‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 3Chapitre 19 sur 63 · EH · texte numérisé non relu

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que temps après que son nouvel époux était le fils d'un noble seigneur napolitain, M. de Lucchesi-Palli. On se complut à refuser à une princesse la foi que la politesse et la bienveillance accorderaient à une simple particulière; les légilimiêieê, oubliant son pays, son âge et les exemples qu'offre Thistoire , nièrent ce nouvel hymen comme un crime et secondèrent ainsi les ennemis de la princesse, qui, par son aveu, perdait tous droits à une régence incertaine , mais ne s'attirait plus que le blâme des ambitieux. Comme elle avait montré le mépris de la mort pendant son expédition, elle montra celui de la captivité* Renvoyée de France une seconde fois, jgmt la duchesse de Berri s'embarqua à Blaye le 8 juin 1833 et arriva en Sicile après une traversée de 94 jours. De là elle alla rejoindre, aux environs de Prague , la famille royale avec laquelle elle passe maintenant une grande partie de Tannée.

Les lettres de M. le duc de Berri , publiées après sa mort par M. de Chateaubriand et imprimées dans les œuvres de ce dernier, sont d'un grand intérêt. Ce prince a laissé deux filles de son premier mariage, que sa veuve a mariées, l'une au marquis de Charette, l'autre au prince de Faucigny; et de son alliance avec Caroline de Bourbon, Louise-Jlarie-Thérèse appelée Maile^ fnoiêelle, née â Paris le 31 septembre 1819, et Henri, duc de Bordeaux. C^* di Bi^i.

BEERUGUATE (ALOifzo), célèbre peintre et architecte espagnol, mort â Tolède en 1545. Il Ait l'ami d'André del Sarte et imita la manière de Jlichel-Ange. Charles-Quint l'employa pour la construction du palais du Prado et pour restaurer l'Alhambra. On trouve de lui des tableaux remarquables â VaUadolid, â Tolède et à 8ahimanque Covv. Ltx.

BE&RTE& (Puiex-Antoiiii), fils d'un des avocats les plus distingués du barreau de Paris, naquit dans cette ville en 1790. M. Berryer jeune, avocat et député , est regardé comme l'un des cbels du parti légiiimiêle.

Volontaire royal dans les cent-jours, il fit le voyage de Cand, A son retour, luttant contre Tesprit imprimé d'abord â la seconde restauration, il assista son père dans la défense du maréchal Ney, et sauva le général Cambronnedont toutes les bouches répétaient alors ce mot. «La garde meurt, et ne se rend pas ! » Moins heureux à Taudience pour le général DebeUe , il alla se Jeter en suppliant aux pieds de Louis XVIII et obtint sa grâce. Partisan léléde la liberté de la prese, il n'hésita pas à la défendre contre ses amis poUlifues. Daof son plaidoy^pour la<2if0*'

Udienne (25 juin 1894), il signala les tentatives que faissaient les puissants du jour pour amortir l'opinion publique en achetant à prix d'or les journaux dont le nombre était alors limité. « f^ouê êave» acheter 4e$ opinions et vous ne eaoeMpuê leê défendre i » dit-il publiquement â M. de Villèle, et â ses partisans. Deux ans plus tard (91 avril 1896), défendant l'abbé de Lamennais mis en accusation pour ses doctrines sur l'autorité du pape, il disait : « A qui osera-t-on foire un crime de vénérer dans son cosur et ses paroles cette grande puissance spirituelle qui lait sans cesse entendre ces nobles enseignements : Peuple, obéis â ton roi, il est l'image de Dieu sur la terre; roi, garde-toi d'oublier dans les pompes de ta grandeur que le dernier de tes sujets est ton frère. »

En 1899, envoyé à la chambre des députés par le département de la Haute-Loire, il attira aussitôt l'attention, lors de la discussion de la fameuse adresse des 991. Après hi révolution de 1830, il prêta serment â la constitution nouvelle et â Louis-Philippe, roi des Français. « Quand b force domine dans un Étal, disaitril, les gens de bien doivent encore à la société le tribut de leurs efforts pour détourner de plus grands maux (séance du 1 1 août). » Le procès criminel dont H. Berryer a été le héros en 1859 lui a donné l'occasion de développer i^mment il entendait ce serment d'obéissance.

La duchesse de Berri venait de débarquer près de Marseille. Des bruits de complots, de guerre civile circulaient, éclataient partout, quand, le 90 mai, M. Berryer reçoit de deux amis communication d'une lettre de la Vendée. « La duchesse de Berri vient d'arriver dans ce pays, mandait-on. » Aussitôt il part et arrive à Nantes le 99 â 8 heures du matin. Trois heures après, un affidé le conduit à plusieurs lieues de là vers la duchesse. A minuit, il lui remettait une note rédigée par M. de Chateaubriand. Après une longue conférence, il la quitte dans la matinée du 93. A 11 heures du soir il était de retour â Nantes, et il en repartait le 3 juin. Le 7 on l'arrête à Angouléme comme prévenu de complot contre le gouvernement. Déjà le 3, son ami, M. de Granville, avait avoué à M. Démangeât, procureur du roi â Nantes, qu'il « était revenu, le cœur navré de douleur de voir que la princesse avait obstinément refusé de se rendre à ses avis, qui étaient de renoncer, du moinepour le moment, à toute entreprise de soulèvement et de recherchera s'emlMurquer pour l'Angleterre. * Le 11, H. berryer répéta Le même aveu â M. DemangeaL Aux asaises de Uoii, M. B«rryer ftat acquitté après de

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courts débats qui ont fait ressortir le talent de sa défense, Timpartialité des magistrats et l*indépendance du pouvoir judiciaire. — M. Berryer réélu député au mois de mai 1834, a, depuis, continué de foire partie de la chambre. Il y fait toujours admirer son éloquence, et ne laisse passer aucune grande circonstance san&y apporter sa puissante influence. En 1845, inconsolable de la perte de sa femme, il fut sur le point de prendre rbabit de bénédictin , projet, dont sont parvenus à le détourner, un grand nombre de ses amis, qui ont ainsi conservé à la tribune un des admirables talents oratoires de Tépoque. Au mois de décembre 1843, il se rendit avec la feule des légitimistes à Londres , pour présenter ses hommages au duc de Bordeaux. A son retour, il donna sa démission de député, à cause d*une allusion blessante faite dans un paragraphe en réponse au discours du trône. Mais il fut, ainsi que ceux de ses collègues qui avaient suivi son exemple, réélu immédiatement après (en février 1844). Au mois de mars suivant, M. Berryer, invité par les légitimistes de Marseille à se rendre dans cette ville, où Tattendait une ovation, s*y rendit en effet; mais le mouvement des légitimistes donna lieu à un autre mouvement de la part des libéraux. M. Berryer, redoutant une collision, quitta aussitôt la ville.

BERTAUD (Jxah), né a Caen en 1559. Quoique élève et grand admirateur de Ronsard, Bertaud, doué d'une imagination moins abondante, sut éviter les défauts de son mattre : il est vrai qu'appelé jeune encore à la cour de Henri III et secrétaire du cabinet de ce prince, il y contracta l'habitude d'un style plus pur et plus châtié que celui de Ronsard, qui vieillit en province. Plus tard, Bertaud, qui était dans les ordres, fut aumônier de Marie de Médicis, et enfin évéque de Seez, où il mourut en 1611. Les vers de Bertaud ont du nombre, de la douceur et de l'élégance. Us avaient encore un reste de réputation sous le règne dédaigneux de Louis XIV, et les pères de Port-Royal, en publiant un recueil de psaumes, le commencèrent par celui de Bertaud, qui contient cette stance si connue :

QbI m pc«t rtrcDÎr, TooiiBcnt cl< ma p«afl^ Qa« n*al«j« en te perdant perda le soatcnir!

On prétend que Bertaud se servit le premier dumotpfMieur. ^ 1.

BERTUE {au grand pUd^^ ainsi nommée parce qu'elle avait, dit^on, on pied plus grand que l'autre. Fille de Garibert comte de Laon, cette

princesse épousa Pepin le Bref, avec lequel elle fut élevée, en 751, au trône de France, et fut mère de Charlemagne. C'est là son phis beau titre aux hommages de la postérité; car la conduite qu'elle mena après la mort de son époux et l'influence qu'elle exerça sur un de ses fils, pour l'obligera répudier son épouse Hémiltrude, font regretter que l'histoire n'ait pu se renfermer à son égard dans le silence qui couvre les dernières années de son existence. On sait seulement qu'elle mourut à Ghoisy, le 12 juillet 783, et qu'elle fut plus tard enterrée à Saint-Denis, auprès de son époux.

Il existe un vieux poème du xni« siècle qui porte le nom de Berte aus gfan$ pies, et qui est l'ouvrage d'un poêle belge appelé Adenès ou Adans, dont les inspirations charmaient les loisirs de la cour du roi Philippe le Hardi et de sa femme Marie de Brabant. La fable sur laquelle Adenès a composé son poème n'offire que peu de rapports avec l'histoire de la reine dont il porte le nom ; et si nous en parlons ici c'est uniquement à cause de l'analogie qui résulte du titre de son œuvre entre son héroïne et l'épouse de Pepin le Bref. DéaddA.

BERTHIER (Ai.EXAiiORX),run des généraux le plus utilement employés par Napoléon, naquit à Versailles le 20 novembre 1753. —Il acquit en quelques années les connaissances nécessaires à un officier d'état-nu^or, sous son père, ingénieur-géographe de beaucoup de mérite; il ne quitta ses leçons que pour entrer au service. — Son dessin était facile et plein de netteté ; conduit sur le terrain, il indiquait déjà avec facilité les moyens capables de réaliser la théorie. Ces épreuves, qui touchaient à l'application, appelèrent l'attention sur lui, malgré sa jeunesse. Louis XYI, qui suivait avec tant de plaisir le progrès delà géographie, appela ce jeune homme à la composition d'une carte des chasêeê, qui s'exécutait dans son cabinet, et dont il éUit luimême occupé. Cette carte existe, et est une des plus étudiées et des plus belles que nous ayons. On a conservé ses minutes, qui sont corrigées de la main même du roi. Les géographes de l'Europe ont imité souvent ce beau travail, minutieusement spécial, mais ils n'ont pas surpassé sa netteté. — Berthier passa du cabinet topographique du roi au service actif dans le régiment des dragons de Lorraine, dont le prince de Lam-« besc était colonel. C'est cet officier général luimême qui demanda le Jeune Berthier. Le régiment qu'Ucoounandait était regardé alors comme la première école de cavalerie de l'Europe. Berthier y apprit à manier les armes et les chevaux :

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il sV fit même remarquer par sa dextérité et par le calme de sod esprit, que la violence des exercices n*altérait pas. — Lors de la guerre d'Amérique, Berthier fut appelé à Tétat-maJor du comte de Rochambe&u, et s*embarqpa avec Tannée. U se distingua au combat naval de Chesapeak, et à la reconnaissance de New-York. Là, il escortait avec quelques officiers le général en chef sous le feu des batteries anglaises, quand des soldats ennemis vinrent les assaillir. L*esCorte tira aussitôt répée, et Berthier tua de sa propre main on dragon qui se Jetait sur lesgénéraux Rochambeau et de Damas, et fit plusieurs prisonniers. H se distingua dans les affaires suivantes par une impassible énergie. ~ Son activité était inépuisable dans le travail du cabinet, où il déployait sous les yeux de ses chefs des connaissances géographiques et militaires fort étendues. — Lorsqu'il était chargé de faire exécuter lui-même une disposition, il le faisait avec rapidité; toujours maître dehii, iljivait cette attention qui découvre au moment du péril le moyen de le détourner, soit en empruntant un secours à la science, soit en exaltant la valeur des soldats. Berthier passa ensuite à rétat-major du général Yiomesnil : c'était au commencement de Texpéditien contre la Jamaïque. Cette opération fut suspendue par la paix de 1783. — La guerre d'Amérique précisa et rendit tout à fait pratiques les connaissances de Berthiei^. Il avait pu les éprouver sur le terrain. A son retour en France, il se mit à suivre les cours des meilleures écoles militaires et rechercha dans les ouvrages classiques do temps toutes les connaissances immédiatement applicables à la guerre. Il alla même examiner dans les camps prussiens des théories ▼antées dans toute l'Europe. Son esprit froid et réfléchi, et avide seulement de réunir en lui les connaissances qui constituent l'officier général chargé de l'exécution d'un plan de bataille, s'enrichit chaque Jour d'aperçus éprouvés et d'aperçus neufs. — Le mouvement interne et puissant qui ébranlait déjà l'Europe avertissait ce clair- Toyant officier que les armes seraient la grande carrière de son temps, que là seulement s'élèveraient des existences prédominantes durables. Il travailla en conséquence à se rendre propre au commandement secondaire du premier ordre, à diriger l'expérience enthousiaste des bataillons quand une guerre éclaterait. —Berthier -se tint prêt pour ce rôle. La révolution le trouva colonel, chef d'état-major, sous Bézenval. Il fut nommé ensuite commandant de la garde nationale de Versailles. La crainte et la fureur révolutionnaire l'attaquèrent dans ce poste, mais il

sut s'y maintenir assez longtemps. Au commencement de la terreur, Berthier fut appelé aux armées, d'abord comme chef d'état-migor du général la Fayette, puis comme celui de Luckner. Il y passa les cinq années les plus orageuses de la révolution et s'y battit bien. Patriote alors et officier habile, il y rendit d'éclatants services, mais en faisant pour s'effocer les mêmes efforts que d'autres faisaient pour paraître. — Il ne se sentait pas l'ardente ambition du premier rang et ne se Test Jamais sentie. — Le général Bonaparte trouva Berthier à l'armée d'Italie, en 1796.

— II le prit pour son chef d'état-major, et depuis il ne l'a pas quitté. A ce moment, sa vie se confond avec celle de Napoléon; tous ses services s'y rattachent. Berthier n'a exécuté supérieurement que les détails des campagnes; il a su constamment les épargner au travail de l'empereur, qui, grâce à de pareils lieutenants, pouvait s'attacher quelquefois, dans ses grands opérations, à ses seules vues générales. Il en résultait une précision d'exécution admirable. Bonaparte trouva eu Berthier l'homme capable de saisir dans quelques mots, dans quelques traits, son impatiente pensée. Berthier agrandit, durant 19 années de guerres consécutives, à campagne double pour le grand nombre, sa réputation d'officier d'esécuiion. Cette exécution développée d'ordres généraux, communiqués seulement avec les renseignements essentiels, lui devint familière. Personne n'eût mis dans les fonctions de major générai la même assiduité, n'eût eu sa facilité et sa rapidité de travail, son ordre lumineux. Berthier fit 16 aampagnes, mais il ne commanda en chef qu'un corps d'armée : c'est dans les quelques semaines qui précédèrent le tecondpaiêage des Jlpeê. Alors il organisa à Dijon, puis réunit à Genève, et commanda un moment l'armée dite de réserve, mais sous la direction du premier consul, resté à Paris Jusqu'au dernier moment. Berthier se trouva à Marengo dans son emploi ordinaire, et y dirigea tous les détails de la bataille avec fermeté, avec sagesse, avec une activité unique. Il a raconté depuis cette campagne merveilieuee, achevée en quelqueê jourê, dans un ouvrage remarquable par la belle simplicité du récit et la lumière historique, et il l'a appuyé de cartes parfeites. Il a foit le même travail sur Vexpédition d'Égxpte,

— Son activité dans la distribution des ordres, au feu son insouciance du danger, la force nerveuse et exercée de son corps, égale à toutes ces fatigues, le rendaient bien précieuxà l'empereur. L'ordre et la promptitude de son travail étaient vraiment admirables : c'est là qu'éclataU ce

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haut talent êpéoial que la nature lui avait donné, que Napoléon à loué vivement à Sainte- Hélène; et puif sa prudence était sans cesse éveillée. Bien qu^il eût de la douceur dans le caractère et fût dépourvu de ces traits énergiques qui ImpoMnt aux hommes, il savait obtenir le respect de tout ce qui lui était subordonné. — lerthier, qui ne gagna pas de batailles, servit utilement et même avec gloire dans toutes celles du ooneulAt et de Tempire. Bn 1790, au pont de Lodi, il déploya sous les yeux de Tannée la plus rare intrépidité : pour tout dire en peu de mots, il se signala depuis Montenotte jusqu'à la marche sur Saint*Dixiert en mars 1814. Sa carrière militaire a donc été remplie et belle. — L'histoire, après avoir fait cette belle part à la mémoire d'Alexandre Berthier, lui reprochera sa conduite lors de hi première reêlauration. Bu dernier champ de bataille de 1814, il courut lui offrir dea serments qu'elle n'attendait pas d'un homme couvert des plus belles dignités de l'empire. Aussi, quand on le vit renier des senti* ments qu'on croyait profonds en lui , l'éclat de ses titres parut s'affaiblir; et il est certain qu'il lui en manquait plusieurs pour obtenir l'une des premières phicea de Tarmée. On devint sévère; on le trouva ingrat et on le dit... --^ En 1815, lorsque Napoléon s'élança héroïquement du golfe de Juan sur Paris« Berthier, redoutant la colère du maître, se retira à Bamberg, au ohèteau du prince de Bavière, son beau-père, avec son épouse, la princesse de Bavière, et ses trois enfanta. C'est là qu'il termina quelques semaines après et bien tristement sa vie (le l*» Juin 1815). Yolci ce qu'on a raoonté à oe sujet (dans VOUêervaleur autriohien). •*« « De son palais, entendant battre les tambours de quelques régiments, il courut à une fenêtre pour les voir passer. Ces troupes étaient dirigées sur la France ; leur vue l'émut si extraordinairement qu'une attaque d'apoplexie le frappa è l'instant même, et le coup le précipita du balcon dans la rue, où il expira aussitôt, » VEÉDiiiG FàTOT «on.

BUTBOU)» le deuxième apôtre du christianisme parmi les Uvoliiens, était abbé du couventdstercien de ioccum dans la basse Saxe; en 1198, après la mort de Meinhard, premier missionnaire et évêque de ce peuple païen (Uves et Lettons), Berthold fut nommé par l'archevêque de Brème et de Hambourg évêque et missionnaire en Livonie. Arrivé è IxkuU sur la Buna, siège dea premiers chrétiens de la Livonie, il chercha à gagner las nature par la douceur» mais néanmoins 11 fut expulsé* U y retourna bientAt après avec des croisés venant de la basse

Saxe, pour forcer le peuple par les armes à embrasser le christianisme; mais il fut tué dans un combat, en 1198. Les croisés finirent cependant par vaincre et obtinrent par la force la conversion des Livoniens; maisè peine avaient-ils repris le chemin de leur pays que lea Livoniens retournèrent au paganisme* Corv. Lixigor. BEBTHOLLBT (Louis-Cuuas), mort le 6 novembre 18^, sénateur, oomte de l'empire, grand officier de la Légion d'honneur, titulaire de la riche sénatorerie de Montpellier, grand cordon de l'ordre de la Réunion, était né le 9 décembre 1748, de parents d'origine française, à Talloire près d'Annecy, en Savoie. Élève distingué dans son enfance, il fut reçu docteur en médecine à Turin n'ayant pas encore 93 ans* U se rendit alors à Paris où il fit la connaissance de Tronchin, qui lui assura une position honorable en l'attachant è la maison du duc d'Orléans, aïeul du roi régnant. Presque en même temps qu'il se liait avec Tronchin, BerthoUet était devenu l'élève de Bucquet et de Hacquer, et ce fut près d'eux qu'il puisa son goût décidé pour les sciences chimiques, è l'élude desquelles il put se livrer, grâce è la munificence du duc dont il était devenu le commensal. Ce prince lui donna un laboratoire et le nomma son préparateur; car il aimait les sciences naturelles et avait étudié la chimie avec Homberg. Berthpllet assura son avenir en se faisant naturaliser et recevoir (1779) docteur en médecine de 1^ faculté de Paris; il soutint sa thèse sur les Propriétéê médicale» du lait de$ animauM. Bientôt après, abandonnant Stahl et ses partisans et repoussant la vaine théorie du phlogistique qu'U avait soutenue jusqu'alors, il entra franchement dans la voie nouvelle ouverte par Lavoisier, et se livra entièrement è l'étude de la chimie^ 8on immortel ouvrage, Eêeaide étatique chimique, prouve assez combien il contribua aux immenses progrès que fit alors cette science. La plupart de ses recherches avaient un but utile : aussi après avoir été en avril 1780 préféré à f ourcroy pour remplacer Buoquet, et après avoir été appelé à la même époque à remplacer Baume k l'Académie des sciences, il fut nommé conunissaire pour la direction des teintures aux Gobelina; ses travaux dans cette branche si difficile, si importante de la chimie appliquée, prouvent combien il convenait à cette plaoe. Qui ignore en effet que BerthoUet, faisant une curieuse application de la découverte de Scheele sur la propriété qu'a le chlore {acide murialique déphloyittiqué d'alors) 4e détruire les couleurs vitales, créa un nouvel art, cehii du blanchiment par le

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cblore, méthode dont Tusagd fut bietit6t universellemeqt adopté et qu*on connaît encore sous le oofli de procédé Berthollien. D*autrei travaux non moins importantsfirent connaître BerthoUet du grand capitaine qui allait préluder par les campagnes dltalie à la conquête du conUnent européen. Bientôt BertboUet associé à Monge, dont la science égalait le patriotisme, créa partout des salpétrières et améliora les procédés suiTis pour la fabrication de la poudre. G*est à roceaslon de ces travaux qu*il conçut Tidée de substituer au nitre, dans la composition de la poudre, une substance toute nouvelle que ses rechercbes sur le cblore lui avaient permisdebien connaîtra, le chlorate de potasse. Les essais faits à Bssonne oocasionnèrant un malheur : ils firent sauter le moulin et périr cinq personnes. Il découvrit une substance plus dangereuse encore dans Tammoniura d*argent, plus généralement connu sous le nom émargent fulminant. Après avoir suivi Bonaparte en Italie, il fut nommé pour feira partie de Texpédition d'Egypte et chargé du soin de choisir les savants qui de* valent composer le corps scientifique de cette expédition. Au faite des grandeurs. Napoléon prouva toute Testime qu'il portait à BerthoUet et toute son amitié pour lui en le comblant d*honnéon et de dignités. BerthoUet ne s*est-il pas montré oublieux de tant de bienfaits en votant, le 1«r avril 1814, la déchéance de Temperaur ? Le roi Louis XVIII lui sut gré de cet acte, que dicta sans doute Pimpérieuse nécessité de Tépoque, en l'appelant à la |>airie le 4 Juin suivant, position dans laquelle BerthoUet fut un constant défenseur des libertés constitutionnelles. L'expédition d'Egypte avait été nécessairement pour BerthoUet l'occasion de nouveaux et importants travaux : reconnaissant que les immenses quantités de natnm qu'on trouve dans ces contrées résultent de la transformation spontanée du muriatc de soude, qui n'y est pas moins abondant et qui repose sur une couche de craie (carbonate de chaux), en carbonate de soude ou na» troB, il enrichit l'art de nouveaux procédés pour décomposer le muriate de soude, et fournit ainsi dlmraenses quantités d'acide muriatique aux bfaïQchisseries qu'U avait créées et de la soude aux fabriques de verre et de savon.

Après la restauration, ayant à prendra une part moins active aux afifoires de l'Eut, U vécut plus retiré dans sa maison de campagne d'Arcueil où il fonda cette Société d'Jrcueil, composée de l'éUte des chimistes et des physiciens de l'époque, et qui pubUa^volumèsde mémoires. Cc«t dans cette chansanU ratraite qu'il mourut

à l'âge de 74 ans. Nous n'avons pu qu'indiquer les travaux de BerthoUet : parmi ses nombreux mémoires et ses ouvrages nous citerons les Étémenti de l'art de la teinture, qui sont encore consultés journeUement.

BerthoUet prouva qu'il avait du courage quand il démontra qu'une portion d'eau-de-vie, qui était f6rt trouble et qu'il paraissait entrer dans les plans du comité de salut public et de Robespierre de faira considérer comme empoisonnée, ne renfermait aucun principe nuisible.

BerthoUet avait un fils (AiitaU) dont les premien travaux avaient déjà fait concevoir les plus brUlantes espérances pour son avenir; mais à l'Age d'environ 98 ans, en 1811, étant à MarseUle, U s'asphyxia volontairement. Dans son mémoire sur VJna^se de l'ammoniaque U avait complété les travaux de son père qui avait découvert que l'asote e$t un dee principee conr stituante de celte substance, et que cet azote existe en grande abondance dans la chair des animaux; U avait indiqué le moyen de l'en extraira par l'acide nitrique affaibU. A. LioiÀfia.

BK&TIN (AiTTOiNi), né à TUe Bourbon, le 10 octobre 1 742. Aussi spirituel que brave et galant, dès l'âge de SO ans, U avait manifesté un vif penchant pour la poésie. Une feule de JoUs vers de sa composition étaient répandus dans la société. U avait imprimé, dit-on, un petit recueil de poésies en 1775; ce recueil n'a laissé aucune trace. QueUe que soit la vérité à ce sujet, Bertin, dans ses premiera essais, suivait l'école de Dorat, mais le discrédit rapide de Dorât dessillèrent les yeux de son élève. Enflammé du désir d'obtenir aussi quelque gloire, il embrassa Parny, et quitta FeuiUancourt, leur retraite commune, pour un séjour plus soUtaira, et ses Joyeux amis pour les élégiaques de l'antiquité; il ne se contenta pas d'étudier avec soin Catulle, TibuUe et Properce, U les traduisit avec soin, et il les imita si servUement, qu'un plaisant lui fit écrire par une des belles imaginaires qu'U célébra dans ses poésies : « Mon ami, nous sommes de Paris et non de Rome ; faites-nous l'amour en français. » Une autra imitation donne lieu à d'autres raproches, c'est ceUe de Jean Second. Berlin est plus heuraux dans ses imitations de Parny, qui pemt les mœurs de notre temps, et la vive passion de l'amour teUe que la sentent les modernes. Mais il se pénètre si profondément de ce nouveau modèle que souvent tout son mérite est de le répéter comme une glace fidèle réfléchit les objets qu'on lui présente. — Si Bertin ne respira pas la douceur et la moUesse de Parny, il le surpasse en éclat| en audace et en vigueur. Trempé

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dans les sources antiques, il y puise parfois des transports d^enthousiasme qui donnent presque le mouvement lyrique à ses vers. Peut-être même la nature Tavait-elle appelé à la haute poésie; c'est une opinion que font naître ses beaux vers sur nialie, et d*autres encore, qui sont pleins d'inspiration ; raajs il eût été tout à fait incapable de produire le po«me d* /«ne/ et d'Aêlega, où les connaisseurs ont retrouvé la grâce, la pureté, le charme des élégies amoureuses de Parny,avec un style plus châtié, plus élégant et plus riche de couleurs. L'auteur a jeté au milieu de ses récits des hymnes de guerre et d'amour dont quelquesuns ont tant de mélodie que Ton peut dire que la musique en a été faite par le poète. M. de Fontanes appelait ce petit ouvrage un diamant. Dans quelques-unes de ses pièces, Bertin n'a pris conseil que de lui-même, et ce ne sont pas les plus faibles du recueil. L'élégie qui a pour titre le Portrait d'Euchariê, respire tout l'enthousiasme d'un amant pour la beauté de sa maltresse, et contient de ces détails brillants et vrais qui donnentà la poésie erotique une variété dont le genre a besoin. D'autres pièces sont marquées au coin de la véritable poésie, et quelquefois les plus élégantes formes de style rendent avec éclat des pensées dignes d'elles. Les souvenirs de l'île Bourbon, sa patrie, fournissent surtout d'heureuses inspirations au compatriote de Parny. La vie de Bertin ne fournit que tort peu de détails. Né le 10 octobre 1752 à l'Ue Bourbon, une année avant Parny, il vint comme lui étudier à Paris, et obtint de brillants succès au collège du Plessis. Ainsi que le chantre d'iléonore, il entra de bonne heure au service, et devint même chevalier de l'ordre de Saint-Louis. En 1777 et 1778, il exerça les fonctions d'écuyer auprès du comte d'Artois ; il reçut des bienfaits de ce prince et de la reine BUrie-Autoinette. Bertin paraît avoir cessé de bonne heure son commerce avec les Muses, du moins on ne voit plus paraître de vers de lui depuis son édition de 1785. Il quitta la France à la fin de 1789 pour aller à Saint-Domingue épouser une jeune créole qu'il avait connue à Paris. De longues formalités retardèrent la conclusion du mariage jusqu'au commencement de juin 1791. Le jour où la célébration devait avoir lieu, Bertin, déjà malade, demanda qu'elle se fit dans sa chambre; mais à peine eut-il prononcé le oui d'une voix très-foible qu'il s'évanouit. Il ne reprit connaissance qu'avec une forte fièvre et des vomissements. Après des épreuves douloureuses, il mourut le dix -septième jour de sa maladie, âgé d'un peu plus de trente-huit ans, laissant |

une jeune épouse et toute une famille dans le deuil. P. F. TissoT hod.

BERTIN (THiODORK-PiXRRx), connu comme traducteur et comme sténographe, naquit à Donemarie, près de Provins, en 1751, et mourut à Paris en 1819. Attaché en qualité de sténographe à plusieurs assemblées législatives de France, il introduisit dans ce pays ce procédé d'abréviation. Il traduisit un grand nombre d'ouvrages anglais, et en composa lui-même en français pour l'instruction de la jeunesse et sur diverses matières. La mécanique et la physique formaient son étude de prédilection, et on lui doit l'invention des lampes docimacisteê. Sghnitzlbr.

BERTIN (Louis -François), l'aîné des deux ftrères Bertin, naquit à Paris en 1766 et fût destiné à l'état ecclésiastique. Au sortir du collège du Plessis il fit sa théologie au collège Sainte- Barbe, et ses camarades se rappellent encore aujourd'hui la bibliothèque qu'il avait formée avec le revenu d'un petit bénéfice dont il était déjà pourvu, quoique écolier. Avant qu'il entrât dans les ordres, cette carrière lui fut fermée par la révolution. Il eu avait embrassé les espérances et les réformes avec joie. Comme tous les cœurs généreux de cette époque, il voulait une rénovation politique; mais sans l'acheter par les longs déchirements de l'anarchie. Débordé par la violence du mouvement, il s'attacha à en combattre les excès. Depuis 1793, on le vit concourir à la rédaction de plusieurs journaux, notamment du Journal français, de V Éclair (1795), du Courrier univerêel , et, après le 18 brumaire an vin (9 nov. 1799), il fonda, de concert avec son frère (ro^. Bbrtir de Vaux), le Journal des Débats (rc^.), le premier, le plus brillant, et le plus influent des organes de la critique littéraire et de l'opinion monarchique. Impliqué, en l'an IX, dans une accusation de royalisme, U fut 9 mois détenu dans la prison du Temple où les épreuves de son journal lui étaient apportées. De là, déporté à l'Ile d'Elbe, il s'en échappa, par^ courut ritalie , et fit connaissance à Rome de M. de Chateaubriand dont il devint l'ami intime, et qui plus tard devait avoir sur son journal une si grande influence. En 1894 il revint à Paris; la police fermait les yeux sur sa présence. Il reprit la rédaction en chef du Journal des Débats, auquel, en 1805, Napoléon imposa le titre de Journal de l'Empire. De plus, il imposa M. Fiévée comme rédacteur en chef avec un traitement de 50,000 à 60,000 francs qui lui fut assigné sur le journal. Cependant M. Fiévée, cédant à l'influence de M. Bertin, laissa insérer un morceau extrait du Mercure de France qui appartenait

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alors à n. Bertiû et de Chateaubriand et où ce dernier, avec sa verve ordinaire, peignait Tacite marquant la tyrannie d*une empreinte inefifôçable et désignait évidemment Napoléon. Celuici, mécontent, remplaça, en 1808, M. Fiévée dans la rédaction du Journal de l'Empire par M. Etienne. Les propriétaires du Journal des Débats perdirent toute influence sur la rédaction de leur journal , ce qui n^empécha pas qu'en 1811 ils furent tout à.fait dépouillés, par un arrêté de l'empereur, de leur propriété. L'énorme revenu créé par leurs talents et par ceux des amis qu'ils s'étaient attachés, le mobilier de la rédaction, Jusqu'aux glaces et aux fauteuils, l'ayant en caisse, tout fut sabi sans arrêt des tribunaux. Ce n'était pas, comme on le voit, l'époque des garanties pour la presse.

M. Bertin ne reprit cette propriété qu'en 1814, au retour des Bourbons. Dévoué à leur cause où il voyait celle de la France, il suivit Louis XYIII à Gand et y fut chargé de la rédaction du Moniteur universel, le journal officiel des royalistes pendant les cent-jours. De retour à Paris en même temps que les princes, il seconda vivement les mesures du gouvernement par la direction du Journal des Débats. La manière dont M. de Chateaubriand fut renvoyé du ministère et les plans imprudents, avant-coureurs de la catastrophe de Charles X, le firent passer dans les rangs de l'opposition. En juin 1830, M. Bertin eut à se défendre devant le tribunal de police correctionnelle d'un article qu'il avait publié dans les Débats contre l'avènement du ministère Polignac, avènement qui lui avait arraché ces mots : Malheureuse France, malheureux roi! Condamné par le tribunal de police correctionnelle, il fut acquitté par la cour royale sur la plaidoirie de M. Dupin l'ainé. Ses adversaires n'ont pas manqué de lui reprocher, surtout après la révolution de 1830, qu'il avait abandonné le principe de la légitimité. M. Bertin a conservé Jusqu'à sa mort, qui a eu lieu le 14 septembre 1841, la direction du Journal des Débats. Dans sa jeunesse (1798 et 1799), M. Bertin a publié quelques romans en partie traduits de l'anglais : ÉUêa ou la famille d'Elderland; la Cloche de minuit; la Caverne de la mort ei l'Église de Saint'Silfrid. Dirodi.

BERTIN DE VAUX (Louis-François), frère du précédent, pair de France , naquit en 1771. Quoique sa carrière politique ait eu plus d'éclat que celle de son frère, il a pourtant toujours suivi la même ligne.

M. Bertin de Vaux seconda son frère dans la rédaction du Journal des JHbats, eut sji part

des poursuites que leur attirait l'esprit du journal, et fut dépouillé avec lui, en 1811, de cette propriété.

En 1801 il fonda une maison de banque à Paris. Quelques années après il fut nommé juge, puis vice-président du tribunal de commerce. A la chute du gouvernement impérial, il se prononça vivement pour les Bourbons, et, au mois de septembre 1815, il présida l'un des collèges électoraux de la capitale qui le choisit pour député. Un mois après, il fit partie du ministère de la police en qualité de^secrétaire général et il y resta jusqu'en 1817. En 1890, il présida de nouveau le collège électoral qui l'avait déjà nommé député et qui le nomma une seconde fbis. Il échoua aux élections suivantes; mais peu de temps après il fut élu par l'arrondissement de Versailles qui renouvela son maudat en 1824 et en 1827. Conseiller d'État en 1837, puis démissionnaire en 1829, il se rangea parmi les 221 pour renverser un ministère dont la chute ne Alt que le prélude de celle de l'ancienne dynastie. C'était peut-être plus que ne voulait H. Bertin de Vaux; cependant après la révolution de juillet il s'associa à ceux de ses collègues qui proclamèrent roi le duc d'Orléans. Rappelé alors au conseil d'État et chargé de missions diplomatiques en Hollande (22 sept. 1830) et en Angleterre, il fut, par l'ordonnance du 13 octobre 1832, nommé à la chambre des pairs où il a siégé jusqu'en 1842. U mourut en avril de la même année. X.

BEETINAZZI (CHAtUs). f^ . Cabiiit.

BEETIUS (PiKRRB), cosmographe et historiographe du roi Louis XIII, professeur royal de mathématiques, naquit à Beveren, en Flandre, en 1565. Les troubles de religion engagèrent ses parents à le transporter à Londres, où il commença son éducation. 11 l'acheva à Leyde, où son père, qui était devenu ministre protestant à Rotterdam, le fit venir àl'ftge de 12ans. En 1582, Bertius, âgé de 17 ans, embrassa la carrière de renseignement, et professa successivement à Dunkerque, à Ostende, à BUddelbourg, à Goes et à Strasbourg. Le désir de s'instruire lui fit entreprendre un voyage en Allemagne avec Juste Lipse; le même motif le conduisit en Bohême, en Silésie, en Pologne, en Russie et en Prusse, n revint enfin à Leyde, où il avait été nommé professeur. On le chargea aussi du soin de la bibliothèque de l'-université de cette ville, qu'il mit le premier en ordre et dont il .publia le catalogue. En 1600, il fut nommé régent du collège des états, à la place de Jean Kuchlin, son beau-père; mais ayant pris le parti des disciples

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d*Annlnius contra ceux de Gomarui et publié contre ces derniers un grand nombre d*écrit8 tbéologiques, il se vit dépouillé de toutes ses places et de tout moyen de subsistance, quoique chargé d*une nombreuse famille. Il présenta aux étals de Hollande une requête pour obtenir une pension, qui lui fut refusée. En 1618, Louis XIII Tavait honoré du titre de son cosmographe. Contraint par la misère, Bertius se rendit en France et embrassa la religion catholique. Il fit son abjuration le S5 ]uin 16â0, entre les mains de Henri de Gondi, cardinal de Retz, évéque de Paris. Les protestants s*affligèrent beaucoup de cette abjuration et les catholiques n*osërent pas a'en glorifier. Peu de temps après, Bertius fut nommé professeur d*éloquénce du collège de Boncourt, ensuite historiographe du roi, et il fut enfin pourvu d*une chaire surnuméraire de professeur royal de mathématiques. Il mourut en 1639.

Bertius a laissé un grand nombre d*écrits, les uns théologiques, les autres de géographie.

Le plus connu des ouvrages géographiques de Bertiutf et le plus recherché, est son TTreo» irum geographiœ veterU (2 vol. in*fol., 1618 et 1619, Elxevir). Cependant ce recueil a plus de réputation qu*il n*en mérite. Le premier volume se compose uniquement de la géographie de Ptolémée, en grec et en latin, réimprimée sur Tédition donnée 14 ahs auparavant par Montanus (désignée vulgairement, mais à tort, sous le nom d'édition de Mercalor), à laquelle Bertius t seulement ajouté les variantes d*un manuscrit de la bibliothèque palatine, qui lui avait été fournies par Sylburg. Le second volume du Theatrnm renferme Tilinéraire d*Antonin et la notice des provinces de TEmpire, réimprimés sur Tédition d*André Schott, dont Bertius a copié jusqu'aux fautes d'impression. Ensuite vient la table de Peutinger, telle que l'avait donnée Yeiser, et avec les commentaires de ce dernier auteur; enfin, un choix de cartes de géographie ancienne, extraites du Parergon d'Ortelius, et avec le texte descriptif de cet excellent géographe, tout cela sans aucune note ni addition de Bertius. • X.

BEETON (jBàR-lAPTisTi), maréchal de camp, naquit en 1774 près de Sedan, à Francheval (Ardennes). A Tâge de 17 ans il entra à l'école de Brienne et de là il passa à l'école d'artillerie de Cli4ions,où il fit son apprentissage. La guerre ayant éclaté, en 1793, Berton fut nommé lieutenant dans la légion des Ardennes; il fit avec ce corps les campagnes des armées de Sambre-et- Meuse, sous le commandement du général Mo-

reau,et obtint le grade de capitaine. Sa bravoure l'ayant fbit distinguer à la bataille d'Austerlitz, dans les campagnes de Prusse, en 1806, et à la bataille de Priedland, en 1807, il fut attaché aux états-majors des généraux Bernadette et Victor. Lorsque le général Sébastiani entra en Espagne, Berton, nommé chef d'état-major à Valence, donna de nouvelles preuves de sa bravoure à la bataille de Talaveira et à celle d'Almanaeid. U enleva, dans cette dernière, la position la plus élevée du piton sur lequel la ville est assise. A Ocana il montra une habileté, un sang-froid et une intrépidité si remarquables que le prinoe Sobieski, à côté duquel il venait d'être blessé, l'embrassa en présence du régiment, et lui dit : t Je ferai savoir à ma nation la manière dont vous venez de vous conduire à la tête de ses enfants; je demanderai pour vous la croix du Mérite militaire : les Polonais seront fiets de la voir briller sur la poitrine d'un brave tel que vous. » Berton avait conduit, dans cette attaque, les lanciers polonais à l'ennemi. Lorsque le corps du général Sébastiani fut dirigé sur le royaume de Grenade, Berton prit Malaga à la tête d'un détachement de 1 ,000 hommes, et fut nommé gouverneur de cette ville par le maréchal Soult. En 1815, promu au grade de maréchal de camp, il commanda une brigade à la bataille de Toulouse en 1814. Rentré à Paris à l'époque de la première restauration, il fut mis à la demisolde et ne reparut que dans les cent-jours. L'empereur lui ayant confié le commandement des dragons du général Excelmans, à la bataille de Waterloo, Berton fit preuve d^une bravoure extraordinaire. Mais, à la seconde restauration, la franchise de ses opinions politiques et les écrits qu'il publia le firent rayer des contrôles de l'armée : ce fut à l'occasion d'un ouvrage du général Tarayre, intitulé De la force dam ieê gouvernemeniê. A cette époque la police tramait elle-même, en France, des complots perfides pour fiire tomber dans le piège les mécontents dangereux. Berton, crédule et ne se défiant d'aucune supercherie, ne tarda pas à y donner : le complot où il s'engagea lui devint funeste. Le 33 février 1833, il leva à Thouars l'étendard de la révolte, proclama un gouvernement provisoire, et marcha avec sa petite troupe sur Saumur. Là ses soldats se débandèrent : Berton trouva le moyen de s'évader; mais il fUl arrêté à Laleu, près de Saint-Florent, déguisé en marchand de vin. Son arrestation fût suivie de celle de plusieurs de ses complices, et, enlevé à U cour des pairs, son tribunal naturel, il fat renvoyé devant la cour d'aises de PoiUen, qui

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inttruiiit Taffalre dite dé la eôngpiration dt 8au* mur. Condamné à la peine capitale, aprèi 17 Jours de débats, avec 6 de ses coaccusés, Berton refusa l*aasistance de deux missionnaires qui I*aeoompa9naient sur la charrette. Au moment de recevoir le coup mortel, le 5 novembre 1891, il s*écria : f^ivê la liberté J f^ive la France! et mourut arec la fermeté d*un soldat français. On avait eu la cruauté de refuser à ses enfants de placer une pierre sur sa tombe, dernière consolation d*une famille infortunée] mais la révolution de 1880 leva cet interdit F. IUthord.

BIRTOIC (Hnii MONTANS) naquit à Paris en 1767, il reçut ft Tâge de 6 ans ses premières leçons de musique, et dans sa 13« année il fut admis comme violon dans Torchestre de TOpéra. Le premier de ses maîtres crut devoir déclarera son père qu*il ne le croyait pas destiné à réussir dans la carrière qu*il emt^rassait; mais le Jeune Berton connaissait mieux que personne et ses penchants et ses facultés. Sa profonde admiration pour les chefs-d'œuvre de Gluck, de 8acchini, de Piccini, indiquait chez lui des dispositions plus qu'ordinaires; la partition de Paesiello, la Froicatana, devint l'objet de ses constantes études, et l'on peut croire qu'il y puisa le sentiment de cette clarté et de cette simplicité qull Bt remarquer ensuite dans toutes ses productions. Il composa la musique d'un opéra«comique intitulé ta Dame inviêible.

Ce premier essai présenté à Sacchini lui fit découvrir sans peine dans le Jeune Berton le germe d'un beau talent : il dissipa ses craintes, le fit travailler longtemps sous sa direction, et ce ne fut qu'à sa mort, arrivée en 1786, qu'il cessa de lui servir de guide. Cette même année Berton débuta dans la carrière musicale , par Texécution au concert spirituel de plusieurs oratorios de sa composition, qui furent accueillis avec une grande bienveillance. Ce fut en 1787 qu'il fit Jouer au théâtre italien, aujourd'hui ropéra-oomique, son premier opéra qui avait pour titre leê Prom$ê$eê de mariage* Le succès en fut complet* En 1807 Berton fut appelé à la direction de l'Opéra buffa, et, pendant 9 ans, il administra ce théâtre. C'est alors que le$ NouMê di Figaro furent représentées à Paris,et ^M l'on entendit pour la première fois d'autres ciieli<<l'cnivre de Mozart et de l'école italienne, Bb quittant VOpera buffé Berton entra à l'^eodémie reyale de muêique pour y remplir les fonctions de chef de chant. Nommé professeur d'harmonie au ConHrvaioire de mnêlque, lors de sa fondation, il devint maître de composition I le même établissementy quand il fut recon-

stitué dans les premières années de la restaura* Uon sous le titre d'École royale de muetgue.

Le hombre des membres de la section de musique ayant été augmenté à l'Institut en 1815, Berton fut appelé à en faire partie en même temps qy% Chérubini et CateL Vers la mémo époque ce compositeur fut Hit chevalier de la Légion d'honneur, ordre dont il reçut plus tard la croix d'officier. Sous l'ancien gouvernement il obtint le titre de surintendant en survivapce de la musique du roi«

Berton est un des compositeurs de l'école fHinçaise qui ont le plus fait, dans les 50 premières années de ce siècle pour la gloire de cette école s roriginalité des idées et la nouveauté des formes sont des qualités qu'on ne saurait méconnaître dans un grand nombre de ses parti* tions, et particulièrement dans Jline, reine de Oolconde, dans Montana et Stéphanie, dans la Délire, trois opéras qui ont féndé la réputation de ce composteur sur les bases les plus solides.

Berton a été compositeur fécond i 49 opéras ou ballets qu*il fit seul et en société ont été représentés tant à l'Académie royale de musique qu'au théâtre Feydeau. On a de lui plusieurs cantates, un grand nombre de romances, quelques recueils de canons à 3 et 4 voiît, et un système général de l'harmonie formant 4 vol. in'4* qui contiennent un Jrbre généalogique dee accord», un Traité de l'harmonie baséeur l'arbre généalogique eiun Dictiennairedeeae' cordé. Enfin Berton a rédigé Us articles de musique qui ont paru dans le Journal littéraire intitulé l'Abeille. Il mourut le 95 avril 1844. B. Ftris.

BERTRAND (Hiiili-GBATiiii, comte), général de division, grand maréchal du palais sous Napoléon, grand officier de la Légion d'honneur, naquit vers l'année 1770, â Cbâteauroux (Indre), d'une famille honorable du Berri. Son père voulut d'abord le faire entrer dans la carrière civile, mais les événements de la révolution appoKèrent de grandscbangements dans ses premières dispositions. Le servioe qu'il fit, comme garde national, dans la Journée du 10 août 1799, en se plaçant dans un bataillon qui se porta volontairement aux Tuileries pour y défendre Louis XYI, lui inspira le goût militaire. Il se décida alors pour l'arme du génie et en parcourut rapidement tous les grades; il suivit Bonaparte en igypte et y contribua â fortifier plusieurs places. Ses services multipliés et ses succès lui ayant gagné la confiance du général eu chef, il reçut bientôt et successivement les brevets de lieutenant-colonel, de colonel et de général de brigade. De retour d'Egypte^ le général

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Bertrand ne quitta pas Napoléon dans ses triomphes, particulièrement à la bataille d*Au8terlitz, où il se couvrit de gloire par son intrépidité et par la précision et Thabileté de ses opérations. Dès ce moment Tempereur Tadmit au nombre de ses aides de camp. Il se distingua pareillement à Spandau, à la bataille de Friedland, et surtout à la construction des différents ponts jetés sur le Danube et destinés à feciliter le passage de Tannée française qui se portait sur Wagram, où il se fit encore remarquer. Cette campagne çt celle, de Russie mirent tellement en évidence les talents et la bravoure du général Bertrand, que Napoléon voulut le récompenser par le titre de comte et la charge de grand maréchal du palais, vacante par la mort de Duroc. Il obtint de brillants succès à la bataille de Lutzen, à Bautzen et à Leipzig. Mais la fortune des armes françaises commençant à chanceler après cette dernière bataille, le général Bertrand réussit à protéger la retraite de Tarmée, en s^emparant de Weissenfels et du pont sur la Saal. Ses services furent aussi d*une grande importance après la bataille de Hanau. Dans ces deux circonstances et dans celles qui suivirent le départ de Napoléon pour la capitale, le copite Bertrand ne songea plus qu*à sauver les débris de Tarmée et eut le bonheur de presque toujours réussir au milieu de tant d^évéuements malheureux. Revenu à Paris par Tordre de Tempereur, en 1814, il fut nommé aide-major de la garde nationale, fit ensuite cette campagne de France si étonnante par les succès et les revers de Napoléon, assista à Tabdication de Fontainebleau et suivit Tempereur à Tlle d*£lbe. Accoutumé à lui obéir comme à son souverain dans cette tle, il crut lui devoir la même obéissance en France. La marche triomphale de Tempereur jusqu^à Paris électrisa, comme beaucoup d^autres, le général Bertrand, qui employa toute son activité et tout son talent à favoriser les projets de Napoléon pendant les cent-jours. Depuis ce moment, fidèle à la mauvaise comme à la bonne fortune de ce prince, il ne le quitta plus après la seconde restauration. Désigné comme Tun des (rois officiers qui eurent la permission de suivre l^empereur à Tlle Sainte-Hélène, avec le comte de Las-Cases et le général Montholon,il partagea et adoucit les infortunes du héros de la France par les soins les plus assidus, et ne pensa à revenir dans sa patrie qu^après avoir recueilli le dernier soupir de Napoléon. Si le général Bertrand avait écrit, avant les cent-jours, qu'il voulait rester sujet fidèle de Louis XVIII, comme il *avait été de Napoléon^ il adoucit bien vertueu- |

sèment, aux yeux de Tillnstre captif, ce qu^avait de dur un pareil souvenir, par la conduite la plus honorble et le plus inviolable attachement Bertrand avait été condamné à mort, par contumace, le 7 mai 1816. Mais, à son retour dans sa patrie, en 1821, après la mort de Napoléon, le roi annula par ordonnance son jugement et le réintégra dans tous ses grades militaires. M"* Bertrand, fille du général Arthur Dillon, victime des excès révolutionnaires qui eurent lieu en 1795, avait voulu partager Texil volontaire de son mari. Depuis leur retour en France ils s'occupaient tous les deux de Téducalion de leurs enfants et de la culture d'un domaine à Châteauroux, lorsque, par suite des événements de juillet 1830, le général fut élu député de son département. Dès son entrée à la chambre il s'est feit remarquer par des idées libérales fortement prononcées, autant que par un grand amour de la justice. U n'oublia jamais, à la fin de ses discours, son vote inébranhible pour la liberté illimitée de la presse, qui fut son delenda Carihago, et il s'est souvent distingué par des propositions en faveur des militaires de tous grades, surtout de l'ancienne armée de l'empire. En 1834, le général Bertrand, renonça à la rie politique et s'occupa exclusivement de l'administration des propriétés qu'il possède en Amérique, où il faisait de fréquents voyages. En 1840, il alla avec le prince de Joinville à Tlle Sainte- Hélène pour y recueillir les restes mortels de Tempereur Napoléon. Mort le 31 janvier 1844, il repose maintenant à Thôtel des Invalides, i côté de Tempereur. F. lUTHOiin.

BERTRAND DE HOLLEYILLE (AifTOlifl FtAifçois, marquis di) naquit à Toulouse en 1744. Il fut maître des requêtes sous le ministère IIUupeou, puis intendant de la province de Bretagne, et il reçut, comme tel, la périlleuse mission de dissoudre le parlement de Rennes. Aussi n'échappa-t-il qu'avec peine, ainsi que M. le comte de Thiars, aux bâtons de la jeunesse bretonne. Ce fut peut-être une imprudence à Louis XVI de nommer, au mois d'octobre 1791, pour ministre de la marine, un homme dont la fermeté et les principes antirévolutionnaires étaient si connus; et la vive opposition qui éclata contre le nouveau ministre dans l'Assemblée législative n'a rien qui doive étonner. Elle dura jusqu'à la retraite de Bertrand. Mais ce fut pour lui une espèce de triomphe, dans un temps où les ministres du roi étaient si légèrement décrétés d'accusation, d'avoir pu échappera cette proscription. Parmi tant d'accusations multipliées contre lui, celle d'avoir causé la perte de Saint-Domingue

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ii*était pas la moins grave. Cependant TAssemblée législative, Jugeant apparemment la position pénible où se trouvait Bertrand de Molleville, refusa de donner suite à celte accusation. Chargé par Louis XVI de sa police secrète, Texmlnistre fit de vains efforts pour arracher le roi k Tablme où sa fatalité le poussait. Dénoncé aux Jacobins pour les effîorts <iu*il feisait, puisa TAssemblée législative, Bertrand fut enfin décrété d*accusation le 16 avril 1793. Il se cacha dans Paris et ce ne fut qu^après le 10 août qu^il parvintà passer en Angleterre. Il a raconté lui-même les dangers qu*il courut alors. Pendant le procès de Louis XYI, il adressa au président de la Convention une lettre en faveur de cet infortuné monarque. l>ans les loisirs de son long exil il composa : 1« VHiêtoire de la Révolution française, 14 vol. in-S», Paris, 1800-1805; 2« Coêtttmes des Étalé hèréditaireê de la maison d'Autriche, 50 planches coloriées avec un texte firançais et anglais, in-folio, Londres, 1804; 8» Histoire d' Angleterre depuis la première invasiondes Romains jusqu'à la paisde\7es, avec tables généalogiques et politiques, 6 vol. in-8«, Paris, 1815. Les ennemis de Bertrand n*ont pu refuser du mérite à cet ouvrage. Rentré en 1810, il fit paraître des Mémoires particuliers sur la fin du règne de Louis Xf^I, 9 voL in-8«. Bertrand de Molleville avait débuté dans le monde littéraire avant de se faire connaître dans le monde politiqye. Sa Lettre à l'auteur (Condorcet) de l'éloge du chancelier de l'Hôpital, contenant des recherches sur l'histoire de Henri II, qui parut en 1778, avait principalement pour but de défendre la mémoire d'un de ses ancêtres, Jean Bertrand ou Bertraridi, qui fut, dans le xvi« siècle, cardinal et chancelier. En 1818, Bertrand de Molleville termina à Paris une vie pleine d*orages et de travaux qui seront peut-être un jour mieux appréciés: Ta. Dblbaei. BUTUCU (Fatattic-JosTiif) naquit à Weimar en 1748. D^à à Tuniversité de léna, où il étudia de 1765 à 1769, il se fit un délassement de la poésie ancienne et moderne, ainsi qu'il Ta prouvé par l'ouvrage intitulé : Copies dédiées à mes aiftt4(Altenb., 1770), et par ses Chansons à bercer {fViegentieder, Altenb., 1773). A son retour à Weimar, en 1769, il se chargea de l'éducation des fils du baron d'Echt, connu par son talent poétique et par ses relations intimes avec Wieland, Musœus, de Seckendorf aine, Bode, etc. Bertuch prit une part active à la publication du Mercure allemand, traduisit différentes pièces fjrançaises et l'ouvrage de Marmontel De la poésie dramatique, et arrangea, pour TOpéra, le

Gros M (Weimar 1774), et PoJfxène, monodrame lyrique, pour lequel Schreiber composa une délicieuse musique. Sa tragédie d^Elfriede eut beaucoup de succès, et il traduisit de l'anglais V Histoire du frère Gerundio de Campa- Mas (3 vol., Leipzig, 1773).

Le baron d'Echt avait été pendant quelque temps ministre du roi de Danemark en Espagne : il réveilla en Bertuch le goût pour la littérature espagnole et portugaise, jusque-là si peu connue en Allemagne, et, grâce à ses travaux, elle fut bientôt aussi répandue que généralement goûtée. La traduction en allemand du chef-d'œuvre de Cervantes (6 vol., Weimar, 1775-1779), avec la continuation «qu^en a faite Avellaneda, fut pour l'époque une apparition vraiment extraordinaire. Ce que Meinhard avait déjà foit pour la poésie italienne, Bertuch tenta de le faire pour Tespagnol et le portugais, de concert avec Seckendorf et Zanthier, par son Magasin de la littérature espagnole et portugaise (1780-1783). Depuis 1775, Bertuch était entré au service du duc de Saxe-Weimar comme conseiller et secrétairfB intime du cabinet, mais sans renoncer à son activité littéraire. Il projeta une nouvelle édition des œuvres complètes, de Hans Sachs , poète populaire du xvi* siècle; mais dans ceUe entreprise si difficile et d'un si grand intérêt pour l'art poétique en Allemagne, il ne fut point secondé comïne il devait s'y attendre. Avec Wieland et Schutx, il arrêta, en 1784, le plan et Jeta les fondements du Journal général de la littérature, et, à partir de l'année 1786, il publia, conjointement avec son ami Kraus, le Journal du luse et des modes. En 1790 il commença la publication de son Bilderbuch, vaste collection d'estampes avec texte, à l'usage des enfants, dont le succès a été immense. Dans le même temps parut son Manuel de la langue espagnole (Leipzig, 1790). Bertuch fonda, en 1791, le comptoir d'industrie nationale à Weimar, à laquelle fut rattaché l'académie gratuite de dessin, dont Gœthe avait eu la direction.

En donnant, le premier, l'idée de la Bibliothèque bleue de toutes les nations ( 13 vol., CrOtha, 1790-1800 ), il fit encore une fois preuve de son amour constant pour les arts et la littérature. Cette précieuse collection de contes de fées, le plus souvent traduits habilement, avec des biographies intéressantes et d'excellents commentaires, le comptait parmi ses plus actifs collaborateurs. Il fbnda aussi un grand établissement destiné à la gravure des cartes géographiques, l'Institut géographique de Weimar qui, avec les ÉpMmérides géographiques, publiées

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d^abord par lui tt par It baron dt 2aob, que renplacèrent plui tard Gaspari, Bhrinann et plusieun autres , a donné et donne encore aujourd'hui une forte impulsion à Tétude de la {^graphie. C'est à cette institution que Ton doit le grand Manuel complet de la géographie moderne, par une société de savants, qui a Ité terminé en 188i. Il forme 30 tomes dont la plupart se divisent en plusieurs volumes. Snftn c'est surtout à Bertuch qu'on doit la Qéogra' phie politique f dont le i3« volume a paru en 16S8 } et la Nouvelle bibliothèque deê relationê de voyagea, dont il existe déjà environ 60 volumes.

Ce savant laborieux mourut en 18it ft Weimar ; il avait alors le titre de conseiller de légation. Conv. Lkx.

BBRVIG (CiABLis-CLtiKiiT), l'un des plus grands graveurs de l'école française, naquit en 1756 à Paris, étudia son art dans l'atelier de George Wille, dont il peut être regardé comme le premier élève. Les ouvrages de Bervic , peu nombreux du reste, appartiennent aux productions les plus recherchées. de l'école française. Son travail le plus célèbre est le portrait en pied de Louis XVI d'après un tableau de Callot. Comme la planche en a été brisée lors de la tem- * péte révolutionnaire de 1795, les épreuves en sont devenues très-rares et surtout très-chères. Il est mort le 9S mars 189i.

BERWICR (Jahis FITZ-1 AMES, duc nx), commanda les armées du roi d'Espagne, fut pair d'Angleterre et de France, grand d'Espagne, et chevalier des ordres de œs trois royaumes. Il était flis naturel du duc d'York, qui fut plus tard le roi Jacques II, et d'Arabella Churchill, sœur du duc deHarlborough. Il naquit en 1670, et porta d'abord le nom de Fitz-James, fut élevé en France et fit ses premières armes en Hongrie sous les ordres du duc Charles de Lorraine, général de l'empereur. Peu de temps après, éclata la révolutiond'Angleterre. Berwick accompagna son père dans ses expéditions d'Irlande, et fut blessé pour la seule fois de sa vie dans une affoire qui eut lieu en 1689. U servit ensuite en Flandre sous Luxembourg, en 1703 et 1703 sous le duc de Bourgogne, puis sous le maréchal de VUieroi, et se fit naturaliser sujet français. En 1706, il passa maréchal de France et fut envoyé en Espagne, où il remporta la victoire d'Aïmanxa, qui rendit le nouveau roi Philippe V maître de Valencia. Mais en 1718 et 1719, U dut Goml^attre le même Philippe V, qui, par reconnaissance pour ses services passés, avait appelé un des fils du maréchal en Espagne, En entrant

sur le territoire espagnol, il écrivit à son fils, connu sous le nom de duc de Liria, délire son devoir en toute occurrence et de défendre de toutes ses forces les droits de son souverain. Le 13 Juin 1784, au siège dePhilipsbourg,unbouletde canon lui enleva la tête. Le maréchal de Bervrick est la souche de la fiamille de Fitz-James, dont le chef, jusqu*en ces derniers temps, avait toujours été re« vêtu de la dignité de pair de France. Dict. Con v.

BBRZiLIUS ( JàOQots bk), un des savants les plus laborieux et les plus estimables de notre époque, est né en 1779 à Linkœping, dans TOstgothie (Suède). Après avoir étudié à l'université dlJpsal la médecine et les sciences naturelles, il se consacra à la chimie et fit plus tard plusieurs voyages scientifiques. Bientôt il fut nommé professeur de chimie et de pharmacie, assesseur au collège de santé, et secrétaire de l'Académie royale des sciences de Stockholm. Le roi Charles- Jean lui a conféré la noblesse, et ses concitoyens l'ontchoisi pour représentante la diète suédoise. Ces témoignages de l'estime publique et de la bienveillance du gouvernement, M. Beriéllus les avait largement mérités. U n'est peut-être pas un point en chimie qu'il n*ait éclairé par ses recherches et enrichi de ses découvertes. Aussi fàudrait-il plus qu'un aperçu pour énumérer seulement ce qu'il a fait dans une carrière qui promet encore au monde savant les fruits les plus abondants. Ce qui distingue surtoutles travaux de M. Berxélius, c'est une précision et une exactitude consciencieuse, jointes à un esprit toujours dirigé vers les applications utiles et à une sagacité qui n'abandonne jamais un lait sans en avoir tiré toutes les conséquences fu'll peut fournir. Avec ces qualités U n'est pas étonnant qu'il jouisse de la plus grande autorité auprès des chimistes vivants, dont un grand nombre ont été ses élèves, et qui tous le regardent oomme un des fondateurs de la chimie organique. Un des premiers, il tira un grand parti du système électro-chimique, en appliquant la pile galvanique à l'analyse des corps ; il soumit à une révision judicieuse la théorie atomistique, découvrit plusieurs corps simples, et réduisit à l'état métallique divers oxydes qu'on avait jusqu'alors oensidérés comme parfaitement connus. Ses recherches, toujourl suivies d'inté* ressentes découvertes, s'étendirent sur une foule de combinaisons, et le chalumeau, qu'il sut employer avec toute la supériorité de son talent, lui fournit un puissant moyen d'investigation.

Parmi ses plus beaux titres on cite surtout sef recherches de chimie organique, science qu'il a

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pour ainfi dire créée et à laquelle il a imprimé une si rapide impulsion qu'elle a déjà fayorisé les progrès des sciences naturelles et de la médecine.

Sa nomenclature chimique, bien qu*altaquahU en quelques points, jouit néanmoins d*une grande Togue, surtout dans le nord de i^Iurope; et ses travaux sur la minéralogie montreraient au besoin qu'il est capable d'enyisager d*un coup d'cril le Teste champ des sciences, et de les per^ féctionner les unes par les autres au lieu de se renfermer dans une étroite spécialité.

Personne plus que Benélius n'arait le droit de publier un traité de chimie, lui qui pouvait en exposer toutes les parties d*après les résultats de son expérience personnelle. Une grande fia* yeur accueillit cet ouvrage qui parut pour la première fois en 18i5 en suédois (4 vol.) et qui eut en 1881 une seconde édition. On le traduisit en plusieurs langues, notamment en anglais, an allemand, en français, et Tauteur donna des aobis particuliers à la dernière publiée par le docteur Jourdan (Paris, 1 8f9). C'est là que Berxélius a résumé toute sa vie de savant ; mais au* paravent il avait donné un nombre infini de mé* moires insérés dans divers journaux et recueHs scientifiques, ou mis au jour séparément. On peut citer ses Bêcher cheê de chimie organique, 1806; son Coup d'ail tur ia compotiiion de$ fluideê animauM, 1815; son Coup d'œil êur têe progrèe et l'éiai prisent de ia chimie ani» maie, 1815) son Traiié de l'emploi du chatu* meau en chimie et en minéralogie, 1898. Infin un travail qui montre bien avec quelle activité Berzélius se livrait à Tétude et se tenait au courant des sciences, c'est son Jnnuaire de$ progrès des sciences physiques , publication dans laquelle il foM en quelque sorte Tinventaire de tout ce dont s'est enrichi l'esprit humain dans chaque année écoulée.

Gomme la plupart des vrais savants, Berzélius est bienveillant , accessible et généreux. Il est chéri de ses nombreux disciples qu'il associe à ses travaux et parmi lesquels on voit figurer des hommes du premier ordre. Coav. Lix. uob.'

BKSAIGDS, en latin Mpennis, de bis acuia. Instrument dont se servent les charpentiers pour redresser et réparer leurs bois lorsqu'ils les ont refaits à la cognée, et pour f^ire les tenons et les mortaises. Par un bout, il a la forme d'un ciseau à un tranchant; par l'autre, celle d'un bec^'âne. Bans le milieu est une douille qui sert à l'ouvrier pour le tenh*. Sa longueur est d'environ trois pieds et demi. Cet instrument, ainsi que la tarièrei la vrille et les ciseaux de diversea

espèces, était connu et en usage chexlesandens, et tous étaient propablement compris sous le terme générique de terelra, en grec ieretron, dontia racine, fererii, signlflepercerjabesalgue pouvant servir également à creuser et à planer. BE8ANT ou BtSAiT, nom d'une ancienne monnaie, qui a d'abord été frappée par les empereurs de Byxance {Bx^antium, aujourd'hui Constantinople), d'où elle aurait tiré son nom, et qui était d'or pur, au litre de 94 carats. Plus tard, 11 fut d'usage en France d'en présenter treixe à la messe du sacre des rois, et Henri II en fit battre, expressément pour cette destination, un nombre pareil, en leur donnant le nom de B/aan-tins. On ne sait pourquoi nos princes se servaient d'une monnaie étrangère dans leur sacre; quelques auteurs ont dit que c'était parce qu'ils n'en faisaient point frapper d'or; mais on en a plusieurs de ce métal du règne de Hugues Capet et de Robert. Le Blanc conjecture qu'en ce tempslà on donnait le nom de besantk toute monnaie d'or, quoique non frappée à Constantinople, comme dans la suite on donna le nom de florin géuéralement à toutes les espèces d'or, quoiqu'elles ne fussent pas de Florence, où l'on prétendait que celui-ci avait pris son origine; et ce qui parait appuyer cette conjecture, c'est que les Sarrasins appelaient leur monnaie d'or besant, bien qu'elle ne fût pas fabriquée à Constantinople. Quoi qu'il en soit, les hesants ont eu longtemps cours en France, et il en est parié dans plusieurs anciens titres, de 1148 à 19117, cités par le Blanc (page 170); le romande la JRo$e en parle aussi plus d'une fois, et de manière à faire croire que c'était la monnaie d'or la plus usitée en France. Cependant, comme il n*en est fait mention dans aucune des ordonnances de Philippe le Bel, le Blanc en tire la conclusion que besanl était un terme général que le peuple donnait à toutes les monnaies d'or. *- On ne parait pas bien fixé non plus sur la valeur du besant ancien. Ragueau et Baquet l'évaluent à 60 livres; le sire de JoinviUe dit qu'on demanda pour la rançon de saint Louis 900,000 besants d'or, qui valaient 600,000 livres i ce serait à raison de 60 sous pour chacun. Bans plusieurs titres d'abonnements de flefï, le besant n'est apprécié qu'à vingt sous; dans un compte des baillifï de France de l'an 1977, il est évalué à 9 sous. Le ilenier tournois était alors à 1 denier 6 grains de loi, à la taille de 900 au mare : ainsi, il valait en monnaie courante 4 deniers un quart, et par conséquent le besant vaudrait environ 91 sous de la monnaie de France. -^ BiSAtiT est aussi un terme de Maaoo. C'est une pièce de métal

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ronde et pleine, dont on cliai!ge Técu, à la différence des Umrteaus, qui sont de couleur, et des cercles et anneaux, qui sont à jour. Les paladins français mirent sur leurs écus de ces sortes de besants {fyzantini nummi)^ pour faire voir qu'ils ayaient fait le voyage de la terre sainte. On appelle beêant-tourteau celui qui est mi-partie de métal et mi-partie de couleur. Les Espagnols confondent les beêants et les tourteaux, et les appellent indifféremment roe/6<; quelquesuns appeUent aussi les besantê d'argent pto^ea^ du mot espagnol plata^ qui signifie argent. Upton nomme les beeantê d'or tatentê, et ceux d'argent paletê. Il y a aussi des besantê saracé- Mt^tiea (sarrasins). Dict. dk la Goirv.

BESMES. yOX. COLIQIIT et SAUlT-BARTHtLBHT.

BESSARABIE, pays -frontière de la Russie d'Europe, borné au N. par celui de Podolie, à l'O. par l'Autriche, au S. par la Turquie, à l'E. par la Moldavie, dont le Prouth la sépara; 400 kil. sur 164; 600,000 hab.; chef-lieu, Kichinew ou Kischenan (évéché grec). Autres villes, Bender, Ismael, Chotîm ou Chotzim, Kilia, Akkermann (villes fortifiées). Rivières : Danube, Prouth, Dniester, Kagalnik. Pays de plaines, fertile en grains, fruits, raisins ; excellents pâturages. — La Bessarabie faisait jadis partie de la Dacie tngane; elle fut successivement comprise dans les empires des Goths, des Huns, des Owares, des Petchénègues, elle fit enfin partie de la Moldavie. Elle fut conquise par les Ottomans en 1484, et fut cédée à la Russie par le traité de Boukarest, en 1813.

BESSARION (Jean), moine grec de Saint- Basile, patriarche titulaire de Constantinople, archevêque de Nicée, ensuite cardinal et légat en France, sous Louis XI, n'était point né à Constantinople, comme l'écrivent quelques biographes, mais à Trébizonde, et dans l'année 1389, comme le fait voir son épitaphe, qu'il composa lui-même; il mourut à Ravenne, le 19 novembre 1472. Le philosophe Pléthon avait été un de ses maîtres. Après avoir passé 91 ans dans un monastère du Péloponèse, occupé de l'étude des belles-lettres, qu'il joignait à celle de la théologie, il en fut tiré, en 1438, par Jean Paléologue, qui avait formé le projet de se rendre au concile de Ferrare pour réunir l'Église grecque et l'Église latine. Il fut fait par lui évéque de Nicée, et suivit son protecteur en Italie, avec Pléthon, l'archevêque d'Éphèse, le patriarche de^onstantinople et plusieurs autres Grecs distingués par leurs talents ou par leurs dignités. Il ^onda de tout son pouvoir les projets de Jean Paléologue et finit même par se rendre odieux aux {

Grecs schismatiques, par le zèle avec lequel il travaillait à une réunion qu'ils éloignaient de leurs vœux et de leurs efforts. Lé pape Eugène IV l'en dédommagea et le récompensa de son dévouement à l'Église latine, par la dignité de cardioal-prêtre du titre des Saints-ApOtres, qu'il lui conféra. Dès lors, Bessarion reprit sa vie studieuse, et sa maison devint le rendez-vous de tous ceux qui cultivaient ou aimaient les lettres. Il obtint successivement la confiance et les bonnes grâces de plusieurs papes, et fut sur le point d'atteindre lui-même cette dignité et de succéder à Nicolas V ; mais il aurait faUu acheter pour cela par une iqjustice la voix du cardinal Orsini, et Bessarion refusa de le foire. Le cardinal de la Rovère fut nommé. Bessarion fut chargé successivement de quatre ambassades délicates et difficiles; il se tira avec honneur et succès des trois premières, mais il échoua complètement dans la quatrième. Envoyé en France, par Sixte lY, pour réconcilier Louis XI avec le duc de Bourgogne et obtenir des secours contre les Turcs, non-seulement il ne réussit pas dans ce projet, mais encore on prétend que Louis XI l'humilia en pleine audience par de dures plaisanteries. Bessarion reprit tristement le chemin de Rome, et l'on veut que le chagrin ait causé sa mort, que l'âge seul (83 ans) suffisait du reste pour amener. — Bessarion a laissé plusieurs ouvrages sur le projet de réunion des deux églises et une défense de la philosophie de Platon, que l'on a réunis dans le tome xvi de la Bibliothèque deê Pèreê. Brucker, quoique protestant, a fait de ce cardinal un éloge complet ( Histoire philosophique, tome IV, page 43). X.

BESSEL (FatotEiG-GoiLLAVHE), astronome et professeur d'astronomie à Kœnigsberg depuis 1810, néà Minden en 1784, s'éUit d'abord adonné à la profession du commerce ; mais il éprouva bientôt une vocation décidée pour les études astronomiques. Les célèbres observateurs Olbers et Schrœter dirigèrent ses premiers travaux et le firent attacher à l'université de Geeltingue. De là il fut appelé à Kœnigsberg, pour diriger le nouvel observatoire érigé aux frais du gouvernement prussien. Outre un grand nombre de mémoires insérés dans les recueils académiques, on lui doit : une Théorie des perturbations des comètes (en allemand, Kœnigsb., 1810); Fundamenta astronomiœ deductif e» observ. J. Bradlex; Tabulœ regiomontanœ reductionum observationum ab anno 1750 usque ad ann, 1860 computatœ (Kœnigsb., 1850); un Recueil d'observations astronomiques faites à l'observatoire de KwnigsberÇf publié en aile-

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maod, par livraisons. Les recherches de M. Bessel sur la théorie du pendule et sur la détermination de la masse de Jupiter ont fixé particulièrement rattention des géomètres et des astronomes étrangers à rAlIemagne. Gony. Lvx.

BESSES, peuple belliqueux de la Thrace, au nord du mont Rhodope; leur chef -lieu était Uskudama. Les Romains ne purent les subjuger qu^après une longue résistance. X.

BES8IÈRES (JBAif-BAPTiSTE), duc d^Istrie, maréchal d^empire, colonel général de la cavalerie de la garde, naquit en 1769 à Preissac, département du Lot, et débuta à 23 ans, comme simple soldat, dans la carrière où il s^est illustré par dMncontestables talents et par une valeur qui mérita d*ètre distinguée des braves eux-mêmes.

Compris, comme cavalier, dans le contingent de son département pour la garde de Louis XYI, organisée en vertu de la constitution de 1791, il passa, après son licenciement, en qualité d'adjudant sous-officier, dans la légion des Pyrénées, où il obtint le grade de capitaine par de belles actions qui le signalèrent à Tattention des chefs de Tannée. De celle des Pyrénées-Orientales, où il avait tait les premières campagnes de la révolution, il passa, en 1796, à Tarmée dltalie. Ce Ait le général Augereau qui le désigna à Bonaparte comme Tofficier le plus digne d*ètre mis à la tête des guides à cheval qu'il voulait organiser, à Tinstar de ceux créésau mois d'avril 1792 pour chacune des trois grandes armées, et qui avaient été d'une si grande utilité pendant cette campagne et la suivante. Un décret (23 fruct an vii) ayant autorisé la formation de ces guides à cheval, et Bessières ayant eu le commandement de ceux de Tarmée dltalie, il se trouva comme attaché, dès cette époque, à la garde du Jeune général en chef, sous les yeux duquel il eut une part glorieuse aux batailles de Boveredo, de la Favorite et de Rivoli. L*uoe des premières marques de distinction qu'il reçut fut d'être chafgé d'apporter au Directoire les drapeaux enlevés dans ces Journées aux Autrichiens.

Bessières ne fit qu'un très-court séjour à Paris, où il obtint sa promotion au rang de colonel, et il retourna en cette qualité à l'armée d'Italie, pour ne plus quitter son général en chef. Ce fut encore à la tête des guides qu'en Egypte il gagna le grade de général de brigade par ses faits d'armes. De retour en France, avec Bonaparte, il eut à déployer sa part d'activité pour le seconder au 18 brumaire; devenu alors général divisionnaire, il ne fit que passer du commandement des guides à celui de la garde du consul; de I qu*après son élévation aa rang de maré-

chal d^mpire (19 mai 1804), il resta colonel général de la garde à cheval. Car, ainsi que le dit avec Justièe le Mémorial de Sainte-Hélène (tome II, p. 218), c'est à la tête de ces escadrons réservés pour décider la victoire ou recueillir ses fruits, qu'on l'a vu toujours « rattacher noble- « ment son nom à toutes nos belles batailles. » Il avait eu une part importante à celle de Marengo, par la charge qu'il fournit à la tête des escadrons de la garde consulaire; comme aussi c'est au maréchal Bessières, qui les commanda, que doit rester le principal honneur de ces charges savantes par lesquelles fut décidé le gain de cette babille.

Pour compléter l'indication des principaux faits d'armes, il faudrait nommer encore les batailles d'Iéna, Eylau, Friedland ; il fendrait parler du boulet de Wagram , qui fit pleurer la garde, mais heureusement ne fit que renverser de cheval le brave Bessières; il faudrait le suivre en Espagne à Burgos, Léon, Médina del Rio- Seco; en Portugal, à Fuente-d'Onoro, etc. Mais la carrière militaire de Bessières est trop pleine pour se prêter à Tanalyse d'une notice; et si nous pouvions lui consacrer plus d'étendue, nous aimerions mieux encore rapporter les nombreux actes de bienfaisance et d'humanité que l'on cite de ce guerrier illustre, qui avait vécu comme « Bayard, et qui mourut comme Turenne. »

C'est peu de temps après la bataille de Wagram que Bessières, devenu duc d'Istrie, reçut la délicate mission de remplacer, dans le commandement d'Anvers, le maréchal prince de PonterCorvo, dont il n'eut qu*à terminer l'œuvre. Il s'y acquit pourtant de la gloire; et la seule reprise de Flessingue sur les Anglais suffirait pour faire honneur au maréchal dont, vingt-deux ans plus tard, le fils a rappelé la noble conduite aux Anversois, en se plaçant comme volontaire dans les rangs de Tannée française devant leurs murs.

Le Journaux du temps ont publié la lettre par laquelle Napoléon apprit à la veuve du duc d'Istrie la perte qu'il venait de faire. par la mort de son mari, qu'un boulet emporta la veille de la bataille de Lutien (1«r mai 1813), au moment où il dirigeait une simple manœuvre de préparation, l'attaque du défilé de Rippach. De CHàiaoBBiT.

DESSUS était gouverneur de la Bactriane, dont il usurpa le trône après la bataille d'ArbelIes et le meurtre de Darius, qu*il fit assassiner. Étant, quelque temps après, tombé au pouvoir d'Alexandre, ce prince le livra à Oxatrès, qui, pour i venger la mort de son firère Darius, fit couper

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