique du moyen âge se garda bien de la rétablii^ mais la pneumatologie vulgaire ne disparut pas du sein des peuples non chrétiens, ni au midi ni au nord. Les hourit de Mahomet et lestoa/^rie$ d'Odin se gravèrent profondément dans les traditions nationales, etdes croyances analogues k celles des peuples Scandinaves et mahométaiii se propagèrent, à titre de superstitions, même parmi les fidèles du moyen âge. Lorsque avec l'arrivée ea Occident des réfugiés de Gonstantiooplt

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la philoiophw greequevint revplaetr la acobiU" q«e latine, la pneumatologie savante, celle ^es platoniciens, reparut plus puissante que Jamais. ■arsile-Ficien, Pic de la Miraudole, Reucbliu, et les nombreux disciples de ces savants mystiques repeuplèrent le monde de légions d^esprits. Parmi CCS hardis pneumalologues, on distingue surtout les deux Yan Helmout et Paracelse ou BoBibast de Hobenheim^qui prirent dans les traditions populaires, ou qui lijoutèrent à ces traditions l«s quatre ordres d*esprits élémentaires, les çmowteê, les saiamandres, les ^Ipheê et les oik/Mot, c'est-à-dire les génies de la terre, du feu, de Tair et de Teau, qui, depuis plusieurs siècles, n'existaient plus qu'à l'opéra (vcy, le ro- ■an publié, sur la fin du xvii* siècle, par l'abbé de Yillars, sous ce titre, le Comte de GàbaUê, eu Eniretiena $ur les êcienoeê secrèleê). Quand la philosophie moderne, grâce aux efforts de Pora|ionace et de la Ramée, de Bacon et de DescaKes, eut enfin triomphé de tous les genres de vystieisme et de néoplatonisme, la pneumatologie s'anéantit de nouveau. Locke et Leibnitz ne la reconnurent pas; Wolf en forma une section de sa métaphysique : elle n'est plus aujourd'hui qu'un chapitre de la psychologie transcendante ou rationnelle. Quelques inductions sur les esprits supérieurs aux nôtres, voilà tout ce qui ; reste d'une science jadis si riche et si fa- : à peine même si ces inductions méritent plus que le nom de conjectures. Hegel, il est vrai, a ressuscité une sorte de pneumatologie, nais ee qu'il donne sous ce nom n'est ni de la psychologie ni de la métaphysique : c'est une sorte depandémoniême, qui correspond au panthéisoM de ce philosophe. La pneumatologie anctenne est morte dans les écoles de philosophie, mais elle n'est pas morte partout : elle vit dans les traditions des poètes, dans celles du peuple, dans celles des mystiques. Si les sylpes, les gnomes, les salamandres et les ondines n'existent plus que dans les créations de l'art, des esprits iatennédiaires entre Dieu et l'homme existent encore dans la foi du vulgaire et dans celle des tbéosopbes : Yan Helmont et Paracelse n'ont plus d'adeptes, mats Boebme et Swedenborg eu ont encore. En vain Kant s'est-il flatté, dans son ouvrage intitulé Rêves d'un worant éolairofs par ies réoee de la mètaphxtique (Riga, 1768), de renverser les risions du célèbre Suédois : ces visions ont encore des fidèles. Nous avons vu de nos Jours Saint-lfartin et Jung-StiUing, dont le dernier a publié une Théorie de pneumatologie (Haremherg, 1806). Sur le terrain où cet écriîMi a InasporU sa théorie, elle est inattaqua-

ble } c*est le terrain de la révélation ello*mèmt« Confondue avec l'angélologie ^t la démonolo<* gie du christianisme, la pneumatologie est une science nouvelle : nous ne la suivrons pas dans cet état de promiscuité, où il est si difficile de séparer la vérité de l'erreur, et où il n'appartient qu'à la critique religieuse d'établir la vraie ligne de démarcation. C'est la pneumatologie purement philosophique que nous avons eue en vue dans cet article ; c'est la seule qui ait pu varier et qui ait pu mourir ) sa mort au surplus ne pré- Juge rien. La philosophie ne nie pas les intellir gences intermédiaires entre Dieu et l'homme. Elle ne pousse pas ses prétentions à ce degré de folie, car il y aurait folie à nier, par la seule raison qu'il y a impossibilité de connaître. Tout ce qu'affirme la philosophie, c'est qu'elle ignore, et, puisqu'elle ignore, elle ne saurait maintenir une science qui a cessé d'être légitime à ses yeux, qui même ne l'a Jamais été pour elle. Ceux qui croiraient la question de l'existence des esprits définitivement jugée, parce que la pneumatologie a disparu de nos manuels de philosophie, seraient dans une étrange erreur : tout ce qui est Jugé à cet égard, c'est l'incompétence de hi philosophie sur cette question. La pneumatologie demeurera toujours, sinon une science, du moins un grand sujet d'inductions, de conjectures et de croyances. Il existe sur ce curieux chapitre dt l'histoire de l'esprit humain plusieurs ouvrages remarquables, dont nous recommanderons les suivants : Hollmanni, Inetitutionee pneU' matoiogiœ et théologies naturalis (Gcettingue, 1740, in-8*); Couenz, Essai d'un nouveau ^etème concernant les êtres spirituels (Neufchàtel, 1749, 4 vol. in-8«); Sngelken, Jrguments rationnels sur la réalité et la nature des es^ prits (Leipzig, 1744, in-S»); Herrichius. ^lloge scriptorum de spiritibus puris et animabue Attiiiantf (Leipzig, 1700, in-8«); Passavant (médecin à Francfort), Sur la Clairvoyance (Francfort, 1856, 1 vol. in-8o, %• édiUon). On peut consulter aussi le journal publié par le docteur Justus Kœmer, et son ouvrage intitulé la f^ision^ naire de Prevorst (2 vol. in-8*). Hattir.

PNEUMATOM AQUES, anciens hérétiques, ainsi appelés parce qu'ils niaient la divinité du Saint- Esprit (du grec pneuma, esprit, et machomat, combattre).

PNEUMONIE (de irvcu/AMv, poumon,. formé de icv^w, je souffle, je respire), PÉaiPimMOinB, PiiiiinoNnK, Flcxior di poitrini. On distingue par ces divers noms l'inflammation du tissu pulmonaire. Celte maladie est une des plus fr^ queotesque l'onrenoontre daqs la pratiquas dans

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la plupart des cas, elle consiste dans rinflammation de la membrane séreuse qui tapisse les parois internes des caTités thoraciques (vox, PLKUEtsn), et se réfléctiit sur les poumons qu'elle enveloppe, d*où le nom de pleuro-pneu- «tonte par lequel on la désigne le plus souvent, et qui indique Tinflammation simultanée de la plèvre et du tissu pulmonaire. LUmpression du froid, surtout si cette condition atmosphérique agit au moment où le corps est médiocrement échau£Fé, et couvert d'une sueur légère, est la cause sous Tinfluence de laquelle on voit le plus ordinairement se développer la phlegmasie pleuro-pulmonalre. Mais cette cause n*est pas la aeule, et dans un certain nombre de cas on est forcé d*admeltre une funeste prédisposition, qui fait que le poumon s'enflamme sous l'empire des causes les plus diverses. Dans tous les cas, cette phlegmasie doit être considérée comme une maladie grave^ui met la vie en péril. EUe l'est encore davantage lorsqu'elle se développe comme complication d'une autre maladie. Heureusement la science est en possession de moyens d'investigation rigoureux, qui lui permettent de reconnaître cette maladie à son début comme aux diverses phases de son développement, en même iemps que l'art peut hii opposer une thérapeutique puissante.

Bans les cas simples, c'est^-dire lorsque la maladie vient atteindre un individu auparavant bien portant, les phénomènes qui signalent le début du mal sont les suivants : le plus ordinairement le malade éprouve un frisson intense, auquel ne tarde point à se Joindre un point de côté, dont le siège est au-dessous de l'un des deux mamelons; la température de la peau augmente, le pouls prend de la fréquence et du développement, l'appétit s'éteint, une céphalalgie plus ou moins vive se fait sentir; la face, sans être profondément altérée, porte une empreinte fortement maladive; la respiration est gênée, bien plus, à cette époque de la maladie, par la douleur de côté qui empêche l'ampliation de la poitrine, que par la difficulté de l'accès de l'air dans le parenchyme des poumons; il y a de la toux, qui constamment augmente le point de côté. Si, dès le début de la maladie, on a recours aux procédés de la percussion et de l'auscultation pour s'éclairer sur l'état des tissus qui sont le siège du travail fluxionnaire, on n'obtient d'abord que des signes incertains; mais lorsque la maladie est arrivée à la période dite d'engoué- Ment, dans laquelle le poumon malade est gorgé de sang dans une plus ou moins grande partie de son étendue^ la percussion, pratiquée sur les

parois thoraciques aux points correspondants aux parties enflammées, fait reconnaître une diminution de la sonorité normale déjà sensible pour une oreille un peu exercée, ce qui provient de ce que le poumon gorgé de sang contient moins d'air que dans l'état physiologique. L'auscultation, pratiquée à la même époque et sur les mêmes points, permet d'entendre, au lieu du bruit, du susurruê moeUeux de la respiration, une crépitation fixe, nombreuse, caractéristique de la maladie. En même temps que ces phénomènes nouveaux apparaissent, les symptômes signalés d'abord se dessinent plus nettement; c'est aussi à cette période, que l'expectoration prend un caractère qui suffit à lui seul, dans l'immense majorité des cas, pour dénoncer de la manière la plus positive la nature de l'affection : les crachats sont demi-transparents, tremblottent lorsqu'on les agite, et sont tellement visqueux qu'Us restent adhérents au vase qui les contient quand celui-ci est renversé; la couleur de ces crachats est plus caractéristique encore, ils sont rouilles, franchement safTanés, ou d'un rouge plus intense; cette coloration dans tous les cas est due à la combinaison du sang avec le mucus bronchique. Quelquefois la maladie ne dépasse point ce premier degré; mais le plus souvent elle atteint le second, dans lequel quelques phénomènes spéciaux apparaissent. Le sang, appelé dans le tissu pulmonaire par le stimulus inflammatoire, se combine plus intimement avec ce tissu; il semble, comme on l'a dit, qu'une por^ tion de la fibrine de ce liquide se soit déjà concrétée. Aces modifications dans l'état des tissus malades correspondent certains symptômes en harmonie avec elles : le parenchyme enflammé ne contienVplus d'air, le son donné par la percussion devient en conséquence tout à fait mat; par la même raison le murmure respiratoire, et le râle crépitant qui n'en était qu'une transformation, disparaissent, et sont remplacés par le bruit qui résulte du froissement du fluide aérien dans les tuyaux bronchiques, bruit qui est connu sous le nom de souffle tubaire. Ces nouveaux phénomènes étant l'expression d'un degré plus avancé de l'affection, les autres symptômes s'aggravent proportionnellement. Si la maladie arrive au troisième degré, caractérisé anatomiquement par la formation du pus au sein du parenchyme pulmonaire, les phénomènes fournis par la percussion et l'auscultation demeurent les mêmes, mais en même temps que les symptômes s'aggravent d'une manière alarmante, la matière de l'expectoration offre un caractère particulier : les crachats deviennent dlffluents.

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eeoârét, oa prennent l^àspect du Jus de pruneaux. Si le Ustu pulmonaire enflammé a été firappé de gangrène par suite de la violence du mal, ou d'une disposition individuelle encore inexpliquée, Todeur qu'exhale la matière expectorée, et qui rappelle complètement celle de la (pngrène externe, annonce cette funeste terminaison. Tels sont les principaux phénomènes par lesquels la pleuro-pneumonie se rév^e à inobservation, aux diverses phases de son développement. Lorsque la maladie se présente comme complication d'une autre affection, ces caractères se montrent en général d'une manière moins tranchée, et demandent, pour être saisis, une attention plus soutenue. Il en est encore de même diezjes enfants : souvent à cet âge de la vie, la phlegmasie est diflbse,lobulaire, comme on dit, et les phénomènes sont beaucoup plus obscurs^ ce qui en pareil cas rend encore le diagnostic plus difficile, c'est l'absence des crachats, qui ont une si grande valeur comme signe dans la pneumonie.

Le traitement de la phlegmasie pulmonaire est fort simple : la méthode antiphlogistique la plus active, surtout au début du mal, en constitue la base essentielle. La saignée générale répétée deux fois par jour, pendant les deux ou trois premiers jours, lorsque le sujet est jeune, pléthorique, est le mode d'émission sanguine auquel on doit donner la préférence; si le point de c^té est Intense, il peut être combattu par rapplication de sangsues ou de ventouses scarifiées. Le sQence devra être recommandé aux malades; ils seront soumis à une diète sévère, et à rusage de boissons émollientes abondantes ; souvent l'emploi de ces moyens, lorsqu'ils sont appliqués dès le début du mal , suffisent pour en obtenir la résolution, qui s'annonce par la rémission graduelle des symptômes signalés. Quelle que soit la valeur de cette méthode, elle a cependant ses limites, qu'il serait dangereux de dépasser. Lorsque le mal résiste aux antiphlogistiques méthodiquement employés, et que les fèrces baissent, il faut savoir s'arrêter; c'est dans ces cas que la médication italienne, ou l'emploi de rémétique à hautes doses doit être tentée. Si la phlegmasie, après avoir rétrogradé sous l'influence de l'une ou l'autre de ces deux médications, vient à rester stationnaire, il est quelquefois utile alors de recourir à une alimentation sagement graduée, â quelques toniques et aux révulsif^ appliqués sur les parois thoraciques; mais c'est là un des cas les plus difficiles de la pratique. M. Simoh.

I PO, fleuve d'Italie. Un vaste bassin se déroule

entouré d*une chaîne de montagnes, qui s*étend depuis la côte orientale de la mer Adriatique, près de Trieste, jusqu'aux confins de la Toscane, en parcourant dans son vaste circuit le Tyrol, llUyrie, la Suisse, la Savoie, le Dauphiné, la Provence et les États de Gênes. Cette immense couronne de rochers, que l'on appelle la chaîne des Alpes, et qui prend en Italie le nom d'^penntn$, verse les eaux de ses pluies, de ses neiges et de ses glaces éternelles, dans une magnifique vallée sillonnée par mille courants, immense bassin entouré de remparts de granit, et que les hommes se sont partagé sous les noms de Piémont, Lombardie, Parme, Modène, etc. Vaste amphithéâtre, dont l'arène fot toujours couverte de combattants, où Ton vit accourir pêle-mêle ou tour à tour les peuples de l'Orient, ceux de l'Afrique, les Gaulois, les barbares du Nord et ceux du Midi ; où la terre est pétrie du sang de toutes les générations, où les peuples de l'Europe moderne. Français, Russes, Espagnols, Allemands, semblent s'être donné rendez-vous pour s'égorger.— Les torrents qui descendent du haut des montagnes, les sources qui s'échappent de leurs flancs, les mille ruisseaux qui coulent à leurs pieds, se réunissent dans la plaine, et sous les noms de Bornkida, Tanaro, Stura, Dora, Trebia, Tessin, Sesia, Adda, Oglio, etc., vont alimenter un fleuve qu'on appelle P6 {Padus, EriUanui), Fleuve majestueux, que l'on a placé dans le* ciel ou que l'on a emprunté au ciel pour le placer sur la terre. Après avoir pris naissance au pied du montViso, dont les cimes n'ont jamais été foulées par le pied de Thomme, le Pô s'avance fièrement à peu près en ligne droite jusqu'à la mer Adriatique, en suivant presque constamment le 45« parallèle. Non, ce n'est pas sans raison que les anciens l'appelaient le roi des fleuves ; les eaux dont il porte le tribut à la mer ont, avant d'y parvenir, prodigué la vie à six millions d'habitants ; il traverse, il embellit, il vivifie le plus riche, ie plus beau pays du monde, celui où l'on voit briUer la civilisation et la pensée jusque sur le frontispice de la cabane du pauvre, celui qui est d juste titre appelé le berceau des arts^ et que les ambitieux et les conquérants de tous les siècles ont convoité comme la Toison d'or, comme le fruit du jardin des Hespérides : le Pô semble avoir eu dans les temps passés une impétuosité qui n'est plus la même. Virgile le dépeint ainsi :

Prolah louno coatorqnms ▼ortice sHtm Flavionim m Bridaniu, esinpo«qne pcr onnet, Cam fftabuUi ammU traMf . iGéorgiq., Uv. U'*)

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