‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 3Chapitre 10 sur 63 · AT · texte numérisé non relu

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et donne alnii i Hnfanterie le temps d'arriver pour le combattre et compléter m défaite.

Tels sont les secours que se portent réciproquement dans les batailles Tartillerie qui seule ne pourrait pas se soutenir, Tinfonterie et la caTalerie qui la défendent et en reçoivent à leur tour la plus puissante protection. Gaiitti.

BATAILLE NAVALE. For. COHËAT KkYkt.

BATAILLON. Le bataillon est un corps d'infenteriede700 à 800 hommes II en entre dans un régiment an moins deux, quelquefois trois, en temps de paix. On en a souvent porté le nombre à quatre, en temps de guerre. En Belgique, il entre dans un régiment quatre bataillons, dont trois effectif, et un de réserve; le régiment dit d'ilUe, uniquement composé de grenadiers et de voltigeurs, a quatre bataillons effheiifê. Pendant longtemps le bataillon fut Tunité à laquelle se rapportait la composition des armées. Sous Louis XIV, plusieurs régiments furent d*un seul bataillon de 600 hommes. Aujourd'hui, en France, le bataillon se compose de 8 compagniea de iM> à 100 hommes. Ce nombre a souvent varié. De ces huit compagnies, deux, celle des grenadiers et celle des voltigeurs, sont formées de rélite des hommes du bataillon. Le surplus reste affecté aux six autres compagnies, dites de fusiliers ou du cenirê. Chacune de ces compagnies est commandée, dans rinftaterie, par un ou deux capitaines, un lieutenant et deux sous-lieutenants; dans le génie et dans l'artillerie, les compagnies ont deux capitaines et deux lieutenants. Dans les trois armes, les huit compagnies qui composent un bataillon sont sous les ordres d'un commandant commun, qui a le titre de chef de bataillon.

Lé bataillon étant un des éléments fondamentaux de la composition d'une armée, l'instruction des bataillons est de la plus haute importance, soit qu'ils manœuvrent séparément comme corps isolé, soit qu'ils agissent comme partie du régiment auquel ils appartiennent. C'est dans le grade de chef de bataillon qu'ont commencé à se développer les talents militaires de tous les grandscapitainesdel'époque moderne. Caibttk.

BATALHA, bourg kitué à 99 lieues de Lisbonne et appartenant à l'Estramadoure portugaise. Il est célèbre par son couvent de dominicains nobles. C'est un monument d'architecture gothicosarrasine, construit par un Irlandais nommé Hacket, en 1585, d'après les ordres du roi dt Portugal Jean I«, qui voulait, par cette fond»* tion pieuse, immortaliser le souvenir de la victoire qu'il avait remportée sur le roi de CasUUe^ à AUubaroUa. On considère le oouva&tdeBataUia

comme un des plus beaux éditées de l'Europe* On remarque surtout les ornements mystiques de la chapelle cinéraire : ils présentent des signes hiéroglyphiques que l'on n'a pas encore pu expliquer; les plus difficiles de ces inscriptiona se trouvent sur le tombeau de Jean l^. Ce riche monastère a été embelli et doté par des souve* rains étrangers; on y montre encore, djt-on, un écrit de l'empereur grec Emmanuel Paléologue t il constate l'authenticité de reliques données par lui à ce monastère au commencement du xv« siècle. CORVBlSATlOll'S LsxiGoa.

BAT ARA. Thamnophiluê, ^nre d'oiseaux de l'ordre des insectivores, dont les caractères sont : bec épais, court, un peu bombé, élargi à sa base, dilaté sur les côtés, comprimé vers la pointe qui est obtuse, courbée et échancrée, dépassant la mandibule Inférieure : celle-ci est bombée en dessous et pointue; narines latérales, un peu distinctes de la base, percées dans la masse cornée du bec, arrondies ou ovoïdes, totalement ouvertes; pieds longs, grêles; tarse beaucoup plus long que le doigt intermédiaire; Textema réuni jusqu'à la première articulation, l'intema divisé; ailes très-courtes^ arrondies; les trois premières rémiges également étagées : les quatrième, cinquième et sixième leé plus longues. — Le genre bâtera, indiqué pard'Axara et formé par Vieillot, se compose, quant à présent, d'espèces presque toutes de l'Amérique méridionale^ et d'un petit nombre d'Afrique. Leurs mœurs et leurs habitudes sont encore peu connues. Selon d'Axara qui a pu observer plus particulièrement ces oiseaux au Paraguay, on ne les rencontre que dans les broussailles des fourrés obscurs où ils se tiennent silencieusement avec leur seule coa* pagne; ils n'en sortent que le matin et le soir pour aller à la chasse des petits insectes dont ils font leur principale nourriture; ils évitent la grande chaleur, ce qui forait croire que ces oiseaux se trouveraient beaucoup mieux dans des climats plus tempérés; leur chant, ou plutôt le cri qu'ils ne font enteudre qu'à l'époque des amours, se borne à la syllabe tu, assex vivement répétée. C'est aussi dans les buissons épais que les bâteras font avec soin leur nid fortement enlacé, et où ils y pondent ordinairement deux ou trois OBufs bUncs dans la plupart des espèces, et picotés ou rayés de brun ou de rougeètre dans quelques-unes. Da..t.

BATARD. Fcr^ BarÂnTs hatvbiu et DioÉ-

IfiBATlON.

BATAIiDE. f^inr* ÉCBlTOBi.

BATABDEAU. UarHve fréquemment dans les travaux hydrauliques que l'on se trouve dans te

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Béceteité de préserver â« riitvasion dtt eaux dei espaces dettlnés à la eonitniotioii d*un pont ou de tout autre ouvrage fondé à uo nWeaU infé* rieur à leur surteceé Oo établit, pour atteiodre ee but, «ne enceinte ou digue ayant pour objet de résister à Teffort qu^elles font pour gagner le niveau inférieur qu*0D veut leur interdire; si la hauteur d*eau à supporter n^excède pas un Bètre, une simple levée de terre est suffisante. A une profondeur de 1 mètre 50 c« on soutient la digue en terre contre la pression des eaiiz à Taide de planches posées de champ et soutenues par une file de pieux. Enfin lorsque la hauteur d*eau est plus considérable, la digue prend le nom de baiardeau. Elle se compose essentiellement de deux rangs de pieux espacés d'un métré et réunis par des madriers longitudinaux nommés Utmeêf contre lesquels viennent s'appuyer des planches assemblées à rainure et à languette, enfoncées veriicalemenl dans le sol i coups de mouton; ces plandies portent le nom de palpkÊHcheê; Textrémlté par laquelle elles pénètrent daas la terre est taillée en biseau pour fsdliter le battage. On forme ainsi deux espèces de murailles en charpente, soutenues extérieurement par les llemes et les pieux auxquels celles-ei sont fixées; oela fait, on enlève la portioB de vase ou de terrain meuble comprise à la surfoce du aol« entre les deux files de palplandies. Cette opération, quand on travaille sous mie certaine hauteur d*eau, se fait à Taide d'une espèce de hotte en tôle de for fixée à l'extrémité cTune perche, et que Ton nomme drague.

' Lorsque le terrain a été ainsi dragué Jusqu'à une profondeur convenable, il faut s'occuper de remplir de terre le vide du batardeau; mais auparavant on He deux à deux les pieux qui se cor^ retpondent dans un sens perpendiculaire k sa longueur, par des pièces assemblées à lenon en mortaise qui portent le nom d^entreiofêe; elles sont destinées à prévenir Técartement des deux files de palplanches qui céderaient sans cela k la poussée de la terre qu'elles sont destinées à contenir. Gelle^i doit être de nature è ne pas per^ mettre la filtration de l'eau; on préfère pour cet objet de la terre franehe ou de l'argile. Elle doit être miae avec précaution et pilonnée à mesure, sans quoi elle se pdotonne et ne prend pas corps. Elle esl ensuite sujette à se fendiller, lorsqu'elle se dessèche par suite de la baisse des eaux; puis, au moment des crues, les pariies séparées ne se rejoignent pas et dimnent lieu à des infiltratfotts. Lorsque eelles-ei sont trop abondantes, sa n'a d'autre ressonroe que d'enlever la terre et de la oonoyer de nouvemt.

AU canal sainUliariin, à Paris, la terre glaise a été remplacée par de la terre sablonneuse bien mélangée de */>» à '/ig de chaux ordinaire en pAte; cet essai a parfaitement réussi.

On donne ordinairement aux batardeaux une épaisseur égale à la hauteur d'eau qu'ils ont à supporter; non que cette épaisseur soit nécessaire pour prévenir les Inflltrations, mais afin qu'ils aient une stabilité suffisante.

Il fout éviter avec soin, dans la construction, de placer des pièces de bois d'une file à l'autre des palplanches, k un niveau inférieur à celui des eaux. Ainsi placées, elles servent de guide à des sources abondantes qui suivent leur surface, délayent la terre qui les entoure, et agrandissent de plus en plus la voie qu'elles se sont ouverte.

Lorsque le batardeau est terminé on épuise les eaux; la profondeur à laquelle on peut pousser les épuisements sans être entraîné dans des dépenses considérables, varie avec la nature du sol. Bans la terre franche on va Jusqu'à K mètres; dans le sable, pas au delà de 1 mètre SO cent. ; à une profondeur plus considérable, il devient difficile de maîtriser les sources qui se manifestent.

On établit quelquefois dans les fossés des places fortes des batardeaux destinés à retenir les eaux ou à leur 'donner issue à volonté. Pour donner à ces sortes d'ouvrages la solidité et la durée nécessaires, on les construit ordinairement en maçonnerie; on les place à l'angle saillant des bastions où ils ne peuvent servir d'abri à l'ennemi pour le passage du fossé. Leur partie supérieure présente une arête aiguë formée par deux talus inclinés sur lesquels il est impossible de marcher. GL/krETRoit.

BATAVES, peuple qui, dans la géographie an- . cienne, fait partie de la Germanique 2< (Gaules), et qui avait pour demeure principale l'Ile formée par la mer d'Allemagne, le Rhin, la Meuse et le Wahl. Cette Ile, qui de leur nom était appelée Ile des batavee, correspond à une partie des provinces appelées aujourd'hui Hollande méridiouale, (kieidre, Utrecht. Mais les Bataves s'étendaient encore au delà des limites tracées par les fleuves, surtout au sud-est, et la portion occidentale de 111e était occupée par les Caninéfotes. Les autres voisins des Bataves étaient les Bruclèreset les Usipètes à l'est; au sud, les Ménapes et les Gugernes.

Les Bataves étaient renommés à Rome, plus encore que les autres Germains, par leur haute stature et leur chevelure blonde. Aussi les cosmétiques destinés à teindre en blond les noirs chevenx des Romains s'appelaient étttme ^-

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tave. Leur bravoure était extrême; leur cavalerie passait pour excellente. Ils avaient une musique militaire nationale : lés instruments étaient formés de cornes d'animaux. On présume que les Bataves étaient des castes que des troubles intérieurs engagèrent à franchir le Rbin; cette émigration fut antérieure k Tépoque de César, qui les soumit avec le reste des Gaulois. Sous Auguste et sous Tibère, lorsque Rome songea sé- - rieusement à envahir la Germanie, leur pays devint la place d*armes des commandants romains. Du reste ils étaient exempts de tributs et d*imp^ts, portaient le titre d*amis etd*aUiés du peuple romain, et choisissaient eux-mêmes leurs chefs. Les troubles qui suivirent la mort de Néron leur permirent d'apparaître un instant sur la scène politique. Le Batave Civilis fut Tâme de cette insurrection gallo-germaine qui, au nom Vitellius, prit le» armes contre Vespasien, et dont le but était d'établir un empire gaulois, ou indépendant de Rome, ou mattre de Rome. Il fallut encore un an à Vespasien, débarrassé de Vitellius, pour comprimer la révolte. Plus tard, les Francs saliens s'emparèrent de Tile des Bataves et s*y établirent temporairement. Enfin se forma la monarchie mérovingienne. Les Bataves faisaient nominalement partie de Tempire d'Austrasie. Gharlemagne mort, les^oms anciens disparurent, et tous les pays eurent ou des comtes ou des ducs. Nous ne pouvons suivre les vicissitudes par lesquelles passa pendant ce temps Tile des Bataves (coy. Pats-Bas). Enfin lorsque les Pays-Bas se scindèrent en possessions espagnoles et en pays indépendants, Batave devint par la suite synonyme de HoUandais. Conquis en 1798 par les Français, les Pays-Bas hollandais prirent le nom de république batave qui fut remplacé en 18D8 par celui de royaume de Hollande. Parisot.

BATAVIA, f'otr. Java.

BATEAU SOUS-MARIN, ^çy. Navigation

SOUS-MARIlfE.

BATEAU A VAPEUR, f^o/. VAriui.

BATELEUR, f^cy. Hisraioii et Saltixbauqdi.

BATH, ville célèbre par ses eaux thermales et chef-lieu du comté de Somerset (Angleterre propre), est une des plus belles villes de l'Europe, et off^e, outre sa cathédrale qui est le plus magnifique édifice de l'Angleterre, la superbe place delà Reine (Queen'ê âquare)y le cirque royal, le Crescent (croissant), le Guild-Hall (palais de Justice), le nouveau bazar, rival, sinon en grandeur du moins en beauté, du Burlington Arcad de Londres; le théâtre ouvert en 1805, les bains, YUpper Aoomsdonton admire sur toute la salle

de bal. Les bains de Bath, renommés pour la goutte, les rhumatismes, les paralysies, les obstructions bilieuses, y attirent chaque année les réunions les plus brillantes de l'Angleterre. De ces bains, au nombre de 5, 4 sont à la ville. Les sources ont de S4 à 47<» centigr. Les Romains les connurent et bâtirent près d'elles Aquœ salis, dont il reste encore des vestiges, entre antres les ruines d'un temple de Minerve. L'industrie est peu de chose à Bath. Le commerce est presque tout de consommation. La population monte à 37,000 habitants.

Bath signifie bain; en conséquence c'est au mot Bain qu'on a placé VOrdre de Bath, (order of the Bath). Val. Parisot.

BATHORI ou Batorit, c'est-à-dire de Baior, nom que portent en Hongrie diverses localités, entre autres un village ducomitat de Sabolt qui, à la fin du dernier siècle, appartenait encore aux Bathori. Cette famille hongroise est très-ancienne et prétendait descendre d'un noble chevalier allemand auquel le roi saint Etienne avait fait bon accueil en Hongrie. Au xv« siècle, elle se divisa en deux branches, distinguées l'une de l'autre par le nom des terres : celle d'Etsed et celle de Somlio (lisez Chomlio). C'est la dernière qui donna à la Transylvanie cinq princes et à la Pologne un de ses plus grands rois. Chomlio, dont le château est aujourd'hui détruit, est un bourg du comitat de Krassna.

ÉTiiNNi Batort de Chomlio, fils d'André, garde de la couronne de Hongrie, fut oonunandant de Temesvar, palatin du royaume, et l'un des principaux antagonistes du prince Zapolya; il mourut en 1531.

Étibnni, troisième du nom, son fils posthume, naquit à Chomlio en 1533. La Transylvanie enclavée entre les deux grandes puissances, l'Autriche et la Turquie, qui s'arrogeaient l'une et l'autre un droit de suzeraineté sur elle, n'avait alors qu'une existence précaire. Un différend survint entre ce pays et la cour de Vienne; Etienne Batory l'ayant terminé à la satisfaction des deux partis , les Transylvains le choisirent pour leur prince ou volvode en 1571, après la mort de Jean Sigismond Zapolya. Batory paya, en 1573, un tribut au sultan S^m II, et, après en avoir obtenu l'investiture de la Transylvanie, il restait tranquille possesseur de cette principauté, lorsqu'un événement l'appela sur un champ plus vaste de la gloire (18 Janvier 1576).

Henri de Valois, premier roi électif de Polocpie, venait, à la mort de Charles IX, de quitter furtivement le pays pour retourner en France. Les Polonais déclarent le trône vacant, y ap-

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pellttt Anne, sœur de Sigismond-Auguste, et loi choisissent pour époux Etienne Batory, en

1576. Celui-ci, arriyé eo Pologne, trouve le pays déchiré par des factions, le peuple amolli par une longue paix, l*État sans trésors et sans armée ; et, saisissant les rênes du pouvoir avec énergie, il songe au salut du royaume. Le parti de Maximilien, archiduc d'Autriche, qui fut son compétiteur au troue, n*ose plus remuer. La seule vlQe de Dantzig se tenait encore pour TAutrichien : Batory la met au ban , Tassiége en

1577, et n'accorde le pardon qu'en la frappant d^nne forte contribution. En même temps il travaille à relever l'esprit beUiqueux de la noblesse et publie plusieurs règlemenU militaires. Depuis le r^e de Sigismond il existait en Ukraine, et près des cascades du Dnieper, une milice effrénée, vivant de rapines, et connue sous le nom de Cosaques. Batory leur donna, en 1576, une organisation régulière, élevant ainsi une barrière contre les Tâtars, les Turcs et les Moscovites; mais l'imprudence de Sigismond III, successeur de Batory, détruisit les fruits de cette institution et là tourna contre la Pologne elle-même. Après avoir établi la tranquillité dans l'intérieur du royaume, Batory déclara en 1579 la guerre à Ivàn Yassiliévitch , grand-prince de Moscovie, pour se venger des troubles que celui-ci fomentait en Livonie, le battit sur tous les points et le força de recourir à la protection du saint-siége. Le pape Grégoire lin, séduit par la promesse dlvân de se réunir à l'Église romaine, délègue le jésuite Possevin auprès de Batory, et la paix fut conclue en 1582 : par ce traita Ivân se désista de ses prétentions sur la Livonie, et la ville de Poloçk (Polotsk) avec tous ses environs retourna à la Pologne. Tout en relevant la gloire des armes polonaises, Batory ne perdit point de vue radministration civile du pays. Il rendit la justice indépendante et ne se réserva que le droit de grâce, par l'établissement de tribunaux d'appel, pQur la Pologne en 1578, et pour la Lilhuanie en 1580. Il sut aussi maintenir les nobles du pays dans le respect dû aux lois, et signala son règne par un acte de justice sur Samuel Zborowski qui, banni pour un meurtre sous le règne précédent, osa rompre son ban. Batory le fit décapiter, quoiqu'il dût sa couronne en partie à l'influence de cette famille. Il favorisa aussi les lettres; il fonda, en 1579, l'Académie de Yilna et la confia aux jésuites qui, sous son règne, commencèrent à s'introduire en Pologne. Fatigué des obstacles que la noblesse lui opposait pendant ses guerres avec les Moscovites, et prévoyant que les prétentions toujours crois-

santes de. ce corps plongeraient un jour le royaume dans l'anarchie, il conçut le projet d'arrêter les progrès de la démocraUe nobiliaire en rendant le trône hérédiUire. Ce grand projet, qu'U éteit décidé d'appuyer par la force des armes, l'occupait, de même que la nouvelle expédition contrôles Moscovites, lorsqu'il- mourut subitement à Grodno, le 15 décembre 1586, âgé à peine de 54 ans et sans postérité. Ce fut le dernier roi de Pologne qui déploya quelque énergie dans l'exercice de son autorité. Avec lui finirent pour le royaume les jours de prospérité et de puissance; et la Pologne, déchirée par l'anarchie qu'en vain il avait voulu réprimer, ne fit que marcher à sa perte.

Après la mort d'Etienne, la couronne princière de Transylvanie ne resU que très-peu de temps dans la famille de Batory. Etienne l'avait cédée à son frère aîné Christophe (mort en 1581); celui-ci la laissa à son jeune fils Sigismoiid, qui plus tard la céda, en 1596, à l'empereur Rodolphe II, en échange des principautés d'Opoléet deRatibor en Silésie, d'une pension de 50,000 ducats et du chapeau de cardinal. Mais aussitôt la cession faite, il s'en repentit, se réfugia en Pologne, et transféra la principauté à son neveu Audré Batory, cardinal et évêque de Warmie. André, battu par Michel, vaïvode de Valachie, allié des Impériaux, en 1599, fut tué dans sa fuite. Sigismond, rappelé par les Transylvains en 1600, se mit sous la protection de la Porte; mais vaincu par les Impériaux, il leur livra toutes ses places fortes et alla implorer le pardon de l'empereur Rodolphe n, à Prague, en Bohême, où il mourut, en 1613, dans un complet oubli. Son frère Gabhibl, protestant contre la cession de la principauté, se mit sous la protection de la Porte, chassa de Valachie le vaïvode Radut, et se soutint longtemps contre les Autrichiens ; mais ayant, par sa dureté et sa tyrannie, révolté les Transylvains, ceux-ci le déposèrent et choisirent Betlen Gabor. Le nouveau duc se reconnut vassal de la Turquie, et le sultan Achmet I<>r envoya une forte armée pour le soutenir. Gabriel Batory voulait composer avec les Ottomans, lorsqu'il fut assassiné en 1613. Alors la principauté de Transylvanie sortit de la famille de Batory. M. Pitkiewigz. BATHURST (coMTis de). Cette famille anglaise rattache son origine à la conquête de l'ile par Guillaume le Conquérant. Un de ses membres, Ralph, né en 1620, mort en 1704, fut à la fois médecin, poète, théologien et physicien trèsremarquable.

AiLEif , earl ou comte de Balhursl, fils de sir Benjamin Balhurst, né en 1684, mort en 1775,

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fut, sous le règne de la reine Anne, un des bres les plus distingués du parlement, et comme tory, un antagoniste décidé du ministère de sir Eobert Walpole* En considération des services qu*il lui avait rendus dans la chambre des communes, la reine Anne lui conféra, en 1711, la pairie avec le titre de baron Bathurst, de Baltlesden, dans le Bedfordshire. Il fut nommé comte en 1779. J. H. SCBNinLSi.

Son petit-fils Eirri, comte Bathurst, ancien secrétaire d'État, eut la confiance de Georges IV, même avant Tavénement de ce prince au trône. U fut nommé, en 1705, membre de la commission pour rinde, puis, en 1809, secrétaire d*État pour les colonies dans le ministère de lord Castlereagb{ et, pendant son administration deux établissements coloniaux fondés, Tun sur la côte occidentale de TAflrique, dans Tlle Sainte-Marie, à Temboucbure de la Gambie, Tautre dans les terres australes, à 140 milles de Sidney, reçurent son nom. Dans la chambre des pairs et au conseil du cabinet ce ministre tory se montra ardent adversaire de Nap<iléon et de la France. Il demanda, lors du retour de Napoléon de Pile d*Elbe, des mesures hostiles contre lui, en s*écriant que TAngleterre se déshonorerait si elle le laissait régner. U se fit accorder un alien biU, très-arbitraire, pour pouvoir éloigner les Français des États britanniques. Il insista pour que TAngleterre garantit et payât une partie de Temprunt fait par la Russie en Hollande, emprunt qui, à chaque session, provoque encore maintenant de vives plaintes dans la chambre des communes. Lord Bathurst appuya vivement la proposition de rétablissement des forteresses en Belgique. Il demanda en 1816, contre le vœu d*une grande partie de la nation, que TAngleterre maintint sur pied une armée nombreuse. Lord Bathurst fut constamment opposée Témancipation des catholiques, à la réforme parlementaire, et à toutes les mesures libérales demandées par les whigs. Lorsque enfin les vœux de la nation se furent prononcés avec assez d*énergie pour porter Canning au ministère, lord Bathurst sentit qu*il devait se retirer, et suivit, en avril 1827, Texemple de Wellington, de Peel et du chancelier Bidon. Cependant les torys ne tardèrent pas à rentrer dans le ministère, et en 1828 lord Bathurst fut nommé président du conseil. Ce nouveau ministère, s'il avait pu se maintenir, aurait probablement secondé le ministère Polignacen France; mais la révolution française de 1830 l'ébranlasi fortement que déJA avant la fin de cette année il fut obligé par Topinion publique de prendre sa retraite. Depuis ce tempa

lord Bathurst se fit entendre quelquefois comme orateur du parti de Topposition Wellington. Le dernier comte Bathurst, chevalier de Tordre de la Jarretière, est mort en 1854. Dbfpiiio.

BATHTLLE, d'Alexandrie, affiranchi de Mécène, florissait il Rome environ Tan 10 de notre ère. Pylade et lui furent les inventeurs de Fart de la pantomime, séparée de l*art dramatique. Le premier adopta un genre grave et tragique; Bathylle, plus gai et ami des plaisirs, se distingua dans le genre comique; ils eurent tous les deux des partisans qui prirent même une couleur politique et qui formèrent les uns contre les autres une vive opposition.

Batitlli est aussi le nom du favori d'Ana* créon dont ce poète a célébré la beauté et auquel les Samiens, ses compatriotes, élevèrent une sUtue. S.

BATIMENT , en latin œdifioium , dont nous avons fait édifice, lequel est synonyme du premier, mais qu'il ne faut pas cependant confondre avec lui. Voici hi distinction que M. Quatremère établit entre ces deux mots : bâtiment est le nom général que Ton donne aux ouvrages de rarchitecture , et plus particulièrement à ceux qui sont destinés à Thabitation ; le mot édifice se prend dans une acception plus noble et plus distinguée. Le mot de bâtiment ne saurait- convenir aux arcs de triomphe, aux fontaines, portes publiques, etc. ; celui d*édifice emporte avec lui ridée de monument. Les particuliers doivent avoir des bâtiments simples et commodes ; les édifices divins doivent être somptueux et magnifiques. — BATiMxnT se dit aussi des vaisseaux et de tous les moyens de transport par eau ; mais dans Tusage habituel on donne ce nom ni à un vaisseau , ni à une frégate, ni à une corvette, que cependant on range dans Tappellatlon collective de bâtiments armés en guerre, ou bâtiments de guerre : on dit bâtiment marchand, bâtiment de commerce, bâtiment à ramee, bâtiment ennemi, DicT. di il Çonv.

BATISSE. On doit appliquer exclusivement cette dénomination à l'exécution d'un bâtiment, quelle que soit sa matière, c'est-â-dire â sa partie toute matérielle. Une bonne bâtiese est celle où Ton a mis en œuvre , et avec soin, de bons matériaux; une belle bâtisse est celle où l'appareil est bien régulier ou bien ragréé. {f^cf'Ce mot). Si Ton en croit les anciens, l'art de tailler des pierres et d'en construire des maisons aurait été connu chex certains peuples dès les temps les plus reculés. Les Égyptiens disaient honneur de cette découverte àTosorlhus,siicoes6eur de Menés; ils attribuaient même à Ténépbès,

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doBtl6 règne remontée une très-haute antiquité, la construction d*une pyramide. Dict. Goiiv.

BATISTE, toile blanehe, très-fine et très-serrée. On emploie pour la tisser le lin le plus fin et le plus blanc, qu*on appelle ramé, et qui vient particulièrement dans le Hainaul français. Vers le xnt« siècle, Baptiste Chambrai mit en usage celle sorte de toile , quMI fabriqua le premier. C*est d*après loi qu'on lui donnait aussi le nom de Mie de Chambrai. D'autres croient que le nom de batiste lui a été donné par analogie avec une toile très-blanche et Irès-flne qui Tient des Indes, et qu*on désigne sous le nom de bastas. Bifférentes sortes de batistes sont appelées linons, claires, chambrais, etc., etc. Elles ne aont pas seulement fabriquées en France et dans les Pays-Bas , mais bien aussi dans la Suisse, la Bohème et la Silésie. Les plus estimées sont celles qui nous Tiennent des Indes. Dict. db la. Cont.

BATJU8CHK0W (CoifSTAirriFr), poète russe, naquit en 1787 à Hologda, et après avoir reçu sa première éducation dans une institution à Saint- Pétersbourg, il fut nommé secrétaire de l'enseignement dans Tarrondissement de Moscou. Quand la guerre éclata en 1806, il entra dans le corps des chassseurs de Saint-Pétersbourg , et Ait grièvement blessé au combat de Heilsberg. Il fut incorporé ensuite dans le régiment des chasseurs de la garde, fit la laborieuse campagne de Finlande, et obtint, à son retour, un emploi à la bibliothèque publique de Saint-Pétersbourg. 11 se remit au service en 1813, fut nommé capitaine d*état-maJor et adjudant du général Bachmetjow, fit les campagnes de 1813 et de 1814 et arriva à Paris avec les armées alliées. Pendant sa vie militaire, Batjuschkow n'avait cessé de cultiver la poétie, à laquelle il se livrait avec ardeur. Il avait quitté l'armée en 1816, et publia en cette année un recueil d'Essais en prose et en vers. Les morceaux en prose sont des dissertations sur des points de littérature russe; les poésies se composent d'épttres, d'élégies, de contes et de chansons. C'est surtout à Fimitation des Italiens que Batjuschkow s'est appliqué et il a fait du Tasse son principal modèle. Ses productions se distinguent par une grande richesse, par une harmonie rare et par une couleur élégiaque pleine de suavité. En 1818 il fut attaché, avec le titre de conseiller, à la légation russe à Naples. Hais, sous le beau ciel d'Italie, il tomba en proie à une invincible mélancolie que rien ne put dissiper. Bientôt elle dégénéra en folie. Cependant le poète ne cessait de produire des vers délieleuz; et en même temps qu'il s'occupait d*é4aditr rastfonomie, il traduisit la Fiancée do

Messine par Schiller. L'espoir de rétablir la raison de Batjuschkow fut entièrement détruit un jour qu'on voulut essayer l'effet qui produirait sur lui une de ses plus belles poésies qui lui fut chantée avec accompagnement de harpe. Il tomba dans un paroxysme de folie qui acheva de déranger son cerveau. Aujourd'hui il vit dans une profonde retraite, partageant la destinée du Tasse, qu'U a chanté dans un poëme qu'on regarde comme le chef-d'œuvre de Bat^ juschkow. V. H.

BATON DE MARÉCHAL. Son origine remonte aux investitures symboliques du moyen âge. Quand le maréchalat, qui d'abord fut un emploi domestique, devint un office militaire, ce qui parait avoir eu lieu sous Philippe-Auguste, le roi, en signe de la prééminence qu'il lui donnait sur ses troupes, remit son bftton entre les mains du maréchal ; car le bâton est, comme le sceptre, un attribut du prince. On voit indifféremment l'uuou l'autresur les monuments anciens. « Tous les deux, observe Ciampini, sont présentés aux rois dans la cérémonie du couronnement, le sceptre, emblème de la royauté, et le bftton, symbole du cojvmandMent. » Le bâton de maréchal est bleu d'aïur : Il était parsemé d*aigles sous l'empire ejt de lis sous la restauration, comme il fut sous l'ancienne monarchie. Deux bâtons croisa distinguent l'épaulelte du mare* chai : dans ses armoiries, il les porte en sautoir passés sous Téusson ; usage qui semble assez ré* cent, car du Baillant écrivait sous Henri III que les maréchaux avaient coutume de placer une hache d'armes au côté de leurs armoiries, et son témoignage est confirmé par les tombes d*anciens maréchaux, où sont gravés leurs écussons côtoyés de haches d'armes. C'est après lui, sans doute, que les héraults ont imaginé d'introduire aux armoiries ces hâtons en sautoir, symbole de la dignité du maréchal , et gage de son investiture. DlGT. M LA Coiiv.

BATON DE MESUBE, est un bâton fort court, ou même un rouleau de papier, dont le chef d'orchestre se sert dans les très-grandes réunions musicales, pour régler le mouvement et marquer la mesure et les temps. — Rousseau , dans ses écrits sur l'ancienne musique française, a dirigé particulièrement ses traits satiriques sur la manière d'exécuter adoptée à l'Académie royale. Il appelle le chef d'orchestre le bûcheron à cause des coups redoublés qu'il frappait sur le pupitre avec un gros bâton de bois bien dur. Le bruit du bâton, tombante coups égaux, détruisait l'illu* sion et contrariait l'amateur attentif. Ce vice I d'exécution était inhérent aux compositions fran«

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çaises du temps de Rousseau. LVchestre suivait les chanteurs à la piste sans observer nirhythme ni mesure , et lorsqu^il se rencontrait quelque morceau d*une marche régulière, les symphonistes et les chanteurs étaient si surpris de se voir assujettis à la mesure, que leur chef ne pouvait les retenir dans le bon chemin qu^en leur marquant chaque pas. — Tous nos orchestres sont maintenant dirigés avec Tarchet que le chef promène dans Tespace pour marquer les premiers temps de la mesure. Dès que le mouvement est bien senti et Timpulsion donnée, il abandonne les chanteurs et Torchestre pour se joindre aux premiers violons et jouer leur partie, jusqu^au moment où l*on aura de nouveau besoin d*un régulateur pour hâter ou retarder la marche du discours musical. Les coups de bâton de mesure étaient nécessaires pour faire connaître et sentir la mesure aux chanteurs, qui exécutaient un chœur dans les coulisses , et dont Poeil ne pouvait pas suivre les temps dessinés par la .main du chef. M. Brod a inyenté une mécanique aussi simple qu^ngénieuse qui obéit à une pédale que le chef d*orchestre presse, et fait agir un marteau de bois qui bat la mesure sous le parquet du théâtre, au lieu même où les choristes sont rangés.— Le bâton de mesure est encore nécessaire dans les orchestres immenses réunis dans une église pour quelque grande solennité religieuse ou pour une fête musicale. J'ai vu Méhul conduire trois orchestres dans Téglise des Invalides : un de ces orchestres était placé dans haut du dôme; Méhul marquait la mesure avec son bras entouré d'un mouchoir blanc. Castil-Blaze.

BATONI (POMPEO), né à Lucques en 1708, et mort à Rome en 1787, élève de €onca, de Massucci et de Francesco Femandi, peintres presque inconnus aujourd'hui, est un de ces artistes dont la renommée dépasse le mérite. Plusieurs admirateurs de Batoni ont voulu le placer sur la même ligne que Mengs ; mais il serait à désirer que Batoni eût réuni aux dons qu'il tenait de la nature et â ses talens pittoresques les connaissances et les pensées profondes de Mengs. Pour être juste envers Batoni, il faut convenir qu'il surmonta l'influence du siècle de décadence dans lequel il vécut, et que si ses tableaux n'annoncent ni une étude approfondie de la nature, ni celle de l'antique, non plus que celle des ouvrages des grands maîtres dont lllalie, qu'il ne quitta pas, lui ofiPrait mille modèles, ils n'en ont pas moins droit à l'estime des amateurs de l'art, par un sentiment précieux de vérité, un bon caractère de dessin, une couleur nette, vive, brillante 9 ftondue sans sécheresse, et par une

prestesse et une adresse de pinceau rares. Le Batoni peignit d^une manière variée, tantôt par touches, tantôt4>ar empâtement; par fois il te^ minait du premier jet, d'autres fois il ébauchait l'ensemble et Sonnait ensuite, d'un seul trait, la force nécessaire. Il était si sûr de ses effets qu'il couvrait souvent son tableau j^'un voile avant d'opérer, et ne descendait ce voile qu'à mesure que l'ouvrage avançait On cite comme ses chefs-d'œuvre le saint Gelse dans l'église de ce nom à Rome, la chute de Simon le Magicien, à la Chartreuse de la même ville, le martyre de saint Barthélémy dans l'église des PP. Olivetains à Lucques, la sainte Catherine de Sienne, les Filles de Darius, l'Enfant prodigue de la galerie impériale de Vienne, la Madeleine de la galerie de Dresde. Batoni excella dans le portrait. Celui de Joseph II, qu'il exécuta à Rome en 1769, lui valut des lettres de noblesse de la part de l'impératrice Marie-Thérèse. Les dessins crayonnés de ce peintre, conservés â l'Académie de Vienne, sont d'un fini précieux et plus savants d'anatomie que ses peintures. L. G. Sotbr.

BATONNIER, en France et en Belgique chef de l'ordre des avocats. Anciennement les procureurs se réunirent en confrérie, dite Saint-Nicolas. Les avocats finirent par en faire partie, et c'est même un des leurs qui était choisi tous les ans pour présider la confrérie. Le membre choisi portait le nom de bâtonnier^ à cause du bâton de Saint-Nicolas, dont il était armé dans les cérémonies de la confrérie. . X.

BATRACIEN, du mot grec pàrpaxoç^ qui veut dire grenouille, est le mot par lequel les naturalistes désignent un ordre de la classe des reptiles, et qui comprend huit genres : rainetle^grenouille, pipa, crapaud, triton, salamandre, protée et sirène. M. Duméril a groupé ces huit genres en deux sous-ordres, les Anoures (de deux mots grecs a privatif et oùpk^ queue, sans queue, de ce qu'ils sont dépourvus de cet or- , gane dans l'âge adulte) qui comprennent les quatre premiers genres; et les Urodèles (de oùpà, queue et H^o^ manifeste ) qui comprennent les quatre autres. C'est avec raison que Cuvier a fait des batraciens le quatrième et dernier ordre des reptiles, car ils marquent bien la transition des reptiles, qui ne peuvent pas respirer dans l'eau, aux poissons qui ne peuvent pas respirer dans l'air. En effet, tous les batraciens sont munis en naissant d'un organe qu'on retrouve dans toutes les espèces de poissons, qui leur permet de respirer dans l'eau, et qu'on nomme branchies; mais en arrivant à l'état parfait, cet organe disparait et ils ne peuvent plus

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respirer que dans Pair, à Taide de yériiables poumoDs. Cependant les sirènes, les protées et les tritons conservent toute leur Tie des branchies et des poumons, et toute leur vie ils peuvent respirer indistinctement dans Tair ou dans Feau ; ce sont de véritables amphibies. Ce n*est pas la seule métamorphose que subissent les batraciens. Au sortir de Tœuf , sous cette forme qu*on désigne par le nom de téiard, ils sont dépourvus de membres^ même de squelette, car ils n*ont alors que de véritables arêtes; leur corps allongé se meut dans Teau à Paide d'une queue, qui se termine comme une véritable nageoire. Enfin Torgane même de la digestion du têtard doit se modifier; car dans ce premier état il est essentiellement herbivore, tandis qu*à Tétat parfait il ne se nourrira plus que d*insectes ou d*autres petits animaux. Les batraciens n*ont ni écaillesy ni carapaces; leur peau est absolument nue.

Dans phisieurs espèces les œufs ne sont fécondés qu*à rinstant de leur sortie. Ces œufe, qui s*enflent beaucoup dans Peau après avoir été pondus, sont enveloppés d*une substance qui parait être de nature albumineuse; on les trouve dans Peau des marais, disposés en longs cordons ou en amas plus ou moins considérables ; dans quelques espèces cependant ils sont portés pendant longtemps par le mâle ou la femelle ; il parait y avoir aussi des espèces de batraciens vivipares. Parmi les batraciens, les anoures seuls fènt entendre un véritable cri qu^on a nommé eroatsement. Personne nMgnore combien on est importuné de ce cri, dans les beaux jours, quand on habite le voisinage d^étangs ou de marais, peuplés de grenouilles ; le cri chez les urodèies n*est qu*un faible glapissement qu'on entend à peine. A. Lige^nd.

BATTAGE ou DtNQUàGB. On appelle ainsi Pactton de séparer le grain de Pépi. Celte séparation s*opère de différentes manières ; le fléau est la machine le plus généralement employée à cet usage, principalement dans le Nord. Avec un fléau, dise^ les auteurs du Dictionnaire d'àgn'cuiture pratique, un batteur peut battre en un jour 90 gerbes de Aroment (ou 2 setiers de grain), 108 gerbes d'avoine, et 154 gerbes d^orge. Dans le Midi, le battage se pratique à Paide d'un gros rouleau cannelé, ou au moyen de chevaux et de bœufs, que Pon fait trépigner sur les gerbes étendues en plein air ; c'est cette opération qa*on appelle dépiquage. Il est quelques plantes telles que le chanvre et le seigle, dont on veut ■lénager les pailles; on en sépare la graine en frappant Pextrémité des tiges contre le bord

d*un tonneau fixé au sol, et dans lequel la graine tombe en se détachant. Le Promeut, le seigle, Porge, Pavoine et la plupart des plantes fourragères et des légumineuses à siliques se battent au fléau, avec quelque différence dans ParrangeiAent des gerbes ou des bottes. Le trèfle, sous le fléau, ne donne que les gousses, qu'U faut soumettre à la pression d'une meule de moulin à cidre, ou placer entre deux grandes râpes, dont une reçoit un mouvement de va-et-vient. La navette, la moutarde, le colza, la cameline et les autres plantes à graines plus tendres que le froment se battent ordinairement à la baguette. On emploie encore au battage des machines de divers genres. C'est surtout en Angleterre que l'emploi des moyens mécaniques s'est répandu; il y existe des machines à battre en très-grand nombre : la plus estimée est celle d'Andrew Meikle. A Paide de celte machine, dont le travail est immense, le grain est séparé de la paille d'une manière très -complète et très-expéditive. Le battage s'opère par la révolution d'un tambour cylindrique, sur lequel sont attachés des battoirs; le cylindre est mis en mouvement par Peau, la vapeur ou un manège. Au-dessus de ce cylindre, on place de grandes ailes, qui sont mises en mouvement par le même moteur, et tournent avec une telle rapidité que le grain battu, les menues pailles, etc., sont jetés plus ou moins loin, selon leur pesanteur. On trouve encore dans divers comtés de l'Angleterre des machines à battre portatives, au moyen desquelles on peut battre en un jour 45 à 68 fiectolitres de froment ou 03 de seigle, ainsi que d'autres machines à bras, qui peuvent convenir dans les petites fermes, et qu'on met en action à Paide d'un cheval, d'un bœuf, du vent ou de Peau. Le prince Gagarine a aussi inventé en Russie une machine qui a l'avantage particulier de s'appliquer à tous les moulins à farine, après avoir enlevé' la meule supérieure qu'on remplace par un tourniquet ou croix de bois â bras égaux, entre lesquels on introduit la tête des gerbes ; les bras du tourniquet frappent les épis et en séparent le grain. — Outre l'économie qui résulte pour le propriétaire de la substitution des moyens mécMques aux bras des hommes, c'est un service rendu à l'humanité que de soustraire cette classe d'ouvriers aux fatigues d'un état pénible et aux maladies qui en sont presque constamment la suite dans un âge avancé. Sir John Sinclair, dans son Traité d'agriculture pratique et raisonnée, énumère tous*les avantages de l'emploi des machines, et particulièrement de la machine écossaise. M. Brown de Blarkle, dans son ouvrage

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intitulé : On rural affaire, a établi que le profit qui résulterait pour FAngleterre si les machines à battre y étaient employées exclusivement serait de 86,400,000 fr* par an* — Dans un temps sec, le battage est plus facile que dans un temps humide ; de même les grains qui ont été coupés avant leur complète maturité, ou qui ont été mis en meule avant d'être parfaitement secs, se séparent de la paille plus di£Bcilement que ceux d*une récolte parfaitement mûre, et qui a été bien aérée. Bict. n la Cohy.

BATTEMENT. On appelle ainsi, en terme d*architecture, une tringle de bois ou une barre de fér plate qui cache l^endroit où se Joignent les deux ventaux d*une porte. Bn terme d'horlogerie, battement se dit de la secousse ou vibration que donne à la coulisse ce qui forme la circonférence du balancier d^une montre, quand il décrit de grands axes; il est peu usité. On entend par ce mot, en termes de danse, certains exercices élémentaires qui consistent dans le mouvement de la jambe qui est en Tair, pendant que l'autre jambe supporte le corps. On distingue trois sortes de battements : les grands battements, les petits battementS| et les battements sur le cou-de-pied.

Battement se dit encore, en termes d'escrime, d'une parade qui consiste à firapper la lame de son épée contre celle de son adversaire, quelquefois en retirant Tépée à soi ; les battements les plus usités sont : 1« le battement d'épée de tierce sans dégager sur les armes qui s'exécute en frappant Tépée de son ennemiet en allongeant en même temps l'estocade de tierce sans quitter son épée ; 1» le battement d'épée de quarte qui s'exécute de même en allongeant l'estocade de quarte ou de quarte basse. Déaddé.

BATTSMENT DE C<BUR. For- CoiOE et Palpitation.

BATTERIE. (Art militaire.) On emploie généralement cette expression pour désigner la réunion de plusieurs bouches à feu destinées à agir concurremment. On donne aussi le même nom à l'emplacement préparé pour les recevoir, et au parapet en terre disposé de manière à garantir des coups de Tennemi les pièces et les canonniers.

On distingue plusieurs sortes de batteries, savoir : l» les batteries de place; 2» les batteries de siège; S» les batteries de campagne; 4o les batteries flottantes; 5o et les batteries de côte.

1« Batteries de place. Elles sont établies sur les remparts des places fèrtes pour en défendre les approches et les ouvrages avancés, ainsi que pour protéger les troupes qui, poursuivies par

l'ennemi, viendraient se réfugier sous le canon des ouvrages de fortification. Elles sont armées, par l'artillerie, de bouches à feu, difiPérentes suivant la période d'attaque à laquelle l'assiégeant est parvenu, et suivant l'effet qu'on se propose d'obtenir.

Dans les commencements d'un siège, il faut surveiller par des feux directs tous les mouvements de l'ennemi. Pour y parvenir, on arme les ouvrages de la place avec des canons et des obusiers, et on donne à ces pièces le plus grand champ de tir possible, en les montant sur des affûts de place. La genouillère est élevée de 1 mètre 63 cent. (5 pieds) au-dessus des lambourdes qui portent la plate-forme, et elle donne ainsi, à la volée, tout le jeu nécessaire pour que la pièce puisse tirer dans tous les sens. On préserve ces batteries du ricochet au moyen d^ traverses qui les séparent; on établit dans leur voisinage de petits magasins à poudre pour le service Journalier. Dans les lieux où le champ de tir est borné et où les pièces ont besoin de beaucoup de mobilité, comme sur les flancs des bastions ou dans les ouvrages détachés, on monte les pièces sur des affûts de siège ou de campagne.

Pour s'opposer d l'établissement des batteries de l'assiégé sur la crête du chemin couvert, on prépare k l'avance dans les flancs des bastions des batteries casematées ( v<^* Casemats) qu'on arme de 7 à 8 pièces de gros calibre qui sont parfaitement k l'abri des feux courbes de l'assiégeant et retardent efficacement ses travaux ^or* pour l'ensemble des travaux défensifs d'une place les moU Dépuisb, Sitoi.

9o Batteries de siège. Les batteries de place sont, comme on vient de le voir, destinées k la défense des places fortes; les batteries de siège sont celles qu'on *élabiit devant elles pour les attaquer. Comme elles doivent chercher d'abord k démonter les pièces dont la place attaquée est armée, c'est sur le prolongement des faces et des flancs des bastions et des demi-lunes {vox» Dshi- LuifB) que sont établies les premières batteries. Lbb pièces tirent soit de plein fouet^soit à ricochet, jusqu'à ce qu'elles soient parvenues à renverser les pièces des assiégés. Les batteries de siège communiquant avec les tranchées («c;^. Tranchée), afin de pouvoir garantir la circulation des hommes et des munitions, le tracé de ces communications doit être fait avec le plus grand soin, afin qu'elles ne soient pas exposées k être enfilées de quelqu'un des ouvrages de la place. L'armement de ces batteries varie au fur et k mesure des progrès de l'attaque, ^itr* l«s mots Brèg», SiftQi.

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8* BatieHei de campagne. Ces sortes de bat* teries sont destinées I protéger les mouyements des corps d'armée et à seconder leurs opérations offensives auxquelles elles prennent une trèsgrande part. On les compose de pièces de 19, de 8 et de 4, et d'obusiera de 6 pouces. Elles se meuTcnt avec les corps d'armée auxquels elles sont attachées. Quand elles ne sont employées que momentanément» on n'élève pas de travaux pour les couvrir. Si elles doivent rester quelque temps dans une position stable, ou si elles sont destinées k battre, soit un défilé, soit un pont, soit nne porte fortifiée, on construit les épaulements nécessaires pour abriter les hommes et les pièces, en ayant soin de soustraire autant que possible ces embrasures aux vues de Tennemi et de les couvrir parfaitement à Tintérienr.

4* Batterieê flottantes. Il est des circon* stances où Ton ne peut pas faire usage de batterie* stables, comme celles de place et celles de siège dont nous venons de parler. Ainsi quand il 8*agit d'attaquer une place située soit sur le bord d'un grand fleuve, soit sur les côtes de la mer, ou défendue par des inondations considérables, on est obligé de recourir aux batierieê floiêanteeqae l'assiégé peut aussi employer avantageusement pour la défense d'une place semblable.

On les établit soit sur des radeaux, soit sur des bataaua pontée ou non pontés. Celles-ci sont plusflaciles à manœuvrer; mais on préfère néanmoins les premières : 1« parce qu'elles ne peuvent pas être coulées par les coups de l'ennemi ; 2o parce qu'il est facile aux canonniers de les construire partout et promptement, avec les matériaux qu'ils trouvent sous la main; 8« parce qu'elles tirent peu d'eau et qu'on peut s'en servir sur des bas-fènds ofi des bâtiments ne tiendraient pas.

On les compose de plusieurs lits de poutres de sapin goudronnées et l'on recouvre la couche siqiérieure d'un plancher en madriers, sur lequel s'éUblit la batterie. L'amiral vénitien Emo a établi, en 1785 et 1788, pour le bombardement de plusieurs places appartenant aux puissances btrbareaques, des batteries flottantes sur des radeaux formés des mftts de rechange et des futailles vides qui se trouvaient sur ses vaisseaux. Les parapets sont faits tout en bois ou de coffirages en sacs à terre ; Ils doivent être éublis asatx loin du bord extérieur du radeau pour que leur pesanteur. Jointe à celle des pièces, fasse équilibre avec le poids des munitions et d'un contre-poids en terre que l'on place derrière les

pièces, et que la batterie se maintienne dans une position horixontale.

Le général d'Arçon fit construire en sep* tembre 1789, au siège de GibralUr, des baUeries flottantes sur de vieux vaisseaux dont cinq I deux ponts et cinq à un seul pont. Il couvrit ses bouches è feu d'un blindage incliné ( vox. Bun* daob), fbrmé de trois couches de poutrelles en chêne ; un autre blindage incliné en sens contraire et appuyé au premier, couvrait une partie du bâtiment. Le surplus était couvert de trois couches de sacs à laine étendus sur le pont. Ces blindages étaient en outre revêtus d'un lit de vieux câbles destinés à amortir par leur élasticité la chute des bombes de l'ennemi. Des rigoles étaient préparées pour assurer la circulation de l'eau nécessaire à l'extinction des boulets rouges.

Le succès des batteries flottantes de d'Arçon était infaillible si elles eussent été secondées comme elles devaient l'être par les batteries de terre, les chaloupes canonnières, les bombardes et d'autres moyens accessoires. Faute de cette coopération indispensable, d'Arçon n'obtint pas tout le succès qu'il avait droit d'attendre de ses sages dispositions. Après plus de 18 heures de combat, pendant lesquelles les batteries avaient été criblées de boulets rouges, elles se trouvaient encore intactes, à l'exception d'une seule qu'il eût été facile de sauver en l'éloignant de sa place. Elles furent brûlées par les assiégeants, et malgré leurs efforts et ceux des assiégés, six heures après, il s'en trouvait encore quatre qui étaient restées entières.

Le général d'Arçon, chargé des leçons de fortification du cours révolutionnaire de l'école polytechnique, pleurait encore à chaudes larmes en faisant aux élèves, en 1798, le récit de l'échec que son talent et son patriotisme avaient éprouvé dans cette malheureuse circonstance dont il était toujours inconsolable.

Les Américains ont construit dans ces derniers temps, sur les plans de Fulton, des batteries flottantes â vapeur qu'ils ont armées de bouches à feu du plus gros calibre. Elles sont mises en mouvement par une pompe à feu dont la roue motrice est cachée. Dès lors, le bâtiment n'ayant ni mât, ni voile, l'ennemi n'a aucun moyen d'empêcher ses manauvres; mais incommodé par la chaleur insupportable de la machine, on a été obligé de la placer sur un bâtiment particulier, entre deux navires qui portent les batteries, ce qui complique la construction et ralentit la manœuvre. On ne peut I donc plus exposer, dans leur état actuel, ces

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batteries aux tempêtes, et elles ne peuvent être employées utilement qu'à la défense des rades et des ports.

50 Batteries de côte. Les batteries de côte ont été dans les dernières guerres répandues avec profusion sur les côtes , en sorte qu*il a fallu plus de 3,000 bouches k feu pour en armer tout le développement ; mais il est résulté de cet immense armement Timpossibilité de le pourvoir d*un personnel et d'un matériel proportionnés à son étendue. Dès lors les batteries ont été mal servies; et pour avoir voulu compléter la défense des côtes, on Ta rendue presque nulle.

Napoléon, dans ses Mémoires publiés par le général Montholon, reconnaît que le nombre des batteries élevées sur le développement considérable que présentent les côtes laisse sans défense beaucoup de points abordables, et que les descentes qui peuvent avoir lieu sur les points non occupés rendent inutiles les frais énormes que Ton a faits sur quantité d'autres points. Il restreint le nombre des batteries de côte et les réduit à trois classes : il destine la première à défendre un port ou une rade de sûreté, c'està-dire une rade où l'on peut rassembler un convoi, faire mouiller une escadre à l'abri des vents dangereux, et où les passes sont défendues par des feux croisés ; la seconde est consacrée à la défense d'un port marchand, d'une rade où peuvent mouiller les bâtiments de commerce, ou d'une anse qui, à marée basse, a encore 4 à 5 met. (12 à 15 pieds) d'eau, et qui peut servir aux embarcations de 10 à 13 bâtiments; enfin l'objet des batteries de troisième classe est de proléger le cabotage en défendant les mouillages principaux et encore lorsqu'ils ne sont pas trop rapprochés les uns des autres; Napoléon propose de supprimer toutes les batteries de côte isolées qui n'auraient aucune de ces destinations. Mais si l'on adoptait la réduction proposée, il faudrait y suppléer en employant à la défense des frontières maritimes, comme le conseillait Gribeauval, du canon de quatre contre l'ennemi qui tenterait une descente, afin de se porter avec rapidité sur tous les points où il se présenterait, de foudroyer ses chaloupes, de culbuter ses troupes et d'empêcher leur débarquement.

Les batteries de côte doivent être élevées de 14 à 18» (7 à 0 toises) au-dessus du niveau de la mer, afin que les boulets puissent ricocher à 200 mètres (100 toises) sur les vaisseaux, lorsqu'ils les manqueront de plein fbuet. Les boulets des vaisseaux, ne partant que de 3 à 4» (1 à 2 toises) d'élévation, ne peuvent pas monter par ricochet Jusqu'à la batterie, en sorte que les batteries ne

peuvent être touchées que-de plein fonet, tandis que leurs boulets atteindront les vaisseaux et de plein fouet et en ricochant.

Ces sortes de batteries doivent être armées de pièces de gros calibre, et surtout de mortiers dont les projectiles sont les plus redoutables pour les vaisseaux. Les obusiers, qui se transportent aisément et qui se desservent aussi focilement qu'une pièce de campagne, sont encore préférables aux mortiers, attendu que l'obus peut, à 3,600 ou 2,800» (1,500 à 1,400 toises), porter le féu dans les voilures, les cordages et les mâtures des vaisseaux. On place à la suite des batteries des fourneaux à rougir les boulets, pour tirera boulets rouges sur les vaisseaux.

Quelques pièces de catnpagne sont aussi nécessaires à cause de leur mobilité, pour flanquer les batteries ainsi que pour défendre la gorge et la plage voisine. Cakbtti.

BATTERIE. (Af art ne.) Emplacement des bouches à feu à bord ; ensemble de ces bouches à feu. Il y a des batteries couvertes et des batteries découvertes; celles-ci prennent le nom de batteries à barbette. Un vaisseau de ligne a ordinairement 3 batteries couvertes, quelquefèis il en a trois; alors on l'appelle vaisseau à trois ponts. Une frégate n'a qu'une batterie couverte. Certaines corvettes sont, comme les frégates, armées d'une batterie couverte et d'une certaine quantité de pièces sur les gaillards. Il est bien entendu que cet armement est moins considérable et moins fort que celui des frégates. Outre leurs batteries, les vaisseaux ont des caronnades sur leurs ponts supérieurs. Les batteries tirent leur désignation du calibre des pièces dont elles se composent; ainsi on dit : la batterie de 36, la batterie de 24, la batterie de 18. Cela ne s'applique qu'aux vaisseaux, puisque les frégates et corvettes n'ont qu'une batterie couverte; la batterie barbette est toujours désignée sous le nom d'artillerie des gaillards. La première batterie, ou batterie basse, est celle qui est le plus près de la surface de la mer; elle porte la plus grosse artillerie. Dans le système encore en vigueur, la batterie basse d'un vaisseau est du calibre de 56. Le 36 est fort lourd, difficile à manier, gênant par la place qu'il occupe; on a pensé à lui substituer du 30. Alors la première et la seconde batterie deviendront égales ; l'armement du vaisseau ne perdra rien en force, et le bâtiment sera moins écrasé par le poids des pièces. La troisième batterie d'un vaisseau à trois ponts est du calibre de 18. Les batteries de caronnades, bonnes seulement à demi-portée, sont de mauvais armements; en France, on les a empnmtées aux

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Anglais, qui y renoncent maintenant. Des canons courts et d*an calibre moindre que ceux des caronnades vaudront mieux pour la défense des bâtiments ; c*est du moins Topinion de la plupart des officiers de marine. Autrefois le boute-feu seul mettait le feu au canon ; on a adapté ensuite aux pièces des batteries à silex, semblables à celles des fusils, et le chef de pièce, au moyen d*un cordon, fait feu quand il le juge convenable. Le système des batteries à percussion a été, depuis trois ans, substitué à jcelui des batteries à silex. Aujourd'hui on fait les essais d*un marteau de cuivre, inventé par M. le colonel d*artillerie lurc, pour fk>apper sur la capsule et faire partir le coup. Ce marteau fort simple est une invention ingénieuse ; elle a beaucoup de partisans dans la marine et très-probablement elle sera adoptée. X.

BATTERIE ÉLECTRIQUE. F(^, BOUTKIIXS DE Lbtbb.

BATTERIE GALVANIQUE. Fi^, Galvànishb

et VOLTA.

BATTEUR D*OR ET B* ARGENT , nom qu'on donne à celui dont la profession est d'étendre par failles excessivement minces des quantités diverses d'or, d'argent et même de cuivre; car, quelle que soit la nature du métal employé, les procédés mécaniques pour les réduire en feuilles légères sont les mêmes.

La première opération consiste à faire choix d'un or ou d'un argent dont le titre soit trèsâevé, c'est-à-dire le plus pur possible, car la présence d'un corps étranger, tel que du cuivre, rend Tor et Pargent beaucoup moins malléables; la seconde opération a pour objet la fusion du lingot qu'on forge ensuite avec le marteau à forger. Après viennent des laminages successif^, au moyen desquels le lingot d'abord réduit à deux lignes d'épaisseur finit par n'avoir plus qu'une demi-ligne et ne former qu'un ruban d'un pouce de largeur. Ce sont ces divers rubans qu'on coupe en quartiers ou en morceaux de 18 lignes de long. On les met les uns sur les autres et on les fèrge avec la panne du marteau, de manière à leur donner à chacun l'épaisseur d'une feuille de papier gris. On place ces morceaux dans des feuilles de vélin et entre des feuilles de parchemin. Le tout compose un cahier appelé coucher. C'est alors que commence l'opération de la batte, qui a plusieurs périodes.

Bans la seconde, les quartiers sont coupés en quatre parties égales, et les nouveaux morceaux sont placés dans un second caucher, qu'on bat comme le premier. A la troisième période les feuilles d'or sont placées entre des feuilles de baudru-

che. Ce nouveau cahier, appelé cliaudert, est battu pendant deux heures et jusqu'à ce que les feuilles d'or commencent à désaffleurer. L'ouvrier s'occupe ensuite à former un moule ou un assemblage dans lequel les feuilles d'or et de baudruche alternent jusqu'au nombre de 800 environ. Dans le nombre de feuilles préparées il y en a presque toujours de défectueuses, qu'on appelle bractéoles. On fait un choix : celles qui ne peuvent pas être travaillées sont mises de côté avec les rognures et servent à faire l'or en coquille destiné à la peinture.

On aura une idée exacte de la malléabilité de l'or lorsqu'on saura que le batteur parvient à obtenir d'une once de ce métal 5,000 feuillos carrées de 9 centimètres de côté (5 pouces), ce qui peut couvrir une surface de 40 mètres, carrés (20 toises Va carrées). L'épaisseur de ces feuilles est tout au plus d'un trente millième de ligne. Tout le monde connaît l'usage de ces feuilles d'or si minces que l'haleine suffit pour les chasser devant soi; elles servent à dorer les cadres des tableaux, des glaces et d'une foule d'objets qui rentrent dans le domaine des beaux-arls ou de l'économie domestique. Y. de Moléon.

BATTEUX (Charles), né le 7 mai 1713, à Allend'hui, près de Reims; chanoine honoraire de cette vitle, y professa dès l'âge de 20 ans, la rhétorique, qu'en 1730, il vint enseigner successivement aux collèges de Lisieux et de Navarre. Ce fut lui que l'université, confiante dans les talents d'un tel professeur, chargea de prononcer, au nom du corps entier, le discours latin Sur la naiêsance du duc de Bourgogne, frère aîné de Louis XVI. Il passa bientôt à la chaire de philosophie grecque et latine du collège royal. Nommé en 1754 à l'Académie des inscriptions, en 1761 il fut admis à l'Académie française. Malgré son goût dominant pour les anciens, l'amour de cet abbé pour leurs écrits n'était point aveugle : dans une dispute à laquelle donnèrent lieu les inscriptions des monuments en France, il combattit avec chaleur l'opinion de ceux qui donnaient à une langue morte la préférence sur la langue nationale. Il y avait dans sa philosophie autant de lumière que de bonne foi; car, tout professeur qu'il était, c'est à son écrit sur VHistoire des causes premières que fut attribuée la suppression de la chaire de philosophie au collège de France. Cet érudit est auteur d'un assez grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels on distingue ses traductions d'Ocellus Lucanus, De la nature de l'univers; de Timée de Locres, Sur l'âme du monde; et d'une Lettre d'Aristôle sur le système du monde. Sa Version d'Ho-

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race est privée du féu sacré qui animait le cliantre de Lalagé et de Tibur^sa fidélité l*a reléguée dans les collèges. Delille estimait le savoir, la critique et le goût de cet académicien : le traité Des beaux-aria réduits à un même principe Justifie le jugement du traducteur des Géorgiques. Quant aux Éiémentê de littérature, plusieurs fois réimprimés et attribués à ce professeur, ce ne sont que des extraits de son Coure de belles lettres, qu*on a rafraîchis sous ce titre nouveau. Batteux mourut d*une hydropisie de poitrine à l*âge de 68 ans ; il fut inhumé dans Téglise de Saint-André des Arcs, où le ministre Berlin lui fit construire un tombeau : hommage rendu à la fois à Thonnéte homme et au savant. Dbnhb-Bâion.

BATTIES, peuple de là partie septentrionale de rindoustan, dans les provinces de Delhi, Lahore et Ajmur; la contrée qu'il habite, et dont Batnear est le chef-lieu, a 200 milles anglais de longueur, et 100 de largeur. Son ancienne capitale, Batindah, fut détruite en 1308 par Timour. S.

BATTOLOGIE. Foy, RiooiiDàiici.

BATTUE. On appelle ainsi une manière de chasser qui difiPère de la plus ordinaire, celle au chien couchant, en ce qu'au lieu d'être guidé par la quête et les arrêts du chien pour aller au-devant du gibier, le chasseur au contraire, placé à poste fixe, attend la proie qui vient s'ofiPrir à ses coups.

Par exemple, si l'on veut foire une battue en plaine, les chasseurs vont se porter en silence derrière des monticules, des buissons, des tas de pierre ou de fumier, et se placent assez près les uns des autres pour que le gibier passe toujours à portée du fusil dans les intervalles qui les séparent. En même temps des hommes, et le plus communément des enfants, armés de bâtons, et rangés à peu de distance sur une même ligne semi-circulaire, s'avancent lentement à la rencontre des embuscades, en poussant des cris et frappent la terre et les buissons; on leur donne le nom de traque urs on de rabatteurs. Le gibier, ainsi excité, fuit devant eux, et vient presque toujours passer près des chasseurs qu'il n'aperçoit pas.

Ce mode de chasser est assez commun dans les campagnes, mais ne s'emploie guère que vers la fin de la saison de la chasse, lorsque les champs dépouillés et n'ofiPrant plus aucun abri ne permettent plus d'approcher le gibier.

On fait aussi des battues au bois, surtout pour détruire les loups. Les dispositions sont absolument les mêmes que pour la battue de plaine;

les bois présentent même aux chasseurs plus de ressources pour rester masqués et inaperçus.

On ne peut guère tirer en battue que le lièvre, le lapin et les autres bêtes fauves, le gibier ailé évitant plus facilement, par son vol, la direc* tion vers laquelle on le pouse.

Cet exercice est d'ailleurs peu fatigant pour celui qui, armé de son fusil, n'a d'autre soin que d'épier, immobile et sans bruit, l'instant d'sjuster la pièce lorsqu'elle passe à sa portée. C'était le mode que préférait le roi Charles X, dont on connaît assez la passion pour la chasse. Ce prince se tenait ordinairement entouré de ses officiers, au milieu d'un carrefour formé par des taillis élagués avec grand soin jusqu'à la hauteur d'un mètre, afin de faciliter le tir des faisans et des gibiers à plumes. Les rabatteurs, dont le nombre dépassait souvent 150, et auxquels on joignait quelquefois des chiens hourets, destinés à harceler le gibier, et qui ont transmis le nom de houraillers à cette sorte de battue, se formaient en cordon de distance en distance, de façon à envelopper de loin les tireurs; puis s'avançant tous ensemble et rétrécissant progressivement leur cercle, ils chassaient devant eux lapins, lièvres, chevreuils, faisans, etc., et l'on sait quelle innombrable quantité les forêts royales en contenaient. Aussi le gibier, renfermé comme dans un réseau, venait-il par troupeau s'offrir aux canons des fusils; de là ces 1,400 pièces tuées dans quelques heures de chasse par trois ou quatre personnes seulement, auxquelles on présentait des fusils tout chargés. DiABBi.

BATTYANI, fomille hongroise riche et célèbre, et dont plusieurs membres, princes, comtes, bans de Croatie, évêques, grands dignitaires, ont joué un rôle marquant dans l'histoire de ce pays et de la monarchie autrichienne. Le premier, Bbhoit Battyani, fut, à la fin du xv« siècle, trésorier du roi Yladislaf II. Outre le bourg de Battyan, cette famille possède la seigneurie de Eakilsan, et la dignité de comte ou de chef du comitat d'Eisenbourg lui appartient héréditairement. 8.

BATTNE (BATAILLE bb). Batync est un village sur le Danube à peu de distance de Routchoukt village qui fut illustré par la brillante victoire que les Russes commandés par Kamenski y reaiporlèrent, le 10 septembre 1810,sur Muhtar-Pa* cha, général turc. Les Russes, après avoir battu la. flotille ottomane sur le Banube, prirent d'assaut le camp de Muhtar, situé au confluent de ce fleuve et de la lantra. Muhtar se sauva avec un petit nombre d'hommes; mais Admed-Pacha, avec tous les siens et tout ce que renfermait le

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camp, fut obligé de le remeltre, le 90, à la discrétion des Russes déjà matLres de deux lignes de circonvallation. Cet éclatant triomphe livra aux Tainqueors Sistova, Gladova, Giurgevo et

ROUtcfaOUk. J. H. SOBNITIL».

BAUCHE. Fcy. ToaCBis.

BAUCIS. f^oy, PHiLÉvoif.

BAUDELOCOUEt Dom commuD à plusieurs accoucheurs morts et vivants, mais illustré par Tun cTeux, Jkâft-Louis, né, en 1746, à Heilly près d*Amiens, mort en 1810 à Paris, professeur de la faculté de médecine, chirurgien de Tbospice de la Maternité, accoucheur de rimpératrice, etc.

Flte d*un chirurgien et dirigé dans ses études par son père, Baudelocque se distingua de bonne heure, remporta un prix de TAcadémie de chirurgie, et débuta dans la carrière de renseignement en suppléant Solayrès professeur d^accouehement, qu*il fut bientôt appelé à remplacer. Peu de temps après devenu professeur public au collège royal de chirurgie, il se livra spécialement à la pratique des accouchements, et il obtint des deux côtés les plua brillants succès, qui continuèrent à s*accroltre encore jusqu*à la fin de sa vie, que vint empoisonner un scandaleux procès fèodé sur une absurde et atroce calomnie. A Torganisation de Técole de santé, il fut appelé i la chaire d*accoucbement où il forma de nombreux élèves, tant accoucheurs que sages-femmes. Dès avant cette époque Baudelocque avait publié divers écrits, notamment une sorte de catéchisme destiné aux sages-fèmmes, qui fUt imprimé à 6,000 exemplaires i»ar ordre du gouvernement, et qui, outre les nombreuses éditions qui en furent faites, fut traduit en diVerses langues. Son JH deê accouchements, 1781, 3 vol. in-8«, dont Touvrage précédent n'est que IV brégé, fut également bien accueilli, et figure encore parmi les livres classiques en ce genre. Les autres productions de Baudelocque sont des mémoires insérés dans divers recueils. Il a laissé un grand nombre de manuscrits que doit publier son neveu.

]k>ué d*un esprit Judicieux et observateur, Baudelocque a porté dans la pratique et dans renseignement de la précision et de la clarté. Il est un de ceux qui ont le mieux démontré que dans le plus grand nombre des cas la nature se suffit à elle-même, et qui ont indiqué nettement ceux dans lesquels elle a besoin de secours. Il a su apprécier et mettre en usage avec talent les divers procédés opératoires usités dans Tart des accouchements. Enfin il a connu et enseigné parfiaitement la science telle qu'elle était à Tépoque où il vivait, et il l*a enrichie, sinon de théories

brillantes, au moins d'observations exactes et des résultats d'une vaste expérience. F. Katue.

BAUDOUIN MX, comtes de Flandre. Foy.

Flandei. Foir aussi l'article Haiiiaot.

BOUDOUIN I-Y, rois de Jérusalem, roy. JÉ-

RMALBH.

BAUDOUIN I*' et II, empereurs de Constantinople. Foy. GoNSTANTiiiorLi.

BAUDRIEB, de la basse latinité baldringarium, formé de bcUdringum^ dérivé de balieuâ ou balteum, bande de cuir ou d'étoffe, large de quatre à cinq doigts, que Ton passe sur l'épaule droite, et qui vient se rendre au côté gauche; il est composé dé la bande et de deux pendants, au travers desquels on passe l'épée. Ce que Ton appelait autrefois baudrier, dit le Duchat, dans ses notes sur Rabelais, était proprement une ceinture de cuir doublée d'un autre cuir, laquelle servait à mettre de l'argent et à pendre aussi l'épée, lorsqu'on avait droit d'en porter une. On voit que c'était une marque de noblesse et de commandement. « Les empereurs, dit Fauchet, dans son Origine des chevaliers, donnèrent à ceux qu'ils vouloient honorer de la compagnie de leur suite une courroie, pour marque de leur dignité ou grade, appelée cingulum miliiare, c'est-à-dire ceinture militaire , que les officiers portolent, autant ceux qui servoient au palais et suite de l'empereur que les capitaines et soldats des légions servants aux armées et garnisons. Cette courroie s'appeloit balieus, et de nos François baudrier, pour ce que volontiers elle estoit de cuir sec (que nous appelons ainsi), auquel pendoit l'espée de ceux qui avoient droit de la porter; et ce baudrier estoit quelquefois changé en escharpe, principalement quand c'éloit en guerre. » X.

BAUDRUCHE, OU Bodeucib (baldringum)^ pellicule ou membrane péritonéale que l'on enlève du cœcum du bœuf ou du mouton (les anatomistes distinguent dans les intestins trois membranes : l'externe péritonéale^ la seconde musculeuseei l'interne muqueuse) la baudruche s'appelle aussi peau divine, parce qu'en l'appliquant sur une coupure après l'avoir mouillée, elle arrête le sang, et active la guérison de la plaie, comme le tafiPetas d'Angleterre. Les batteurs d'or font usage de celte membrane depuis un temps immémorial; ils la reçoivent toute préparée des boyaudiers. On a fait aussi en baudruche préparée de petits aérostats qui ont conservé leur sphéricité pendant plusieurs

mois. DlGT. DB LA COHV.

BAUHIN, famille illustre dans les sciences qui, depuis le commencement du xv« siècle, durant

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le xTi« et jnsqu^aux premières années du xni; offrit l^exemple peu commun de six générations toutes consacrées à la pratique de la médecine, et que, sous ce rapport, on a comparée assez heureusement à celle des Asclépiades chez les Grecs. Elle doit surtout ses titres à une célébrité durable aux deux botanistes dont nous allons plus particulièrement nous occuper.

Le nom et les travaux des deux frères Bauhin sont comme deux énormes pyramides, liant d'une part le siècle de Théophraste , qu*on doit appeler à Juste titre le père de la botanique, avec les âges modernes, avec Toumefôrt, le créateur du genre, Linné, le grand législateur de la science, et les deux Jussieu, si heureux dans le développement des familles naturelles tracées de main de maître par Césalpin ; de Tautre, mettant un terme à Tempirisme de Dioscoride et de récole d'Alexandrie, ou des rhiMOtotnes,

Ce n*est pas cependant comme auteurs d'inventions ou de découvertes importantes que la botanique vénère les deux frères Bauhin; ce n*est pas non plus, ainsi qu'on Ta trop légèrement avancé, pour avoir posé les vrais principes de la science des plantes : ils ont mérité leur illustration , f un par la sagacité de sa critique sur l'ensemble des faits recueillis et par l'exacte description des nombreux végétaux qu'il a vus vivants, qu'il a suivis dans les diverses phases de leur existence; l'autre, en classant avec méthode et une analyse succincte les connaissances acquises jusqu'alors et éparses dans un grand nombre de livres, la plupart fért indigestes; en établissant une utile concordance entre les noms imposés aux plantes par les anciens et ceux qui ont été employés jusqu'au milieu du xvi« siècle de l'ère vulgaire; en donnant enfin une règle certaine pour décrire une plante et remplacer par quelques mots les phrases longues et bizarres qui étaient usitées avant lui.

L'amitié qui ne cessa de régner entre les deux frères fut si intime, si touchante que Plumier voulut l'immortaliser en imposant le nom de Bauhiniek un genre de plantes de la famille des légumineuses et de la décandrie monogynie, dont les deux folioles sont si étroitement liées l'une sur l'autre qu'on les croirait, au premier coup d'oeil, ne former qu'un seul et même corps.

Les deux Bauhin appartiennent à la France par leur père , médecin célèbre d'Amiens , que les persécutions contre les protestants obligèrent de s'exiler en 1587; ils appartiennent également à la Suisse qui les a vu naître tous les deux àBâle.

L'alné, JiAii BàUHiif, naquit en 1541. ]>ès

l'âge de 18 ans on le citait comme un babile botaniste trte-expérimenté. Il visita les Alpes, la Suisse, la Rhétie, une partie de l'Italie et la France méridionale, pour enrichir ses herbiers et préparer les matériaux de V Histoire universelle des plantes qu'il méditait, à laquelle il travailla toute sa vie, qu'il acheva, mais qu'il ne put voir imprimée. Cet ouvrage, dans lequel il décrit 5,000 plantes divisées en 40 classes ou livres , ne parut que 38 ans après sa mort, en S vol. in-fol. Ses autres œuvres sont peu connues; on doit en excepter son livre sur les plantes portant les noms de saints. De plantis a divis sanctisque notnen habeniibus,'BêAe 1591, in-8o, et plus particulièrement celui sur la rage des loups, Memorahilis historia luporum aitguotrabidorum, Montbelliard, 1590, in-8<»,dont les observations sont encore presque les seules bien constatées sur cette cruelle maladie. Il passa les dernières années de sa vie dans la petite ville de Montbelliard, où il mourut en 1613.

Son frère, Gaspard Bauhin, né en 1560, passa son enfance dans un état de souffrances continuelles; à peine pouvait-il articuler quelques mots à 5 ans ; cependant tout à coup il manifesta un goût très-proncmcé pour l'anatomie et pour les plantes. Il eut son frère pour premier maître; puis il alla se perfectionner aux universités de l'Italie, à celle de Montpellier; il se disposait à visiter l'Allemagne quand la mort de son père, arrivée en 1582, l'obligea de se fixer à Bâle, qu'il ne quitta plus, «t où il mourut en 16â4. Il y professa ses deux sciences favorites avec un égal succès ; mais ses ouvrages en anatomie jouissent d'une réputation moins brillante que ses travaux en botanique. Le Pinax, qu'il publia en 1623, n'était que la table systématique du Theatrum ^o/anicaynà la rédaction duquel il employa 40 ans de sa vie et pour lequel 11 mit à contribution tous les botanistes de son temps qui s'empressaient de correspondre avec lui. Le premier livre seulement de ce grand ouvrage parut 34 ans après sa mort, par les soins de son fils ; les autres sont demeurés inédits. Ils renfermaient, comme le Pinax nous l'apprend, plus de 6,000 pUntes, rangées en 13 classes, 73 ordres, et chacun en genres et en espèces avec un nom commun et une courte phrase descriptive. Ce sont ces éléments, perfectionnés par l'étude et l'expérience, qui ont décidé des progrès de la botanique, et préparé les voies à une bonne synonymie.

Le Theatrum anatomicum de Gaspard Bauhin est un très-bon livre à consulter quand on veut connaître tout ce qui avait été fait sur l'a-

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oatomie jusqu^en 1593, époque de sa publication. Il écrivit aussi sur l'hermaphrodisme, mais cet onrrage est trop au-dessous de son auteur pour nous 7 arrêter. Erg. dis cbiis bu moubb.

BAUMANN (oBOTTi db) dans le Harz : c'est une curiosité de la nature. Cette grotte, ou plutôt cette série de six grandes et d'un certain nombre de petites grottes fermées de stalactites, se trouve dans le district de Blankenbourg (duché de Brunswick), à 136 pieds au-dessus de la TaDée où sont établies les usines de RUbeland. La principale de ces grottes, haute de 31 pieds et ayant une'longueur de 900 pieds, offre un aspect imposant. L'eau imprégnée de chaux et de parties terreuses y tombe goutte à goutte et iorme des figures singulières et grotesques. €e lieu fut découvert en 1670 par le mineur Baumann qui lui a donné son nom.

BAUME. Balsamum. Fluide résineux qui découle de certains arbres, et qui esten général susceptible de dessiccation plus ou moins prompte, plus ou moins parfaite. Les baumes différent des résines, en ce que, traités à chaud avec une dissolution de carbonate de soude, que l'on sature ensuite d'acide sulfurique, ils donnent de l'acide beuzoïque; on peut également obtenir cet acide par la simple sublimation. Les baumes connus jusqu'à présent sont ceux du Pérou et de Tolu, le styrax, lesquels sont ordinairement liquides, le benjoin et le slorax calamité, qui sont apportés à l'état solide. 11 est à présumer que la canelle et la vanille contiennent des substances balsamiques particulières ; car l'une et l'autre de ces plantes donnent, par leur distillation, de facide benzoïque. Les baumes sont presque complètement insolubles dans l'eau ; ils se dissolvent parfaitement dans l'alcool, l'éther, les huiles volatiles, et même les huiles fixes; ils sont trèsinflammables et répandent en brûlant une odeur agréable. Outre les usages médicinaux auxquels ils sont soumis, les baumes sont encore employés comme parfums dans les cassolettes, et pour aromatiser plusieurs espèces de mets; la dissolution alcoolique de benjoin, étendue d'eau, est le cosmétique par excellence auquel le charlatanisme a donné le nom de lait virginal. Br..z.

BAUME. Ce mot est employé en marine pour dé^gner une voile quadrangulaire aurique des plus importantes, qu'on remarque à l'arrière de tons les bâtiments, et que l'on nomme souvent aussi brigantine. Cette voile est attachée au BBât par des cordes libres qui lui permettent d'être hissée ou amenée facilement; le côté supérieur de la baume ou brigantine est fixé à une vergue nommée pic ou came, dont le bout est

terminé en croissant pour embrasser le mât et pouvoir tourner autour de lui, le côté inférieur de la voile ne tient k la vergue basse ou gui, que par ses deux extrémités qui s'y trouvent amarrées solidement. On peut serrer la baume ou brigantine au moyen de cargues le long du mât, lorsqu'elle appartient à un petit bâtiment, mais dans les grands vaisseaux on amène le pic sur lequel on plie la voile. Dus...

BAUME (AifToiHx). C'est le nom d'un savant utile et modeste dont les travaux ont préparé l'ère brillante où nous voyons la chimie. Il naquit en 17d8 à Senlis, et mourut à Paris en 1804, après avoir rempli les fonctions de professeur de chimie au collège de pharmacie, et mérité d'être nommé membre de l'Académie des sciences et de diverses sociétés savantes. Fils d'un aubergiste qui, après lui avoir donné une bonne éducation, lui fit embrasser la profession de pharmacien. Baume s'était acquis une honorable fortune dans le commerce ; il le quitta, après trente ans de travaux, pour se livrer tout entier à ses études favorites ; mais il fut bientôt obligé par les revers qu'amena la révolution de renoncer au loisir qu'il avait acquis. Cependant, mal- *gré ces traverses, il n'est pas d'homme qui ait foit plus et qui surtout se soit plus distingué par un esprit d'application sans lequel les sciences ne seraient qu'un passe-temps futile. Presque toutes les parties de la chimie ont été approfondies par ce savant laborieux et persévérant dont la sagacité était extraordinaire. On ne saurait compter le nombre de ses découveries, non plus que celui des travaux d'analyse qu'il entreprit pour constater, d'une manière précise, des ^its sur lesquels on n'avait que de vagues théories. Il a publié une foule de mémoires tous pleins d'intérêt, et divers ouvrages parmi lesquels se distinguent ses Éléments dé pharmacie théorique et pratique, etc., ouvrage qui eut neuf éditions françaises, qui ftit traduit dans presque toutes les langues de l'Europe, et qui hM encore autorité, parce que l'observation scupuleuse des faits ne vieillit pas. Baume eût été célèbrequand il n'eût été que pharmacien-chimiste ; mais il s'occupait de tout, et les arts et métiers lui sont redevables de plusieurs innovations qui ont changé la face de l'industrie et augmenté la richesse nationale. De ce nombre sont ses procédés pour la fabrication du sel ammoniaque, de la porcelaine, pour le blanchiment de la soie, procédés qui affranchirent la France de tributs onéreux. Ses recherches sur les argiles employées comme engrais ; sur les constructions en plâtre et en ciment; sur l'extraction de la fécule du marron

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