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piee, communication de tous les manuscrits de Fénelon , il écrivit l'histoire de cet illustre prélat. Le brillant succès qu^obtint son ouvrage le fit désigner, en 1810, comme méritant le deuxième grand prix décennal de seconde classe dasse pour la meilleure biographie, et engagea M.de Bausset à entreprendre rhistoire de Bossuet qui fut l>eaucoup moins goûtée par le public, mais n>n contribua pas moins à placer l'auteur dans un des rangs distingués de la littérature. Heux commissions d'évéques ayant été formées en France, immédiatement après le retour de Louis XVlII,M.de Hausset en fit partie; et quoique les travaux de ces commissions n'eussent aocun résultat importaiit, il déploya pendant leur durée des talents accompagnés de tant de modération et de prudence que le roi le nomma à la présidence du conseil royal d'instruction publique, le 17 Mvrier 1815. Sstiipé de tous les partis, Bausset fut appelé, la même année, à la place de conseiller titulaire de l'université, par napoléon; mais la seconde restauration des Bourbons rendit bientôt le prélat à ses fonctions de président. Pair de France, en 1815, reçu à TAcademie française Tannée suivante, le chapeau de cardinal, qu'il reçut en 1817, et auquel le roi attacha le titre de duc , semblait être le dernier des honneurs auquel pourrait prétendre H« de Bausset, quand il fut nommé commandeur de l'ordre du Saint-Esprit et minisire d'État, après la mort du cardinal de la Luzerne. Quoi- * qu'il eût toujours été d'une santé faible et languissante la mort ne l'atteignit qu'en 1824, âgé de 76 ans.
Plusieurs notices relatives à M. le cardinal de Bausset ont été publiées : la plus intéressante contient des lettres de lui et a été imprimée à Marseille. Ses ouvrages sont presque tous relatif aux affiires religieuses; en voici les principaux : lo Exposé des principeê êur le serment de liberté et d'égalité^ et sur la déclaration esigée des ministres du culte par la loi du 7 vendémiaire an IV, avec un avertissement de H. imenr, Paris 1706; 3o Notice historique sur le cardinal de Boisgetin, Paris, 1804; 8* Histoire de Fénelon^yersa^meg 1800 et en d'autres éditions, 4* tiietoire de Bossuet, édition revue et corrigée, Paris 1819; 5o Notice tmrle cardinal Talleyraudde Périyord, ar^ ekmjéque de Paris, Paris 1893. <}<*•• de Biadi.
lADTRU (Qoillaiikb), comte de Ceran, était homaie de cour et nullement homme de lettres, et n'en fet pas mq^na reçu membre de TAcadémàê Crancalié; nais eUa ne fUsait que de naître, et il aoOsait ponr y être admis d^ètre bien auprès
du maUre. Ce maître était Richelieu. Né à Angers en 1588, Bautru mourut en 1665. Il passait pour le plus grand menteur de la cour; aussi Marigni disait de lui qu'il éUit né d'une fausse couche, qu'il avait été baptisé avec de feux sel, qu'il ne logeait que dans les faubourgs, qu'il passait toujours par les dusses portes, cherchait toujours les faux-fuyants, et ne chantait jamais qu'en faux-bourdon. Ses rébus faisaient pâmer d'admiration la haute société du xyii« siècle. Les bons mots de Bautru, le bel esprit par excellence, ne sont pas du meilleur goût. II évitait de se rencontrer avec l'Angeli , le fou du roi , qui usait largement de son privilège aux dépens de l'amour-proprede Bautru, et ne laissait échapper aucune occasion de mystifier le noble académicien. Coryphée des grands salons, Bautru ne pouvait rien dire comme un autre; il pouvait tout à son aise dauber sur les pauvres poètes, les gens du commun, et s'en donnait à cœur joie, mais il paya cher une plaisanterie sur le duc d'Épernon. n avait fait relier richement et distribuer à la cour un livre intitulé : Les beaux traits de la vie de M, le duc d'Épernon; il n'y avait rien d'imprimé que le titre; tout le volume était blanc. Le duc fitrudement bétonner Bautru, et la vengeance fut publique. Desbarreaux, l'auteur du célèbre sonnet sur J. G., ayaut rencontré Bautru portant un bâton, s'écria : « H. Bautru porte son bâton comme saint Laurent son gril, pour nous ftiire souvenir de son martyre. » C'était le bon ton alors de traiter sans pitié la roture, qui prenait parfois aussi sa revanche avec avantage. Louis XIII écoutant avec une impatience marquée la harangue d'un maire d'une petite ville, Bautru, pour foire sa cour au prince, interrompit brusquement l'orateur plébéien par cette question impertinente : <» Monsieur le maire, lui dit-il, les ânes de votre pays, de quel prix sont-ils »? Le harangueur municipal, après avoir regardé Bautru de bas en haut, répondit : « Quand ils sont de votre poil et de votre taille, ils valent 10 écus, » et continua son discours avec ia plus flegmatique tranquillité. Magistrats, gens de lettres, artistes, artisans, marchands, tous étaient traités de même par le bel esprit de la cour. — Bautru était de bonne composition et ne gardait pas rancune aux gens qui l'avaient malmené de paroles et de gestes. Quelques mois après la rude bastonnade que lui avait infligée le duc d'Épernon, un de ces hommes de main qui se mettaient à la solde du premier venu pour assommer les gens, et qui avait joué le principal rôle actif dans la scène de la bastonnade, rencontra Bautru â Notre-Dame , et lui répéta mot
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pour mot les cris qu'il avait fait entendre en recevant les horions : Ahl meisieura, la vie! la vie ! Bautru, se tournant vers Passommeur dont la mémoire était si fidèle, répondit, sans nullement se fâcher : « Je n*ai jamais vu d*écho pareil à celui-ci, qui répète ce qu'on a dit trois mois après. * Il aurait bien désiré qu'un président du parlement de Bordeaux n'eût pas imité Tindiscrétion de l'assommeur du duc d'Épernon. C'était une bonne fortune pour un seigneur de la cour que de mystifier un homme de robe. Le magistrat bordelais s'était présenté chez Bautru. Le laquais, ayant dit que son maître y était, se hâte d*aller annoncer le président : « Va lui dire que je suis malade. » Le laquais rapporte cette réponse; le président insiste; il veut tâter le pouls de monseigneur pour s'assurer de son mal. Nouveau message du laquais, et le maître de reprendre : « Ta lui dire que je suis mort. » Le président ne sortira pas sans avoir prié pour le défunt. Bautru n*a donc que le temps de se jelter sur son lit, et de s'envelopper d*un drap. Le président s'agenouille au pied du lit, y reste une heure en prières; il se relève enfin pour prendre un énorme bénitier qui était dans la ruelle, et le verse jusqu'à la dernière goutte sur la tète du prétendu mort. — Bautru n'était rien moins qu'homme d'État; mais c'était le plus amusant personnage de la cour. Ses succès de salon lui valurent les charges les plus honorables et les plus difficiles : il fut successivement ministre plénipotentiaire de France en Flandre, en Angleterre, en Espagne. — A des ministres tout puissants, comme Richelieu et Mazarin, il ne foliait que des agents dociles et dévoués, et cependant le sort de l'Europe était alors en question au congrès de Munster ! Dicr. bb la Gonv.
BAUTZEN, ville du royaume de Saxe, sur la Sprée, rendue célèbre par la victoire qu'y remporta le 29 mai 1813 l'armée française commandée par Napoléon , sur l'armée combinée russo-prussienne forte de 160,000 hommes, et commandée par l'empereur de Russie, Alexandre.
BAVIÈRE, Bajoaria ou Bajuvaria, en allemand Baiern,
1. Géographie et êtatistique. Le royaume allemand de Bavière confine au N. à la Hesse électorale, au grand-duché et aux duchés de Saxe, aux principautés de Reuss et au royaume de Saxe; à TE. et au S. à l'Autriche; à l'O. il touche aux grands-duchés de Bade et de Hesse-Darmstadt et au royaume de Wurtemberg ; la province rhénane, qui est entièrement séparée du royaume, confine à la France, à la Prusse, aux
grands-duchés de Bade et de Hesse. La superficie de cet État, la province rhénane non comprise, est de 1982 milles carrés géogr., et avec cette province de 1383 milles. Les chaînes de montagnes qui environnent la Bavière la couvrent presque entièrement de leurs nombreuses ramifications; on trouve au sud les Alpes rhétiennes et noriques; au nord-est le Bœhmerwald, au nord le Fichtelberg, la forêt de Thuringe et les monts du Rhœn , à l'ouest les Vosges et le Spessart. Les rivières les plus considérables sont le Danube, dont \^ principaux afiluents sont l'Iller, le Lech, l'Isar et l'Inn; puis le Rhin et le Mein. Ses montagnes s'abaissent à mesure qu'elles s'avancent vers le Danube, et dans les pUines qui s'étendent le long de ce fleuve, il a formé des marais et des tourbières dont les plus grands sont le Donaumoos, près d'ingolstadt, et VErdingermoos, entre le Danube et l'Isar; ce dernier occupe 5 milles carrés géogr. Quoique généralement bien arrosée, la Bavière manque de rivières dans le pays qui s'étend entre le Danube et le Mein. Son climat, sain et tempéré au total, devient froid et âpre dans les montagnes. Ses fôréts considérables sont remplies de gibier; on trouve des ours et des lynx dans le Bœhmerwald des chamois, des marmottes dans les Alpes. L'économie rurale occupe un grand nombre de bras, et l'éducation des bestiaux surtout mérite d'être citée.
La Bavière est fertile, mais inégalement; on y récolte beaucoup de grains, du lin, du chanvre, du houblon, du tabac, et la vallée du Mein fournit un vin estimé. Les montagnes sont riches en plantes médicinales, surtout en lichen; on tire de leur sein des minéraux, notamment du fér en abondance; le mercure et les métaux précieux manquent. Quoique l'industrie soit en progrès, la Bavière le cède sous ce rapport aux États qui l'avoisinent.
On y compte 4,190,000 habitants, qui, à l'exception de 3,000 Français environ, de 60,000 Juilï et de quelques restes épars de peuples slavons, sont d'origine allemande; plus de 9,800,000 professent la religion catholique, et 1,900,000 sont protesUnts. Outre les Juif^ on compte encore un millier de mennoniles et de frères moraves. En vertu du concordat conclu le 5 juin 1817 avec le pape Pie VII, et promulgué en 1891 comme loi de l'État, il se trouve établi en Bavière deux archevêchés, l'un k Bamberg, Tautre à Munich, et six évêchés qui sont ceux d'Augsbourg, d'Eichstadt, de. Passai, de Ratisbonne, de Spire et de Wurzbourg. Un consistoire général est à la tête de l'Église protestante. Le royaunae
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