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fliMl à srtBds crii lei réforaMfl. Mm ee Mk 9MMI, les Bauphinciis n^taieot pas, os le Mit, lai moiAt kBj^tleiiU, le« moina éner^iqaea à Mper raiieieB édiâeej Tooeasion était belle poar une tête jeune et ardente comme Tétait celle de lanuiTe a auMi Be la laiflsa-t-il pas échapper, et bientôt différentes brochures politiques, notafli* ment eelle Intitulée 1 i'JBêprit dês ÉMê, le irent eannaltre à ses concitoyens. Une étude aiqivefondie de cette constitution anglaise qui était alors le point de mire de tous les novateurs, attestait que lamaye avait habilement mesuré dhin eoop dVnil la situation, les sympathies, les besoins et les criées de chaque corps de TÉtat. gés conTidiona étaient celles dHin homme de tact et df misonnenent. Son manifeste devait produire çieique sensation; et en elfet, éèê ee moment le Jeune Jurisconsulte M d*avanee désigné aui snftnges de sa province. On sait que, par or« donnance royale du 97 décembre 1788, la vepré^ sentation du tiers au sein des états généraux toi doublée. Comme si la fatalité eût poussé la mo* narobie à se sulelder elle-même, ce redoublement des tiers favorisait les prétentions de Bamave, sur qui put alors tomber le choix de ses oonci* toyens. Il avait 87 ans, et un immense avenir s\)flMt à son ambition et à son génie. .
La session s*ouvrit à Versailles, le 4 mai 178^, et dés les premiers Jours Bamave prit rang parmi les plus chauds partisans des idées nouvelles et les ennemis les phis déclarés de la cour. Non qu^fl partageât aveuglément leur haine contre la monarchie et son principe; mais parce que cette soif destitutions libérales qu*il avait puisée dans réInde de la constitution anglaise Ven* flammatt pour le peuple d*un séle exclusif qui devait souvent IVmporter au delà des bornes. Aussi eut-il bientôt à porter le lourd ftirdeau d^ne Immense popularité. Une imagination ardente, un esprit vif et pénétrant, une élecution élégante et facile, et surtout Toppositian constante et remploi habilement ménagé d*un grand eahne, soeeé^t à une sorUe véhémente, k un édalr subit de colère ou dVnthousiasme i telles ftvent les qualités diverses par lesquelles Barnaïve acheva de conquérir tous les suftrages de IHMsemblée et du peuple, et devint un des prineipasx ehef^ sous la bannière desquels les partis se rangèrent en se divisant. « C*est une Jeune plante qui un Jour montera haut, si on la laisse eroltre, * disait de lui Mirabeau; et cette prédiction se làt aecomplie sans la hache révolutionnaire qui la eoupi^ à la racine. Barnave attira BMV la première lois les regarda lorsquHl se joignit à Hounler pour obtenir que le nom de com-
mune lût substitué à celui de tiers étal. L'assemblée du Jeu de Paume le compta parmi ses principaux acteurs; à cette époque Hirabeau n^vait pas de plus puissant auxiliaire que lui. Mais une sympathie bien plus étroite, et justifiée par la similitude des âges et des convictions, l^inissait àbi9|iyelte,à Adriep Duport, aux deux Lapieth surtout, avec lesquels « il forma, dit M. Thiers dans son Histoire é& Im^BévoMiou, un triumvirat qui intéressait par sa jeunesse, et qui bientôt influa parsonaetivitéet ses talents. » ▲ compter de ce moment chaque discussion importante s*éolairait de la parole de Barnave et lui valait un triomphe de plus. 8a haine pour la cour lui fit obtenir le maintien des arrêtés cassés par le ro| dans sa séance royale. Quelques Jours après la grande insurrection qui fit tomlier la Bastille, le sang de Foulon fut sacrifié à la vengeanee du peuple, et cet acte de la force brutale souleva dans l'Assemblée un orage grossi d^ toutes les passions longtemps comprimées qui se déchaînaient tout à coup. «Le sang qui coule est-il donc si pur!,.. > s'écria Barnave, au milieu d^un violent déliât; et cette exclamation, échappée sans doute è Pardeur du jeune tribun etdtevouée par Tâme de l'homme honnête, lui fut amèrement reprochée; une sanglante expiation ne suffit même pas à la lui foire pardonner, et pourtant l'Assemblée comptait peu d'«rateui| aussi purs que Barnave; il n'y en avait aucun dont les m^urs douces et polies, le caractère franc et généreux, offrissent un plus frappant contraste av^ les paroles de sang que la fdugue, et peut-être une juste appréciation de la valeur individuelle des hommes lui avaient arrachées. Les applaudissements du peuple le dédommagèrent, du moins pour un instant, des inimitiés qu'un seul mot venait de lui susciter, et achevèrent en même tenpps de l'étourdir. Bès lors il ne songea plus qu'à conserver ces faciles et dangereux suffrages. On le vit tour à tour, dans un but de popularité suffisamment justifié par sa prédilection pour les institutions les plus libérales, élever la voix pour faire décréter l'établissement des municipalités, rorganisation des gardes nationales, la déclaration des droits de l'homme, l'institution d'une justice extraordinaire pour les crimes politiques, la réunion des biens du clergé aux domaines nationaux, et la revendication de l^gal et libre exercice des droits civiques pour les protestants, les juifki, les comédiens, etc. Enfin, il porta les derniers coups à la monarchie en proposant que les décrets eussent désormais force de loi sans la sancUon royale, et, bientôt après, que le serment civique
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ne fit pas mention de la fidélité au roi, attendu que le roi étant partie intégrante de la constitution, le serment impliquerait suffisamment cette double obligation. Mirabeau n*ayait pas osé se risquer aussi loin : aussi la rapidité de la course emporta tellement son jeune rival qu*il ne s'aperçut deravoir dépassé que lorsqu'il touchait au but. Déjà, au sein des clubs et des assemblées populaires, jeurs dissentiments avaient eu occasion de se manifester. La Société des amis de la cofistitution, fondée par Bamave et les siens et qui depuis devint plus célèbre et plus redoutable sous le nom de société des Jacobins, fut souvent le théâtre des luttes de ces deux superbes antagonistes. La cour trouvait déjà en Hirabeau un appui, intéressé peut-être, mais toujours puissant et se roidissant avec succès contre la fermeté et les exigences démocratiques de Bamave. L'assemblée vit à son tour éclater cette rivalité à la tribune nationale. C*est ainsi qu'à l'occasion de la discussion du veto suspensif, la violence des débats fut telle que Mirabeau, s'abandonnant à cette puissance d'élocution qui lui avait mérité tant et de si beaux triomphes, s'écria que les rhéteurs parlent pour les 24 heures qui s'écoulent, et les hommes d'État pour l'avenir. Barnave , loin de se laisser intimider, s'accoutuma à regarder ce redoutable ennemi eu face, et n'en poursuivit pas moins ses attaques contre l'aristocratie et la cour. Au commencement de l'année 1790, il fit décréter la suppression des droits féodaux, l'abolition des ordres religieux, et obtint que chaque colonie française énoncerait un vœu sur sa constitution future. En mai eut lieu la fameuse discussion du droit de paix et de guerre, dans laquelle Mirabeau, défendant les intérêts de la cour , tout en cherchant à les concilier avec ceux du peuple, fut terrassé, pour la première fois peut-être, par la logique inexorable et l'éloquence hardie de son rival. Bamave avait bien mérité du peuple qui, en récompense, lui décerna les honneurs d'un triomphe. « Et moi aussi j'ai été porté en triomphe, tonna Mirabeau, et pourtant on crie aujourd'hui : la grande trahison du comte de Mirabeau. Je n'avais pas besoin de cet exemple pour savoir qu'il n'y a qu'un pas du Capitole à la roche Tarpéiennne. » Mais la faveur populaire avait achevé de tourner la tête à Bamave ; il ne tint aucun compte de *cet avis prophétique. Il ne craignit pas, à propos de la fuite de Mesdames , tantes du roi, de porter ses audacieuses investigations jusqu'au sein de la famille royale, et il acquit ainsi de nouveaux droits à l'ovation populaire et à l'animadversion de la cour. Mais tel était l'éclat
prestigieux avec lequel cet homme fascinait tous ceux qui l'approchaient, que même ses ennemis déposaient à sa vue leurs préventions et leur haine. Noailles, Cazalès se mesurèrent avec lui sur un terrain autre que celui de la tribune, et, en déposant leur épée, tous deux étaient devenus les amis de leur adversaire.
Barnave avait une âme trop élevée et trop belle pour ne pas finir un jour par regarder en arrière et s'épouvanter du chemin qu'il avait fait. La mort de Mirabeau, arrivée le 3 avril 1791, sembla être le signal de ce revirement. Barnave comprit qu'il était temps d'arrêter cet élan de folies et criminelles exigences dans lesquelles l'entraînait le parti démagogique, souvent malgré lui et toujours daiis des vues d'opposition contre Mirabeau. Après sa mort, Bamave oublia toute rivalité : ce fut lui qui rédigea et fit adopter la proposition de rendre à Mirabeau des honneurs funèbres extraordinaires, et de consacrer l'église de Sainte -Geneviève à recevoir les cendres des grands hommes.
Le géant mort, rien n'empêchait les amis de Barnave de se rallier aux idées plus modérées que professait la société constitutionnelle dont la Fayette était le chef. Cette alliance fut consacrée à l'occasion d'un rapport que Bamave fut chargé de faire sur l'état des colonies et la condition des gens de couleur en mai 1791. Dès ce moment il perdit de sa popularité, et une fols engagé dans cette voie, il y fit de^ progrès d'autant plus rapides qu'une circonstance imprévue vint tout à coup précipiter sa chute. Le roi, effrayé de l'orage qui grondait sourdement audessus de sa tête, avait résolu de se soustraire par la fuite aux dangers dont l'avenir le menaçait. On sait qu'évadé des Tuileries avec la reine et sa famille , il parvint jusqu'à Yarennes où le hasard le fit reconnaître. Presque seul de tous les membres de l'Assemblée, Barnave, à la nouvelle de l'évasion, avait conservé son sang-froid et son courage, et avait fait prendre sur-lechamp les mesures les plus énergiques ; après l'arrestation de la famille royale, lui-même avait été désigné, avec Pétion et Latour-Maubourg, pour aller à la rencontre des captif^ et les ramener à Paris. C'est de cet instant qu'il faut dater la révolution qui s'opéra dans l'àme du jeune tribun. Arrivé à Épernai en présence de Louis XYI, de la reine, de Madame, du dauphin , la vue de tant d'infortunes, jointes à une si belle résignation, toucha sans doute profbndétnent, son âme : tandis que Pétion, placé avec lui dans le carrosse du roi, accable su augustes prisonniers de tout ce que la rigueur la plus froide et
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en même temps la plus insultaote lui suggère, Barnate contemple et réfléchit. Mais laissons eoeore parler M. Thiers qui présente ainsi les résultats de ce Toyage : « La reine fut surprise de la raison supérieure du jeune Barnave; Barnabe ftit touché de la bonté du roi et de la gracieuse dignité de la cour. En arrivant, Barnave était dévoué à cette famille malheureuse, et la reine, charmée du mérite et du sens du jeune tribnn , lui avait donné toute son estime. » A son retour, Barnave n*était plus le même; après avoir rendu compte de sa mission, il prend hardiment la défense de la Fayette que Ton accuse d^aroir favorisé le projet d*évasion de la famille royale : dès lors il est regardé comme déserteur de la cause populaire; et IdHque de sa voix puissante il proclame Tinviolabilité du roi et annonce, dans un discours prophétique, les excès et les malheurs de la France, les huées des tribunes accueillent ce généreux élan; il n*y répond que par un regard de mépris. Ce quUI perd de crédit auprès du peuple, il le regagne auprès de la cour : « Car après avoir été si sévère ( c*est encore M. Thiers que nous citons ) , il subit maintenant la loi commune à tous les chefi populaires, qui est de s*allier successivement au pouvoir à mesure qu*ils arrivent à lui. >
On a cherché à rattacher ce retour subit sur le passé à des causes non politiques et qui ont été reproduites dans un roman de notre époque {Barnave y de M. J. Janin). Ces bruits ne méritent aucune confiance : Barnave, effrayé pour sa patrie, plus encore^que pour la cour, essaya de montrer à cette dernière Tablme où Tentralnait le parti de l*émigration. Vers la fin de la session et pendant les premiers mois de la seconde législature, il hasarda par écrit une demande qui fut accueillie. Bes rendez-vous secrets lui furent donnés ; le roi lui-même Tattendaii et rintroduisait dans un cabinet de la reine, ainsi que Tatteste M«« Campan. A rassemblée, Barnave combattit un projet de comité militaire qui faisait une loi de la délation dans Tarmée et tendait à permettre aux soldats de dénoncer leurs chefk ; il attaqu^ le décret dirigé contre les prêtres réfractaires, répondit aux libellistes, et s*opposa au droit de déclaration par lequel on voulait reconnaître que les ministres avaient perdu kl confiance de la nation.
Ce furent là les derniers effbrts publics de Barnave. Le 14 septembre 1791 venait de voir en même temps Tacceptation, par le roi, du nouveau pacte constitutionnel et la cessation des travaux de TAssemblée constituante. Mais dans sa retraite Tez-député de Grenoble n*en conti-
nua pas moins de servir, par tous les moyens possibles, cette royauté à laquelle désormais il avait juré de consacrer ses jours. Il consacra l^iver de Tannée 1791 et le commencement de Tannée suivante à essayer d*opérer un rapprochement entre la cour et le parti constitutionnel que Ton appelait alors le parti des Feuillants, en opposition avec le parti révolutionnaire des girondins. Mais à la cour on écoutait Barnave, on semblait convaincu, décidé, et quelques moments après Tinfluence funeste des anciens amis du roi détruisait son ouvrage, Barnave reconnut Tinutilité de ses tentatives ; il vit qu'à mesure qu'il cherchait à élever son édifice de paix et de salut, le royalisme le renversait aussitôt pierre à pierre et paralysait ainsi ses bonnes intentions. Cette découverte le décida à s'éloigner. n vint prendre congé de la reine, et lui dit, en versant des larmes d*émotion : « Bien sûr de payer de ma tête Tintérét que vos malheurs m'ont inspiré, je ne vous demande d'autre récompense que Thonneur de baiser votre main.» La reine pleura aussi , et ils se séparèrent pour ne plus se revoir. Betiré à Grenoble, Barnave redevint fils et frère, se déroba au monde, et, dans la même campagne où sa raison s'était formée dans le silence, reprit toutes ses anciennes habitudes '. Le 10 août venait de faire passer la famille royale des Tuileries dans un cachot, et l'armoire de fer avait livré aux girondins des secrets dans lesquels Barnave et quelques autres chefs du parti constitutionnel se trouvaient compromis. Arrêté le 19 août, sur un décret de l'Assemblée législative, Barnave fut jeté dans une prison de Grenoble, d'où il ne sortit que pour être transféré dans une autre à Saint-Marcelin, où il resta près de quinze mois, essayant de tromperies ennuis et les inquiétudes de sa situation par des études et des travaux assidus. D'avance il avait fait abnégation de son existence, et il attendait avec résignation et dans un profond oubli de lui-même ce que le sort lui réservait. Une seule fois il fut tenté de rompre le silence de sa prison, pour écrire à Louis XVI et lui proposer de prendre sa défense dans le grand procès qui allait s'ouvrir; mais il fut retenu par cette considération que la défsiveur désormais attachée à son nom serait plutêt nuisible au roi qu'elle ne pourrait le servhr. Il resta donc témoin impassible des catastrophes successives par lesquelles cette auguste fsimille termina ses malheurs : plusieurs fois il auraitpu s'écluipper,
I L'une des habltadct de BarnaYe ^talt de pcnaer la plame à la nain, néme k la prooMoada rà toajban il porUit no porte* CralUe et «B cnyon.
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vingt occasions lui furent offertes ; mais il liait détacbé delà yfe et préparé k mourir par Texemple de eeux qu'il avait servis ou aimés. Il lui arriva un Jour de réveiller an jeune ré^isition- Baire qui s'était endormi à sa porte. « Tu dors, lui ditril, et si je m'échappais, que deviendraistu ?» Enfin son tour arriva : il ftit amené àParfs et traduit devant le tribunal révolutionnaire. Renfermé d*abord à TAbbaye, puis à la Conciergerie, il parut enfin devant ce tribunal composé de bourreaux et non de juges. Il se défendit luimême, non pour sauver ses jours, ils étaient condamnés h l'avance et Barnave le savait; mais il voulait encore une fois écraser ses adversaires du poids de sa vertu et de son éloquence. In e£Fét, ses aeeents imposèrent au tribunal } mais à tout prix on voulait sa tête. Elle tomba sur la place de la Révolution , le 18 novembre 1798. Conduit au supplice avec Duport-Dutertre, Barnave avait franchi avec assurance les degrés de l'écbaiaud , et avant de se livrer au bourreau, son pied avait fjrappé la planche en s'écriant avec amertume : « Voilà donc le prix de ce que j'ai fait pour la liberté t » Ainsi périt, à l'âge de 3S ans, un des plus beaux talents oratoires, une des organisations les plus remarquables que la Irance ait produites en ees temps où tant de gloires surgirent.
Son buste décore le musée de Grenoble. Le gouvernement consulaire avait fait placer la statue en marbre de Barnave dans le grand escalier du palais du sénat. Cette statue, et celle du général Joubert, avaient été enlevées en 1814 et conservées dans l'orangerie du Luxembourg; des Prussiens qui, en 1815, s'étaient lait de cette orangerie un corps de garde, ont brisé et mutilé lYine et l'autre à tel point qu'on les a jugées irréparables. DiAroi.
BARNIVSLDT (JiAïf VAif OLDEN), grand pensionnaire et avocat général de Hollande, né vers 1540, servit jusqu'à l'échaftiud sa pairie, qui venait de secouer le joug de l'Espagne. AprH la prise d'Anvers par les Espagnols (1885), les Provinces-Unies, alarmées des progrès du duo de Parme, d'autant plus dangereux qu'il mettait plus de modération dans sa victoire, s'étaient vainement offertes à Henri III, et retombaient aous la protection intéressée de l'Angleterre) Barneveldt entrevit les projets ambitieuxd'ilisabeth, qui semblait n'avoir refusé les Provinces* Unies que pour les prendra ensuite à de meilleures conditions, lorsqu'elle les aurait délivrées des Espagnols. Il fit nommer Maurice de Nassau stathouder de la nouvelle république avec assex de pouvoir pour lutter contre Leiceater, favori
d'ÉIisabetb. Barneveldt ne se fiait pas même à Maurice ; il devint bientôt le chef du parti républicain, qui voulait que le pouvoir exécutif du stathouder fût amovible et moins étendu que le pouvoir législatif des états. La guerre et le peuple soutenaient Maurice, et quand l'Espagne épuisée offrit sérieusement la paix, quand Barneveldt, habile négociateur, d^à connu par le succès de son ambassade auprès de Henri lY, qu'il avait empêché en 1598 de faire la paix avec les Espagnols, fut chargé de conduire cette nouvelle négociation, sa position devint singulièrement difficile. Il voulait la paix au profit de la liberté et refusait d'entrer en conférence avant que l'Espagne eût reconnu la souveraineté des états. Il était j^ursuivi par d'infâmes libelles, menacé de mort par des lettres anonymes, forcé de résigner un moment sa charge, et ce fut au milieu de cette lutte violente contre les prétentions de l'Espagne, contre la faction militaire de Maurice, qu'il eut enfin la gloirede conclure en 1609 une trêve de douxe ans avec l'Espagne, qui reconnut l'indépendance de la Hollande, La haine politique entre les deux partis, entre les deux chefï, fut désormais d'autant plus vive que chacun croyait avoir phis de droits que l'autre à la reconnaissance publique ; puis ces querelles prirent une forme et des noms théologiques. Jacques Armioius, de l'université de Leyde, défendait le libre arbitre de l'homme contre son collègue François Gomar, qui soutenait la prédestination. C*éUit la vieille querelle de l'Église occidentale, de Pébge et de saint Augustin. On prêchait dans les églises, on disputait dans les cabarets sur la prédestination et le libre arbitre. Barneveldt, avec la plupart des savants et des magistrats, avec GroUus, Ledenbens» prit parti pour Armlnius, Maurice pour Qomar; et les arminiens, comme les plus faibles, réclamèrent la tolérance universelle. Barneveldt proposa dans ce sens un règlement ecclésiastique, d'abord adopté, puis repoussé par les intrigues de la faction de Nassau, qui représentait les arminiens comme des amis secrets de l'Espagne. Encore attaqué par d'infâmes libelles, insulté par le peuple jusque dans l'assemblée des états, Barne* veldt, qui voyait le privilège des villes violé par Maurice, les magistrats de son parti déposés, résigna sa charge une seconde fois, et ne la reprit que sur les instances de ses amis. Mais en vain il fit rejeter par les états la convocation d'un synode, en vain les villes troublées par les factions des gomaristes, levèrent des troupes à leurs irais, et sans le consentement de Maurice; en vain Barneveldt dévoila dans un mémoire
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eélèbrelM intrigues et Tambition de Nassau ; celai-ci« toujours populaire, fit coadamner les armioiens dans un synode calviniste, à Dordreefat, 1619, et ne s^en tint pas là. Barneyeldt arrêté, malgré les représentations des états, avee les autres ohelSidu parti arminien, ftitjugé par 34 commissaires vendus à Hauriee, condamné comme traître k la patrie, et périt sur Téchafeud à Tàge de 78 ans (1610) avec une fermeté antique. Guillaume, Falné de ses fils, voulut plus tard venger sa mort sur Maurice | mais, trahi par ses fils, qui étaient ses complices, il eut le temps de se sauver à Anvers. René, le plus jeune, eut la tète tranchée en 16SS pour n*avoir par dénoncé son frère. La veuve de lameveldt avait pourtant dit à Kaurice : « Je n*ai pas demandé grâce pour mon mari, parce qu*il était innocent, mais je la demande pour mon fils parce qa*il est coupahle. » T. Toussimt.
BAROCCIO, BAmocHB ou Biaoïzi (Faiotaio), peintre distingué de Técole romaine, natif d^Urbino, et qui vivait de 1518 à 1618. Il avait étudié à Venise, et imité la manière de Titien. Lors* qnH revinlà Bome, il imita Baphael. 11 chercha aussi à imiter la manière de Corrége, mais avec beaucoup moins de succès. On lui reproche l*unifformité du coloris. On le blâme également de représenter les objets presque toujours comme I travers un nuage transparent, et de lier les couleurs opposées par le moyen des clairs. On met au nombre de ses ouvrages les plus remarquables une I^^^te d'Enèe ou Incendie de Troie^ gravée par Agostino Caraccl, et actuellement dans Tancienne galerie Borghèse ; une Desûenie de troim et une Sépulture. Ces deux derniers tableaux sont gravés par Sideler. bigt. gorv.
BABOGCO. Voy. Stllooishi.
BAROHÈTBS. (Physique,) Cet instrument sert â mesurer la pression de Fair et toutes les variations auxquelles elle est sujette.
Pour le eonstruire , prenez un tube de verre scellé par un bout, qui ait de quatre-vingt-cinq â quatre-vingt-dix centimètres de long. Faitesle sécher en Texposant par degrés à la chaleur de charbons ardents; emplissez V>o ou '/g ^^ ce tube de mercure bien pur; cfaaufifez-le jusqu'à ramllition , pour en expulser Tafar et Thumidité. Bès que vous pourrez manier le tul^e, introduises une autre portion de mercure, fattesle bouillir, etc., et répétez le même procédé jusque ee qull isoH presque plein ; alors achevez de remplir, mais cette fois ne le chauffez pas de crainte de chasser le mercure en dehors ; bou- «hei rorifiee du tube avec le doigt sans laliser d*air entre deux, et plongei-le dans une cuvette
pleine de ce métal. Fixez ensuite tout TappareU sur une planchette graduée de bas en haut en cenUmètres; ayez soin de iaire répondre le zéro de réchelle au niveau de la surface du mercure de la cuvette et vous verrez alors que, malgré la communication établie entre le liquide de la cuvette et celui du tube, ce dernier s'élève à environ 0°>76 (88 pouces) au-dessus de Tautre.
L'inégalité du niveau vient de ce que la surlace du mercure de la euvette, exposée à Tair libre, supporte la pression de Fatmosphère, tandis que celui qui est dans le tube en est à Tabri. U faut donc que la colonne enfermée ait une longueur telle, que son poids contre* balance cette pression ; de là vient le nom de baromètre ou mesure de la pesanteur, Si Ton donnait une issue à Pair* en pratiquant une ouverture au sommet du tube, le mercure descendrait à Tinstant et se mettrait au niveau de celui de la cuvette; et si, à la place du mercure, on employait tout autre liquide , la colonne aurait une longueur relative à son poids; ainsi Teau, qui est 15 '/s ^^ moins pesante que le mercure, de^ vrait s'élever à 88 pieds s c*est justement la hauteur où elle parvient dans les tuyaux de pompes, lorsque son élévation n'est due qu'à la pression atmosphérique.
Le baroniètre sert communément à prédire la pluie ou le beau temps, selon que la colonne s'abaisse ou s'élève. La vraie cause de cette concordance n*est pas encore connue; car il est certain que, par un temps pluvieux, l'atmosphère à égale température contient beaucoup plus de vapeurs aqueuses; à la vérité, la vapeur d'eau , toutes choses égales d'ailleurs , ne pèse guère que le tiers de l'air, et si, par sa présence, elle en déplaçait une partie, le poids de Tatmosphère diminuerait, et alors il serait aisé de tout expliquer. Mais il parait que ce déplacement n*a pas lieu, puisque si on recouvre un bassin d'eau avec une cloche de verre, la quantité de vapeur qui se dégage est toujours la même à égale température, que la docbe soit vide d'air ou nouf d'oti il suit que les molécules de vapeur s'intercalent entre celles de l'air sans avoir besoin de les expulser; et ce qu'il y a de remarquable, c'est que le ressort de l'air s'aocroit, dans ce cas, de celui de la vapeur. D'après cela, le baromètre devrait monter lorsque le temps est pluvieux, puisque la pression atmosphérique augmente de toute celle de la vapeur d*eau ; et néanmoins l'expérience prouve que le eontraire a presque toujoun liev, notamment avant les grandes teioipétes.
Le principe sur lequel est fondé le baromètre
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fait prévoir que la colonne doit se déprimer à mesure qu'on s*éIèTe, puisque le poids de Patmosphère est diminué de celui des couches d'air inférieures à Tinstrument : aussi transporté sur le mont Saint-Bernard , il ne s*élève plus qu'à 0,38, et dans certains yoyages aériens, la dépression de la colonne est encore plus considérable.
On tire parti de cette propriété du baromètre pour remployer à mesurer les «hauteurs. Quand on le destine à cet usage, ou à tout autre qui exige, comme celui-là, des obserrations bien précises, il est indispensable d'y faire quelques améliorations et de tenir compte de diverses causes d'erreur inhérentes à la construction indiquée.
1o Le mercure ne peut s'élever dans la longue branche qu'aux dépens de celui qui est dans la cuvette, et dès lors la surfoce de ce dernier ne répond plus au zéro de l'échelle; pour l'y ramener, la cuvette doit avoir un fonds mobile qui s'élève ou s'abaisse à l'aide d'une vis.
2o Les variations de la température influent sur la longueur de la colonne sans altérer son poids ; il est donc nécessaire d'enchâsser un petit thermomètre dans la monture de l'instrument qui indiquera ces variations, et il sera itecile d'en tenir compte, sachant, d'ailleurs, que le mercure se dilate pour chaque degré du thermomètre
centésimal de ^^ du volume qu'occupait sa
masse à zéro.
5« Lorsque les tubes barométriques ont un petit diamètre, l'action capillaire déprime le mercure, et cette dépression augmente à mesure que le tube est plus étroit. M. Laplace a donné des tables de dépressions qu'il faudra consulter; lorsqu'on n*aura qu'à prendre dans ces tables le nombre correspondant à cette mesure, et ajouter la longueur qu'A exprime à celle de la colonne barométrique.
Les baromètres à siphon, qui servent ordinairement à mesurer les hauteurs, sont à l'abri de ce dernier inconvénient. Dans ceux-ci, une petite partie du tube, coudée vers le bas de manière à se relever parallèlement à l'autre, remplace la cuvette, et l'action capillaire des deux branches se compense, puisqu'eUes sont de même calibre.
Pour rendre cet instrument propre à être transporté sans s'altérer, M. Gay-Lussac y a fait quelques corrections. D'abord , il bouche presque totalement la courte branche , et n'y laisse qu'une ouverture imperceptible par où l'air peut pénétrer, mais qui ne permet pas au mercure de sortir. Il rétrécit le tube près des deux extrémités, afin que le mercure éprouve plus de frotte-
ment lorsqu'il s'en approche, ce qui ralentit sa marche et l'empêche de briser par des chocs brusques et inopinés le fond du tube. Enfin , après y avoir enchâssé un petit thermomètre, il enferme l'appareil dans un étui , laisse une ouverture suffisante pour voir les variations de la courte branche, y adapte un nonius, et à l'aide d'un curseur, il prend exactement la hauteur du mercure de cette branche qui lui sert à connaître celle de l'autre, puisqu'elles marchent en sens inverse.
Le baromètre à cadran est composé d'un baromètre à siphon fixé derrière un cadran. On place sur le mercure de la courte branche un petit flotteur, qui monte ou descend avec lui ; ce flotteur est attaché à un fil de soie : ce fil, qui passe sur une poulie, est tendu par un contre-poids, et la poulie fait marcher l'aiguille du cadran.
Ce baromètre a l'avantage de rendre les moindres mouvements du mercure sensibles, à cause de la longueur de l'aiguille qui sert à les mettre en vue sur le cadran ; mais il a aussi un grand désavantage, car l'inertie et les frottements retardent quelquefois sa marche, et le rendent impropre aux opérations délicates.
Si l'atmosphère, dont nous connaissons la compressibilité, était partout disposée suivant les lois de la pesanteur, et qu'aucune cause étrangère ne pût en altérer l'ordre, le procédé pour mesurer les hauteurs serait très-simple; mais les couches d'air atmosphérique, même dans les temps calmes, sont rarement distribuées selon leur densité. Il a fallu recourir à l'expérience pour connaître les causes qui peuvent influer sur leur poids à diverses hauteurs, et ce n'a été qu'après un grand nombre d'observations directes, faites par d'habiles physiciens, parmi lesquels on distingue M. Ramond , que la loi suivant laquelle s'opère cette variation de pression a pu être établie.
H. Laplace, qui a soumis toutes ces influences au calcul , a introduit les termes qui les expriment, dans la formule suivante, que l'on pourra employer avec confiance toutes les fois que des accidents imprévus ne viendront pas porter le trouble dans l'atmosphère. Le tableau des données qu'elle suppose suffit pour indiquer le procédé; le voici :
Soit H la longueur de la colonne du baromètre placé dans la station inférieure;
T, la température de l'air ambiant (thermomètre centésimal);
T^, celle de l'instrument ;
A, la longueur de la colonne à la station supérieure, observée à la même heure que l'autre ;
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/, la température de Tair dans cette station;
f^ la température de ce baromètre ;
T, la latitude du lieu ;
X, la quantité que Ton veut connaître, c'està-dire la différence de niveau de deux stations exprimées en mètres, on aura X = 18595» (1 X0,002857 cos 3 ▼
log.