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monde, ou en Taulre dans le purgatoire, avant d^entrer dans le royaume des cieux, qu*il soit anathème! Si queiqu^un dit que le sacrifice de la messe n*est pas propitiatoire, qu*il ne doit point être offert pour les vivants et pour les morta^ pour les péchés, les peines, les satisfactions et les autres nécessités, qu*il soit anathème! »— Le concile ordonne aux docteurs et aux prédicateurs de n^enseigner sur ce point que la doctrine des Pères et des conciles, d^éviter toutes les questions de pure curiosité, à plus forte raison tout ce qui peut paraître incertain ou fabuleux, capable de nourrir la superstition et de fovoriser un gain sordide. Le concile ne décide point si le purgatoire est un lieu à part où sont renfermées les âmes, ni comment elles y sont purifiées, ni quelle est la rigueur et la durée de leurs peines, ni jusqu*à quel point elles sont soulagées parles prières, les bonnes œuvres des vivants ou par le sacrifice de la messe, ni si ce sacrifice profite à toutes, ou seulement à celles pour lesquelles il est nommément offert. Chaque théologien peut avoir son opinion là-dessus. Ces questions ne sont ni dogmes de foi, ni objets de certitude absolue, et personne n*est forcé d*y souscrire. Le concile de Trente a voulu seulement poser quatre vérités : la preniière, qu Câpres la rémission du péché et de la peine éternelle obtenue de Dieu dans le sacrement de pénitence, il reste encore au pécheur une peine temporelle à subir; la seconde, que, quand on nV & pas satisfait dans ce monde, on peut et on doit la subir après la mort; la troisième, que les prière» et les bonnes œuvres des vivants peuvent être utiles aux morts, soulager et abréger leurs peines; la quatrième, que le sacrifice de la messe est propitiatoire; qu*il a, par conséquent, la vertu d^effiicer les péchés et de satisfaire à la Justice divine pour les vivants et pour les morts. — Le dogme du purgatoire ou de la prière pour les morts est fèndé sur la tradition de tous les peuples. « Toutes les nations de la terre et tous les âges répètent, dit M. de Lamennais {Esmi sur l'indifférence en matière de religion, tome III, ch. 37) : Cest une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts, afin qu*ils soient délivrés de leurs péchés {deuxième livre des Machabées, ch. xn). » Telle a été, on le voit, la doctrine des Juifï; telle fut toujours la doctrine des chrétiens ; et il en est fait mention de la manière la plus expresse dans les écrits de saint Clément d'Alexandrie, de TertuUien, d'Origène, de saint Cyprien, de saint Chrysostôme, de saint Augustin, de saint Basile, de saint Cyrille de Jérusalem, et dans les liturgies les plus
diverses, telles que celles des nestortens du Malabar, des nestoriens chaldéens, des Arméniens, des Grecs de Constantinople et de Russie, des Cophtes jacobites, des Syriens, des Éthiopiens, etc., etc. Hais il y a mieux, ce dogme est une de ces vérités essentielles qui appartiennent à la révélation primitive, et que la tradition de nos premiers pères avait fait passer cfaex tous les peuples. Nous en trouvons des traces évidentes dans Plutarque, dans Platon {Gorgias et de Bepubl.^ lib. n), dans Virgile (jEneido$ lib. yi). Des voyageurs, des savants, nous la montrent encore dans Tancienne Gaule , dans llnde, la Tatarie, le Thibet, la Chine, le Japon, le Tonquin, l'Afrique, rAmérique(Ai^ormûi«^ Boriase, Anguetil du Perron, Humboldt, etc.). Le purgatoire des musulmans, appelé araf, est un lieu mitoyen entre le paradis et Tenfér. Ainsi, les païens, les Juif^ , les musulmans , les chrétiens s'accordentà reconnaître ledogme du purgatoire. Les protestants seuls le nient; et pourtant Calvin lui-même est forcé de convenir qu'il x a plus de 1,300 ans qu'il est passé en usage de prier pour les morts (Instit. lib. m, c.5).— H y a, disent Cambden et Matthieu Paris {Description de PHibernie)^ dans une tle d'Irlande, un lieu qu'on appelle le Purgatoire de saint Patrice, où l'on prétend que par les prières de saint Patrice, évéque de la contrée, il se fit une repré> sentatiou visible des peines que les impies souffrent après leur mort, afin d'étonner les pécheurs et de dissiper les erreurs des gentils. Ce lieu est aussi appelé le Trou de saint Patrice. — On dit figurément d'une personne, qui a eu à souffrir beaucoup de<iouleurs et d'aflDlictions, qu'eUea feit son purgatoire dans ce monde. L'abbé B. M. PURIFICATION, acUon de purifier, d'enlever d'une substance ce qui s'y trouve d'impur et d'étranger : la purification des métaux, du sang, des humeurs. Appliqué à l'humanité, ce mot a une double acception : employé à l'égard do corps, il signifie l'action de se laver en entier ou en partie pour écarter toute souillure extérieure : quand il est question de l'âme, c'est l'action de délester ses péchés, de s'en purifier par la pénitence, d'en obtenir de Dieu le pardon. Les hommes les plus grossiers ont compris que la purification du corps était Temblème, le symbole de celle de l'âme. Aussi, chez tous les peuples, dans toutes les religions, l'usage a-t-il été de se laver avant de remplir les devoirs du culte, non pas qu'on crût qu'une purification extérieure opérât la pureté de l'âme, mais parce qu'en se lavant le corps on témoignait que l'on désirait avoir la pureté intérieure, et être exempt de
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péché. Dans la religion chréUenoe, ce désir, lorsqu'il est sincère, est la première disposition nécessaire pour Tacquérlr. Toutefois, sous un climat aussi chaud que la Palestine, Pusage des purifications extérieures avait en outre, nous ne le nions pas, une grande portée hygiénique. Cette précaution était nécessaire pour prévenir tout danger d*inféction et de corruption. C'est pour cela que Pusage du bain et des ablutions est en* core aujourd'hui si fréquent chez les musulmans. Les Européens qui/pendant les croisades, négligèrent ces précautions de propreté, rapportèrent la lèpre du fond de la Palestine. — Dans la Ge- ' nèse, Jacob, avant d'aller offrir un sacrifice à Béthel, ordonne à ses gens de se laver et de changer d'habit. Dans l'Exode, Dieu ordonne à tous les Israélites de se purifier pendant deux jours, de laver leurs vêtements et de se tenir prêts pour le troisième. Chez les païens, voyez Énée dans rlnéide se flaire scrupule au sortir des combats de toucher ses dieux pénates avant d'avoir lavé ses mains dans une eau vive.
PumiflCATIOff CHEZ LIS ISBAtLlTBS. CC peuplC
avait différentes espèces de purifications, selon les différentes espèces d'impuretés. Les principales purifications avaient pour but les impureiéê appelées légales, comme la lèpre ou toute autre maladie, le contact d'un mourant ou d'un mort, d'une femme incommodée, d'un reptile, l'accouchement, l'usage même licite du mariage, etc. Elles étaient pratiquées aussi quand on avait eu un songe impur ou un flux de sang. La plupart de ces souillures étaient purifiées par des offk^ndes et des bains. Un prêtre immolait un chevreau, un laïque un bouc, un mouton, un chevreau. Les pauvres substituaient à ces victimes deux pigeons ou un peu de fleur de farine. Celui qui devait être purifié amenait sa victime au sacrificateur, confessait son péché, puis, mettant la main sur la tête de l'animal, il regorgeait et l'ofl^ait au Seigneur. Le pontife trempait ses doigts dans le sang de la victime, en frottant l'autel des holocaustes, et répandait le reste au pied de ce même autel. Puis il renvoyait absous le coupable. La chair de la victime lui appartenait de droit, et seul il pouvait en manger. — Une femme, après avoir accouché d'un garçon, gardait la maison 40 jours, et 80 si c'était une fille. Ce terme passé, elle venait au temple, apportant un agneau avec le petit d'un pigeon ou d'une tourterelle. Si elle était pauvre, elle n'apportait que deux pigeons ou deux tourterelles. Le prêtre immolait un de ces oiseaux dans un vase de terre, au-dessus d'une eau vive, puis il trempait l'autre oiseau avec un peu de bois de S3
cèdre, d'écarlate et d'hysope dans le sang de celui qu'il venait d'immoler, faisait sept aspersions sur la femme, la déclarait pure, et lâchait l'oiseau. La même cérémonie se pratiquait avec les deux passereaux que le lépreux guéri devait apporter au temple. La purification devait, autant que possible, avoir lieu dans le temple même. Ceux que leur éloignement de Jérusalem empêchait de s'y rendre se purifiaient avec les cendres de la vache rousse qu'on immolait, à cet efi^t, dans le temple, et dont les cendres étaient distribuées aux Israélites les plus éloignés.
PUBIPlCATIOll CHEZ LES f EITFLES nOPÀHES. IlS
distinguaient les purifications en générales et particulières, et les unes et les autres en ordinaires et extraordinaires.— Les purifications générales ordinaires avaient lieu lorsque, dans une assemblée, avant quelque acte de religion, et surtout avant les sacrifices, un prêtre ou toute autre personne, après avoir trempé une branche de laurier ou des tiges de verveine dans l'eau lustrale, en ftiisait aspersion sur le peuple, autour duquel il tournait trois fois.^ Les purifications générales extraordinaires avaient lieu dans les temps de peste, de famine ou de quelque autre calamité publique. Elles étaient souvent barbares, surtout chez les Grecs. On choisissait dans une ville l'habitant le plus hideux et le plus difforme; on le conduisait, dans un grand appareil lugubre, au lieu du sacrifice, et là, après diverses pratiques superstitieuses, on l'immolait, on le brûbit, on jetait ses cendres dans la mer. — Les purifications particulières ordinaires étaient extrêmement communes ; elles ne con^ sistaient qu'à se laver les mains avant quelque acte de religion, avec de l'eau commune, quand cet acte s'accomplissait en particulier; avec de l'eau lustrale, à l'entrée des temples et avant les sacrifices. Il y en avait qui ne se contentaient pas de se laver les mains, ils croyaient acquérir une plus grande pureté en étendant l'aspersion jusque sur la tête, les pieds, quelquefois sur tout le corps, et même sur les habits. C'est à quoi étaient surtout obligés les prêtres. Avant de pouvoir remplir les fonctions de leur ministère, ils étaient tenus d'observer des pratiques austères pendant plusieurs jours, d'éviter toute sorte d'impureté, de se priver même des plaisirs permis. Pour les grands dieux, l'aspersion devait être répétée trois fois; pour les divinités infernales, une seule suffisait. — Les purifications particulières extraordinaires avaient lieu pour ceux qui avaient commis quelque grand crime, homicide, adultère, inceste, etc. Le coupable ne pouvait se purifier lui-même ; il était obligé d'a-