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leknces proftides n*e6t ni fort profond, ni fort exaet; mais il en savait beaucoup pour son temps. » (BiblioL des auteurs eccL de M. El. Du-
pÎD). H. BOUCHITTÉ.
BEDFORB (Bues de). Ils ont tiré leur nom d*ane petite ville anglaise, située sur TOuse et ebef-lieo du Bedfôrdsbire, comté central de Tile Britannique.
Les premiers ducs de Bedfôrd ont appartenu à la famille royale des Plantagenets. Jeau , duc de ce nom, frère de Henri Y et tuteur de Henri Vf, son neveu, fut régent de France , au nom de ce roi anglais, et mourut à Rouen, en 1435. 8hakspeare,dans son Henri If^,Vappe\\ef}rince John of Lancasler, C*est de sa femme que provient le beau missel de Bedford, orné de miniatnres précieuses et qui fut vendu, en 1855, pour la somme énorme de 1100 liv. sterl.
Dans la suite, le titre passa dans la maison de lossell.
JoBK BussELL, duc de Bedfèrd, né en 1710 et mort en 1771 , fut d'abord membre de Topposition dans le parlement. Il fut nommé ensuite feerétaire d*État, puis rentra dans Topposition, devint, en 1758, gouverneur de Tlrlande et, en 17fô, président du conseil privé. S.
Loi* FiARGis RussELL, duc dc Bedfôrd, pair d'Angleterre, et Tun des membres les plus distingués de Topposition, naquit en 1765. Il se dévoua de bonne heure à la cause d'une liberté sage et constitutionnelle, et employa toute sa vie et ses grandes richesses au bonheur de Thumanité. Il se montra grand partisan de la révolution de France ; mais il en blâma les excès. Il s'opposa toujours aux mesures arbitraires des ministres anglais; vota, le 5 mai 1794, contre le bill relatif à la levée d'un corps d'émigrés à la solde de l'Angleterre; prononça, le 50 du même BM>is, un discours éloquent en faveur de la paix; souscrivit, en 1796, pour une somme de 120,000 livres sterling (environ 9,400,000 fr.), dans l'emprunt de 10,000,000 de livres sterling; s'opposa, avec énergie, en 1803, à la suspension de Ykabeas corpus; enfin, il demanda avec non moins de force le rapport du bili sur les séditions, et montra Jusqu'à sa mort (1802) le plus honorable caractère. Les moments de loisir de ce véritable philanthrope étaient entièrement consacrés à l'agriculture, en l'honneur de laquelle il a institué une fête annuelle, dans sa terre de Wobum-Abbey. Il avait acquis sur cet art utile les connaissances les plus étendues, dont il fit toujours les plus heureuses applications. Ses efforts et ses succès lui ont mérité la reconnaissance de ses concitoyens. F. Raymond.
BÉDOUINS ou Arabes nomades. Ce peuple est répandu en Egypte, en Syrie, dans les États barbaresques et dans d'autres parties de l'Afrique, et parait être originaire de l'Arabie et des autres déserts de l'Orient. La vie des Bédouins est appropriée au sol aride qu'ils habitent ou qu'ils parcourent, et leur caraptère même s'en est en quelque sorte modelé sur cette nature avare, dure et impitoyable qui les entoure. Il règne néanmoins une grande variété entre les diverses tribus : les unes ne sortent pas du désert, méprisent tout travail, et vivent de brigandage; elles dépouillent les caravanes et les voyageurs isolés qu'elles guettent avec une patience infatigable, se partagent le butin et le vendent aux marchands qui viennent chez elles, ou auxquels ils envoient vendre le fruit de leur rapine. D'autres tribus établies sur la limite des pays bien peuplés fbnt quelque trafic avec eux, se livrent un peu à l'agriculture et se chargent de guider et de protéger les caravanes sur les routes commerciales. Chaque tribu a son cheik qui est à la fois son juge et son commandant. Ce titre de cheik se prodigue même aux simples Bédouins ou du moins beaucoup d'entre eux y prétendent; mais les fonctions de cheik sont héréditaires dans une seule famille de la tribu, et attirent un respect général. Quelquefois plusieurs tribus vivent ensemble; d'autres fois il y a inimitié entre des tribus voisines, et un acte de violence en provoque une longue suite d'autres, jusqu'à ce qu'une réconciliation accompagnée de cérémonies sacrées y mette fin. Les Bédouins vivent sous des tentes où il n'y a que quelques peaux ou couvertures et quelques ustensiles; en sorte qu'une famille transporte aisément tout son avoir d'un lieu à un autre. Les hommes et les femmes se couvrent habituellement d'une chemise de toile de colon bleu; les hommes s'a£Publent ordinairement du bouraous ou manteau de laine; ils sont tous à cheval et bien armés. Ils font consister leur luxe dans de beaux chevaux et des armés bien tranchantes. Cependant les riches aiment aussi la parure et se couvrent d'étoffes fines et de bijoux. Ainsi que tous les Arabes, les Bédouins mènent une vie très-sobre, aussi ont-ils peu de maladies; quoique professant le mahométisme, ils connaissent peu leur religion et sont plus superstitieux que réellement pieux. Ils sont les ennemis-nés de la civilisation, et on peut les regarder comme un des plus grands obstacles au progrès des relations sociales. Il y a des déserts que les Bédouins rendent inabordables; d'autres contrées sont si souvent infestées par ces brigands qu'on n'y peut voyager sans courir de
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grands dangeri • L*année française, pendant son e](pédition en Egypte, eut beaucoup à §ou£Frir des hordes de Bédouins, et dans la régence d'Alger les Français rencontrent encore fréquemment sur leur chemin les lances de ces nomades du désert qui toutefois y sont moins cruels que les Berbers et les Mores.
Bon Raphaël, dans son ouvrage sur les Bédouins ou Arabes du désert ( Paris, 1818, 5 v. in-18), a fait connattres les diverses tribus qu'on rencontre en Egypte et en Syrie. Parmi ces tribus on remarque les Ababdehs qui habitent près du Fayoum et ont de nombreux troupeaux; les Hanadoués dans la haute Egypte, que l'on regarde comme descendants des anciens Cophtes; les Akacés en Syrie, qui se chargent de Tescorte des pèlerins et des caravanes sur la route de la Mecque, etc. — On connaît Thospitalilé des Arabes sous leurs tentes : cette hospitalité s'allie quelquefois avec une férocité impitoyable contre les mêmes étrangers dès qu'ils ont quitté la tente, et les traités faits avec les tribus bédouines pour la sûreté des caravanes n'empêchent guère les vols particuliers. Les Bédouins sont un fléau attaché aux déserts brûlants de l'Afrique et de l'Asie, et dureront probablement aussi longtemps que ces plaines de sable. BBPPnco.
BEEL. Fox*. Bàal.
BEER (Giorge-Josxpb). Ce célèbre oculiste naquit à Vienne en 1765. Les succès de sa pratique et de ses ouvrages montrent combien est profitable pour la science et l'humanité l'étude approfondie d'une branche particulière de l'art de guérir, lorsqu'on s*y adonne avec une instruction générale solide. Béer est mort eu 1818 laissant une réputation européenne, et les nombreux écrits qu'il a publiés sur l'ophthalmiatrique depuis 1701, empreints d'un cachet peu brillant, mais sévère, sont encore classiques dans toutes les universités d'Allemagne et mériteraient d'être plus connus en France. T. Cotteâv.
BEETHOVEN (LuDMriG var), naquit le 15 décembre 1770, à Bonn, où son père était ténor de la chapelle du grand-duc. Bès ses premières années se développa la passion de cet art, qu'il porta si haut dans la 'suite. Il avait à peine cinq ans que déjà grondait en lui une harmonie instinctive, vague, obscure, confuse comme tout ce qui nous vient d'instinct. C'était un concert perpétuel, un hymne sans fin que le monde extérieur entretenait dans son âme; aussi l'air, la rosée, les parfums, les couleurs et tous les phénomènes de la nature n'étaient pour lui que des voix harmonieuses ; Bt*elhoven enfant ne perce-
vait que des sons. Bès lors il sentit que son droit était de faire entendre à tous celte vaste symphonie dont il était encore seul à Jouir; il sentit, le grand homme, que la science devait ouvrir un cratère à toute cette lave de mélodies. Il tourmente son père, l'obsède de telle feçon qu'au bout de deux ans toute la science d'un musicien habile ne lui suffit plus. S'apercevant qu'il devient l'écolier de son fils, le père le confie à Van der Eden, l'organiste de la cour, et le claveciniste le plus distingué de Bonn. — Après la mort d'Eden, Neefèr, qui succéda à ce maître, prit Ludwig en afiFection et lui fit connaître les œuvres sublimes de Sébastien Bach, de Handel, qui furent pour Beethoven l'objet d'une admiration constante et sans bornes. Tandis que le pianiste de onze ans exécutait les ouvres les plus difficiles avec une prodigieuse habileté, avec un sentiment profond, cette ardeur de créer qu'il avait étou£Fée pendant trois ans sous des études consciencieuses vint le tourmenter de nouveau. Il céda cçtte f6is, et bientôt des variations sur une marche, trois sonates, plusieurs cantates, furent publiées à Manbeim. Mais le champ où le génie de l'artiste se développait d'une manière plus hardie et plus brillante, c'était la libre fantaisie et l'improvisation sur un motif donné. — Ce talent de création spontanée fut mis à l'épreuve par Mozart lui-même, par Mozart au moment où il jouissait en Allemagne de toute la splendeur de sa gloire. A Vienne, en 1790, Beethoven improvisa devant l'auteur de don Juan, qui, voulant s'assurer de son talent, l'écoula froidement, etfinit par lui dire que toute cette improvisation avait bien l'air d'une scène apprise par cœur. Beethoven, humilié, lui demande un thème original; Mozart alors, croyant l'embarrasser, écrit un motif chromatique et fugué d'une extrême difficulté, qu'il met aussitôt sur le pupitre. Beethoven travaille le thème donné, pendant trois quarts d'heure, avec tant de grâce, de verve, de génie et d'originalité, qu'il se rend maître de son auditoire, et Mozart, transporté, dit à l'assemblée : « Faites attention à ce jeune homme, il ira loin. » — Ludwig s'était déjà signalé sur l'orgue, et l'électeur, passionné pour l'art, le nomma successeur de Néefer, en iui accordant le titre d'organiste de la cour, avec un congé d'une année, afin qu'il pût se rendre à Vienne, y terminer aux frais de l'itat ses études, sous les yeux de Joseph Haydn. A peine Beethoven commençait-il à sentir tout le prix des leçons d'un tel professeur que celui-ci, appelé en Angleterre, se vit fèrcé de confier son élève au maître de chapelle Albrechtsberger, qui
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riniUa tout à Mt daat to vnttres du contrepoint. — Déjà BeethoTen 8*était bit connaître par un grand nombre de belles compositions; déjà il passait à Vienne pour un pianiste du prenier ordre^ lorsque dans les dernières années du fiècle passé, surgit en Wolf un rival digne de lui. Alors se renouvela en quelque sorte la vieille querelle des gluckistes et des piccinistes, et les nombreux amateurs de la ville impériale se divisèrent en deux partis* Le prince Rodolphe commandait les soutiens de Beethoven, et le baron de Metiler se montrait à la tète des plus zélés protecteurs de Wolf; le baron de Metaler, dont la magnifique vdla, toujours ouverte aux artistes, leur offrait un séjour délicieux. Ce fut Id que la lutte harmonieuse des deux Jeunes artistes eut lieu devant une réunion d^amateurs et de connaisseurs du plus grand mérite. Ils improvisaient tour à tour sur des thèmes quUls se Jetaient mutuellement: Tun répond à Tautre; c*est un concert qui semble ne devoir pas finir. Quelquefois ils s'arrêtaient pour reprendre haleine; •^essuyant le front d'une main tandis que l'autre, errant sur le clavier, soutenait encore le iBOtif, préparait des Jeux d'harmonie que l'autre main allait attaquer. Que de mélodies, que de caprices délicieux, sont nés de cette lutte, de ceUe double inspiration ! Il était impossible de dire lequel des deux avait mieux fait. Wolf, avec sa BMin de géant, embrassait onze notes avec facilité. Pour Beethoven, d^li, dans l'improvisa tion, se révélait son génie sombre et mélancolique. — Les guerres d'Allemagne, la mort de son noble protecteur, le forcèrent de quitter sa ville natale. Il se rendit à Vienne. Il écrivit ses quatuor pour instruments à archet , et vint ajouter encore à l'importance, à l'intérêt que les productions de Haydn et de Mozart avaient donnée à cette musique de chambre , si complète malgré la simplicité de ses moyens d'exécution. — A Vienne, Beethoven se lia d'aibitié avec Weisa et Leckt, virtuoses de la chambre du prince Rodolphe; il leur faisait connaître ses œuvres à peine terminées et leur en communiquait la pensée. Pour apprécier dignement les quatuor de Beethoven, il fallait les entendre exécuter par ces artistes. Les relations fréquentes qu'il avait avec Salieri éveillèrent en Beethoven le désir d'écrire un opéra. On arrangea pour lui on livret français, l'Amour conjugal, que Paèr avait déjà mis en musique sous le titre de Léonora; Beethoven lui donna celui de Fidelio. En deux ans, Beethoven créa dix chefs-d'œuvre, Fidelio, le Chriêi au momi des OUviert, su concertos de violon, la Symphonie poilorale^
création ravissante de Jeunesse, de pureté, de fraîcheur, où la musique pittoresque a été portée à son plus haut degré de perfection, la ^npphomiê héroigue, telle en la, des concertos de piano, etc. Quelles années ! quelle profusion de Jouissances, que de voluptés il a dû ressentir dans cette vie de création et d'harmonie que rien n'interrompait encore. Cependant Fidelio ne réussit point' à ses premières représentations données à Prague : la faiblesse de l'exécution et les approches de la guerre furent les causes de cette mésaventure. L'année suivante, Fidelio prit une brillante revanche à Vienne. — Jusqueià Beethoven avait éprouvé toutes les contrariétés mesquines dont l'envie harcèle toujours l'artiste qui s'élève. En 1809, le roi de Westphalie lui fit offrir ki place de maître de chapelle à Cassai. Beethoven était sur le point d'accepter, lorsque trois hommes passionnés pour l'art, le grand Rodolphe, depuis cardinal archevêque d'OlmUtz; les princes Lobkowitz et Rnowsky, s'opposèrent à cette résolution et firent obtenir au grand maître un contrat par lequel ii lui était assuré 4,000 florins de rente, à cette seule condition qu'il en dépenserait les revenus dans les États autrichiens. Touché de cet hommage rendu à son génie, Beethoven travailki sans relâche Jusqu'à sa mort'^ A mesure que sa réputation se répandait en Europe, elle lui renvoyait de toutes parts des marques de son passage : c'était la médaille frappée à Paris, un magnifique piano que l'Angleterre lui envoyait, des nominations, des dlpldmes académiques arrivant de tous les pays. La perte de l'organe de l'ouïe , la plus douloureuse que puisse faire uii musicien, vint alors l'accabler. Il devint complètement sourd et ne put communiquer que par écrit'avec le monde extérieur. Les suites nécessaires de cette infirmité devaient être un amour ^rdent de ki solitude , une méfiance inquiète et tous les symptômes de l'hypocondrie naissante. La lecture, le travail, la promeiiadeen pleine campagne, étaient ses plus douces occupations, un petit cercle d'amis dévoués son seul délassement. Cependant de nouvelles souffrances s'étaient jointes à cette infir^ mité : l'hydropisie se déclara ^fit de grands progrès et précipita l'instant fAal. Il institufi légataire universel son neveu Karl Van Beethoven, qu'il aimait comme un père, et dont il faisait lui-même l'éducation. Sa fdrtune se montait à peu près à 9,000 florins.— A sa mort. Vienne, Prague, Berlin, toutes les villes d'Allemagne, furent en deuil. Ce fut à qui rendrait au grand homme les honneurs les plus dignes de lui. On
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donna un concert spirituel, dans la salle des états de la diète, où l'on n^entendit que de sa musique , et dont le produit fut consacré à lui élever un monument. — Beethoven était de moyenne taille, vigoureux, et n^avait jamais été malade, malgré la vie irrégulière à laquelle un travail continuel Tassujeltissait. Il était d*âme et de corps robuste, et loyal Allemand. Culte envers les malheureux, dévouement à tous, telles étaient les qualités qui dominaient en lui, et qu*en revanche il voulait trouver chez les autres. Rien ne Tindignait plus qu'une promesse violée. Bans les premiers temps de sa vie, la musique fut son seul amour, sa seule étude, sa seule passion. Plus tard il s'occupa beaucoup d'histoire et de philosophie. Celte tension d'esprit constante l'empêchait de s'attacher aux détails de l'exécution. Beethoven était un chef d'orchestre dont il fallait se méfier. Il ne pensait qu'à son œuvre; il était avec elle identifié au point que sans le vouloir il en figurait l'expression d'une manière pittoresque. Sur un passage vigoureux, il frappait à coups redoublés son pupitre. Au diminuendo, il se faisait petit ; au ptanmtmo, il disparaissait. Mais si tout l'orchestre éclatait dans une explosion générale , le nain devenait géant, il grandissait, s'élevait avec la tempête du chœur et de l'orchestre. Alors sa face s'éclairait, le bonheur rayonnait dans tous ses traits, un sourire de bienveillance errait^ur ses lèvres et sa voix de tonnerre jetait à tous les musiciens, comme récompense, ces mots : hravi tutUI — Quelquefois dans l'intimité de la causerie, il disait son opinion sur les grands artistes ; voici ce qu'il pensait des trois suivants : « Weber a commencé trop tard ; l'art en lui n'est pas spontané ; il est le résultat d'une étude opiniâtre et profonde. Bu reste la science me semble lui tenir lieu de génie. — Le chef-d'œuvre de Mozart est et restera toujours sa Zauber-Fiœie. C'est dans cet ouvrage qu'il s'est montré pour la première fois grand maître allemand. Don Juan a les allures italiennes : et puis l'art divin et sacré aurait-il jamais dû se prostituer en un sujet si scandaleux ?— Handel est seul sur son trône ; nul n'a jamais atteint à sa hauteur, rien ne fait présumer quecela soit un jour. Maîtres, étudiezle profondément; apprenez de lui comment, avec des moyens simples , on produit de merveilleux e£Pets. »— Beethoven nous a laissé huit symphonies à grand orchestre : La Victoire de ff^ellington, symphonie pittoresque ; une symphonie avec chœurs; une messe en ut à quatre voix, chœur et symphomie, publiée à Paris, par l'auteur de cet article; une messe en ré, à dou-
ble chœur ; le Christ au mont des Oliviers, ora* torio; Armide, Adélaïde^ cantates; Fidelio, opéra; Egmont^ mélodrame ; Prométhée, ballet; les ouvertures de Coriolan, les Ruines d'Athènes, la Dédicace du Temple, des quatuor pour instruments à archet, un quintette, un septuor, des trios, avec partie principale pour le piano; des sonates et des concertos de piano, des concertos de violon, une infinité de pièces fugitives telles que menuets, contredanses, valses, allemandes, chansons, canons, etc. Voilà pour les ouvrages pratiques. En théorie, il nous a légué ses Études ou Traité d'harmonie et de composition, qui ont été traduites en français. Les notes biographiquesjointesàce traité m'ont été d'un grand secours pour la rédaction de cet article. — La Symphonie héroïque, en mi bémol, a été l'objet d'une infinité de conjectures de la part des biographes et des journalistes ; chacun a bâti son plan à sa fantaisie et prêté à Beethoven ses propres idées. On a poussé même la manie des commentaires jusqu'à appliquer à la mort de Napoléon, à la pompe de son convoi funèbre les images que l'auteur a présentées dans cette composition et le caractère d'expression qu'il lui a donnée. Ces écrivains ignoraient sans doute que la Symphonie héroïque était connue de l'Europe entière depuis quinze ans, lorsque le captif de Sainte-Hélène a été rayé du nombre des vivants. La partition de cette symphonie avait pour titre unique le mot Napoléon : commencée sous le consulat, Beethoven y travaillait encore, lorsqu'un matin, son élève F. Ries entre chez lui, un journal à la main , et lui annonce que Bonaparte s'est fait proclamer empereur. Beethoven, qui rêvait un héros républicain , resta un instant stupéfait , puis il s'écria : « Allons ! c'est un ambitieux comme tous les autres. « Et au nom de Napoléon, Il substitua ces mots : Sinfonia eroica per festeggiare la memoria di un grand' uomo. Il recomposa le second morceau , et d'un hymne de gloire il fit un chant de deuil.— Lorsque les symptômes de l'hypocondrie se manifestèrent chez lui , il commença d'abord par se plaindre deTa méchanceté des hommes, portés tous au mensonge, à la flatterie, à la débauche. Il voyait tout en noir, et soutenait qu'on ne pouvait désormais trouver l'homme probe nulle part. Il finit par se méfier de sa cuisinière , bonne vieille femme éprouvée par trente années de service. Il résolut tout à coup de conquérir une entière indépendance, et cette idée bizarre une fois entrée dans son cerveau dut être réalisée aussitôt. Or voilà Beethoven allant lui-même au marché, choisissant.
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achetant la Yiande, les légumes, qu^on lui faisait payer très-cher. Rentré chez lui, Til lustre maître apprête lui-même son dîner. Cela dura quelque temps, et comme ses amis dévoués, les seuls qu*il reçût encore dans son intimité, lui adressaient des observations sérieuses sur cette manie, il se fâcha; et, pour leur prouver ses connaissances profondes dans Tart culinaire , il les invita à dîner pour le lendemain, afin de les convaincre. Les convives s*attendaient bien à ce qui devait arriver. N'importe, ils se rendent à Theure dite chei Beethoven et trouvent le grand homme en veste et tablier blancs, son vaste front couvert du bonnet de coton, occupé devant ses fourneaux. Après avoir attendu près d'une heure et demie, lorsque déjà la conversation ne couvrait plus les clameurs de plus d'un eslomac a£Pamé, on servit. La soupe ressemblait à ces bouillies que les aubergistes donnent aux mendiants; le bœuf, à moitié cuit, était racorni comme la chair d'une vieille autruche; les légumes nageaient dans la graisse et l'eau ; et le rôti paraissait sortir du tuyau de la cheminée où ou l'aurait mis pour y être eni^mé. L'amphitryon ne mangea pas moins avidement de tous les mets , et ce contre-temps, prévu par les convives, le fit tomber dans une humeur joyeuse et toute couleur de rose. Il se comparait au cuisinier Meischorbel dans la parade intitulée : VeuLûstige Bextager, iejqyeux festin de noce. Il cherchait tant par son exemple que par l'éloge des mets qui couvraient la table à faire partager sa joie à ses hôtes. Ceux-ci , pouvant à peine croquer quelques morceaux, n'en assuraient pas moins qu'ils mangeaient trois fois plus qu'à leur ordinaire, et se dirent rassasiés après s'en être tenus au beurre, aux fruits, que le sublime cuisinier n'avait heureusement pas touchés. Ce festin remarquable fut le dernier que le maître de l'harmonie apprêta ; son nouveau métier l'ennuya ; il abandonna la couronne et le sceptre, le bonnet de coton et la cuiller à pot. La vieille ménagère revint à son ancienne dignité ; et le patron, résigné, à son pupitre, qu'il n'aurait pas dû quitter.—Son testament adressé à ses frères porte la date du 2 octobre 1802. Le grand homme a vécu vingt-cinq ans encore. Sa patience angélique a été mise à de rudes épreuves. Castil-Blazk.
BEFANA (faniôme), espèce de mannequin costumé et de sexe féminin qui figure dans une procession burlesque ayatit lieu à Florence, à Rome et dans quelques autres villes d'Italie pendant le carnaval et à l'époque de la fête des Rois, f^ox* Cabraval. Corv. Lxx. mob.
BEFFROI. Dans le Gioêsaire latin de Ducaoge,
ce mot se trouve traduit par les mots de basse latinité belfredus, berfredus, verfredus, berefridus, bilfredus, berfreit, belfragium. D'abord on appelait beffroi une machine de guerre construite en bois et en forme de tour, à plusieurs étages, montée sur quatre roues, couverte de cuirs ou de peaux pour amortir l'action du feu, et assez haute pour arriver au niveau des murs d'une forteresse. Dans les étages supérieurs se plaçaient des soldats qui lançaient continuellement des traits sur l'ennemi^ dans le bas étaient des hommes vigoureux chargés de mouvoir la machine et de la pousser près des murs. Puis on donna le nom de beffroi à ces tours assez élevées que l'on contruisit dans les villes et les forteresses, au haut desquelles veillaient des gardes qui, en mettant en branle une cloche, avertissaient les habitants de rapproche de l'ennemi et les appelaient ainsi aux armes. Lorsque les communes s^établirent en France, le premier acte de la confédération ou commune fut généralement l'occupation d'une tour à laquelle on donnait le nom de beffroi, et où l'on plaçait une cloche. La première clause du serment des com* muniers était de se rendre en armes, dès que la cloche du beffroi sonnerait, sur la place d'armes qui leur était assignée, pour se défendre les uns les autres. Cette cloche s'appelait dans le latin du temps campana bannalis, et en français bancloque (cloche du ban), parce qu'elle servait à convoquer tous les individus demeurant dans le ban ou district de la ville. Le droit de beffroi était donc un de ceux qui constituaient la commune, comme il résulte d'un arrêt de Charles le Bel, donné à Paris en 1322, et qui enlève à la ville de Laon les droits d'échevinage, de collège, de mairie, de sceau, de cloche, de beffroi et de juridiction.
Quelques auteurs ont dérivé beffroi du saxon et du tudesque bellj cloche, et freid, paix, et ils traduisent ces mots par cloche de la commune, parce qu'en effet plus d'une fois on trouve la commune désignée par le nom de paix (p<ix). Quoi qu'il en soit, on trouve ce mot écrit de diverses manières dans nos vieilles coutumes: befroy, beaufroy, bellefroy, etc. Enfin encore aujourd'hui on appelle beffroi la charpente qui soutient les cloches dans les clochers. P^ox* Tocsin. A. Sa vaguer.
BÉGATEHENT (Psxllisme), infirmité fort commune et qui consiste dans une difficulté plus ou moins grande de parler. Tantôt c'est une hésitation, une répétition saccadée d'une ou de plusieurs syllabes, tantôt c'est une suspension pénible et comme convulsive de l'articulation des
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sons. Tous les bègiées ne le sont pas de la même façon; les uns s*arrétent seulement avant de prononcer la première syllabe; les autres ne sont ar/élés que par certaines lettres; d'autres encore ont à la fois plusieurs vices de prononciation. Enfin on en voit quelques-uns, rares à la vérité, chez lesquels Taction de parler s'accompagne de grimaces, de contorsions extrêmement fatigantes après lesquelles ils ne font entendre encore que des sons presque inarticulés.
On ignore tout à feit la cause du bégayement, et Ton ne trouve chez la plupart des sujets aucun moyen de l'expliquer par la conformation des parties. D'ailleurs les vices de prononciation qui dépendent de la longeur et de la brièveté de la langue, de l'absence d'une ou de plusieurs dents, ne peuvent être assimilés au bégayemeut, lequel peut prendre place parmi les affections nerveuses, si l'on doit nommer ainsi toutes celles dont les causes échappent à nos recherches.
Quoi qu'il en soit, l'observation nous montre que le bégayement est plus commun chez les sujets timides et susceptibles; qu'il se propage par imitation, qu'il augmente toutes les fois que le sujet est sous l'impression d'un trouble quelconque. Enfin il disparait temporairement ou pour toujours dès que le malade est soumis à une volonté énergique, que ce soit la sienne ou celle d'un autre. On remarque aussi que dans léchant, dans la déclamation des vers, le bégayement cesse en général de se faire sentir; qu'avec l'âge il s'affaiblit, qu'il semble suivre chez quelques personnes les variations de l'atmosphère, et qu'il présente des intermittences assez prolongées.
L'homme est plus fréquemment que la femme atteint de cette inQrmité qui exerce sur les dispositions morales une influence incontestable. On voit en effet les bègues être généralement taciturnes et réfléchis, comme aussi les attaques fréquentes auxquelles ils sont trop souvent exposés les rendent irascibles et violents. On a établi des divisions, qu'on a trop multipliées peut-être, d'après les nuances que présente le bégayement; ainsi M, Malebouche en admet neuf espèces, savoir : 1» l'impossibilité momentanée d'articuler; â° doublement précipité des syllabes ; 3» arrêt de la parole par habitude d'esprit; 4o bredouillement; 5^ zézayement; 6», 7», 8» et 9<' difficulté pour les lettres d'avani, de haut, d^arrière, etc., pour les articulations p^ /, k. M. Deleau reconnaît trois bégayements : le lingual ou loquace, le labfal ou difforme, enfin le douloureux ou muet.
Le traitement du bégayement a souvent été
entrepris et avec des succès variables. On n*a jamais réussi par les médicaments dirigés contre des causes toutes hypothétiques ; ainsi les toniques , les débilitants , les révulsif^ ont été tour à tour employés selon qu'on a cru avoir besoin de fortifier ou d'affaiblir les organes^ ou bien au contraire d'appeler loin d'eux une humeur ou une irritation qui aurait entravé le libre exercice de leurs fonctions. L'examen attentif des cas de guérison a fait voir clairement qu'il valait mieux observer la manière dont la langue et les lèvres fonctionnaient dans l'action de parler que de fabriquer de vaines théories ; en effet, les sujets qui ont guéri ont été des gens d'une volonté très-prononcée qui se sont soumis eux-mêmes à un exercice constant et méthodique des organes de la parole et de la respiration, ou bien des personnes d'une disposition d'esprit analogue et portant intérêt aux malades, les ont amenés avec adresse à pratiquer sans interruption cette gymnastique sans laquelle il n'est pas de guérison.
Tel a été tout le secret d'une dame Leigh qui, en Amérique, paya l'hospitalité qu'elle avait reçue d'une famille en guérissant une jeune fille bègue qui en faisait partie. Cette dame ayant étudié avec soin la malade reconnut que, dans le moment de l'hésitation , la langue séjourne dans la partie inférieure delà bouche, la pointe arrêtée derrière les incisives d'en bas, et qu'à l'instant où la difficulté est surmontée l'organe se déplace et se porte vers le palais. Elle conclut de là qu'on arriverait à la guérison si l'on pouvait habituer les bègues à parler, la langue appliquée contre le palais. C'était, il est vrai, substituer un vice de prononciation à un autre; car de cette manière la prononciation est, comme on dit, empâtée; mais c'était le vice diamétralement opposé, et Ton pouvait espérer que, livrés à eux-mêmes, les sujets arriveraient à un terme moyen avantageux.
Ses tentatives réussirent, et depuis, /le nombreuses expériences faites dans cette même direction ont été généralement fructueuses, lorsqu'elles ont été faites par des personnes courageuses et persévérantes. D'ailleurs les exemples de guérison sont nombreux. Outre ceux qui furent observés en Amérique, plusieurs eurent pour témoins les commissaires de l'Académie royale des sciences qui furent appelés à examiner la méthode de traitement de madame Lei{;h, importée par M. Malebouche. Un des plus remarquables est celui d'un homme qui, à l'âge de 53 ans, parvint en 8 jours à se guérir assez parfaitement pour pouvoir se livrer à la prédication.
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