‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 3Chapitre 13 sur 63 · IM · texte numérisé non relu

IM

BAV

a trois tmiverrités établies à Munich, Wurzbourg eilriaogeii. Il y a peud^années, on y comptait 7 lycées, 18 gymnases, 91 gymnases préparatoires, 35 autres écoles préparatoires, 16 écoles noimales, 9 écoles spéciales et 5,304 écoles primaires.

La BaTière contient 330 villes, 351 bourgs et 15,120 villages; elle est divisée en 8 cercles, ceux de risar, du Danube inférieur, du Regen, du Danobe supérieur, de la Rézat, du Mein supérieur, du Mein inférieur, et du Rhin. Sllefèurnit 35,000 hommes à la confédération germanique, et ces troupes forment le 7« corps de Tarmée fédérale. Tout Bavarois âgé de 31 ans accomplis est tenu an service militaire dont la durée est fixée à 6 ans. En 1813, on a organisé une garde bourgeoise, composée de trois classes : là première fbrme les bataillons de réserve de Tannée active; la deuxième, sous la dénomination de légions Biobiles, est chargée de la défense des frontières en cas de danger imminent; et la troisième veille au maintien de Tordre et de la sûreté dans les présidiaux.

L*acte constitutionnel du 96 mai 1818, garantit la sOreté individuelle et celle des propriétés, la liberté de conscience et de la presse; toutefois cette dernière est enclore, par la loi de censure, soundse à Tautorité de la police, quoique la résistance des chambres ait fait retirer une loi de censure plus sévère encore. La servitude est abolie, le libre exercice du culte est accordé aux trois confessions chrétiennes, dont les membres sont également admissibles aux emplois publics. Le Code qui régit la Bavière (codex jurU Bavarieijudiciarii) a reçu fèrce de loi le 1»' janvier 1811; le Code pénal introduit en 1813 est aussi imparfelt que la forme de procédure; le Code eîvil o*est pas encore terminé. Débris de ces bons vieux temps où la Bavière actuelle était morcelée en*une infinité de petits États, 64 formes judlctalres différentes sont encore en vigueur dans les différents présidiaux. Les affiaiires importantes de TÉtat sont soumises aux délibérations du conseil d*État, composé de 4 ministres, des grands officiers de la couronne, et de 19 à 16 conseillers. Chaque cercle est administré par un «Mnmissaire général dont les pouvoirs sont trèsétendus; les tribunaux inférieurs et les conseils municipaux lui sont subordonnés. Les autorités judiciaires sont d*abord le tribunal suprême d*appel, pour la vieille Bavière, et la cour de cassasation pour le cercle du Rhin; puis, dans les cercles, les cours d^appel et les tribunaux inférieurs.

Le commerce a été favorisé par le traité des douanes conclu en 1898 avec le Wurtemberg, et

auquel ont accédé depuis la Prusse, la Saxe, et les deux Hesses. L*industrie et Téconomîe rurale ont pris de grands développements depuis que la liberté a été accordée aux corps de métiers. L'établissement de différentes écoles d*arts et métiers, et surtout l'exposition publique des produits industriels ont imprimé un élan nouveau à Tindustrie et à l'économie rurale.

A la diète fédérale, la Bavière a la 3« voix; elle en a 4 dans l'Assemblée plénière. Ses revenus, d'après le budget accordé pour un exercice de six années, s'élèvent annuellement à 98,185,139 fl. La dette publique était , il y a peu de temps, de 193,377,000 fl.; 8,100,668 fl. sont alloués par an ' pour fonds d'amortissement; la liste civile du règneactuel estde 3,188,800 fl. Les princes et princesses ont le titre d'altesse royale. Lali|^e collatérale du comte palatin Jean de Birkenfeld est en possession du titre ducal et d'altesse sérénissime. Cette ligne est habile à succéder, ainsi qu'il a été stipulé parle recez du 30 novembre 1803 et par le traité de famille du 18 janvier 1816; ce droit avait déjà été reconnu à la branche de Deux-Ponts-Birkenfeld par le traité de paix de Teschen et par décision du conseil aulique de l'Empire en 1711. II y a en Bavière 4 grands dignitaires de la couronne qui sont le grand gouverneur, le grand chambellan, le maréchal et le directeur général des postes. Les 7 ordres du royaume sont : 1» Tordre de Saint-Hubert, le premier en rang, fondé en 1444 par Gerhard, duc de Juliers et de Berg, eii commémoration d'une victoire; il fut renouvelé en 1709 par l'électeur palatin Jean-Guillaume et reconstitué en 1808. Le roi en est grand maître; les princes de la famille en sont membres; il y a en outre 19 capitulaires qui reçoivent des pensions variables suivant l'ancienneté de leur homination; cet ordre est conféré aux souverains étrangers, aux princes régnants et autres. 9» L'ordre de Saint-George, dont l'institution remonte au temps des croisades, fut restauré le 94 avril 1799 par l'électeur Charles-Albert (empereur Charles TII). Le roi en est grand maître; il se compose de 3 grands prieurs qui doivent être princes de la maison de Bavière, de grand'croix, ayant la dignité de prince et de comte non souverain, de commandeurs et de chevaliers; il y a en outre un évèque et un grand chancelier de Tordre. 3» L'ordre du Mérite civil de la couronne de Bavière; il a trois classes et fut fondé le 97 mai 1808 par le roi Maximilien - Joseph pour récompenser les citoyens qui ont bien mérité de la patrie dans l'administration civUe. 4» L'ordre militaire de ]Iaximilien-Joseph,fondéparlemémele l«rmars

BAV

BAV

1800 pour récompenser les actions d*éclat dans la carrière militaire. Le roi est grand maître de Tordre qui est composé de grand*croix, de com«^ mandeurs et de chevaliers; il peut être conféré à des militaires étrangers; différentes pensions sont affectées à cet ordre. 5» L^ordre de Saint- Michel, qvi est celui de la famille régnante : il fut fondé le 39 septembre 1693 par Joseph-Clément, électeur de Cologne, né duc de Bavière, et restauré le 11 septembre 1808 et le 6 août 1810; il se compose de trois classes. Pour être reçu dansrune ou Tautre de ces classes il faut faire preuve de noblesse; il existe cependant une classe particulière, celle des chevaliers d'honneur, dans laquelle le grand maître peut arbitrairement recevoir des gens de mérite, surtout des savants sans distinction de naissance et de religion. Le grand maître actuel est le duc Guillaume. 6oL*or* dre de Thérèse a été fondé le 12 décembre 1897 pour les femmes. La reine en est grande maîtresse. 7» L*ordre de Louis, fondé en 18S8 par le roi actuel pour récompenser 50 années de service. L*ordre du Lion palatin, fondé en 1768 par Charles-Théodore, a été déclaré aboli par hnstitution de Tordre du Mérite civil de Bavière. L*ordrede Sainte-Elisabeth, fondé par Télectrice Marie-Élisabeth , est conféré aux princesses et dames d'honneur et a un but religieux.

II. Histoire, MM. Pallhausen et Buchner font descendre les Bavarois d'aujourd'hui des Celtes . boïens, qui formaient une branche des Boïoares. Cependant M. Mannert prétend que les Boii (Celtes du Danube), qui étaient les habitants primitifç de TAllemagne méridionale, ont été ou chassés ou exterminés. Ces contrées dévastées, qui du temps de César n'étaient qu'un désert, figuraient sous Auguste au nombre des provinces romaines, sous le nom de Vindélicia et de Noricum; lors de la migration des peuples, différentes tribus germaines vinrent s'y établir. Vers la fin du v« siècle les Boïoares, fédération semblable à celle des Francs et des Marcomans et qui tiraient leur origine soit des Hernies, Rugiens, Turcilingiens et Scyres, soit de quelques restes des Boii et des Quades, étendirent leurs possessions dans la partie occidentale du Norique jusqu'au Lech ; Ratisbonne en était la capitale. Ce pays, appelé alors le Noricum, ne fut, suivant M. Mannert, jamaissoumisauxOstrogolhs.£n496 il n'y avait que la Rhétie qui fît partie de Tempire des Ostrogoths; elle était séparée de la Bavière par le Lech et habitée en partie par des Allemani qui y avaient été accueillis. Après la chute de l'empire des Ostrogoths, les Francs s'emparèrent de la Bhétie, et les Boïoares, tout

en conservant leurs ducs ou rois particuliers, tombèrent sous la dépendance des rois d'Austrasie et reçurent des lois de Dagobert (630-660) qui laissa au duc Garibald son autorité. Vers Tan 556 l'histoire fait mention de la race des Agilolfinges; c'était apparemment une branche collatérale des Mérovingiens, qui sut maintenir sa dignité jusque vers la fin du vni« siècle. Garibald, prince de cette race, résidait à Ratisbonne. Le règne de Tbassilo !«' (599) devint remarquable par le commencement de la guerre qui éclata entre les tribus slavonnes et les Avares, leurs alliés. Odilo, gendre de Charles- Martel, prit formellement le titre de roi; mais ayant voulu se soustraire en 743 à la souveraineté des Francs, il fut vaincu par ses beaux-fk^res Carloman et Pépin. Depuis le vn« siècle des missionnaires francs avaient introduit le christianisme en Bavière. Saint Emmeran l'avait prêché à Ratisbonne et Rupert à Salzbourg; saint Boniface créa 4 évêchés : ceux de Salzbourg, de Passau, de Ratisbonne et de Freisingen. Thassilo II, contraint par Pépin le Bref (748) à lui prêter, à la diète de Compiègne, le serment de vasselage, déclara nul ce serment et s'allia contre son suzerain avec son beau-père Didier, roi de Lombardie, et avec le duc d'Aquitaine. Après s'être adjoint, en 777, son fils Théodore dans le gouvernement, il forma une nouvelle alliance avec les Avares, contre Charlemagne qui venait de s'emparer de la Lombardie; il fut cependant battu et dans la ^uite condamné à mort pour félonie par la diète dlngelsheim, en 788; Charlemagne commua cette peine et le relégua avec toute sa famille dans différents couvents où sa race s'éteignit. A la diète tenue à Ratisbonne en 788, Charles supprima la dignité ducale de Bavière, mais le pays conserva le rang et le titre de duché; le gouvernement en fut confié à Gerold, comte de Souabe et beau-frère de Charlemagne; celui-ci introduisit le système féodal des Francs en ce qui concernait la juridiction, les bans et arrière-bans, et l'administration locale fut confiée à des comtes. L'histoire fait mention à cette époque d'un comte Guntram, premier margrave de la Bavière orientale (Oêtmark) qui plus tard fut a]>pelée Autriche. Les possessions des Agilolfinges devinrent domaines royaux; la dîme fut introduite en faveur du clergé, Tévêché de Salzbourg fut érigé en archevêché, et il fut créé des margraviats sur les frontières pour les défendre contre les invasions des Sorbes et des Bohèmes. La Raab, à son confluent avec le Danube, devint, en 799, la limite de la Bavière, qui comprenait aussi le Tyrol, le pays de Salzbourg,

BAV

BAV

la majeure partie de TAutriche, le Palatiftat su* périeur, Neubourg, Eiehstœdt, Anspacb, Baireuth, Bamberg, Nuremberg, et les districU de Weissenbourg, NœrdIiDgen et Bttnkeltbubl.

Lors du partage que Gharlemagne fit de ses itaU, la Bavière échut, ayeo lltalie, à Pépin. Plus tard Louis le Débonnaire la donna, après ravoir érigée en royaume, à Lothaire, son fils atné, qui, ayant été associé à Tempire, la céda, en 817, à Louis le Germanique. Cest à cette époque que la puissance temporelle des évéques s*a£Fermit de plus en plus et que les comtes palatins auxquels le gouvernement éUit confié de* vinrent si puissants. Lorsqu'à la mort de Louis, en 840, son fils Carloman obtint la Bavière, la Carinthie, la Carniole, Tlstrie, le Frioul, la Pannonie, la Moravie et la Bohème en faisaient partie. La libre élection des États de Bavière donna pour successeur à Carloman, en 880, son frère Louis III. Pendant ce règne, la Carinthie passa en d'autres mains'; et, après la mort de Louis, en 88â, la Bavière eut successivement pour rois Charles le Gros, Arnulf et Louis lY. Pendant le règne de Charles le Gros, la Bavière fit de nouveau partie de Tempire des Francs* Sous le règnede Louis ellesouffrit beaucoup par les invasions des Hongrois. A la mort de ce roi t'éteignit, en 911, la race des Carlovingiens, et Amulf n, fils de Luitpold, général bavarois, qui depuis 007 était margrave et général en chef, prit, du consentement du peuple, le titre de duc et s'arrogea l'autorité suprême; il signait ses ordonnances : Jrnulf, par la grâce de Dieu, duc de Bavière et des pqyê environnants. Il eut quelques démêlés avec Conrad, roi d'Aile* magne, qui cependant lui laissala Bavière comme fiefderimpire.

A Pexemple de l'Allemagne, la Bavière eut à différentes reprises deilx ducs à la fois. Ce pays souffrit beaucoup pendant plusieurs siècles, tant par les croisades qui le dépeuplaient, que par l'arbitraire des Empereurs qui nommaient et dépossédaient des ducs suivant leur bon plaisir. Jusqu'à ce qu'il tomba entre les mains d'Olhon de Wittelsbach , comte palatin de Bavière, Quoique Othon fût obligé de céder la Stirie, les terres domaniales de la maison des Wéits^ et des districts considérables qui échurent aux prélats, son règne fut glorieux. Othon, mort en 1 185 et auquel on a donné le surnom de mtnjor {der grœsêere), est le fondateur de la maison actuel^ lement r^nante. Il eut pour successeur Louis I, prince actif, qui recula les limites de la Bavière et acquit le palatinatdu Rhin. Sous Othon 1'/^ lusire, palatin du Rhin, les évéques surent se

rendre indépendants; il étendit cependant assex considérablement ses ËtaU. Ses deux fils, Louis et Henri, régnèrent d'abord en commun et puis se partagèrent leurs États. La Bavière supérieure échut à Louis et la Bavière inférieure à Henri» dont la ligne s'éteignit d^à deux années après. Ces deux princes avaient recueilli l'héritage da llnforiunéConradindeHohenstaufèn. Le second fils de Louis fut couronné empereur, en 1514, sous le nom de Louis IV ou Louis le Bavaroie* Il fit en 1599, à Pavle, un traité avec les fils de son frère, d'après lequel il leur céda le palatinat inférieur et supérieur et conserva pour lui la haute Bavière; en même temps il fut stipulé que les droits de l'électorat seraient alternativement exercés par les princes des deux lignes, et l'on régla définitivement le droit de succession en cas d'extinction de mâles dans Tune des deux lignes (C'est en vertu du traité de Pavie que Maximilien-Joseph réunit, en 1799, tous les EtaCi de la dynastie de Wittelsbach). D'après le vœu des États, Louis IV réunit à la haute Bavière toute la basse Bavière dont la maison régnante venait de s'éteindre. Le palatin du Rhin et le duc d'Autriche voulurent s'opposer à cette réunion; mais Louis IV triompha de leiir résistance et obtint, en 1518, leur consentement, au moyen d'apanages qu'il leur fit. Il gouverna avec beau* coup de gloire t la Bavière lui doit une foule d'institutions utiles; il introduisit un Code de procédure civile, régla l'administration intérieure et accorda le droit municipal à Munich; mais aussi en agrandissant ses domaines au préjudice de la ligne palatine, il fit naître des dis* sensions de famille entre les deux lignes. Il laissa un riche héritage à ses six fils, car ses États comprenaient non-seulement la Bavière, mais aussi le Brandebourg, les provinces de la Hollande et de Zélande, le Tyrol, etc.

La disdorde et les partages éparpillèrent ces provinces; mais après l'extinction asses su* bile des lignes fondées par les six frères, celle de Munich parvint à réunir en partie cet héritage. Sn 1506 les États de la haute et de la basse Bavière se réunirent en assemblée provinciale^ et le duc Albert II, de la ligne de Munich, frappé des inconvénients que ces partages continuels avaient pour les princes autant que pour leurs sujets, institua, du consentement de son frère Wolfgang et avec l'approbation des États, une pragmatique sanction qui établit le droit d'al" nesse et qui fixa les apanages des princes puînés* Cependant à la mort d'Albert, en 1608, cette loi ne fut point respectée i Ernest et Louis formèrent opposition à ce que i'ainé, Guillaume IV,

BAV

BAV

possédât seul le trôoe ; après différents démêlés il fut convenu que GuiUaume et Louis prendraient ensemble les rênes du gouvernement, et cela dura ainsi de 1515 jusqu'en 1534, époque à laquelle mourut Louis. Les deux princes s*opposèrent de toutes leurs forces à la réfbrmation. Jean Eck d*Ingoktadt, Tadversaire de Luther, vivait sous leur protection qu'ils avaient accordée aussi aux Jésuites. Guillaume mourut en 1550; son fib Albert V, dit le Magnanime, quoique Fappui des jésuites, n'en fût pas moins un protecteur libéral des arts et des sciences. Il avait même autorisé ses envoyés, au concile de Trente, à faire la proposition que la sainte cène fût célébrée sous les deux espèces. Il accorda de grands privilèges aux titats du duché, et mourut en 1576. Guillaume V, dit le Vieux, Tainé de ses trois fils, lui succéda; mais en 1596 il abandonna le gouvernement à son fils aine, Maximilien I«T, pour se retirer dans un couvent. C'est de son consentement que son frère Ferdinand avait épousé Harie Peterbeck, fille du greffier du bureau des finances de Munich. Les enfants issus de ce mariage furent élevés par l'Empereur à la dignité de comtes de Wartenberg. Maximllien l«r, doué de rares qualités, devint l'âme de la ligue fbrmée contre l'union des protestants. Pendant la guerre de trente ans, l'empereur Ferdinand II éleva Blaximilien à la dignité d'électeur et de sénéchal {trwihBeBs) de l'Empire qu'il rendit héréditaire pour toute la branche de Guillaume. La paix de Westphalie confirma la dignité électorale à Maximilien I«r, ainsi que la possession du palatinat supérieur, mais à condidition qu'il se désistât de la haute Autriche qui lui avait été engagée pour une somme de 13 millions de florins; en même temps il fut créé un huitième électorat en faveur de la ligne palatine, â laquelle fût assuré le droit de succession en cas d'extinction de la branche de Guillaume. Maximilien mourut en 1651 , après un règne de 55 ans. Dans la guerre pour la succession d'Espagne Maximilien-Emmanuel, son petit-fik (1679- 1736), se déclara pour la France. Il en résulta qu'après la malheureuse bataille de Hochstedt, en 1704, ses États furent traités par l'Empereur en pays conquis, que l'électeur fut mis au ban de l'Empire et qu'il ne rentra en possession de ses droits qu'après la paix de Bade, en 1714. Quoique Charles- Albert, son fils, eût adhéré à la pragmatique sanction de Fempereur Charles YI, il n'en fit pas moins valoir après sa mort les prétentions â la monarchie autrichienne que la maison de Bavière fondait sur d'anciens traités. Charles-Albert soumit par la force des armes

l'Autriche entière, et, en 1741, il prit le titre d'archiduc, se fit prêter serment de fidélité en qualité de roi de Bohême, et fut même, en 1743, élu empereur à Francfort, sous le nom de Charles VII. Mais le bonheur qui jusque-là l'avait fovorisé l'abandonna pour retourner à Marie- Thérèse qui, victorieuse alors, re)^ut les hommages des États de la Bavière et du palatinat supérieur. Malgré l'union de 1744 qui attachait à sa cause le landgrave de Hesse-Cassel et le roi Frédéric II, et malgré les succès de l'armée prussienne, l'Empereur se vit dans la nécessité d'abandonner la Bavière, cédant à la supériorité et aux talents de Charles de Lorraine, qui commandait en chef l'armée autrichienne. Charles ne survécut pas à l'issue de la guerre : il mourut, en 1745, âgé seulement de 48 ans. Maximilien- Joseph, son fils, jeune prince que son père avait déclaré majeur , lui succéda. Dès le commencement de la guerre il avait pris le titre d'archiduc d'Autriche; mais il se réconcilia avec le cabinet de Vienne quelques mois après la mort de son père. A la paix de FUssen, du 23 avril 1745, il accéda à la pragmatique sanction, assurant en même temps au grand-duc François son suffrage pour l'élection impériale, et de cette manière il rentra en possession de tous ses États.

Maximilien -Joseph II s'appliqua alors aux soins du gouvernement et s'efforça par tous les moyens possibles de rétablir la prospérité dans l'électorat. U fit refleurir l'agriculture épi^isée, l'industrie, et l'exploitation des mines; il réforma les écoles et porta des améliorations dans l'administration judiciaire, dans la police et les finances. Pour faire revivre les lettres, il fonda l'Académie des sciences de Munich, en 1759 ; U fut aussi un protecteur généreux des beaux-arts. Étant sans postérité, il confirma toutes les conventions héréditaires, faites depuis le traité de Pavie, en 1339, avec la famille électorale du Palatinat, et concéda même avant sa mort le droit de possession commune â l'électeur palatin Char. les-Théodore.

Maximilien-Josepb II, dernier rejeton de la ligne directe de la maison de Wittelsbach, mourut en 1777. Alors la succession au trOne de Bavière appartenait incontestablement â Télecteur palatin; cependant l'Autriche forma des prétentions sur la basse Bavière et menaça de les appuyer les armes à la main, sans attendre même d'explications. Charles-Théodore, qui n'avait pas d'enfants, se laissa persuader à souscrire à la convention du 14 janvier 1778, par laquelle U renonçait â cet héritage. Mais le duc de Deux- Ponts, excité par Frédéric II, y forma opposi-

Page 1