‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 22Chapitre 7 sur 61 · POG · texte numérisé non relu

POG

POI

Ayant ci depniB Boileau, on s*eit exercé en France sur la poétique. Un anonyme du temps de Louis XI a publié le Jardin de plaisance et fleur de rhétorique. La première fleur de ce Jardin est un Art poétique en vers, dans lequel les règles du chant royal, de la ballade, du rondeau, etc., sont données dans une pièce du même genre : ainsi on a Texemple ayec le précepte. Bepois cet anonyme sont yenus Fabri, Sibilet, Belaudun d*Aygaliers, Yauquelin de la Fresnaye, etc. Les Français sont riches en préceptes, et s*ils n*ont pas de cours d'esthétique à la façon des Allemands, ils peuvent lire avec ftruit une foule d^ouvrages qui se rapportent plus ou moins à la poétique, et qui font honneur à leurs auteurs : Kapin, Fénelon, Dubos, Louis Racine*, Voltaire, la Harpe, Marmontel, N. Lemercier, et une foule d*autres. Mais quelque utiles que soient les théories, la meilleure poétique sera tot^ours la lecture réfléchie, Tétude sérieuse des grands poètes. J. Teavus.

POÉTIQUE (licbhge). Fqjt. Lickicb.

POGGIO (BtAGCiOLnn), appelé communément en France le Pogge , Tun des écrivains du xv« siècle qui ont le plus contribué à la renaissance des lettres, soit par le succès de ses recherches, soit par ses propres ouvrages, naquit à Terra-5ova, dans le territoire de Florence, le 11 février 1880. Il étudia à Tuniversité de cette ville, où il eut pour maîtres Jean de Ravenne, Emmanuel Chrysoloras, et pour condisciples, Hiccolo Niccoli, Leonardo Bruni d*Arezzo, etc. De là, il se rendit à Rome, où il obtint, en 1405, la place de secrétaire apostolique qu*ii conserva, sauf un court intervalle, pendant Tespace de 51 ans et sous le pontificat de 7 papes. C'est à la suite de deux d'entre eux, Jean XXII et Martin y, qu'il assista au concile de Constance, et fot témoin du supplice de Jérôme de Prague, décrit dans une de'ses lettres. Cefot aussi à cette éiioqne et pendant Texil volontaire qu'il s'impeta peu de temps après, soupçonné qu'il était de pencher pour les hérétiques, qu'il se livra,avec la passion qui caractérisait cette époque, à la recherche des manuscritsde l'antiquité. Il découvrit au monastère de Saint-Gall une copie complète de Qointilien; à Langres une harangue de Cicéron; dans d'autres lieux 7 discours du même auteur; 19 comédies de Plaute, Silius llalicus, Ammien larœllin, Pétrone, des fragments de Lucrèce, de Yakrins Flaccus, de Lactance, de ColumMle, d*Anlu-Gelle, etc., admirables résultats qui suffiraient pour immortaliser le nom du Pogge. Après un s^our d'environ 4 ans en Angleterre, il revint à Rome, où il reprit ses fonctions qu'il

ne quitta guère, qu'en 1454 et 1455, années où il se maria et s'établit au Val d'Amo, au milieu de statues et d'objets d'art rassemblés avec le même zèle qu'il en avait mis naguère à recueillir des manuscrits, et, enfin, en 1455, lorsqu'il fot nommé chancelier de la république florentine. Jusqu'à sa mort, arrivée le 10 octobre 1450. Poggio ne cessa de s'occuper de travaux littéraires, qui ont été réunis à Râle, 1558, in-fol., et dont nous ne pouvons indiquer ici que les principaux : VHi»' toire de Florence, en. latin, 1715, in-4o : il en avait été donné une traduction italienne par le fils du Pogge, dès 1476; les Facéties, recueU de bons mots, de contes, d'anecdotes, qui ont eu un nombre infini d'éditions et ont plus contribué à populariser le nom de l'auteur que ses productions sérieuses; divers traités, dialogues, etc., en latin, parmi lesquels nous nous contenterons de citer celui De varietatefortunœ, et celui qui a pour titre ^én seni sit uaor ducenda? composé à l'occasion de son mariage, et que Daunou (art. PoGfiio de la Biogr. univ.) a cru perdu, mais qui a été imprimé en 1809, d'après un manuscrit de la Ribliothèque royale, à Paris, par M. Shepherd, auteur d'une vie anglaise du Pogge, trad. en fr. par M. de l'Aubépln, 1810, in-fi». Jacques Lenfant avait donné, en 17âO, un Pog^ giana. Enfin, M. Tonelli a entrepris, à Florence, une publication complète des Lettres du Pogge, dont le 1«r volume a paru dans cette ville, 1859,

in-4<». RATHBtT.

POIDS, (ilfécofit^iie.) C'est la qualité de ce qui est pesant : le poids d'un fardeau, le poids de l'air, de l'eau, de l'or, etc.

Le poids d'un corps est une mesure de la masse ou quantité de matière que renforme ce corps. Celte masse est une chose absolue, invariable, indépendante du temps et de l'espace, tandis que le poids varie avec la position du corps dans l'univers, et l'époque à laquelle il s'y trouve. Par exemple, le même corps, transporté en divers points du globe, à des hauteurs difiPérenles, rekitivement au niveau des mers, variera plus ou moins dans son poids qui, eu définitive, n'est que la force avec laquelle il se trouve attiré vers le centre de la téïre. Newton a pu calculer les différents poids qu'acquerrait un même corps transportésuccessivement àla surface des planètes, de la lune et du soleil. Mais ces variations dans le poids d'un corps ne peuvent être accusées par le moyen d'une balance ordinaire, puisque l'attraction à laquelle le corps est soumis se fait également sentir sur les poids qui servent à l'équilibrer. On y arriverait à l'akle d'un peson à ressort. La force musculaire pourrait aussi s^vi

POI

POI

ft rMonnalM oh diflirenoês t ainsi, un tiomma de notre glolie, transporté sur Jupiter, serait écrasé sous son propre poids, oonsidérablement augmenté par l*attraction puissante de cette planète; tandis qu*au contraire il pourrait faire des bonds prodigieux à la surface de la lune, dont Tattraction est relatiTement très*faible. — Le poids des corps est cependant une mesure exacte de leurs masses ou quantités de matière, pnisqu*en un même lieu la pesanteur agit sur ces corps en raison directe de leurs masses; c'està-dire qu*en un même point de la surfscé du globe, par exemple, deux masses égales pèsent également, et que deux masses, Tune double de Tautre, ont des poids dans le rapport de 9 à 1. Ces mêmes corps, transportés simultanément en d'autres points du globe, et par la pensée à la surface de toute autre planète, auraient toujours des poids proportionnels à leurs masses. — La mesure des masses par les poids, à Taide d*une balance, est auui utile et même plus fréquente que la mesure de retendue, à une, ou deux, ou trois dimensions. Les poids et les mesures ont coexisté dans tous systèmes imaginés, tant chex les anciens que cbez les modernes; et les peuples qui, comme les Américains, n'avaient pas l'usage des poids, étaient aussi dépourvus de mesures. Nous arons tu à Tarticle Misuib que le système le plus anciennement connu, et dont les traces ont subsisté Jusqu'à ce Jour, était basé sur la longueur du pied naturel , dont le cube donnait l'unité de yolume ; et que ce Tolume rempli d'eau faisait l'unité de poids, sous le nom de talent. Le talent des anciens peuples de l'Asie et del'AfHque, le talent de Moïse, était donc le poids d'un pied cube d'eau prise sans doute à la température ordinaire; il Talait 18 kilogr., et se subdivinit en 50 minêê, chacune de 60 êieies ou de ISO drocAmea. Tous les systèmes imaginés depuis ne sont que des imitations plus ou moins heureuses de ce système primitif. Dans le cours du moyen âge et des temps modernes, les talents sont devenus des quiniauM, et les mines ont reçu le nom de lfvre$, d^à employé par les Romains. Beaucoup de personnes s'imaginent que le système métrique se distingue de tous les autres, en ce que les poids sont liés aux capacités et aux longueurs; mais c'est là une idée de tous les âges, obscurcie à la vérité par la confusion des systèmes féodaux. H était en effet naturel de prendre pour unité de poids le poids d'un certain volume d*eau, et jamais on n'a eu recours à d'autres liquides. Plusieurs graines, telles que le blé, les pois, les fèves, etc., ont, à la vérité, servi à peser les eorpe légersi mais ces petites

unités se trouvaient liées par des rapports simples aux gros poids du commerce. -* Dans le système métrique, l'unité de poids est le poids d'un centimètre cube d'eau pure dans le vide, au masHmum de densité, qui arrive à 4 degrés du thermomètre centésimal : voilà les deux conditions qu'avaient négligées les anciens , et que les savants de nos Jours ne pouvaient omettre; car l'eau varie de densité ou de poids, sous le même volume, avec la température et la pression atmosphérique. Tout le monde sait qu'un corps placédansl'airpèse moins quedans le videdetout le poids de l'air qu'il déplace; en sorte que cette perte est d'autant plus grande que l'air est plus comprimé, et que le corps occupe plus de place pour la même quantité de matière. Dans les circonstances atmosphériques ordinaires, un kilogn(mme de platine perd 60 milligrames en passant du vide dans l'air; un kilogramme de cuivre rouge s'allège de 188 milligrammes, et un kilogramme de cuivre jaune de 148 milligrammes. Tous ces poids, égaux dans le vide, ne le sont plus dans l'air, et c'est un inconvénient inévitable de Ja pratique. Bien plus, deux corps de nature diverse, l'un très-dense et l'autre lrès> léger, faisant équilibre au même poids sur la halance, ne pèseront plus également dans le vide, et cette différence de masse, que l'on peut négliger dans les relations ordinaires du commerce, serait une cause d'erreur sensible pour les opérations délicates de la physique. Ces recherches scientifiques paraissent avoir attiré la sollicitude des commissaires du système métrique plus que les besoins réels du commerce. Bt, certes, ce ne sont point des marchands qui eussent érigé en unité de poids ce ^romme si mince et si chétif . On a dû prendre une unité mille fbis plus forte, le kilogramme, et retrancher la seconde moitié de ce mot pour abréger les écritures et le discours. Ceci est un inconvénient plus grave qu'on ne pense, et c'est une des causes qui ont fait repousser le système métrique par les autres nations. L'impulsion donnée par la France a rencontré d'autres obstacles qu'il est inutile d'énumérer ici. Mais, si les peuples étrangers n'ont point admis notre système métrique, la plupart ont Aiit une révision de leurs anciens systèmes, qu'ils ont généralisés. Ainsi, en Angleterre, un pouce cube d^eau pesé, avec des poids en cuivre dans l'air, à 6S degrés Varenheit, et à KO pouces de pression barométrique, est de 959,458 grains, dont, 5,760 font la livre trqy, et 7,000 la livre ovoi^r du poids. Dans les États prussiens, la livre représente la 66^ partie du poids du pied cube d'eau «IstUMe dans l'air à 15degréi

POI

POI

Iteamur. Sn génénl, on ii*a poiat altéré les anciens poids, mais on a cherché les rapports les pins sifliples qui existent entre eux et certains volumes d*eau. Il faut ayouer que si notre systtee a un cachet trop scientifique, les systèmes définis chea nos voisins ne pèchent pas sous le rapport de la sinq>licité et de Téléganoe. Saiost*

Au figuré, awir detui poids ei deuw Mesures, c*est Juger diff&remment d^e même chose, selon les personnes, les circonstances, les intérêts. Jgirmvêc poids et mesure, c^t agir ayec sage»e et dreonspection.

PoiM se dit encore des morceaux de cuivre, de plomb, de 1er ou de pierre qu*on attache aux cordes d*une horloge, d*un tourne -hroche, pour loi donner du mouvement.

PoiBS, figurément, au sens moral, est tout ce qui fatigue, oppresse, chagrine, embarrasse. — Porter le poids du Jour, de la chaleur, c'est endurer toute la peine, faire tout le travail pendant que les autres se livrent au repos ou au plaisir.

Pona est encore synonyme dimportance, de eonsidération, de mérite, de fOrce, de solidité. On dit dans ce sens : des raisons, une autorité, un témoignage, un exemple, un homme de poids. X.

POIGVARD. (Jrt mUiiaire.) Ce mot, dérivé du latin pugio, pugipnardus, a eu, en roman et en firançais, une multitude de synonymes qui révèlent le grand et vieux usage du poignard, ainsi que les innombrables modifications que sa larme a éprouvées. On peut s*en ftiire une idée en rassemtdant, en imagination, toutes les lames, depuis le couteau à gaine, nommé alloelte, ou anchois ou bistouri, jusqu'au candjiar oriental. Jusqu'au cris malais. Le poignard a été abandonné depuis que le perfectionnement des armes à fen a rendu si rares les combats corps à eorps; cependant l'escrime espagnole enseignait encore dans ravantrdernier siècle le Jeu du poignard; maintenant, il n'est plus en Europe qu'une arme de voyageur ou de sicaire. Les soldats romains, depuis leur communication avec TAsie , et surtout depuis l'érection de l'empire, portèrent le poignard : on le nommait para- Mone, parce quMI s'attachait à la ceinture, ad aonam. La chevalerie, par une abréviation ou une antiphrase, appelait miséricorde et merci le poignard qui servait à égorger le vaincu. Au moyen ftge , un couteau ou coutel que portaient les coutiliers ou valets qui servaient . l'armée était une espèce de poignard tranchant, à l'aide duquel Ils achevaient les blessés, quand la hache M la masse ne suiMait pas* Les archers aussi

étaient pourvus d'une arme de ce genre, aiam, la Chine, la Cochinchine, ont excellé, depuis une antiquité mal connue, à fabriquer des lames empoisonnées, au moyen des sucs de plantes vénéneuses ou de la bave de reptiles malfaisants. Des poignards italiens, qu'on fabriquait à Venise, h Milan, à Pistoia, et qui sont d'un admirable travail, sont percés à jour de mille trous; des antiquaires supposent, mais d'autres le nient, que ces cavités étaient destinées à receler au besoin du poison. Celui dont on se servait était de l'arsenic amalgamé dans de la graisse. Au xv« siècle, on portait des poignards dont la gaine était attenante au fourreau de l'épée. Depuis le règne des Valois et le costume à l'espagnole, les Fran* çais élégants portèrent des poignards en habits de cour, à peu près comme les moines et les paysans portaient leur couteau de cuisine : ces poignards, élégamment engainés, pendaient à droite ou au bas du buste, tantôt la pointe en bas, tantôt en l'air. Ils disparurent depuis le règne de Henri IV. Des Vénitiennes portaient le stylet caché dans leur sein ; des dames, et même des paysannes espagnoles, le tenaient enfilé dans leur Jarretière. Les poignards de Saragosse, comme le témoigne Rabelais, étaient célèbres. Il y a peu d'années, le ministère français a donné, on ne sait pourquoi, à l'infanterie un sabre-poignard, qui n'est ni un poignard ni un sabre. On Jugera, à l'user, si cette innovation justifiera la dépense des dix ou douxe millions que le budget a eu A supporter : la première guerre en dé»cidera. 6^ Basdir.

POIL, du latin pilus. On appelle ainsi les prolongements filiformes qui garnissent l'enveloppe extérieure des animaux et des plantes. Nous en distinguerons de deux espèces : les unes, tels que ceux des plantes et de tous les animaux de sang froid, ne sont que des appendices épidermiqnes; les autres propres aux animaux à sang chaud, tels que les mammifères et les oiseaux, traversent les couches profondes de la peau, et sortent d'une petite poche ou matrice que sa f6rme ovale a fait comparer aux oignons des plantes bulbeuses, et nommer bulbe.

Suivant les formes diverses que revêtent les produits organiques sécrétés par les bulbes piteuse, les poils reçoivent différentes dénominations. On appelle poils compoiés ceux qui sont formés de deux substances, l*une extérieure et dure, une autre intérieure plus ou moins spongieuse, molle et blanchâtre, tels sont les plumes et les piquants des porcs-épics, des hérissons, des échidnés, etc.; on appelle poils simples ceux qui ne sont constitués q^e par la substance duftf

POI

POI

tassante et cornée qui !6rme TenTeloppe des précédents : ici se rangent les cheyeux de l*liomme; les crins; les filaments si fins contournés sur euxmêmes et hérissés de petites pointes, que Ton nomme laines; les poils rigides flexibles et non susceptibles d*étre feutrés, tels que ceux du blaireau et des cochons, que Ton connaît sous 1 a dénomination de 3oie$; les poils lisses, assez gros, de médiocre longueur qui constituent la robe d^été des animaux de nos régions tempérées, appelés jar; enfin les poils fins et doux placés sous les précédents, qu*ils dépassent en hiver, connus sous la dénomination de bourre,

La présence, Tabsence, la rareté ou Tabondance des poils, sont en rapport avec le plus ou moins d*épaisseur de la peau : ces deux sortes de protection étant destinées, par la nature, à se suppléer. Ainsi le pelage est bien fourni dans les carnassiers, les rongeurs qui ont la peau mince; il est peu épais dans les ruminants, encore plus rare dans les pachydermes, et manque entièrement dans les cétacés, tous animaux munis d*un cuir épais. L*homme seul, quoique ayant la peau mince, a peu de poils ; mais cette imperfeclion matérielle est largement compensée par son intelligence qui lui procure des abris et des vêtements commodes.

Les poils ne présentent pas les teintes vives qui sont propres à la majeure partie des plumes; leurs couleurs ordinaires sont : le rouge et les nuances intermédiaires à cette couleur et au jaune vif; le noir profond et les nuances intermédiaires au blanc et au rouge, le gris, le cendré, le brun, etc. Ces teintes ne sont pas répandues au hasard : chaque famille affecte une coloration particulière. Le climat exerce une action puissante, non-seulement sur la coloration, mais encore sur la nature et sur les mutations de poils des animaux. Ainsi les espèces constamment blanches sont généralement propres aux régions glaciales; dans les régions moins constamment soumises au fh>id, le poil, de teintes plus ou moins foncées, blanchit plus ou moins à mesure que rhiver devient plus rigoureux. Par opposition, les espèces remarquables par leurs teintes très-vives appartiennent aux contrées équatoriales. En même temps, le poil de dessus ou jar, domine dans le pelage des animaux particuliers à ces dernières régions, tandis que c*est le duvei et la boutre qui constituent presque à eux seuls la robe des espèces polaires. Enfin, chacune de ces sortes de poils se succède, ainsi que les saisons, dans le pelage des animaux des zones tempérées.

Les organes producteurs des poils, autrement dit les bulbes, sont de petites poches ordinaire-

ment placées sous le derme et ouvertes à lenra deux extrémités pour recevoir, d*un côté, des nerf^ et des vaisseaux, et pour donner passage, de Tautre, au produit de la sécrétion. L*opinion la plus répandue, car beaucoup de vague règne à ce sujet, est que le bulbe sécrète la matière pileuse sous forme de petits mamelons coniques, et que ces petits cônes sont successiv^ent poussés au dehors au fur et à mesure que de nouveaux produits de sécrétion , de même forme, soulèvent les anciens. Les poils sont constitués chimiquement par du mucus semblable à celui qui existe dans les cheveux, dont la souplesii et rélasticité sont entretenus par une petite quan- Uté d*huUe.

Passant actuellement aux poils qui ne sont que des appendices de Tenveloppe extérieure, nous voyons les insectes en offrir de très-cassauts, ce qui rend les piqûres de ceux des chenilles si incommodes et les a même fait passer pour venimeuses. Ils affectent différentes formes et occupent diverses parties du corps ; les uns sont disposés en broises et servent à la récolte du pollen, dans les abeilles; les autres sont, ou des ornements, ou des armes défensives.

Dans les végétaux, les poils peuvent se montrer sur tous les organes extérieurs, soit surceux qui sont exposés à Tair et à la lumière, soit sur ceux qui, comme la racine, sont enfoncés dans la terre. Us sont généralement plus abondants sur les plantes qui vivent au grand air et dans des lieux secs ou arides, que sur celles qui sont abritées. Leur forme et leur nature varient : les uns sont simples, les autres ramifiés. Ils sont généralement libres d'adhérence entre eux, mais se soudent cependant quelquefois par leurs côtés et donnent alors naissance à des espèces d*écailles analogues à celles offertes par les pangolins, dans le règne animal. Quelques-uns sont implantés sur des glandes et leur servent de canal d*excrétion, comme on le voit dans les orties; d'autres sont les soutiens de petites poches glandulaires, ainsi qu'on le remarque dans la fraxinelle. La structure anatomique des poils des végétaux est fort simple ; elle consiste en des cellules épidermiques placées bout à bout, avec ou sans communication directe entre elles. Leur usage est de protéger les plantes, mais principalement d'augmenter leur surface absorbante. G. LxMOiraifiR.

Les filaments qui recouvrent la peau des quadrupèdes forment une branche importante de commerce. On y distingue les ioiei, tfès-dures, roides, et non garnies de duvet autour de la racine, que fournissent le porc et le sanglier, et

POI

POI

^piiierf eut surtout dans Tartdu brostier; le crin, dur, lisse, n^ayant pas de duyet à sa racine, qu'on troure aux queues des hœuH et des chevaux, et sur la crinière de ces derniers : il s'emploie surtout dans Tart du matelassier, bourrelier, tapissier, etc.; les poils proprement dits, moins durs que le crin, lisses, luisants, plus ou moins garnis de dnret à la base, comme on le voit sur la peau du cbat, du chien , du lapin, etc. Ces derniers susceptibles de se feutrer serrent particulièrement dans la chapellerie.

La plupart des chèvres portent poil et duvet, surtout Tespèce du Tibet, dont le duvet abondant et soyeux se nomme cachemire. Ce dernier parait dans le commerce sous deux noms : poil de chèvre ou laine cachemire, et nous arrive tantôt brut, tantôt dégagé du poil; il est blanc, gris ou roux : la plus grande partie du blanc s'emploie dans la fabrication des tissus, les autres servent principalement dans la chapellerie. Le poil de chevron, improprement nommé poil de chameau, vient d'une chèvre du Levant, dont la toison rousse ou noire consiste en poils longs, droits, roides à la racine, et en un duvet long de 0b35 à Oa40. Il s'emploie dans la chapellerie, et sert quelquefois au tissage. Lepoil de bouc blanc s'utilise dans la brosserie ; celui de vigogne dans la chapellerie fine et dans la draperie ; le véritable pâil de chameau, dans la chapellerie commune et dans les gros tissus.

Pour les poils de blaireau, de castor, de lièvre, de lapiny de loutre, etc., qu'on laisse après les peaux, voT' tous ces mots, et Foubeobi, Pxlle-

TXBIK,etC.

On donne assez improprement le nom de poil de chèvre à une étoffé dont la trame est en laine peignée, et la chaîne en coton. Les produits français de ce genre, quoique inférieurs à ceux des Anglais, du côté de la fabrication et de la qualité, sont fort recherchés pour le dessin ; cependant les exportations en sont à peu près nulles, tandis que les Anglais expédient des parties considérables d'étoffes en poil de chèvre dans tous les pays de l'Europe. Cabavis.

POILLT (la fâhillx), graveurs français célèbres du xvn» siècle, ^qy. Gbawie.

POINÇON (Technologie), du latin pugiunculue,ventculum). C'est un instrument de fér ou d'tantre métal destiné à percer ou à graver quelque cbose ; on dit ainsi : un poinçon ou aiguille de graveur. On nomme aussi poiiif on un instni- BMut servant à marquer la vaisselle d'or et * d'tegent. Les orfèvres ont chacun le leur, et toutes les pièces qu'ils débitent sont marquées de trois poinçons : 1» celui de l'administration, qui

est la quittance des droits de contrôle; fo lepoiii* çon de ville, qui assure le titre de la pièce ; 80 et enfin celui de l'orfèvre. C'est avec un morceau d'acier gravé en relief, et nommé aussi poinçon, qu'on frappe les coins qui servent à l'empreinte des monnaies et des médailles. On appelle éga« lement poinçon, en typographie , un morceau d'acier où sont gravées en relief les lettres qu'on imprime sur les matrices servant à la fonte des caractères d'imprimerie. Le poinçon, en termes de manège, étaitautrefois un manche armé d'une pointe de fer avec laquelle le cavalier piquait la croupe du cheval qu'il voulait faire sauter et ruer. Le même mot désigne aussi une sorte de tonneau ou de mesure de capacité contenant environ les deux tiers d'un muid. Les dames se paraient autrefois la tête d'un joyau nommé poi' çon ou aiguille de tète : cette mode semble vouloir revenir chez nous. — L'arbre vertical sur lequeltourne une machine, la grue, par exemple, s'appelle également poinçon. Les maçons et tailleurs de pierre, se servent du même mot pour désigner un outil de 34 à 80 pouces de longueur, qui leur sert à foire des trous. Poinçon se dit encore, en termes de charpenterie, de la pièce de bois debout, assemblée avec les arbalétriers ou les Jambes de force, dans une forme de comble. C'est aussi, dans les vieilles églises qui ne sont pas voûtées, une pièce de bois à plomb, de la hauteur de la moitié du ceintre, qui, étant retenue avec des étriers et des boulons, sert à lier l'entrait avec le tirant. S, Hdhbset.

POINSINET DE SIYET (Louis), né à Versailles, le 90 février 173S, mort à Paris, le 1 1 mars 1804. Fidèle aux exemples des grands maîtres qui ont fondé la littérature française, contemporain des auteurs distingués qui ont retardé la décadence du goût vers la fin du xviii* siècle, il sut, jeune encore, prendre place parmi eux, et se faire remarquer par l'él^ance et la pureté de son style. A 19 ans, il débuta par les Églèidet, recueil de poésies dédiées à Églé : cet ouvrage fut suivi d'une traduction en vers d*Anacréon, Sapho, Moschus, Bion, Tyrtée et autres poètes grecs, incontestablement la meilleure qui existe. En 1759, il donna au théâtre la tragédie de Briséiê, dans laquelle, à l'aide d'une fiction heureuse, il a renfermé presque toute l'action de V Iliade : il y a dans cette pièce des vera qui sont évidemment de l'école de Racine, et que ce grand poète n'eût pas désavoués. Il s'en trouve peut-être plus encore dans sa tragédie ^Ajax, jouée en 17Ô9. Il fit imprimer, en 1789, une troisième tragédie, CaHon d'UtiquB, que les circonstances empêchèrent de représenter : celte pièce est d'un

POI

POI

iiyle lévère et renfeme de grandei beautés, il a laissé de plus une traductioo entière de Pline le naturaliste, accompagnée d*un texte raisonné et de commentaires ; une traduction en vers et en prose d'Aristophane et de Plaute, une édition latine d^Horace avec un commentaire, plusieurs comédies qui n*ont pas été Jouées, telles qu*jtfgiaé, le VaUi intrigant ^ etc. ; un traité de la politique privée, un traité des causes physiques et morales du rire ; des recherches sur les médailles et les hiéroglyphes des anciens, un ouvrage sur Torigine des sociétés, un petit roman intitulé le Phasma ; il a fourni en outre une multitude d'articles à la bibliothèque des romans et à dif» férents Journaux. — Sa tragédie de Brisais a été remise pour la troisième fois au théâtre de rodéon, le 17 novembre 1798 : elle y eut du succès et obtint douze représentations. A la première, le public ayant demandé Tauteur, quelqu^in au parterre répondit qu'il y avait plus de vingt ans qu'il était mort Alors sort de la galerie une voix qui s'écrie : t Eh non I messieurs, Je ne suis pas mort. » C'était Poinsinet de Sivry lui-même, alors âgé de 65 ans, qui, pénétré de Joie, ne put retenir cette exclamation.— Il ne faut pas confondre cet auteur avec Poinsinet, son parent, auteur de l'opéra d'Srne/iiu/e, et de la Jolie comédie du Carde, Digt. dk la Coitv.

POINT, {Mathématiques) du laUn puHOtum, pointe. Les géomètres désignent sous ce nom une partie fictive de l'espace qui, n'ayant aucune dimension appréciable, engendre néanmoins l'étendue. Si l'on considère attentivement la formation d'une ligne quelconque, il semble en effet qu'elle est le résultat d'une infinité de petites lignes s'ajoutant successivement les unes aux autres, suivant une même direction dans la ligne droite, ou subissant certaine déviation et formant d'infiniment petits angles dans la ligne courbe; ou bien encore ces lignes peuvent résulter de l'écoulement, de la fiusion d'un petit corps qui laisse partout derrière lui une trace sensible de son passage. Hais s'il est permis à la pensée de dépouiller les corps de quelqu'une de leurs dimensions pour s'occuper plus spécialement d'une seule d'entre elles, s'il est possible de mesurer la largeur d'un fleuve uns s'occuper de sa longueur ni de sa profondeur, pourquoi l'esprit ne pourrait-il pas un instant concevoir les petites lignes, les petits corps dont nous avons parlé comme dépouillés de toutes dimensions, ou du moins n'en ayant que de si petites qu'il faudrait les répéter infiniment pour les rendre perceptibles. On peut donc regarder le point comme une étendue si infiniment petite qu'U est permis

dans tous les cas de la négliger; car dès qu'elle a une seule dimension appréciable, ce n'est plus un point, c'est une ligne. Cependant il est plus Juste de dire que ce n'est pas même une étendue quelconque, si petite qu'on puisse la supposer, comparable avec l'étendue réelle ou finie; mais seulement une idée donnée par la raison pour ramener à l'unité la connaissance que nous avons de cette étendue finie. Telle doit être surtout la manière de l'envisager lorsque le point sert à marquer une place dans un corps ou l'extrémité d'une ligne, où l'on ne saurait lui supposer une dimension quelconque sans l'ôter ou l'ajouter au corps ou à la ligne. Pans la géométrie, on marque ordinairement ces points par des lettres de l'alpbabet. L'endroit où deux lignes se coupent se nomme point de section ou d'intersection; ceux où une ligne courbe offire quelque circonstance remarquable, comme lorsque de concave elle devient convexe ou change seulement de courbure, sont dits points singuliers ou caractéristiques.

En général, on donne le nom de point à tout endroit fixe et déterminé. L. Louvxt.

POINT. {Tschnologie,) On se sert de ce mot dans les industries à l'aiguille pour désigner la piqûre qui se foit dans une étoffe en la cousant. U se dit aussi de certains ouvrages de broderie ou de tapisserie {vox* ces mots), qu'on distingue par des noms différents selon la manière dont ils sont faits, selon le pays d'où la mode en a été apportée, et souvent d'après le caprice des ouvriers : de là les expressions de point de crois de chevalier^ point de chaînette, point à carreauw, point allongé, point à la turque, point d'Angleterre, point de Hongrie, etc. Enfin, ce mot s'applique à une sorte de dentelle de fil, faite à Taiguille, qui prend les diverses dénominations de point de Venise, d'^lençon, etc.

POINT DE COTÉ. f^OT* PLBDBtsn, Plfiuaoiiix,etc.

POINT DE TUE, POOIT DB niSTARGX. ^Qy.

PKESPIOnVB.

POINT D'HONNEUR. Ce qu'on regarde comme touchant l'honneur, comme intéressant l'honneur, comme règles et maximes d'où les hommes font dépendre l'honneur. La passion dominante desgentilshommes était autrefois Itpoint d'honneur i les maréchaux de France en étaient Juges souverains. Il existe un- traité du Point d'honneur^ par Courtin. Le point d'honneur, en termes de blason, se dit de la place qui, dans un écu, répond au milieu du chef et au-dessous. X* *

POINT D'ORGUE. {Musique.) Cest un point ordinabre surmonté d'un ara de oerete ^T^i dont

tOï

POI

li^réMftee «bhobm la suspenfkm momentanée da la menre. On le nomme aumi point d^arréi Ml fermai (de intalien fêrmaia).^

Oo appelle également point d*orgue le trait qve ckante ou Joue Tun des exécutants, tandis que les antres parties demeurent immobiles et attendent que la partie principale ait terminé pour que chacun reprenne son rôle. Assez sou- Tent Ton troure dans une partie principale les mots • piac9rê, ad UbUum ou à voUmié i ces opressionsannoncent que rexécutant peut presser ou ralentir la mesure selon son bon plaisir. Bans ce cas, les parties d'aocompagnement ont on nVmt pas le point d*orgue, mais on j lit d'ordinaire les mots êêgue la parie ou simplement ji^tf#, ce qui indique que Ton doit suivre la partie récitante, lorsque la mesure redoTient obligatoire, cette circonstance est marquée par les termes a tempo ou mesuré,

8oo?ent aussi un point d*orgue se troure, dans tontes les parties à la fois, sur une note ou sur un silence, qui doivent alors être conyeoablemeni prolongés, Jusqu'à ce qu'une ou plusieurs, ou toutes les parties ensemble reprennent le tl du discours momentanément suspoMhi. C'est surtout à cette circonstance que eonTient la dénomination de point d'arrêt ou fermuU. J. A. m là Faob.

PODITAGl, Ponrm, Pointiub. (Art militaire.) Cest l'action de diriger une pièce de canon, une bouche à feu quelconque vers un point déterminé | on donne aussi le nom à la direction dle-mtee : ainsi. Ton dit qu'un pointage est Tideuz lorsque les projectiles lancés n'atteignent pas le but; on dit, rectifier le pointage, ce qui s'applique, comme on le voit, à la direction elle-même et non à l'action de diriger. Dans les batteries de siège ou de place, les canonnière doiveot se porter à l'épaulement au moment où le coup part, pour vérifier l'exactitude du tir et reetiier le pointage s'il j a lieu. — Le pointage ne consiste pas toujours à diriger la ligne de mire vers le but que l'on doit atteindre. Cette direction varie selon la distance à laquelle se trouve robjet à ftvpper , soit en deçà , soit au delà du bui en blano^ on se sert pour cela d'une haueee, ou petite échelle graduée, qui est fixée à la culasse pour les pièces de campagne, et qui est mobile et portative pour les pièces de gros eallbro et les obusiers.

Four pointer, on dirige la pièce au moyen de la vis de pointage, de manière que l'œil du pointeur, les points les plus élevés de la plate-bande de culasse (ou de la hausse), du bourrelet de volée et l'oltfet A atteindre soient sur une même

ligne droite. «- On donnait autrefois le nom dtf pointeur à un officier ou à un chef de pièce, qui était chargé de pointer la pièce avant de la tirer; maintenant, ce sont les canonnière qui manou* vrent la pièce qui pointent. Celui d'entre eux qui a ce soin s'appelle le oanoftnter de gauche. Les officiers rectifient le pointage lorsqu'il j a lieu.

POINTAGE, PoniTiB. {Marine.) C'est l'opération de trouver sur la carte, au moyen du quar» lier de réduction, le lieu de la mer où se trouve un bâtiment ; autrement, c'est pointer les routes parcourues dans les 24 heures, pour les réduire en une seule, déduire la latitude et la longitude estimées, et déterminer la route à suivre. C'est mettre aussi le point d'intersection de la latitude et de la longitude reconnues, sur une carte réduite, pour indiquer dans quel lieu du monde onsetrouveet connaître la route qui reste à faire pour se rendre à sa desUnation.il est de rigueur de pointer la carte tous les Jours, et chaque fois que l'on veut changer de route. — Abord des bâtiment, pointer à démâter, c'est tirer sur les mâts d'un vaisseau ennemi pour les lui couper et le désemparer de ses manœuvres. Pointer en plein bois, c'est diriger les coups de manière que les boulets puissent donner dans le corps du vaisseau ennemi. Pointer à l'horiMOn, c'est raser avec de la mitraille le point du bâtiment que l'on combat. Enfin i^offiler à couler bas, c'est ajuster le canon de manière que tous les coups puissent donner à la ligne de flottaison et un peu au-dessous. Martiu. Mbiliii .

POINTE, outil du graveur. Fcor. Gravuri.

POINTILLÉ (gravdbk au). Foy. Giavvbi.

POINTS CARDINAUX. (j4stronomie.) On a donné ce nom à quatre points diamétralement opposés de l'horizon, lesquels sont comme les gonds {cardinales) de l'édifice céleste. La marche du soleil sert à les fixer. L'endroit où cet astre parait le matin a reçu les noms de levant, est ou orient ( d^oriens, naissant, qui se lève) : on l'écrit par abréviation S. Le point où, arrivé à sa plus grande hauteur, le soleil recommence à descendre de l'autre cêté se nomme midi ou sud ..* on l'écrit 8. Le point où Tastre du Jour se perd sous l'horizon, à l'opposé de l'orient, s'appelle couchant, ouest ou occident {d^occidens^ mourant, qui se couche, décline) : on écrit 0. Enfin le point opposé au midi, où le soleil ne se montre Jamais, est le nord ou septentrion (nom que les Latins avaient donné à la constellation de l'Onrse, près du pèle arctique, composée de sept étoiles dont ils comparaient la marche circulaire à celle des borafti de labour, triones) t on rindique par Ki Ainsi ^ lorsque nous

POI

POI

tournés de façon h avoir h notre gauche le côté où se lève le soleil, le midi est en fece de nous, Toccident à notre droite, le nord se trouve derrière nous, et réciproquement. Hais les points du ciel où le soleil se lève et se couche varient journellement : on a donc donné les noms d^o« rient ou d^occident vrais aux points où le soleil se lèvb ou se couche aux Jours des équinoxes, c*estrà-dire lorsque cet astre est sur Téquateur, ou qu*il entre dans les signes du bélier et de la balance du xodiaque, aux points enfin où Téqualeur coupe Thorizon. LVient d'éié et Torient d^hiver, comme Toccident d'été et à^hiver, sont les points respectifs où le soleil parait et disparait à rhorizon les Jours de solstice d*été et d'hiver, lorsqu'il entre dans les signes du cancer ou du capricorne.

Rechercher les points cardinaux sur la terre, c-est ce qu'on nomme s'orienier. Le soleil en fournit le moyen puisqu'il suffit d'observer le poiot où il passe au méridien, pour avoir le midi vrai ; l'étoile polaire indique à peu près le nord, ainsi que l'aiguille aimantée (vo^.Bodssolb). On divise ensuile l'horizon ou le cercle qui le représente en un certain nombre d'angles, le plus souvent en 32 points, qui prennent leurs noms de leur direction plus ou moins éloignée de celle des points cardinaux : de là viennent les expressions de nord-eêt, êud-oueêt, pour indiquer les points de l'horizon à égale distance de ces différents points cardinaux, c'est-à-dire la ligne qui couperait au milieu les angles droits qu'Us forment entre eux; et de eêt-êud-eêt, nord-nord oueêi, pour marquer des points qui se rapprochent davantage du point cardinal répété. Les points cardinaux ne servent pas seulement à s'orienter, ils s'emploient encore dans la géographie et l'astronomie pour indiquer la position de points terrestres ou célestes relativement à un lieu donné, le sens des longitudes et latitudes,etc. Ils marquent aussi la direction des fleuves, des courants et surtout des vents : d'où vient le nom de rose des venis^u rumb qui porte les divisions de l'horizon. L. Loovn.

POIRE, fruit du poirier , de forme oblongue, ombiliqué au sommet, portant au centre cinq loges cartilagineuses, garnies de semences aUongées, qui sont revêtues d*une pellicule brune à répoque de la maturité. La poire qui provient des si^ets cultivés est un de nos meiUeurs fruits; plus de trois cents espèces ou variétés figurent dans nos Jardins. La petitesse, la dureté et l'àpreté au goût que nous offre la poire sauvage, comparées au volume énorme , à la douceur et au moelleux de tant de beaux fruits, font sentir

l'influence merveilleuse de la culture, La ^citte sauvage n'est pas mangeable, elle seK seulement à faire une piquette d'assez mauvaise qualité : on l'a nommée avec raison poiro d'angoisse. Ensuite, on a dit familièrement au figuré, , faire avaler des poires d'angoisse à quelqu'up, pour dire, lui donner un grand chagrin, lui causer quelque mortiAcaiilon.^Poired'angoiMêe est un instrument en forme de poire et à ressort que des voleurs mettent par force dans la bouche des personnes qu'ils dépouillent pour les empêcher de crier. — Le mot poire est encore employé en différents sens figurés : garder une poire pour la soif, c'est ménager, réserver quelque chose pour les besoins à venir. — Entre la poire et le fromage, c'est-à-dire sur la fin du dîner. — Une perle en poire est une perle de figure oblongue comme les poires, et plus grosse par en bas que par eu haut. — Poire se dit aussi du contre-poids de la balance romaine, parce qu'il a la forme d'une poire. — Une poire à poudre est une sorte do petite bouteUIe de cuir bouUil ou de quelque autre matière, dans laquelle on met de la poudre de chasse. — Quant aux poires < fruit), ne pouvant énumérer ici toutes les espèces, nous nous bornerons à parler des plus estimées : Vamiré joannet, mûre la première, vers la fin de Juin, est petite, allongée. Jaune, à chair tendre, blanche, peu savoureuse; le petit muscat, à fruits nombreux, en bouquets, à la peau d'un vert Jaunâtre, la chair un peu Jaune, agréable au goût, et légèrement musquée : elle mûrit au commencement de Juillet; le muscat-robert, mûre quinze Jours plus tard, est un fruit presque rond, jaune-vert, à chair tendre et très-sucrée; le muscat fleuri, le muscat-roye, mûrissent plus tard; le hâliveau^ petite, avec des marbrures d'un rouge vif, mûrit vers la mi-juillet; le rousselet hâtif, le rousseiet de Reims, le rousselet d'été, le Yousselet d'hi" ver, sont quatre espèces de différentes saisons : la plus estimée de ces poires est le rousselet de Reims; elle est excellente crue, séchée, en compotes; on en fait des confitures sèches ou liquides très-agréables. Les poires de bon-chrétien d'été, bon-chrétien d'Espagne, sont deux beaux fruits gros et savoureux, qui méritent tous les soins des amateurs; le bon-chrétien d'hiver est plus grosse que les précédentes, de quatre pouces de diamètre, à chair cassante, juteuse, sucrée et vineuse, mûre en janvier ou février, et placée au premier rang parmi les espèces cultivées. Lei douze ou quinze espèces de bergamote sont de bons fruits. Juteux et sucrés, mais pourtant inférieurs aux précédents. Les beurrés gris, blanc.

POI

POI

é^Jngteiem, romatn^ d'hiver, etc., sont encore des poires de choix. Le beurré, dit le savant aateur du traité des plantes usuelles, est la poire par excellence : belles formes, finesse de goût, me abondant et parfumé, elle réunit tout ce qui dtotingiie on fruit excellent.

Pont, liqueur spiritueuse qui se tire des poires. Comme ces fruits ne tardent pas à mollir ou blossir, on est obligé de les pressura aussitôt qails sont caeillis ; et Ton se sert du même pressoir que pour exprimer le cidre des pommes. Le poiré est asseï nettoyé ou paré pour pouvoir être bu an bout d*une vingtaine de jours. Après m ou deux mois de s^our dans les tonneaux, il offre une boisson fine, et dont Paddité est des plus agréables; mais plus tard, il devient morëant, agace les nerfis des personnes délicates, et enivre promplement ceux qui n*y prennent pas garde. Cette boisson soutient quelquefois la comparaison ayec les meUleurs vins blancs; el comme die est de la même couleur, il est facile de s*y ■éprendre. Les poirés les pins estimés sont ceux de rome, du Calvados, de la Manche ( France), et proviennent en général de terrains granitiques etsdiistenx. Les eaux-de-vie et les vinaigres de poiré ne le cèdent qu*à ceux de vin. Le poiré bouilli à la sortie du envier du pressoir, et réduit de deux tiers, donne un' excellent sirop avec lequel on foit le raisiné. L. Gàlais.

Poiftoi, de ricosandrie monogynie, de la famille des rosacées; bel arbre qui croit naturellement dans toutes les forêts de l'Europe, à tige grosse et droite, revêtue d*une écorce brune; à feuilles ovales, lancéolées, aiguës, dentées, portées sur de longs pétioles; à fleurs en corymbe, sur un pédoncule commun : leur calice est à dnq divisions ; leur corolle, composée de cinq pétales, entoure une vingtaine d*étamines, cinq styles terminés par des stigmates simples. — A rétat sauvage, le poirier prend la forme pyra- ■idale, et s*élève jusqu'à 50 et 60 pieds; ses rameaux sont terminés par des épines; sa racine, pivotante, pénètre dans presque tous les tertains. 11 ne porte de fruit que tous les deux ou trois ans, et alors il en est surchargé. Quoique ces petites poires sauvages soient fort du goût des vaches et des cochons, la culture de l'arbre qni les produit serait une mauvaise spéculation, car il est des espèces cultivées dont la croissance est plus rapide, le rapport annuel et les fruits ptes doux et plus juteux. — Le poirier sauvage a le bois d*un grain très-fin et très-beau, il est tMfle à travailler. Jeune, il sert à former les greffes les plus durables, pourtant, on reproche MB sujets greffés sur sauvageon de donner des

friiits moins gros, moins doux, et plus longs à paraître que ceux des greffes sur franc. — Le poirier cultivé perd ses épines et se couvre de fëuiltes plus larges, mais aucune de ses nombreuses variétés ne se reproduit de semis; il se multiplie par bouturée, par marcottes, par greffe sur sauvageon, sur coignassier, sur épime, sur fîranc. ^ La greffe sur coignassier, la plus employée de toutes, a Tavantage de se mettre plutôt à fruit, de donner des poires plus grosses et en plus grand nombre; Tarbre qui en résulte d'ailleurs est plus facile à diriger. -*- La greffe sur franc, qui convient mieux pour les grands arbres, produit des sujets plus robustes, mais dont les fruits sont sujets à différer de qualité dans la même* variété selon la nature du pied {franc est le produit du semis des variétés cultivées). —Toutes les expositions, celle du nord exceptée, conviennent au poirier ; il prospère dans une terre profonde, légère et un peu humide. Ces données toutefois veulent être modifiées selon la nature du sujet qui porte la greffe; ainsi le poirier greffé sur épine est moins délicat que le poirier greffé sur coignassier. — Nous donnerons au mot Tailli les r^les générales qui doivent diriger dans Téducation des poiriers, p. Gaubbkt.

POIREAU (allum porrum), de la famille des liliacées, diffère des autres espèces d'ail par la bdlbe oblongue et tuniquée, par sa tige unique, cylindrique, solide, par ses feuilles toutes radicales, engainantes, creusées en gouttière, longues et glabres. Originaire d'Espagne, le poireau est bisannuel, à fleurs rougeâtres, disposées en tête au sommet de la tige, et renfermées dans une spatbe bivalve. Il est cultivé dans toutes les parties tempérées de l'Europe : les pauvres le mangent cru avec le pain, et il sert dans tous les ménages pour donner du goût à la soupe. On sème le poireau dans les premiers jours du printemps, puis on repique le plant en l'espaçant de quelques pouces. L'habitude de supprimer la moitié des racines et d'écourter les feuilles est une double opération au moins inutile; car les sujets confiés à la terre dans leur entier poussent bien lorsque les racines sont convenablement étendues. Un sol substantiel, maintenu frais par de fréquents arrosages, est celui qui convient le mieux à cette plante. — Aux approches de l'hiver, on arrache les poireaux pour les enterrer dans un lieu abrité de la gelée, et là, couverts de paille ou de litière longue, on les conserve sains et frais malgré la rigueur de la saison. — Le poireau est doué de propriétés diurétiques qui peuvent être utilisées dans le régime alimen*

POI

POI

PoiiiAU, nom donné improprement aux verrues et à plusieurs espèces d'excroissances, f^oy.

VUIOB, EXCBOISSARGB. P. GàUBBBT.

POIRÉE. f^oy. Bbttb.

POIS {piêum)^ de la diadelphie décandrie, de la femiile des légumineuses, présente un calice en cloche à cinq divisions, dont deux supérieures plus courtes; une corolle papilionacée, des étaminesdiadelphes, un style triangulaire, creusé en carène; une gousse oblongue, polysperme. — Le pois cultivé ( P. êativum ) a la tige faible, peu rameuse, haute de un à trois pieds, d*un vert glauque; des feuilles ailées à deux ou trois paires de folioles ovales et entières ; les fleurs blanches, réunies deux ou trois ensemble sur un pédoncule axillaire; les racines annuelles, fibreuses et pivotantes. Le pois cultivé est originaire des parties méridionales de TEurope; il diffère du pois des champs (P. amenée) par ses folioles plus grandes et non dentées, par ses pédoncules polyflores et ses fleurs blanches. Celui-ci en effet porte sur chaque pédoncule une seule fleur de couleur purpurine. On croit généralement que le pois cultivé n*e8t qu*ane variété de celui des champs; sa graine, fraîche, est un de nos meilleurs l^mes; sa tige et ses feuilles un excellent fourrage. —La culture a produit un grand nombre de variétés : les unes ont la gousse parcheminée, non comestible, et les autres tendre et d*un goût agréable. — Les pola àparchemin sont nains ou rames : les nains sont le pois de Francfort, le pois baron, le pstU pois de Bloîs, le pois natn, à houqnst, le pois michaus (pois quarantain); ce dernier est de tous le plus fréquemment cultivé aux environs de Paris. — Toutes les variétés précédentes sont hfttives; elles demandent une terre légère et sablonneuse, peu de ftimier, car cet engrais les pousse avec trop de vigueur en tige et en feuUles au détriment du fruit : ce qui leur convient surtout, ce sont les flacons fréquentes, les terreaux bien consumés et les débris de végétaux. On sème les pois ou à la fin de novembre pour la primeur, ou au printemps : cette dernière époque est assurément de beaucoup préférable pour les personnes qui ne font point une spéculation de la culture des pois; car les soins, les dépenses, les attentions de chaque instant que réclament les semis d*hiver, ne leur tout gagner qu*une quiniafne de Jours sur ceux du printemps, et encore faut-n qu*ils réussissent. Trois binages et quelques mouillures, selon Pétat de la terre, amènent à bien les pots semés après les froids. La seconde aérie de la première section {pois à parchemin famés) se compose des pois thminé, taurent^

suisse ou grosse eosse hâtive, commun f sans pareU,mMMrlx^vertd'Angetorre, etc. Toutes cas variétés, plus élevées que les précédentes, demandent le secours des rames. Le pois sanspar» chemin ou pois mange tout s*élève Jusqu*à sept ou huit pieds; les six variétés qu*on cultive le plus souvent sont, ou à fleurs blanches, ou à fleurs rouges. Les rames leur sont nécessaires comme aux précédents; ils sont, comme eux, moins difficiles sur la qualité de la terre; un fond franc et qui conserve la fraîcheur leur convient surtout. Leurs gousses, sans enveloppe parcheminée, se cuisent bien, et font une purée agréable. — (Test surtout en vert que les poids sont un excellent légume; pourtant, ils offrent encore une ressource précieuse lorsquMIs sont desséchés, mais alors ils sont plus difficiles à digérer. Les petits pois verts se mangent au Jus, au beurre frais, au sucre; plus avancés vers la maturité, ils font, avec le lard, un ragoût nourris* sant et savoureux. — Conservation des petits pois (1«r procédé), icosseï, Jetez les grains dans Teau bouillante, laissez-les de deux à quatre minutes; puis retirez4es, passez A Peau froide, et fàites-les sécher sur un linge blanc à Pombre; enfln, renfèrmez-les dans des bouteilles pour Pusage. — ()• procédé). Les pois écossés, renfermez-les dans des bouteilles bouchées avec soin, ou dans des boites de fer-blanc hermètiiquement fermées; plongez ces vases dans Peau bouillante pendant une heure : an bout de ee temps, retirez-les et essuyez Pextérieur avant de les serrer. — Le pois crochu et le daman sont ceux qui se prêtent le mieux à la conservation. Les pois cultivés pour f6urrage se sèment, se gouvernent et se récoltent comme les autres plantés à gousses.

Pois ▲ CAiTTfcBX, corps globuleux, pisifbrmesi placés dans la plaie d*un cautère pour exciter la suppuration, et pour empêcher le rapprochement des lèvres de la plaie. On choisit pour faire les pots à cautère des substances végétales, dures et poreuses : ce sont ordinairement des pois secs ou de petites boules de racine d*iris de Florence bien polies. Celles-ci possèdent des propriétés excitantes qui doivent les faire préférer atix pote toutes les fois que le cautère pâlit, suppure pea ou présente sur ses bords un aspect blafard. Leur grosseur est proportionnée à la grandeur de Pexutoire. Les pharmaciens qui les préparent en ont de 24 grosseurs : ce sont ceux de huit à quinze qui sont le plus employés. P. Gaiibbit.

POISON {toxicum, tenenum, virus) nom donné à toute substance qui détruit la santé m anéantit entièrement la vie forsqu'efle est applK

POI

POI

fté% de qntiqtie naière que ce soit et sur un •orps viTaut et à très-petite dose. Les poisons sont tirés des trois règnes de la nature; aussi les a-t-OB divisés longtemps en poisons minéraux^ végétmms et mnimaus : ces derniers portent plus particulièrenent les noms de venins ou de «nw. Aigourd^hui, on range les poisons dans foatrc classes : !« irritants, acres, corrosifti, addei : alcalis concentrés, mercure, arsenic, cutyrt, antimoine, plomb, argent, cantharides, gomme-gutte, coloquinte, ricin, etc.; S« nar^ eoUqnes, agissant sur le cenreau sans enflammer les organes qu*ils touchent : opium, acide pinssique, laurier-cerise, laitue vireuse, etc»; gû msurooHeo-éores agissant sur le cerveau, et enflammant les parties sur lesquelles ils sont appliqués : ciguë, digitale pourprée, noix voiiique, etc., etc. ; 4» septiques (putréfiants), venins et virus. — On emploie en médecine les poisons les pins énergiques, et souvent avec grand saeeès) mais il fout les administrer à trèspetite dose, sans cela on donnerait lieu à Vsmpoimmmemsni (ecsr.). Dicr. db la Gorv.

POISONS (cooB Pis). Cette chambre royale de jostice, étabtie à l*Arsenal de Paris par lettrespatcates dn 7 avril 1679, contresignées Colbert, tponr connidtre et Juger les accusés prévenus de poiion, maléfices, impiétés, sacrilèges, proet iinsse-moflnaie, circonstances et I, tant dans la ville de Paris qu*en ittvert antres tieux dn royaume,» était une comr extraordinaire chargée spécialement de t des crimes dont ceux de la Brinviliiers {v0y.) avaient donné l^éveil. lile fut dissoute au haut de quelques années, après une minutieuse rochcwhe des complices de la Voisin. X,

FOISSAIBI, terme de mépris par lequel on désigne, surtout à Paris, les marchandes de poisson, et par extension toutes les marchandes de la halle. La plupart de ces femmes ont pour caractère ose eflironterle qui leur met sans cesse rii^m à la bouche. De là, tout un vocabulaire de termes ai harmonie avec la bassesse des pensées eCla grossièreté des sentiments poissards. Mtade de ce vocabulaire et de la classe du peuple qui en fait tmgt donna naissance an genrs pùismrd, qui m*mi ni Targot de TlUon, dans certains passages étusJRepuos, ni le burlesque de Searron, dans son f^lryifo tmtmsU. Moins ignoble que l*un, pins vrai que l'autre, ce genre, porté à la perfection dont U est susceptible par Tadé, eon inventeur, M admiré dans le xviii* slède; mids les choii4*0BUvredela/'4»ooasés, énqmmro Sowgvela powscrds» etc. , ne saunient être mieux accueillis par un goOt sévère,

que les dotnes de la halle par des personnes accoutumées aux convenances et au ton de la bonne compagnie. J. TtAvans.

POISSON (Dbuis-Sixéon), Pttn des mathématiciens les plus distijigués de nos jours, naquit à Pithiviers (Loiret), Je SI juin 17S1, de parents sans fortune. Sa première éducation fut négligée. Pressé de lui donner un état, son père le conduisit à f ontaineMeau auprès d*un oncle qu 1^ était chirurgien, et quiee chargea de Tinitier à*^ Fart de guérir. Poisson était peu propre à cette profession : à la plus simple opération, le cœur lui manquait Néanmoins les premiers temps de la révolution se passèrent ainsi. Lorsqu*eo 1790, une école centrale fut ouverte à Fontaineblean, le hasard fit tomber dans les mains du jeune étudiant en médecine quelques questions du professeur de mathématiques Billy : Poisson les résout aussitôt. Elles étaient assex simples à la vérité; mais enfin, il en devait la solution à sa iMule perspicacité, car il n*avait nulle teinture des procédés scientifiques. Le professeur sut s*attacher ce jeune talent; il rengagea à suivre la car^ rière des sciences exactes et lui offrit ses soins« Plein d'ardeur au travail. Poisson eut bien vite dépassé son professeur. Cependant sa femille ne lui avait permis de quitter la chirurgie qu'à la condition de s'ouvrir dans les sciences une carrière profitable. Billy lui conseilla donc de se présenter à l'examen d'admission de l'école polytechnique. Poisson avait 17 ans. n vint à Paris, étonna ses examinateurs, et fut reçu le premier et hors rang à la promotion de 1708. Les chefs illustres de cette école virent bientôt ce qu'on pouvait espérer de cet élève au corps grêle et délicat, h l'écorce un peu campagnarde. L'enseignement de récole polytechnique n'était pas alors aussi régulier qu'tt l'est maintenant. Chaque élève gardait une certaine liberté d'action ; ce qui permit de dispenser Poisson des travaux graphiques exigés par les règlements, et auxquels il ne put réussir de sa vie. Mais les temps étaient rudes; Poisson devait pourvoir à toute sa dépense avec la feiUe indemnité accordée aux élèves, qui n'éUient pas casernes à cette époque. In slmposant encore quelques privations, il trouva néanmoins le moyen d'aller entendre les chefB^Tmnvre de la scène française ; c'est ainsi qne le sentiment du beau se développa en hii, et put suppléer en partie an déftat des éUKles classiques. Son goût pour le thélbre le porUà se lier de bonne heure avec les artistes, et les Tahna, les Gérard, recherchèrent avidement la société d'un savant aussi aimable que spiritu^

Des désMnstntions ingénienses de dlflcUss

POl

POl

théorèmes appelèrent sur Poisson Tattebtion de ses maîtres, Lagrange et Laplace, dont il devait devenir Théritier direct. Leurs maisons lui furent ouvertes, et ils se plurent à lui aplanir les dificuUés de Tavancement. Dispensé des examens subis à la fin de la deuxième année d*études pour Tadmission dans les services publics, Poisson fut nommé répétiteur adjoint du cours d'analyse à Técole dont ïourier était titulaire; puis le cours lui fut confié comme suppléant, et enfin, à peine Agé de 25 ans, il en fut nommé titulaire (1805). Il suppléa ensuite M. Biotau collège de France; le bureau des longitudes Taccueillit en qualité de géomètre et la faculté des Kiences rappela à professer la mécanique.

Poisson reconnaissait tant d*honneurs par de brillantes recherches. S*achamant sur une difficulté qui avait arrêté Lagrange et Laplace, il résolut une question astronomique de la plus haute importance, puisqu'il s'agissait de Tinvariabilité des grands axes des orbites planétaires, et partant de la stabilité du système solaire. Son mémoire, présenté à rinstilut en 1808, lui valut les plus beaux suffrages; mais ce qui dut surtout le flatter, ce fut de voir Lagrange, stimulé par cet écrit, revenir à ses premiers travaux qu'il semblait oublier, et rattacher dans d'admirables mémoires les découvertes de son étèye à ses propres recherches. Dès 1776, en effet, Lagrange avait annoncé que les grands axes des planètes et leuM moyens mouvements échappent aux perturbations ou inégalités séculaires qui font varier de siècle en siècle, et par degrés insensibles, la forme des orbites planétaires et leurs positions dans l'espace. Mais Poisson parvint à le prouver avec plus d'exactitude, en démontrant à priori que tous les termes non périodiques de l'ordre qu'il a considéré doivent se détruire. Ainsi Poisson ne se contentait pas d'exécuter des calculs immenses, il savait encore introduire dans son analyse des considérations théoriques les plus élevées quand les calculs devenaient impraticables.

En 1811, Poisson publia son Traité de mé' canigue (Paris, 2 vol. in-S»; S« éd., refondue et augm., 185S,2 gr. vol.), ouvrage de mécanique rationnelle où les principales applications de la Mience à la pratique ne sont pas non plus négligées. Spécialement composé pour les cours de récole polytechnique , ce livre initie tous ceux qui l'étudient, pour peu qu'ils soient versés dans les mathématiques, aux secrets les plus intimes de cette branche de nos connaissances, à l'en- •eignement de laquelle il doit maintenant partout servir de base. Les premières recherches de

Poisson sur la physique datent de 1819, et sont relatives à la distribution de l'électricité à la surface des corps conducteurs. Jusqu'alors, dans les questions de physique traitées à l'aide de l'analyse, on considérait le plus souvent les molécules de la matière comme simplement juxtaposées, sans s'inquiéter des forces molécukiires attractives ou répulsives. La place et d'autres géomètres avaient voulu tenir compte de ces formes; mais c'étaient des essais bornés. Poisson créa une nouvelle physique mathématique qui pénètre intimement dans la constitution des corps, en mettant en balance les distances réciproques des particules de la matière, les influences compliquées qu'elles exercent les unes sur les autres, et celles qu'elles éprouvent de U part de divers agents physiques. Mais, pour des recherches si délicates, l'analyse mathématique devait souvent refuser son secours. Poisson en recula les bornes, il en fit grandir la puissance d'investigation. Ce mémoire sur l'électricilé, où tous les résultats isolés étaient liés à une cause unique et enchaînés par des formules analytiques générales, n'était que le prélude d'une foule d'autres écrits analogues, où Poisson semblait vouloir reprendre toutes les parties de la physique pour les asservir aux lois de l'analyse. C'est à cette idée que nous devons le Traité de Physique mathématique, dont malheureusement deux parties seulement ont paru : la Nouvelle Théorie de l'action capillaire (Paris, 1833, in-4o), et la Théorie mathématique de la chaleur, avec un supplément, ou mémoire sur les températures du globe et de l'espace à différentes époques (1835-1887, 3 vol. in-4o); l'auteur n'a pas pu achever sa théorie de la lumière. Mais les principes sur lesquels repose sa physique mathématique se trouvent exposés dans son Traité de Mécanique, qui sert comme d'introduction aux nombreux mémoires qu'il a publiés ou qu'il se proposait d'écrire sur ces sujets.

Ouand l'Institut eut perdu Malus, Poisson fut appelée le remplacer. En 1815, il cessa de professer à l'école polytechnique, où il occupa depuis les fonctions d'examinateur permanent. En 1830, le roi l'appela au conseil royal de l'instruction publique, d'où il imprimait la direction aux études mathématiques. Toutes les sociétés savantes s'empressèrent de se l'associer. Enfin il reçut le cordon de commandeur de la Légion d'honneur, fut nommé pair de France Je 3 oct 1837, et devint doyen de la faculté des sciences et président de l'Académie des sciences. n Alt enlevé à tt famille et au monde savant le 35 avril 1840.

POÏ

POI

Booé d*une érudition immense, accrue chaque jour par un trayail opiniâtre, d*une heureuse mémoire alliée à cette sagacité qui s'appelle du génie, Poisson avait une habileté prodigieuse à manier Tanalyse. « L*art des transformations analytiques , aucun géomètre ne le posséda jamais à un plus haut degré que Poisson, a dit K. Arago. Lorsque ses formules ne renversent pas la difficulté du premier coup, et par une attaque directe, elles la contournent, Tétreignent, te sondent sur tous les points. Il est rare qu'elles ne pénètrent pas ainsi au cœur même de la question d'une manière également rapide et imprévue. Les mémoires de Poisson sont pleins de ces artifices analytiques. » Ce savant semblait être né surtout pour perfectionner, disons mieux, pour achever ce qu'avaient entrepris ses devanciers. Certes Poisson ne manquait pas d'invention ; mais il aimait à revenir sur des questions d^ traitées par d'autres et qu'ils n'avaient pu complètement résoudre, et sa pénétration savait souvent surmonter les difficultés qui les avaient arrêtés. « Sans rappeler sa mémorable découverte sur la stabilité du système planétaire, dit K. Libri , cette disposition de son esprit se remarque dans ses recherches sur le mouvement des surfaces élastiques qu'il avait entreprises à l'occasion des travaux analogues de W^* Germain, et dans sa nouvelle théorie de l'action capillaire, où, en introduisant la considération de la variation de densité que le liquide éprouve à . la surfice , il a complété d'une manière si heureuse les recherches de Laplace; elle se retrouve aussi dans sa théorie de la chaleur, ouvrage destiné à établir sur les véritables principes de la constitution moléculaire des corps cette nouvelle branche de la physique mathématique , et à éclaircir ou à démontrer rigoureusement ce que les travaux de Fourier pouvaient présenter encore d'obscur et d'incertain... Au reste, ajoute son savant confk^re. Poisson n'était pas seulement on géomètre de premier ordre, c'était en tout nn homme supérieur... Ce n'est pas un des moindres caractères de cette supériorité que d'avoir pu, sans aucune instruction littéraire, et ayant appris fbrt tard à peine assez de latin pour deviner les mémoires d'Euler, se distinguer même comme écrivain ; car il avait un style sévère, mesuré et éminemment clair, sans ornemenis inutiles, mais aussi sans sécheresse. Il cxceibiit surtout dans les analyses et dans ces introductions destinées à traduire en langage ordinaire les résultats généraux de ses rechercbes... Par ses opinions philosophiques, Poisson appartenait au xvin« siècle. Cela explique pour-

quoi, dans les sciences, il s'attache plutôt aux résultats qu'aux méthodes, et pourquoi il préféra toujours l'analyse à la synthèse. » Poisson possédait aussi à un degré éminent les qualités du professeur : nulle part l'exposition des idées n'était plus nette , plus riche ni plus consciencieusement abordée. On lui doit encore des Recherches sur la probabilité des jugements en matière civile et en matière criminelle, précédées des règles générales du calcul des probabilftés (Paris, 1837, in-4o), et des mémoires insérés dans le recueil de l'Académie des sciences, dans le Journal de VÉcole polytechnirque, etc. Lui-même a donné une analyse de sa théorie de la chaleur dans les Annales de physique et dechimie (impr. àpart, in-S»), L. Lovvet.

POISSON (JBAïf ffB-AifToiif xtte) , marquise de Pompadour, fille d'un boucher des invalides, et maîtresse de Louis XY. Foy. Pohpadoub.

POISSONS, (du latin piscis). Les Grecs disttnguèreni les poissons par leurs principales habitudes, et Aristote , en plusieurs endroits de son ouvrage, fait la différence des espèces qu'il appelle saxatiles, parce qu'on les péchait près des côtes bordées de rochers, de celles qu'il nomme ruades, et qui, vivant en troupes , ne se montraient qu'à Certaines époques. Toutefois, il ne confondait pas ces dernières avec celles qui se réunissent en grandes bandes, et ne sont pas soumises aux migrations que l'instinct ou le besoin imposent à d'autres. Les saisons , observe l'illustre Cuvier, ne sont pas pour la migration et pour les époques de la propagation àei régulateurs invariables; plusieurs poissons fra^^ent en hiver; c'est vers l'automne que les harengs viennent du Nord répandre sur nos côtes leurs œufs et leur laite f c'est dans le Nord que certaines espèces montrent la fécondité la plus étonnante, et nulle part ailleurs la mer ne nous offre rien d'approchant de ces myriades de morues et de harengs qui attirent chaque année des Bottes entières de pêcheurs.

En général, les poissons de passage, qui descendent ou remontent une côte, ne s'y montrent pas sur tous les points, ils semblent affectionner des parages déterminés, et préférer, pour se réunir, certaines eaux où ils stationnent à des époques fixes. Ils y arrivent, pour la plupart, en troupes si nombreuses et si serrées qu'ils forment des bancs immenses, et sont pour les pêcheurs d'une capture facile. Le phénomène des migrations des poissons a été observé dans presque toutes les régions du globe; chaque pays compte un certain nombre d'espèces qui ne se montrent sur les côtes qu'à des époques fixes et

POI

POI

déterminées par des circonstances difficiles à expliquer, si ce n'est par la nécessité de se procurer une nourriture plus abondante, et la recherche des parages convenables à la conservation du frai. Dans les Antilles, pendant la durée de la saison pluvieuse , c'est-à-dire depuis le premier de juin jusqu'à la fin de décembre, les côtes sont fréquentées par.une multitude de poissons, tels que les caiileux, les bonites, les cùuUroux, les orphies, les quiaguias , les baiaous, dont les nombreuses tribus sont une véritable manne pour le pays, et les pisquets, qui entrent en affluence dans les rivières au point de les encombrer. Toutes ces différentes espèces se vendent alors à vil prix. Pendant la saison sèche, au contraire, c'est-à-dire depuis janvier jusqu'en mai, elles s'éloignent des côtes, et l'on ne trouve plus alors que des cétacés et des requins , dont l'arrivée et la permanence pourraient peut-être expliquer en partie le départ des premiers. Parmi les tribus voyageuses, il ne faut pas omettre les dauphins et les marsouins. Nous bornerons là ces renseignements sur les migrations, et nous parlerons des poissons comme ressources alimentaires.

Les hommes recherchèrent de tout temps cette nourriture saine et délicate. Favorisées par le voisinage de la mer, les populations grecques, en s'adonnant à la pécbe, s'attachèrent à distinguer les meilleures espèces. La mer Egée obtint la préférence à cause de ses poissons d'une qualité supérieure, la mer Tyrrhénienne rivalisa avec elle ; mais l'Adriatique ne jouissait pas de la même réputation, parce que les espèces qui la fréquentaient offraient moins de saveur. On préférait, en général, les aquatiles pour l*usage de la table avant le frai qu'après avoir jeté leurs osufis. Le muge était plus estimé en automne que dans toute autre saison, et les poissons qui passaient pour avoir la chair d'une digestion facile, tels que le sargue, le canthare, le milanure, le pagel, et presque tous les saxatiles, avaient des titres de plus à la recommandation des gourmets. Le pagel était considéré comme une nourriture très-échauffante , et cette vertu aphrodisiaque se communiquait, dit-on, au vin dans lequel on le faisait expirer. Les cuisiniers grecs savaient donner aux poissons diverses préparations dont il est parlé dans les anciens auteurs qui ont écrit sur la diététique ; ils avaient plusieurs manières de les apprêter avec le sel, de les mariner avec de Thuile et des aromates , et le poisson en escabeché des Espagnols et des Italiens n'en est sans doute qu'une imitation. Malfré le peu de notions qui sont parvenues jusqu'à

nous sur la cuisine grecque, nous savons pourtant qu'on préparait alors la chair de l'espadon avec de la moutarde, celle du congre avec du sel et de l'origan, la dorade avec de l'huile, du vinaigre et des pruneaux. Galien fut le premier qui prescrivit de saler le thon, parce que, dans cet état, sa chair est moins compacte. Athénée nous a transmis quelques préceptes sur les assaisonnements, et Xénocrale, Eschyle et Sophocle ont parlé des sauces au poisson. On avait poussé si loin à Athènes la prédUection pour les productions de la mer que, par une loi de police, il était prescrit d'appeler sur le champ les acheteurs au bruit de cylindres d'airain pour que chacun pût se procurer du poisson frais, au moment où il était apporté au marché. On assure même que, pour obliger les marchands à le vendre plus vite, il leur était enjoint de rester de bout.

Entraînés par l'amour du merveilleux, lesan* ciens peuplèrent la mer d'êtres imaginaires, et changèrent ceux que la nature y avait créés. « Les geripes répandus sur les ondes, disait Pline , sont mêlés ensemble et agités dans tous les sens par les vents et les flots, et de là résultent les monstres. » Des baleines de quatre arpents, baUsnœ quatuor jugerum (lib, xviii, cap. 5), des scies de deux cents coudées, des anguilles du Gange de trente pieds de long, le naturaliste romain croyait à tout cela et à bien d'autres choses encore. Il avait admis sans examen les histoires qu'on débitait de son temps : la flotte d'Alexandre se formant en ordre de bataille pour enfoncer d'innombrables légions de thons qui semblaient vouloir arrêter sa marche, et il ajoute, comme s'il eût été témoin du fait : « Ni les cris, ni le bruit, ni les coups, ne peuvent les épouvanter; il faut les accabler pour les disperser {non voce, non sonilu, non ictu, sed fragore terrentur, nec nisi ruina iurban^ fur). » Mais si Pline s'est trop fié à des versions mensongères, nous lui sommes redevables d'une foule de renseignements précieux. Il nous a fait connaître les poissons les plus estimés, et dans ce nombre figure le scare, que les gourmets de Rome préféraient à toutes les autres espèces. Après le scare, le foie de la lotte jouissait d'une grande réputation, mais le reste du corps n'était pas estimé. Le mulet, que nous autres modernes regardons comme un poisson commun , était réputé alors un des mets les plus délicats; les meilleurs gastronomes se plaisaient à le voir expirer sur la table pour jouir de ses changements de couleurs ; les plus sensuels le faisaient mourir dans la saumure, et Apicius fut le premier

POI

POI

qui ittrenta ce raffiDement de loxe. La saumure usitée en pareil cas était composée avec du sang de seombre ou de uiaquereau ; c'était le fameux gùrum socforum^ û Tiuté par les auteurs latins, et dont une compagnie de négociants aydit le moMipole : ainsi, le ^arum êociorum tenait Heu à cette époque du ftsh tance des Anglais. Le gourmand Apicius proposa uh prix pour celui fui InTcnterait une nouvelle saumure avec le Ibie de mulet, mats le nom du vainqueur est resté ignoré : Id enim eit fiieteHtnê dixiête qnam ^uiâ vicerit. Sous Caligula, le consul Asinius Geler paya un mulet 1,500 francs. Nous avons parlé, dans notre article Pèchb, des viviers où les Romains conservaient les poissons : ajoutons que Lucullus, le plus festueux des patriciens, fit couper une montagne dans les environs de Kaples pour ouvrir un canal et faire remonter la mer et les poissons Jusqu'au milieu de ses Jardins. Pompée lui donna à ce sujet le surnom de Xerch en tdge. Chacun voulut se distinguer par ses extravagances; Tamour des poissons fut poussé à son comble ; on se pastionna pour les murèneâ. L*orateur Hortensius pleura la mort de celle qu'il avait nourrie de sa main, et la fille de Dnisus orna les siennes avec des anneaux d'or. L'industrie excitée par le luxe opéra presque des prodiges : on apprivoisa les murènes; on leur donna des noms propres, et on les vit même accourir à la voix du maître.

lusqu'ici, nous n'avons envisagé les poissons que sous les rapports de leurs habitudes les plus frappantes, et des ressources alimentaires que rhomMe retirait de cette classe d'animaut : terminons par quelques généralités sur les caractères et la nature des poissons, et donnons un extrait du tableau que l'immortel Cuvier en a tracé de main de maître. « La mer, dit-H, couvre plus des deux tiers de la surface du globe; un grand nombre de fleuves et de rivières arrosent les Iles et les continents ; des espaces considéra- Mes sont occupés par les lacs, les étangs ou les ■nrais, et cet empire des eaux, qui surpasse si ftMi ea étendue celui de la terre ne lui cède en rien quant au nombre et à la variété des êtres qui peoplewt le liquide élément. C'est au sein des eattx que le règne animal nous montre les extrêmes de la grandeur et de la petitesse, depuis ces myriades de aaonades et d'autres espèces ■icroffcopiques, Jusqu'à ces énormes baleines et ces cachalots, qui surpassent vingt fois les plus grands quadrupèdes terrestres. C'est là aussi que la nature s'est plue à varier les fermes; mais parmi cet iunoiûbrables créatures qui peu|4eat dtfviimiilelÉ^uÉde élément^ a n'en eitpoittt

qui s'y fassent plus remarquer par leur nombre, leurs belles couleurs, leurs formes variées, et surtout par les avantages infinis que l'homme en retire, que celles qui appartiennent à la classe des poissons. Les poissons proprement dits pré* sentent des caractères tranchés et invariables qu'on peut résumer en peu de mots. .Ce sont des animaux aquatiques, vertébrés, à sang tn'iû et respirant par des branchies. Cette définition , adoptée par les naturalistes modernes, ne peut être plus claire et plus précise. Jquaiiques^ c'est-à-dire vivants dans un liquide plus pesant et plus résistant que l'air, leurs forces motrices ont dû être calculées et disposées pour la natation dans tous les sens : de là les fermes de moindre résistance de leur corps, la plus grande force musculaire de leur queue et de leurs nageoires, la brièveté de leurs membres, leur expansibilité, les téguments lisses ou écailleux et non hérissés de poils ou de plumes, yertibrés^ c'est-à dire qu'ils ont un squelette intérieur, le cerveau et la moeUe épinière enveloppés dans la colonne vertébrale, les muscles en dehors des os, les organes des quatre premiers sens dans la cavité de la tête, etc. Ne respirant que par des brancfaies et par l'intermède de l'eau, c'est-à* dire ne profitant, pour rendre à leur sang les qualités artérielles, que de la petite quantité d'oxygène contenu dans l'air mêlé à l'eau, ainsi leur sang a àû rester froid. Quant à leurs senta- Lions, les poissons Bont« de tous les vertébrés, ceux qui donnent le moins de stgoes apparents de sensibilité; leur cerveau est peu développé 'comparativement à celui des oiseaux et des quadrupèdes, et les organes extérieurs des sens ne sont pas de nature à lui imprimer des ébranle* ments puissants. N'ayant point l'air élastique à leur disposition, ils sont demeurés muets ou à peu près, et tous les sentiments que la voix réveille ou entretient ont dû leur demeurer étrangers; leur yeux comme iaunobiles, leur face osseuse et fixe, leurs membres sans inflexions et se mouvant tout d'une pièce, ne laissent aucun jeu à leur physionomie, aucuneexpression à leurs émotions; leur oreiUe, sans limaçon à l'intérieur, doit leur suffire à peine ix)ur distinguer les sons les plus frappants : et qu'avaient-ils à faire du sens de l'ouïe, eux qui sont condamnés à vivre dans l'empire du silence, et autour duquel tout se tait. Leur vue même, dans les profbndeurs di ils vivent, aurait peu d'exercice, si la plupart des espèces n'avaient, par la grandeur de leurs yeax , un moyen de suppléer à la fidblesse de la tumière. Mais dans cellea4à mêmes l^miâ ckaogu à peina dt dfarMtta i iun iris ne i«

POI

POI

dilate ni ne se rétrécit, et sa pupille demeure la même à tous les degrés de la lumière. Aucune larme n'arrose cet œil, aucune paupière ne ressuie ou ne le protège; toujours fixe, cet organe n*a ni la vivacité ni Texpression qui le distinguent dans les classes supérieures. Ne pouvant se nourrir qu'en poflrsuivant à la nage une proie qui nage elle-même plus ou moins rapidement, n'ayant de moyen de la saisir que de Tengloutir, on sentiment délicat de saveur leur aurait été presque inutile; aussi voit-on, par la nature et la structure de leur langue, que cet organe est réduit à des fonctions très-bornées. L'odorat ne peut être non plus aussi continuellement en exercice chez les pois3ons que dans les animaux qui respirent l'air libre, et dont les narines reçoivent sans cesse les émanations environnantes. Enfin, leur tact, presque annulé à la surface de leur corps par les écailles, et dans leurs nageoires par le défaut de flexibilité des rayons, a été contraint de se réfugier au bout de leurs lèvres, qui même, dans quelques-uns, sont réduits à une dureté osseuse et insensible. Ainsi, les sens extérieurs des poissons leur donnent peu d'impressions vives et nettes; la nature qui les entoure ne doit les affecter que d'une manière confuse; leurs plaisirs sont peu variés; ils n'ont de souffrances à craindre du dehors que les douleurs produites par des blessures effectives. Leur besoin continuel, celui qui seul, hors la saison de l'amour, les agite et les entraine, leur passion dominante, en un mot, doit être d'assouvir le sentiment intérieur de la faim; dévorer est presque tout ce qu'ils peuvent faire, quand ils ne se reproduisent pas : c'est uniquement vers ce but que semblent calculés toute leur structure , tous leurs organes de mouvement, poursuivre une proie ou échapper à un destructeur font l'occupation de leur vie : c'est ce qui détermine le choix des différents séjours qu'ils habitent, le peu d'instincts et d'artifices particuliers que la nature a accordés à quelquesunes de leurs espèces et l'objet principal de cette variété de formes qu'elle leur & réparties : les filaments pêcheurs de la baudroie, le museau subitement lancé en avant du filou et du sublet, la commotion terrible que donnent la torpille et le gymnote, n'ont pas d'autre objet. Les variations de la température les affectent peu, nonseulement parce qu'elles sont moins grandes dans rélément qu'ils habitent que dans notre atmosphère, mais encore parce que, leur corps prenant la température environnante, le contraste du froid extérieur ou de la chaleur intérieure n'existe pas pour eux. Les amoun des

poissons sont froides comme eux, et ne supposent que des besoins individuels. A peine a-t-il été donné, dans quelques espèces, aux deux sexes de s'apparier et de jouir ensemble de la volupté ; dans les autres, les mâles poursuivent le frai plutôt qu'ils ne cherchent leurs femelles; ils sont réduits à féconder des œufe dont ils ne connaissent point la mère, et dont ils ne verront pas les produits. Les plaisirs de la maternité sont également étrangers au plus grand nombre; quelques femelles seulement portent pendant quelque temps leurs œuf^ avec elles. A quelques exceptions près, les poissons n'ont point de nid à construire , point de petits à nourrir et à défendre; en un mot, jusque dans les derniers détails, leur économie tout entière contraste avec celle des oiseaux. Et, cependant, ces êtres, à qui il a été ménagé si peu de jouissances, ont été ornés par la nature dé tous les genres de beautés : variété dans les formes, élégance dans les proportions, diversité et vivacité de couleurs, rien ne leur manque pour attirer l'attention de l'homme; et il semble que ce soit cette attention que la nature ait eu , en effet , le dessein d'exciter : l'éclat de tous les métaux , de toutes les pierres précieuses dont ils resplendissent, les couleurs de l'iris qui se brisent , se reflètent en bandes, en taches, en lignes ondulées, anguleuses et toujours régulières, symétriques, toujours de nuances admirablement assorties ou contrastées, pour qui avaient-ils reçu tous ces dons, eux qui ne peuvent au plus que s'entrevoir dans ces profondeurs, où la lumière a peine à pénétrer? et, quand ils se verraient, quel genre de plaisirs pourraient réveiller en eux de pareils rapports? » S. Bekthklot.

La tête des poissons offre, en générai, l'apparence d'une pyramide couchée dont la base se joint postérieurement au reste du corps, ce qui lui permet de fendre l'eau avec facilité. Cette tête renferme les. mêmes os que celle des autres ovipares, mais chacun de ces os est lui-même composé de plusieurs pièces* qui font de l'élude de cette tête un sujet très-difficile. En arrière de la tête se trouve uae espèce de ceinture osseuse constituée sur les côtés par les os analogues à ceux du bras. C'est sur cette ceinture que vient battre l'espèce de volet mobile, appelé opercule, qui ouvre et ferme alternativement l'ouverture des outei, chargée de Hvrer passage à l'eau qui a servi à la respiration en traversant les branchies.

La colonne vertébrale ne présente que deux portions distinctes, l'une dorsale, l'autre caur dale; car iei il n'y ■ ni cou ni bassin. Le corpi

POI

POI

des yertèbres est creusé en avant et en arrière d^une cavité conique remplie par une sulMtance fibreuse. Trois apophyses se détachent du corps de ces vertébrée : Pune dorsale se porte au haut, deux transverses vont soutenir les côtes dans la région abdominale, et, se dirigeant Tune vers rautre dans la région caudale, constituent une sorte d^apophyse inférieure diamétralement opposée à Tapophyse dorsale. Le squelette des poissons est ordinairement osseux, mais chez un assez grand nombre de ces animaux il reste constamment à rétat de fibro-cartilâge ou de cartilage; quelques espèces même, telles que les lamproies, tes myxines, etc., le conservent toujours à rétat simplement membraneux, et établissent, sous ce rapport, un passage de la classe des poissons à celles des mollusques et des vers. Ce qu*on nomme communément aréfef, ce sont les côtes, qui sont longues et grêles, et certaines parties des vertèbres.

Les deux grandes masses nerveuses centrales, le cerveau et la moelle épinière, sont à peu près égales pour le volume; on pourrait même dire que la dernière remporte, sous ce rapport, sur la première; ce qui est le contraire de ce qui a lieu dans les animaux supérieurs.

Les organes d«i sens des poissons sont assez obtus, et leur conformation est merveilleusement bien adaptée à leur séjour aquatique. Quant au goût, la nécessité où sont ces animaux d*avoir constamment la bouche et Tarrière-bouche pleines d>au pour alimenter les branchies eût rendu inutile le développement des organes qui président à ce sens : aussi la langue est-elle nulle ou excessivement courte et presque entièrement osseuse. Les barbillons ou filaments situés aux environs de la bouche ont été quelquefois présentés comme les organes du tact.

La puissance locomotrice des poissons réside principalement dans leur colonne vertébrale; les nageoires leur servent uniquement, en e£fet, soit à se diriger, soit à augmenter la surface de b partie postérieure de leur corps lorsque, par une extension subite de la colonne vertébrale , ces animaux prennent leur point d^appui sur Teau qui les environne. Suivant leur position , les nageoires sont distinguées en nageoires paires et en nageoires impaires : les premières , qui sont la représentation des membres Ihoraeiques et abdominaux des vertébrés terrestres ou aériens , sont ordinairement au nombre de deux paires. Celles qui sont attachées à la ceinture osseuse qui représente Tépaule sont dites pectorales; celles qui sont fixées aux rudiments do bassin et placées soit en arrière, soit au-des-

sous des précédentes, sont appelées ventrales : ce sont elles qui servent à diriger l*animal. Les nageoires impaires, toujours placées sur la ligne médiane du corps , comprennent : la nageoire ou les nageoires dorsales; la nageoire caudale; la nageoire ou les nageoires anales, c*est-à-dire immédiatement placées en avant de Tanus et audessous du corps.

Un appareil particulier, situé sous la colonne vertébrale et à peu près vers la moitié du corps, permet aux poissons de rendre le poids spécifique de leur corps égal , supérieur on inférieur à celui de Peau. Cet organe singulier, nommé vessie natatoire; est rempli d*un gaz que tout fait penser devoir être de Tazote; placé sous les côtes, il augmente ou diminue de volume, et partant opère un déplacement- plus ou moins considérable de liqifide, à la volonté du poisson, sans que le poids absolu de celui-ci change en aucune manière.

Une dépense de forces locomotrices aussi faible est parfaitement en rapport avec le genre de respiration aquatique propre aux poissons. Le sang veineux, rampant en nombreux filets à la surface des peignes branchiaux, trouve à peine assez d^oxygène dans la petite quantité d*air que Teau tient en dissolution pour reprendre ses qualités vivifiantes. La circulation aussi est peu active; le cœur n*est composé que d*une oreillette et d*un ventricule représentant la moitié droite d*un cœur de mammifère ou d*oisean. Il nV a donc que le sang veineux qui soit poussé par ce cœur vers les branchies; quant au sang artériel, la contraclilité seule des vaisseaux le ramène des organes respiratoires dans un vaisseau dorsal, d*où il se rend dans toutes les parties du corps sans qu*aucuu organe moteur particulier en accélère le cours.

L^estomac et les intestins varient pour les dimensions ; le foie est généralement grand et d*un tissu mou; le pancréas est presque toujours remplacé par des cœcums plac^ près du pylore; Tœsophage est court; la bouche n'est entourée d'aucune glande salivaire. Les dents ne servent en général qu*à retenir ou à briser la proie; elles ont presque toujours la forme de cônes ou de crochets, et sont simplement soudées à Tos qui les porte. La position de Tanus varie beaucoup : quelquefois il se trouve sous la gorge, plus souvent vers Textrémité postérieure du corps. Les conduits excréteurs de Turine aboutissent d'une part aux reins, et de l'autre à une sorte de vessie dont l'orifice est placé immédiatement derrière l'anus et les organes reproducteurs. On donne vulgairement le nom de laitance aux testicules

POI

POI

des poissons ; ils renfenoeDt un* liqueur séminale blancbâtre, très-riehe en phosphore. Cette liqueur est amenée au dehors par deux conduits qui quelquefois sont munis d^un appendice susceptible d*opérer une sorte d^aocouplenient. Mais ce qui n*est qu'exceptionnel chez les poissons osseux est Tétat normal des squales et de beaucoup d'autres poissons cartilagineux; chez eux, il existe une véritable verge servant à Texcrétion de TÛrine et à Tintromission de la semence. Les poissons se reproduisent par des œufs mous que pondent les femelles et que fécondent les mâles (vox* Fi^i). Leur fécondité est telle dans plusieurs espèces, qu'on a compté des centaines de milliers d'œufs dans un seul individu. Us se nourrissent généralement de poissons plus petits qu'eux, de mollusques, d*insectes, etc.

Les poissons, dans la méthode de Cuvier presque universellementadmise, sont d'abord divisés en deux séries, les poissons oss9U9 et les poissons eartil0ffinsMf. Ceux des poissons osseux qui ont la mâchoire supérieure mobile, sont dits acanthoplérxgiens («xaevOa, épine, «re^cov, nageoire) quand les rayons de leur nageoire dorsale antérieure sont osseux i ils constituent le l*^ ordre; tous ceux qui ont les rayons de leurs nageoires mous, â l'exception de quelques-uns seulement» sont appelés nmlacoptàrxgiens (>AaJiaxà(, mou) : ils forment le II«, le III« et le lyp ordres. Les malacoptéry giens abdomtnaujp ont les nageoires ventrales situées à la partie postérieure de l'abdomen : ce sont la plupart despoi#sons d'mu douce ^ tels que les orprins (cyprins proprement dits, carpes, barbeaux, tanches, ables pu ablettes, goujons), les saumons (saumon proprement dit, truite, éperlans, ombres), les dupes (hareng, sardine, alose, anchois), etc. Les ^ulaoopiéry giens subrochiens ont les nageoires ventrales attachées à l'appareil de l'épaule; ils forment deux familles : les gades (morues, merlans, merluches, lottes), et les poissons plah (pleuronectes, plies, turbots, soles). Dans les fnalaçoplérxgi^ns apodes (« privatif, et «a&i, pied), les ventrales n'existent pas (anguilles, congres, murènes, etc.). Le V« ordre de la série des poissons osseux comprend ceux qui, tout en ayant la mâchoire supérieure mobile comme les précédents, en différent par leurs branchies qui, au lieu de former une sorte de peigne, sont disposées en houppes rondes, d'o^ leur vient leur nom de lophobranehes . {UfQi^ éminence). Le YI* ordre enfin renferme ce^x dpnt la ^lâchoire supérieure est engrenée au crâpe : ce sont (es pleçtognathes (nA4xw, je joiusi noue, yy^^os, mâchoire). La série des pois-

sons cartilagineux, ou ekondlrùptérygiens (x^ ipoi^ cartilage), comprend ceux qui ont les branchies libres, une seule ouverture â chaque ope^ cule, et qui forment le Vn« ordre de la classe des poissons, les sturioniens (esturgeons, sterlet); et ceux qui ont. les branchies adhérentes et plusieurs ouvertures branchiales. Ceux-ci, aussi nommés chondropUrygiens à branchies fisês, par opposition â la dénomination decAondrcpièrygiens à branchies libres donnée aux sturioniens, constituent les deux derniers ordres : les sélaciens (de v^Aaxoc, mot que les Grecs ont formé de ffUa«, éclat), qui ont la mâchoire supérieure mobile (squales et requins, niarteaux, scies, raies et torpilles) ; et les crclostomes ou suceurs, qui ont les mâchoires soudées en un cercle osseux immobile (lamproies). Nous avons consacré des articles particuliers aux espèces les plus intéressantes. C. Luoriiikk.

Le mot poisson a donné lieu â plusieurs acceptions figurées. Dire d'un homme : Il avalerait la mer et les poissons, c'est le signaler comme un ivrogne ou un gourmand, tire comme le poisson dans l'eau, c'est se trouver bien, être â son aise quelque part; rester muet comme un poisson, c'est rester interdit; n'être ni chair ni poisson, c'est n'avoir point de caractère, flotter entre les partis; la sauce fait manger le poisson, signifie que les circonstances qui environnent une affaire font passer sur ses désagréments. -* Poisson d'avril, attrape , piège innocent qu'on tend â quelqu^un le U\ avril (iTqr . Avail,)— /'oisson, petite mesure, la moitié d'un demi-setier, la huitième partie d'une pinte : ce mot, dans sa derrière acception, vient depotio (potion); et on a dit d'abord possan, poçon, X.

POISSONS. (Astronomie,) Les poissons, qui forment le douzième signe du zodiaque, sont fort peu remarquables : l'un .^des poissons est placé le long du côté méridional du carré de Pégase; l'autre entre la tète d'Andromède et la tète du bélier; l'étoile « (alpha), aif nœud du lien des poissons, qui est de la troisième grandeur» se trouve sur la ligne même du pied d'Andromède par la tète du bélier et sur la ligne menée des pieds des gémeaux par Aldebaran ( l'œil du taureau) â 40o â l'occident de celui-ci. ~ On donne aussi le nom de poisson â une constellation de l'hémisphère austral qui renferme douze étoiles. La plus belle, qui est de première grandeur, est appelée bouche du poislott ( en arabe fom al huuf) ; elle est indiquée par la ligne menée de l'aigle à la queue du capricorne et prolongée âû^ au delà. Parmi les douze eonstellatioos méridionales i^jouté^y il j

POI

POI

a ima etaU aat, «yx catalogues aneieas et gra- Tées dans les cartes de Bayer, on trouve mentioDBé le poiêson votant. Voy, les deui planisphères câestes , planches 2 et 8, Astroiioiib, tome II. Z. Z.

POITIERS, Jadis capitale du Poitou, est bAti wr le penchant d*une colline, au confluent de la loivre et du Clain. La plupart de ses rues sont excessivement escarpées et pénibles à parcourir, tant par la rapidité des pentes que par la mauvaise nature des pavés; toutes sont étroites, tortueuses, mal bâties ; elles n^aboutissent qu*à des places sans majesté, sans ornement, sans régularité, sans étendue. La place d*armes et celle de la poste aux lettres ne méritent qu*une faible exception. Les maisons, comme dans toutes les anciennes villes, ne sont que des habitations accolées les unes aux autres, sans que la commodité, et encore moins le goût et Tart aient été consultés : on se croirait dans un grand village. Cependant, le parc de Blossac, qu'un intendant a baptisé de son nom, est une promenade qui parerait les plus belles villes. La cathédrale est le plus bel édifice de la ville, sans mériter néanmoins uo rang distingué à cdté de nos principaux oaonuments gothiques. On peut encore visiter régUse de Motre-Dame-la-Grande et celle de Sainte-Radegonde, où se voit encore le tombeau de cette pieuse reine des Francs. La petite ^iae de Saint-Jean, attribuée aux Romains, est évidemment des siècles postérieurs. Aucun monument moderne n*arréte à Poitiers les regards du voyageur. Quelques édifices antiques ont décoré celte villa : elle n*en conserve aucun vestige; son palais ftallien n*est plus qu*un souvenir, son amphithéâtre qu^unamas de décombres. On n'y trouve point les restes d'un arc de triomphe mentionné dans plusieurs géographies ; ceux de Taqueduc, qu'on voit à un quart de lieue vers le sud, sont très-peu de chose. Le monument celtique appelé la Pierre-Levée est à pareille distance vers le nord : c*est une énorme table de pierre brute qui a environ 18 pieds dans SB plus grande largeur, et près de S pieds d'épaiaseur; elle n*est aujourd'hui soutenue que par on seul pilier, aussi brut que la Pierre-Levée eU^-mème. Quatre autres piliers qui la soutenaient se sont écroulés, et celui qui subsiste penche beaucoup vers sa ruine. Le transport de cette pien^ est un tour de force attribué, parla traditioR populaire, à sainte Radegonde qui la porta sur sa tète et les piliers dans son tablier ; par BoDcbet, à iléonore, fille de Guillaume X, qui la fit élever pour servir de limite à un champ de liire; par Rabelais à Pantagruel, qui la prit

dans une vigne et la porta en cet «Miroit pour amuser les étudiants ses camarades à grimper et à écrire leur nom dessus; enfin, par les antiquaires, aux Gaulois. Le collège possède une bibliothèque peu remarquable ; la grande salle du palais de justice rappelle un peu, par son vaste vaisseau, celle du palais de Rouen. Aucun commerce; deux foires par an, à la mi-carème et à la Saint-Luc ; deux marchés par semaine, le mercredi et le samedi ; trois tribunaux , celui d« commerce, celui de première instance et la cèur royale; une école de droit, et 98,1S8 habitants, au lieu de 80,000 à 100,000 qu*en pourrait contenir la ville, d*après l'enceinte de ses vieilles murailles, qui renferment beaucoup plus de Jardins, de champs et de prairies que de maisons ; voilà tout ce qui nous reste à dire de la capitale du Poitou, aujourd'hui chef-lieu du département de la Vienne. Elle parait avoir été cefail des Pictavi ou Pielonee, sous le nom de Limonum, que lui attribue Banville d'après Ptolémée, et non sous celui d''j1ugu$ioritum, que lui attribuent Piganiol et autres, d'après Valois. Elle a été six fois assiégée et pillée, savoir : en 410 par les Vandales, en 454 par les Huns, en 750 par les Sarrasins, en 646 et 666 par les Normands, et en 1846 par les Anglais, sans compter les guerres de religion. Son territoire a été le théâtre de trois batailles mémorables : celle de 607 (ba- Uille de Vouillé), où Clovis défit et tua, dit-on, Alaric II, roi des Vislgoths; ceUe de 783 (bataUle de Tours, selon presque tous les historiens), oft Charles Martel anéantit la puissante armée de Sarrasins commandée par Abdérame, qui y perdit, selon les historiens du temps, de 800,000 à 500,000 hommes, nombre évidemment exagéré ; et celle de 1356, où le roi Jean fut fait pri* sonnier. Cette ville a vu naître divers personnages célèbres : Exupérance, préfet des Gaules, tué dans une sédition à Arles en 434; saint Hilaire, le cardinal de la Ballue, Jean Bouchet, auteur de divers ouvrages dans lexv« siècle; Gilbert de la Porée, évèque de Poitiers au xn* siècle ; la Quintioie, etc., etc. Dicr. ii là Corv.

POITIERS (BiAifi ib), maîtresse de Henri II. yox* DiÀifi DE Poiniu.

POITOU. Un des 8B gouvernements dans lesquels l'ancienne France était divisée, avait, an nord, la Bretagne et TAnJou; à l'est, la Touraine, le Berri et la Marche; au sud, l'Angoumois, la Saintonge et l'Aunis; à l'ouest, TOcéan. Elle forme aujourd'hui les trois départ, de la Vienne, des Deux-Sèvres et de la Vendée. On distinguait cette province en haut Poiê&u, au lovant, dont les principales villes étaient Poitiers,

POI

POI

Chalellerault ; et en bas Poitou, au couchant, avec les villes de Fontenai-le-Gomte, Niort, etc. Le Poitou est fertile en blé, en vin et en bestiaux; les mulets de grande taille qu'il produit sont employés dans toutes les parties de la France. Il n*a que deux rivières navigables, la Vienne et IdiSèvre niortaise. Ses 20 lieues de côte ne présentent aucun port considérable; le plus important, les Sables-d'Olonne, ne reçoit guère de navires de plus de 300 tonneaux.

Les premiers ancêtres des Poitevins sont les Piciones ouPtctovi. Aprèsla conquête romaine, le Poitou fit partie de la 9« Aquitaine, puis fut occupé par les Visigoths. Clovis la conquit sur ce peuple au commencementduvi* siècle. Eudes, duc d*Aquitaine, et ses successeurs, possédèrent ce pays depuis la fin du vii« siècle jusqu'après le milieu du viu«, où Pépin le réunit à ses possessions. Les comtes qu*il y établit se rendirent héréditaires vers la fin du ix« siècle, et prirent le titre de ducs d'Aquitaine. Ce duché passa aux rois d'Angleterre au xii« siècle. Confisqué par Philippe-Auguste sur Jean-sans-Terre, au commencement du xiii«, il fut définitivement cédé, en 1350, à la France, qui le conserva jusqu'en 1360, époque à laquelle il fut rendu aux Anglais par le traité de Bretigny. Charles V le leur reprit et le donna à Jean, duc de Berri, son frère, à la mort duquel Charles VI en investit Jean, son fils, qui mourut sans postérité. Le Poitou fit retour alors à la couronne de France, et n'en fut phis détSicbé. t. Galais.

POITRINE, cavité contenant les organes de la respiration et de la circulation, située au-dessous de la tète et au-dessus de l'abdomen dont elle est séparée parle diaphragme. Elle a la forme d'un cône tronqué; ses parois sont formées d'os et de muscles afin qu'elles puissent en même temps être solides et permettre une certaine ampliation. Les os sont la colonne vertébrale, le sternum et les côtes (vcijr. ces mots) ; les muscles sont les intercosleaux et le diaphragme. Il faut joindre à ces parties la clavicule, l'omoplate et les muscles tant antérieurs que postérieurs, qui doublent en quelque sorte les parois et protègent encore les parties contenues. A l'intérieur, la poitrine contient un tissu cellulaire lâche et abondant où la graisse s'accumule rarement, et deux sacs séreux nommés plèvren, qui recouvrent l'un et l'autre, poumon sans les renfermer dans leur cavité. Le cœur est situé à la partie moyenne et un peu à gauche, dans l'écartement des plèvres appelé mèdiaêtin antérieur , et revêtu du péricarde qui est sa membrane séreuse, laquelle couvre aussi les gros vaisseaux artériels et veineux.

Outre les organes importants qu'elle renferme et protège, ki poitrine sert encore de point d'appui aux muscles dans la plupart des grands mouvements, et sous ce double rapport il est nécessaire que son développement soit complet et son expansion facile. Aussi une poitrine large et suffisamment bombée est-elle avec raison regardée comme un des principaux caractères d'une bonne constitution, et vice versa, ^oy, Ragiitis.

La poitrine, à proprement parler, n'a point de maladies spéciales et ce qu'on nomme ainsi dans le monde n'est autre chose que la phthisie pulmonaire. Mais les organes contenus dans cette cavité, de même que les tissus entrant dans sa composition, sont susceptibles d'être affectés d'une foule de manières. Les plaies de la poitrine, surtout les plaies pénétrantes, sont extrêmement graves, parce que le cœur, les poumons, les gros vaisseaux ou tout au moins U plèvre, le péricarde sont presque toujours intéressés. F. Ratibi.

POIVRE (Piebrb), voyageur, naturaliste et administrateur célèbre, naquit à Lyon le 2S août 1710. Il fixa de bonne heure, par son aptitude et ses heureuses inclinations, l'attention des missionnaires de Saint-Joseph , et ce fut sous les auspices de cet ordre qu'il fit son cours de théologie. Après avoir consacré quatre ans à l'étude de l'histoire naturelle et des arts du dessin, il partit pour ki Chine avec un petit nombre de ses confrères. Arrivé à Canton, il remit au vice-roi une prétendue lettre de recommandation qu'un Chinois lui avait procurée à son passage dans l'Inde, mais qui n'était en réalité qu'une odieuse délation. Victime d'une méprise qu'il ne put expliquer. Poivre fut conduit en prison . En homme supérieur, il fit tourner cette première épreuve au profit de la mission qui lui était confiée, étudia la langue du pays, pour se justifier, devint libre, recouvra les bonnes grâces du vice-roi, et, après un séjour de deux ans dans la Chine et la Gochinchine, riche d'une f6ule d'observations utiles, il se mit en devoir de repasser en France pour enrichir la science du tribut de ses découvertes. Cette traversée lui fut fatale; le vaisseau qu'il montait fut attaqué et pris par les Anglais au détroit de Banca; le jeune voyageur eut le poignet droit emporté dans l'action ; « Ah I s'écria-t-il, je ne pourrai plus peindre! » ce fUt sa seule exdamation. L'amputation du bras, pratiquée par un chirurgien anglais, détermina une forte hémorrhagie, qui le sauva des suites de cette opération. Poivre, que cet événement éloignait sans retour du ministère ecclésiastique, fut emmené prisonnier à Batavia, puis rendu à

POI

POI

la liberté. Il ?isiU Merguy^Pondichéri, Madras, la ■artiniqae, et fit TOile pour la France sur un bAUmeut hollandais, qui fut pris par un corsaire à rentrée de la Manche, et repris par les Anglais. Poivre fut conduit à Guernesey, et ne revit sa patrie qu*à la paix de 1748, après sept ans d*absence. Les notions précieuses qu*il rapportait, sa têdhxé à 8*énoncer dans plusieurs langues orientales, fixèrent sur lui Taltention de la compagnie des Iodes. Son s^our à Batavia Pavait pénétré de la possibilité d*enlever aux Hollandais le ni<y Bopole de la culture des arbres à épiceries fines, Jusqu^alors concenirée dans les seules Moluques. Il El part à la compagnie de ce projet, et fut chargé de le mettre immédiatement à exécution. Poivre parvint à Manille à travers d*immenses difficultés, 8*engagea au miUeu d*un archipel semé d*écueils, bravant, pour ainsi dire, à chaque pas la mort, et aborda enfin à Timor, dont le gouverneur lui livra un certain nombre de plants de muscadiers de Banca et de gérofliers d'Amboine, que Poivre transporta à Tlle de Fraoee, où ils furent distribués immédiatement aux cultivateurs de la colonie. Cette importante et périlleuse conquête n*excita que Tindifférence et PiDgralitude de la compagnie qui Pavait provoquée, et pour laquelle elle devait être une source Immense de bénéfices. Dégoûté des hommes. Poivre se retira dans une maison de campagne sur les bords de la Saône, ayppelée /a Fre/a, et chercha à oublier dans les travaux de PagricoltureetPétude de Péconomie politique les mécomptes qui avaient accueilli ses efforts. Cette laborieuse retraite, honorée des faveurs du gouvernement et du diplôme de correspondant de PAcadémie des sciences, dura neuf ans. La dissolution de la compagnie des Indes avait livré à un désordre absolu Padministration des îles de France et de Bourbon. Le duc de Praslin, secrétaire d*État de la marine, songea à Poivre pour y porter remède. L'illustre voyageur accepta, après quelque hésitation, le titre d'intendant de ces colonies. Il partit au mois de mars 1767 pour PUe de France, où, paç les soins d'une administration probe, vigilante et éclairée, il réUblit Pordre, et fit renaître l'abondance. On doit citer surtout les encouragements qu'U donna à l'agriculture, à l'éducation des troupeaux ; l'industrie avec laquelle il combattit la reproduction des sauterelles, qui, chaque année, dévoraient les céréales de la colonie ; les travaux qu'il ordonna pomr remplacer le Port-Louis par une construclioB solide et spacieuse, et surtout la sollicitude avec laquelle il peupla de toutes les richesses végétales de Pno et de l'autre hémisphère le

magnifique jardin de Montplaisir, que Melon appelait Ptine de8 merveilles du monde. Des contrariétés particulières, fruit trop accoutumé des eCForts qui ont eu le bien public pour mobile et pour objet, firent désirer à Poivre de reprendre le chemin de sa modeste retraite : il revint en France eu 1773. Ses services, longtemps né*gligés, furent récompensés, sous le ministère de Turgot, par une pension de 12,000 livres, et par des marques particulières de la satisfaction de Louis XVI. Une hydropisie de poitrine l'enleva le 6 janvier 1786, au sein d'un repos qu'il avait noblement conquis, dit M. Boullée, son neveu et son biographe, par une vie dévouée tout entière aux intérêts de la science, aux besoins de son pays, au culte de l'humanité. Ce savant philanthrope a laissé des manuscrits précieux, mais aucun ouvrage imprimé, a U y a déjà assez de livres, objectait-il modestement à ceux qui le sollicitaient de publier les produits de ses nombreuses et intéressantes observations. Les Lyonnais ont appelé du nom de Poivre Pune des rues de leur ville, et les habitants de Bourbon, en le donnant à un pont construit sur une des rivières de cette lie, ont acquitté la dette sacrée de la reconnaissance et de l'humanité. DiCT. DE LA Coiiv. POIVRE, Poivrier (piper aromaticuSy Lin.). Le poivrier croit naturellement, et on ajoute à son abondance par la culture dans les Indes orientales. Ce sont principalement les Hollandais qui, de temps immémorial, ont été en possession de ce commerce, dans lequel la cupidité et la fraude de ces républicains aquatiques ne s'est que trop souvent signalée. Dans les contrées orientales, le poivrier est généralement connu sous les noms de lada et de molanga. C'est une plante sarmenteuâe et grimpante, à petite racine déliée, traçante, noirâtre. On soutient la plante au moyen d'écbalas, comme le houblon. Ses fleurs naissent en grappes. A ces fleurs succèdent des grains sphériques, de la grosseur que chacun sait. Ces grains, de 20 à 50, sont portés sur un pédoncule commun. Avant leur maturité, ils sont verts et rougissent en mûrissant. Quand la plante est très-vigoureuse, on en peut obtenir deux récoltes par an. — Les grains se récoltent avant leur maturité, et c^est parleur dessiccation qu'ils prennent la couleur brune et se rident, tels qu'on les voit dans le commerce. — Ce que l'on connaît sous le nom de poivre blanc n'est que le même fruit dépouillé de son enveloppe extérieure. Mais la falsification hollandaise substitue souvent à ce procédé assez long une espèce de peinture des grains noirs, et Pusage de

POI

POI

ce pr^eiidtt poivre blanc n*ef t pas toujoun sans danger, parce qu'il entre dans celte peinture de la céruse. C*est principalement depuis Rasapour jusqu^au cap Comorin que les Hollandais récoltent le gros poivre noir de bonne qualité; celui qu*on recueille sur la côte du Malabar, depuis le mont Elle jusqu'à Pexlrémité méridionale de la côte, est plus petit et inftrieur pour le parfum.—Le poivre noir, que les Français achètent des Anglais et des Hollandais est de trois sortes : le malabar, le jambx et le bilipaian. Ce dernier est le moins estimé en Europe, à cause de sa petitesse, de son aridité et de son peu de mordant. —On appelle pott««e« ou grabeaux de poivre les fragments des grains brisés. On ne se douterait pas de Tart avec lequel ceigrabeaus et poussiers de poivre sont reformés en grains à Taide d'une matière agglutinative, et vendus comme poivre en grains. Nous avons vu pratiquer cette manipulation cbei un épicier en gros de Paris, qui Tavait apprise en Hollande.— Il se trouve, dans le commerce de la droguerie, deux autres espèces de poivre provenant déplantes de la même famille, mais d*espèces di£Férentes : ce sont les fruits des piper médium et piper longum (Lin.). Ce sont des spicules plus ou moins allongés, asseï ressemblants aux chatons du saule. Les fruits ou grains de poivre garnissent ces épis. Ces deux poivres, beaucoup moins chauds que les fruits du piper aromaéicuê, ont un parfum particulier et plus diffusible. Ils ne sont guère employés, au surplus, que dans la pharmacie. Ils portent quelquefois, dans les boutiques, les noms de ;t70irre€/'J^//(topte et de graine de Melim. — Les fruits du mjrrtuê pimenta (Lin.) ont aussi quelquefois reçu le nom de poivre de la Jamaïque {vox. Pikbrt). Enfin, on a appelé poivre de Guinée le fruit de certains capHicum, ou corail des jardins. Pblouzi père. POIX. Cest une substance résineuse, demifluide, susceptible de se fondre très-facilement, dont la couleur est variable, et dont i*origine peut être végétale ou minérale. Il y a donc, comme on le voit, plusieurs substances qui portent le nom de poix, La première et la plus importante est celle que Ton connaît sous le nom de pois blanche, et que les pharmaciens emploient sous celui de pois de Bourgogne. — Elle a une couleur jaunâtre, une dureté moyenne, un aspect résineux, se ramollissant avec une extrême facilité par Taction de la chaleur; sa saveur est amère, et son odeur rappelle celle de la térébenthine. •— Cette substance découle de divers arbres de la famille des conifères, particulièrement du pin maritime, du sapin, etc. Elle se solidifie sur le tronc de wà arbres ; on Ty rt»

cueiUe en hiver, et on la conserve dans des tonneaux jusqu'à ce que la récolte soit terminée; à ce premier état, elle est très-impure, renferme beaucoup de débris de végétaux, et porte le nom de galipôi : ce n*est qu'après l'avoir fondue et filtrée à travers un lit de paille qu'elle prend celui de poix de Bourgogne. Comme on le voit, cette substance n'est autre que de la térébenthine qui s'est solidifiée à l'air en perdant son huile volatile. — La poix blanche est employée par les ciriers, qui en mêlent un peu dans les cierges communs ; dans les campagnes, on la fait brûler dans les églises au lieu d'encens. — Quoique d'un bas prix, cette substance est cependant falsifiée daus te commerce avec une fausse poix de Bourgogne, faite en fondant un mélange de poix noire, de colophane et de térébenthine, que l'on agite avec de Teau pour lui donner une couleur jaunâtre. Mais l'eau qu'elle contient en grande quantité, et l'odeur désagréable de la poix noire, indiquent facilement la fraude. — Une deuxième variété de poix, c'est celle dont la couleur est noire, l'odeur forte et désagréable et la saveur amère ; on la connaît sous le nom de poix noire; sa cassure est brillante à froid, mais elle se ramollit facilement, et peut se malaxer entre les doigts, auxquels elle s'attache, lorsqu'on n'a pas le soin de les mouiller. — On l'obtient par la combustion dans un four haut et étroit, de toutes les matières q^i proviennent, soit de la purification de la térébenthine ou du galipot, soit des éclats de bois provenant des entailles faites aux pins et aux sapins pour faciliter l'écoulement de la térébenthine. On met le feu à la partie supérieure du fourneau ; la résine ne larde pas à fondre et à coulerdans un tuyau qui la conduit dans une cuve contenant de l'eau. Le noir de fumée qui se produit abondamment dans cette opération la coloreien noir. Arrivé dans la cuve, ce produit se sépare en deux parties, l'une liquide, qui vient surnager, et que l'on nomme huile de poix; l'autre à demi solide, que l'on fait bouillir jusqu'à ce qu'elle devienne cassante : c'est alors la poix noire. Elle est usitée dans les arts pour enduire les cordages, les fils, les bois, et tous les corps qui craignent l'humidité. On en fait surtout usage en Angleterre, où on la rend élastique en y mêlant une solution de caoutchouc dans l'essence de térébenthine, et chauffant le tout pour rendre l'union plus parfaite. — La poix sert encore à donner de la ténacité aux fils qui servent à coudre les souliers. En nédecina, elle a plusieurs usages externes; elle entre surtout dans la préparation de certains emplâtres Autrefois, on l'employait dans les maladies de la

POI

POL

UUt tiurtoul contre 1« Uigne; maU l*uMge «n a éU abandonné pour recourir à des ipoyens pluf efficaces et moins douloureux. — Ge que l*oa connaît dans les arU loua le nom de poim-résine on ré$ine Jaune n*est que le résidu de la distillation de la térébenthine, que Ton a brassé fortement avec de Teau pour lui enlever sa transparence, et lui communiquer une couleur jaune sale : c*est celle qu'emploient le ferblantier et rétameur pour souder le fer-blanc, le cuivre, etc. — Nous avons encore à parler de ces productions naturelles fort remarquables, auxquelles les anciens minéralogistes ont donné le nom de pour à cause de leur grande analogie avec la substance dont nous venons de Aiire Tbistoire. — La première est la poix minérale ou le vraipta«aipAa/<e maiwrei, connue aussi sous le nom de poi» de montagne. La deuxième est le bitume limoneux on de Babylone, que les Latins nommaient etercuê diaholi mineraliê, et les Égyptiens maiko» On le rencontre assez abondamment en Alsace , oà on l'emploie même à graisser les essieux des voitures. — Les Babyloniens et les Égyptiens ep recouvraient, les premiers les murailles de leufs villes , les seconds leurs py* mmidea. Les habitants de Samosate, assiégés par Lttcullus, en jetaient du haut de leurs murailles sur les soldats romains après y avoir mis feu. On le retrouve dans les momies égyptiennes, qu'il a parfaitement conservées; il est aicore employé à cet usage en Perse; enfin, les Péruviens s'en servaient pour embaumer leurs morts à Tépoque de la découverte. £n Angleterre, on s'en sert pour goudronner les barques et les vaisseaux, en le mêlant avec du goudron y€(r* BITVHB. Cl. Vaviot.

FOIX (PlIHCtS DB). y€ir, NOÂILLU.

F0JA18U et HININI, deux Eusses célèbres par le courage patriotique tiu'ils déployèrent pour rindépendance de leur pays.

Bmitii HlEnAlLOViTCi ^ prince Pc^arski, né en 1578, concourut, vingt ans plus tard, à la signature du diplôme d'élection qui éleva sur le trOne Boris Godounof . Il signala son patriotisme au milieu des agitations terribles causées et entretenues par les tentatives ambitieuses des faux DémétHus, qui bouleversèrent la Hoscovie après la mort de ce prince, en 1605. L'anarchie était arrivée à ion comble en 1610. Les Polonais victorieux s'étaient rendus maîtres de Moscou et y avaient lait proclamer czar, en 1610,1e jeune Vladislaf, fils de leur roi Sigismond IlL Smoknsk tomba l'année suivante au pouvoir immédiat de ce dernier, et le général suédois la Gardie phi poiscwion de Novgorod la Gf andt , qui avait

offert la couronne au prince Philippe de Suède. La Russie courait risque de devenir une simple province du royaume de Pologne, lorsque la patrie et la religion grecque trouvèrent un sauveur dans un simple bourgeois, qui exerçait à Nijni-Novgorod le métier de boucher. Cosmx on Kosma Minine ranima par sa voix et par son exemple le courage abattu de ses concitoyens ; ce digne patriote eut bientôt rallié autour de lui d'autres Russes amis de leur pays, et à la tète desquels il appela le vaillant Pojarski. Après 4 jours d'une lutte acharnée, les braves de Nijni accourus, le 20 aoOt 1613, sous les murs de Moscou, mirent en fuite le grand hetman Chod«>' kiewicz, qui la tenait occupée au nom du roi de Pologne. Le 93 octobre suivant, les restes de la garnaison polonaise, qui s'étaient renfermés dans le Kreml qu'ils défendaient opiniâtrement, furent forcés de se rendre après avoir été réduits à se nourrir de chair humaine. La gloire de ce succès, dû aux efforts réunis des Russes, et par lequel Ui patrie commune s'affranchit définitivement du joug polonais, en revient encore en partie à Minine, qui avait su opérer une réconciliation entre les chefs des divers partis.

A l'avénementde Michel Fœdorovitch, premier czar de la maison de Komanof, le prince Pojarski, qui n'avait pas accepté la candidature au trône, fut élevé à la dignité de boyard. On ignore comment se termina la carrière de Minine, mais les noms révérés de ces deux libérateurs de leur patrie sont restés vivants et inséparablement liés dans les souvenirs du peuple russe. Un monument en bronze, dû à Martos, a été consacré, par ordre de l'efnpereur Alexandre, ^ leur mémoire et placé sur la grande place (Kroêênoifplochtchad) en avant du Kreml de Moscou* Cn. Yooil.

POLACHAIJ^S ou poLA^xiiia. Nom donné par le professeur Richard à une sorte de fruit composé de plusieurs alcènes réunis à un axe commun : tel est celui des ombeliifères, des araliacées. Selon le nombre des akènes, on lui donne ces noms particuliers de diakène, triakène, pentakène, etc.

POLAIRE. (jéstratUHnie.) Ce mot, qui devrait qualifier généralement tout ce qui s'applique aux pôles, ne s'emploie guère que dans quelques acceptions que nous allons examiner. Cerclée poiairee. On appelle ainsi deux petits cercles de la terre parallèles à Téquateur , et situés vers les pôles, dont ils ne sont séparés que par une distance correspondante à un angle de 98» 1/0. Si l'on se souvient que c'est aussi de cette quantité angulaire que le soleil s'avance, trantôt vers l'un, tantôt vers l'autre hémisphère, on oonce-

Page 1