‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 22Chapitre 52 sur 61 · FUR · texte numérisé non relu

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ce qu*il lui semble obscène, licencieux où seu« lement trop libre, elle s*irri(e promptement contre ceux qui s^écartent en sa présence de la réserve dont elle fait profession. Est-elle réellement digne des égards qu^elle exige, et qu*on ne lui refuse point? Il semble que son imagination robsède beaucoup plus que les propos indiscrets qui se glissent parfois dans les entre* tiens les plus honnêtes, et que d*aus8! grands efforts pour demeurer pur indiquent au moins quelque disposition à cesser de Tétre. Cette ombrageuse prétention est bien Jugée par tout le monde, et le ridicule ne Tépargne pas. On ne la confondra Jamais ayec Talmable Tertu qui se contente des noms modestes de déoén€ê, de pudeur, scrupuleuse pour elle seule, indulgente envers autrui.— Depuis que les écrivains moralistes nous ont soumis à leur censure, fonctions dont ils s'acquittent assex durement, loin qu'ils nous aient rendus meilleurs, ils affirment que la dépravation Mi des progrès continuels, que le mal est plus fbrt que les remèdes i voilà ce qu'on nous répète de siècle en siècle avec plus ou moins d'éloquence, en vers et en prose. S'il fallait s'en rapporter à ces déclarations, on ferait bien de ne plus disserter sur la pureté morale, qui est la santé de l'âme : les entretiens sur de tels sujets ne peuvent être qu'affligeants pour des incurables. Hais en lisant l'écrit de Condorcet sur la perfectibilité de l'homme, et en se rappelant dans quelles circonstances terribles celte oeuvre consolatrice fut rédigée, on ne désespérera plus; on reconnaîtra sur-le»champ que l'âme de l'auteur fut d'une admirable pureté. L'époque désastreuse qui priva le monde intellectuel de cet homme qui pouvait y répandre tant de lumières fut signalée par des crimes atroces, mais elle le fut aussi par l'héroïsme des vertus X qu'on ne dissimule point cette sorte de compensation. Les leçons de l'histoire ne nous sont profitables que lorsqu'elles nous apprennent tout ce qu'il nous importe de savoir : le bien et le mal. — Dans les rites religieux, il y a des purificaiiûHê: reconnaissons donc une pureté mystérieuse qui se perd et se rétablit par des voies inaocesiibies à notre raison. Le sectateur de Yichnou se purifie avec de la bouse de vache; d'autres cultes prescrivent, pour arriver au même but, des pratiques moins étranges. En général, il parait que la propreté corporelle a été prise pour emblème de la pureté religieuse, telle que le fondateur de chaque religion l'avait conçue^ et que les diven procédés de purification rappeileftt ce aens emblématique. — Le mot pur et ses composés, considérés grammaticalement,

remplacent souvent les mots eeui, ui^uê, aeiiiehtent, etc., et n'expriment rien de pltts que l'absence de toute autre notion que ceOe que la phrase énonce : un pur compliment , une pure fiction, des spéculations puremem idétles, ete^ sont des exemples de ces locutions que la logique ne condamne pas, et qui peuvent être conservées dans la langue française, les autres idiomes dérivés du latin en font un usage encore plus fréquent, et qui ne parait pas toujoun aussi légitime. FsiiT.

PURGATIFS, PoftftATioii. On a observé de toit temps que des évacuations abondantes par las voies Inférieures, survenues spontanément, comcidaient avec le rétablissement de la santé, et semblaient en être le signal. Il n'en fallut pas davantage pour foire penser que ces matières accumulées et retenues étaient la cause du mal, et qu'il importait d'en provoquer TexpalsIoB. Cette opération fot nommée purgaiion, et las substances assex nombreuses qui détermlMot cet effot reçurent le nom de purgatif^.

Les phénomènes de la purgation consisteat dans un accreissement notable et subit de racth» contractile et sécrétoire du canal digestif, et pa^ ticulièrement de sa partie inférieure. L'estomac parait peu ressentir l'impression des agents pa^ gatlfi, sous l'influence desquels PintesUn ^êle et le gros intestin présentent une série de contractionsdirigées de haut en bas, etpar lesqoeDes les matières solides contenues dans leur cavité en sont violemment chassées, accompagnées ou suivies d'un liquide abondant, formé de Mie et de mucus intestinal plus ou moins altéré. Quand l'action du purgatif est terminée, si les tnstestins sont dans Tétât normal, tout est fini et les fonctions reprennent leur marche accoutumée* Dans le cas contraire, ou si le médicament est trop violent ou la dose trop considérable, une inflasimation d'intensité variable en est la suite. Chef ceux qui, dans l'état sain , font un usage fréquent depurgatifft, Thabitudeen émousse l'action à ai point qu*on ne saurait dire, lorsqu'on s'obstina à augmenter la dose, et de là résulte d^hûttremeut une constipation très-opinâtre etdes ptas fâcheuses, qui devrait éloigner de cet abus.

DansréUt sain, les purgatif! exdtent Tappétil* rendent les digestions plus actives et l'ahaorption plus puissante t aussi, finissent-ils par aaDansr l'amaigrissement et la faiblesse loraquVin diminue en même temps l'alimentation. Chei ka malades qui n'ont point de fièvre ni de phlegmasia intestinale, ils exment une action révulsive qvl les rend utiles dans une foule de cas. Par smia des évacuations réitérées à des intervaUea pM

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ou moidi longs , et quelquefois même bien que les éVâcuatioos soient peu abondantes, on Yoit des phlegmasies chroniques se résoudre , des épanchements séreux^des collections purulentes être résorbées plus ou moins rapidement, et des congestions locales être déplacées au grand profit des organes affectés. C*est ce qui expliquela vogue extrême dontles purgatifs ont Joui de tout temps, et la préférence trop exclusive que lui accorde le vulgaire, qui ne croit Jamais sa guérison as^ suréc si elle n^est scellée eu quelque sorte par un et même par plusieurs purgatifs.

Les agents capables de déterminer là purga* tion sont presque innombrables. Limpression subite du froid sur la peau échauffée^ la frayeur, un courant galvanique dirigé de la bouche I ranus, un mouvement rapide de rotation ou de balancement suffit souvent pour accélérer le mouvement naturel des instestins, et pour produire non-seulement Texpulsion des matières contenues dans leur cavité, mais encore un sur^ croit de sécrétion. .Pareil réeulut s^obUent par ringestion de substances, alimentaires il est vrai , mais difficilement assimilables , surtout lorsqu'elles sont prises en grande quantité t telles sont les maUêres mucilagineuses et sucrées, les acides végéUux, les huUes et les grais^ ses, les aliments gélatineux, etc. Lorsque ces élémenu se trouvent associés entre eux, ils agissent d'une manière plus énergique, et c'est alors qu'ils prennent le nom de lasait'ft ou de minorutifê. Hs ne sont point irritants, et ont besoin d'être employés à une assex fbrte dose. Insuite viennent les purgatif^ proprement dits dont les uns sont nommés purgaUfs douds, et les autres purgatif^ àcreê ou drastique». Les premiers sont ou des sels qui, à la dose d'une ou de deux onces,soUicitentdesévacuaUonsparlebas, ou des substances végétales dans lesquelles un principe ftcre est associé à des matières inertes on simplement laxatives dont il peut être isolé; de façon qu'à foible dose il produit de notables effets, tandis que là substance entière doit être donnée en plus grande quantité. Les purgatifs acres ou drastiques, an contraire, sont tirés du règne minéral ou végéUl , et sont doués d'une acUon irHtante telle qu'Us Pexercent quelque^ fois même sur des parties autres que le tube di^ gestif. Au reste, le caractère essentiel des pur^ gatife est d'aller soUiciterles évacuations intestinales) non-seulement lorsqu'ils sont portés dans les voies de la digestion, mais même lort^ qu'ils sont introduiu 4ians l'économie animale par l'absorption cutanée ou pulmonaire. Il y a des purgatifi qui semblent porter plus poitico-

lièrement leur action sur l'extrémité inférieure du gros intestin, et dont l'usage, longtemps sou* tenu, y produit une congestion bémorroïdale* D'autres semblent provoquer^ d'une manière plus spéciale, une exhalation séreuse : on les a regardés comme plus utiles dans les bydropisies^ et décorés du nom caractéristique à^h/drago* guês, tandis que d'autres, les cholagoguu^ s'a^ dressaient plus directement à la bile. Enfin, les anciens pour n'être jamais en défaut, avaient inventé les panchymagogutê^ qui devaient faire main basse sur toutes les humeurs puantes sans exception.

Quoi qu'il en soit, les purgatifs se donnent sous ferme liquide ou solide. On préfère souvent cette dernière qui sauve au moins la saveur acre ou nauséabonde qu'ils ont pour la plupart. Les pilules, ou mieux encore les capsules gélatineuses, permettent de prendre les purgatifk les plus actifs sous un petit voulume, qu'on fait précéder d'un liquide propre à les dissoudre dans l'estomac. En général, on donne en une seule prise la quantité du médicament purgatif { quelquefois cependant on la fractionne, et l'on a coutumed'alder son action par quelques boissons laxatives. L'usage est adopté de renouveler la purgation après un Jour d'intervalle.

De tout temps, les purgatifs ont fait la fortune des charlatans qui sont habiles à exploiter les pr<|ugés des masses. Le vomi-purgatif de Leroy a produit des millions} les grains de santé de Franck, les pilules a%t9 cibum%^ les pilules gourmandes et tant d'autres sont dans le même cas. C'est que les purgatif^ ont en leur faveur un effet immédiat et appréciable qui fait croire que la cause du mal est chasséej et telle est même la prévention, que ceux ches lesquels ils produisent les plus funestes résultats les attribuent à ce que la dose n'a pas été assez forte» et recom* mencent Jusqu'à ce qu'ils tombent victimes de leur erreur.

PURGATOIRE, lieu, ou plutôt éUt, dans lequel les âmes des Justes, sorties de ce monde sans avoir suffisamment satisfait à la Justice divine pour leurs fautes, achèvent de les expier avant d'être admises au bonheur éternel. L'Église nous apprend que c'est par la miséricorde de Dieu, par les indulgences du saint-père, son représentant sur la terre, et par les prières des fidèles, qu'on est délivré des peines du purga«> toire. Nous lisons dans les actes du concile de Trente : « Si quelqu'un dit que, par la grâce de la Justification, la coulpe du péché et la peine étemelle sont tellement remises au pénitent qu'il ne lui reste plus de peine à souffrir, ou en ce

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