‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 22Chapitre 8 sur 61 · PO L · texte numérisé non relu

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vra que ces cercles Jouissent de la propriété d*a- Toir chacun, une fois par année, 24 heures de jour et â4 heures de nuit. Ces cercles sont distingués par le nom du pôle dont ils sont voisins. — Étoile polaire. On appelle ainsi une étoile très-voisine du pôle de la sphère céleste, correspondant au pôle boréal. Cette étoile doit évidemment, d*après cela, jouir de la propriété de rester fixe dans le ciel, et d*étre comme un des pivots autour duquel parait s*exécuter la rotation du système étoile. Cette étoile est précieuse aux navigateurs pour s*orienter pendant la nuit ; elle peut même parfois être utile aux voyageurs éga- ' rés, auxquels elle indique la direction du nord. Elle est facile à reconnaître. Lorsqu*on regarde le ciel du côté du nord, on aperçoit facilement, quand Pair est pur, deux constellations de même forme, mais dont Tune est plus petite et formée d*étoiles plus faibles que Tautre. Les étoiles qui les dessinent son groupées comme cela est indiqué ci-dessous, et leur position relative est aussi telle que nous Tavons représentée.

* •••* ••••• •*ÉtoUe polaire

— Ces deux constellations sont nommées la grande Ourse et la petite Ourse. La première, que Ton appelle aussi le chariot, est formée de bel< les étoiles qui s*aperçoivent toujours facilement, quoique aucune ne soit de première grandeur. Quand on a bien reconnu cette constellation, il suffit de tirer par la pensée une ligne droite semblable à celle que nous avons tracée sur la figure par les deux dernières étoiles du quadrilatère, et l'on arrivera à Tétoile qui forme l'extrémité de la quçue de la petite Ourse, qui est Tétoile polaire, dont Téclat est plus grand que celui des autres étoiles de la constellation dont elle fait partie. L'étoile polaire n'étant pas tout à fait au pôle n'est pas complètement immobile, et décrit un petit cercle chaque jour. Il résulte même d'un mouvement appelé nutalion de la terre que sa distance au pôle varie avec le temps. L. L. Vavtbier.

POLARISATION. Nous allons dire ici quelques mots d'une propriété de la lumière dont la découverte est récente encore, mais que les travaux de quelques-uns des plus célèbres savants modernes , de Laplace, Malus, Brewster, Btot, Arago et Fresnel, ont portée, avec une rapidité sans exemple, à un très -haut degré de perfection,

sous le point de vue expérimental et le point de vue théorique. Les phénomènes auxquels donne lieu cette propriété de la lumière, quoique nombreux et singuliers, ne sont pas du domaine vulgaire, et n'intéressent guère que les savants, auxquels ils fournissent des données nouvelles sur la constitution intime des corps, et des armes puissantes pour combattre, dans la lutte entre les deux théories de la lumière, celle de l'émission et celle des ondulations {vqjr, LumUre). La lumière, à la rencontre d'un milieu différent de celui où elle se trouve, subit généralement dans sa marche deux modifications particulières, connues sous le nom de réflexion et de réfraction (voX' ces deux mots). La première de ces modifications est soumise à des lois simples et uniformes, pour toute espèce de milieu, mais il n'en est pas de même de la seconde. La réfraction, qui, pour les milieux homogènes, tels que les gaz, les liquides et les corps solides transparents non cristallisés, comme le verre, la colle, la gomme, etc., s'opère d'après une loi unique et de la plus grande simplicité, devient un phénomène plus complexe lorsqu'on passe aux milieux cristallisés. Toutefois , pour ceux de ces milieux dans lesquels la forme primitive est un polyèdre régulier, les lois de la réfraction simple subsistent encore (vox» le mot Cbistallisation); mais, lorsque la forme primitive est différente du polyèdre régulier ces lois changent et se compliquent. Au lieu d'un seul rayon réfracté, situé dans le plan normal à la surface passant par le rayon incident, ainsi que cela a lieu dans Ui réfraction simple, il se produit, au passage d'un rayon lumineux dans un milieu cristallisé de la seconde espèce , deux faisceaux réfractés différents. Lorsque la forme primitive •est un polyèdre semi-régulier, l'un de ces faisceaux suit la loi ordinaire de la réfraction simple et l'autre une loi toute différente ; lorsque la forme primitive est un polyèdre tout à fait irrégulier, les deux faisceaux suivent tous deux des lois nouvelles. Ces deu\* genres de cristaux sont tous deux nommés biréfringents, mais une différence caractéristique qu'ils présentent fait appeler les premiers cristaux à un seul axe, et les seconds cristaux à deux axes. Si l'on taille une face plane dans un cristal à un axe et qu'on y fasse tomber un rayon lumineux , l'un des rayons réfractés, le rayon ordinaire, suivra, comme nous l'avons dit , Ja loi de la réfraction simple, et se trouvera dans le plan hormal à la face d'incidence, tandis que l'autre, le rayon extraordinaire, sera généralement à droite ou à gauche de ce plan. Mais si Ton l^it tourner le

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rayon lumineux ou le crisUI, il arrivera, pour une certaine position, que le jrayon extraordinaire, sans coïncider avec le rayon ordinaire, se trouvera, comme lui , dans le plan normal à la surface contenant le rayon lumineux. Cette position du plan normal, qui jouit de certaines relations avec la disposition intérieure des molécules du cristal, est nommée sa section principe. Il est toujours facile d^ailleurs de retrouver cette section, d*après la définition que nous venons d*en donner. Cela posé, il doit paraître évident que, si Tou regarde un objet au moyen d*un cristal biréfringent à un seul axe , on en verra deux images, et que, si Ton interpose entre son ceil et Tobjet deux cristaux de ce genre, on devra voir quatre images. C*est en e£Pet ce qui arrive en général. Mais, si Ton fait tourner rnn des deux cristaux en laissant Tautre fixe, on n*apercevra que deux images , dans les quatre positions rectangulaires , où les deux sections principales seront parallèles ou perpendiculaires entre elles. Pour le cas de parallélisme des deux sections principales, Pimage ordinaire, à la sortie do premier cristal, ne donnera lieu qu'à une aotre image ordinaire, et Timage extraordinaire qu*à une seconde image de même genre. Pour le cas de perpendicularité, au contraire, Timage ordinaire ne donnera lieu qu*à une image extraordinaire, et rimage extraordinaire qu*à une image ordinaire; Bans toutes les positions autres que celles-là, il y aura quatre images, dont rédat seulement sera différent. — De ce que BOUS venons de dire, il résulte évidemment que la himiére qui a traversé un cristal biréfringent a acquis des propriétés nouvelles, où plutôt a subi des modifications qui la distinguent de la lumière naturelle. Ce n'est pas d^ailleurs seulement par sa réfraction à travers un cristal biréfringent que la lumière peut acquérir ces propriétés nouvelles ; elles peuvent aussi résulter ëe sa réflexion simple, sur des corps polis, sous certaines incidences. Si Ton foit tomber, par exemple, un rayon lumineux, sur une plaque de vnre poli dont on aura noirci la face inférieure sous un angle de 35« environ, la lumière réflédiie jouira des propriétés que possède le rayon ordinaire émergent d*un cristal à double réfraclion ; c^est-à-4ire que si Ton reçoit perpendiculairement le faisceau réfléchi , sur un cristal de ee genre, il se divisera généralement en deux ftûseeauz d'inégale intensité, mais si Ton fait tourner le cristal, il n'y aura qu'une réfraction ordinaire et extraordinaire, suivant que sa sectimi principale sera parallèle ou perpendiculaire an pbm de réflexion. Ces modifications que su-

bit la lumière dans les circonstances que nous venons d'examiner, et dans quelques autres que nous énoncerons plus loin , ont reçu le nom de polarisation. Cette dénomination provient de ce que, dans le système de l'émission, on admet, pour expliquer ces phénomènes, que les molécules lumineuses ont deux pôles {voy, ce mot) qui, n'occupant pas de position déterminée, dans la marche ordinaire de la lumière, peuvent prendre une orientation particulière sous certaines influences ; peuvent , par exemple , lorsque la lumière est réfléchie sous- un angle de 35<» sur le verre se placer de manière que la ligne qui les joint dans chaque molécule soit parallèle au plan de réflexion. C'est de cette hypothèse, qui n'a rien de réel, que son nées diverses dénominations relatives à la lumière polarisée : ainsi, l'on appelle plan de polarisation le plan de réflexion suivant lequel la lumière a acquis ses propriétés nouvelles ; on dit que la lumière est polarisée suivant ce plan, et Ton nomme angle de polarisation l'angle d'incidence pour lequel elle se polarise, et qui, deS5o pour le verre, est un peu différent pour les autres substances. Nous ne nous étendrons pas plus longtemps sur ces définitions, qui peuvent même paraître un peu techniques. Nous allons énoncer seulement quelques circonstances nouvelles dans lesquelles s'effectue la polarisation. Sous quelque angle qu'un rayon lumineux tombe à la surfoce d'une lame de verre, il y en a toujours une partie qui se réfracte. Lorsque l'angle d'incidence est celui de polarisation, une partie notable dé la lumière réfractée se trouve aussi polarisée. Mais elle Test inversementde la lumière polarisée par réflexion, et se trouve, par rapport à elle, comme le rayon extraordinaire par rapport au rayon ordinaire. Il résulte de cette polarisation par réfraction que,si l'on superpose plusieurs glaces ou lames de verre à faces parallèles, et si l'on fait tomber sur elles un rayon lumineux, sous l'angle de polarisation, une partie de la lumière non polarisée au passage de la première lame se polarisera au passage de la seconde; une nouvelle fraction se polarisera au passage de la troisième , et ainsi de suite, de sorte qu'avec un tiombre suflSsant de lames on pourrai obtenir un rayon émergent entièrement polarisé. — Il ne faut pas croire du reste que la polarisation puisse avoir lieu seulement dans les circonstances précédentes. Il y a toujours, quel que soit Pangle d'incidence d'un rayon lumiueux sur un corps trausparent, une portion plus ou moins grande de sa lumière por larisée par réflexion et par réfraction. Seulement cette fraction est très-faible pour d*autres an-

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gles que celui de polarisation, et ne peut guère être mise directement en é?idence. Mais on peut prouver son existence par le moyen des lames de verre superposées dont nous avons parlé plus haut, et qui polarisent complètement le rayon qui en émerge, quel que soit Tangle sous lequel il y est tombé, pourvu qu*il y en ait un nombre assez considérable. Des phénomènes semblables à ceux fournis par des lames de verre s^observent dans certains cristaux formés de lames minces superposées et peu adhérentes entre elles, pourvu que Tépaisseur du cristal soit assez grande. La lumière en sort alors complètement polarisée. C'est ce qui arrive pour une foule de corps, et en particulier pour Tagate, la nacre de perle et la tourmaline, substance dont nous aurons occasion de parler à l'article Pôlb. —Nous aurions maintenant à citer d*autres phénomènes extrêmement curieux, auxquels donne lieu la lumière polarisée; mais ces détails, qui ne peuvent être omis dans un cours de physique, sont trop spécialement scientifiques pour être ici à leur place. L. L. Vâcthrr.

POLAKITÉ. Sans entrer dans aucuh détail au sujet de ce mot, dont il est fait usage dans la théorie du magnétisme, et dont nous parierons à Tarticle P6l« , nous allons montrer la diflFérence que Ton doit généralement faire entre lui et le mot polarisation. Polarisaiion désigne une modification particulière que peut subir la lumière ou que peuvent subir en général les deux autres agents physiques : la chaleur et Télectridté; polarité désigne la propriété dont jouit logent physique d*avoir subi cette modification. PolariuUion désigne quelque chose d*actif,polarité quelque chose de passif. L. L. VAunin.

POLATOUCHE. Ce nom a été donné par la plupart des zoologistes modernes, et particulièrement par Cuvier, GeofiVoy Saint-Hilaire, Illiger et Desmarest, à un genre de mammifères rongeurs clavicules, caractérisé de la manière suivante : système dentaire, appareil des sens, de la génération et du mouvement, organes de préliension, très-analogues à ceux des écureuils, mais la peau des flancs très-étendue, velue en dessus et en dessous, joignant les membres antérieurs avec les postérieurs, et formant une sorte de parachute; un appendice osseux aux pieds, destiné à soutenir cette membrane des flancs (Desmarest, Mammalogie, p. 431). Ces derniers caractères, tout remarquables qu'ils sont, n'avaient point paru à Linné d'une assez haute importance pour servir de base à l'établissement d'un genre particulier; et prelque tous les auteurs qui ont publié, dl^rèi l'illastre natmOitie raédois, dot

systèmes ou des catalogues de mammifères, ont, à son exemple, laissé les polatouches avec les tamias, les guerlinguets et les écureuils, dans le groupe si étendu des sciwruê : groupe assurément très-naturel, comme le sont, à un très-petit nombre d'exceptions près, tous les groupes linnéens, mais que l'on doit considérer bien plntAt comme une famille que comme un genre. Telle est aujourd'hui l'opinion unanime de tous les zoologistes. U n'en est plus un seul qui se refuse à séparer des écureuils les polatouches; et si la classification deces derniers peut encore donner lieu à quelques contestations, c'est seulement entre les auteurs qui adoptent le genre Plerofnys tel qu'il a été établi par Cuvier, Geoffiroy et Illiger, et ceux qui pensent que ce groupe socondaire doit être lui-même subdivisé. Cette dernière opinion parait être celle de Desmarest qui, dans sa Mammalogie, a partagé les polatouches en deux sections parfeitement caractérisées par la forme de la queue; et elle est bien certainement celle de Fr. Cuvier qui, dans son ouvrage sur les dents des mammifères et dans le Dictionnaire des sciences naturelles, a érigé en genres les deux sections de Desmarest, en faisant connaître plusieurs caractères différentiels non encore observés. Des deux genres ou sousgenres ainsi formés, l'un comprend le potatouchede Buffon et quelques espèces très-voisines, c'est celui que Fr. Cuvier nomme scfuroptère, Scturopteruê: l'autre est composé du Taguan de Buffon et du Pteromys nùiduê de Seofl^; c'est celui auquel Vr. Cuvier laisse le nom de Pteromxs. Dn..x.

POLDERS, nom que Ton donne en Flandre et en Hollande à des tenes d'alluvion, entourées de digues et rradues susceptibles de culture. Les simples alluvions formées |>ar le dépôt des parcelles de terre grasse entraînées par les eaux intérieures vers l'embouchure des fleuves s'appellent sckoron ou êchooren. Ces êchooren, que la mer couvre et découvre deux fois par jour, produisent une herbe fine que paissent les montons. Le flux de la mer y dépose deux fois le jour une couche de limon qui élève insensiblement le sol à la hauteur convenable, pour qu^il puisse être cultivé. Le temps nécessaire à cette espèce de création dépend de la force et de la direction des courants occasionnés par le flux et reflux. Il s'écoule souvent un siècle, dit l'illustre Cuvier, avant que les sables, rejetés par la mer, présentent assez de fixité pour retenir les dépôts de limon, et permettre la vé^étatlnn de plantes spontanées; il faut ensuite nn nonveau terme de trente on quarante ans avant

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qu'un schoore parvienne an degré de maturité Décetsaire pour Tentourer de digues, et le con- Tertir avec avantage en terre labourable. Ce travail une fols efiPectué, on fait un léger labour, eton y jette la semence, sans avoir besoin d*employer du fumier, et pendant les premières années la récolte est trois ou quatre fois plus abondante que celle des meilleures terres. Les polder$ sont particulièrement propres à la culture de la garance. On y trouve une quantité prodigieuse de lapins. — Presque toutes ces conquêtes faites jadis par les Flamands sur la mer, sont aujourd*bui soumises à la Hollande. — La plus ancienne charte dans laquelle M. Warnluenjg ait rencontré le mot polder est de rangée 1318. L*empereur Henri de Constant! nople y donna à Tabbaye de Saint-Pierre une possession près de Watervliet, qu'il appelle Hahekineê- PolrOf et dont il détermine exactement les limites. Kais si le nom ne se découvre pas plus tôt, b chose est certainement plus ancienne, puisqa*une charte du comte Philippe d* Alsace, de rainée 1171 désigne les polders près d'Ostende eooune des terres nouvelles que la mer a rejetées, et qu*U fait saisir et mettre en sa possession. Sans un diplôme de 1150, on dislingue déjà la terre de rejet (werp-land), de la terre de marais (wMT'land), Le plus grand des polders de la Tlandre hollandaise est celui qui a été endigué par Jean, fils de Gui, comte de Flandre; il a une étendue de 1500 bonnters. Dans le voisinage du Sas-de-Gand, les polders ont été en partie endigoéstOQS le gouvernement d*Albert et dlsabelle. Les endiguementi antérieurs furent principale- OMot Fouvrage du chevalier Jérôme Lauryns, trésorier de Philippe le Beau. En 1497, il obtint les poMers du quartier ou métier d*Tzendyk, et acheta plusieurs autres contrées dans ces environs, qu'il affranchit également de la mer. En 1570, beaucoup de ces terres furent inondées de BouYeau, et peu après endiguées une seconde fais. D'autres polders ont été formés aux environs de Biervliet, qui, du temps de Gramaye, était encore entièrement entouré d*ean, par suite de l'inondation de 1377. On peut avancer que toute la lisière de TEscaut n'est composée que de polders endigués à différentes époques, mais priBcipatement depuis le commencement du XTi« siècle. Db RiirrBifBXRo.

POLE. {Géographie.) Ce mot, qui vient du verbe fgrttpoUin (tourner), a dans les sciences éetaceptions diverses, dont nous allons indiquer ka principales. On sait que la terre possède deux MOttrcaents propres qui hil sont conminns avec te rlMiilts Le fnmù» est un nonventent de

translation qui l'emporte dans son orbite; le second un mouvement de rotation sur elle-même. Ce dernier mouvement s'effectue toujours autour d'un même diamètre, comme si la terre était traversée, dans cette direction, par un axe matériel. Les points où ce diamètre rencontre la surface de la terre en sont nommés lès pôles. ■^ Si l'axe de la terre ou la ligne qoi joint ses pôles était perpendiculaire au plan de son orbite, et si cet axe restait parallèle à lui-même dans le mouvement de translation, les diverses positions de la terre dans l'écliptique ne produiraient pdnr elle que de légères variations de sa distance au soleil; chacun des points de sa surface recevrait toujours le soleil de la même manière; il n'y aurait pas de saison. Hais heureusement qu'il n'en est pas ainsi. La ligne des pôles est inclinée sur l'écliptique d'un angle de S3o î/3, ce qui fait que, de part et d'autre de Véquatenr jusqu'à une distance correspondante à cet angle, les points de la terre sont successivement frappés, dans une direction perpendiculaire, par les rayons du soleil; il résulte aussi de là que les pôles, qui, dans la première hypothèse, auraient toujours eu tous deux le soleil à leur horizon, en jouissent chacun à leur tour pendant six mois de l'année, pour en être privés le reste du temps; cela détermine enfin la succession régulière des saisons. — De même que la terre, toutes les planètes ont des pôles, dont Taxe est plus ou moins incliné sur le plan de leur orbite, et autour desquels elles effectuent invariablement la rotation qui leur donne le jour et la nuit. — Privés de lumière et de chaleur pendant six mois de l'année, ne voyant jamais le soleil qu'à nne faible hauteur au-dessus de leur horizon, et ne recevant d'après cela ses rayons que très-obliquement, les pôles doivent nécessairement avoir toujours une température extrêmement basse. Aussi l'accès en est-il fermé par d'Immenses mers de glace, et n'est-ce qu'à une assez grande distance que l'on commence à apercevoir des traces de végétation et de vie. — Les deux pôles de la terre se distinguent par deux noms particuliers. Le pôle dont nous sommes le phis rapprochés se nomme pôle arctique, et, par opposition, Tantre se nomme pôle antarcUque. On les appelle aussi quelquefois, le premier pôl& boréal, et le second pôle austral, du nom des hémisphères, séparés par l'équateur, au centre desquels ils se trouvent. — La forme de la terre n'est pas une sphère parfaite. Elle est légèrement reniée vers l'équateur, ou aplatie vers les pôles. En examinant par kl mécanique quelle doit êti^ la forme finale dtne sphère, qui, d'abord fluide, tourne

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autour d'un de ses diamètres, on trouve que la force centrifuge, naissant du mouvement de rotation, doit donner lieu à une figure du genre de celle que la terre présente. Ce fait peut être la source d*hypolhèses cosmogoniques plus ou moins rationnelles d'ailleurs sur les états primitifs par lesquels a passé la terre. L'aplatissement vers les pèles, facile à prévoir par les lois de la mécanique, ainsi que nous venons de le dire, a longtemps été combattu. Il est même arrivé, par une erreur assez singulière, que des mesures prises à la surface de la terre, et qui confirmaient pleinement ce fait, ont longtemps été regardées comme en détruisant la réalité, et comme prouvant au contraire l'allongement du globe dans le sens des pôles. Hais l'erreur a été aperçue, et de nouvelles mesures plus exactes, prises depuis, ont permis d'assigner la valeur précise de l'aplatissement, qui est d'environ '/a 90 du rayon terrestre. — Aux pôles de la terre correspondent deux points remarquables de la sphère céleste, ceux autour desquels elle parait effectuer chaque jour son mouvement de rotation. Ces deux points sont les pôles du ciel^ ce sont eux qui ont reçu les premiers le nom de pôles, et qui Tont porté seuls tant qu'on a cru la terre immobile. Si l'on se figure la terre placée au centre d'une sphère immense, de la sphère céleste, son axe ira en percer la surface quelque part. Si l'on imagine maintenant que la terre se meuve, l'axe, sans cesser de rester parallèle à lui-même, ira rencontrer la sphère en des points différents, qui paraîtront d'autant pins rapprochés entre eux que son rayon sera plus grand, et qui sembleront enfin, pour un rayon tel que celui de la sphère céleste, se confondre en un seul.Cesdeux points du ciel correspondront aux pôles du globe, et il est évident, quand on regardera la terre comme immobil^, que le ciel paraîtra circuler autour d'elle en tournant sur ces points. De là le nom de pôles, que les Grecs leur avaient donné. Il est facile de voir en outre que, si l'on a quelque signe particulier pour reconnaître dans le ciel la position des pôles, on peut, à cause de leur correspondance avec ceux de la terre, s'en servir pour trouver la latitude d'un lieu où l'on se trouve, ou la distance de ce point à réquateur, laquelle est connue quand on sait sa distance au pôle. — Sur la surface d'une sphère, tous les points peuvent être des pôles, mais, lorsque quelque cercle s'y trouve tracé, on nomme i9^/e« les points de la surface rencontrés par le diamètre perpendiculaire au plan de ce cercle. D'après cette définition, tous les cercles dont les plans sont parallèles ont les deux

mêmes pôles. La propriété principale de ces points, c'est qu'ils pourraient servir de centre pour décrire sur la surface de la sphère les cercles dont ils sont les pôles. L. L.Yauteikii. POLE HAGNÉTIOUE. {Physique,) Lorsqu'on approche d'un aimant naturel ou d'une aiguille aimantée de la limaille de fer, elle s'y attache en se dirigaent plus particulièrement vers certains points qui paraissent être les centres de l'action magnétique ; ces points portent le nom de pôles. Tous les aimants naturels ou artificiels en ont au moins deux; mais ils en manifestent souvent un plus grand nombre. La définition que nous venons d'en donner permet toujours de les reconnaître facilement. — Il n'y a dans la nature qu'un seul corps, un oxyde de fer, qui possède une aimantation naturelle, et il n*y a presque que le fer et l'acier à qui cet propriété puisse être communiquée artificiellement. Les moyens à employer pour cela sont assez variés ; ils consistent généralement à mettre en contact, d'après certaines règles déterminées, le fer qae Ton veut aimanter avec un aimant naturel. Un choc assez violent , l'opération du laminage, le passage de l'électricité, l'exposition à l'action de la chaleur ou l'exposition dans une direction particulière^ par rapport à Taxe de la terre, sont aussi des moyens de faire acquérir des pôles à un morceau de fér ou d'acier. De là résulte que presque tous les outils en fér dont on se sert dans les arts et presque tous les ustensiles des ménages , tels que les pelles , les pincettes , les ciseaux, sont des aimants artificiels. Il faut remarquer d'ailleurs une différence bien importante entre l'aimantation du fer et de l'acier, c'est que le premier perd toute trace des pôles, dès que cesse la cause qui a déterminé leur formation , tandis que l'acier les conserve pendant un certain temps. — Les aimants naturels et artificiels jouissent tous de la propriété, lorsqu'ils sont suspendus librement, de se placer dans une orientation particulière, par rapport au méridien du lieu où ils se trouvent. C'est à cette faculté qu'est due la construction de la boussole. Lorsqu'on a suspendu librement deux aimants à une assez grande distance Pun de l'autre , et qu'ils se sont tous deux placés dans leur position d'équilibre sous l'action des forces magnétiques du globe, si Ton rapproche l'un de l'autre les deux pôles tournés du même côté, U y aura répulsion entre eux, tandis qu'il y aura attraction entre deux des pôles primitivement tournés à l'opposé l'un de l'autre. Comme on doit supposer que les pôles des aimants tournés vers les mêmes points du globe jouissent des

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mêmes propriétés magnétiques, cela montre, ainsi qu*il arrive pour l'électricité, que les pôles de même espèce se repoussent et ceux d'espèce contraire s'attirent. Ce phénomène, qui se reproduit constamment de la même manière, a donné lien de regarder le globe terrestre comme un énorme aimant naturel dont les pôles sont situés aux points intérieurs vers lesquels une aiguille aimantée se dirige, et dont les propriétés magnétiques sont telles que le pôle situé vers le nord est de même espèce que le pôle des aiguilles qui se tourne vers le sud et inversement. De cette supposition, qui peut n'avoir rien de réel, et quelesfeits nouveaux de Téiectro-magnétisme doivent même faire regarder comme erronés, résultent diverses désignations relatives au magnétisme terrestre. Ainsi l'on appelle méridien magnétique^ pour un point donné de la surface du globe, le plan vertical, qui passe, par la position que prend l'aiguille aimantée en ce point. Ce plan prolongé vient rencontrer le pôle magnétique, et nous renvoyons à l'article Boussolb pour la connaissance de sa position par rapport aux méridiens terrestres, et des variations diurnes ou annuelles qu'il subit dans son orientation. — Le lait général que nous avons signalé plus kut, de la répulsion des pôles de même espèce et de l'attraction des pôles d'espèce contraire, donne lieu à diverses conséquences. Lorsqu'un barreau de fer ou d'acier est mis dans le voisinage d'un aimant et attiré par lui, l'action de Taimant est de déterminer, dans le barreau de fer on d'acier, la formation de pôles, lesquels font toujours disposés contrairement à ceux de raimant, c'est-à-dire que l'extrémité du barreau, en contact avec un des pôles de l'aimant, a acquis des propriétés magnétiques d'une espèce contraire aux siennes. C^est sur cette loi que sont fondées les divers procédés d'aimantation les plus usités. — Lorsqu'on brise en deux un barreau aimanté, il ne faut pas croire que l'on obtient deux morceaux ayant chacun les propriétés magnéUques dont ils jouissaient avant leur séparation. Ce fait ne se voit jamais, et les propriétés magnétiques ne peuvent jamais être développées que par leur opposition. Les deux morceaux du barreau seront encore deux aimants ; ils auront chacun deux pôles, dont l'action seulement sera moins énergique que celle des premiers. Ce que nous avons dit pour deux serait vrai pour un nombre quelconque de morceaux avec une diminution proportionnelle de HoUnsité magnétique. — Nous avons dit plus tart qu'il n'y avait guère que le fer et l'acier nseeptibles d'être attirés par les aimants natu-

rels. Deux métaux, le nickel et le cobalt, jouissent encore de cette propriété, mais faiblement à la vérité. Il y a quelques autres substances qui jouissent aussi de la faculté d'acquérir, dans certaines circonsUnces particulières, des pôles analogues à ceux de l'aimant. Le corps de ce genre le plus curieux est la tourmaline, qui manifeste des pôles sous l'action d'une chaleur convenable. Lorsqu'on la laisse refroidir, il y a un moment où les pôles disparaissent pour reparaître, un instant après, dans une position inverse. Ces phénomènes ont du reste plus de relation avec ceux de l'électricité ordinaire qu'avec ceux du magnétisme. l. L. Vabthier.

POLÉM ARQUE (itoXificcpxoç, de itàXtfioi, guerre, et â^<a, Je commande), en général, chef militaire, généralissime; et en particulier, à Athènes, l'un des archontes.

POLÉMIQUE (noXtfKtxhç, de «^At/tuoç, guerre ), science de la dispute, mais de la dispute scientifique, qui s'appelle encore controverse quand elle se rapporte exclusivement à la religion. Lorsque le christianisme eut triomphé et qu'il se fut formé une Église et une théologie, les Pères de l'Église quittèrent le ton de l'apologie et cherchèrent à établir les règles d'après lesqueUes il follait défendre le christianisme contre les infidèles et les hérétiques. Peu à peu la polémique devint ainsi une science et prit une place éminente parmi les sciences théologiques. L'Église protestante surtout la cultiva beaucoup. Ses docteurs non-seulement publièrent vers la fin du xvm» siècle une foule d'écrits polémiques ou d'introducUons à cette science, mais ils donnèrent même des cours publics sur cette branche de la théologie. Cela alla si loin que longtemps la chaire évangélique fut considérée comme une espèce d'arène où chaque prédicateur se croyait obligé de rompre une lance contre les athées, les indifiFérents, les juift, les papistes, etc. Mais cet excès d'ardeur tua la polémique proprement dite. Une réaction s'opéra. On en revint presque généralement à l'apologie j et, de nos jours, si les théologiens croient devoir encore de temps en temps prendre l'oflFensive, ils s'eflbrcent au moins de ne pas franchir les bornes de la science, et de conserver ce calme, cette dignité, cette charité qui distinguent essentiellement un amour sincère de la vérité, et qui n'est mieux placé nulle part que dans ces discussions de matières qui passent notre pauvre entendement humain.

Le champ de la polémique, restreint pendant des siècles à la théologie, s'est beaucoup agrandi, surtout depuis quelques années, il s'est étendu à toutes les sciences et particulièrement à la po-

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litique.Ici lespamphets {vox- Lettres de Joifius, CODRiiR, GoBHENiif, etc.) lui Servent d^organes spéciaux ; mais ce sont les journaux qui sont les principaux champions dans ces luttes quelquefois acharnées. Malheureusement ils perdent trop souyent de vue le but de la polémique, qui de* Trait toujours être la vérité, et ils sacrifient Tinfluence légitime qu'ils pourraient exercer, soit à un étroit patriotisme, soit, comme il arrive plus souvent encore, au triomphe de misérables intérêts de partis ou de coteries. £. Haâo.

POLÉMON, philosophe académicien. Né à Athènes, il mena dans sa jeunesse une vie licencieuse; puis il devint un des disciples les plus zélés de Xénocrate, auquel il succéda à TAcadémie (315 avant J. C). Zenon, Arcésilas, Crttès et Chrantor, ses successeurs, sont les seuls de ses élèves dont les noms soient parvenus jusqu'à nous. Sa morale, toujours d*accord avec celle de Platon, tend cependant à se rapprocher de celle d'Aristote. Son principe fondamental est : «Vis selon la nature. » Il mourut dans un âge fort avancé, vers Tan 973 avant J. G.

Un autre Polémon ( Ahtoiiiqs ) , sophiste et orateur célèbre du ii* siècle de J. C. , naquit à Laodicée, en Lycie; il était d'une famille consulaire et fut très-aimé des empereurs Trajan , Adrien et Antonin le Pieux. U habitait ordinairement la ville deSmyrne. Devenu très-riche par son talent, Polémon se fit de nombreux ennemis par son orgueil. A Tàge de 56 ans, attaqué d'un violent accès de goutte, il se fit enfermer vivant dans son tombeau pour s'en délivrer. U ne nous re&te de lui que deux déclamations ou discours dans lesquels Cynégire et CaUimaque font tour à tour l'éloge de leurs fils, morts à la bataille de Marathon, et qui ont été publiés pour la première fois, en grec, par Henri Estienne (Paris, 1567, in-4o). Le Père Poussines les a donnés avec une version latine (Toulouse, 1637, in-8o),0relli en a entrepris une nouvelle édition (Leipz., J819). Philostrate, dans la vie de ce sophiste, cite de lui d'autres harangues; Fabricius a recueilli les titres de douze.

Le nom de Polémon a encore été porté par le fils et par le petit-filsdu rhéteur Zenon, qui devinrent successivement rois de Pont après la mort de Pharnace, et par deux auteurs anciens dont Tun, qui fit un ouvrage physiognomonique (Altenb., 1780), est, selon quelques historiens, le même que le discipledeXénocrate; raulre,surnommé Périégète, élève de Panélius, vivait du temps de Ptolémée Épiphane; il écrivit un ouvrage intitulé Périégèêe, une description d'Uion, sur l'origine du villes de la Phocide, det épigruBiiMS, ete. X.

POLÉMONIACÉES. Famille de plantes dicotylédones, monopétales et hypogynes, établie par de Jussieu et adoptée par tous les autres botanistes. Les polémoniacées sont des plantes herbacées ou ligneuses, quelquef6is volubiles, munies de feuilles alternes ou opposées, souvent diviséei et pinnatifides, de fleurs axillaires ou terminales, formant des grappes rameuses. Chaque fleur se compose d'un calice monosépale, à cinq lobes; d'une corolle monopétale régulière, rarement irrégulière, à cinq divisions plus ou moins profondes ; de cinq étamines insérées à la corolle ; d'un ovaire appliqué sur un disque souvent étalé au fond de la fleur, et lobé ; à trois loges contenant un ou plus souvent plusieurs ovules ; le style est simple, terminé par un stigmate trifide. Le ft*uit est une capsule à trois loges, s*oiivrant en trois valves septifères sur le milieu de leur face interne, ou portant seulement Tempreinte de la cloison qui reste intacte au centre de la capsule. Les graines offrent un embryon dressé au «entre d'un endosperme charnu. Cette famille tient en quelque sorte le milieu entre les convolvulacées et les bignoniacées. Elle diffère des premières par les valves de la capsule portant les cloisons sur le milieu de leur face interne et non contigues par leurs bords sur let cloisons, et par son embryon dressé ; des secondes, par sa corolle presque toujours régulière, son ovaire à trois loges, ses valves portant les cloisons , etc. Les genres qui composent cette famille sont peu nombreux : polemonium, L. ; phlos, L.; cantua, Juss.; ipomop8i8,fiich,'j bonplandia, Cavan., ou caldasia, Willd., et probablement cobœa, L. Riceaid.

POLENTA, mets très-commun en Italie, et consistant en une épaisse bouillie de mais, semblable à du riz cuit. On peut aussi la préparer avec des pommes de terre. C'était un des mets ftivoris de Frédéric le Grand. X.

POLICE. Les Grecs entendaient par le mot noltttla (de noXlç, ville ) l'ensemble de la législation etdu gouvernementd'iine cité. Pour nous, ce mot de police a un sens plus restreint , il ne désigne plus que la partie de l'administratioD d'une commune , d'une province , d'un empire» ayant pour objet d'assurer l'exécution des lois qui garantissent la tranquillité de PÊtat, le respect des propriétés , hi sûreté et le bien>étre des particuliers. Partout où un certain nombre d'hommes vivent en société, ils doivent néces* sairement se soumettre à des règles qui assurent leur sécurité commune. De là l'origine de la police. Son action protectrice s'étend sur les intérêts ludiTiduels comme sur les intérêts coUeo

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tifl. Pour eHe, il n'est point d^éirangers; les lois de pollet. et de sûreté obligent tous ceux qui habitent le territoire.

On peut diviser la police en police adminiêintivê et municipale, et police Judiciaire. La première (tojr, DaoïT administhatif), s'occupe des subsistances et approYisionnements, de la propreté et salubreté publicjues, de Téclairage, de la construction des bâtiments et petite voirie, des poids et mesures, de la circulation des personneSf de celle des voitures et de la police du roulage, des maisons de tolérance, des établisse^ ments dangereux, insalubres ou incommodes, du maintien de Tordre dans les fêtes et réunions publiques, etc. ta police yti^/Zc/aiVe a pour objet la recherche des crimes et délits et leur répres* lion, rarrestation des prévenus et leur renvoi devant Tautorité Judiciaire, Texécution des mandats de ce pouvoir, Pentretien des prisons, la survefllance des condamnés libérés, la répression da vagabondage et de la mendicité, la recherche des individus évadés, etc. On donne le ■om de police militaire à celle qu'organisent les chefs d'armée dans leurs troupes et dans les lieux qu'ils occupent.

En tous pays, la police est une des branches les plus hnportantes de l'administration : les anciens Pavaient déjà reconnu, ainsi qu'on le voit dans la législation de HoIse et dans une ■nlUtode de sages mesures qui étaient en vigueur chez les Égyptiens. Chez les Grecs, la police était parfaitement organisée; à Rome, elle faisait partie des fonctions de rédilité. En France, m pent la faire remonter Jusqu'à Charlemagne; car, dans divers capitulaires de ce prince, on trouve des règles de police que le désordre féodal fit oublier dans la suite. A cette époque, il régnait peu de sûreté et la paix publique avait peine à se maintenir; mais à mesure que l'autorité royale s'agrandit, la police fut mise sur un ■eOleiir pied, et des lieutenants généraux et particailers en furent spécialement chargés. Le pins célèbre de tous est le marquis d'Argenson, qni remplit ces fonctions difficiles et délicates de 1W7 à 1718; on le regarde comme le fonda^ tenr de la police secrète à laquelle on dut longtcBips une grande sécurité, mais qui s'accompagna aussi des abus les plus criants. Parmi ses ■necctnears, il faut nommer $artines (1762-1774), non iBohis actif que lui, mais d'une moralité plus é^ntvoque; Lenoir (1774-1784), qui appliqua sur-

t tes vues philanthropiques à l'état des indis; et, dans un temps plus rapproché de novf, le Annenx Touché, ministre de police sous I et mette «près ta restauration des Bou^

bons Voy. Foucnt, Pasquisb, Dkgazi, etc., etc.

Quelquefois les souverains, ne se fiant patf assez à la police générale du royaume, ont exercé, à l'aide d'agents intimes et dévoués, une contre-police destinée à la contrôler et à la sup' pléer; alors il est arrivé plus d'une fols que ceS deux polices, agissant dans des directions opposées, se contrariaient l'une l'autre.

La police, qui remue la fange de nos villes et a afiFaire à la partie la phis galeuse de nos sociétés modernes, est malheureusement souvent réduite à employer des instruments vils, et avec lesquels des hommes qui se respectent rougissent d'être en contact. Il lui eti difficile de se préserver complètement &e% effets fâcheux d'un pareil attouchement et de la. mésestime ou de la défiance qui en résultent naturellement. Ces sentiments paraissent d'autaut plus légitimes, que la police secrète, politique ou judiciaire, n'a jamais reculé devant l'emploi des moyens les pluS odieux, tels que la violation du secret des lettres, Fespionnage poursuivant l'homme Jusque dans ses relations intimes, la provocation ait crime (voy, l'article PaovoCATioN), l'exagération dans les rapports pour donner une plutf haute idée de son importance, etc., etc. Encore sous le ministère de M. de Tlllèle, en France, l'existence d*un cabinet noir à rhôtel des pos-* tes donnait lieu aux plus vives et aux plus Jus* tes réclamations; mais aujourd'hui, bien que l'antre de la police soit loin d'être suffisamment purifié, la civilisation et la morale publique ont fait justice de ces abus, radmlnisratioil renonce partout à des pratiques réprouvées paf les mœurs, et son entourage Immonde , réduit au personnel que Tétat des choses existant dans les villes rend encore indispensable, se ren« ferme dans la sphère où il est appelé & agir. Quelques États seulement du Nord et du MUA sont encore arriérés sous ce rapport.

En France ', la tâche de la police, qui est fa<« elle à remplir en province, est confiée, sous les ordres du ministre de l'intérieur, aux autorités municipales et départementales, c'est-fldire aux préfets, aux sous-préfets et aux maires, secondés par des commissaires de police dans les villes et dans les communes d'une certaine étendue; les gardes champêtres en sont lesagentf dans les campagnes. Les autorités militaires, la gendarmerie, la garde nationale, et, à défaut de celle-ci, les habitants, dans Tintérêt de leur propre sécurité, prêtent main-forte à la loi. A Paris,

I Ea Belgique, TorguiiMtioa de la potico ert U uAtam ^'ca Prancc, «t ee a'ett qu'elle reieortlt m Mlatet^e deU juitlce.

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où la trop grande inégalité des fortunes multiplie les attentats, où une agglomération excessive de population offre aux malfaiteurs la chance de soustraire leurs actions à la surveillance de Tautorité, on a senti le besoin de créer une administration spéciale.

La préfecture de police est chargée de la surveillance du département de la Seine, des commune de Saint-Cloud, Sèvres et Meudon et du marché de Poissy (Seine-et-Oise.) Ses attributions ont été réglées par divers arrêtés, à partir du 12 messidor an vui. Le magistrat mis à sa tète exerce ses fonctions sous Tautorité immédiate des ministres, et correspond directement avec eux pour ce qui concerne leurs départements respectifs. Le régime administratif et économique des prisons est confié à ses soins. Outre la direction du personnel de Tadministration centrale, aussi nombreux que celui d'un ministère, le préfet de police est chargé de celle de 70 commissaires de police répartis de la manière suivante : 49 dans les 13 arrondissements de Paris, 3 aux débarcadères des chemins de fèr de Saint-Germain, Versailles et Orléans, et 17 dans la banlieue. La surveillance des Tuileries est confiée à un commissaire de police spécial. Il y a encore un commissaire de police particulier près la Bourse; d'autres sont chargés des délégations judiciaires, de Tinterrogation des prévenus, des fonctions du ministère public près du tribunal de simple police, de la surveillance de rimprimerie et de la librairie, de Tinspection des poids et mesures, etc. Le préfet de police a ensuite sous ses ordres une quantité d'agents dits de la police active : les uns portent un uniforme et composent le corps nombreux des «ergents de ville; les autres n'agissent que dans l 'ombre : ce sont les brigades de sûreté, etc. En outre, an corps militaire spécial, la garde municipale de Paris, est mis sous ses ordres , ainsi que les sapeurs-pompiers^ Un conseil de salubrité, créé en 1803 et réorganisé en 1833, siège près de la préfecture de police. Ses attributions embrassent Thygiène publique.

Les tribunaux de police forment la première branche de la juridiction criminelle; ils se divisent en tribunaux de simple police ou de police municipale, et tribunaux de police correctionnelle. Les premiers connaissent, d'après les articeles 137 et 138 du Code d'instruction criminelle, de toutes les contraventions de police simple , qui peuvent donner lieu soit à 15 fr. d'amende ou au-dessous, soit à 5 jours de prison où au-dessous, qu'il y ait ou non confiscation des choses saisies et quelle qu'en soit la valeur.

Le tribunal, en statuant sur les condamnations, statue, par le même jugement, sur les demandes en restitution et en dommages-intérêts. Les juges de paix y président successivement. Les fonctions du ministère public y sont remplies par un commissaire de police. Le pouvoir des tribunaux de police correctionnelle s'étend sur tous les faits que la loi a qualifiés délits (ro/*. ce mot et Tbibviiaux).

On l'a vu, les attributions de la police sont nombreuses, ses fonctions sont pénibles, sa responsabilité est immense. Le législateur est donc toujours obligé de laisser à son action quelque chose d'arbitraire; mais il est du devoir du gouvernement de restreindre cet arbitraire autant que possible, et surtout de ne jamais confier des pouvoirs si étendus qu'à des hommes sûrs, et o£Prant des garanties de la plus haute moralité.

PoLicB D'ABHiB. La policc des armées n'a pas seulement pour objet de réprimer ou de punir. Elle veille aussi au maintien de l'ordre, à la sûreté individuelle, au bien-être des troupes. Cette police a encore pour but de garantir les habitants et leurs propriétés des atteintes des soldats enclins au pillage, au vol, à d'autres excès réprouvés par les lois du pays. Chez les Grecs, la police des armées était exercée par des magistrats nommés ad hoc, et qu'on renouvelait chaque année. Les fonctions de ces magistrats consistaient à faire respecter les lois militaires en vigueur, à assurer la subsistance des troupes et à veiller au maintien de la discipline. Chez les Romains, la police des camps et des armées était confiée aux consuls, aux édiles, aux préteurs, aux tribuns militaires, aux centumvirs, aux décemvtrs, etc. ; des licteurs et autres agents secondaires étaient chargés d'exécuter les ordres et les sentences consulaires. Sous les empereurs, les édiles furent remplacés par un corps de troupe de 1,000 hommes, et les prefectus vigilum eurent la haute police des villes et des camps. Lorsque les armées romaines occupaient un pays, elles avaient le plus grand respect pour la religion, les mœurs et les usages des vaincus. C'est à cet esprit disciplinaire qu'elles durent leurs triomphes , et souvent la paisible possession de leurs conquêtes. Pendant toute la durée du gouvernement féodal en France, les troupes s'organisèrent sans méthode et sans ordre. L'institution des commissaires des guerres, en 1355, contribua à ramener dans les camps la police et la discipline qui en étaient bannies depuis la fin du règne de Charlemagne. Ces administrateurs furent chargés de veiller à l'exécution des ordonnances

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et des règlement militaires. On établit plus tard une police régulière dans les places de guerre, dans les villes de garnison et aux armées. Les prévoie furent chargés de la sûreté publique, de connaître des crimes et délits commis par les ffens de guerre dans retendue de leur ressort ; de faire arrêter les vagabonds, les déserteurs, les filles publiques, les traînards, etc., etc. Les archers et la maréchaussée (gendarmerie) les secondaient dans toutes les opérations relatives à leurs fonctions. Aujourd*hui^ la gendarmerie remplit aux armées les mêmes fonctions que dans Hutérieur : elle est chargée de la surveillance des délits, de la poursuite et de rarresfation des coupables, de la police, du maintien de Tordre, etc. Les attributions du commandant de la gendarmerie d*une armée et du commandant de la gendarmerie d*une division embrassent tout ce qui est relatif aux crimes et délits commis; il prot^ent les habitants contre le pillage ou toute autre violence, surveillent Texécutlon des règlements relatif^ aux prohibitions de chasse et des Jeux de hasard, et écartent de Parmée les femmes de mauvaise vie. Dans les marches, la gendarmerie suit les colonnes, arrête les pillards et fait rejoindre les traînards. — Les services administralife, les corps de toute arme, les écoles militaires, les équipages, sont aussi soumis à des règlements particuliers de police. — La police des places de guerre est sous la responsabilité immédiate des commandants de place ; la police intérieure des corps, sous la surveillance des colonels. Enfin, la police d'une brigade, d*une division, d'une armée, sont également placés sous la garde des généraux qui en ont le commandement. — Ce que nous venons de dire de la police des armées s'applique également, avec plus ou moins de sévérité, ou avec des fermes analogues, aux armées de tous les pays de l'Europe. Sicabd.

POLICE (SALLB Dx). On réserve dans les casernes occupées par les troupes deux ou trois chambres particulières du rez-de-chaussée, dans le but d'y enfermer les sous-officiers et les soldats punis pour des fautes ordinaires contre la discipline. Os chambres prennent le nom de salles de po^ Oce ou de salles de discipline. Elles sont soumises à la police particulière des corps et sont placées sous la surveillance du commandant de la garde de police (garde du quartier de la caserne), qui en a les clefs. Les sous-officiers sont poois^de la salle de police pour des fautes de la dûdpUne Intérieure ; les caporaux et les soldats encourent la même peine lorsqu'ils manquent iox appels du soir, et pour mauvais propos, pour

désobéissance, querelle, ivresse , etc. Les salles de police des sous-officiers sont toujours séparées de celles des soldats. Les hommes auxquels cette punition est infligée ne sont dispensés d'aucun service militaire; ils assistent à toutes les classes d'instruction auxquelles ils sont attachés et reprennent leur punition au retour; ils reçoivent la nourriture ordinaire. Ils sont en outre exercés deux fois par jour, et pendant deux heures, au peloton dit de punition. Les soldats sont employés à toutes les corvées du quartier. Les salles de police n'ont pour tout ameublement qu'un lit de camp, garni de demifèurnitures de couchage, et quelques accessoires nécessaires aux besoins journaliers.— En route, les sous-officiers et les soldats punis de la salle de police marchent avec leur compagnie ou à la garde de police. Us reprennent leur punition en arrivant au gîte. En campagne, les hommes punis sont placés au poste avancé de la garde du camp (garde de police). Sicard.

POLICE SANITAIRE. C'est cette branche de la police générale qui s'occupe plus spécialement de l'hygiène des individus , et de l'étude des influences salubres et insalubres qui peuvent avoir des conséquences bienfaisantes ou nuisibles pour la société humaine. Le bien général n'étant^ dans un État, que la résultante du bien de chaque citoyen en particulier, c'est un des premiers devoirs de l'autorité de veiller à tout ce qui peut entretenir la santé publique, et d'éviter tout ce qui peut lui porter atteinte. Car l'agglomération des individus au sein des grands centres de population entraîne avec elle des inconvénients nombreux auxquels il est de son devoir le plus impérieux de porter remède.

Envisagée sous ce point de vue, la police sanitaire est aussi ancienne que Texistence même des sociétés. La religion des Hébreux et celle des Indous renferment de nombreuses pratiques qui n'ont évidemment yj^ d'autre but que la santé publique. A Athènes, des magistrats nommés agoranome^ étaient chargés de l'inspection des vivres. A Rome , des règlements qui datent de toutes les époques de son histoire, nous ont été conservés sur toutes les branches de la police sanitaire. La loi des XII Tables contient même une disposition qui défend l'inhumation des morts dans l'intérieur des villes. Nous lisons dans Yitruve que, dans les ventes de terrain destiné aux habitations, l'acquéreur était en droit d'annuler la vente s'il pouvait prouver que le fonds vendu était malsain {fundis pestilens).

La police sanitaire, malgré son importance, est cependant une des branches de l'administra-

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Uon publique qui eit le plui géoéralement négligée dans les États. Eu Angleterre, le soin de Texercer est remis, pour ainsi dire, aux e£Ports )ndmduels ou à ceux des sociétés particulières. In Fiance, ce D*est que depuis quelques années qu*on semble s^être fait une juste idée de son étendue. En Allemagne, elle a attiré d'une manière plus spéciale Tattention des gouvernements. Pour être comprise dans toutes ses applications, elle doit s'étendre non-seulement aux bommes, mais encore aux animaux.

Qccupons^nous d'abord des soins à donner à la santé des indi?iduSf Avant tout, U faut éloigner les causes du mal. Si pour prévenir le retour de ces maladies héréditaires qui se perpétuent de générations en générations, r^tat est presque sans ^rce et sans action, il n'en est pas de même pour les autres. La police sanitaire doit, en quelque sorte, prendre l'bomme au berceau, surtout en ce qui concerne les classes indigentes ou mises sous la main de la justice, et les enfants abandonnés, et veiller à ce que ces derniers reçoivent une éducation physique saine et vigoureuse, à ce que tous les enfants, sans exception , soient vaccinés ; elle peut encore prescrire certaines dispositions relatives au placement des asiles et écoles, à leur aérage , à leur construction, aux exercices auxquels les enfants doivent se livrer dans le jeune Hge,

Lorsque les maladies apparaissent, il faut les combattre parles moyens les plus puissants, a6n qu*eUes fiissent moins de victimes , et causent moins de tort à la société. l\ est donc nécessaire qu^il y ait dans chaque itat un personnel médical aussi capable que nombreux. Les institutions médicales doivent être convenablement organisées, et de manière à s'étendre sur tout le pays, afin que le remède soit placé è côté du mal. Il est donc utile que des examens sévères constat tant préalablement la capacité des candidats. Au nombre des moyens matériels que l'État doit créer, «fin de les avoir à la disposition des maladei et dis médecins, il faut placer en première ligne des pharmacies * des établissements de bains, des maisons d'aliénés, des eaux minérales qui peuvent appartenir soit à l'État, soit aux particuliers. La polioe des bains de rivière qui peuvent souvent aussi être considérés comme un moyen de guérison et surtout comme un moyen d'hygiène^ fait également partie de la police sanitaire.

Il y a deux cas principaux oii on ne peut se secourir soi-même: quand on est trop pauvre pour le faire, et dans les cas de maladies épidémiques où le mal est au-dessus de tous les efiForis indi-

viduels (m^. ÉFDtnit Gontamoh, Fittu jAoïfx, Ttpius, Choléiâ-Horbus, etc.). Alors U faut que, pour Tune et l'autre circonstance, TÉ* tat ait à lui des hôpitaux publics et gratuits pourvus d'un nombre suffisant de médecins, d'infirmiers, de lits ; qu'il ait des médecins deê pauvres dans les épidémies. Son devoir est aussi de constituer des commissions sanitaires pour veiller à la propreté des maisons, rechercher les causes du mal , et les diminuer au moins si on ne peut les détruire entièrement. Enfin , il se présente souvent des cas où la mort n^est qu*apparente : afin de prévenir les malheurs qui pourraient résulter de l'erreur involontaire ou de l'ignorance des individus , il existe partout des médecins des morts pour constater les décès, et même dans certains pays, dês maison* des morts, où ceux-ei sont déposés jusqu'à ce qu*oii soit bien certain que la vie les a e£^tivement abandonnés. Telle est la différence de ces établissements avec ceux qu'on nomme en France des morgues , et où l'on ne dépose que les individus réellement décédés, et provisoirement inconnus.

Les règlements relatife aux laxarets, aux quarantaines rentrent aussi dans la police sanitaire, mais ce n'est pas le lieu de nous en occuper ici. Gomme nous l'avons dit, on a peu fait en France pour la police sanitaire, surtout avant la révolution. L'ordonnance du 90 septembre 1S21 et la loi du 3 mars 1839 constituent, avec quelques ordonnances spéciales et interprétatives, à peu près toute la législation sur cette matière. En Allemagne, elle fait l'objet d'un grand nombre d*ouvrages importants parmi lesquels nous citerons : Frandc, Système comjM de police médicinale, Manbeim, etc. 1784-1895, 6 vol. in-8«; Niemann, Science de la police médicinale, Leipxig, 1829,

La police sanitaire, quand elle a pour but la sanléella conservation desanimaux, a aussi son importance. La première chose à faire, en cas d'épizootie, est d'éclairer et de rassurer les populations, et ensuite de forcer les individus à réunir leurs efforts pour combattre le mal. Les devoirs d'un gouvernement sont alors spécialement de créer et d'entretenir de bons instituts vétérinaires. Son action du reste est ici moins étendue ; car, comme presque tous les animaux domestiques sont destinés à mourir de mort violente, elle doit se borner aux mesures générales propres à empêcher la santé publique de se trouver compromise. Là Nourais.

POLICE D'ASSURANCE, rqy. ce mot et Gaabts Partis. — Oaus cette acceptioui le mot

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police, lynoBTiae de contrat, vient du latin pol- UcitatiOj promesse.

POLICHINELLE. Ce grotesque personnage n^est chez nous, malgré toute sa renommée populaire, qu*une importation de l*étranger, et son nom même une traduction du mot italien Pu/etnello, Naples est son pays originaire, Naples, plus fière du berceau de son PuloineUo que du toml)eau de Virgile, et qui al)andonnerait, pour assister à Tune de ses représentations, jusqu*à celle du fameui miracle annuel de saint Janvier. On connaît en e£fet Tanecdote de ce prédicateur napolitain qui, voyant Téglise et son sermon désertés par un auditoire empressé de courir aux bouffSonneries de Polichinelle, n*imagina rien de mieux que de s'écrier, en saisissant un crucifix, et le présentant au peuple : Ecco'il vero PulcU neUo t mot qui eût été impie chez nous, et qui n*était là qu'un moyen oratoire, qu'une sorte de pieux artifice pour retenir les chrétiens dans le temple. — Polichinelle, en venant s'établir en Trance, s'il n'y fut pas l'objet d'un engouement aussi exalté, n'y obtint pas du moins un succès moins durable, puisqu'il s'est prolongé jusqu'à nos jours , et nous survivra longtemps encore. Bès nos premières années nous avons tous fait connaissance avec Polichinelle, que l'on a mis dans nos mains en forme de jouet. Les premières impressions de l'enfance, toujours vives et profondes, ne nous laisseront plus oublier sa double hofte, son chapeau en tricorne, ses jambes disloquées, et son costume multicolore, comme celui d*Arieqain. — Un peu plus tard, nous avons assisté, dans les bras ou sous la garde de notre bonnêf à ces spectacles en plein vent donnés sur les trétaux élevés devant une baraque renfermant quelques expositions de curiosités. Nous avons ri, avec toute la naïveté, tout l'abandon du jeune Age, des burlesques débats de ce comique de bas étage, tantôt avec le chat de son maître, tantôt avec le commissaire ^ toujours assommé par lui, pour dénoûment obligé. Ce qui n'a pas moins txdté notre hilarité, c'est le son de voix grêle et criard que se procure, à l'aide d'une pratique (petit flMrceau de bois mince et sonore placé dam la bouche) , l'homme caché aux regards da public, qui est chargé de parler pour Polichinelle, car le prédécesseur de Moyeux n'est antre chose qu'une marionnette. — Polichindle ne borne pas là ses triomphes populaires, c'e^ aussi un acteur de première classe au théâtK enfantin des Ombreê- Chinoises. — Jadis, et lorsque les grands enfants ne rougissaient pas de s'amuser ouvertement à des spec- Cadcs de maxioiiiiettes, il fut aussi le comique

principal dn Théâtre de ta Foire, Futelfer, d'Omeval, etc., composèrent un assez grand nombre de pièces où figurait son nom, et Polichinelle, chez les forains, comme plus tard jérle* quin au Vaudeville, devint le parodiste habituel des héros des tragédies et opéras nouveaux. — De nos jours, le malin bossu a compté encore un grand succès dramatique. Grâce au mime Mazurier, dont la désinvoUure, la facilité à disloquer en quelque sorte tous ses membres, égalaient, surpassaient même ceux du Polichinelle mécanique, Polichinelle -f^ampire fit courir tout Paris à la Porte-Saint-Hartin. — Plus d'une fois aussi, ce burlesque personnage Tint égayer les théâtres de société, où des amateurs surent reproduire ses manières, son langage et son bizarre organe. Un auteur, plus connu dans le dernier siècle que dans le nôtre, et qui avait plus d'imagination que de style, le conteur Gueulette, se distingua surtout par cette imitation fidèle t elle devint l'occasion d'une aventure qui Ait plus gaie pour ceux qui en furent témoins que pour lui. Un jour, la pratique dont il feisait usage pour changer le timbre de sa voix tomba dans sa gorge, et s'y arrêta de manière à intercepter presque entièrement la respiration. Tous ses efforts et les tentatives des assistants n'ayant pu Reloger ce dangereux hôte, et Gueulette paraissant au moment d'étoufi^er, on courut chercher un chirurgien et un prêtre. Celui-ci arriva le premier, et, déjà assez scandalisé de trouver le malade en costume bouffon, son indignation fut au comble quand ce dernier lui adressa péniblement quelques paroles avec ce son de voix polichinélique produit nécessairement par le maudit instrument. Persuadé, malgré les explications qu'on cherchait à lui donner, que l'on voulait se moquer de lui et de son saint ministère, l'ecclésiastique se retira à l'instant Heu^ reusement, le chirurgien arriva à son tour, et sauva le pauvre Gueulette de cette strangulation involontaire. •— La popularité de Polichinelle a, depuis longtemps, fait aussi de sa physionomie, son allure et son costume grotesques, un des travestissements en faveur dans nos bals masqués, et pourtant n'est pas qui veut à la hauteur de ce personnage. Si , de tout temps , l'esprit a été reconnu comme le partage des bossus, combien n'en faut-il pas pour répondre à tout ce que doit promettre en ce genre la double bosse de cet enfant du sol napolitain? — Le nom de Po* lichinelle s'applique aussi assez communémeni parmi nous, soit, par analogie, aux individUg contrefait, soit, métaphoriquement, à ces geug qui, de même qu'il n'y a rien de ferme, de bien

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ordonné dans ses mouvements, n*oni aucune fixité dans leur conduite ou dans leurs opinions, et sont, à son exemple, toujours prêts à plier ou à suivre la direction qu*on leur imprime. Sous ce dernier rapport, de combien de gens Polichinelle est le patron, ou le type, comme on dit plus volontiers aujourd'hui ! — On appelle secret de Polichinelle ce qui est public, ce que tout le monde sait. Ocrbt.

POLIGNAC (familli de). Elle tire son nom d'un château féodal bâti au v« siècle sur un rocIkt des Géven nés, près du Puy-en-Yelay (Haute- Loire), à la place d'un temple d*Apollon qui l'aura it fait appeler, suivant certains généalogistes, caslel ^//o///an}'9tte^ dont par corruption on aurait fait Polignac. Sidoine-Apollinaire, l«r comte d'Auvergne (lib. IF y epist, 6), signale le château de Polignac comme sa maison paternelle.

Jusqu'au ix» siècle, l'histoire et les chartes sont muettes sur les vicomtes de Polignac; mais à l'an 870, il est fait mention d'un Hérimand ou Armaud, qui maintint son frère Vital sur le siège épiscopal du Velay, malgré le comte d'Auvergne. De ce moment on peut suivre la famille jusqu'à ce que l'un de ses membres, mourant (1385) sans laisser d'enfant mâle, unit sa fille à Guillaume, sire de Cbalançon, à condition que les enfants qui proviendraient de ce mariage prendraient le nom et les armes des Polignac. Cette noble race retomba alors dans une complète obscurité, et n*en sortit qu'à la mort d'AR- MAFTD XVI qui, après s'être marié trois fois, laissa, de sa dernière épouse, Jacqueline de Crimoard de Beauvoir du Roure, deux fils, Scipion- SiDoiiiE-APOLLiifAiRB-GASPARO, premier marquis de Polignac, lieutenant général des armées du roi et gouverneur du Puy, mort à Paris en 1739; et Melchiok , cardinal de Polignac , dont la vie mérite de fixer un instant notre attention.

Né le 11 oct. 1661 au château de la Ronte près du Puy, il fit des études brillantes au collège des jésuites. Destiné aux dignités ecclésiastiques, il parut avec éclat sur les bancs de la Sorbonne. Le talent qu'il y déploya lui valut l'estime du cardinal de Bouillon , qui l'emmena à Rome et le choisit pour son conclaviste lors de l'élection du pape Alexandre VIII. Là il parvint à se faire estimer du souverain pontife, et contribua à aplanir les difficultés qui divisaient la cour de Versailles et le Vatican. Louis XIV, qui avait pu reconnaître sa pénétration, résolut de l'envoyer à Varsovie avec le titre d'ambassadeur extraordinaire. Sobieski régnait alors en Pologne ; à sa mort, l'abbé de Polignac parvint (1696) à foire élire pour roi le prince de Conti, que sa

lenteur seule à arriver priva d*un trône qu^une faction opposée réussit à lui ravir. L'abbé, puni des fautes commises par celui qu'il avait servi avec autant de zèle que de talent, fut rappelé, et invité par Louis XIV à se retirer dans son abbaye de Bonport, où il devait rester jusqu'à nouvel ordre. Il obéit en dissimulant son chagrin, et honora son eitfl par la composition d'un poëme latin qui, aujourd'hui oublié, a cependant plus illustré son nom que toutes les dignités dont il fut revêtu.

L'abbé de Polignac, en revenant par Rotterdam, avait eu plusieurs conférences avec Bayle, qui, dans ses discussions, citait toujours des vers de Lucrèce. Ce fut alors que l'idée lui vint de consacrer ses loisirs forcés à la composition d'un poème dans lequel il réfuterait le philosophe latin dans sa propre langue. Son exil dura quatre années. Il reparut à la cour avec éclat. Sa réputation littéraire avait franchi les limites de son abbaye ; on parlait avec enthousiasme de son Anti' Lucrèce ; il fut de mode d'en entendre la lecture dans les salons ; le duc de Bourgogne, l'héritier du trône, en fit une version française qui fut montrée à Louis XIV ; et, Bossuet ayant été ravi à la France, l'abbé de Polignac eut rhonneur d'être appelé à sa place au sein de l'Académie française. Les yeux étaient fixés sur lui ; le roi, en 1706, l'envoya à Rome. U s*y concilia bientôt l'amitié de Clément XI, et, grand amateur de chef^-d'œuvre archéologiques, il y profita de ses trois années de résidence pour commencer une rare collection de médailles, de statues et d'antiquités.

En 1710, l'abbé de Polignac fut chargé de traiter à Gertruydenberg avec les plénipotentiaires hollandais ; il reparut au congrès d'Utrecht, et il eut une grande part à la conclusion de la paix. En récompense, il fut promu au cardinalat et pourvu de plusieurs abbayes. Sa conduite fut prudente dans les discussions survenues au sujet de la célèbre bulle Unigenitus; elle le fut beaucoup moins dans ses efforts pour faire exclure de l'Académie française le vertueux abbé de Saint-Pierre. Bientôt après éclata ce qu*on appelle la conjuration de Cellamare. Louis XIV était mort. Le cardinal de Polignac , lié avec la duchesse du Maine, qui était l'âme de ce complot, fut exilé à son abbaye d'Anchin, et pendant ce nouvel exil, qui dura deux ans, il reprit son ,AnH'Lucrèce. A son retour, il fut agrégé à TAcadémie des sciences et à celle des inscriptions et belles-lettres. Puis, à la mort du pape Innocent XIII, en 1734, il se rendit à Rome et concourut à l'élection du pape Benoit XIII* Le roi

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Lools xy, satisfit de ses serrices, le nomma ambassadeur auprès du saint-siége. Là, il forma le projet de détourner le cours du Tibre pour chercher dans son lit des bronzes et des marbres mutilés. Ce projet avorta faute d*appui. Le cardinal de Polignac mit un terme aux différends suscités par la bulle Unfgenitus, et fut honoré de Teslime du nouveau pontife Clément XIL Cependant il sollicita son rappel, en 1733, et revint en France après avoir rempli durant 8 ans les fbnctions d^ambassadeur. Il avait été nommé archevêque d^Auch en 1726, et commandeur des ordres du roi deux ans après. Mais, à son retour, il n*eut point entrée au conseil et ne fut pas nommé ministre d*État; son mérite portait ombrage à ses ennemis. Rendu à la vie privée, il i*occupa de vers latins, de physique, d'histoire naturelle, d^antiquités, et mourut le SO nov. 1741. Son poème ne fut imprimé que longtemps après sa mort, par les soins de Tabbé de Rothelin et de Lebeau, sous le titre de Anti-Lucretius, tive de Deo et naiurâ libri IX (Paris, 1747, 2 voL in-8o). p. j. de Bougainville en a donné une traduction estimable (Paris, 1749, 2 vol. ni-8*, plusieurs f6is réimpr.); on en possède une autre de Tabbé Bérardier de Bataut (Paris, 1786, 2 voL in-12).

Le frère aîné du cardinal, héritier des titres de la femiUa^ épousa en secondes noces Françoise, fille du comte de Mailly, et en eut trois fils : Hilchior-Abiaiid, Faaiiçois-Camille et Locis-Duns-AOGDSTB. Melchior-Armand IVII prit, comme son père, le titre de marquis de Polignac, et devint, en 1738, colonel du régiment Dauphin cavalerie, dont il se démit peu données après. Il épousa Diane-Adélaïde Zéphirine de Mancinl, dont il eut plusieurs enfants. Sa vie flut obscure et heureuse; il ne laissa qu'une fortune médiocre.

L'alné de ses fils, Jules, comte et depuis duc de Polignac ', épousa, en 1767, Gabrielle-Tolande- Qande-MartioedePolastron, qui devint Tintime amie de la reine Marie-Antoinette , ce qui lui Talut de hautes faveurs. Cette épouse chérie à laquelle il survécut, lui avait été accordée à Page de 17 ans. Elle passa les huit premières années de son union à sa terre de Claye en Brie, Tooée à ses devoirs de femme et de mère. Mais la comtesse Diaiii, sœur ainée de son mari, ayant été nommée dame d'honneur de M«' Elisabeth, attira sa belle-sœur à la cour. Sa figure enchanteresse fixa les regards de la reine; son esprit lui plut; son caractère acheva de la subju-

* CcM «• 1780 «}mU vkonté a« PoUgmc fut érigée en dncbé.

guer : Marie-Antoinette la choisit pour amie, et eut dès lors une société particulière qui, réunie dans le salon de M»* de Polignac, fut bientôt le sujet de nombreuses médisances. Néanmoins la faveur de cette dernière allait toujours croissant. Sa maison était devenue celle de Marie-Antoinette, a Chez vous , mon amie, lui disait cette princesse, je ne suis plus la reine, je suis moi. » Il fallut couvrir ce surcroit de dépense : de là des faveurs que Fenvie se plut à exagérer. Elle reçut enfin la place de gouvernante des enfants de France. Mais bientôt la reine, tremblant pour son amie contre laquelle grondait la haihe du peuple, la conjura de fuir; elle obéit en pleurant et quitta la France en juillet 1789, avec le duc de Polignac, la comtesse Diane sa belle-sœur, la duchesse de Guiche sa fille, le comte d*Artois, le prince de Condé et leurs enfants ; mais elle ne put survivre à cette cruelle séparation et aux nouvelles affreuses qui vinrent Taccabler dans sa retraite. Sa santé, déjà chancelante , devint déplorable après la mort de Louis XYI. Ouand elle apprit celle de la reine, elle se sentit frappée du coup qui Tavait privée de cette auguste amie ; et pourtant elle ne connut jamais le sort afi^reux de cette princesse. Elle mourut de douleur moins de deux mois après, le 9 décembre 1793, à Tâge de 44 ans. Ses restes reposent à Vienne. Elle n'a point laissé de Mémoires comme on l'a dit; mais sa bellesœur a fait imprimer sur elle une notice curieuse.

Le duc de Polignac avait trois fils, Abmand- Jdles-Mabie-Héraclius, né à Paris, le 17 janvier 1771 ; Acgcste-Jcles-Abmand-Mabie, né à Paris, le 14 mai 1780;CAMiLLE-HEifRi-MELCHiOB, né le 27* décembre 1781 ; et une fille, la duchesse de Guiché. L'alné avait épousé une riche Hollandaise de Batavia, ruinée depuis par la révolution. Catherine II leur offrit un asile dans ses États et des terres considérables dans l'Ukraine. Ils se félicitèrent d'échapper dans cette solitude aux orages politiques, et leur position fut un peu améliorée lorsque Paul l»' leur fit don d'une terre dans laLithuanie; l'empereur Alexandre accrut encore ce domaine et conféra des lettres de naturalisation au proscrit et à ses enfants.

En 1802, après les événements qui rendaient la paix à la France, la comtesse Armand résolut d'aller essayer de recouvrer à Paris , auprès de son père, quelques débris de son immense fortune. Il lui fallut, pour exécuter ce projet, se séparer de son époux, compris dans les restrictions du décret d'amnistie relatif aux émigrés. lia duchesse de Guiche partit pour l'Angleterre.

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Parente et amie de la duchesse de Deronshire, elle voulait lui présenter sa fille , que la noble Anglaise promeltait de doter magnifiquement. Ses frères qui raccompagnaient, allaient oflPrir leurs hommages aux Bourbons exilés. Ceux-ci crurent que le mouvement monarchique que Napoléon imprimait à la France pouvait être intercepté en leur foveur. Ils expédièrent à Joséphine la duchesse de Guiche, dont la mission échoua complètement : ordre lui fut intimé de quitter la France. Elle retourna à Londres, et, dans un voyage qu^elle fit presque aussitôt à Edimbourg avec ses frères, elle eut la douleur de voir sa fille brûler dans une auberge. Ellemême mourut des suites de ce cruel événement. Ses deux frères Armand et Jules furent envoyés en France, à leur tour, et se virent compromis dans la fameuse conjuration dont Pichegru était le chef et George Cadoudal Tun des instruments les plus actifs. Leur procès fut remarquable par une lutte de dévouement fraternel dans laquelle chacun d'eux plaida la cause de Tautre aux dépens de la sienne. « Mon frère est Jeune et sans expérience, disait Armand ; c*est moi qui Tai entraîné ; s*il y a un coupable, c*est moi qui le suis, et il ne doit pas en être la victime. — - Je suis seul, sans fortune, sans état, disait le comte Jules, et mon frère est marié. Ne livrez pas au désespoir son intéressante épouse ; que je sois frappé, et non pas lui. » Le 9 Juin 1804, à 4 heures du matin, Armand fut condamné à mort. Sa femme alla se jeter aux pieds de Bonaparte qui, touché de sa douleur et des larmes de Joséphine, commua la peine en une détention Jusqu'à la paix, suivie de la déportation. Jules avait été condamné à deux années d'emprisonnement; mais il fut ensuite retenu arbitrairement comme prisonnier d'État. Enfermé d'abord au château de Ham, puis à la prison du Temple, ensuite à Yincennes, ils obtinrent, lors du mariage de Marie-Louise, en 1810, leur translation dans une maison de santé. Là , ils connurent le général Malet ; mais la part qu'on les soupçonna d'avoir prise à sa conspiration ne fut pas suffisamment prouvée. Lorsque les armées alliées entrèrent en France, les deux frères s'évadèrent, et, en janvier 1814, rejoignirent le comte d'Artois à Vesoul. Ils pénétrèrent dans Paris quelques jours avant la capitulation et y arborèrent le drapeau blanc, le 51 mars 1814. Armand fut élu l'année suivante membre de la chambre des députés par le département de la Haute-Loire. Louis XYIII le nomma maréchal de camp et le décora de ses ordres. Choisi par le comte d'Artois pour son aide de camp, il remplit les mêmes fonctîonf

près de ce prince devenu Charles X, et, )^ la mort du duc de Polignac son père, décédé en Russie le 31 septembre 1817, il prit son titre et son siège héréditaire à la chambre des pairs.

Jules, crame son frère, fut décoré des ordres du roi, et nommé maréchal de camp. Tour à tour commissaire extraordinaire à Toulouse, ministre plénipotentiaire à la cour de Bavière où il ne se rendit point, et envoyéauprèsdu saint-père, il suivit les Bourbons à Gand, et reçut de Louis XYIII, à son retour, des pouvoirs pour pacifier le Dauphiné et la Provence. Nommé pair de France, le 17 mars 1816, il refusa de prêter le serment exigé, parce qu'il lui paraissait blesser les intérêts de la religion. Ce n'était pas l'opinion de Louis XYIII, qui en référa au pape, lequel leva les scrupules du comte, et le créa, en 1890, prince romain. En 1833, il fut nommé à l'ambassade de Londres. Il avait épousé miss Campbell, en 1816; devenu veuf, il se remaria, en 1835, à M"» la marquise de Choiseul, fille de lord Rancliffè.

Le comte Melchior, 8« frère des Polignac, avait quitté la France avec ses parents, encore teut Jeune, au commencement de la révolution; il avait fait ses études en Autriche, en Russie, et avait résidé en Angleterre Jusqu'à la première restauration. Colonel aide dé camp du duc d'Angoulême, il le suivit dans le Midi loc^ de sa campagne contre les troupes napoléoniennes, et s'embarqua avec le prince pour l'Espagne. Il était eu 1830 maréchal de camp, gentilhomme d'honneur du Dauphin et gouverneur de Fontainebleau.

Mais déjà la branche aînée des Bourbons que ses fautes et ses malheurs n'avalent pu éclairer, s'acheminait à grands pas vers sa perte. Le ministère conciliant du vicomte de Martignac avait été un point d'arrêt dans cette voie funeste de réaction. Le 8 août 1839, le prince de Polignac, malgré son extrême impopularité, fut appelé au ministère des affiiires étrangères, et nommé président du conseil des ministres. On connaît les fautes de ce ministère trop dévoué; mais d'un autre côté, la conquête d'Alger eut lieu sous son administration. A l'ombre de cette gloire, il osa promulguer les funestes ordonnances qui appelèrent la France aux armes contre un gouvernement parjure (iK>r* Tarticle Juillet 1830). Quand Charles X, renversé du trône, eut pris la route de l'exil, le prince de Polignac se sépara de lui avec les autres ministres. Arrêté à Granville, le 15 août 1830, et transféré à Saint-Lô, il faillit y être massacré par la multitude. Bientôt eurent lieu sa translation à Yinoennei et ton

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lugement. H accepta pour défenseur, detant la chambre des pairs, ce même vicomte de Hartignac dont il avait causé la disgrâce, et qui prononça en sa faveur un plaidoyer remarquable. Principal accusé, il fut condamné, pm arrêt du 31 décembre, â la prison perpétuelle, déclaré déchu de ses titres, grades et ordres, et mort civilement. M. de Polignac revit alors le château de Ham, et y resta avec ses trois collègues, jusqu^à ce que Tordonnance d'amnistie du âO novembre 1856 lui rendit la liberté. Il alla alors fixer sa résidence en Angleterre. Quelque temps après il rentra dans sa patrie, quUl vient de quitter de nouveau pour se fixer en Aile* magne, E. »b MoNGLiivi.

POLISSAGE. (Technologie,) Le but de cette epération est de faire disparaître les traces que les limes, marteaux ou autres outils laissent sur les produits qu'ils ont servi à préparer ou à confectionner. Dans beaucoup de professions, rouvrier polit lui-même son ouvrage, mais dans Torfévrerie le polissage constitue une industrie spéciale.

Lei matières que Ton emploie au polissage varient suivant la dureté des objets que Ton veut polir.: ainsi, le diamant et les autres pierres dures se polissent avec de la poussière de diamant; racier, les métaux, les marbres et les granits avec certaines poudres comme Témeri, le trjpoli, etc. ; enfin les matières moins dures, telles que la corne, Técaille, Tivoire, Tos, Talbâtre, le bois, se traitent par la presle ', la pierre ponce, le verre pilé, etc. ; Tor et l'argent se polissent en les frottant avec un corps dur et uni, et cela s'appelle brunir, Cabiiiis.

POLITESSE. Des synonymistes ont établi entre la civilité, l'honnêteté et la politesse des distinctions plus ou moins délicates, plus ou moins ingénieuses. U y a quelquefois de la sagacité, de Fesprit d'observation, souvent aussi de la subtilité dans ces diverses appréciations. A ce sujet on a mis trop généralement le fait à la place du droit; oo a dit trop souvent ce que sont chez beaucoup de gens la politesse et la civilité, presque jamais ce qu'elles devraient être ; en un moi, on a fait de la satire , mais non de la morale, de cette morale directe ^ui doit être la charte des devoirs de l'homme né pour la société. Cest surtout aux époques de révolution , alors qu'il y a confusion entre tous les rangs, ambition dans tous les' esprits, alors que chacun prétend être l'égal de ses supérieurs et le supérieur

de ses égaux , c*Mt alors, dis-je, quHl eonWent

au moraliste, témoin de ces désordres, de réclamer contre l'oubli que l'on fait de la politesse dans la plupart des écoles, grandes et petites, et d'essayer de la relever du rôle accessoire et parfois déplorable qu'on lui fait jouer dans le monde. Il est utile de rappeler que la politesse n'est ni un masque ni un déguisement dont on doive se parer dans certaines circonstances ; elle ne doit pas être considérée comme une comédie, sans quoi il faudrait se résoudre à ne voir s'élever que des générations de saltimbanques et de fripons. Elle est au contraire l'âme de la vie sociale; et en vérité on ne s'en douterait guère au train dont vont les choses. Pénétrez dans les collèges, dans le plus grand nombre des institutions, même dans les classes primaires, vous serez étonné du zèle que les maîtres apportent à instruire leurs jeunes élèves ; vous serez frappé de l'appareil scientifique étalé à vos regards : langues anciennes et modernes, histoire, géographie , sciences physiques et mathématiques, arts libéraux ou arts d'agrément; vous verrez que rien n'est omis,;rien, que cette science, l'une des plus essentielles de ce monde, celle qui apprend à l'homme né pour la société â vivre dans cette société, pour cette société. Enfin, vous reconnaîtrez avec stupeur que, de nos jours, dans l'enseignement, tout est pourTesprit, rien pour le cœur; que si le domaine des talents et du savoir est en pleine culture , d'un autre côté , le champ des vertus publiques et privées est presque totalement en friche ; qu'en d'autres termes, l'instruction est en honneur partout, l'éducation nulle part , du moins comparativement. Certes, sans faire le prophète de malheur, sans abonder dans le sens de l'éloquent paradoxe de J. J. Rousseau (car il ne faut point oublier l'adage : est modua in rébus), on ne peut disconvenir qu'une pareille tendance ne soit alarmante pour l'avenir. — Ceci me ramène à mon sujet. Quelle est l'importance de 4a politesse ? Beaucoup de gens la font consister uniquement dans la connaissance et dans la pratique de certains usages, de certaines façons de parler et d'agir; ils ne veulent voir que la superficie ; allons au fond. Et d'abord, laissons là les distinctions qu'une investigation minitieuse a signalées entre la civilité, l'honnêteté et la politesse. A notre sentiment, toutes trois se tiennent par la main comme les trois grâces de l'antique mythologie, et ne forment ensemble qu'un seul groupe ravissant de

• en Mirrc In cootoor». On U coup* p«r prtlu boutt qa*OD \tAêf tnmfm êftè$ «voir MpprM Iom k* «««d*.

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perfection et d*harmonie. Par civilité, nous entendons la pratique de tous les égards , soit en actions, soit en paroles, que les hommes doivent à leurs semblables dans la société. Cette civilité, qui n*est pas un vain mot, est essentiellement utile aux hommes, en ce qu^elle resserre les liens de la famille, puis ceux de la société par des façons d*agir et de parler qui produisent Teslime, Paffection, la bonne intelligence. Tordre et la paix entre ceux qui les composent. Elle prend sa source dans les sentiments d*un bon cœur ; c*est elle qui nous inspire du respect pour nos supérieurs, de la bienveillance pour nos égaux, de Tindulgence pour nos inférieurs. Bien plus, Tautorité de la religion vient lui prêter son assistance; car la véritable civilité, telle que nous la comprenons, n^est autre chose que cette charité toute fraternelle que nous recommande TÉvangile : « Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu*on vous fit; faitesleur ce que vous voudriez qu^on vous fit à vousmême. » Tel doit être le motif ou le point de départ de tout acte de civilité. Gela posé, nous dirons que la civilité, que Montesquieu regardait comme « une barrière que les hommes mettent entre eux pour s^empêcher de se corrompre, • embrasse Thonnêteté, qu*on ne saurait séparer de la bienséance , comme Ta dit Cicéron, et la politesse, qui est à regard des hommes ce qu'est le culte public par rapport à la Divinité. Il est facile de saisir les intimes rapports, je dirai plus, Tidentité, Tunité de ces trois qualités ; elles n*en forment eu effet qu'une seule sous trois appellations différentes qui lui conviennent également ; et nous allons faire voir que la politesse, comme elle devrait être entendue, renferme les deux autres. — On ne parle ordinairement que de la politesse des manières; mais n'y a-t-il pas aussi la politesse des mœurs? La première ne doit-elle pas être l'expression fidèle de la seconde? N'importd-il pas à la société que les manières polies des hommes ne soient que leurs sentiments mis en action? El ne suit-il pas de là que le meilleur moyen de réformer, de polir son extérieur, est d« commencer par réformer, polir en quelque façon l'intérieur même? Voilà donc la politesse des mœurs, c'ett-à-dire l'éducation morale considérée comme fondement de la politesse des manières. Toutes deux doivent présider ensemble à l'éducation sociale. C'est leur réunion qui fait qu'on est en même temps honnête homme et homme honnête. Or, l'honnête homme est celui qui ne se permet rien de contraire aux lois de la vertu , et dont toutes les intentions sont pures, même lorsqu'il se trompe ; l'homme hon-

nête est celui qui observe les préceptes de la politesse. Mais ce dernier n'est qu'un jongleur s'il n'a pas la politesse des mœurs. L'honnête homme, sans la politesse des manières, ne cesse pas d'être estimableymais il court risque d'être jugé défovorablement, d'après les apparences. « Avec de la vertu, de la capacité et une bonne conduite, dit la Bruyère, on peut être insupportable. Les manières, que l'on néglige comme de petites choses, sont souvent ce qui fait que les hommes décident de vous en bien ou en mal. » Il est donc du plus haut intérêt que cette double politesse, dont l'une doit être la conséquence de l'autre, occupe quelque peu l'attention des autorités chargées de veiller à l'éducation des générations naissantes. « Tout devoir, dit Cicéron, qui se rapporte au maintien de la société humaine, est préférable à celui qui n'a pour objet que la science et l'instruction. » II serait honteux pour la France qu'elle perdit à la fin cette ancienne réputation d'exquise politesse qui l'avait placée à la tête de la civilisalion européenne. Ne s'aperçoit-on donc pas du peu d'égards, pour ne pas dire du mépris, que montre la jeunesse actuelle pour toutes les hiérarchies ? La supériorité même de l'âge, la vieillesse , si sacrée autrefois pour les républicains de Lacédémone, n'est plus respectée aujourd'hui. On ne sent partout qu'un égotsme, une outrecuidance, une familiarité presque dédaigneuse, un laisser aller sans façon, qui font insulte aux distinctions sociales si sagement établies en faveur des services-rendus au pays , du mérite réel , des fonctions publiques, des cheveux blancs. Aujourd'hui , personne ne pourrait les démentir ; il y aurait souvent lieu de citer des anecdotes semblables à celle-ci, Dn jour, un importun, connu pour sa familiarité choquante, ayant dit à un grand personnage, en l'abordant : « Bonjour, mon amf, comment te portes-tu ?» il n'en reçut que*cette réponse justement humiliante : « Bonjour, mon ami, comment t'appelles-tu? » Si, de nos jouts, tant d'individus se mettent dans le cas de mériter de semblables réponses ou d'antres encore plus mortifiantes, ce n*est pas sur eux seuls que doit retomber le blâme. Ce sont-là les fruits amers de l'instruction qui n'est ias greffée sur une bonne éducation. La politesse des mœurs manque; avec elle, la politesse des manières; celle-ci se retrouve encore dans les antichambres du pouvoir; elle est à l'usage des ambitieux et des solliciteurs; mais ce n'est là que le semblant de la politesse, c'est l'hommage intéressé d'une vile et cupide bassesse. La véritable politesse ne regarde comme vraiment utile que ce qui est

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bonnète; elle veut que nous subordonnions notre intérél personnel à celui des autres, que nous soyons empressés à rendre à chacun ce que nous lui devons d'égards, que nous ayons de la bonté dans nos sentiments, de la sincérité, de la douceur, de la modestie dans nos formes. « La bienveillance produit la bienveillance, disait Sophocle. » Cesi par la bonté, par la délicatesse dans les procédés, que Ton gagne les cœurs, et la délicatesse est la grâce de la bonté. Voilà comme se manifeste Theureuse politesse qui ferait le charme de la société, cette grande famille des hommes. Elle est une importante partie de h morale; elle confond ensemble Thonnêteté et la vertu, et la bonne grâce qu'elle procure est uo reflet de la perfection réelle de Tâme. Fox* 1^^ mots Civilité, HoRRÈTETt. J. B. J. dbChantal.

POLITIEN (Angi). Anoelo, surnommé Politiano, TuD des restaurateurs des lettres au xv« siècle, naquit, le 14 juillet 1454, à Monte Palciano, en Toscane. C'est du nom de cette ville, appelée en latin Mons Policianus, qu'il fonna celui sous lequel il est particulièrement connu. Son véritable nom est assez difficile à déterminer. Les uns disent qu'il s'appelait ^aMt^ d'autres Cini, suivant d'autres enfin Ambrofini. Quoique peu riche, son père l'envoya de bonne heure aux écoles de Florence, où ses progrès sous Cristoforo Landino, Andronic de Tbessalonique, Marsile Eicin et Jean Argyropoolo, furent très-rapides. Un poème, dans lequel il célébra une joute où Julien de Médicis avait remporté le prix, fit tout d'un coup sa ré-* patation; il renonça néanmoins à la poésie pour se livrer entièrement à des travaux scientifiques qu'il regardait comme plus dignes d'un esprit élevé. Laurent de Médicis, qui l'honora de son anilié, lui confia l'éducation de ses enfants, dont l'un monta depuis sur le siège pontifical .ions le nom de Léon X. Entouré de tous les trésors que son protecteur se plaisait à rassembler à Florence, Politien se livra tout entier à son goût pour rétude de l'antiquité, et employa Térudilion qu'il acquit à éclaircir et rétablir les anciens textes. Ses Mélanges (Flor., 1489, infol.), ouvrage qui eut beaucoup de succès, mais qui lui attira une querelle littéraire avec Merula, ^èbre professeur de Milan, prouvent, ainsi que ses commentaires sur les auteurs latins qui ont écrit sur l'agriculture, combien il avait poussé lom ses études archéologiques ; cependant il a rendu son nom plus illustre encore par ses recherches historiques et critiques sur le droit romain. Nous avons de lui un grand nombre de poésie* iatinet, des élégies, des odes, des épi-

grammes, qui se font remarquer par une diction pleine de douceur et de facilité; une traduction élégante de Théocrite et de Callimaque; plusieurs morceaux de poésie italienne (dernière éd., Venise, 1819); un drame, intitulé Orphée {ibid., 1776, in-4'>), qu'il composa en deuxjours; des chansons, des chansonnettes, des ballades, etc., qui se distinguent par l'élégance du style et la richesse des idées. On regarde comme un modèle d'exposition historique et de pure latinité son Histoire de la conjuration des Pa««« (Flor. 1478, in-4oj Naples, 1769, in-4o); mais il était trop lié avec les Médicis pour pouvoir être impartial. Lorsque Florence envoya complimenter Innocent YIII à son avènement au trône pontifical, Politien, qui faisait partie de l'ambassade, fut accueilli avec la plus grande bienveillance par le nouveau pape, qui l'engagea à entreprendre une traduction d*flérodien. Ses traductions d'Homère et des apborismes d'Hippocrate ne sont point arrivées jusqu'à nous. Ses talents lui ayant mérité la chaire de professeur des langues grecque et latine au Lycée de Florence, il la remplit avec tant de distinction qu'on lui envoya des disciples de toutes les parties de l'Europe : aussi compta-t-il parmi ses élèves les savants les plus remarquables de son siècle. Sa gloire, non moins sans doute que son humeur caustique et la rudesse de ses mœurs, lui attira beaucoup d'ennemis. Il est mort le 24 sept. 1494, sans que la cause de sa maladie soit bien connue. Paul Jove a composé une notice sur la vie et les travaux de Politien, dans laquelle on a relevé plusieurs inexactitudes; on peut consulter en outre son article dans l'ouvrage de Bayle; mistoria vitcB inque litteras meritorum Angeli Politiani, de Mencke (Leipzig, 1738, in-4o); et La vita di Jng, Polixiano, de Serassi, publiée à la tète d'une édit. des Stanze (Bergame, 1747) et souvent réimprimée. Corv. Lex. mod.

POLITIQUE. Le nom que l'on donne à cette science vient du mot grec nôXtç, ville ou cité : il veut donc dire, dans son acception primitive, l'art de gouverner une cité. Suivant Baunou, la politique est tout à la fois une puissance, une science et un art. Comme puissance, son histoire se confond avec celle des empires ; comme science, elle offre un système de faits généraux à recueillir dans cette même histoire; comme art, elle doit consister en préceptes, en i^Vatiques, dont la source est encore la même. « La question, ajoute ce grave historien, est de savoir si cet art ne sera qu'artifice; si ces préceptes n'exprimeront que les intérêts immédiats et personnels des gouvernants, s'il ne s'agit que d'un

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fimple jeu entre les dépositaires, les agents et les sujets du pouvoir; que des expédients, des astuces, des tours d*adresse par lesquels on peut le conquérir, le conseryer, retendre; ou bien si, fondées sur Tintérét de la société entière, et par conséquent sur les yéritables intérêts des gouvernants eux-mêmes, les règles de cet art se confondent avec celles de la morale et n'ad-* mettent d^autre prudence que celle qui se concilie avec la justice et rhumanité. » (Ck>urê d'éiiêdes historiques, t. II, p. 169.)

Il est évident que la base de la politique ou art social doit être, ainsi que Ta fait remarquer Aristote, Vhonnète et le juste. Platon avait envisagé la question sous le même point de vue. Suivant ce grand philosophe, la véritable science politique consiste à rendre les hommes plus heureux, en les rendant plus modérés et plus sages, c'est-à-dire plus v^ertueux. Le but essentiel des lois doit donc être de cultiver en eux, d*abord les qualités de Tâme, prudence, tempérance, justice, courage; puis de leur faire acquérir les biens extérieurs, santé, beauté, force, richesse, autant que ce soin peut s'accorder avec la fin première et principale ou avec Tintérêt général de rËtat. Aussi définit-il la politique, la science qui produit ou qui fait régner la justice dans une république; car la justice comprend à elle seule toutes les autres vertus, elle en est la source et le plus soUde fondement.

Ces principes, qui sont ceux de presque ous les auteurs ayant traité es professa de la politique, ont été loin d*être suivis dans la pratique. Il semble, au contraire, que les hommes qui ont, à divers titres, été appelés à gouverner leurs semblables aient adopté des maximes tout opposées, et qu'ils aient fondé leur puissance sur les trois grands arts de tromper, de corrompre et de faire peur. U faut attendre des progrès de la civilisation un plus parfait accord de la politique théorique et de la politique pratique.

Les ouvrages dans lesquels les plus sages principes de la politique ont été professés sont très-nombreux. Nous avons déjà cité les noms des deux principaux philosophes de l'antiquité qui ont eu occasion de s'expliquer sur cette matière. Platon, dans ses traités Des lois et De la république, et dans plusieurs de ses dialogues, notamment dans le Gorgias; Aristote, dans ses livres De la morale et De la politique, ont consacré d'admirables pages à retracer les règles qui doivent guider les hommes d'État. 11 fout leur adjoindre Cicéron, qui, dans ses traités Des devoirs et Des lois, et dans ses lettres à son fMre Ouintuf, a montré qu'il était ioibu aussi

des grandes maximes de la morale sociale. Bans les temps modernes, Machiavel a fait reposer les principes de la politique sur la ruse, Hobbes sur la force; maison n'a pas tardé à rentrer dans des voies plus sûres et plus conformes à la morale et à la religion. Au xvn« siècle, Fénelon, au XVIII*, Montesquieu et la plupart des autres philosophes qui ont éclairé l'humanité, ont proclamé des doctrines politiques plus propres à rétablir une alliance entre elles et celles de la morale.

L'histoire appelle grands politiques, les hommes qui, chargés de gouverner les peuples, ont exercé sur eux une notable influence, fait triompher leurs systèmes et leurs vues. Lorsque c'est par la vertu qu'ils ont conquis cette- influence, aucune gloire ne peut être comparée à la leur ; c'est celle qui environne la mémoire de Mare-Aurèle, de Louis IX, de Louis XII, de Henri IV. Si, au contraire, c'est par Tastuce, la violence, la terreur quUIssont parvenus à leurs fins, sans doute on peut admirer les ressources de leur génie, mais on ne peut honorer leur souvenir, et ils n*ont trop souvent mariqué leur passage sur la terre que par les malheurs qu'ils ont laissés à leur suite, et par les pas rétrogrades qu'ils ont fait faire à l'humanité.

Les masimes politiques sont certains axiomes à rusage des hommes d'État. Nous avons eu oc* casion d'en parler à l'art. CrocvERiinxirr. Ici, nous rappellerons en terminant qu'on appelait autrefois raison d'État les motifs d'après lesquels agissaient les gouvernants et qui découlaient de l'ensemble de leurs principes et de leurs tendances. TARLàNDiSR.

L'action de la politique intérieure s'arrête aux frontières de l'ÉUt : celle qui franchit ces limites et embrasse les relations extérieures porte le nom de diplomatique. -Les facultés et le savoir que celle-ci exige ont de remarquables analogies avec le talent caractéristique d'un général d'armée. Pour le diplomate, ainsi que pour le guerrier, un coup d'œil sûr, une connaissance exacte des personnes et des lieux, le tact qui fait découvrir les résistances à éviter et ce qui cédera sans de trop grands efforts, etc., sont des moyens de succès auxquels rien ne peut suppléer. Dans un État bien constitué, l'action du gouvernement devient régulière ; tout est prévu, préparé; on n'improvise point; en diplomatie, comme dans la guerre, la victoire couronne presque toujours celui qui sait le mieux improviser. L'In*struction et quelque temps d'apprentissage peuvent former des gouvernants qui s'acquittent très-bien de leurs fonctions; dans les emplois

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diplomatiques, il fout une aptitude dont la nature est économe ; les lumières ne suffisent point non plus que les qualités morales les plus esti* BiMet. Rien ne dispense le diplomate d*étre iKHome d*esprit; mais avec la mesure d'intelligence à laquelle on donne communément ce ■om, on ne ferait rien d\itile si elle n*était point foos la surreillance d^ne raison forte et toujours attentive. On sait que Vesprit commet de temps en temps des sottises qui , en politique, iont des ftiutes graves, et quelquefois irréparables. C*e8t donc pour la diplomatie que les hommes supérieurs par leurs facultés intellectuelles et rénergie du caractère doivent être réservés : •B ne manquera jamais de spécialUéê propres aux diverses fonctions du gouvernement, au lieu que les hommes doués par la nature de tout ce qui constitue le diplomate sont rares, même dans les populations nombreuses. FiaiT.

Parmi tes principaux écrivains politiques, on distingue Lipse {Juête), Bodin, Grotius (H.), Pnffendorf, Spinosa, J. J^ Rousseau, Mably, ▼ko, Becearia, Scfalœzer, Pœlitz, Haller, Zacbaris, lentliam, Bignon, TocqueviUe, etc. On connaît la réfutation- du livre // Principe, par Frédéric n, dans son JnH-Machiavel. Les historiens célèbres surtout par leur intelligence de la politique sont Thucydide, Salluste, Tacite, Commiaes, de Thou, Machiavel, Montesquieu, Hume, Roberston, Gibbon, J. de Millier, Spittler, Hecren, Laden, de Rotteck, si IV>n veut Frédéric le Grand et Napoléon, MM. GuIzot, Thiers et Mignet, etc., etc. Pour les sciences politiques, nous renvoyons aux mots Dioit fdblic et m-

TiaH ATIOIIAL, BlOIT ABlUnSTlATIP, POLICI, DlriOHATIB, JUSTICI, LtOISLATIOH , FlIfAIfCIS et GOUPTABIUTt nmUQDI, ÉCONOHII rOLITIQDI,

Statistiqdb, CAHiâALis («cfeitces), etc. Pour difBférents grands systèmes de politique, voy. Fte»ALiTi, FiaÉRATiP ( s^#/éine) , Sainte-Al- UARCB, etc. Bnfln, pour les principaux objets ou rouages de la politique, tHfjr, État, Gouvibaxaiirr, GORsrrnrTioif, Libirté, Miiiistiis,

CBABBaXS, POFCLATlOlf , FROUTURIS, NlDTlA-

iiTt, Pavilloh, Traités, CoLOims, Cokhirci,

IlIBVSTaiX, RlCBlSSl, InSTRUCTIOn fubuqvb,

tooLis, Journaux, Prbssi, etc., etc.

Parmi les plus grands politiques de toutes les époques, 11 faut citer encore Moïse, Péridès, Alexandre le Grand, César et Auguste, Mahomet, Saladin , Frédéric n , empereur d*Allemagne , Louis XI, Chartes-Quint, loann m et loann lY Tassiliévitch , Pierre le Grand, Louis XIY, Frédéric n, fol de Prusse, Washington, Naoléo o, Lonia-Plillippe, ainsi que les ministres

Sully, Richelieu , Mazarin , Oxenstiem , Kœprili, Ostermann, Kaunilz, Hardenberg, Pitt, Ganning, Meiternicb, Nesselrode, etc. Dans notre galerie biographique, figurent en outre une multitude à'hommeB politiques, surtout contemporains, parmi lesquels nous nous bornons à citer Talleyrand, Pozzo di Borgo, Gœntz, Huskisson, sir R. Peel, C. Périer, MM. le comte Mole, Guizot, Thiers, etc., etc. ScHRrrzLXR.

PoLiTiQvi. Ce mot est encore un de ceux qui ont une foule d'applications diverses; pris comme substantif, il désigne plus pariiculièrement l*art de gouverner. La politique est la réunion des règles ou maximes qui doivent diriger ceux auxquels le sort des nations est remis. C*estla politique qui décide de toutes les affaires de ce monde, c'est elle qui fixe les lignes de démarcation entre les différents États, qui maintient les uns, anéantit les autres, et dispose des hommes comme il lui plait, en changeant à son gré leur nationalité. Sa sanction est dans la fèrce des armes, qui constitue le droit de guerre, ou droit du pluê fort, — Indépendamment de cette politique générale, qui étend son empire sur tous les peuples , et n'est autre chose que la consécration du droit de conquête, il y a pour chaque nation en particulier une politique spéciale qui constitue pour elle un droit particulier que Ton nomme son droit politique. Il se modifie, suivant les circonstances, par l'effet de mille accidents différents qui ont présidé à la réunion des hommes en corps de nation, et an développement des fèrces de chacune d'elles. — Sous un autre rapport, on peut considérer la p<h litique comme une science assez vague qui sert à expliquer les révolutions qui se sont accomplies dans l'histoire ; elle consiste alors dans la recherche des causes les plus probables qui ont dû déterminer tel ou tel événement; elle est alors purement théorique ; mais, en réagissant sur le passé, elle peut toutefois donner de bons enseignements pour l'avenir. — Ce terme ne s'applique pas seulement à l'administration des empires, on l'emploie aussi dans une acception plus modeste pour la conduite des affaires touchant à la vie privée; mais il se prend alors presque toujours en mauvaise part. Celui qui met de la politique dans toutes ses actions, parce qu'il veut arriver à tout prix aux honneurs et à la fortune, est un homme adroit qui sait tout sacrifier à son intérêt personnel ; il ne prend de la science politique que ce qu'elle a de mauvais^ la fourberie et la ruse. — Pris comme adjectif, le mot politique désigne tout ce qui a rapport au gouvememeot des États et à leurs relatioDS

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réciproques; mais il serl plus particulièrement aussi à caractériser certaines locutions : ainsi , le droit politique est cette partie de la science du droit qui traite de la constitution d^un État, c^est-à'dire des rapports des citoyens avec Tautorité publique (t>Qy. Droit politique). Les droite politiques ou civiqueê, ce sont les actes que la constitution attribue à chaque citoyen, lorsqu'elle leur permet de donner plus ou moins directement leurs suffrages pour la gestion du gouvernement {tqy. Civiques [Droits]). Le domicile politique, c'est le domicile que la loi permet à chaque citoyen d*élire, sous certaines conditions et après Taccomplissement de certaines formalités, pour Texécution de ces actes. En règle générale, le domicile politique se confond avec le domicile réel, c'est par exception seulement qu'il est quelquefois permis de les diviser {voX' Domicile et Demeure). — L'économie politique est une expression consacrée pour désignercette science qui traitede la distribution et de l'exploitation des richesses, science à laquelle la secte des économistes s'est efforcée, dans le siècle dernier, de donner une direction nouvelle («o/. Économie politique). — L'adjectif po/iï/^ue, qui serl à la fois à désigner Thomme livré aux études du droit public et à la pratique des affaires du gouvernement, aussi bien que l'homme adroit qui met toute science dans le succès, s'applique également pour dénommer certaines sectes qui, dans les troubles civils, se présentent comme médiateurs entre les opinions extrêmes. Lorsqu'au milieu des guerres de religion qui ont déchiré la France, les catholiques et les protestants, toujours en armes, étaient las de s'égorger, le parti des politiques se montra pour ménager une transaction qui conduisit bientôt aux massacres de la Saint-Barthélemi. Depuis lors, cette dénomination a toujours été donnée par une sorte de dérision à tous ces partis mixtes ou tiers partis qui, depuis la Ligue et la Fronde jusqu'à nos jours, se sont montrés au milieu des troubles publics comme des médiateurs inutiles. — Nous avons aussi fait de ce mot l'adverbe politiquement, agir suivant les règles de la politique, c'est-à-dire habilement; et le verbe politiquer, qui est d'un usage familier, et qui signifie parler politique, c'est-à-dire raisonner sur les affaires publiques. Teulet. POLLEN. En botanique on donne ce nom à la matière généralement granuleuse qui est contenue dans les loges de l'anthère , et qui sert à la fécondation de l'organe femelle dans les végétaux. Examiné à l'œil nu, le pollen se présente sous l'aspect d'une poussière dont les grains sont

d'une excessive ténuité; quelquefois ces grains sont plus gros, et dans quelques cas ils se réunissent et se soudent en une masse solide, qui remplit plus ou moins exactement chaque loge de l'anthère. La forme de cqs grains polliniques est extrément variable; mais pour la bien apprécier, il faut se servir du microscope. Aussi les anciens physiologistes n'avaient-ils que des idées fort incomplètes sur les formes et l'organisation de ces granules. Le professeur Guillemin, dans un travail spécial sur cette partie, a fixé les idées sur la forme générale des grains polliniques et sur leur aspect extérieur. Cette forme , comme on vient de le dire, est très-variable. Ainsi il y en a qui sont régulièrement sphériques, d'autres ellipsoïdes, d'autres lenticulaires; quelques-uns sont naviculaires , d'autres trigones, etc. Mais une distinction plus importante à faire parmi les grains de pollen est celle que l'on tire de l'aspect de leur surface externe. En effet, elle peut être tout à fait lisse, ou bien elle peut être hérissée, soit d'aspérités ou de villosités, et dans ce dernier cas elle est toujours couverte d'un enduit visqueux, qui parait sécrété par les petites aspérités qu'on observe sur cette surface. Par un grand nombre de recherches , le même observateur s'est convaincu que la nature des grains polliniques était, à peu d'exceptions près, la même dans chaque famille de plantes , c'està-dire que dans les genres d'une même famille on ne rencontre que des granules lisses ou des granules visqueux et papillaires. Ainsi dans les convolvulacées et les malvacées, les granules sont visqueux , sphériques et d'un blanc argentin; ils sont également sphériques et d'un beau jaune dans un grand nombre de cucurbitacées ; dans les onagres ils sont trigones, papillaires, avec une dépression considérable dans leur centre. Les familles où les grains ne sont pas papillaires, sont en grand nombre; on peut citer comme exemple, les gentianées, lessolanée8,Ies graminées, les scrophulariées, etc., etc.

Mais quelle est l'organisation intérieure de ces grains de pollen ? Déjà Needham avait reconnu que ce sont des utricules formés de deux membranes : l'une extérieure et plus épaisse, l'autre intérieure, d'une ténuité extrême, qui contient des granules d'une excessive petitesse, et que c'est cette membrane qui empêche ces granules de se mêler au liquide dans lequel on a fait éclater les grains polliniques. Kœlreuter et Gxrlner adoptèrent l'opinion de Needham quant à l'existence des deux membranes; mais ce dernier avait dit aussi que les granules existaient dans tous les pollens parfaits, et qu'ils

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en étalent la partie essentielle et fécondante : cette dernière opinion fut combattue par Kœlreuter, qui voulait que ces granules ne se rencontrassent que dans les pollens imparfaits, et que par conséquent ils ne servaient en rien à la fécondation des ovules. Les observations importantes de Needbam avaient été en quelque sorte négligées par la plupart des physiologistes, quand les observations microscopiques du professeur Amici de Modène, et surtout celles d*AdolpheBrongniart, dans son beau travail sur la génération des végétaux, vinrent en quelque aorte les tirer de Toubli. Le professeur de Modène, en soumettant à son excellent microscope le poUen du poriulaca pUosa, avait reconnu qn*au moment où les grains sont en contact avec la surftice du stigmate, leur membrane externe se rompt, ei que par cette déchirure il sort un appoidice tubuleux, transparent, formé par la membrane interne, et dans Tintérieur duquel il vit les granules spermatiques se mouvoir pendant Tespace d*environ quatre heures. Brongniart fils a reconnu que toutes les fois que les grains de pollen se trouvent en contact avec la surface humide du stigmate , ou plongés dans on liquide qui détermine la rupture de la membrane externe, on voit la membrane interne faire ainsi saillie à travers cette ouverture, et se prolonger sous la forme d*un appendice tubuleux plus ou moins long, quelquefois légèrement renflé à son extrémité. 11 a vu aussi que les grains poOiniques de VOEnoihera biennU, qui ont une forme trigone, teettaient fréquemment deux appendices tubuleux; tandis que dans le cucu» mii aeutangulus la membrane interne faisait saillie par trois ou quatre points de la surface des i^ins de pollen. Ces observations faites sur le poUen de plantes extrêmement variées, mettent hors de doute Texistence d*une membrane interne, renfermant immédiatement les granules speroMtiques et la saillie tubuleuse que fait cette membrane au moment où a lieu la rupture des grains de pollen. L*existence de ces globules ou gramiles spermatiques est également incontestable, malgré Topinion contraire émise par KflBlrenter. liais ces granules sont d*une telle téooité, qu*il est extrêmement difficile d*en apprécier la forme. D*après ses observations faites avec le microscope d*Amici, au moyen du caméra lueida , et par un grossissement de 1050 diamètres , Brongniart a reconnu que ces gramles avaient en g^éral une forme sphérique, et aur un assez grand nombre de plantes observées p^ lui, il a trouvé que leur diamètre variait liS50 Josqu^à 1/875 de miUimètre. Un

fait non moins important, aperçu d^abord par Amici, mais constaté depuis par le physiologiste français, c*est que ces granules sont doués d*un mouvement spontané plus ou moins marqué. Au moyen du. plus fort grossissement du microscope d'Amici (1050 diamètres), ces mouvements sont très-appréciables, et il parait impossible de les attribuer ^ aucune cause extérieure. Dans le potiron, dit Brongniart (Ann. Se. nat,, 19, p. 45), le mouvement des granules consiste dans une oscillation lente, qui les fait changer de position respective ou qui les rapproche et les éloigne, comme par Teffet d'une sorte d'attraction et de répulsion. L'agitation du liquide dans lequel ces granules nagent , ne parait pas pouvoir influer sur ce mouvement, puisque d'autres granules , les uns plus fins et les autres plus gros, qui sont mêlés avec eux, restent immobiles, tandis que les granules spermatiques, reconnaissables à leur grosseur uniforme , exécutent les mouvements lents que l'on vient de décrire. Ces mouvements sont encore beaucoup plus apparents dans les malvacées où l'on voit ces granules, qui sont oblongs, changer de forme, se courber en arc ou en S à la manière des vibrions. Ainsi de ces diverses observations il résulte que le pollen se compose d'utricules de forme trèsvariée, tantôt lisses extérieurement , tantôt papiDeux ; que cea utricules sont formés de deux membranes, l'une externe, plus épaisse, l'autre interne, extrêmement mince; qu'au moment où a lieu la ruptura de chaque grain de pollen, la membrane interne qui ne se rompt pas, se prolonge par l'ouverture de l'externe en un appendice tubuleux, plus ou moins allongé, dans lequel viennent s'amasser les granules spermatiques contenus dans la membrane interne; que ces granules, d'une excessive petitesse, paraissent animés d'un mouvement spontané plus ou moins rapide. Il reste maintenant à examiner l'action du pollen sur le stigmate, ou la fécondation. On doit remarquer d'abord que la manière d*agir des grains polliniques sur le stigmate, varie suivant l'organisation particulière de celui-ci. Ainsi le stigmate observé au microscope se compose d'utricules de formes variées, rapprochés et contigus les uns aux autres. Tantôt ils sont nus, tantôt ils sont recouverts par une sorte de membrane qui peut-être n'est pas distincte de celle qui compose les utricules. Dans le premier cas, qui est plus fréquent, quand les grains polliniques se trouvent en contact avec la surface humide du stigmate, ils se rompent, la membrane interne fait saillie par le moyen de son appendice tubuleux; on voit alon cet appendice s'in-

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troduire, t^iDSinuer en «pid^e sorte dans les espaces interutrieulaires et tendre à s> enfbn'^ cer ^e plus en plus^ tandis qu'ils se trouvtmt re^ tenus dans eette position par la menbrane externe, fui ne peut les suivre dans leur mouve^ ment. Chaque lobe du stigmate ressemble alors, selon la remarque de Bron^iart, à une petite pelotte dans laquelle des épingles seraient en^ foncées Jusqu*à la tète. 6i dans vet état on obsenre attentivement les appendices tufeuleux^ on voit que les granules spermaliques^ qui f étaient d^abord épars, se réunissent vers leur extrémité inférieure, qu*à une certaine époque celle-ci se déchire, et qu*alors ces granules se trouvent en contact avec le tissu interutriculaire du stigmate. Quand, au contraire, la surfece externe du stigmate est revêtue d*ttne membrane oonUnue, Tappendice tubuleux des grains poUiniques s'applique par son extrémité contre cettemembrane, finit par se souder avec elle , et les granules spermaUques, s'accunudant ddns ce points en déterminent la rupture , de manière qu'ils se trouvent également répandus dans le tissu interutriculaire <du stigmate. Maintenant «omment^ ces molécules spermaUques si ténues eheminentelles Jusqu'à Tovule dont elles doivent opérer la fécondation ? 9ar quelle Voie se fait leur transport? ici plusieurs opinions ont été émises. St d'abord il est important de détoiire IVrreur des auteurs qui prétendent que la transmissidn du pollen a lieu par le moyen de vaisseaux paiticuliers, dont la réunion eonsUtue des faisceaux qu'on a nommés cordons pts^fltorrss, €es vaisseaux prétendus n'existent pas^ c'est-à^reque la communication, qui oxiste entre le stigmate et les irophospermes où sontiittaoMs lesovitles, a lieu par le tissu cellulaire et non par nueune sorte de vaisseau. Mais il reste encore à déterminer si la transmission des granules se lait en traversant les oellales, ou si elle a lieu par les întervaHes intercellulaires. Le professeur Link, qui déjà avait détruit l'erreur des physiologistes touchant les vaisseaux conducteurs de la matière fécondante, avait dit que les granules sper* matiques traversaient les cellules en pénétrant par les espaces intermoléculaires dont sont criblées leurs parois. Mais cette opinion parait peu admissible; car le plus fort grossissement du mieroscopequi permet de distinguer la forme en granules spermaUques, ne fait nullement reconnaître l'existence desouvertnres parlesquelles ces granules traverseraient les cellules. Mais, ainsi que Ta remarqué Brongniart, les cordons *pi8tillaires ne sont pas oomposés-de vaisseaux, mais bien d*ai tissu celhMre plus 'fin, piM coloré^

fbrmant tantôt de simples cordons, tantôt des lames plus ou moins saillantes, et qui s'étendent depuis le stigisate jusqu'aux ovules. C'est parce Ussu partieutter, quV>n nomme Hum eonâmh tettr^ qu'a Ken la tnmsmission des granules spermaUques , non pas en traversant tas parois des utrieuiles qui le eos^pesent, comme le croyait le délire profésseir de leHin^ mais en savant les interstices de ces cellules. Arrivés par octie voie jusqu'au trophosperim qui «apporte les ovules, les granules fécondants se trouv^ent nûs en contact plus ou moins immédiat avec l'ouverture des téguments de rovale, et par suite avec IVMBande que ces téguments recouvrent et dans laquelle l'embryon ne tarde pas à se développer. On voit, d'après cette théorie, le rMe important que jouent les granules spermaUques dans la féeondaUon des ovules. Ce rôle est le même que «elni des aoimaloules SpermaUques dans la génération des animaux. La fécondation dans les plantes présente donc les mêmes phénomènes que eeMe des anioMux, et offre un point de contact de phM entra les deux grandes divisions des êtres oigantsés.

Bans certains végétaux,oommedansles orchidées et les asdépéadées, les' granules de pollen> renferaiés dans «iiaque loge de l'anthère, se réunissent et se soudent entra oux, de «uinière à former une masse solide qui a en gtoéral la même forme que la cavité de l'anthère dans laquelle elle était ranférmée. Tantét ces granules sont simplement très-rapprochés , sans qu'ils aient contracté dMhérenee entre eux, comme, par exemple^ dans le genre epifmeiis; tantôt ils sont réunis les uns aux autras par une sorte do matière visqueuse, très-adhérente^ qui s'allonge sous la forme ^e filaments élastiques quand «n tend à séparer ces granules, ainsi ipi'on le re- Bsarque dans les genres orchn, opkryn^ ssfopftw, etc. \ tantôt enfin la soudure est tellement intime, que tous les igrains poUiniques formeat une masse soUde, ainsi qu'on l'observe dans les asclépiadées et les orchidées. RKUâim.

POLLION (Câivs-AsiNios), homme d'État «t homme de lettres, comsM Tétaient à l'époque oà il vécut la plupart des premiers personnisges de Rome, fut Tami 4t César^ d'Antinne et d'Auguste. Dans la lutte entra César et Pompée, il suivit le parU du pramier. Après la mort du dictateur, les républicains se flattaient de l'espoir qu'il servirait la liberté; mais, désespérant 4e cette sainte cause, 11 s'attaeha.à Antoine, à qui il randit un service édatant en se Joignatit à lui après sa défeite près de Modène. U fUt noauné, l'mi 714 de(Mame H» de I. C^, aonsnl dt cfangé

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ée mrftilter dMM la GMle eiêalpûie la 4ittribur tkw 4et tejrei pramlses aux vainquÊurs ée Brxiius et Cas9iii8 à Mlippes. €e Ait pendant ee corn- Baaéeaaeiii qu*tl eoiiMit Yir^le, dooi â deWnt le protooteiur. Il VMi^uii les Partbioiens, peuple de la AalnMtte, et npA les hOABewrs du trion* pbe. 9ao8 la gueiye de découse, il <e diédara eoolDe OcUre. MientAi après, û négocia enlfe le jeune. iriuiBvir et Marc-Antotte le traité de Brindet . Ce Ait alors fne Virgile lui adressa sa ^uatiième ^glo^ue, àlaqueUe Pollion ue doit p«s BM>iai d*illiistratieii ^*à eon trionphe ât à la gloire pacifique d Weir réceneilié les trium¥irs. Ea effk,4Hi n'a dans la mémoire ce Ters deTirgile:

411e loBeav a si heureusemeot imKé :

Bl p«r qml ait «cor l'^logne, ipelqucfoU, &eD4 di(oe d'an eonêvA les bergers et !«• i>o|s.

Lorsqve Octave et HeHro-Antoine se 1)i>ouÉilèrent saos retour, Àsinius Follion ne suivit pas ce dernier, dnot il déaapprouyatt la cenduKe; «Mis il emt que Tanilié^ Tavaitlié à ee chef de parti ne htt peraettat pas de se déoiaaer pour 4)cta¥e, et il dit qu'il serait la proie dn vainqueur. Auguste lui témoigna de l'affeotion jusqu^à la fin de sas jours. Cependant FoHion n'eut aucune part aux affûres publiques : il -fallait au despote tomnindes hommes pins dévoués etmofnsindépendants. PoUion mourut à TilNir, à Fâge de 9è ans, iiers la fin -du rogne d'Auguatcu Les anciens ont cUé PoUion conune un grand orateur, on grand poète, un esoellent historien, un philosophe du preinier ordre, il avait composé en 17 livras l^istolre des guerres civiles, depuis le emisniat de MeteNus et le passage du Rubicon ; fl 7 rendait une éclatante justice li la mémoire de Cnssius et de Brutus. il travaillait à-ce gmi i ouvrage lorsque Horace lui adpessa ia première ode du deuxième livre. Presque tous les interprètes ont vu dans celte pièce une exhortation directe à Pollion de laisser de côté toutes les mitres occupations pour se Hvrer entièrement è ceDe-cL Je préfère la manière dont H. Susèbe Sahwrte a entendu cette ode dans sa curieuse dissertation intitulée Sormoe ei V-empereur jimfuête, « Selon Tlngénieux académicien, Ho^ race resserre et reproduit en beaux vers les plus brillantes images des fragments que Thistorien faii avait communiqués ; et, à la faveur de cette précaution oratoire, il lui fait sentir délicatement ious les daogefs de son .entriy[»cise, et il rengage à retourner à la muse de la tragédit. Mécène

(wr.) eut le projetd'écrire l'histoire d'Auguste : loin de l'en dissuader, son ami le presse de remplir cette tâche {Ub. u, edê 12) ; elle n'avait pas de danger pour Ini. » Sénèque, en pariant avee éloge de Phistoire d'Asinius PoNion, Im reprodie d^avotrété injuste envers €icéron.¥eUeius Paterculus dans son deuxième livre, après avoir parié d'Hortensius, de Cicéron, de César et des génies les plus distingués du dernier siècle de la république romaine, ajoute : « Viennent ensuite cofflflie leurs élèves, Gorvinus, Asinius PoHion, SaHuste, etc. « Les commentaires historiques de Pollion sont encore allégués par Appien {Guerres civiles, i. 11); mais ce précieux ouvrage est perdu, à quelques fragments près, que citent les auteurs des siècles suivants. Il «date trois lettres de Poètion adressées à Cicéron dans le dixième Mvre des Lettres familières de ce grand orateur. Sénèque, dans sa centième lettre, parle des écrits philosophiques de ce consulaire, et les met immédiatement après ceux de Cicéron. U composa aussi des tragédies. « Pollion, dR Horace, est appelé à chanter en vers tragiqueslesdésastres des rojs [Uv. i«,sa/. f S); » mais .on ne connaît pas même ies titres de ses pièces, et aucun fragment n'en est cité dans les anciens. Le plus grand service que PoHion ait rendu aux lettres, c'est 4'avoir Jondé à Borne la {>reinière bibliothèque publique ; il y employa les dépouilles des ennemis qu^il avait vaincus. Celte circonstance 4e sa vie just^ pleinement le choix quHin auteur moderne aibit.du nom de Pollion peur composer sur Jlome, au temitf d'Auguste, un pastiche historique, qui offiie ■l'imitation du yoymge (Uê iêume dnmehwêiê iPoUtosujOu im Cour^JâtguêtB). BÀvers auteurs tnons f6nt connaître Asinius Pcdlion comme un philosophe aimable, circonspect, modéré, «qui eberchait avant tout son repos, et qui entendait ia manière de ae le proouser. « le me souviens, dit Sénèque, qu'Asinius Pollion, ce fameux orateur, ne s'occupait plus d'aucune affaire passé la dixième heure : dès lors, ilneilisait4)as même ses lettres, de peur qu!elles ne fissentnattoe pour faii quelque nouveau soin; mais, durant ces deux heures, il se délassait de la fatigue de la journée (De im TtAinquiUité de l'éme, xv). Auguste avait écrit des vers satiriques .contre Asinius Pollion. On lui demandait pourquoi il n'y répondait pas : m C'est (folie, repartit le sage Bo- •main , de se piquer d'écrUre contre qui peut psoscrire (Macrobe [Salurmol', iiv. 1% ch. 4]). » 11 poussait si iloin la 4ûf oonspection qu'au rappotJL 4e Pline le jeune, ayant éotit éeê invectives contre Planous, il attendit la mort de celui-ci

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pour les publier. « C*était, dit Montaigne à ce propos, foire la figue à un aveugle, et dire des pouilles à un sourd, et ofifénser un homme sans sentiment, plutôt que d'encourir le hasard de son ressentiment. » Aussi, Plancus lui-même adressa àPollion cette raUlerie : « Il n'appartient qu'aux spectres de lutter contre les morts (cum moriuis, non nisi larvas luclari), » Il ne faut pas confondre Asinius PoUion, avec Yedius-Pollion, son contemporain, ce terrible gastronome, qui, pour manger de bon poisson, jetait ses esclaves aux murènes de ses viviers. Auguste, ami de cet autre PoUion, pensa être témoin de cette barbarie un Jour qu'il dînait chez cet homme. Un esclave, échappé des mains qui allaient le précipiter dans les flots, se réfugia aux pieds de l'empereur; Auguste, révolté d'une telle barbarie, fit briser sous ses yeux tous les cristaux de Vedius, etcombler son vivier. « C'était, dit Sénèque, dans son Traité de la colère (ch. XL), corriger un ami en souverain, et bien user de la toute-puissance. > Ch. du' Roxoik.

POLLUX (myth,)^ fils de Jupiter et de Léda, flrère de Castor, yoy. Castor et Dioscokes.

POLLUX, JoLius PoLLUX, sophiste et grammairien grec du n« siècle, natif de Naucratis en igypte, se fit un nom à Rome, et fut un des précepteurs de Commode. Il remplaça comme professeur d'éloquence à Athènes Adrien de Tyr. On lui doit un Lexique en 10 livres, dit Oitomasiicon, dont la meilleure édition, due aux soins de Léderlin et Hemsterhuys, a été publiée par WeUtein, Amsterdam, 1706, 3 vol. in-fbl. Dans VOnomoêiicon les mots sont disposés, non dans l'ordre alphabétique, mais selon l'analogie du sens.— Un autre J. PoUux, historien grec qui vivait sous l'empereur Valens en Orient (364), a donné : Historia phyeioa seu Chronicon ab origine mundi usque ad Ralentis iempora, Munich, 1793, in-S» (trad. en latin par Bianconi, 1709,in-f0l.) BociLiET.

POLO (Maico-)9 célèbre voyageur véniUen.

Foy, Makgo-Polo.

POLOGNE, royaume autrefois un des boulevards de la chrétienté, aujourd'hui réuni à l'empire russe.

I. Géographie ei etaUslique. La Pologne D'est connue sous ce nom que depuis le x* siècle, alors qu'elle formait déjà un État considérable. L'origine de son nom a été, depuis, diversement expliqué : les uns veulent le faire dériver de poléf champ, plaine; d'autres de i^ch^ son prétendu fondateur, dont cependant l'existence elle-même est hypothétique; d'autres enfin, des Boutons, Laaes, Spales et diverses autres tri-

bus slavonnes. Situé entre les 50o 'f et 55o 6' de lat. N. et les 15« 10' et SI» 48' de long. or. (mér. de Paris), le royaume actuel, débris d'un vaste État, est enclavé au milieu de ses anciennes possessions : à l'ouest et au nord, il est borné par celle qui dépendent maintenant de la Prusse; à l'eftty par les provinces qui échurent à la Russie; au midi, enfin, par celles qui ferment le partage de l'Autriche et par le territoire de la ville de Cracovie, l'antique capitale du pays. Sa plus grande longueur est de 130 lieues du sud au nord ; sa plus grande largeur de 100 1. On lui donne uue superficie totale de 3,370 milles carr. géogr. (134,850 kilom. carrés ' : il en avait plus de 13,000 au temps de sa puissance. Pays généralement plat, penché vers la mer Baltique au bassin de laquelle il appartient, il n'est un peu montueux qu'au sud, où sa hauteur moyenne ne s'élève pas cependant au delà de 800 pieds. Les fleuves principaux qui l'arrosent sont : la Wartha, la Vistule ( fTisla), le Niémen, le Narew, le Boug, le Wiéprz. Fertile et boisé, sa principale richesse consiste en graius et en bois : le sapin prédomine dans ses forêts, comme le froment, le seigle, l'orge et l'avoine dans ses champs. L'unifèrmité du climat, les retours très-réguliers du beau temps et des pluies, rendent les mauvaises récoltes fort rares : l'agriculture, longtemps arriérée, y fait des progrès sensibles. Il y a de riches pâturages et des troupeaux nombreux. Dans la partie montueuse se trouvent quelques métaux. On y exploitait autrefois de l'argent; on en tire à présent du cuivre, du plomb argentifère, beaucoup de fer, du zinc, de la houille et du marbre. L'industrie est encore fort peu avancée en Pologne; cependant on y fabrique des draps, des tapis, des calicots , des cuirs, du suif, des voitures, etc.; depuis quelque temps, les fobriques de sucre de betterave s'y propagent. Le commerce consiste en grains, bois, laines, miel, suif, moutons, porcs, draps, cuir : le montant le plus haut des exportations, en 1830, fut de 70 millions de fr.; la somme totale des importations de la même année, fut de 75 millions. On compte dans le pays environ 450 lieues de grandes routes faites par les meilleurs prpcédés, entretenues avec soin; on travaille au chemin de fer qui doit réunir sa capitale avec la frontière du côté de l'Autriche; enfin, un canal tout nouvellement construit joint la Vistule au Niémen.

D'après le dernier recensement, le royaume de Pologne a une' population de 4,438,546 habi-

> Oa, d'épié là acnil«r« pobUcalloa a« H. BiOU {ÉiémemU i» Géogr,), Uï,i67. S

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(anU '. Itons ce nombre, on compte environ 400,000-JuilB, à peu près autant de Koutniaks, environ 340,000 Lithuaniens, 10,000 Allemands, 2,000 Tâtars, 800 Bohémiens. Les autres habitants sont les Polonais proprement dits, peuple slavon ayant sa langue propre, fort ancienne et très-cultivée. Il en sera parlé daus les art. suivants. Le royaume est divisé en huit gouvernements qui, avant Tukase du 9 mars (25 février) 18S7, portaient le nom de voïvodiea ou palatinats. En voici la liste avec Tindication de leurs chefs-lieux : Masovie (Yarsovie), ILalisch (Kalisefa), Sandomir (Sandomir), Gracovie (Kielcé), Lablin (Lublin), Podlacbie (Siedlcé), Ploçk (Ploçk, pran. Plotsk), Augustow (Suvalki). La capitale du royaume, Varsovie {vox-) renferme environ 140,000 âmes : elle eét dominée maintenant par une citadelle. Les autres places fortes du pays, sont : llodlin, ou Novo-Géorgewsk, Demblin ou Ivangorod, Zamosc, etc. On compte dans le pays 450 villes et 22,600 villages; de ces derniers, 17,150 dépendent des nobles et 5,450 de la couronne.

Le royaume de Pologne dont les armoiries particulières représentent un aigle blanc, sur champ de gueules, est réuni, depuis les traités de 1815, à Tempire de Russie. Il a été réorganisé récemment d*après le statut du 26 février 1832. L^admlnistration supérieure est confiée à un conseil d^adminUtration, présidé par le lieutenant du roi, gouverneur qui reçoit les ordres impériaux par Tintermédiaire d*un ministre secrétaire d*itatdu royaume, attaché à la personne de rempereur. Il y a aussi dans le conseil de rempire, à Saint-Pétersbourg, une section spéciale pour les afbires de Pologne. Deux départements du sénat de Tempire, le 9« et le 10«, siégeant à Varsovie, exercent les fonctions de ranclen conseil d*État et de Tancienne cour suprême, n y a â Varsovie trois directeurs généraux, ceux de Tinlérieur, de la JusUce et des finances. Le code français, récemment modifié, est la lot civile du pays; le servage est aboli dans cette partie de la Pologne depuis 1806. Les habitants professent généralement la religion catholique romaine : il y a cependant dans le pays environ 220,000 grecs-unis, 215,000 luthériens, et, comme nous Tavons dit, beaucoup de juifs; la liberté de culte est garantie, mais la religion greco-rasse jouit d*une protection spéciale. L'université de Varsovie n'existe plus depuis 18S2 : il y a dans le royaume, pour les éludes supérieures, une école de théologie et de médecine.

I a« 1885 M ftvtit doitt< 4,099,617. 8.

Chaque palatinat a son gymnase; Varsovie en possède plusieurs. Les revenus du pays sont de 45 millions de fr. environ; la dette liquidée s'élève à 125 millions. Il y a à Varsovie une banque nationale, établie dans l'intérêt de l'industrie; il y a aussi une association des propriétaires des terres, pour relever et maintenir le crédit territorial. — On peut voir Friederich, Darstellung Neu und jiU-Polens^ Berlin, 1889; Possart, Dom Kœnigreich Polen, Stuttgart, 1840; Slowaczynsld, Siaitaiigue du royaume de Pologne, Paris, 1837, in-12, etc. {ver. P. W).

II. Histoire, Sans nous arrêter aux traditions incertaines ou fabuleuses qui pi;écèdent l'époque où le christianisme répandit ses bienfaits dans ces régions, nous rappellerons seulement que les Polonais, rameau delà souche slavonne, s'étendant de la mer Baltique à la mer Noire et à l'Adriatique, occupaient d'abord, entre l'Oder et la Vistule, le centre parmi les peuples léchiies. Sous cette dénomination, on comprend les Ma- Moviens, leurs voisins de l'est, les Cracoviaks^ les Silésiens et divers autres, disséminés dans les régions méridionales et à l'ouest de la Léchie, enfin les Poméraniens établis au nord sur la mer Baltique. Gnezne, Kruswiça, Poznftn ou régnèrent les Lecheks et les Popiels, furent leurs villes principales.

Pressés par de puissants voisins, qui avec le christianisme leur apportaient le joug de l'Empire, les nations léohites, pour qu'elles pussent opposer une résistance efficace à l'ennemi commun, durent s'unir entre elles. C'est ainsi que vers le milieu du x« siècle, quand Miécislas, duc des Polonais, embrassa le christianisme (965), la plupart des nations que nous venons de nommer ne formaient plus qu'un seul État, sous le sceptre des Piasis {vqy.), successeurs des Popiels. Hais le vrai fondateur de l'État, celui qui le consolida et l'éleva au rang que la Pologne occupa depuis parmi les puissances européennes, fut le fils de Miécislas, Boleslas ou Boleslaf le Grand (992-1025). Entraîné dans plusieurs guerres contre l'Empire, il poussa ses victoires jusqu'en Bavière. Le traité de Bautzen (1018), qui termina ces guerres, ajouta à ses possesions la Lusace et une partie de la Moravie. Maître d'un État vaste et puissant, Boleslas, s'étant fait sacrer roi à Gnezne, fut reconnu par l'empereur Othon III. La Pologne, placée à la frontière extrême de la chrétienté, devint alors son boulevard. Pour consolider son royaume et le mettre en état de résister aux barbares d'un cété, et à PEmpire de l'autre, Boleslas donna à son peuple, essentiellement agricole, une organisation

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militaire. Tous les habitants étaient également obligés à porter les armes : ceux qui avaient les moyens d'avoir un cheval et un équipement de bataille devenaient nobles, les autres €ombattalent à pied ; les prisonniers de guerre étaient seuls esclaves, et pendant la guerre seulement.

Depuis plus d*un siècle, Phéritage de Boleslas restait uni entre les mains de ses successeurs, lorsqu*un d'eux, Boleslas III, le partagea entre ses quatre fils (1139) t il ressuscita^ pour ainsi dire, Pancienne Léchie, avec cette diflPérence pourtant que cette fois elle était tenue de recon* naître la suzeraineté de celui des quatre frdres qui régnait à Cracovie. Ce fut d'abord LadislasII. Celui-ci voulut reconstituer Punité de Pempire, en déshéritantses frères encore mineurs, comme Pavait fait Boleslas le Grand {mais battu par leurs partisans, il fut fOrcé de se désister de tous ses droits, et n'obtint, qu'à cette condition, pour lui et ses héritiers, la Silésie, qui, possédée par les Piasls plusieurs siècles encore, ne rentra plus sous la domination des souverains de Pologne.

L'essai de rétablir Punité de PÉtat fut renouvelé plus d'une fois par les successeurs de Ladislas I». Miécislas 111(1177) etPrémislas (1996) moururent à la peine, sans avoir réussi. Les fils de Boleslas III ayant suivi son exemple, au lieu de quatre principautés, la Pologne en compta bientôt un nombre considérable. Chacun des princes, visant à la suprématie, travaillait à se former un parti, en caressant les hommes puissante. Une sorte d'oligarchie qui s'était fbrmée par suite de ces circonstances, trouvait son compte dans le partage du pays i disposant à son gré de l'autorité suzeraine, elle n'était pas portée à changer un état de choses si favorable à ses intérêts : aussi, pour le malheur du pays, dura-t-il près de deux siècles. Pendant cette période, les privilèges accordés aux grands absorbèrent les droits des autres classes de la nation et ceux de la couronne. Les bourgeois et les paysans furent obligés ^de supporter seuls tous les impôts. La prodigalité des petits princes, dont chacun avait sa cour, les entraînait aux emprunts^ et les obligeait souvent à donner en gage une partie de leur territoire. C'est ainsi que les environs de l'Oder, Lubusz, Santok,.et la Lusacev passèrent définitivement à PAllemagne. Ce n'est pas tout. Faibles par suite du partage, les petits princes se virent souvent dans la nécessité d'appeler à leur secours des étrangers, suscitant ainsi etucmèmes des ennemis à leur pays. Sotre autres, Conrad, due de flfazovie, incapable de se défendre contre les incursions des iPrussiens, encore barbares et idolâtres, ré-

solut de reoouriràl^ssistaiice des dietallert de l'ordre Tewtonique, qui te vouaient à PextermI* nation des infidèles. Sn échange du territoire de CUlm, qu'il leur céda, ils lui promirent da lui soumettre les Prussiens ; ils les seundrant en effet, mais gardèrent la conquête pour eux. Les rois de Bohème profitaient aussi de l'occasion pour s'arroger des droits sur les petsefalons et mémo sur la couronne des Piasta.

Au milieu de cette confusion, surgit heureusement un grand prince. Ce fut Ladislas la Bref, arrlère^petit-fils de Boleslas III. Frère et héritier de Lechek le Noir, deux fois pourtant repoussé du trône, il parvint enfin à réunir sous son sceptre toute la Léchie, moins la Silésie et la Maxovie, et, en 1319, il se fit couronner roi de Pologne à Cracovie.

Ladislas abaissa l'autorité des grands, en anéantissant une partie des privilèges qu'ils venaient d'usurper, et en appelant à participer à ceux qui leur restaient toute sa milice, c'est-àdire tous les nobles sans distinctioné A côté du conseil des prélats et magnats qui s'était formé sous les prédécesseurs de LadisUis, prit place une assemblée plus populaire. La première fut convoquée à Chenciny, en 1331. De monarchie absolue sous Boleslas !•' , oligarchique sous les successeurs de Boleslas III, la Pologne devint alors une monarchie tempérée par une sorte d'assemblée nationale, par les diètes.

Le fils de Ladislas, Casimir UI (1333-1370), fut aussi un grand roi. A Pexemple de son père, qui abaissa les grands à l'aide de la noblesse, Casimir, pour réprimer l'ambition croissante de celle-ci, aurait voulu relever le peuple. Ses efi^orts sous ce rapport eurent peu de succès. Les contemporains lui donnèrent cependant le surnom de roi des paxMns; mais il ne s'occupait pas moins du bien-être des autres classes d'habitants. Toutes les villes principales lui durent la splendeur dont elles Jouirent plus tard. Cracovie, en particulier, lui doit son université, illustre dans la suite par la protection de sa petite^nièce, la reine Hedvige. Sous le règne de Casimir III, la Pologne fut gratifiée d'un recueil de lois qui fut promulguée à la diète de Wisliça (1347) : c'est un monument honorable pour l'époque qui le vit paraître.

Occupé de tant d'oBuvres utiles, Casimir le Grand avait besoin da oonsolider d'abord la paix avec ses voisins. Il s'arrangea effectivement par le traiti de ^lisch (1343) avec l'ordre Teutonique, vaincu déjà par son pèra t ta Pomérania de Dantzig, qu'il lui garantit, prit dès lors le nom de Pru8$€, Aux rois de Bohème qui se désistèrent

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4t iMiM prt^kÊMmià à la oonriAiie de Pologi*, il oééa Ms «boit* sur la Siléfie. Haii, à la m6«^ inique, Boletlas, duo de Baliteh ou Galleie, étant mort sans postérité, Cas inip, eu sa qualité de Piaal, hérita de la Russie Eouge, dont les aouTeraini, depuis Daniel Eomanevitdi (1946]| pranaieBt le titre de foitde iouH la Rutàie.

La Pologne reprit ainsi sa plaoe à la tête de^ peuplée slavoBS, où son eréataur, Boleslas le Grand, /è rat éeê Sl^vBê, IVivait élevée. De ses deux rivales, l'une, la Boliénie, sa sosur aînée en eivitisatioii, germanisée peu à peu par ses rois, que flattait la couronne impériale, se détachait pour ainsi dire de la famille slavoqne{ et Itaulre, la Rusaie, morcelée au commencement du xp siè<* de par les héritiers de Yladimir, afileûblie par aulte des discordes intestines, et réduite au xint sièele, en grande partie, à subir le Joug des Tàtari, ne pouvait guère prétendre alors au premier rôle.

Casimir le Grand n^eut point de postérité légitime t il fut le dernier roi de la dynastie des Piasts. La Providence frappait ainsi la Pologne dHin eoup fatal au moment même où revenir sHiffrait | ce pays sous les couleurs les plus brillantes. Pour assurer la couronne à son neveu, Louis d'Anjou, roi de Hongrie, Casimir crut de* voir deaunder l'assentiment de la diète (1H9)} car il y avait encore des Piasts en Mazovie et en Silésle, qui pouvaient prétendre à l'héritage. Looif , n^ayant que des Allés, se vit aussi danf la nécessité de solliciter un pareil consentement, pour Hedviga, la cadette ; et celle-ci morte, la diète eut encore à se prononcer sur les droits de son ouri, Jagelion. Le ils de ce dernier est aussi mort sans postérité, I^es diètes ne man* puèrent point, plus tard, de tirer parti de tant de circonstances favorables, pour rendre la couronne éleative. En attendant, elles purent impoiCT des bornes au pouvoir royal, éinsi, pour ne citer que les principales concessions, Louis de Hongrie et son successeur, Jagelion, durent aoeoffdtf aux diètes le droit de voter les impôts (fS74 et 1404). Jagelion s'engagea en outre (1430) à la stricte exécution de la nmieuse loi Mfmitêêm eaptfwibimuê (yhmbmi cérpm de la Pologne). Son flls, Casimir, fut obUgé de rési* gner le droit de déclarer la guerre et de iirire la paix (1454); etquand, sous le même règne (téOi), Icc diètee eurent obtenu une organisation plus régnUère et pins indépendante, rien pelés cm* pichaift p)ni de HMre prévaleir le principede leur

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omnipetenee, eouiacré à la in (iMS^ pat lee rois eux-mêmes, dans ces termes sacnnnentaux t ^ihii «evî eofurfilnt ifekeat per No$ M anceeaaanea No$troê, nUi oommuni nunUiMrum ter» f^riHtn eon$en*u.

Cependant longtempe encore le respect Inh ditionnel pour la royauté préserva la nation de l'abus de ses privilèges, et prèe de trois siècles de grandeur et de prospérité suivirent le règne de Casimir le Grand, lia petlte^nièce Hedvige, oauronqée reine eu 1584, ayant donné sa main à laghiel ou Jagelion, grand-duc de Lithuanie, le p||i4 puissant des potentats du Nord (1S86- I4M)9 une nouvelle dynastie (tH)r. Jaosixor) succéda aux PMist», Un vaste peys ftit par ce moyen acquis à la chrétienté, et réuni l| la cou* roqpe de Pologne^ D'un €Ùié^ le^ républiques russes de Pskol et de Novgprod la Grendc, de l'aqtre les Têtars de Pérékop relevaient de la Litbuanie; en n^ême temps, la Eupie Blanche» )a Séverie, la &ovie, la Podolie, et beaucoup d'autres principautés russes, aqps^tes au joug des Tètars et tenues en flefs par les frères de Ja^ gellon, faisaient également partie de son empire. Trois peuples composaient alors la Pologne : les Lithuaniens, les Eussiens < et les Polonais* Les libertés et privilèges de la noblesse polonaise tarent confiés aux premiers en 1411, aux secouds en 14ii; et ponr consolider d'autant mieux Tunion , le concile de Florence réunit les deui rites, grec et romain, qui séparaientles Polonais des Eussions, ces derniers ayant reçu la fbi de Byianee et ne reconnaissant point l'autorité des évêques de Eome, L'union adoptée par Isidpre, archevêque de iUew (Kief), au nom de toute la Eussie, ne flt cependant de progrès qiie dans les Eussies polonaises.

Anx troif peuples que ueus venons de nom* mer, un quatrième vint bientôt s^unirnop moins spontanénient. fatigués du Joug et des veimUoqs exercées par l'ordre Teutonique, les Prussieps se soumirent, en 1454, à Casimir I¥, flls de Jagelion. La résistancedel'ordre amena une guerre de douie ans, à la suite de laquelle le grand maître, Louis d%lichhausen jura àdmté aux rois de Pologne, reconnut l'ordre et ses possessions com^c faisant une pertie Indivisible diç la Pologne, et obtint à ces conditions, par la paix de Thorn (1400), qu'une partie de la Prusse, nommément imnigsbere ot ses environs, lût instituée en fief, pour Uii et les grands paltres qui lui sHccéderaients le reste de la Prusse ren*

g«« •fi|içaf4'Ui tneiff» fUu, Bmsm; fi»9»j; ^mrwi» (Hoa# pmu cxplU|Ml«w»WMm 4Utiiietioni l'art. IUmi»).

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ira sous la domination immédiate des rois de Pologne. Plus tard (1525), le maître de l'ordre Teutonique, Albert, margrave de Brandebourg, avant sécularisé Tordre en adoptant la confession de Luther, son fief fut élevé par son oncle, Sigismond, roi de Pologne, au rang de duché, et prit le nom de Prusse ducale en opposition avec celui de Prusse rcryale ou polonaise.

Il restait au centre même de la Pologne une province que Ladislas le Bref, restaurateur de son unité, ne put lui restituer : c'était le duché de Mazovie, où régnaient encore les Piasts. Celte ancienne fomille s'y éteignit en 1526, et le fief fut définitivement réuni à la mère patrie. Dès lors, la Pologne fût aussi compacte qu'étendue : elle allait de l'Oder jusqu'au delà du Borysthène et de la Duna, de la mer Noir à la mer Baltique. LesJagellons régnaient en même temps sur. la Bohème et la Hongrie, qui offHrent leurs couronnes à Ladislas, fils de Casimir -Jagellon (]471 et 1490). La Bessarabie, la Moldavie et la Yalachie reconnaissaient la suzeraineté des rois de Pologne, que des traités d'alliance et d'amitié liaient à toute la chrétienté. Florissante par l'agriculture, rindustrie eties sciences, la Pologne fut alors à l'apogée de sa grandeur. La législation civile et pénale du pays, éUblie par le s/oiut de fVisliça^ fût complétée par le etatut auquel le chancelier Laski donna son nom (1506). La Lithuanie obtint, en 1520, de Sigismond le Yieux un code de lois connu sous le nom de statut lithuanien , œuvre de sagekse et d'une civilisation avancée, qui fut rendue plus complète encore par Sigismond-Auguste , en 1564. La Prusse polonaise eut, à son tour, ses lois coordonnées eu 1 598, et elle vit naître dans ce tempslà rauteur du système du monde, Copernic. Quatre-vingts villes possédaient des imprimeries : Cracovie seule en comptait 50; les principaux auteurs étrangers, tant anciens que modernes, furent traduite en polonais, et l'instrucUon pénétra Jusque dans les classes inférieures.

Les Jagellons régnèrent deux siècles. L'union définitive de la Lithuanie à la Pologne fut leur testament politique. Le dernier des Jagellons, Sigismond-Auguste (1548-1573), voyant approcher sa fin, convoqua à Lublin une diète générale (1569), et y fit signer l'acte d*union éternelle par les états des deux pays. Par suite de cet acte, la Pologne et la Lithuanie eurent chacune son administration séparée, mais elles reconnaissaient ensemble le même roi et la même assemblée représentative. Varsovie, point central entre les deux pays, fut désignée pour la réunion de cette

assemblée; il s^ensuivit que cette vifle devint la résidence des rois ; l'ancienne capitale, Cracovie, conserva seulement la prérogative de les voUr couronner dans ses murs.

Grande et forte, la Pologne des Jagellons était pour la chrétienté un rempart invincible contre l'Asie; car, comme l'a ditMelanchton : «La magnanimité de la nation polonaise paraissait surtout dans ces guerres continuelles contre les barbares , qu'elle subissait pour le repos de l'Europe entière. « Les Tâtars qui, au xni* siècle, poussaient encore leurs incursions jusque sur l'Oder, furent enfin refoulés. Mais un nouvel ennemi menaçait déjà la chrétienté. Les Turcs, campés jusqu'alors en Asie, venaient d'établir leur empire à Coustantinople. Neuf ans avant cet événement, le fils aîné de Jagellon, Ladislas le Yarnénien, roi de Pologne et de Hongrie, mourut pour le salut de la chrétienté, dans la baUille qu'U leur livra à Varna (1444). 0'un autre côté, les grands princes de Moscou, branche cadette d'anciens grands princes de &iow, profitant de l'abaissement des Tâtars, réussirent, après deux siècles de vasselage, à secouer leur joug, et à étendre leur propre puissance sur toute la frontière du nord de l'Europe et de l'Asie. La Pologne ressentit aussitôt l'apparition de ces deux antagonistes, par la chute des républiques de Pskof et de Novgorod la Grande, absorbées par les Moscovites en 1460 et 1479, et par la perte de Pérékop et des deux ports sur la mer Noire, Killa et Akerman, dont les Turcs firent la conquête en 1475 et 1484. Mais ce qu'elle perdit de ce côté, elle le regagna de l'autre par la soumission spontanée de la Livonle et de la Courtaude (1561) qui, menacées par les czars de Moscou , se réfugièrent sous la protection des rois de Pologne.

Par l'étendue de ses frontières, et par le nombre de sa population, la Pologne, riche et éclairée, était donc assez forte pour ne rien redouter; seulement il lui follait une organisation puissante, et précisément, chaque jour, les diètes empiétaient sur les droits du gouvernement; chaque jour le pouvoir royal perdait de son ancienne autorité. La législation, toutefois, qui constituait les diètes, semblait être rationnelle. Les nobles seuls, il est vrai, étaient admis à exercer les droits politiques, mais noble alors voulait dire soldat; le nombre des citoyens n'était donc pas restreint : il augmentait à chaque nouvelle guerre; Starovolski portait, au commencement du xvu* siècle, à plus d'un million la population noble du pays. Bé(ènseurs-néS de la patrie, les nobles étaient les principaux pro-

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prtétiiret et eonstituaient la clam la plus éclairée de la nation. Cependant à raifon de sa puissance et deaoo nombre, la noblesse n*admit aucun frein à ses prétentions. L*autorité royale. Tinfluence des grands, et les droits du peuple plièrent également sous sa suprématie. Le droit de posséder des propriétés territoriales fut enlevé à tons ceux qui n*étaient pas nobles (1469). Les priTlléges municipaux et les possessions urbai* nés, nndustrie et le commerce restaient encore aux bourgeois ; mais les paysans, qui labouraient cette terre qu*ils ne pouvaient plus posséder en propre, fdrent bientôt, par le feit, sans aucune loi précise, réduiU à Tétat de servitude. Le droit d^lnesse et toutes les distinctions aristocratiques furent à leur tour abolies, en 1538 : Pégalité démocratique entre les nobles, les citoyens, devint la loi suprême du pays. Et lorsqu^à la mort du dernier des Jagellons, décédé sans postérité (1579), rinterrègne livra à la diète un pouvoir sans contrôle, elle s*empressa aussitôt de rendre par une loi expresse la couronne élective, et de s*âssurer ainsi le droit de dicter périodiquement de nouvelles conditions aux rois, en leur faisant signer les fameux pacta conventa, sorte de contrat entre les nouveaux élus et la nation '. Le titre de seigneur et maître, donné aux rois, fut alors aboli, et ils furent tenus de prêter à sa nation le célèbre serment : Ei si in atiquibusjufumentum meum violavero, nuttam incolœ regni obedientiam prœsiare debebunt : imo ipm facto, eoê ab omnifldeobedieniiâque Uberotfàcio.'De monarchie tempérée, la Pologne devint ainsi une république.

Jusqu'alors au moins la brigue électorale lui avait été épargnée; les diètes avaient été souvent appelées à confirmer les rois, mais elles ne les avaient pas encore élus. Maintenant la rivalité des compétiteurs, Tambition des grands vinrent bouleverser le pays, et la fièvre périodique, provoquée par la mort de chaque roi,dut nécessairement le f^ire déchoir de son ancienne puissance. Zamoyski, un des plus illustres citoyens de la Pologne, demanda et obtint, qu*à Texclusion des assemblées représenUtives, toute la noblesse, sans distinction, participât directement à Télection. On ne pouvait la réunir qu*en plein champ, et c'est à cheval, armée Jusqu*aux dents, qu'elle s'assemblait dans le champ électoral de Tola (sous les murs de Varsovie) pour

* Cm à Bmti è» Valob, m 1574, <|m fartot d'abord }mfo»in ètt cMdhloM dcraCM utvc; ÉUnM lUtory rt «et memMon taemi 4fal«a«« Ibrc^ d*«n Mc«pt«r et d« 1m jarrr. Cm rapitoU- Éam —etmûttê forM^rtat «n qvdqii* aorte U charte drs Uhnti» S Mai» «Hm altifdmt ranarchtt Mr U pajf , il blflkUi

une délibération de cette importance {v€^. KoLLo). Cependant longtemps encore les suffrages de la noblesse polonaise se portèrent d'un commun accord sur les rejetons de la famille des Jagellons. Ce fut d'abord Anne, sœur de Sigismond-Augusle, que Henri de Valois, le premier élu, et Etienne Batory (ou Bathory), son successeur, durent promettre d'épouser; ce furent ensuite les Wasa, fils et petit-fils de Catherine Jagellon, que les vœux presque unanimes de la nation appelèrent de Suède sur le trône polonais. Et quand ceux-ci moururent à leur tour sans postérité, c'est encore à un descendant de Jagellon, au prince Michel (Koribut) Wisniowieçki, que la couronne fut offerte. De cette prudence patriotique résulta l'avantage que ses voisins n'avaient point occasion d'imposer leurs candidats aux suffrages de la république, et, tant qu'elle conserva ce reste d'indépendance, la Pologne marqua parmi les puissances européennes; sou histoire eut même à consigner quelques Jours de grandeur. Ainsi, lorsque Henri de Valois (Huiai III de France), qui n'a régné que cinq mois, eut fait place à Etienne Batory, prince de Transylvanie (1575-1586), celui-ci, grand homme et grand roi, rétablit du côté du Nord l'ancienne prépondérance de la Pologne, que l'esprit pacifique du dernier des Jagellons avait laissé s'a£biblir. U allait porter le dernier coup peut-être à la puissance naissante des czars, lorsque son bras fut arrêté par l'intercession du saint-siége, trompé par la promesse que lui avait faite loann Vassiliévitch, de s'unir à l'Église romaine (1589).. Aux TâUrs de la Crimée et à leurs incursions, Batory opposa une garde toujours vigilante, en organisant militairement la population des lies du Borysthène, dont il forma une milice permanente, une espèce de colonie militaire, connue depuis sous le nom de Cosaguea. Avant cette époque, ce n'était qu'une population presque nomade, vivant de rapines, comme ses voisins les Tâtars. Par les soins du même roi, une nouvelle université fut érigée à Vilna (1579) et confiée aux jésuites, dont l'ordre venait d'être créé. Sous son règne aussi, la justice fut rendue complètement indépendante, par l'institution d'une cour suprême. Il allait arrêter les progrès de la licence par de fortes lois, et méditait même de rendre de nouveau le trône de Pologne hérédiUire, lorsqu'une

ce fat OM locution prorerfaUle en Europe t PoUmim mh/miom nginw. Foir aotre euTrsge Lm Bmut't, U PologM *t U Ftmlamdê, p. 51S et soiT., et ZtcUiukl, Hiêtpin Jt Pàtogmê, t. H, p. 70 et •vIt.

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mort subite remporta» aux regrets de sa patrie ^doptlye, he règne de Sigismond III Wasa (1587- 1632), qui succéda à Batory» ne fut pas moins brillant à son début. Maximilien d* Autriche, son compétiteur à la couronne» fut vaincu et fait prisonnier par le betman Zamoyski. Les Moscovites battus par le betman Zolkiewski, et fatigués par la guerre dont les faux Démétrius furent le prétexte et la cause, livrèrent les frères Cbouiski, leurs souverains, à Sigismond, et offrirent la couronne des czars à Ladislas, son fils aîné (1610).

Sigismond était héritier de la couronne de Suède. Son élection en Pologne devait par conséquent allier deux pays libres. La fatalité voulut que cette œuvre de patriotisme et de sagesse devint précisément pour les deux peuples la source des plus grands maux. Au lieu de réunir la Pologne et la Suède, Sigismond et ses fils, Ladislas lY et Jean-Casimir, fervents catholiques et déchus du trône de la Suède protestante, par suite de leur zèle religieux et des intrigues de Charles, duc de Sudermanie, qui avait usurpé leur couronne (1599), entraînèrent les Suédois et les Polonais dans une guerre de succession, qui, interrompue par plusieurs trêves, dura plus de 60 ans, et ne finit qu*avec Tépuisement des deux peuples. Dans une république divisée en partis et agitée par des factions, il n*est pas di^ ficile d*allumer une guerre civile ; Charles-Gustave de Suède réussit aisément à déchaîner ce fléau contre la Pologne, En offrant la grande Pologne (c*est-à-dire la Pologne ancienne) au duc de Prusse, la petùe Pologne (Cracovie et les principautés russiennes) à George Rakolzy, palatin de Transylvanie, comme il avait promis la Lithuapie au prince Janus Eadzivill, il obtint Tassistance des Brandebourgeois, des Transylvaniens et d'une partie des Polonais eux-mêmes. En même temps, les Cosaques, gênés dans leurs vieilles habitudes par la discipline que leur avait imposée Batory, irrités par les vexations des êiaroêtes (vox») qui ne respectaient pas leurs franchises, et par le zèle du clergé catholique qui voulait les convertir au rit romain, excités surtout par les intrigues des ciars, avaient levé le drapeau de la révolte sous la conduite du betman Cbmiehiiçki (Khmielniçki). Leur cri de liberté trouva de l*écho parmi les paysans polonais des provinces voisines, qui, comme eux, professaient la religion grecque. A la suite des

' Nom «vom dti plot haut l« Uxt« do «meot an roto : Et si I» aliquAêa, etc., atnal qa« cdoi àt U loi de 1305 1 Itihil novi, etc.; c'eet le premier qui, avec le temps, servit à l^aliecr lc$ coiifiéd^atloiMt comiM k Ukfmm vHo m Imt qM l'appllcttlon d«

cosaques, les Moscovitat ai lu TAttn avileil envahi la Pologne. Le pays entier fut mis ainsi à feu et à sang. Néanmoins telles furent «neore ses ressources, qu*U sortit presque victorieux de la lutte. L*épouse des deux Wasa, Louise, de Gonzague, développa dans cette occasion le caractère d'une graude reine. Appuyé, par elle, Czarnieçld, chef des armées de Jean-Casimir, après avoir chassé les Suédois qu*U poursuivit jusque dans Tlle d*Alsen (en I>anemarl4, rem* porta plusieurs victoires sur les Moscovites audelà du Borysthène, et rendit enfin la paix k sa patrie. Mais il fallut la racheter, malgré la victoire même, par de grands sacrifices ; car d*un côté, les ravages d*une si longue guerre avaient fini par épuiser le pays, de Tautre, Tanarchie toujours croissante rendait la Pologne incapable de soutéhir plus longtemps la lutte* C*estau milieu de ces calamités intestines, que la révolte établit sa légalité sous le nom de confédéraUonM en 1609, et que le fameux liberum vélo ' s'introduisit abusivement dans les diètes polonaises» Ainsi au moment où il fallait profiter de la victoire, les troupes se confédéraieni pour réclamer leur solde, et quand il s*agissait de voter Timpôt ou d*empêcher le progrès du mal par un grand acte d'autorité, le veto d*un seul nonce, à rinstar de celui de Rome, arrêtait les délibérations de la diète et annulait les résolutioPf Salutaires. Les sacrifices pour obtenir la paix» au milieu de pareils embarras, durent donc être immenses. Après avoir cédé la suzeraineté de la Moldavie au Grand Seigneur (1619), il faUuti par le traité de Wehlau (1657), reconnaître Tindépendance de rélecteur de Brandebourg en sa qualité de duc de Prusse. Par le traité d'OUva (1660), une partie de la Livonie et de la Prusse royale dut être abandonnée à la Suède. Enfin Smolensk, Czerniéchow (Tchernigof) etrukraine transborysthane furent cédés aux czars de Moscou, par le traité d'Androussof (1667). Ce dernier traité fut le résulUt de la défecUon des Cosaques, qui n*ayant pas réussi à se rendre indépendants, prêtèrent hommage aux czars. Les Cosaques, U est vrai, ne Urdèrent pas ^ •'«" repenUr. Ala mort de Chmielniçki, ^n succ^seur, Jean Wychowski, accepta le pacte de Hadziacz (1668), et rentra à la tête d'une grande portion des révoltés sous la domination pol^^" naise; mais ce pacte n'ayant pas été fidèlement observé des deux côtés, une partie des Cosaques

second. Le droit exorbitant en vertv doqnel an sevl ««V*"* diète frappait de nalliië, par son o^podtion lodlvIdufHe, toti^ les d^dsioas de l'assemblée, repoMU sur le fréeiàtnt établi ate* •nccAh «• 16M,p«rla noacc Stoinaki.

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86 floumli Irîtntôt après à la Porte OUoinane, Ooroszeoko était alors leur chef.

Un demi-siècle de guerre sanglantes soutenues au sein même de la Pologne , contre de si nombreux ennemis, amenèrent la décadence du ' pays. Sa population fut décimée par la peste, la famine et le glaiye; ses terres furent dévastées et laissées incultes ; ses Tilles rasées, et leurs habitants réduits à la misère; enfin tous les établissements industriels et scientifiques furent détruits , et la ciTilisation du pays reculée de plusieurs siècles. La Pologne perdit plus de 3 millions d'hommes. Les Tâtars seuls avaient emmené 1,214,000 prisonniers. Malgré tant de calamités, gardienne toujours fidèle de la chrétienté , la Pologne ne lui manqua point quand, une dernière fois , Tislamisme vint la menacer.

depuis rétablissement de la puissance ottomane à Conslantinople, les incursions des Cosaques en Turquie, et celles, mille fois plus terribles , des Tâtars dans les provinces polonaises, fournissaient fréquemment aux deux États des motifs de plaintes mutuelles. Cependant un traité d*amilié liait les Jagellons avec la Porte. Soliman U avait transmis à son fils Sélim Tobligation de rester en paix avec le fils du vieux Sigismond. Osman l^r et Sigismond Wasa confirmèrent les anciens traités. A Tépoque dont nous jurions , la défection de Doroszenko ayant entraîné les Turcs en Pologne, ils envahirent toute la Podolie. La victoire de Chocim ou Kbotine (1675), qui arrêta leurs progrès , éleva au trône le Taillant Jean Sobieski (1674-1696), alors hetman des armées polonaises. C'est dix ans après (1685) qu*à la prière de l'empereur, Jean vola au secours de la chrétienté et remporta, sous les murs de Vienne, une victoire qui illustra à jamais les armes polonaises , mais qui, par ses suites, fut déplorable pour la Pologne. Un coup fatal fut porté à la puissance que l'accroissement de l'empire moscovite allait bientôt rendre la plus fidèle et l'unique alliée de la Pologne. Ce mémo coup livra définitivement à l'Autriche rindépendance de la Hongrie, que plus d'un Uen attachait à la Pologne.

La délivrance de Vienne fut le dernier triomplw , le dernier acte de puissance que la Pologne exerça au dehors. Il eut pour résultat le traité de KarlowiU, signé trois ans après la mort de Sobieski, et qui restitua hi Podolie à la Pologne. Son territoire était encore de 35,836 lieues carrées , et sa population pouvait monter à 14 millions d'âmes. Mais tandis qu'en Autriche, Léopold achevait de rendre son pouvoir atooliii tandis qu'en Russie, Pierre le Grand

aff^nissait Pantocratie des nart , et que Péieeteur de Branddx>urg, devenu roi dé Prusse, organisait militairement l'ancien fief polonais, la Pologne , placée au milieu de ces puissances, loin de songera relever le pouvoir, n'était préoccupée encore que de préserver la liberté oontre ses envahissements. Pour comble de malheur, de nouveaux événements rendirent irrémédiables les maux qui désolaient ce pays.

Le successeur de Sobieski, Auguste II (1697- 1733), électeur de Saxe, d'accord avec Pierre le Grand, recommença la guerre contre la Suède. Charles XII qui y régnait alors , d'abord victorieux des Saxons et des Moscovites, au point d'avoir pu disposer de la couronne d'Auguste en faveur de Stanislas Leszczynski , palatin de Poznan (1704), fut, cinq ans après, défait à la bataille de Poltava. De ce moment les czars n'eurent pas de rivaux. Par les fOUes guerres qu'elles s'étaient faites entre elles, la Turquie, la Suède et la Pologne, leur avaient frayé le chemin de la grandeur. Obscur jusqu'alors, l'empire moscovite s'éleva majestueusement au premier rang.

La bataille de Poltava ayant rétabli Auguste sur le trône de Pologne , raffermit son alliance avec Pierre le Grand , qui avait changé le titre de czar de Moscou contre celui d'empereur de toutes les Busiiei, dont la plupart étaient encore polonaises.

Parmi les vices des institutions polonaises, le liberum veto, cette fatale prunelle de la liberté, tenait indubitablement la première place. Toléré jusqu'alors , cet abus fut d'abord érigé en loi, en 1718. La seule autorité qui restait, la diète, étant ainsi réduite à l'impuissance, l'anarchie arriva dès lors à son comble. Sous le règne du successeur d'Auguste II, pas une seule diète ne put achever ses délibérations. La diète de 1718, rassurée sur la sécurité du pays, fixa l'armée à 34,000 hommes, et les revenus du trésor à 5 millions de fr. seulement. La Pologne n'eut plus ainsi à opposer qu'une inertie forcée à toutes les intrigues et les entreprises extérieures. Aussi It.jgrand Frédéric recrutait impunément en Pologne ses armées pendant la guerre de sept ans, et payait les denrées qu'il en tirait avec de la fausse monnaie. Les troupes aliiéeê ne quittaient plus la Pologne : si parfois la clameur publique ou l'insistance de la Porte Ottonane les forçait à se retirer, bientôt l'alliance leur offrait le prétexte de rentrer; et telle fUt la situation malheureuse du pays, que toutes les factions appelaient tour à tour cet appui. Snfin, la libre élection des rois ne fut plus que l'seuvre d'une manœuvre des troupes aUiéee : c'est par leur

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