‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 3Chapitre 21 sur 63 · BB · texte numérisé non relu

BB

laisfé gagnera prix d'argent. Kaunitz mêla ainsi Tempire moscovRe aux affaires de l^urope, et depuis ce temps U 7 a toujours pris une part aetive et presque prépondérante.

Non content de contrarier les affections du grand-prince héritier, le chancelier SIstoujef le brava encore en formant, en 1746, une alliance arec le Danemark et en préparante cession à ce royaume du Slesvig et du Holstein. En 1747 il conclut un nouveau traité d*alliance avec l'Angleterre, à aaint-Pétersbourg, et, a l'effet d'accélérer la conclusion du traité de paixd'Aix^la-Cliapdle, U s'engagea à foire marcher à travers l'Allemagne un corps auxiliaire russe de 50,000 hommes ou aunlessus. Ce corps, sous la conduite du prince Repnine, traversa en effet les États autrichiensy pénétra dans laFranconie et marchait sûr le Rhin quand il fut arrêté par la mort de son chef et par la convention du 3 août 1748 qui fut suivi delà paixdu 1S octobre, dont l'intervention de la Russie détermina ainsi la conclusion.

8ûr de son crédit, Bestoujef osa renverser, en 1748, le comte de l'Sstocq, qui favorisait le parti prussien dont Pierre Fœdorovitch était le chef. Après avoir adhéré à l'alliance de la France et de l'Autriche contre Frédéric le Grand, il poussa son antagonisme contre l'héritier d'Elisabeth Jusqu'à chercher à l'exclure de la succession, en 7 faisant appeler, de préférence, le Jeune Paul, son fils. Hais loin de réussir, cette entreprise téméraire devint l'occasion de la chute du miniS" tre. Apraxine, qui commandait l'armée russe envoyée contre Frédéric, agissait de concert avec le chancelier; au lieu d'avancer, après la bataille de Gross-JsBgerndorf, il revint sur ses pas suivant les uns pour soutenir les projets de Bestoujef, suivant les autres pour ne pas se compromettre avec le grand-prince^ mais, en tout cas, sur Tordre formel du chancelier et à l'insu d'Elisabeth qu'on croyait mourante, ^.'impératrice s'étant rétablie demanda rexplioation de la mar* che rétrograde de ses troupes; et, pe recevant pas de réponse satisfaisante, elle fit tomber tout son courroux sur Fauteur de la mesure. Au commencement de l'année 1758 Bestoujef fut arrêté, dépouillé de ses titres et honneurs, accusé de haute trahison, et reconnu coupable par la commission nommée à cet effet. L'imn^ratrice toutefois lui fit grâce de la vie; mais la majeure partie de ses biens fut confisquée et lui-même exilé dans la moins importante de ses terres située a 80 lieues de Moscou. Bestoujef supporta sa disgrâce avec fermeté, trouvant sa consolation dans l'affection de sa femnie et de son fils qui avaient Toulu partager son exil, et dans de fré<|ueQtes

lectures de la Bible dont il fit imprimer plus tard quelques extraits, en allemand et en fhinçais, sous ce titre : Pa$$Qg$$ ç/i0i$i9 de PÉcrifur§ $aini0§ recueillis pour servir de eoneoUlion à $0Hf chrétien souffrant injustement,

Bn 1763 Catherine U le rappela à aaint-Pétersbourg, lui rendit ses honneurs, lui conféra la rang de feld*maréchal général, le nomma sénateur et hii assigna un revenu considérable; elle fit publier et afficher dans les églises un ukase {Z\ août 1769) par lequel sa condamnation fut déclarée injuste. Cependant il n*obtint plus aucune influence et mourut eu 1766, au moment où il songeait i déshériter son fils unique, conseiller privé actuel etchambellan. Ce fils mourut en 1768.

Le comte Bestoujef-Rumine était un homme d'un grand talent et d'une extrême activité, mais il était peu scrupuleux dans le choix des moyens qui devaient le mener à son but.

On attribue au chancelier Bestoujef la première préparation (1735) de la titmtuTQ tonica neroina Bestuoheffl.

BisTowxv-Rtiniiix (â(ichel)y sous-lieutenant dans le régiment d*infanterie de Poltava, appartenait à une autre branche de la même famille. Vers Tannée 1 830 il entra dans un complot tramé contre la vie de l'empereur Alexandre, .et qui, ayant pour but d'amener une révolution en Russie, avait son principal siège à Toultchine, dans la petite Russie, En 1823 il fut chef de Tun des comités de V Union, et c*est alors qu'il parait avoir adhéré au projet de Mathieu Houraviof-Apostol, du colonel Pestel, du prince acrge Volkhonski, de Davouidof et de plusieurs autres militaires, d'exterminer la famille impériale. Ce fut par Torgane de Bestoujef-Rumine que le directoire de Toultchine entra (1824) en négociations avec la société secrète de Varsovie, dont le but était l'indépendance de la Pologne sur l'ancien pied, et qui devait agir de concert avec les sociétés russes. En Janvier 1836 il fut pria les armes à la main, dans Tinsurrection qui éclata â cette époque près de Yassilkof dans le gouvernement de Kief , dont Mouraviof-Apostol, lieutenant-colonel, du régiment d'infanterie de Tchernigof, avait donné le signal et dont nous ferons connaître ailleurs les détails, Par sentence de la haute cour ipéçïêHdefustice, il fut placé, avec quatre autres accusés, hors des catégories établies, vu l'énormité de leurs forfaits^ et condamné à être écartelé comme régicide. Mais Tempereur Nicolas ayant commué la peine de la plupart des autres et abandonné les cinq principaux coupables à /a décision de la Haute

nfti

BBT

poir mationûi0, ils fartut iliapl«nieiii eondam^ né^ à Itre penduf, par arrlt du Il/M joillei 1896* Deux jourg aprèi, ft 4 lieurtf du vaUs, cette «enteoce reçut «on exéeutiou fur let giaeie de la iDTtereiae de Saiut^Pétershourg. Beftot^ef eut, avec deux de aee cooi|iagiioiis d'iofor*lune, le nialbeur de tomber à bM du gibet, la corde ayant été val affémie autour de leur cou; un quart dlieore après II cessa de vivre. J. H. Soumui.

bAte, Btnii. Une béte n*est pas seulement un bomme privé de cette faculté brillante que nous avons nommée esprit; Tabsence de cette faculté ne suffit pas |K>ur constituer la béiise. Il faut encore^ pour bien motiver cette expression Biépnsante, le manque d*intelligenee, rabsence du sf ns commun. Vais noire amour-propre est en géqéral trop pressé d*en faire Tapplication à d'autres pour adopler cette définition « et nous donnons facilement un brevet de bêtise à ceux que nous jugeons moins spiriiuels que nous.

I4 bêtise» méuH) absolud a pourtant son mérite, si on la compare à la sottise. La première lait se rendre justice ft se mettre de côté quand le talent passa; la seconde se place en travers sur son dîemin, et quand elle à reçu quelque avanie, elle se console en songeant qu*on s*est occupé d'elle. Aussi Ton vit aiiément avec Tune, tandis que Ton tuH Tautre. On dit : C'est une bonne bête; on ne dit pas ( C'est un bon 99^»

Il 7 a la bêtise de l'esprit et surtout du génie; U Fontaine avait cette dernière. • Lés gens d'es* prit ont des plans bétes, » a dii une femme émi* nomment douée du premier { mo( plus fin et plus vrai que celui do Beaumarcbais. Une autre femme disait de Thomas : % Son plu9 grand dé^ liaut est de n'être jamais béte. »

On a dit il y a longtemps que l'amour ;

Sa gtM d*Mprit cliangt lei bétct.

Et twaA b^w Iw gcM d'cfpill.

n en eit de même de plus d'une autre passion : la baine, la colère, prêtent parfois à un homme très- vulgaire, très-peu intelligent, des expressions énergiqMcs et pittoresques, tandis que rhomne 4e talent irrité perdra tous ses avan-» lages et ne irouvera pour exhaler son courroux que des idées basses et des expressions plus que communes, Bous ce rapport. Voltaire lui-même a été bête quelquefois*

Rire i»^ bêtises et aux dépens des bêtes est une de nos jouissances les plus vives au théâtre : e^est que notre vanité fait une comparaison contInueUe et fausse entre noqs e( l'êlre sUipide que Fon nvm iwnptef C'est par 1^ mêmç raison q^e

la poltronnerie nous platt toujours beaneoup sur la scène : en s'amusant d'elle chaque speeta* teur se persuade quHI a du courage.

Il résulte de ces observations que ce qu^on ap-» pel^e une bétiee n'est pas toujours l'expression de la pensée d'une béte. 11 est des bêtises spiri* tuelles, de bonnes et franches bêtises, qui, par un rapprochement inattendu, une contradiction biiarre, excitent une explosion de surprise et de j^ieté. On a cité comase une des meilleures bê* tises celle de ce personnage d'un de nos vaudevilles* qui disait três-sérieusement : « Si je savais un pays où l'on ne mourût pas, j'irais y finir mes jours. * Ces bonnes fortunes sont rares au théêlre; une bêtise sans naturel n'y est plus qu'une sottise. M. Odbbt.

BÉTXL. C'est tout à la fuis le nom d'une plante et celui d'une composition très^usitéedans l'Inde. Le pipêr beile croit dans ce pays et aux Molu^ ques, et icê feuilles sont employées par Les iava* nais comme le tabaei le suc qu'elles fournissent est aussi considéré par eux oomme un précieux médicament.

ta préparation appelée béiel se compose en effet des feuilles et même des jeunes fruits du poivrier que nous venons de nommer, et quelquefois de celles d'un autre poivrier, piper giHboQ, de chaux vive, qui y entre pfNir un quart, enfin de noix d'arec, arec^ catbeeu, qui forme la moitié du poids total. Dans quelques pays seu' lement le tabac fait partie de ce méUinge, dont il se fait une grande consommation, attendu que les personnes des deux sexes et de toute condition en font usage et qu*on en offre à ceux qui viennent flaire visite.

On mâche le bétel habituellement, à peu près comme les matelots font du tabac : la saveur acre qu'il présente n'a rien de désagréable; seule- XAcnt lorsqu'on n*y est pas encore habitué on éprouve un peu d'ivresse. Il colore en rouge la salive, noircit les dents, les altère et les détruit même jusqu'au niveau des gencives, sans cepen* dant produire de douleur.

Le bétel peut être considéré comme un astringent puissant, et les naturels des régions équatoriales le regardent oomme un objet de première nécessité qui balance l'action énervante de la chaleur et qui les garantit des fièvres et des dyssepteries communes et funestes dans ces climats, ies étrangers se trouvent bien d'adopter cette coutume locale. Sn effet, les usages généraux sont quelquefois les résultats de l'expérience, et il est bon de s*y conformer lorsqu'on est appelé â changer de climat* f • ExTixa.

«BT&Ii&Bl» viUe de la tribu de Juda, éloi-

BBT

BÉT

gnée de Jérusalem d'environ 5 lieues, et qu'on distinguait de celle de la tribu de Zabulon en ajoutant de Juda. Elle portait, dans les temps antérieurs à Moïse, le nom d'Éphrafrou Éphrata qui, comme Bethléem (maison de pain), fait allusion à la fortuite de la contrée. Cet ancien nom se trouve , dans plusieurs passages de la Bible, uni au nom plus moderne de Bethléem, parti* culièrement dans la prophétie de Michée (chap. v). n est question de Bethléem, dans le livre desj. Juges, comme de la ville natale de Booz ; dans le l«r livre de Samuel, comme de la ville natale du roi David. Au 3« livre de Samuel on voit trois des guerriers qui accompagnaient David persécuté par SaUl, lui procurer, au péril de leur vie, de Peau du puits de Bethléem qu'il refuse de boire en ft*émissant du danger auquel s'étaient exposés pour lui ses compagnons d'armes. Bethléem est surtout repiarquable comme le lieu de naissance de Jésûs-Christ, désigné d'avance par le prophète Michée. Les docteurs Juifd interprétaient cette prophétie comme l'entendent encore aujourd'hui les chrétiens; dans l'Évangile de saint Matthieu on les voit répondre en citant les paroles de Michée au roi Hérode qui leur demandait où devait naître le Messie. Le dernier fait qui se rattache au nom de Bethléem est le massacre des enfants de cette bourgade, exécuté par ordre d'Hérode, dans l'intention de foire périr le Christ dont la naissance commençait à faire du bruit parmi le peuple et pouvait fournir à ceux qui détestaient la domination étrangère un prétexte de soulèvement. Boissaed.

BETHLEK (Gâbbiil), appelé ordinairement Bethien Gabor, d'après l'ancienne coutume de la Hongrie, de joindre les noms de baptême au nom de famille, naquit en 1580 d'une famille ancienne et considérée de la haute Hongrie, qui possédait beaucoup de biens en Transylvanie et avait embrassé la religion protestante. Pendant les troubles qui désolèrent cette dernière province, sous le gouvernement de Sigismond et de Gabriel (de la maison Bathori), Belhlen sut se faire des amis et des partisans parmi les grands du pays, et, après la mort de ces deux malheureux princes, en 1618, il réussit, avec l'assistance de la Turquie, à se foire élire prince souverain de Transylvanie, alors que la maison d'Autriche n'était pas en position de foire valoir ses droits contre lui. Lorsqu'en 1619 les États de Bohême se liguèrent contre l'Autriche, Bethien te joignit à eux, pénétra en Hongrie à la tète d'unç armée, conquit Presbourg, menaça Vienne et se fit enfin proclamer roi de Hongrie, le S6 août 16S0. flab le sort ayant fovorisé les armées

impériales, Gabor fit la paix avec Ferdinand, renonça à ses droits à la couronne de Hongrie, ainsi qu'au titre de roi, et reçut en échange sept palatinats de Hongrie, la ville de Kaschau et les principautés d'Oppeln et de Ratibor, en Silésie. Trois ans après, ce prince turbulent prit de nouveau les armes et pénétra jusqu'au Brttnn, en Moravie, à la tète d'une armée de 60 mille hommes. N'ayant pu opérer sa jonction avec les troupes du duc Christian de Brunswick, il fut contraint de conclure un armistice, avec condition expresse de faire ensuite la paix. Une nouvelle rupture, concertée en 1626 entre Bethien et le comte de Mansféld, n'eut pas un meilleur résultat, ce dernier ayant été complètement battu par Wallenstein et contraint de fuir en Transylvanie, dans un état de dénûment absolu. Bethien mourut le 5 novembre 1699, dans la cinquantième année de sa vie turbulente et féconde en faits d'armes, laissant un testament dans lequel il recommandait son pays et sa veuve sans enfonts, née princesse de Brandebourg, à la protection de l'empereur Fei*dinand II. Il nommait l'empereur des Turcs exécuteur testamentaire de ses dernières volontés, et lui foisait don, ainsi qu'au roi des Romains, Ferdinand III, d'un beau cheval richement caparaçonné, accompagné d'une somme en or de quarante mille

ducats. DICT. DB LÀ CONVXESATIOir.

BÉTHUNE. Fdjr. SOLLT.

BÉTHTLES ou BtTTLis, autrement abbadirs, pierres que l'on regardait comme descendues du ciel : elles étaient, disait-on, remplies d'un esprit divin, et on les prit bientôt pour des divinités : aussi les appela-t-on pierres animées : on leur attribua le don de la parole et la spontanéité des mouvements. On conserva d'abord les plus grosses dans les temples, puis de plus petites dans les temples et dans les demeures particulières. Elles servirent de talismans, d'amulettes, de préservatifs contre les maléfices et les maladies. Les jongleurs les employaient dans leurs impostures; quelquefois on les consultait comme des oracles domestiques. L'origine de ce culte se perd dans la nuit des temps : il se retrouve en différents lieux. Il parait certain que les bé* thylBê principaux n'étaient autre chose que des aérolithes. X.

BÉTIQUE, nom d'une division de l'Espagne ou Ibérie occidentale, sous les Romains. Ces derniers divisaient l'Ibérie occidentale en Lusitanie et en Bétique; l'Anas formait la limite entre les deux provinces. Celle de Bétique tirait son nom du fleuve Bétis ou Guadalquivir; cependant César ne paraît pu af oir connu ce nom, qu'on trouve

Page 1