‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 3Chapitre 9 sur 63 · AT · texte numérisé non relu

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Iraten la toile dont le rédt d*Héro4ôte les a eofeloppés. La supériorité dea GreoB, due w partie à la vigueur que leur donnaient les ei^ereiees du eorps auxquels il se livraient, doit être attritMiée surtout à leur esprit de patrio* tianie, à leur amour de la liberté, sentiments tout à fait étrangers aux peuples mous et efféminés de TAsie quUls avaient a eombattre» A cette époque, les Grées faisaient peu d'usage de la eavalerie; il convenait à leur éducation physique et morale, et surtout à celle des Spartiates qui étaient formés pour la guerre, de mépriser, daoi les combaU, les secours étrangers qu'ils pouvaient tirer de la forée et de Tardeur des çhe* vaux, et de préférer le combat eorps à corps auquel ils étaient préparés par leurs exercices gymnastiques. Cependant, a la suite des guerres du Péloponèse, Us augmentèrent leur cavalerie. A la bouille de Leuctres, Tarmée des Laeédémo* Biens, commandée par Cléombrote, outre 10,000 honmea d'Infanterie, avait 1,000 bommes de cavalerie, tes Thébains, de leur e^é, avaient g,000 hommes de pied et 400 chevaux. Dans cette lutte, où la supériorité des forces semblait être du cdté des Laeédémoniens, Tbabileté des généraux tbébains suppléa a Tinfériorité du nombre; et les talents d'Épaminondas, noblement secondés par Pélopidas qui combattit a la tête du ba« taUlon ucré, firent pencher la balance en faveur des Thébains. L'action commença par un charge de la cavalerie thébaine; ipaminondas, qui la suit de près, tombe sur l'aile droite de la pha«f lange lacédomonienne, avec tout le poids de l'aile gandie de sa colonne, Cléombrote veut opérer mmt diversion en détachant un corps de troupes pour prendre en flanc ipaminondas et l'env^op^ per aiors:Péhipidas se précipite surl'ennemiavcc son bataillon ttcré et jette le désordre parmi les Laeédémoniens qui se défendaient encore avec la plus vive opiniâtreté ; mais leur chef, Cléombrote, éuot tombé mort percé de coups, les Spartiates ne combattent plus que pour enlever le corpe de leur général qu'Us ne veulent pas abandonner, après quoi Us prennent la fuite, et Inissaot les Thébains maîtres du champ de ba* laUie de Leuctres, sur lequel ïU érigèrent un

A la baUille de Mantinée, les Laoédémoniens avaleiit SM,000 hommes de pied et 9,000 de cavalerie, tandis que l'armée des Thébains, coanuindée par Épaminondas, était de 90,000 hommes d'Infanterie et de 9,000 de cavalerie. Dana cette mémorable journée qui arrêta lesdisaoBSioiis Intestines de la Grèce, la cavalerie prit peu de part au combat. La bataiUe, commencée

d'abord avec Vwc et la Apoqde, puis engagée avec la hince, n'avait amené jusque-là qu'une résistance opiniâtre et sanglante des deux eOtés; Biais les combattants s'étant abordés l'épée è la main, Il y eut de part et d'autre un carnage épouvantable, et après une lutte des plus achar*nées, les Thébains obtinrent afin les honneurs de la victoire, mais en l'achetant bien cher, puisqu'elle coûta la vie è Épaminondas.

Les éléments d'organisation des phalanges grecques et macédoniennes ont éprouvé de fréquentes variations, surtout avant la bataUle de Cbéronnée et oeUe d'Arbelles. Vers cette époque, les Grecs formèrent leurs phalaqges de 6,000 hommes; ils les divisaient en xénagies ou syntagmes de t66 hommes, qui se subdivisaient en tétrarchies de 04 hommes.

La phalange présentait une ligne continue de niasses carrées de 10 opUtes de front et de profondeur, et, a peu de distance, une seconde ligne de peltastes sur a de hauteur.

A l'exemple des Grecs, les Romains portèrent quelquefois leurs légions a 6,000 hommes. Ue avaient en outre environ 1,000 vélites combattant hors de la ligne, La cavalerie ne dépassait guère le dixième de la force totale. Les légions renfermaient 40 à fiO manipules de 190 hommes, rangéfi sur 19 de front et 10 de profondeur. Ces manipules étaient disposés en échiquier, sur trois lignes, avec des intervalles égaux à leurs fronts. La première ligne, formée des hastaires, pouvait se retirer au milieu de la seconde qui était composée des primeeê, ^quelle pouvait aussi s'avancer pour soutenir la première. La troisième ligne, celle des triaires ou vétérans, assurait une réserve invincible.

Les Romains augmentèrent et améUorèrent successivement leur cavalerie, qu'ils plaçaient toujours sur les ailes. C'est de cet ordre que datent les triomphes de la république ; U éuit asseï semblable au nôtre. Car c'est une chose digne de remarque que les changements survei nus dans les mmurs, comme dans les armes, n'en aient point amené de sensibles dans les éléments de l'organisation militaire. Les tétrarchies et les manipules sont reprénutés chei lea modernes par les compagnies; les xénagies ou syntagmee et les cohortes romaines, par les bataUlons; enfin, les phalanges et les liions, par les régiments, les brigades ou les divisions.

Après la mort d'Alexandre, Pyrrhus recueUU^ dans ses armées quelques milliers de soldats greci formés a l'école du héros macédonien, avec lesquels 11 gagna sur les Romains la bataille d'Héraclée. Toutefois leur courage fut, dans

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cette bataille, secondé par re£Firoi que les chevaux de Tarmée romaine éprouvèrent à rapproche des éléphants des Épirotes. C*était la première fbis que les Romains en voyaient en lucanie ; et Todeur de ces animaux , en effarouchant la cavalerie romaine, contribua puissamment à la déroute deTarmée, dont Pyrrhus sut habilement profiter. La victoire avait été longtemps indécise : on avait plié sept fois de chaque c6té, quand rapproche des éléphants de Pyrrhus le rendit maître du champ de bataille, et il recueillit ainsi le fruit des savantes dispositions qu*jl avait faites pour traverser le Siris et pour établir son ordre de bataille. Cet échec n*ébranla pas la bravoure des Romains; deUx ans après, non loin d^Asculum, ils livrèrent aux Samnites et aux Lucaniens, commandés par Pyrrhus, une nouvelle bataille plus meurtrière que la première. Quelques historiens du temps ont contesté la victoire à Pyrrhus : si, comme il le paraît, c*est à lui qu*elle appartient, du moins est-il constant qu^elle lui coûta fort cher, puisque, quand on voulut l'en féliciter, il répondit : « C'est fait de nous, si nous remportons encore une telle victoire ! » On vit dans cette bataille la phalange et la légion combattre avec un égal succès; mais Pyrrhus ayant fait faire un grand détour à ses éléphants, ils tombèrent sur la cavalerie romaine et y causèrent un désordre qui se répandit dans toute l'armée.

L'expérience acquise par les Romains à Héraclée et à Asculum ne fut pas perdue dans une troisième bataille qu'ils livrèrent à Pyrrhus auprès de Béuévent. Curius, qui commandait le principal corps de l'armée romaine, attira Pyrrhus dans une position resserrée, coupée de bois et de rochers, où la cavalerie et les éléphants ne pouvaient pas manœuvrer. Entraîné quelques instants sur les bords du Cadore par son auda- • cieux adversaire,le consul romain, après un premier échec, rallie ses troupes derrière ses retranchements, et lance ensuite brusquement la réserve qu'il y avait laissée contre l'armée de Pyrrhus sur laquelle il obtient une victoire complète.

C'est dans les guerres de celte époque que les Romains puisèrent les premiers perfectionnements de l'art militaire. Ils apprirent de Pyrrhus à étudier les ordres de bataille, à combiner des diversions : ils comprirent l'immense avantage que procurent la rapidité des marches, le choix des positions , la nécessité des réserves. Mais trop neufs dans l'application de ces principes, ils les opposèrent vainement au génie d'Annibal, qui triompha des futurs vainqueurs du monde, d'abord sur le Tésin, puis aux bords

de la Trébia, à Trashnène, et enfin dans les plai* nés de Cannes. Cette dernière victoire, si funeste aux Romains, eût rendu Annibal maître de Rome, s'il avait pu en profiter. Au lieu de poursuivre ses succès, il fit hiverner ses troupes à Capoue, et donna aux Romains le temps de revenir de leur consternation et de réparer les pertes im«> menses que leur armée avait éprouvées. Aussi, éclairés par la fatale expérience qu'ils avaient faite des talents d'Annibal, ils luttèrent pendant plusieurs années avec un succès constant contre les Carthaginois, Jusqu'à la bataille de Zama; la victoire, longtemps débattue entre Scipion et Annibal, se fixa enfin sous les enseignes du consul romain. Le général carthaginois était redevable du triomphe qu'il avait obtenu sur les bords du Tésin, à la Trébia, à Trasimène et à Cannes, à la supériorité de sa cavalerie sur celle des Romains, et aussi à l'action puissante de ses éléphants. A Zama, où Annibal avait 80 de ces animaux en avant de son armée, le son des trompettes en eflfraya quelques-uns qui , se retirant en arrière, jetèrent dans la cavalerie carthaginoise une confusion dont le général romain profita pour renverser l'aile gauche de l'ennemi. Dès lors le combat devint terrible* Les Romains encouragés par la déroute des Carthaginois en firent un carnage épouvantable, leur tuèrent 90,000 hommes et firent autant de prisonniers. La paix fut le fruit de cette victoire.

On conçoit que, vainqueurs d'Annibal qui leur avait appris à le vaincre, les Romains aient aspirée la conquête du monde entier. Les batailles qu'ils livrèrent dans les diverses contrées dont ils firent des provinces romaines, furent autant de triomphes; et quand ils n'eurent plus d'ennemis à combattre, ils se livrèrent à des discordes civiles qui donnèrent lieu encore à des prodiges de valeur. Mais comment étudier militairement les causes ou les revers des batailles que se livrent Marius et Sylla, César et Pompée, Octave et Antoine? Bans ces luttes violentes des Romains contre les Romains, on voit les combattants dans le même ordre de bataille, avec les mêmes armes, la même organisation, soutenir les prétentionsde renvie,de l'intrigue et de l'ambition, succomber alternativement sous les coups de leurs rivaux, et entraîner enfin dans leur perte la liberté de leur patrie. Telles furent les suites de la bataille de Pharsale où Pompée, avec 50,000 hommes d'infanterie et 7,000 de cavalerie , ne put résister à 33,000 fantassins et 1,000 cavaliers commandés par César. L'aile gauche dont Pompée s'était réservé le commandement et qu'il avait composée de l'élite de son armée et

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de tontett eaTaleiie, est attaquée par Taile droite de César qui, pour ne pas la laisser envelopper par la cavalerie ennemie, y place six cohortes tirées de sa troisième ligne. Ces troupes s*élancent avec ardeur sur les jeunes cavaliers romains, les mettent en fuite, et décident cette victoire quientralnala chute de la république. Ce serait peut-être ici le lieu de parler de la bataille d*Actium, livrée quelques années après la mort de César, et où Auguste remporta sur Antoine c^e victoire qui le rendit maître et seul souverain de Rome; mais cette action est un véritable combat naval dont Texamen rentre dans le domaine de la guerre maritime.

Obligés de renfermer dans des Rmites trèsresserrées la comparaison des batailles anciennes et modernes , nous traverserons, sans nous y arrêter, les trois siècles des empereurs romains, et ces temps d^anarchie féodale où la guerre n'était plus soumise à des règles précises. Alors les arméesn'étaient que des troupeaux d*hommes conduits sous le Joug du vasselage par les propriétaires de fiefs; les batailles n*étaient que des lottes désordonnées où les combattants s*attaquaient corps à corps et se massacraient avec acbamement; et les victoires devenaient le prix delà supériorité' de la force corporelle. Cet état de choses ne changea qu*au commencement du xiP siècle, quand Louis VI, pour dégager Tautorité royale méconnue par la féodalité, établit les communes, affranchit les serfs et créa des milices nationales. Pendant un siècle , ces milices, qu*on réunissait seulement dans les momeoU où on en avait besoin, donnèrent souvent des preuves de la plus grande bravoure. Elles reçurent sous Philippe-Auguste une organisation plus solide : ce prince en fit des troupes permanentes et soldées avec lesquelles il gagna la fameuse bataille de Bouvines contre Tempereur Othon IV. L*armée française fut rangée en bataille par révéque de Senlis; elle était placée sur plusieurs lignes. Les deux souverains combattirent en preux chevaliers à la tète de leurs armées. Othon avait plus de 100,000 hommes sous les armes, quand il vint attaquer Tannée française, inférieure en nombre de moitié. L'engagement fut sanglant : beaucoup de chevaliers français y prirent part, ainsi que Tévèque de Beauvais. Ce prélat se battait avec une massue pour ne pas répandre le sang humain. I«a valeur française, après avoir longtemps soutenu une lutte opiniâtre, triompha enfin du nombre et remporta sur les Allemands une victoire éclatante dont le succès est particulièrement attribué à la supériorité de notre cavalerie. A cette épo-

que, Part de la guerre éprouve une décadence que Ton reconnaît dans quelques batailles gagnées par les Français dans le cours des xiii«, XIV» et xv« siècles, savoir : sur les Anglais, par par saint Louis, à Taillebourg; sur les Flamands, par Philippe le Bel, à Furnes, à Pucille et à Saint-Omer; à Cassel, par Philippe de Valois; à Rosbeck, par Charles VI; sur les Anglais, à Orléans, par Jeanne d'Arc; à Formigny, par Charles VII; à Montlhéry, sur les Bourguignons, par Louis XI; en Angleterre, sur les Anglais, par les troupes de Charles le Téméraire; à Saint-Aubin, sur les Bretons, et à Fornoue, sur les Italiens, par Charles VIII; à Novare, sur les Milanais, par Louis III. Le souvenir de ces actions glorieuses console des pertes que la France a faites en 1540, à Grécy, où Edouard, soutenu par le prince de Galles, son fils, dit le Prince Noir, et fort du choix d'une bonne position, triompha aisément de Tarmée française qui s'était engagée sans ordre et combattit sans aucune disposition, ce qui entraîna une déroute complète; puis, en 1350, à Poitiers, où le même désordre dans les dispositions rendit inutile le courage des Français et donna la victoire aux Anglais, commandés, comme à Crécy, par le Prince Noir. Le roi Jean fut blessé et foit prisonnier avec son fils.

L'invention de la poudre, dont on fil longtemps des applications bien imparfaites, devint pourtant d'un usage plus familier, et on vit à la bataille de Marignan, en 1515, l'artillerie française faire d'heureux efforts contre le courage de 25,000 Suisses, dont les uns, armés de piques longues de 18 pieds, et les autres, tenant de grands espadons à deux mains, vinrept fondre à grands cris dans le camp de François l***. La méfiée fut horrible : les Français et les Suisses confondus dans l'obscurité de la nuit attendirent le jour pour recommencer. Le roi dormit sur un affût de canon, à 50 pas d'un bataillon suisse. Dans cette bataille, les Suisses attaquèrent toujours, tandis que les Français se tenaient sur la défensive; enfin la résistance vigoureuse de l'infanterie, jointe au secours qu'elle tirait de l'artillerie, décida la victoire en faveur des armes françaises.

Les doctrines de Luther et de Calvin, qui commençaient à se répandre en Europe au commencement du XVI* siècle, suscitèrent en Allemagne, en Italie, en Angleterre, en France, de nombreuses guerres de religion dans lesquelles se livrèrent des batailles sanglantes; mais les victoires et les défaites y sont rarement le résultat de dispositions méditées et ne peuvent guère être étudiées sous le rapport de l'art. Il

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B*en est pu d« même de oeUee que eeusa le rivalilé de Cherle«-Quint et de François 1^ . Oi| ne peut passer sous silence la bataille de Pavie où le monarque fut, malgré tout son coura(çe, victime des fautes quMl commit, contre Tavisdu sage la Trémouille, qui voulait faire lever le siège de Pa vie. Bans le but d*opérer une diversion avantageuse, le roi détacha ub corps de 10,000 hommes pour attaquer le royaume de Naples, et affaiblit ainsi son armée, pendant que Lannol augmentait la sienne de 19,000 lansquenets bien aguerris. Néanmoins Tartillerie française, avait, par ses premières décharges, pris en flanc Tar* mée ennemie et Pavait tellement entamée que les Espagnols, effrayés, rompirent leurs rangs et reculèrent en désordre. Alors le roi se Jeta sur les fuyards à la tète des corps les plus avancés, et perdit par cette démarche imprudente tous les avantages de sa position, en masquant son artillerie. Il renveru du premier choc un escadron de gendarmerie napolitaine sur laquelle les arquebusiers lançaient une gréie de traits, tandis que les lansquenets lui présentaient un front hérissé de piques qui semblait impénétrable. Les Suisses ne soutinrent pas leur ancienne réputation ; Us esquivèrent le choc des lansquenets et se retirèrent. Le brave la Trémouille et Bon* nivet furent tués, François I^** gravement blessé, après s*ètre battu comme un lion, tomba entre les mains de Tennemi qui resta maître du champ de bataille. L*amour-propre du prince put être satisfit quand il eut écrit à sa mère : «Tout est perdu, fon Thonneur^ » mais la France aurait payé cher les fautes de son roi, si la ligue formée contre Charles-Quint ne Teût affranchi des clauses onéreuses du traité de Madrid par lequel il avait obtenu sa liberté.

Aucune disposition remarquable dansTarlde la guerre ne peut être signalée à Toccasion des batailles que les Français livrent aux Espagnols ou qu'ils se livrent entre eux, Jusqu'à la fin du xvi« siècle. Les seules bataiUes de cette époque dont le succès soit dû à d'heureuses et habiles dispositions de la part du vainqueur sont celles d*Arques et d'Ivry. Henri IV, obligé de lever le siège de Paris, se rend en Normandie avec 3,000 fantassins, 3 régiments suisses et 1,000 chevaux. Il apprend que le duc de Mayenne veut assiéger Dieppe : il porte sa petite armée à une lieue et demie en avant de la ville, auprès d^Arques, sur un coteau protégé par le château. U Joint le pied de ce coteau avec une chapelle ou maladrerie voisine par un petit retranchement formé d'un fOssé de 10 pieds de large et de 8 de profondeur. U fortifie la maladrerie de deux demi-bastions

qu'il arme de 8 pièces de canon, et appuie s* gauche à Arques. Dans cette position, il attend Mayenne qui était arrivé avec 80,000 hommes et avait déjà éprouvé, dans une attaque quHI avait dirigée contre le Polet, une vigoureuse résistance. Le roi place à la maladrerie 4 corn.* pagnies suisses et françaises et les fait soutenir par 5 compagnies de ehevau-légers : U tient quelques gendarmes en réserve et confie au maréohal de Biron la défense des retranchements qu'il garnit d'infanterie; Henri reste en réserve avec quelques troupes d'élite, pour se porter lui-même partout oO besoin sera. Les tiroupes du roi engagent le combat, qui est longtemps soutenu de part et d'autre avec une résistance égale I ces troupes sont même, à l'attaque de U maladrerie,ébranléespendantquelques instants; mais l'arrivée de Biron et de Châtillon leur rend bientôt la supériorité, et IVirmée de Mayenne fait u retraite en bon ordre» laissant l&roi maître du champ de bataille.

A Ivry, Henri lY, quoique bien inférieur en nombre, dut encore à des dispositions bien corn* binées la victoire qu'il remporta sur Mayenne dont l'armée était double de la sienne.

Les guerres du xvii* siècle procurèrent à plusieurs de nos généraux l'occasion de développer les uns leur génie militaire,les autres leur esprit d'observation, tous cette strdeur bouillante qui donne aux Français, dan J l'attaque, une si grande supériorité sur les autres nations. Les armées européennes avaient encore, à cette époque, une organisation confuse qui influait $ur le sort des batailles, h^ fusiliers, les mousquetaires, les piquiers, éUienl rangés dans les mêmes bataillons, en files de huit de profondeur, en sorte que les derniers rangs ne pouvaient pas faire usage de leurs armes; la cavalerie était encore sur quatre de hauteur; la moitié des files devait s'arrêter dans les charges au galop. Les pièces de campagne étaient lourdes et peu noasbreuses; quand elles occupaient une position, elles y restaient toute une Journée, parce qu'elles ne pouvaient pu suivre les manœuvres des lrou<* pes. Toutes ces difficultés furent aperçues, mais non pas résolues, par le grand Condé, par Turenne, par MontécucuUi, par &ustave'Adoilpbe qui, dans de nombreuses batailles, cherchèrent à les surmonter.

A Rocroi, par exemple, toute rartUlerie française, que sa pesanteur avait empêchée de se retirer asseï promptement, avait été prise par Melo qui commandait l'armée espagnole, avec une partie de l'infanterie aux ordres de la Férié; et elle fût restée au pouvoir de Melo, sans la

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préS€iM6 d*esprit et la prodigieuM activité de Coudé (alors duc d*Engliieii), qui rallia la ea* Talerie. Marcliant rapidemeot derrière les bataillons espagnols, il atteignit leurs escadrons déhandés, les dispersa et leur arracha la victoire; délivra la f erté et les autres prisonniers, reprit notre artillerie et enleva celle de Tennemi, qui consistait en 94 plèoes de canon. Une si brillante victoire , remportée par un général de SS ans, était d*un heureux augure pour la satte de ses campagnes; aussi ne tarda-t-il pas à gagner les batailles de Fribourg, de Nordlingen, de Lêos, qui entraînèrent la prise de beaucoup de places fortes, et amenèrent la conclusion du traité de Westphalie. — Les batailles gagnées par Turenne ne sont pas engagées comme celles qui font la gloire de Condé. Les ordres de bataille du prince n'annoncent aucun progrès dans Part; on y trouve même moins d*esprit de combinaison, moins d*étnde du terrain que dans les dispositions laites par Henri lY : avare du ung des Iroapes qu*il mène au combat, Turenne, au contraire, prépare longtemps, par des marches et des contre^marches, le choix des positions; il n'offre ou n'accepte la bataille que sur un ter* rain à sa convenance, et mancBuvre à la face de resnemi^ Jusqu'à ce qu'il ait trouvé un champ de bataille qui se prête à toutes les dispositions qu'il a conçues. Alors il assigne à chaque arme, à chaque corps, la place qu'il lui a destinée, et oblige en quelque sorte l'ennemi à se conformer hii-méme au plan qu'il s'est tracé.

Les troubles de la Fronde engagèrent Condé et Turenne dans des partis différents pour lesquels ils combattirent alternativement k la tète dea Français et à celle des Espagnols. Voltaire remarque à cette occasion que « le sort de Turenne et de Condé fut d'être toujours vainqueurs quand ils combattirent ensemble à la tète des Français, et d'être battus quand ils commandèrent les Espagnols. » A la bataille des Dunes, Condé, à la tête des Espagnols, s'avança vers ramée française commandée par Turenne : il y avait do côté de$ Espagnols 14,000 hommes, dont 8,000 de cavalerie; Turenne en avait, y compris une brigade anglaise, 0,000 d'infenterie et 6,000 dé cavalerie. IM Français avaient du canon, les Espagnols n'en avaient pas. Après des prodiges de valeur de part et d'autre, Condé Tenait d'enfùncer l'aile droite des Français, qnand Turenne, victorieux à l'aile gauche, revint rapidement au secours de Créqui qui commradait l'aile droite, et ramena le combat. La ▼letoire, après avoir longtemps iotté entre les Iléffos, ai prononça enân an faveur de

Turenne qui, peu de Jours après, s'empara de Dunkerque.

A Sintxheim et à Ensheim , Turenne doit ses triomphes au savant emploi qu'il fait de son infanterie, dont il couvre les mouvements en pro* fitant de tous les accidents du terrain.

La suite du règne de Louis XIY et celui de Louis lY offrent un grand nombre de bataillai qui n'ont pas toutes eu 4es résultats heureux, mais qui toutes peuvent fbumir d'excellentes leçons. C'est dans les Hémoires du temps, et sur-t tout dans ceux des généraux français et étrangers, qu'il fout aller les puiser. On peut consulter Folard, Puységur, MontécuculU, et particulièrement Feuquière qui montre si consciencieusement et avec tant de Justesse, les fautes, comme les exploits, de Luxembourg, de Condé, de Turenne, de Yendôme, de Berwick, de Yillars, et signale avec franchise la cause des revers dus à l'incapacité de Marsini, de Lafêuillade, de Yilleroi.

La guerre de sept ans, qui fait tant d'honneur aux armes de Frédéric II, est souvent malheureuse pour celles de la France; à de rares succès viennent se mêler des fkits d'armes de douloureuse mémoire, qu'il est pourtant bon d'étudier, afin d'éviter les fhutes commises à Rosbach, par le prince de Soubise ; à Creveldt, par le comte de Clermont; à Minden , par Contades ; à Philingshausen par Broglie ; à Grebensheim et à YITiliemstadt par d'Estrées. Tant de désastres sont plus que suflSsants pour Justifier l'opinion de Napoléon que nous avons citée au commencement de cet article.

Frédéric, dans la campagne précédente (de 1740 à 1745), avait déjà obtenu des succès, et particulièrement ft Moiwiti, où il admira l'habi* leté des manœuvres du maréchal de Schwerin, qui était parvenu à mettre les Autrichiens en déroute et à gagner la bataille au moment où le roi la croyait perdue. Ce prince remarqua dans cette occasion que sa cavalerie était loin d'être aussi bonne que celle des Autrichiens. Il s'occupa dès lors à la rendre leste, agile, véloce, afin de donner à ses évoHilions plus de rapidité. II commença à porter au plus haut degré Tordre, la précision, la promptitude des uuinœuvres. Son artillerie participa de ces améliorations, et, donnant aux évolutions de l'infonterie les caractères qui en assurent la supériorité, uvoir : promptitude, facilité. Justesse et sûreté en présence de l'ennemi, il procura à toutes les armes une perfection Jusqu'alors inconnue. Créateur de ces savantes dii^jMMitions, il recueillit le fhiit de son génie dans les premières batailles où il en fit

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TapplicatioD, et notamment à Striegau, à Kesseldorff, à Prague, à Lissa, etc.

On trouve ses principes dans les Mémoires qu*ll a laissés. Son style est bref et précis, comme les ordres qu*il donnait à ses généraux. En voici quelques exemples applicables à notre sujet :

a II faut en venir aux batailles pour terminer les querelles.

« Il faut les préméditer, car celles qui sont Touvrage du hasard n'ont pas de grands résultats.

« Les meilleures sont celles qu'on force l'ennemi à accepter.

« En refusant une aile et renforçant celle qui doit attaquer, on peut porter beaucoup de forces sur l'aile de l'ennemi que Ton veut prendre en flanc. Cette manière d'attaquer offre trois avantages :

lo D'attaquer le point décisif;

â^De pouvoir prendre l'offensive avec des forces inférieures;

30 De ne compromettre que les troupes qu'on met en avant, et d'avoir toujours le moyen de se retirer.*

«Les attaques de village coûtent tant de monde que je me suis fàii une loi de les éviter.

« Villeroi fut battu à Ramillies pour avoir placé une partie de ses troupes dans un terrain où elles ne pouvaient pas agir.

a II ne faut pas tirer en marchant ; car c'est le terrain que l'on gagne et non les ennemis que l'on tue qui décide de la victoire. »

On peut ajouter à ces principes une règle générale établiepar Napoléon, dans le chap. Y de son Précis des Guerres de Frédéric II; elle est conçue en ces termes : «Quand vous voulez livrer une bataille, rassemblez toutes vos forces, n'en négligez aucune; un bataillon quelquefois décide d'une journée. »

La révolution française ouvre à l'art de la guerre une ère toute nouvelle. La carrière militaire, dans laquelle le commandement avait été jusque-là réservé à quelques classes privilégiées et, dans ces classes mêmes , à quelques individus, devient libre pour tous les Français. La valeur, l'instruction, le génie élèvent les derniers soldats aux premiers rangs de l'armée et improvisent une multitude de héros. C'est ainsi que nous avons vu des médecins, des avocats, un prote, desimpies paysans, des ecclésiastiques même, à la tète des bataillons français, les me-* ner souvent à la victoire, après avoir commencé par servir comme simples soldats. Et ces grands citoyens auxquels l'étude des sciences militaires devait être indifférente, quand , privés de tout

espoir d'avancement, ils ne pouvaient en tirer aucun parti, ont rivalisé de zèle et de talents avec les meilleurs officiers sortis des écoles. Les uns et les autres ont introduit dans les armées françaises de grandes innovations. Ce qui distingue surtout les batailles des dernières guerres de celles qui ont précédé la révolution, c'est, d'une part, l'augmentation considérable de la force des armées que l'on met en présence et particulièrement celle de l'artillerie; et, d'autre part, la suppression des grands approvisionnements de vivres qui suivaient autrefois les troupes. Les armées mettaient en bataille 25,000 30,000 au plus 40,000 hommes ; aujourd'hui elles sont de 100 mille hommes et quelquefois de plus. Au lieu de 40, 50 ou 60 pièces de canon que l'on plaçait en bataillon, ont en met actuellement des cen* taines. A la bataille de Leipzig, en 181 5, il y eut 600 pièces de canon engagées dans l'armée française, et ^00 dans celle des alliés.

Le débutde Napoléon dans sa campagne d'Italie est remarquable par un système d'attaques promptes et successives, dans lesquelles il se garde bien d'adopter un ordre de bataille déterminé. A peine est-il arrivé qu'on le voit frapper à coups redoublés, et livrer, en 11 mois d'une campagne sans exemple, 64 combats qui précèdent ou suivent 97 batailles dont ils préparent ou complètent le succès. Plus tard, par un système semblable, il s'empare en 5 mois de toute la Prusse. Il avait suivi un système plus circonspect en 1805, aux approches de la bataille d'Austerlitz. Là il médite son projet, il mesure ses moyens. Les Russes avaient 82,000 hommes; les Français n'étaient que 40,000. Napoléon, à l'approche des Russes, fait reculer ses troupes de 3 lieues, comme s'il eût essuyé une déroute; se place sur des hauteurs qu'il ftiit fortifier et couvrir de batteries , et il enhardit ainsi les généraux russes. Pour les confirmer dans l'idée qu'ils avaient de son embarras, il fait demander à l'empereur de Russie une entrevue qui lui est refusée. Il attire dans des défilés une partie de l'armée ennemie, pendant que le reste avance dans la plaine. Alors les corps de l'infanterie française commencent l'attaque au moment où les Russes et les Autrichiens sont en marche ; la cavalerie la soutient avec vigneur. Les Russes fléchissent, leur général en chef est blessé à mort; la déroute est complète : 186 pièces de canon, 45 drapeaux et 20,000 prisonniers tombent aux mains des Français, bien inférieurs en nombre, mais qui doivent cette fois la victoire à l'inexpérience des Russes dans les manceuvres, à la valeur de leurs vieux soldats et au changement

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du plan de bafaiUe des ennemis paralysés par le génie de Napoléon. Cest le cas de rappeler ce que dit le maréchal de Saxe dans jses Révtrieê : « La guerre a des règles dans les parties de détails ; mais elle n*en a point dans les sublimes. » Tainement chercherait-on la source des nombreuses victoires remportées par les Français dans un système constant ou dans un ordre de bataille particulier. Chacun de nos illustres guerriers a puisé dans son propre génie, dans les inspirations du' moment, sur le terrain même, ces dispositions diverses si fécondes en heureux résultats. Chacun a varié ses inanœuvres suivant les formes des localités, diaprés la force, la composition et la situation des armées qu*il avait à combattre, et d'après les moyens dont il pouvait disposer. Sans s'astreindre servilement à observer les préceptes des Montécuculli, des Turenne, des Frédéric , des Feuquière, ils en ont modifié Tapplication, ils ont créé eux-mêmes de nouvelles combinaisons; et, joignant à la profondeur de leurs conceptions l'audace d'une brillante exécution , ils ont étonné et foudroyé tout à la fois les armées étrangères qui, sous la conduite de leurs vieux et savants généraux, ont fui devant les troupes françaises dans toutes les parties du monde. Ce serait donc s'exposer à compromettre la sûreté et la gloire d'une armée que de vouloir s'attacher dans unebatailie à imiter la conduite de tel ou tel général. Les éléments de succès sont très-variables; ils ne se reproduisent jamais avec les mêmes circonstances. La sagacité seule du chef apprécie le parti qu'il doit prendre et juge quelles sont les mesures à adopter, quelles sont celles qu'il faut rejeter. Sans doute les militaires consulteront avec fruit les beaux faits d'armes des généraux anciens et modernes; l'étude attentive de ces grands événements, la recherche des causes connues ou présumables des succès, et des revers, feront connaître en général les précautions, l'acharnement ou le hasard qui ont produit les uns, les fautes, l'imprévoyance ou la fatalité qui ont entraîné les autres. « Mais il faut bien se garder, dit H. le général Pelet, dans ses Mémoires sur les guerres de 1809, en Allemagne, à la suite de la lecture du récit de quelques brillantes journées, de poser dogmatiquement des principes, ou plutôt de décorer de ce nom les résultats souvent forcés de faits isolés ; résultats déterminés quelquefois par la puissance du génie et de la valeur, mais le plus souvent par les jeux d'un aveugle hasard, et qui ne sont pas toiijours sufiElsanmient constatés. » Le général Lamarque a émis aussi la même opinion. « Si Ton voulait réfléchir, dit cet illustre capitaine à

qui Napoléon destinait en 1814 le bâton de ma^ réchal, sur le mécanisme des batailles, on verrait que les événements Imprévus qu*on appelle hasard y ont une grande part. » Une mesure qui serait une foute grave dans des circonstances ordinaires devient, dans un cas particulier, un véritable trait de génie. C'est ainsi que dans le fameux siège de Gênes, Jourdan, par une combinaison aussi savante qu'audacieuse, s'empare du camp de Farcio, se laisse couper sa communication avec Hasséna, et revient vainqueur des troupes du général Otto qui croyait le tenir prisonnier.

Après avoir ftût sentir que les mouvements et les manœuvres des corps sont soumis dans les batailles aux combinaisons les plus variées qui résultent de circonstances fortuites que le génie saisit et met à profit, nous allons indiquer succinctement l'influence réciproque des différentes armes dans les batailles auxquelles elles sont appelées à prendre part.

Les diverses armes dont se composent les armées doivent, dans les batailles, se prêter un appui mutuel, selon les circonstances, la forme du terrain et la composition de l'armée ennemie. En pays de montagnes, par exemple, la cavalerie est à peu près nulle. L'armée du génie prépare les communications, fortifie les positions, établit ou rehverse les ponts. L'artillerie construit ses batteries et les arme, favorise le passage des rivières, en éloignant l'ennemi qui veut s'y opposer, approvisionne de munitions de guerre les trois autres armes. Si l'infanterie fait la force principale et la partie la plus essentielle des armées, il n'est pas moins vrai que ses succès seraient incomplets et souvent même fbrt douteux, si elle n'était secondée par l'artillerie et par la cavalerie.

Au commencement d'une bataille, la portée des bouches à feu de l'artillerie produit un effet considérable, à une distance où toutes les troupes sont encore sans action : elle force l'ennemi à développer ses masses et cherche à les ébranler; elle ralentit la marche des colonnes ennemies et les oblige en quelque sorte à se déployer sous le fèu de l'infanterie qui va les attaquer. Alors la mousqueterle réunit ses efforts à ceux de l'artillerie; les corps de l'infanterie se rapprochent et engagent le combat. Cependant la cavalerie éclaire les mouvements de l'armée. Répandue sur ses ailes, elle lutte avec la cavalerie de l'ennemi, la poursuit, harcelle les flancs de son infanterie, jette le désordre dans ses rangs, et force l'ennemi tantôt à précipiter sa retraite, tantôt à ralentir sa marche rétrograde,

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