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tioD, en sa qualité de plus proche açnat et d'hériUer présomptif. Telle est l'origine de la guerre pour la succeêsion de Bavière, qui cependant se termina par la paix de Teschen, le 13 mai 1779, sans qu'on en fût venu aux mains. La Ruisie avait beaucoup contribué, par sa déclaration contre rAutriche, à amener cette paix, par laquelle les conventions de famille furent garanties et l'électeur assuré dans la possession de la Bavière à laquelle le palatinat du Rhin fut réuni; l'Autriche obtint l'Innviertel avec Braunau. La huitième dignité électorale s'éteignit ainsi, comme l'avait prescrit la paix de Westphalie. L'Autriche cependant ne put renoncer tout à fait au désir de posséder la Bavière; rempereur Joseph II mit en avant, en 1784, un projet d'échange qui avait déjà été présenté au commencement du siècle. Il proposait à l'électeur de recevoir, en échange de la Bavière, les Pays-Bas autrichiens, à l'exception de Luxembourg et de Namur, avec le titre de roi de Bourgogne; il offrait en outre, à Utre d'indemnité, une somme de 3 millions de florins, pour lui et son ft^re le duc de Deux-Ponts. Cette négociation, appuyée par la Russie, échoua contre la fermeté du duc de Deux-Ponts. Fort de l'appui de la Prusse, il déclara que jamais il ne consentirait à l'échange de ses pays héréditaires, et Frédéric H fit connaître qu'il verrait dans un pareil échange la rupture de la paix de Teschen et surtout une violation de l'équilibre établi dans les ÉtaU de l'Allemagne. Cette déclaration força le cabinet autrichien d'abandonner son projet; il protesta donc que jamais il n'avait pu songer à un échange arraché par force. Ce qui encore a signalé le règne de Charles-Théodore, c'est l'ordre des iUuminés, qui prit naissance en Bavière, et les poursuites qu'il y essuya. Ces luttes intérieures portèrent préjudice à la liberté de la presse, qui fut tellement restreinte que pendant quelque temps on redouta un obscurcissement total. Pendant la guerre de la révolution, le Palatinat souffrit beaucoup, et la Bavière devint même, en 1796, le théâtre de la guerre. Au milien de cette crise, Charles-Théodore mourut sans postérité ; la ligne de Sulzbach, de la maison palatine, s'éteignit en lui.
■aximilien- Joseph, depuis 1795 duc de Deux- Ponts, lui succéda en 1799. La guerre qui venait encore d'éclater fût terminée par la paix de Lunévine, conclue le 9 février 1801. Elle assura à la France toute la rive gauche du Rhin et fit perdre à la Bavière toutes ses possessions situées sur cette même rive; la Bavière céda aussi à l'électeur de Bade la par-
tie du Palatinat située sur la rive droite du Rhin; mais elle obtint en revanche différents pays qui présentaient dans leur superficie un excédant de 99 J milles carrés, avec 216,000 habitants de plus. La guerre de 1805 fit ressortir l'imporUnce politique de la Bavière, tant pour la France que pour l'Autriche. Lorsque l'Autriche se prépara à déclarer de nouveau la guerre à la France, de tous les princes dont les États sont situés entre l'Inn et le Rhin, l'électeur de Bavière lui parut l'auxiliaire le plus important, elle négocia avec lui pour obtenir qu'il réunît ses troupes aux armées autrichiennes et qu'il renonçât à la neutralité qu'il aurait désiré garder. Cependant la Bavière regardait l'alliance avec l'Autriche comme contraire à ses véritables intéréte. Lorsque la guerre éclata, l'éecteur joignit ses troupes, au nombre de 30,000 hommes, à l'armée flrançaise, et, par compensation, la paix de Presbourg valut à la Bavière une augihentation de territoire de 500 milles carrés géographiques avec une population de 1 million d'âmes; rélecteur reçut le titre de roi avec pleine souveraineté. Il céda le pays de Wurzbourg, qui fût érigé en électorat, en remplacement du Salzbourg qui était échu à l'Autriche. Le gouvernement de la Bavière, à l'exemple de ceux du Wurtemberg et de Bade, profita de cette occasion pour soumettre à sa souveraineté toutes les possessions de la noblesse immédiate de l'Empire enclavées dans ses États. Son alliance politique avec la France fut resserrée par le mariage de la princesse Auguste, fille du roi, avec le prince Eugène, fils adopti^de Napoléon, qui venait d'être élevé à la vice-royauté d'Italie. Par suite de cette union, la Bavière céda à Napoléon le territoire de Berg et reçut en échange celui d'Anspach que la Prusse, mise en possession du Hanovre, venait de céder; et, le 13 juillet 1806, le roi MaximiUen- Joseph signa l'acte de la confédération du Rhin, en s'engageant à fournir un contigent fédéral de 30,000 hommes et à fortifier Augsbourg et Lindau. La Bavière fût ainsi amenée à prendre part à la guerre contre la Prusse, en 1806, et, en 1809, à celle contre l'Autriche qui suscita l'insurrection du Tyrol sous Hofer. Après cette guerre, la Bavière obtint encore un agrandissement considérable, tant aux dépens de l'Autriche que par suite dedifférents traités d'échange avec le Wurtemberg et Wurzbourg. Lors de la guerre de Russie, la Bavière fournit de nouveau son contingent; le printemps de 181â ne ramena que quelques débris de cette armée. Ce coup de la fortune ne découragea pas Maximilien- Joseph : surmontant toutes difficultés, il remit une
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nouvelle année sur pied, qui vert la fin d^avrll ge réunit à celle de Napoléon, au moment où elle reprenait les hostilités. Mais bientôt un changement décisif s'opéra dans le système politique que la Bavière avait suivi Jusqu^alors : une armée d*observation composée de troupes françaises avait été formée près de Wun bourg, sous le commandement d*Augereau, tandis que Tarmée bavaroise, postée en observation le long de l*Inn, disait face à un corps d*armée autrichien; Augereau, en quittant sa position, ayant dégarni le point le plus vulnérable de la Bavière, le roi se détermina à se dégager de son ancienne alliance. Le général bavarois Wrede entra aussitôt en pourparlers avec le général autrichien Frimont, et le 8 octobre parut la déclaration officielle par laquelle Maximilien - Joseph se retirait de la confédération du Rhin et s*engageait à tourner ses armes contre la France. Le traité de Ried assura à la Bavière la souveraineté de toutes ses possessions et une indemnité avantageuse pour la cession de pays qu'elle pourrait être appelée à faire à TAutriche. Après avoir soudainement abandonné la cause de leurÀ anciens compagnons d'armes, les Bavarois se mesurèrent avec eux k la bataille de Hanau. La paix de Paris termina la guerre en 1814 et dans la nouvelle lutte qui s'engagea en 1815, le roi actuel, alors prince royal, se mit à la tête de l'armée bavaroise. Pendant le congrès de Vienne, le gouvernement bavarois prit une part active à la rédaction de l'acte de fédération des pays allemands et déploya de grands talents d iplomatiques en faisant respecter sa souveraineté et son indépendance. A la paix de Paris conclue le 80 mai 1814, la Bavière rendit A l'Autriche le Tyrol et le Yorarlberg et fut indemnisée par le grand -duché de Wurxbourg et celui d'Aschaffenbourg. Par suite du traité du 14 avril 1816, elle céda à l'Autriche : 10 Le Hausruckviertel et l'Inriviertel, tels qu'ils avaient été cédés par l'Autriche en 1800; 9* la principauté de Salzbourg, à l'exception de 4 bailliages situés sur la rive gauche de la Salxach el de la Saale, et 8« le bailliage de Vils. Ille obUnt en échange tous les pays qui composent le cercle du Rhin et quelques arrondissements du ci»devant pays de Fulde. A la même occasion l'Autriche garantit à la Bavière la possession future de tout le palatinat du Rhin, formant le cercle badois du Mein et du Tauber, en cas d'extinction de la ligne mftle directe des grands-ducs de Bade. Quoique l'intégrité du grand-duché de Bade eût été assurée par le recei de Francfort de 1819, to Bavière fit, le 3 Juillet 1897, une demande de dédommagement pour la partie du comté de
Sponbeim cédée à la France par le grand-duché qui cependant jusqu'ici est restée sans réponse. Haximiiien-Joseph conclut , le 5 Juin 1817, un concordat avec le saint-siége, et, le i6 mai 1818, il accorda une charte constitutionnelle à la Bavière. Il mourut le 15 octobre 1835 et eut pour successeur son fils Louis I«r {v(^).
Ge prince signala son avènement par des réformes tant à la cour que dans sa maison militaire. Pour donner plus d'éclat à sa résidence, il transféra, le 7 novembre 1896, l'université de Landshut à Munich et y appela des savants distingués. Il accorda des privilèges aux étudiants et accumula dans cette résidence, avec une libéralité peu commune, toutes sortes de monuments des sciences et des arts. Il fut le restaurateur de plusieurs couvents, même d'ordre mendiant, et, en 1830, du couvent des bénédictins de Metten, fondé par Gharlemagne et supprimé en 1805. L'élection du prince Olhon au trône de la Grèce, en 1851, a mis la Bavière en rapport très-étroit avec ce nouveau royaume. Le 1«r mai 1844 a eu lieu à Munich, avec une pompe extraordinaire le mariage de la princesse Hildegarde de Bavière avec l'archiduc Albert, fils de l'archiduc Charles d'Autriche. Quelques Jours après cette cérémonie, eut lieu à Munich une émeute assez inquiétante, et qui nécessita l'intervention de la force armée. Il s'en serait suivi une inévitable collision, si le roi Louis, confiant dans l'amour dont il se savait l'objet de la part de son peuple, n'eût, par ses paternelles exhortations, fait rentrer dans le devoir cette foule un instant égarée; et, le 8 mai, presque au lendemain de cette échauffèurée, il partait, parfaitement rassuré et tranquille, pour son voyage annuel d'Italie. Coiiv. Lix.
Les principales sources de l'histoire de Bavière sont réunies dans la collection suivante : Monumenta Botca, publiée par l'Académie de Munich depuis 1764 et dont le 98« volume in-4o a paru en 1850 ; et dans Lang, RegeHa rerutn Boïcarum. On peut consulter en outre les ouvrages historiques de Pttiter, de Westenrieder, Zschokke, Geêchiphkn deê Baier. Folkeê unU êeiner Fûrsten, Aarau, 1890 et 1891, 4 volumes grand in-8o* ainsi que les suivants : Mannert Die œlieste Geschichte Bctjariêns und seiner Bewohnery Sulibach, 1807, in 8», et Géêchichte Baiemê, Leipiig, 1896, 9 volumes in S») de Pallhausen, examen dupremier ouvrage de M. Mannert et différents autres écrits sur le même pays; Boettiger, Gesohichte Baiernêy Erlangen, 1839, in-8«. De bons ouvrages à consulter sur la sCatisUque de la Bavière sont : baron de Liechtenstern, tiisi» êtatiêt. Ueber$ichi êcnntUcher
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Pravinaen de$ K» Baiem» Munich 18S8, grand in-foL et Rcimery Gesohiehte, Géographie und Siatistik des Baierlandes Munich, 1895, 3 vol. iji-a«, etc. i* H. ScunraLiB.
BATADÈKSS. Kctr* BAÏADtelS.
BATARD (PiuiB DU TERRAIL, seigneur ob), fumemmé le chevalier eane peur et sane reproche, naquit en 1476, au château de Bayard, à six lieues de Grenoble, d*une ancienne famille du Bauphiné, dans laquelle le courage et le pa* triotisme étaient héréditaires. Son trisaïeul avait été tué aux pieds du roi Jean à la bataille de Poitiers; son bisaïeul et son aïeul avaient eu le même sort, Tun à Azincourt, Tautre à Montlhéri. ilevé par son onde, Tévéquede Grenoble, le jeune Ba/ard, admis parmi les pages du duc de Savoie, et célèbre d^jà par son adresse militaire, plut tant au roi Charles YIII, grand connaisseur en tournois et faits d*armes, que son ftivori, Paul de Luxembourg, comte de Ligni, prit le page à son service pour flatter son maître. A Lyon, Bayard,âgé de 18 ans, osa se mesurer dans un tournois avec la lance, Tépée et la hache d*armef, contre le sire de Yaudrey, gentilhomme bourguignon, et quand, après sa victoire, il passa devant les dames, la visière levée, suivant Tusage, celles^! virent avec surprise et frayeur cette figure si Jeune et si pâle; le roi seul n'avait pas tremblé pour lui. Bayard, bien récompensé alla servir le roi dans une compagnie de gens d'armes, cantonnée dans TArtois; et là,de petits tournois où venaient s'exercer les garnisons voisines, et d'où le plus souvent il sortait vainqueur, le firent connaître et admirer, même avant la guerre. Dans la première expédition de Charles YIII en Italie (1494), Bayard eut deux chevaux tués sous lui à Fornoue« Dans la seconde campagne, sous Louis III (1400), il poursuivit un Jour les fuyards avec tant d'ardeur aux portes de Milan, qu'il entra seul avec eux dans la ville, et fut fait prisonnier, non qu'il eût prétendu s'emparer seul de la ville, mais parce qu'il s'était cru suivi de ses cinquante compagnons, comme il le dit à Ludovic Sfbrze, qui lui rendit noblement la liberté. Dans la Fouille (1501), Bayard combattit à côté du brave Louis d'Ars et lui sauva la vie. Dans une de ses courses aventureuses, il fit prisonnier le capitaine don Alonzo de Sotomayor, proche parent de Gonxalve de Cordoue, lui donna un appartement dans le château de Monervino, et n'exigea de lui d'autre garantie que sa parole. L'Bspagnol,si mal gardé, prit la fuite et fut ressaisi; mais plus tard, quand sa rançon fut arrivée, il se plaignit aux siens d'avoir été traité
par les français comme un malfaiteur; il fut défié par Bayard et tué; sa réputation fit regarder la victoire du chevalier français comme un prodige de force et d'adresse. C'est dans cette mal'heureuse campagne que Bayard sauva l'armée française en retraite, quand, seul contre les Espagnols, il défendit un pont sur le Garigliano, et « se défendit si très-bien qu'ils ne cuidaient point que ce fût un homme ou un diable. » Plus tard, avec Louis XII, Bayard détermina la soumission des Génois révoltés et la prise de leur ville. A la bataiUe d'Agnadel(1500), placé à l'arrière-garde, il traversa les marais pour prendre les ennemis en flanc, et décida la victoire. On sait sa générosité envers ses hôtes de Brescia. Quand d'Aubigni vint le chercher, et qu'il entendit raconter par cetteheureuse famille la générosité de Bayard, U dit tranquillement : « Oui, oui, c'est sa manière; » et cette laconique indifférence fit mieux l'éloge de Bayard que la bruyante admiration de toute la ville. Après avoir rejoint à Ravenne Gaston de Poix, qui périt pour n'avoir pas suivi son conseil, Bayard, blessé de nouveau dans la retraite de Pavie, et transporté à Grenoble dans la demeura de ses pères, 99 ans après l'avoir quit^ tée, fut rappelé sur le champ de bataille par la guerre qu'avait allumée dans la Navarre l'agression de Ferdinand lé Catholique. Là, comme dans l'Artois et la Picardie, que menaçaient les Anglais (1513), il soutint sa réputation. A la honteuse défaite de Guinegate, il eut k gloire d'être fait prisonnier pour n'avoir pu se décider à fuir avec toute l'armée ; il sut même, par une action ingénieuse et hardie, donner à sa captivité l'air d'une victoire en ne rendant son épée qu'à l'officier anglais qu'il se hâU de faire prisonnier. Pour prix d'un si beau courage, Bayard commandait une compagnie de gens d'armes, mais au nom du duc de Lorraine, qui touchait les appointements. Louis XII, vers la fin de sa vie, le nomma lieutenant général du Dauphiné, mais toigours sans honoraires. François U' fit mieux, car il avait besoin, pour reconquérir le Milanais, de l'épée et des conseils de Bayard. Après la glorieuse journée de Marignan, le roi lui dit : « Je veux aujourd'huy soye fait chevalier par vos mains, parce que celui qui a combattu à pied et à cheval entre tous autres est tenu et réputé le plus digne chevalier. > Bayard s'excusait : « Faites mon vouloir et commandement, » sgouta le roi, et Bayard, le frappant du plat de son épée : « Sire, dit-il, autant vaille que si c'était Eoland ou Olivier^ Godefï*oi ou Baudoin son firère. » Puis, baissant son épée : « Tu ■es bien heureuse, mon épée, d'avoir à un si ver-
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tueux et puissant roi donné l*ordre de la dievalerie! Ma bonne épée, tu seras moult bien conune une relique gardée, et sur tout autre honorée. » Cette épée défendit vigoureusement la France contre Charles-Quint, et pendant un mois arrêta devant les faibles remparts de Mézières les Impériaux commandés par le comte de Nassau et le fameux Sicldngen. Celte fois seulement Bayard joignit la ruse au courage, et sema la discorde parmi les généraux ennemis, qui levèrent le siège. Paris le reçut comme son libérateur, et le parlement comme le sauveur de la patrie. Après deux ans de repos, après avoir fait cesser par ses libéralités la disette et la peste dans son cher pays du Bauphlné, Bayard alla châtier les Génois révoltés, et fit preuve d^un mépris chevaleresque pour ces marchands et pour leurs aunes. Uarmée française dltalie était perdue par les ^utes de Tamiral Bonnivet, quand Bayard en accepta le commandement; il se fit tuer en soutenant la retraite. Une pierre lancée d^une arquebuse à croc, vint le frapper au côté droit et lui rompit Tépine du dos : « Jésus, mon Dieu, s*écria-t-ll, je suis mort! » On le déposa au pied d'un arbre, le visage tourné vers Tennemi, et là, les Suisses, décriés pour leur férocité , vinrent lui offrir leurs services; le connétable de Bourbon s*approcha pour le plaindre , et fut plaint. Bayard mourut en baisant la croix de son épée. Le marquis de Pescaire fit embaumer son corps, le duc de Savoie lui fit rendre à son passage les mêmes honneurs funèbres qu'aux princes de son sang; ses restes furent inhumés dans une église des minimes, près de Grenoble, et François I«r fit son oraison funèbre à la bataille de Pavie : « Ah ! chevalier Bayard, dit-il, que vous me faites grande faute ! Je ne serais pas ici ! > — La mémoire de Bayard resta populaire jusqu'à Henri lY; on admira longtemps en lui l'heureux modèle du soldat français : aimant la gloire et le plaisir, le danger et les femmes; mais on a i^it tous les mots de Bayard trop solennels et trop sonores; ses vertus simples et naturelles ne doivent pas être soupçonnées d'étude ou d'imitation, et s'il se rencontra en deux circonstances de sa vie avec Fabricius et Scipion, ce fut sans doute par hasard et sans le savoir. Il refkisa de faire empoisonner Jules n, et menaça le duc de Ferrare d'avertir le pape, qui pourtant avait traîtreusement négocié sa perte et celle de ses compagnons. A Grenoble, il rendit vierge à sa mère une jeune fille qu'il avait achetée, et qui lui dit, en pleurant, sa noblesse et sa misère. Si Bayard ne commanda pas en chef l^armée française, c'est que l'intrigue lui manqua sans doute plus que
le mérite, car la défense de Méiières, dont nul autre n'eût osé se charger, atteste les nombreuses ressources de son talent. Le chevalier sans peur et sans reproche, avec ses vertus naïves, vécut à l'époque où se formait en Europe une politique immorale, dont Tavénement date des guerres d'Italie, et l'histoire, en lui donnant pour contemporains Alexandre VI et son fils, Ferdinand le Catholique et Henri VIII, l'histoire a fait pour sa gloire comme le poète qui, suivant Millevoye,
... SiOsluant l'cAet d'un contnwtc nibUiM, Eabdltt k Tcrta <l« la laldeor àm crin*.
Tous les rois ennemis de la France n*en firent pas moins tour à tour leurs compliments au chevalier français , et le plus flatteur fkit sans contredit celui de IKaximilien, qui, ne pouvant Jamais faire la guerre à propos, faute d'argent, souhaitait d'avoir douze Bayards, dût-Il lui en coûter cent nulle florins par an. Frédéric le Grand voulant fonder parmi ses jeunes compagnons d'armes un nouvel ordre de chevalerie, lui donna pour patron Bayard, et pour grand maître son maior Fouqué : ces chevaliers s*écrivaient dans le vieux style français, et Foaqué te chaête a conservé dans ses Mémoires une de ces lettres qu'on ne peut lire sans intérêt. DiCT. DB hk COlIVIlSATIOir.
BATEN (PiiRRs), dont le nom n'a pas jeté autant d'éclat que ceux de Lavolsier,'de Fourcroi, etc., mais à qui l'on doit de beUes découvertes, naquit à Châlons-sur-Marne en 17S5. u manifesta de bonne heure son goût pour les sciences et les arts. Dans le t^mps des vacances il visitait les fabriques et les ateliers, en examinait attentivement les procédés, et, Jeune encore, il s'aperçut qu'on pouvait les perfectionner. Il vint à Paris en 1749, et bientôt ses talents en chimie prirent un grand développement. Le gouvernement chargea Bayen et Vend d'analyser les eaux minérales de la France, mais ce travaU fût interrompu par la nomination de Bayeo à la place de pharmacien en chef de Tarmée expéditionnaire de Hinorque. De retour à Paris, après la guerre de sept ans qu'il fit en Allemagne en qualité de pharmacien en chef, Bayen reprit son travail sur les eaux minérales. Bn analysant les eaux de Bagnères de Luchon, il découvrit la propriété fulminante du mercure dans quelques-unes de ses combinaisons, étudia les divers oxydes de ce métal et constata d'une manière positive i'acrétion en pesanteur qu'acquièrent les métaux par leur oxydation, découverte importante qui conduisit à celle de l'oxygène t