‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 3Chapitre 20 sur 63 · BB · texte numérisé non relu

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les mains et les oreilles de son meurtrier, et le fit mettre en eroix* X.

BESTIAUX. On donne communément le nom de BtTAiL ou de bestiaux à cette dasse de quadrupèdes domestiques. qui paissent ri)ert>e des champs et que l'homme élève pour se nourrir de leur chair^ se Tétir de leurs peaux ou de leurs toisons, s'aider de leur force dans ses travaux, féconder ses terres, en un mot pour satisfaire, médiatement ou immédiatement à ses premiers besoins. D'après cette définition le mot bétail ne comprend, dans la plupart des pays de l'Europe, que le cheval, le bQuf, le mouton, le cochon (quatre espèces désignées chacune par un nom qui n*est ni celai du mAle ni celui de la femelle), la chèvre, l'Ane et le mulet) dans d'autres contrées il peut s'appliquer aussi à d'autres ani* maux, par exemple au renne dans la Laponie, au chameau et au dromadaire dans l'Asie et l'Afrique, au lama et à la vigogne dans le Pérou; bref, à tous les animaux domestiques qui, appartenant à l'ordre des pachydermes et à celui des ruminants, sont susceptibles d'être employés comme nous venons de l'indiquer.

De tout temps l'entretien du bétail a été considéré comme un des principaux moyens qui concourent à la production des matières nécessaires à notre subsistance ) mais soiis le régime de la vie nomade et patriarcale, l'homme n'élevait des animaux domestiques que pour consommer leur chair et leurs peaux, tandis que, grâce à la vie agricole et sédentaire, qui lui a permis d'attendre sur place les efitets des matières fertilisantes répandues par eux sur le sol, il est arrivé peu à peu jusqu'à regarder l'utilité dont ils lui sont sous ce dernier rapport comme supérieure à celle que seule il leur reconnaissait jadis. Ce changement de vues, qui est loin d'être encore entièrement accompli, est un grand pro* grès* I«es plantes cultivées puisent en grande partie dans la terre les sues dont elles se nourrissent et ne lui rendent pas les principes indispensables k la végétation : il faut donc trouver ailleura de quoi combler ce déficit; or cette ressource nous est naturellement offerte parles bestiaux, dont l'organisme, en agissant sur les matériaux de sa nutrition, fait subir I ceux même qu'il ne s'incorpore pas une élaboration, une préparation qui les met dans l'état le plus convenable pour détenir à leur tour les sources les plus abondantes et les pins faciles de la nutrition des végétaux. Par ce oerde de transfarmaUons perpétuellesBeat répétées la culture des plantes se Ironve intimement ttée à Téducation des bestiaux, et ka progNa do roM

ou provoquent les progrès de Tautre. Aussi regarde-t-on maintenant la nourriture des bestiaux à l'étable, pendant toute Tannée, comme la méthode qui assure la production la plus considérable et comme l'expression de l'agriculture la plus perfectionnée, parce qu'elle a pour principal effet la moindre déperdition possible des substances fertilisantes.

Puisque le but principal qu'on doit se proposer en élevant des bestiaux est la création des engrais, le premier objet qui se présente dans leur éducation, c'est la détermination du rap* port qui existe entre la quantité des fourragea qu'ils consomment et celle du fumier qu'ils rendent ; en effet c'est au moyen de cette connaissance qu'on peut fixer le nombre de bêtes qu'on doit tenir et la proportion convenable entre rétendue de terre qui doit porter des fourrages et celle qui peut recevoir des céréales. Hais la science agronomique possède peu de données sur ce sujet, de sorte que le problème échappe encore à une solution générale et que de vagues indices, d'incertaines traditions, sont les seuls guidtl des cultivateura dans chaque cas particulier. Ce que nous avons de plus positif se réduit aux estimations de Thœr. Partant des résultats de quelques expériences, cet agronome admet que, pour trouver les poids que donnera en flimier une certaine quantité de foin, de paille et de litière, en passant dans les intestins des animaux, il n'y a qu'à doubler le poids de chacune de ces matières. Quant aux autres fourrages, il est disposé à leur assigner sous ce rapport une valeur proportionnelle à leur faculté nutritive plutôt qu'à leur poids, et c'est de là qu'U part pour déterminer la quantité de substance fertilisante qu'on peut espérer en fiaisant consomma par telle ou telle espèce de bétail les produits d'une étendue donnée de terrain, ou telle ou telle espèce de plantes. Mais les besoins en fonrragea sont si variables suivant les espèces d'animaux et suivant la taille des individus; les données que nous devons à différents (rfiservateurs sont si divergentes, qu'il est impossible d'en tirer des résultats généraux un peu précis. On voit seulement qu'une nourriture très-abondante est, jusqu'à un certain point, mieux payée par l'emploi du bétail et de ses produits que ne peut l'être une cbétive alimentation.

Si dans l'éducation des bestiaux on n'avait absolument en vue que d'obtenir des engrais, peu importerait le genre des bétes par lesquelles os ferait consmnmer les fourrages; car on n*ob« serve pu une différence bien sensible sous la rapport de U fèrtiliaatte eatnlea d^ections des

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différentes ecpèces d'animaux. Hais comme dans cette éducation on peut se proposer différents autres buts, comme on doit même les poursuitre si Ton ne veut pas que les fumiers reviennent énormément cher, le cboix des bêtes devient une affiaire plus grave et plus difficile. Chaque espèce peut en effet donner lieu à des spéculations fort diverses. Avec le gros bétail à cornes, on peut, soit faire des élèves, soit produire du lait { et ce dernier peut être vendu en nature, ou être converti en beurre ou en fromage, ou être employé à Teograissement des veaux { on peut aussi se livrer à Tengraissement des bœufe ou des vaches. Les moutons nous fournissent et leurs toisons et leur chair, mais on ne peut guère espérer d'obtenir à la lois U plus belle qualité et la plus grande abondance de Tune et de Tautre ; il Aiut ordinairement opter entre ces deux produits. 81 Ton recherche le dernier, on peut entretenir constamment un troupeau d'une race ou d'une autre en vendant les extraits à un fige plus ou moins avancé | ou le renouveler chaque année en achetant des agneaux; oii se livrer à l'engraissement en conservant chaque lot seulement pendant un temps plus ou moins long. Quant aux chevaux, on voit aussi, dans beaucoup de localités, les cultivateurs adopter hi méthode, soit de vendre les poulains très-jeunes, soit d'en acheter au contraire pour les revendre un peu plus urd. 8elon les localités et selon les circonstances particulières de l'exploitation, il pourra se présenter des différences énormes entre les bénéSces qu'on devra espérer de l'une ou de l'autre de ces spéculations. La laiterie el l'édu- «alioii des veaux ne Muraient être lucratives qu'aux environs des centres de consommation UD peu considérables, et en général la proximité des débouchés est une cause asseï puissante de modifications pour rendre possiblo l'éducation des bestiaux^des gens qui ne possèdent aucune terre} tel est le ^^ desnoumsseMrs ^ui, à Paris, tiennent des best^ux, et qui ne les entretiennent qu'au moyen de fourrages achetés. L'éducation des troupeaux de bêtes â laine est presque exclusivement réservée aux grands propriétaires.

Lorsqu'on est fixé sur le nombre et sur l'espèce des bêtes qu'on veut entretenir, il reste à considérer les qualités que doit présenter chaque animai pour remplir le plus utilement le but auquel il est destiné. Ces qualités se rapportent principalement k la éailk, aux fQrme$, au tissu de la fm^p k le oonattMton et au caroo*

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importance à la iaîlley et surtout on doit se garder de croire que la même quantité de fourrages, la même étendue de prés, puisse servir à entretenir des animaux de stature colossale et des animaux de grosseur moyenne. Il y a même dans l'éducation des bêtes à laine un avantage à élever des individus de petite taille, en ce que généralement leur chair est plus délicate que celle des grands, leur laine plus fine et proportionnellement plus abondante.

Les formes ne constituent pas un caractère qu'on puisse définir d'une manière absolue, et un coup d'œil exercé peut seul les apprécier avec justesse. On a cru trouver une relation de certaines formes avec la production du lait et de la laine, de même qu'avec Ut disposition à l'engraissement; mais ces rapports sont équivoques. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'une vàdie dont le pis est volumineux peut donner beaucoup de lail; que chez le mouton les différentes régions du corps produisent différentes qualités de laine; qu'on doit préférer les indivi* dus chez lesquels les régions chargées de la laine la plus fine offrent le plus de surface; qu'il en est de même pour la production de la chair chez tous les bestiaux, et que, si l'on considère cette dernière production seule, on doit rechercher les animaux dont la charpente osseuse occupe le moins d'espace par rapport aux portions propres à nous servir d'aliments. Hais sous le rapport de l'action et du travail, les formes sont plus faciles à apprécier, en même temps qu'elles acquièrent une plus grande importance. En effet, il est chiir que la fOrme ne se développera pas de la même manière suivant que les couches muMulaires seront minces ou épaisses, que le thorax sera étroit ou large, et qu'elle subira une décomposition plus ou moins grande, que le frottement sera plus ou moins intense, selon que ie corps sera ramassé ou allongé, haut ou bas, bien ou mal proportionné, etc.

Il y a peu de chose à dire des qualités de la peûu. Lorsqu'elle est douce et onctueuse, c'est un indice de la tendance de l'animal à prendre de la chair; car il est évident qu'une peau fine et douce doit être plus souple qu'un cuir épais et rude pour se prêter à un accroissement de volume; mais, d'un autre côté, les peaux épaisses sont d'une plus grande valeur pour diverses fabrications, et, dans les pays froids, elles garantissent même les animaux de la rigueur des saisons. Le bttuf dont le cuir est souple et mince, le poil fin et brun, est sensible à l'aiguillon.

Nous oroyons inutile de nous arrêter à prou- Tir que la 9(m$tUnUimiu beeUeuK Mt être

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robuste et leur caractère docile; mais nous ne pouvons nous dispenser de dire 'quelques mots de leur nourriture, de leur propagation et de leur amélioration.

Leur alimentation peut avoir lieu au pâturage ou à rétable; le plus souvent les mêmes animaux sont alternativement tenus à ces deux sortes de régimes. Ils- peuvent consommer les substances végétales les plus diverses, mais qui se classent ordinairement sous deux chefe, celui de la nourriture sèche ou d'hiver, et celui de la nourriture verte» La nourriture sèche, qui consiste principalement en foin et en grains, se doune le plus souvent sans aucune préparation; depuis quelques années on concasse aussi les grains, on les étuve ou on les met en soupe. La distribution de la nourriture verte exige quelques précautions sans lesquelles la santé des animaux peut être gravement compromise. La quantité des aliments doit être en rapport, nonseulement avec la destination et le service de ranimai, mais encore avec son âge et la saison.

Par le moyen d*aliments abondants et de bonne qualité, ainsi que par un régime hygiénique bien entendu, on peut améliorer notablement Its individus d^une espèce quelconque; mais les améliorations ainsi obtenues se trouveraient toujours à une seule génération et ne pourraient jamais constituer une race, si la procréation ne venait les fixer et les propager d^une génération à Tautre. Par une loi invariable de la nature, un être issu de Talliance de deux autres reproduit le type commun de ses parents et présente en outre un mélange ou une sorte de fusion des caractères qui les différenciaient et qui les constituaient individus. On a tiré parti de cette double observation pour greffer sur certains individus et perpétuer dans leur postérité des caractères et des qualités qui leur étaient étrangers; c^est ainsi que les Anglais ont créé leurs chevaux de pur sang, que les Saxons ont obtenu leurs brebis électorales, et que Bakewell a façonné ces porcs, ces bœufs et ces moutons qui semblent n*être que des fabriques de graisse. Mais quand on a voulu pénétrer plus avant dans ces phénomènes où tout est mystère, et analyser les éléments qui concourent à les faire naître, on n*a rien trouvé de certain et de précis; loin de s^accorder sur les explications, on ne s'est pas même entendu sur la nature des faits. Ainsi, les uns ont prétendu que lorsque, par des croisements ou par un choix judicieux des individus destinés à la multiplication, on est arrivé à une certaine perfection de la race, il fout la perpétuer par des alliances restreintes aux sujets de

la même famille ; d'autres ont soutenu que par ce système elle ne tarde pas à dégénérer. De même quand on a voulu distinguer Tinfluence du mâle et celle de la femelle sur leur progéniture, personne n'a pu assurer, comme un fait constant et positif, ni que le père transmet plus spécialement les formes externes, surtout celle des extrémités, et que la mère transmet plutôt sa ressemblance dans les organes internes, ni que le petit ressemble plutôt â son père dans la partie antérieure du corps et â sa mère dans son train postérieur, ni qu'il doive être d'un sexe plutôt que de l'autre parce qu'il y aura eu une différence quelconque d'âge ou de vigueur entre ses parents, etc.

Ce serait entrer dans trop de détails que de parler des soins journaliers qu'exige le bétail, de remploi de ses forces, de la disposition du local où on le tient, etc. Il nous suffira de dire que les maîtres les plus empressés â lui procurer une habitation saine et commode et à le traiter avec douceur, sont justement ceux à qui il rapporte le plus de profit. Kc^. Birgbr, Biigk- Eii, Haras, Établi, etc. J. Toimo.

BESTOUJEF (et non BestuêchefD^nom de plusieurs familles russes qu'il ne faut pas confondre avec les BestoùJef-Rumlne (rctr* Tarticle suivant). Plusieurs personnes de ce nom ont pris part à la conspiration qui, ourdie dès Tannée 1820, éclata à Saint-Pétersbourg â la fin de 1825, et notamment trois frères, Alexandre, Michel et Nicolas, tous capitaines d'infanterie, et Pierre, officier de marine. Alexandre, ayant été rangé par la haute cour de justice dans la première de ses catégories, fut .condamné à être décapité; mais l'empereur Nicolas commua cette peine {en considération de ce qu'il s'est présenté spontanément à nous pour confesser son crime) en exil en Sibérie, avec travaux forcés pour 20 ans , dégradation miliUire et de la noblesse. Michel et Nicolas, rangés dans la seconde catégorie, furent condamnés à la dégradation, aux travaux forcés à perpétuité en Sibérie et à poser leur tête sur le billot. A l'exception de cette dernière formalité, leur sentence ne fut pas modi^ée.

Alixarbrx Bbstoujif, membre de plusieurs sociétés savantes de Russie, fut un liUérateur distingué. Il a publié avec Ryléïef, pendant les années 1823, 1824 et 1825, un almanach russe intéressant qui avait pour titre V Étoile polaire. On a encore de lui, aussi en langue russe, on Voyage à Revel (Saint-Pétersbourg, 1821) en ferme de lettres et semi-poétique, et un Aper^ de la littérature russe ancienne et moderne.

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C*ese |>ar Ryléïef, son intime ami, que Bestoujef fui affilié à la conspiration; depuis le mois (TaYril 1825 11 foisait partie de la tection êupè- Heure du directoire On assure que, interrogé par Tempereur lui-même, il lui fit, sur Tétat judiciaire et sur Tadministration en Russie, des réyélations inattendues qui frappèrent viTement le monarque. Il fut gracié, mais envoyé comme simple soldat à Parmée du Caucase. Là il écrivit un excellent roman Amaleth Beg, dans lequel il peint au Yif les mœurs circassiennes. En 1837 U fut tué dans un combat contre les montagnards, non loin de Jekaterinodar,,oà il était en garnison. J. H. Schiutzlkr.

BESTOUJEF-RUHINE (et non Besiuscheff), Cette famille, à ce qu*on assure, d'origine anglaise et naturalisée en Russie au xv« siècle, a donné à cet empire plusieurs hommes d*É(at dont l*un a compté parmi les plus célèbres ministres du siècle dernier. Originairement son nom fut Best; mais le premier boïard russe qui le porta prit celui de Bestoujef, dit Ruma, dont Pierre le Grand fit, en 1701, Rumine. Pierri MixBAlLoyrrcH BESTOujir'RuvnfK,ministre résident de Russie à Hambourg (roiVHanstein, Htst. de Ruisie, or. ail., p. 523.), reçut, en 1742, le litre héréditaire de comte; ses deux fils, Tun et Tantre diplomates, lui ont dû Texcellente éducation qu*ils ont reçue à Berlin et danls d*autres endroits hors de Tempire.

L^atné parait avoir été le comte IKichkl Pt- TRoviTCH, mort à rage de 74 ans, en 1760, conseiller privé actuel et chevalier de Saint-André. Sn 1721 , après la paix de Nystadt, il fut envoyé comme ministre à Stockholm, Pierre le Grand lui donna des instructions parliculières et détaillées qu'on peut lire dans Stsblin', Anecdoteê de Pierre le Grand, p. 219. Cet auteur dit que, sous le règne d'Elisabeth, Michel Pétrovitch fut nommé grand maréchal de la cour; mais de 1756 à 1760 il occupa le poste d'ambassadeur russe à Paris. Ce fut la femme de ce diplomate, sœur du comte Gollofkine dont elle ne pouvait supporter la disgrâce, qui entra, en 1743, avec les Lapoukhine, dans un complot tramé contre la personne d'Elisabeth. L'Estocq en fut instruit à temps, et la comtesse Bestoujef, avec les autres conjurés, reçut le knout, eut la langue coupée et fut envoyée en Sibérie. Il parait que le marquis de Botta, chargé d'afFaires d'Autriche, mêla dans cette affaire le nom du roi de Prusse, et c*est peut-être là l'origine de la haine d'Elisabeth contre Frédéric II.

Hais l'homme le plus célèbre de cette famille fat le comte Auxis Ptrioviici BisTouiir-Rv-

MINE, grand chancelier et chevalier des ordres de Russie, sénateur, etc. Il naquit à Moscou, en 1603, et reçut, avec son frère, une bonne éducation dans les pays étrangers où, de bonne heure, il se dégagea des préjugés dont à cette époque presque tous les Russes étaient encore imbus. Ayant accompagné Pierre le Grand dans son voyage en Angleterre, il passa, avec sa permission, au service de George I«r, qu'il avait déjà suivi comme page ou comme gentilhomme de la chambre, lorsque ee roi n'était encore qu'électeur de Hanovre. C'est à la cour de George que Bestoujef fit l'apprentissage de la diplomatie; cependant de retour en Russie, en 1718, il n'entra pas d'abord dans cette carrière, mais 11 fut placé en qualité de gentilhomme de la chambre près de la personne de la grande-princesse Anne Ivanovna, alors duchesse douairière de Courlande. C'est dans cette position qu'il se lia avec le fameux comte de Biren ou Buren dont plus tard il manqua de partager la mauvaise fortune. Peu après son avènement (1730), Anne nomma Bestoujef son résident à Hambourg; puis, en 1734, son minisire à Copenhague. Dans le dessein de l'opposer à la vieille expérience du comte Ostermann dont l'influence contrariait souvent les plans de Biren, celui-ci le fit rappeler, en 1740, et, à son instigation, Bestoufjef fut nommé conseiller privé et membre de son cabinet. Hais Anne mourut bientôt après; Bihen ne tarda pas à tomber du faite des grandeurs, et ce ne fut que par miracle que Bestoujef échappa aux fers qui lui étaient destinés. Cependant il resta sans emploi sous le jeune Ivân. A peine Elisabeth s'était emparée du sceptre, avec le secours de FEstocq, que ce favori lui conseilla d'appeler Bestoujef à la direction des affaires étrangères. Il fut nommé vice-chancelier et sénateur, et même grand chancelier, le 15 juillet 1744, à la mort du prince Tcherkasskoï, et il servit bien son pays; en 1742 il conclut une alliance avec l'Angleterre, et l'année suivante, avec la Suède, le traité d'Abo par lequel la succession au trône de ce royaume du Nord fut réglée suivant les désirs de la Russie. Ce traité fut suivi d'une alliance avec la Suède et d'une autre avec la Saxe. Par tous ces succès il établit si bien son crédit auprès d'Elisabeth qui, comme on sait, avait une extrême répugnance pour les affaires, qu'il déjoua sans peine les intrigues tramées contre lui et secrètement appuyées par rhéritier du trône. En 1746 il entra dans la ligue formée contre la Prusse par les cabinets de Vienne et de Dresde, et, à cette occasion, Bestoujef est formeUement accusé de s'être

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