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sont immeubles par leur nature; il en est de même des moulins fixés sur piliers et faisant partie du bâtiment, etc. Les objets que le propriétaire d*un fonds y a placés pour le service et Texploitation de ce fonds sont immeubles par destination. Ainsi sont immeubles à ce titre les animaux attachés à la culture, les ustensiles aratoires^ les semences données au fermier ou au colon jpartiaire, les pigeons des colombiers, les lapinai de garenne, etc.
Sont aussi immeubles par destination , tous effets mobiliers que le propriétaire a attachés au fonùià perpétuelle demeure et de manière qu*on ne puisse les enlever sans être fracturés ou détériorés, ou sans briser et détériorer la partie du /6nds à laquelle ils sont attachés.
Sont immeubles phr Vokjet auquel ils s'ap^ pUquent, Tusufruiides choses immobilières, les servitudes ou services fonciers, les actions qui tendent à revendiquer un immeuble. Yibl-Castel.
BIENSÉANCE se disait physiquement de ce qui est commode, utile, avantageux; et Ton disait également bien d'une chose qu'elle est à la commodité ou à la bienséance d'une personne. Le droit de bienséance n'est autre chose que le droit d'utilité, qu'en jurisprudence on désigne plus techniquement par les mots de commode et incommode qui lui servent de titre dans les anciennes lois.
La bienséance, dans le sens moral, est la convenance des paroles et des actions par rapport 9UX temps, aux lieux, aux personnes, aux conditions et aux mœurs de la société. Le soin que Ton prend d'observer la bienséance constitue la politesse, et l'enfreindre ou la mépriser serait la preuve d'une mauvaise éducation. Chez nous, les bienséances sont mieux observées que les lois, quoiqu'elles soient de toutes les lois les moins rigoureuses, je veux dire qui obligent le moins la conscience. C'était aussi le défaut dominant de la Grèce polie.
Dans le discours public, les bienséances oratoires consistent à prendre toujours le ton , le geste, l'expression et le style qui conviennent le mieux et au sujet que l'on traite, et à l'assemblée qui nous écoute, et au lieu où nous parlons : esprit, délicatesse, harmonie, devant une assemblée d'académiciens; solidité, entraînement et persuasion, à la tribune ; une logique pressante et nerveuse au barreau ; de la grâce et de la légèreté, si l'on veut, en poésie; mais gravité et austérité sans rudesse, un langage pathétique et insinuant avec dignité, simple et naturel dans l'expression, mais grand et inspiré parla pensée, dans la chaire de vérité : telles sont les princi-
pales bienséances dont l'orateur ou Pécrivain ne doivent jainais s'écarter. NteEiiE.
BIENVEILLANCE. Voy. BoiiTi.
BIÈRE, anciennement cervoiee (cerse/tia), boisson qui tontient de la gomme, du sucre, de l'amidon, un principe amer, un peu de gluten, de l'alcool, mais en moins grande quantité que le vin, le cidre, etc., et qui résulte de la fermentation de l'orge. On place cette céréale dans lef meilleures conditions possibles pour la fermentation , en la faisant séjourner d'abord pendant 48 heures dans l'eau , pour l'étendre ensuite en couches peu épaisses sur une dalle de briques on de pierre pendant l'été, et sur un parquet pendant l'hiver. Le grain pénétré d'eau, étant ainsi amassé en. couches, ne tarde point à présenter les phénomènes de la germination, qui développe le principe sucré; on modère cçUe-ci et on la rend générale en retournant l'orge une ou deux fois par jour, suivant l'épaisseur des couches et le degré actuel de la température ; il suffit ordinairement de trois ou quatre jours pour que la germination soit arrivée au degré convenable; on la suspend alors en soumettant le grain à la torréfaction. Le grain ainsi desséché, on le moût grossièrement, on le place dans une cuve, on le délaye dans l'eau bouillante et l'on brasse fortement le mélange ; cette eau dissout le sucre, la fécule, le gluten et une matière analogue au ferment contenus dans l'orge ; c'est ce liquide qui est susceptible de fermenter et de donner la bière. Il ne^ reste plus dès lors qu'à le faire bouillir et à y ajouter le houblon. Le temps que doit durer cette ébullition varie suivant le degré de concentration qu'on veut obtenir; puis on verte le liquide dans des cuves larges et peu profondes, pour obtenir un refroidissement plus rapide; et lorsque la chaleur est tombée à 13 ou 15», on le place dans la cuve de fermentation et l'on y délaye un peu de levure. Bientôt la fermentation a lieu : une écume blanchAtre, crémeuse, vient à la surface, et s'élève successivement à la hauteur de deux ou trois pieds. Les brasseurs suspendent cette fermentation active, quand une odeur fortement vineuse s^exhale de la cuve de travail; la bière est introduite alors dans de petits tonneaux, qui demeurtent ouverts et où la fermentation continue quelques jours. Au bout d'un certain tempsJa bière est mise dans des bouteilles, où elle fermente légèrement encore; alors, si elle a été bien brassée, elle a acquis toutes les qualités qui la distinguent : elle est limpide, transparente, d'une teinte rouge plus ou moins foncée; quand on la verse dans les verres elle se couronne de cette mousse neigeuse qui lui est particulière.
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Nous avons indiqué les éléments qui entrent dans la composition de la bière, et dont les principaux sont le principe sucré , le principe amer et Falcool ; nous ajouterons ici que le léger goût piquant qu*elle offre est dû à une certaine quantité d*acide carbonique libre que la fermentation développe. La bière de Flandre, le porter de Londres, la bière de France, celle d*AlIemagne (Bamberg, Berlin , Stetlin), toutes ont la même composition , mais les principes signalés y existent dans des proportions différentes ; de là les diverses variétés qui ont été admises : bière forte, bière légère et petite bière. La bière forte contient6,80 pour 100 d*alcool, le porter de Londres 4,20, et la petite bière 1,28. On conçoit aisément qu^entre tous ces degrés il est beaucoup d'intermédiaires.
Quant aux effets par lesquels ces diverses sortes de bières révèlent leur action sur les organes, ils yartent suivant la quantité d'alcool et de principe amer qu'elles contiennent. La bière fbrte, comme la bière de Bruxelles par exemple, excite fortement Pestomac et peut même agir sur le cerveau , de sorte à produire l'ivresse à la manière des boissons plus alcoolisées. Quand elle a été bien brassée elle borne là ses effets ; dans le cas inverse elle peut occasionner des coliques avec dégagement de gaz. Pour ce qui est des écoulements muqueux, que plusieurs auteurs ont dit naître souvent sous l'influence de l'usage de cette boisson, il parait, d'après quelques rechercbes faites dernièrement à cet égard, que, si cet effet a été quelquefois constaté, on en a au moins exagéré la fréquence. Le mode d'action du porter sur l'économie est à peu près le même que celui de la variété que nous venons d'examiner.
Les bières fortes ont-elles des propriétés nutritives? Cette question ne nous parait point facile à décider : le seul fait bien constaté à cet égard c'est que les individus qui font un usage habituel de ces boissons présentent, la plupart au moins, un embonpoint remarquable; mais est-ce la bière qui les nourrit, ou bien celle-ci, imprimant un certain degré de stimulation aux organes, ne fait-elle autre chose que placer l'économie, dans des conditions telles que le mouvement nutritif y devienne plus actif? On ne peut le dire. La bière de France est plus légère que les deux variétés précédentes; elle excite moins les organes, produit moins souvent l'ivresse, désaltère lentement et d'une manière durable. La petite bière enfin est une boisson éminemment rafraîchissante et dont un grand nombre d'individus pourraient avec avantage faire leur boisson habituelle. Sinon.
BliVRE (MARÉCHAL), marquis DB)iné en 1747, entra, fort jeune encore, dans les mousquetai* res. Sa facilité à produire des rébus, des jeux de mots, des calembours, lui créa parmi ses camarades une sorte de réputation, qui bientôt s'étendit dans le monde. Pour la société fk^ivole du règne de Louis XY, tous les genres d'esprit étaient bons, même dans leurs abus. Se voyant un homme fameux ^ si bon marché, de Bièvre voulut augmenter sa renommée en faisant des ouvrages avec ses mauvais bons mots, et de la littérature avec ses coq-à-l'âue. En 1770, il publia une Lettre à la comtesse Talion, suivie bientôt de quelques autres chefs-d'œuvre de la même espèce, tels que la tragédie burlesque de f^ercingétorix, les Amours de l'ange Lure et de la fée Lure, l'Jlmanach des calembours, etc., etc. Ces sottises imprimées eurent assez de succès et de vogue pour effrayer Voltaire, indigné, suivant son expression, de voir c un tyran si bête (le calembour) usurper l'empire du monde. » La mode avait prononcé, et il fallait attaquer son protégé avec ses propres armes. C'est ainsi que lorsqu'il lui convint de quitter son nom de famille. Maréchal, pour se donner un titre : « Pourquoi, lui dit-on, ami goguenard, ne vous faites-vous pas appeler, au lieu du marquis, le maréchal de Bièvre? » Le fait est que son grand-père, George Maréchal, avait dû à ses talents la place de premier chirurgien de Louis XIY, et cette illustration en valait bien une autre. Un railleur amusa aussi la capitale aux dépens du marquis par une plaisanterie d'un goût moins délicat. M. de Chambre (c'était son nom), fit circuler une lettre dans, laquelle il l'invitait à dîner, en ne lui promettant que la fortune du pot, phrase immédiatement suivie de sa signature. Une leçon plus ingénieuse fut donnée au grand ^seur de calembours par une dame chez laquelle il dînait. A chaque mets demandé par lui, elle feignait de chercher dans les mots qu'il avait prononcés un' double sens. En vain se tuait-il à protester du contraire. Je n'entends pas celui-là, répétait la maltresse de la maison, qui s'amusa à le désespérer ainsi pendant tout le repas.— M. de Bièvre, approchant de la quarantaine, s'avisa enfin de penser qu'il était temps de produire, à l'appui de son titre d'bomme de lettres, quelque ouvrage plus important et plus sérieux. Il fit jouer au Théâtre- Français, en 1783, le Séducteur, prétendue comédie de caractère, mais drame écrit en général avec assez d'élégance, et parfois d'un style assez maniéré pour que Dorât en fût soupçonné le véritable auteur. Quoi qu'il en soit, la pièce
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eut un succès prononcé, et quelques Jours après, la tragédie des Brahmes, de la Harpe, éprouva un échec; aussi le calembeuriste ne manquat-il pas de dire : « Le Séducteur réussit, les bras me {Brameê) tombent» » LUrascible la Harpe ne lui pardonna pas ce mot : un de ces bom arrêté,,.^ bien juitei, dont parle Figaro, fut rendu dans le Coun de littérature contre le Séducteur du marquis. En 1788, ce dernier fit représenter au même théâtre une autre comédie en cinq actes et en vers, lei Deux réputations; mais elle éprouva une chute complète, et ce fut à qui répéterait que les Deux réputations ne lui en feraient pas ttn«. ^Lorsque la révolution éclata, Tannée suivante, H. de Bièvre, en sa double qualité de marquis et d^ancien mousquetaire, crut devoir suivre un des premiers le torrent de rémigration. Les graves événements qui occupaient alors les esprits le firent oublier plus encore que son absence, à tel point qu*il reste encore quelque incertitude sur le lieu et Tépoque de sa mort : suivant les uns, elle eut lieu peu de temps après son départ, en 1789, à Spa, où il prenait les eaux; et ils ifjoutaient que, fidèle en* core au calembour à ce moment suprême, il dit aux personnes qui Tentouraient : « Mes amis, je m*en vais de ce pas (de Spa). » Hais les auteurs de ce récit pourraient bien avoir cédé au besoin d'ajotiter un nom de plus à la liste des hommes fameux morts en pbiisantant, qui a fourni le sujet d'un ouvrage. La seconde version, d'après laquelle de Bièvre mourut à Anspach, dans le Palatinat, en 1793, parait plus probable. X. BIGAMIE. Cest PéUt d'une personne ayant contracté un second mariage avant la dissolution du premier. La bigamie est un crime en quelque sorte rehitif , mais non d'une manière absolue; il existe, en efiet, des sociétés où TéUt d'un individu mari de plusieurs femmes, et vice versa, est l'état ordinaire et légal; d'autres au contraire où un semblable état dégénère aussitôt en crime puni avec la plus grande rigueur. Nous ne nous élèverons pas jusqu'au motif de cette difiFérence que les publicistes nous expliquent avec plus ou moins de sagacité. Chez les Romains la bigamie était un crime dont la peine éUit abandonnée à l'arbitrage du juge; dans la suite cette peine fut législativement déterminée et consistait dans la dégradation sans châtiment corporel. Depuis l'introduction du christianisme, le crime de bigamie dut prendre un caractère de gravité plus grand encore. En France^ trèsanciennement il était puni du dernier supplice. Peu â peu on finit par se contenter d'envoyer le bigame aux galères, après l'avoir exposé au car*
can sur lequel on disposait autant de quenouilles que le coupable avait épousé de femmes. Le Gode pénal statue aujourd'hui de la manière suivante sur la bigamie : « Quiconque, étant engagé dans les liens du mariage, en aura contracté un autre avant la dissolution du précédent, sera puni de la peine des travaux forcés à temps. L'officier public qui aura prêté son ministère à ce mariage, connaissant l'existence du précédent, sera condamné â la même peine. » Il serait trop long de rapporter la législation des différents peuples de l'Europe sur le sujet qui nous occupe. Observons seulement qu'en Suisse les peines étaient terribles contre le bigame dont le corps devait être coupé par la moitié. En Angleterre, jusquViu règne de Guillaume III, la peine atta^ chée au crime de bigamie fut la mort; â cette peine on substitua celle de la prison; toute* fois le criminel devait avoir en outre la main brûlée. 0. di Yibl-Castii..
BIGARRURE. Variété de couleurs mal assorties : inepta varietas» Ce mot se prend toujours en mauvaise part, excepté en termes de fauconnerie, où il se dit de la diversité des couleurs {versicolor) que l'on remarque sur le pennage de quelques oiseaux. — ^f^arriire se dit aussi des ouvrages deTesprit qui n'ont aucune liaison, ni relation ensemble, mala concertes, farrago, et c'est un peu, il faut l'avouer, le défaut des ouvrages du siècle.— Il existe un vieux recueil publié sous le titre de Bigarrures par Et. Tabourot, lequel y prend le nom du sieur des Accords (Paris, 166â, in-19); c'est un assezmauvait livre, quoi qu'en aient dit Pasquier, qui prétend (livre 8 de ses lettres, fol. 245), qu'il est « plein de gentillesse ^ de naïveté d'esprit, bigarrées et diversifiées d'une infinité de beaux traits, » et le célèbre Bayle, qui écrit quelque part que l'auteur « avait beaucoup d'esprit et d'érudition, mais qu'il donnait trop dans la bagatelle. DiGT. DI LA GONV.
BIGE. Fox. Chab.
BIGNON (JiaÔMB), avocat général au parlement de Paris, un des hommes les plus savaoU de son siècle, naquit à Paris, en 1589. Rolland Bignon son père, avocat instruit, mit à profit les loisirs forcés que lui procuraient les troubles de la Ligue, pour se vouer entièrement â son éducation. L'élève fit des progrès rapides et |niblia, â peine âgé de 10 ans, sa Chorégraphie ou Description de la terre sainte, Paris, 1600» in-12. Henri lY voulut connaître l'auteur et le plaça pendant quelque temps auprès du duc de Yendéme, son fils naturel. Ce fut pour et jeune prince que Bignon écrivit son DiscQmrw
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4» la ville d» Rome, dei prinolpaleê anh'qul* téê ei êingularitéê d'icelles, 1604, in*8o. Il ii*ayait alors que 14 ans. A la mort de Clément VIII, Bignon publia un Trailé sommait-e de l'éUotion dêê papee, Paris, 1608, in-S». Ce Ijyre, produit d*une érudition peu commune, ob* tint trois éditions dans la même année. Jérôme Bignon avait commencé, dès TAge de 18 ans, rétude du droit : il parcourut avec éclat toutes les ptiases de celte vaste science; mais, au moment où il se disposait à recueillir le fruit de ses trayaux, Henri lY le désigna pour partager avec Desyyelâux remploi de précepteur du dauphin, depuis Louis XIII. Les dissipations de la cour n^afldibUrent point son goût pour Pétude. n présenta a Henri IT, en 1610, son sayant ouvrage intitulé de VEwcellence deê roia et du royaume de France par^deesue tous leê autreê, et des causes d'icelle, ouvrage entrepris pour réfuter celui de Yaldès De dignttaie regum Hispaniœ, A la mort de Henri, Bignon ne tarda pas à se démettre de cette charge qui contrariait son penchant pour la retraite. II s*adonna avec ardeur a rétude du droit, et publia en 1615 les Formules de Maroulte, avec des notes pleines de goût. Cette publication lui valut le surnom de f^ar^ ron framçats. Bignon consacra ensuite une année a parcourir Tltalie, voyage sur lequel il a laissé d'intéressants détails, et revint en France où il se livra aux exercices du barreau, sans perdre toutefois de vue les travaux qui lui avaient fait, si Jeune encore, un nom parmi les savants. A la suite de Texercice le plus honorable du ministère d^avocat, il Ait nommé, en 1690, aux fbncUotts d*avocat général au grand conseil. Il avait alors 81 ans. Celte compagnie lui donna une marque éclatante de son estime, en décidant, contre Tusage, qu*il serait reçu dans sa charge sans examen préalable. Le roi le nomma peu de temps après conseiller d*État.En 16JM, il succéda a lervin comme avocat général au parlement de Faris. Ce choix fut universellement approuvé : la piété sincère, instruction profonde et éten« dne du nouveau magistrat, étaient des garanties puissantes du zèle éclairé avec lequel il coopérerait a Tadministration de la Justice, et Bignon JusliHa complètement Tattente du public. U porta la parole avec éclat dans une foule de causes importantes; mais comme homme politique. Il parut avec moins d'avantage. Un natu* tel scrupuleux, une crainte continuelle de faillir et offbnser, comme dit Talon, le privaient ttt général de cette décision d*esprit si nécessaire dans les temps orageux. L'indépendance qa*il déploya cependant lors de la création de
nouveaux offices de magistrature faillit a lui attirer une disgrâce; l'estime que Richelieu professait pour lui détourna l'orage. En 1641, Bignon céda à Briguet, son gendre, sa charge d'avocat général, pour se concentrer dans l'exercice de ses fonctions de conseiller d'État. A la mort de de Thou, il fut nommé grand maître de la bibliothèque du roi. Pendant la minorité de Louis XIY H posséda la confiance de la régente, et concourut a plusieurs opérations d'État importantes. Il rentra, par la mort de son gendre, dans sa charge d'avocat général, afin éfi la conserver a son fils, et siégea en cette qualité a la suite d'Omer Talon, sur lequel il avait eu longtemps préséance, lors de son premier exercice. Cette circonstance lui épargna l'obligation dangereuse d'avoir à remplir, lors des troubles de la Fronde, un rôle politique pour lequel il n'était point fait.
Bignon mourut en XeUM^laissant, dit Voltaire, un grand nom plutôt que degrande ouvrages. Son instruction était aussi prodigieuse qu'elle avait été précoce ; il n'est aucune branche des <K>nnaissances humaines dans laquelle il ne fût profondément versé. Richelieu disait qu'il ne connaissait que trois savants en lurope, Grotins, Saumaise et Bignon. L'abbé Pérau a pubUé la f'ie de Jérôme Bignon, Paris, 1757, in-19. A. BouuiB.
BIGNON (Lotiis-ÉaouAED, baron), naquit en 1771 a la Meilleraye (Seine-Inférieure) , et fut élevé au collège de Lisieux, à Paris. En entrant dans le monde le jeune Bignon suivit une ligne libérale, mais en même temps modérée et généreuse, et cette direction de ses sentiments politiques, qu'il ne cachait pas, le signala aux comités de 1703. Pour échapper a leurs soupçons il se réfugia dans les rangs de l'armée, où il resta cinq ans.
Nommé secrétaire de légation, en 1707, près la confédération helvétique, et, en 1790, près la république Cisalpine, il vit s'écrouler ces deux gouvernements. Bignon fut envoyé ensuite a Berlin, sous le consulat, avec la même qualité, et remplit ces fonctions pendant les années 1800 et 1801; puis il fut élevé au rang de chargé d'affaires, et continua de résider dans la capitale de la PruMe en 1802 et 1803. Il reçut du roi, de sa ftimille, et des premiers fonctionnaires des marques d'une haute estime.
Bignon a été accrédité^ durant les années 1804, 1805 et 1806, a Cassel, comme ministre plénipotentiaire. Ce poste parait avoir exigé des UlenU et de l'activité. C'est un ministre de l'électeur de Hesse qui lui donna le premier l'idée
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d*une confédération des princes allemands intermédiaires , "qui serait protégée conjointement par la France et la Russie. L'idée en elle-même n*avait rien de nouveau : Frédéric II avait déjà songé à s'en faire une arme contre TAutriche (Furstenbund)^ et il fout remonter à Richelieu pour arriver à sa source. Quoi qu'il en soit, la confédération du Rhin sortit de ce conseil, mais a\;^c le protectorat de la France seulement; Napoléon évinça la Russie malgré ses réclamations. Le jour qui précéda la bataille dléna, Bignon offrit encore à l'électeur de Hesse de signer une convention de neutralité. Ce prince la repoussa d'abord, mais il voulut y revenir en apprenant les résultats de la journée. Alors Bignon refusa à son tour; Napoléon entra victorieux à Berlin, et l'électorat de Hesse disparut. A la suite de ces événements, Bignon fut nommé commissaire impérial près les autorités prussiennes. L'empereur lui confia l'administration générale des domaines et des finances des provinces conquises, et ces fonctions lui restèrent jusqu'au moment où l'armée française quitta la Prusse, à la fin de 1808. Bignon adoucit autant que ses devoirs le lui permettaient l'impérieuse loi du vainqueur; il fit payer les frais de la guerre, mais sans ruiner les peuples. Une intégrité parfaite et une inépuisable bienveillance, qui avait aussi sa source dans les marques d'affection dont il avait été autrefois l'objet à Berlin, lui dictèrent des règles d'administration dont les populations eussent à souffrir le moins possible. Quand il eut quitté ce pays, les habitants de Berlin lui firent encore exprimer leur reconnaissance. A Garlsruhe, où Bignon remplit en 1809 la place de ministre plénipotentiaire auprès du grandduc de Bade, un décret, daté de Schœnbrunn, vint lui apprendre que l'empereur relevait au poste difficile d'administrateur général de l'Au-^ triche. Il se conduisit dans la ville des Césars comme il s'était conduit dans celle de Frédéric le Grand, avec équité, bienveillance et fermeté. De là, l'empereur le fit passer à Varsovie, où, pendant trois ans, il servit les vues de Napoléon sur la Pologne, et lutta avec bonheur contre mille difficultés. Lorsque Napoléon l'appela à Yilna pour diriger l'administration, M. de Pradt, archevêque de Matines, prit sa place à Varsovie, avec le titre d'ambassadeur; mais après la retraite de Moscou, ce dernier fut rappelé, et Bignon reprit la direction des affaires politiques de la Pologne avec les pouvoirs les plus étendus, quoique avec un titre inférieur. Il fit tout pour suspendre la retraite des Autrichiens et pour tirer de l'alliance avec l'Autriche, qui allait
échapper aux Français, des avantages sur lesquels la mauvaise volonté des généraux ne permettait plus de compter. La nouvelle de la bataille de Lutzen ranima les espérances des amis des Français. Le dévouement des Polonais dans ces circonstances difficiles fut absolu; il produisit des miracles de courage. Réduits au nombre de 7 à 8 mille par les malheurs de la retraite de Russie, ilk virent arriver dans leurs rangs 15,000 de leurs compatriotes. La jeunesse polonaise accourait de toutes parts; elle franchissait les bataillons russes et venait rejoindre cette armée que commandait le prince Poniatowski. Tous les Polonais suivirent la fortune des Français quand il fallut quitter leur pays pour appuyer Napoléon. Poniatowski traversa à leur tète les États autrichiens et se rallia à l'armée française à Dresde. Bignon était dans ses rangs; c'était vers la fin de l'armistice.
Après la bataille de Leipzig, Bignon était à Dresde où il avait été laissé près du roi de Saxe; il s'y trouva donc pendant le siège. Gouvion- Saint-Cyr, qui commandait, capitula; mais la capitulation ayant été violée, Bignon fut un moment prisonnier d'un aide de camp du prince de Sçhwarzenberg; cependant le prince, accueillant sa réclamation, le fit reconduire aux avantpostes français, à Strasbourg. Il fut de retour à Paris le 7 décembre 1813. C'est lui qui annonça à l'empereur la défection de Murât, à laquelle d'abord personne ne voulut croire.
Bignon disparut un moment de la scène politique après les événements de 1814. Il se retira à la campagne. Mais il reparut aux affaires lort des cent-jours. L'empereur, qui avait à reconnaître en lui la fidélité unie aux talents et à de grands services, le nomma sous-secrétaire d'État au ministère des affaires étrangères, en même temps que M. Otto. Il fut élu, dans le même temps, membre de la chambre àes représentants pour la Seine-Inférieure. Le portefeuille des affaires étrangères lui ayant été confié vers la fin de la crise (23 juin), il signa la convention du S juillet, dictée par une haute sagesse politique, mais qui fut violée. Lorsqu'on rappela ses articles à lord Wellington, il déclara « n'avoir engagé que le général anglais, et que celui-ci ne pouvait forcer la main au gouvernement légitime de France. » Cependant Louis XVIII avait si bien accepté la convention du 3 juillet qu*à peine arrivé aux Tuileries et y apprenant qae Blucher allait faire sauter le.pont d'Iéna, il envoya chercher Bignon et lui donna l'ordre de se rendre, comme signataire de la convention, au quartier général des alliés pour réclamef oflS-
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ciellement l'exécution de Parllde portant que « les monuments publics seraient respeetés. » Blucher d*abord résista; mais Wellington reconnut la clause et promit de la faire respecter. Le pont fut sauvé; mais la convention interdisait aussi « les recherches pour les opinions émises dans les cent-jours; » et elle devait sauver le maréchal N^ avec tous ceux que les commissions militaires ont condamnés.
Les mauvais jours passèrent. Bignon fut élu en 1817 député de l'Eure à la chambre des députés. Membre de l'opposition, il demanda le rappel des bannis, en invoquant la convention du 3 juillet, mais sans accuser cependant la conduite du roi. Son discours remua^ la chambre et le pays, mais n'arracha aucune concession au gouvernement. Bignon insinua « quUl pouvait révéler des faits qui donneraient un grand poids à ses réclamations. » Interpellé par un ministre, six semaines après, de préciser le sens de ses paroles, il refusa de le faire, en disant avec calme que « dans le moment l'explication ne serait d'aucune utilité aux proscrits et qu'elle pourrait nuire au gouvernement. » Les clameurs de la majorité couvrirent sa voix : Bignon résista. Depuis on a diversement interprété cet Incident : l'allusion tendait à rappeler au vieux roi qu'il avait reconnu , par le fait du pont d'Iéna, la convention de juillet 1815.
Depuis la session de 1819, il se plaça au premier rang des orateurs à la chambre des députés. Réélu à là chambre par le Haut-Rhin, en 1820, il le fut encore en 1824, et par l'arrondissement de Rouen en 1836. £n 1827, il eut h opter entre trois arrondissements qui l'avaient nommé, et le fit en faveur des Andelys (Eure), où il fut itéralivement élu en 1831 et en Juin
Bignon avait été chargé par le testament de Napoléon d'écrire l'histoire de la diplomatie française depuis le 18 brumaire. Cette recommandation a été, dès qu'il l'a connue, la tâche de sa vie. La première partie de ce travail y a jusqu'à la paix de Tilsitt, Mais l'ouvrage est plus « qu'une histoire de la dipiomaiie; » c'est celle du pays sous les rapports les plus élevés et les plus nouveaux.
Ce député a publié en outre, les ouvrages suivants : Coup d'œil sur les démêlés des cours de Bavière et de Bade, 181 8; des Proscriptions, 1830; du congrès de Troppau, 1820; les Cabinets et les Peuples, 1822, livre qui a eu depuis 2 éditions. Ces diflFérents ouvrages, les discours parlementaires, les services publics de Bignon, que l'empereur n'oublia point sur son rocher de
Sainte-Hélène, le placent à un rang élevé parmi les diplomates, les publicistes et les hommes d'État de la France. Il mourut à Paris le 6 janvier 1841, à l'âge de 70 ans. F. Fatot. BIGNONIACÊES. Bignoniaceœ. Famille de plantes dicotylédones monopétales dont la corolle est hypogyne. Les bignoniacées sont des arbres, des arbrisseaux, ou plus rarement des plantes herbacées, dont la tige est souvent sarmenteuse et garnie de vrilles; leurs feuilles, ordinairement opposées ou temées, sont rarement alternes; le plus souvent elles sont composées, soit digitées, soit imparipennées; il est fort rare d'eu trouver qui soient entières; leurs fleurs offrent une inflorescence très-variée; tantôt elles sont solitaires et terminales, tantôt elles sont réunies en épis ou en grappes axillaires ou terminales; leur calice est monosépale, souvent persistant; quelquefois il est campaniforme; d'autres fois il ressemble à une sorte de spalhe unilatérale; son limbe présente cinq divisions plus ou moins profùndes; la Corolle est toujours monopétale, hypogyne et irrégulière; sa forme est très-variée; le limbe est ordinairement à cinq divisions inégales, disposées en deux lèvres; les étamines sont fréquemment au nombre de quatre, didynames; les anthères sont toujours à deux loges qui s'ouvrent par un sillon longitudinal; l'ovaire est libre, appliqué sur un disque hypogyne, et offre le plus souvent deux loges, plus rarement une seule, ou un nombre plus considérable. Chaque loge contient ordinairement plusieurs ovules; le style est simple et se termine par un stigmate le plus souvent bilamellé. Le fruit se présente dans la plupart des genres sous la forme d'une capsule, uni ou biloculaire, s'ouvrant en deux valves, soit dans toute leur longueur, soit seulement par leur sommet; d'autres fois ce fruit est une sorte de drupe sèche, à une ou plusieurs loges, terminée quelquefois par une longue pointe; les graines, quelquefois munies d'appendices membraneux,«n forme d'ailes, renferment, sous un épisperme souvent double, un embryon dressé, un peu comprimé comme les graines. Tels sont les caractères généraux qui distinguent la famille des bignoniacées, que Jussieu partage en trois sections. Dans la première, il place les genres dont le fruit est une capsule bivalve, et dont la tige est her^ bacée, tels sont chelone, sesamum et incarvU- Icsa, La seconde section renferme ceux de ces genres à capsule bivalve, dont la tige est li-. gueuse, savoir : millingtonia, jacaranda, catalpa, tecoma et bignonia. Enfin, il place dans la troisième les genres dont la capsule ligneuse
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8*ouyre seulement par son sommet, et dont la tige est herbacée; on y trouve les genres tourreUa martyni^ , craniolaria et peda" Hum. Dr..».
BIGORNE, espèce d*enclume delà forme d*un T, Tun des outils indispensables dans tous les ateliers où Ton doit façonner au marteau et à froid les métaux ductiles. L'orlévre, le chaudronnier, le ferblantier, le serrurier, le plora* hier, etc., font constamment usage de diverses espèces de bigornes, dont les plus petites se nomment bigorneaux, et qui ne diffèrent que par la courbure plus ou moins forte des deux bouts. On nomme aussi bigorne le banc à dos d*àne qui sert au corroyeur pour fouler les peaux, et bigorner c*est fouler les peaux à la bigorne, ou bien o*est arropdir, élargir en rond, un métal ductile sur la bigorne, au moyen du marteau soit k froid soit à chaud. Dub.
BIGORKB (li coMTt Di) avait TArmagnac et TAstarac au nord , le Nebouzan et les Quatre- Vallées au levant, les Pyrénées qui le séparaient de rsspagne au midi, et le Béarn au couchant. Les peuples nommés Bigerri ou Bigerronee, du nombre de ceux qui composaient la Novempopu* lanie, habitaient anciennement ce pays et lui ont donné leur nom. Le Bigorre, après avoir passé de la domination des Romains sous celle des Yi* sigotbs, au commencement du v« siècle, et, cent ans après, sous celle des Francs, fit partie du duché de Gascogne, dont les descendants d'Eudes, duc d'Aquitaine, furent dépouillés en 768 par Pépin le Bref. Charlemagne leur rendit une partie de ce duché, mais ils se soulevèrent contre Louis le Débonnaire; ce prince les priva du même duché et se contenta d'établir, eu 810, comte de Bigorre, Donat-Loup, fils de Loup-Gentulle, duc de Gascogne et qui était issu de CIovls. La postérité de Donat-Loup jouit du comté de Bigorre Jusqu'en 1058. A cette époque, il passa dans la maison de Carcassonne, par le ma^ riage de Gersende, héritière de ce comté, avec Bernard de Carcassonne , comte de Conserans. Béatrix, petite-fille de Bernard et son héritière, le porta vers la fin du xi« siècle danà la maison de CentuUe lY, vicomte de Béarn , son mari, et il passa ensuite successivement dans les maisons de Marsan et de Comminges. Pétronille de Comminges, héritière du comté de Bigorre, morte en 1930, laissait des enfants de deux lits : Constance de Béarn, fille de Gaston VII, vicomte de Béarn, et de Mathe de Mathas, fille de Pétronille, obtint le comté de Bigorre, dont elle fut déposaédée en 1993. Il fut alors réuni à la couronne. Le roi Charles VII le céda, en 1495, au comte de
Folx, d'où il passa au roi Henri lY^ qui le réunit définitivement à la couronne en 1607*
Au reste, Bernard, comte de Bigorre, voua son comté (au XI* siècle) à TégUse de Notre-D«ne du Puy, ce qui donna lieu dans la suite aux évéques du Puy de prétendre que le Bigorre était de la mouvance de leur domaine. Jean de Gu^ menis, évéque au Puy, céda au roi Philippe le Bel son droit sur ce comté, en 1S07, pour 300 livres tournois,
BIGOTELLE, de Tespagnol bigoiera, nom que nos ancêtres donnaient à une espèce de bourse dans laquelle ils enfermaient le soir leur barbe, après l'avoir peignée et parfumée.
BIGRE, en latin bigrue* Ce mot, souvent employé dans les chartes latines et françaises à partir du XII* siècle , désignait principalement un garde chargé de veiller, dans les forêts, à la conservation des abeilles , de réunir leurs essaims et de recueillir leur miel et leur cire. Les bigrea avaient le droit de couper et d'abattre les arbres où elles se trouvaient; et, comme alors les forêts étaient impunément ravagées, ils s'attribuèrent le droit de prendre tout le bois nécessaire à leur chauffage : ce qui leur fit donner, dans certaines localités , le surnom de franc$ bigres. Dans un aveu et dénombrement du prieuré de Lierru, ordre de saint Augustin, diocèse d'Évreux, présenté au comte de Couches, en 1469, on lit : « Item, avons droit d'avoir et tenir en ladite ft>- « rêt (de Couches) ung bigre, lequel peut pren- « dre mousches, miel et cire pour le luminaire « de notre dite église, mercher (marquer) cou- « per et abatre les arbres où elles seront sans « aucun dangier ne reprinse, etc« i» — Du mot bigre, on avait fait bigrerie qui se trouve dans un aveu de la seigneurie de Neauphle, présenté en 1479 au comte de Breteuil : « et dudit fief « d'Auvergny dépend ung hostel appelé la Bigre- « rie, ou l'hostel aux Housches. » Selon le Afercure de France de février 1799, le terme de bigre vient du latin apiger, qui gouverne Ias mouches i miel {quigerii, qui régit opes), ou d'apicuruê, qui a soin des abeilles {qui curai apeê), E. RiANAAi.
BIGUES. (Marine) : C*est une espèce de grande chèvre faite de deux longs mâts de sapin réunis vers le haut, écartés vers le bas en fbrme de triangle isocèle très-aigu. Cet assemblage est maintenu à peu près vertical au moyen de quatre haubans; des poulies mouflées sont attachées à la tête et au bas de la bigue, enfin en ajoutant à cette machine des cabestans, elle sert dans les arsenaux des constructions navales, soU pour mftter les vaisseaux, soit pour élever des
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fortes pi^8 de charpente lur la quille pendant la construction d*un vaisseau. On emploie aussi les bi'gue* dans les constructions civiles, soit pour élever des colonnes sur leur base, soit pour eouronner par des oornicbes en pierres le haut des édifices. Enfin on donne encore le nomde bigues, en marine, h des mâts placés horiiontalement dans les sabords opposés d*un vaisseau, soit pour parvenir à le soulever avec des chamau», soit pour fociliter son abattage en carène.
BIJOUTIER, celui dont la profession est de fabriquer et de vendre les bijoux. Cette industrie n*est pas maintenant séparée d*nne manière bien nette de oelle de Torfévre et du Joaillier, dont Tun travaille Tor et Tardent, tandis que Tautre s^occupe principalement de monter les pierres précieuses. La fabrication des bijoux est extrêmement complexe , tant à cause des ma* tiôres diverses qu'elle emploie qu'à raison des nombreuses industries auxquelles elle doit avoir recours pour confectionner ses produits. D'abord le bijoutier se servait exclusivement de Tor, de l'argent, des pierreries, objets d'une 'grande valeur; plus tard on essaya de faire avec des matières moins obères des ouvrages semblablés, et c'est ainsi qu'on est parvenu à faire des byoux en chrysocaique ou similor et en pierres artificielles travaillés avec tant de perfection que l'œil est facilement trompé. Enfin dans la bijouterie de Jais, d'émail, de nacre, de fer et d'acier, tout le mérite est dans la pureté du dessin et dans la beauté du poli. La fabrication des bijoux en faux et en acier a pris une extension considérable et est devenue, surtout pour Paris, l'objet d'un commerce très-important à l'intérieur et à l'étranger. De nombreux ouvriers et des machines presque aussi nombreuses, servent à découper les pièces, à les estamper, à les polir; puis il faut monter, ajuster, graver, émail- 1er, etc., et malgré cela les objets fabriqués sont à très-bas prix , et cependant procurent encore des bénéfices énormes. F. Ratixr.
BILAN, du latin bilan», balance. Le bilan est le livre sur lequel les marchands écrivent leurs dettes actives et passives. Ce livre, qui estau nombre de ceux qu'on appelle auwiliairûê^%t nomme livre des échéances, livre des mois, livre des payements; d'autres l'appellent carnet. On appelle bilan des acceptations, dans les bourses, le livre que les négociants portent sur la place de change , sur lequel ils écrivent les lettres de change tirées sur eux, à mesure qu'elles leur sont présentées; on donne aussi le nom de bilan au livre sur lequel ils fOnt les virements des parties. Quand on accepte une lettre de chaqge
en met une croix à eôté de la lettre de change enregistrée au bilan; quand on veut délibérer sur l'acceptation on met un Y qui veut dire vue; et et quand on ne veut pas accepter, on éerit les deux lettres 8 P qui veulent dire sous protêt. On appelle encore bilan la solde du grand-livre ou d'un compte particulier, ou la clôture d'un inventaire. On dit d'un marchand qu'il donne son bilan, pour dire qu'il se déclare en état de feUlite. Dans ce cas, en effet, le failli est obligé de fournir son bilan, c'est-à-dire l'état passif et actif de êes affaires, et à son défaut les syndics ou agents de la liillite sont obligés de le préparer. Toutefois ce bilan ne se borne pas à faire connaître les dettes actives et passives du failli rela* tivement à son commerce, mais il doit de plus contenir l'énumération et l'évaluation de tous ses biens mobiliers et Immobiliers, le tableau de ses profits, de ses pertes et de ses dépenses. La bi fait une obligation à tout négociant de tenir le bilan de ses affaires; car si, dans le cas de faillite, il ne pouvaR le fournir faute d'avoir eu ses livres de commerce, il pourrait être poursuivi comme banqueroutier frauduleux et déclaré tel {Code de commerce ^ art. 594), P^qy, Faillite et LlVlBS PB comiCB. MâORIU.
BILBOQUET. Ce mot est employé en dessens bien différents, sans que l'on puisse remontera son étymologie avec quelque apparence de certitude. Vient-il de bille (latin pila), comme le suppose M. Roquefort, dans son Dictionnaire des é^mologie$ de la langue française? Vient* il de billeboo (ro/. Rabelais), dont nous ne connaissons pas mieux l'origine? L'a^t-on formé, comme le pense M. Charles Nodier (JSsfamen oritique des dictionnaires), de bimbeloquet, bimbeloterie, bambin f II importe assez peu de le savoir.
Quoi qu'il en soit, ce mot est français au moins depuis le xvi« siècle. Il n'est point d'écolier qui ne connaisse le jeu de bilboquet. Le Jouet est ainsi construit : un morceau de bois plus on moins élégamment tourné, à l'un des bouts une pointe, à l'autre une espèce de sébile légèrement creusée; au milieu un cordon ou ficelle qui soutient une boule percée d'un trou. Il s'agit de lancer cette boule, de la placer en équilibre sur la sébile ou partie creuse, ou de la faire tenir sur la partie aiguë du manche, en faisant pénétrer celle-ci dans le trou pratiqué dans la boule. Comme on le voit, ce passe-temps est naïf, innocent, et doit être agréable pour une intelligence même peu vulgaire : aussi n'a-t-il pas été de tout temps abandonné à l'enfance. Il s'est trouvé au moins un roi qui ne dédaignait pas
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de charmer ses loisirs en exerçant ainsi son adresse. Le dernier des Valois, Henri III, y trouvait un singpulier plaisir; souvent il portait à la main un bilboquet, comme nous rapprend le journal de son règne. Depuis cette époque jusqu'en 1789, il eh est feit peu mention dans rhistoire; il fut alors momentanément remplacé par le jeu de l'émigrant. A. Savagner.
. On appelle aussi bilboquet les moindres carreaux de pierre provenus de la démolition d*un bâtiment. — Le bilboquet des monnayeurs est un morceau de fér, en forme d*ovale, très-allongé, au milieu duquel est un cercle en creux et au centre un petit trou. — Celui des perruquiers est un petit morceau de bois tourné, sur lequel ils roulent les cheveux pour les fk^iser. —En termes de doreur, bilboquet est un petit morceau de bois carré où est attaché un morceau d'étoffé fine pour prendre For et le mettre dans les endroits les plus difficiles, comme dans les filets carrés, dans les gorges et dans les autres endroits creux. — Les imprimeurs appellent bilboquets certains petits ouvrages de ville, tels que les billets de mariage, d'enterrement, les adresses, cartes de visite, avis au public, etc. X.
BILDERDTK (GciLLAUHi), célèbre poète holhandais, naquit à Amsterdam, en 1756, et passa à Page de 16 ans à l'université de Leyde où il étudia avec succès le droit et la philologie. Doué d'une imagination vive et brillante, il consacra tous ses loisirs à la poésie et eut le bonheur de voir ses premiers essais couronnés par la Société littéraire de Leyde qui jouissait à cette époque d'une grande célébrité. En 1782 il s'établit à la Haye, et bientôt après il embrassa la profession d'avocat '. L'attachement qu'il avait toujours montré pour la maison d'Orange, lui attira plus tard la haine des patriotes; aussi, lorsqu'en 1795 la Hollande fût envahie par l'armée française, sous Pichegru, se vit-il obligé d'émigrer. Il voyagea longtemps dans le nord de l'Allemagne, passa deux années à Brunswick, où il fut précepteur d'un jeune gentilhomme, et se rendit, vers 1800, à Londres. Dans cette capitale il fit des cours de littératures comparées, et publia successivement des traductions, en vers hollandais, des meilleurs poèmes d'Ossian^ lesquelles ont le grand mérite d'être faites sur le texte original en langue gaélique, et non, comme presque toutes les autres, sur la version
I L'avtcor de en article Inibte peu tnr m carri^ conoae mambre àm banrean de la Haje : daiu le CoMVêrtma'oH's Lesieom aUnaana, Bllderdjk est qualifié de grand juristontuitt, et L'on dte avec Uoftên OhstnationutttmêiuhuoHêtjuris. Brauwîck, 1806, et Uyde, 1S20. J. H. Scavirsua.
anglaise deMacpherson. De retourft Amsterdam, en 1807, il fut présenté au roi Louis Napoléon, qui l'accueillit avec bonté et le dioisit pour son professeur de néerlandais. Plus tard, ce prince lui accorda une pension et le nomma président de la 2« classe de l'Institut de Hollande, qui venait d'être créé. Mais le bonheur de Bilderdyk ne fut pas de longue durée; à l'abdication de Louis (1810), il perdit sa pension, et la police impériale le traita comme suspect, à cause de ses relations antérieures avec l'ex-roi. Dès lors il quitta Amsterdam, habita successivement plusieurs petites villes de province, et se fixa enfin dans les environs de Haarlem, où il consacra le reste de ses jours à des travaux philologiques, et mourut en 1831, à l'âge de 75 ans.
Quelles qu'aient été les circonstances où Bilderdyk se soit trouvé, il n'a jamais cessé de cultiver les muses, et par là s'explique le nombre prodigieux de ses poésies. Il s'est essayé dans tous les genres, depuis l'épigramme jusqu'à l'épopée; et si on ne trouve pas dans ses compositions cette verve brûlante, cette hardiesse d'images qui entraînent tous les cœurs, au moins ne saurait-on y méconnaître le mérite d'un style pur, facile et élégant; mérite d'autant plus grand que l'idiome néerlandais est d'une dureté extraordinaire et peut-être un des plus rebeUes à la versification. Voici une liste des ouvrages les plus remarquables de Bilderdyk : !• OEuvres poétiques : Amusements, 1 778, et Poésies, 1785; deux recueils de pièces fugitives. Mélanges poétiques, en 2 vol., 1802, où l'on distingue surtout un poème didactique sur l'astronomie et quelques-unes des traductions d'Ossian, dont nous avons parlé plus haut. Poèmes, 1805, contenant entre autres pièces une belle imitation de l'Homme des champs, de Delille. Mélanges, 1804, composés en grande partie de traductions d'Ossian. Le Fingal d'Ossian, traduit en entier. Nouveaux mélanges poétiques, en 2 vol. , 1 806; chants religieux et S poèmes intitulés : ^ssanède, jicMUe et Qrrus. La Maladie des savants, petit poème où les tribulations des gens de lettres sont racontées d'une manière comique et très-spirituelle. Tragédies, en 5 vol., 1808; ce sont : Guillaume de Hollande, Elfrède^ Hormack, Cinna, d'après CorneiUe, et Iphùgénie en Julide, d'après Racine; en tète du 2« vol. se trouve un savant Traité de la tragédie. Poésies diverses, 1809, composées en grande partie d'imitations ou traductions de poëmes classiques grecs et latins. Feuilles d'automne et Fleurs d'hiver, 1810; deux collections de poésies dont la dernière renfserme, sous le litre
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é^Jrt poétique, une excellente Satire contre le romantisme allemand, jippel aux armes et Épanchements patrioUqueê, 1815, deux poèmes qui furent inspirés à Fauteur par les événements qui suivirent le retour de Napoléon de rile d*Elbe. DeetrucHon du premier monde, 1815-1817, poème épique dont il n*a paru que les cinq premiers chants. Les belles descriptions qui s*y trouvent en assez grand nombre font regretter que cette œuvre n*ait pas été terminée. Guerre des souris et des grenouilles^ 1820, Fléaux moraux, 1821, et Chants de grillons, 1833, trois poèmes du genre bas-comique, qui sont devenus populaires en Hollande. 3o Ouvrages en prose: une Géologie, 1813, un Traité de botanique, 1817, quia été traduit en français par M. Mirbel, de Tlnstitut; 7 vol. Miscellanées sur les langues et la poésie, 1830-1823; une Grammaire raisonnes de la langue hollandaise, 1834, qui est généralement reconnue peur la meilleure qui existe. Hildola.
BILE. Humeur sécrétée du sang dans le foie et reçue dans un organe particulier appelé la vésicule du fiel, d*où elle s^épanche ensuite dans le duodénum. Il y a des animaux qui n*ont point de vésicule ; alors la bile ne séjourne pas dans le foie, ne fait que le traverser pour se rendre directement dans le duodénum. Celte humeur est liquide, visqueuse, limpide, mais ordinairement colorée en Jaune ou en vert, fortement amère, et tout à la fois sucrée, d*une odeur pai*ticulière qui, par une certaine altération, se rapproche de celle du musc; d*une pesanteur spécifique un peu supérieure à celle de Teau. La bile est soluble dans Teau et dans Talcooi; elle dissout à son tour les matières grasses; elle perd sa transparence par la présence d*un peu diacide. Sa composition varie chez les diverses espèces d^animaux qui la produisent; en général elle donnç à Tanalyse : de l^eau , du picromel , une matière résineuse à laquelle on attribue Todeur, la saveur et la couleur de la bile; de Talbumine, une matière Jaune soluble dans les alcalis, de la soude, des phosphate, hydrochlorate et sulfate de soude, de Thydrochlorate de potasse, du phosphate de chaux et de Toxydede fer. On n^est pas encore bien d*aceord sur les fonctions que remplit la bile dans Téconomie animale ; il parait qu'elle aide la digestion duodénale conjointement avec le suc pancréatique; toutefois la rupture de ses proportions amène celle de Téquilibre dans les organes et devient la cause d*un grand nombre de maladies. On a mis à profit la propriété qu'a la bile de dissoudre la graisse pour remployer à enlever les taches de cette ma-
tière sur les étoffés, sans en altérer les couleurs; les peintres font quelquefois usage de la bile dans leurs teintes; enfin elle entre dans plusieurs préparations médicamenteuses. Dr..z.
BILFINGER ou BoLriivGBR, famille allemande remarquable par une monstruosité héréditaire parmi ses membres, et qui consistait en un sixième doigt (Finger) à la main et au pied; de là son nom.
Georgi-Bbiraid BiLFiifGiR, né à Kanstadt en 1693, professeur à Tubingue, 1734, fut un savant philosophe de Técole de Leibnitz, et puis de celle de Wolf. Appelé, en 1734, à Saint-Pér tersbourg par Pierre le Grand, il n'y resta pas longtemps, mais revint à Tubingue et, au bout de quelques années , devint conseiller privé du duc de Wurtemberg et président du consistoire. Il mourut en 1750 et laissa beaucoup d'ou- * vrages. S.
BILIAIRE, qui a rapport à la bile. On appeUe appareil biliaire, organes ou voies biliaires l'ensemble des parties qui concourent à la sécrétion et à l'excrétion de la bile, savoir : le foie, les pores biliaires ou radicules du conduit hépatique, la vésicule biliaire, le conduit cystique, enfin le conduit cholédoque, qui est la continuation des conduits hépatique et cystique réunis. — Calculs ou concrétions biliaires, yoy. Galcdl.
BILIEUX, qui abonde en bile, ou qui est causé parla bile : teint bilieux, tempérament bilieux. On donne le nom de maladies bilieuses aux affections que l'on attribuait à la surabondance ou à l'altération des qualités de la bile. On appelait fièvre bilieuse un ensemble de symptômes que l'on regarde maintenant comme résultant de l'inflammation de la membrane muqueuse de l'estomac et du duodénum , et souvent d'une gastro-entérite. Pinel avait entrevu que tel est le véritable caractère de la fièvre bilieuse, puisqu'il lui avait donné le nom de fièvre méningogasttique,
BILL. Ce mot anglais signifie en général une déclaration écrite ou un exposé formel, et désigne plus particulièrement un projet de loi présenté par écrit au parlement d'Angleterre. Ce n'est qu'après avoir été discuté et approuvé par les deux chambres et sanctionné par le roi, qu'un tel projet devient acte du parlement et prend le nom de statut du roxcume. Chaque membre de l'une et l'autre chambre a le droit d'introduire un bill. Si ce bill a pour objet des règlements d'un intérêt général pour la nation, une simple motion dûment secondée suffit; mais si le projet regarde des intérêts locaux ou
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particulier!, il ftitit une pétition préalable qui doit toujours être préientée par un membre. Quand elle est fondée sur des faits sujets à contradiction, elle est renvoyée à un comité de plu* sieurs députés, qui, après s*étre enquis delà vérité des allégations qu*elle contient, en fait son rapport à la cbambre. Tout bill dont Tintroduction est accordée dans la cbambre des communes est lu tout de suite une première fois ; h un certain intervaUe de temps on en fait une seconde lecture : s'il a la majorité des voix en sa fiveur, il est soumis à un comité, ou, quand le projet de loi dont il s'agit est d'une grande importance, toute la chambre se forme en comité, le président ( the êpeaker) descend de jion siège, et chaque article du bill est discuté spécialement sous la présidence d'un directeur (chairman) nommé à cet emploi dès l'ouverture de la session. Aussitôt que le bill a passé par ces comités, on le transcrit en gros caractères sur du parchemin (the bill fs engroêêed)] après quoi on le lit pour la troisième fois. S'il a toujours pour lui la majorité des voix, le pré<^ sident en propose le titre, et Tun des députés, accompagné de plusieurs autres membres, le porte à la cbambre des pairs, pour y être soumis aux mêmes formes de discussion qu'il a subies dans la chambre des communes. Cependant U est des cas urgents où les règlements perpétuels ( the standing orders) de l'une et l'autre cbambre, relatif^ aux intervalles de temps requis pour passer un bill, sont suspendus. Si le projet de loi est entièrement désapprouvé par les pairs, il n'en est plus question ; s'il est approuvé, il reste dans la chambre haute jusqu'à ce qu'il soit sanctionné; mais si les pairs ont modifié le biU et que les communes n'adoptent pas ces amendements, il y a conférence entre un nombre égal de députés des deux chambres, et si cette conférence est sans succès le bill est rejeté. La sanction se donne dans la chambre haute par le roi en personne, ou par des commissaires nommés à cet effet par lettres patentes sous le seing manuel du monarque. Après la lecture du titre de chaque bili, le clerc du parlement répond au nom du roi, en vieux français, quand il s'agit d'un bill public :Le roi le veut; si c'est un bill particulier (a private bill ) : Soit fait comme il est déêiré; et si la sanction est refusée : Le rot s'avisera. Quant aux biUs par lesquels les communes accordent des ressources pécuniaires quelconques ou la levée de quelque impôt, qu'on appelle money bills, ils sont présentés par le président de la chambre des communes, et la réponse au nom du roi est : Le roi remercie 9^$
hyauê mfetê, aeeepte leur bénévolenoe et aussi le veut. S'il s'agit d'un acte de grftce qui toujours procède originairement du roi, le clero du parlement dit au nom des deux chambres : « Les prélats, seigneurs et communes en ce pré- « sent parlement assemblés, au nom de tous vos «autres sujets, remercient très- humblement « y. M. et prient Dieu de vous donner en santé « bonne vie et longue. » D. Boilsau.
BILLARD, de bUle, pila, en latin. Ce jeu, qui est fort ancien, tire, probablement son origine de celui de boule. En effet, il n'est pas absurde de supposer que le tapis vert est une imitation du gaaon. Le bUlard, aujourd'hui fort eu vogue, se compose, comme on sait, d'une table ayant en largeur la moitié de sa longueur, laquelle varie ordinairement entre huit et douse pieds- Le dessus d'une table de billard doit présenter constamment un plan horizontal, quelles que soient les variations de température , de sécheresse ou d'humidité de l'atmosphère. Pour leur donner autant que possible cette qualité, les constructeurs les font en bois vieux choisi avec soin, débité en petits morceaux, qu'ils assemblent de façon que leurs fils se croisent, la table représente donc un large feuillet de parquet divisé en plusieurs compaKiments, Quoique cet assemblage soit fort ingénieux, et que les bois aient beaucoup d'épaisseur relativement à leur longueur et largeur, néanmoins la table travaille sans cesse, tellement que si l'on tient à ce qu'elle soit à peu près régulière, on est obligé de la redresser presque tous les mois au moyen d'une longue va/lope et du niveau. Cette opération nécessite quelques frais (à Paris, environ 150 fr. par an). Pour obvier aux inconvénients des tables en bois, on en a fait en marbre. Cependant ces sortes de billards n'ont pas obtenu beaucoup de faveur, malgré les avantages qu'ils auraient sur les tables en bois, par la raison qu'un marbre de douze pieds de long sur six de large, par exemple, devrait être épais en proportion, ce qui le rendrait fort pesant et fort coûteux. Enfin , les Anglais ont dernièrement exposé à Londres un grand billard dont la table, d'une seule pièce, avait été coulée en fer. On l'avait dressée au moyen d'un instrument fait exprès. ~ Les billards ont reçu dans ces derniers temps quelques légers perfectionnements. Il en a été exposé au Louvre dont on pouvait soi-même eulever et replacer le tapis en très-peu de temps. Un autre, fabriqué par Chereau, jouait un air quand la bille tombait dans la blouse ; enfin, d'autres avaient des blouses qui se terminaient en gueules de UoD| dont la mAchoire inférieure
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était moMldi ce qui permettait de retirer la bille sani mettre la main dans la bIouie..Oii a tu auui aux expositioni dei billards circulaires, dont les blouses s*ouvraient sur la circonférence. — Ce serait ici le lieu de parler de la tbéorie des mouyements des billes, de la manière de les frapper pour leur ftiire décrire tel ou tel angle, etc. Mais comme ces matières seront plus convenablement et plus complètement traitées à Tarticle Cboc dis Goaps nous renvoyons à cet article. Nous parlerons seulement d'un coup extraordi^ naire, dont il n'est pas aisé de se rendre raison. C*est celui par lequel le joueur frappe la bille de fSsçon qu'elle décrit une ligne courbe;
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ce qui semble tout à fait contraire à la tbéorie, qui veut que toute bille A (figure cl-deuus) se r^nde directement en B, au lieu que, dans le cas dont il est question, elle décrit une courbe ACB, tellement fermée quelquefois qu'elle fait le tour d*un chapeau placé sur le tapis. Une personne qui liait ce coup n'a pas pu expliquer clairement à l'auteur de cet article de quelle manière elle frappait la biUe ; mais il est évident qu'elle doit recevoir du même coup deux impulsions dont une lui imprime un mouvement de translation, et l'autre, la renversant, pour ainsi dire, vers l'un de ses pôles , fait qu'elle ne roule plus sur son équateur, mais bien sur une zone qui en est plus ou moins rapprochée. Elle doit donc décrire alors une courbe à la manière du disque dont on Aiit usage au jeu de Siam. (f^oy*^ pour les effets des queues à procédés, l'article Cboc oaa C2oars. ) Dior, di la Corv.
BILLAUD-YABENÎfES, né en 1760 près de la Roehelie, était âgé de 35 ans lorsqu'il vint à Pa« ris, où il fut reçu avocat au parlement. Avant la réunion des états généraux , il s'était déjà foit connaître par des principes hardis ; un de ses premiers ouvrages, signé seulement des initiales de son nom, fut un écrit en S vol. in-8o sur le Deâpotisme de$ miniêtres de France; il parut en 1700. Il s'y élevait contre des abus que tout le monde connaissait alors, mais n'indiquait pas le remède qui pouvait les détruire. Il penchait, dans le commencement, pour ce que Ton a depuis appelé une, monarchie entoura dHneMuiione républicainee. Dès Torigine , il fit partie de la Société des Amie de la ConeiiMiony si célèbre ensuite sous le nom de Société des Jacobine, A
la journée du 10 août, il joua un rôle très-actif, et on Ta accusé d'avoir contribué aux massacres de septembre, d'avoir encouragé et soudoyé les égorgeurs. Il avait rempli une mission dans les départements, au nom de l'Assemblée législative, lorsqu'il fut élu substitut du procureur de la commune. Quand les deux partis des girondine et des montagnarde se dessinèrent, dès les premières séances de la Convention , Billaud-Yarennes se jeta sans réserve dans le parti extrême et accusa violemment et sans relâche les rois et la royauté. Il s'acharna contre Louis XYI, lors de son procès, s'opposa à cê que les pièces utiles à sa défense lui fussent communiquées, vota contre l'appel au peuple, et demanda la mort du tyran dans les 34 heures. Quand on adopta le décret qui instituait le tribunal révolutionnaire, il proposa, dans l'Intérêt des accusés, que les jurés fussent choisis par tous les départements et souvent renouvelés. Sa motion fut rejetée. Envoyé en mission dans le département d'Ule-et- Yilaine, il ne se méprit point sur le caractère de l'insurrection vendéenne, et demanda l'envoi de nouvelles forces dans ces contrées. Puis il revint prendre sa place à la Convention. Le 31 mai 1793, les girondins et les montagnards engagèrent décidément leur lutte déplorable. Peu d'hommes ont, autant que Billaud-Yarennes , signalé les dangereux efiPets d'une méfiance qui ne respectait rien et qui ne s'arrêtait devant aucune vertu; et peu d'hommes pourtant ont autant contribué^ à répandre et à entretenir cette méfiance. Il accusa et Clavière, et Fournier l'Américain, et Custine, et le général Bouchard, puis LanjUinais. Il demanda l'accusation des députés de la Gironde et de leurs partisans, etc. Le 15 juillet il fit décider la mise en jugement des girondins. Après une mission dans les départements du Nord et du Pas-de^Calais , il appuya la pétition de quelques sections de Paris, qui demandaient la formation d'une armée révolutionnaire, et fit révoquer le décret qui défendait les visiles domiciliaires pendant la nuit. Il fut successivement nommé président de la Convention et membre du comité de Salut public. Il s'opposa à ce que ce comité prit le nom de comité de gouvernement, disant que la Convention seule devait gouverner. C'est encore lui qui, lors de l'anniversaire de la mort de Louis XYI, fit décider que la Convention assisterait en corps k la fête de l'abolition de la royauté. Il s'était déjà séparé de Danton , que l'on soupçonnait de proieiB aristocratiqueê : il se sépara encore de Robespierre lorsque celui-ci fut accusé d'aspirer à la dictature. Billaud-Yarennes fut même un des premiers qui parlèrent contre lui
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dans la séance du 0 thermidor. Six jours après il donna sa démission de membre du comité de salut public. Plusieurs fois accusé, il resta à l*abri des vengeances jusqu*en 1705. La réaction faisait de grands progrès ; il les signala énergiquement à la tribune. Le l«r avril 1795, il fut condamné à la déportation , avec Collot-d*fierbois, Barère et Yadier. Conduit au château de Ham, puis à Oléron, il venait de partir lorsqu*un ordre arriva de ramener les déportés, qui devaient être traduits devant un tribunal. Il était trop tard ; il était encore à Sinnamari quand les déportés du 18 fructidor y arrivèrent. On ne sait s*il obtint sa liberté ou s*il parvint à s^évader de Cayenne, où il avait passé son temps à élever des perroquets. On a dit qu*il était allé fonder à Saint- Domingue un pensionnat. Ses Mémoires, publiés en 1823, paraissent apocryphes comme tant d'autres ; ils disent qu'il parcourut, comme missionnaire politique et religieux, l'Amérique méridionale et les Antilles, et qu'il participa activement aux révolutions du nouveau monde. Il est resté de lui quelques écrits. On prétend qu'il avait caché dans le mur de la maison n* 55 de la rue Saint-André des Arts ses mémoires sur la révolution. A. Savagrer.
BILLAUT. Foy, Aoah (maître).
BILLE, du latin pila, globe, ou billuB, bâtod, selon l'acception qu'on lui donne. Autrefois ce mot signifiait en effet un bâton, ce que témoignent- les mots de hiller et de débiller, dont on s'est longtemps servi, et dont on se sert encore quelquefois aujourd'hui , sur les rivières , pour dire attacher la corde du bateau aux billes ou bâtons qui sont au bout des traits des chevaux qui tirent. C'est dans ce sens qu'il faut prendre aussi, 1» la bille ou rouleau dont se servent les boulangers pour aplatir la pâte; S» la bille ou morceau de fer ou de bois rond, gros et long à volonté , qui sert aux cbamoiseurs pour tordre les peaux et pour en faire sortir toute l'eau , la gomme ou la graisse qu'elles peuvent contenir; 3o la bille ou bâton qui sert surtout aux emballeurs pour serrer les cordes de leurs ballots; 40 les billes, ou rejetons, enlevés par les jardiniers du pied des arbres pour être mis en pépinière ; 50 les billes à moulure, ou morceaux de fer plat modelés dans le milieu, entre lesquels les orfèvres tirent la matière où ils veulent foire des moulures. Enfin on donne aussi le nom de billes aux pièces de bois placées soùs les ornières des chemins de fer pour les maintenir dans un plan et parallèles entre elles. On fait une grande consommation de bois pour cet usage. — La signification du mot de bille, comme dérivé de pila,
et rappelant la forme d'un globe, est beaucoup plus restreinte , et ne s'applique guère qu'aux boules d'ivoire avec lesquelles on joue au billard, ou aux petites boules de pierre ou de marbre qui servent de jouets aux enfants. C'est en faisant allusion à la stricte égalité de poids et de volume que doivent comporter les premières, que l'on a dit quelquefois, dans le style figuré, de deux hommes qui n'ont pu remporter d'avantage l'un sur l'autre, qu'ils sont billes pareilles, qu'ils sont sortis d'une affaire billes pareilles, Dict . Coït v.
BILLET. Dans son acception primitive, ce n'était qu'une petite épltre, un diminutif de la lettre ; mais ce mot a maintenant beaucoup d'au- < très significations déterminées par ceux dont il est suivi. Ainsi le billet à ordre et billet au porleur sont des effets commerciaux, et nos jeunes prodigues connaissent parfaitement l'importante di£férence entre les premiers de ces billets et la lettre de change. Les billets de banque sont toujours, pour beaucoup de consciences, des arguments irrésistibles. Les billets de confession ne sont plus guère exigés que comme préliminaires d'un mariage religieux. Les billets défaire part, au contraire, sont un usage adopté plus que jamais dans la société, surtout depuis que les procédés économiques de la lithographie l'ont facilité pour toutes les classes un peu aisées. Les billets doux, enfin, interprètes de l'amour timide, ont beaucoup perdu de leur crédit et sont presque devenus un ridicule.
Les femmes , en général , écrivent beaucoup mieux que nous le billet, pris dans sa première acception. Sous une plume masculine, la concision qu'il exige a presque toujours un peu de sécheresse ; chez elles, au contraire, la grâce et la finesse s'accommodent bien de cette brièveté. M. OOART.
BILLET A ORDRE. Foy. LiTTBi de change.
BILLET AU PORTEIÎR. On appelle ainsi un billet par lequel on s'engage au payement d'une certaine somme dans les mains du porteur du billet, quel qu'il soit. Les billels au porteur avaient semblé offrir beaucoup d'inconvénients qui anciennement les avaient fait proscrire. Autorisés de nouveau par la déclaration du 2 1 janvier 1721 , ils n'ont cessé depuis d'être en usage. Le Code de commerce, muet à leur égard, est naturellement censé en autoriser la circulation. X.
BILLION. Ce mot sert en arithmétique â désigner mille millions ou l'unité du dixième ordre : on l'écrit 1,000,000,000. En finance, on ne se sert point du mot billion, on préfère celui de milliard pour exprimer des unités du dixième ordre. X.
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BILLON, composé de métaux dans lequel la quantité du métal précieux est beaucoup plus petite que celle des autres métaux. Les numismatistes se servent du mot bilion pour désigner des médailles de ciiivre alliées d*une infiniment petite quantité d'argent. Il faut les distinguer des médailles fourrées et êttucéea. On a employé indifféremment les mots bilion et potin : cependant le nom de bilion est plus généralement appliqué aux monnaies romaines, et celui de potin aux impériales grecques. Les médailles frappées à Alexandrie d'Egypte sont très-nombreuses en ce métal.
A dater du règne de Gallien les monnaies d'argent ftirent extrêmement altérées : la partie d'argent fut réduite à presque rien ; enfin le cuivre fut à peine couvert d'une légère teinte argentée, jusqu'à ce que Dioclétien rétablit la monnaie d'argent fin, qui continua d'être ainsi frappée sans nouvelles altérations, sauf quelques exceptions dans le temps du Bas-Empire.
Ce n'est guère que de 1 100 à 1 300, vers le règne de Pbilippe-Auguste, que l'on voit du bilion dans les monnaies de France. X.
BILLOT, grosse pièce de bois d'un ou de deux pieds de baut, foite le plus ordinairement d'un tronc d'arbre gros et court, sur laquelle les bouchers découpaient autrefois leur viande, et qui sert aujourd*hui dans les cuisines, et à différents autres usages, dans divers arts et métiers. Ainsi^ l'on appelle biiiot la pièce de bois sur laquelle les boisseliers et les tourneurs travaillent, celle sur laquelle repose l'enclume des maréchaux et des serruriers, celle que l'on met sous les pinces ou leviers pour mouvoir quelque fardeau. — Le mot bWùt, comme celui de biiie (ro/-. ce mot) est dérivé de pila (globe) ou billus (bâton), selon l'acception qu'on, lui donne. Cest dans ce dernier sens, par exemple, qu'il faut entendre billot, quand il se dit, lo de ces bâlons que l'on met le long des flancs des chevaux pour les conduire à la file les uns des autres, ou au cou des chiens qu'on veut empêcher de chasser et d'entrer dans les vignes ; 3o de ces pièces de bois courtes qu'on met entre les fourcals des vaisseaux pour les garnir en les construisant. Enfin, on appelle billots, en librairie, ces livres courts et épais, qui n'ont point de grâce, parce qu'on a réuni plusieurs volumes en un seul, au lieu de les brocher ou de les relier séparément. — On dit, dans le style figuré : J'en mettrais ma léte sur le billot, pour dire qu'on est assuré d'une chose, jusqu'au point d'en répondre par sa tête, en faisant allusion au billot sur lequel s'exécutaient autrefois les sentences à mort par la décollation.
BIMANES. Cuvier qui n'a point séparé, dans son ouvrage intitulé Règne animal, l'homme du reste de la création, a cependant établi en sa faveur et parmi les mammifères, l'ordre des bimanes que caractérisent, selon lui, des mains aux deux extrémités antérieures seulement. L'homme ne forme qu'un genre, et ce genre est unique dans son ordre. Nous renvoyons pour les caractères, les modifications particulières et l'histoire de ce genre au mot Hohhb. Di..z.
BIMBELOTIER,de bimbelot , iouet d'enfant.
L'art du bimbelotier est, en quelque sorte, le diminutif d'une foule d'autres, puisqu'il fait en petit des habits, des carrosses, de petits meubles, etc. ; il fond en étain de bas aloi ou en plomb toutes sortes d'ustensiles de ménage, de soldats à pied et à cheval ; il fait aussi en petit de la poterie, etc., etc. Autrefois, les bimbelotiers fondaient les balles et grenaillaient le plomb pour la chasse; aujourd'hui, cette opération se foit en grand dans des tours élevées, comme celle dite de Saint-Jacques- la -Boucherie à Paris, ycijr. Plomb. X.
BINAGE. En agriculture, le binage est un second labour donné aux terres déjà labourées une premièr^ois. Le but de cette opération est non-seulement d'ameublir de plus en plus le sol, maisaussid'enterrerlesfumiersou autres engrais que Ton a eu soin de répandre sur les champs, entre les deux labours. Par extension, on nomme aussi binage une opération qui n'est pas un labour, et qui n'a pas été faite une première fbis : tel est le hersage des prairies aKificieUes, et même des céréales, que certains cultivateurs font au printemps, et que les agronomes les plus dignes de confiance recommandent. — En horticulture, le binage est un béchottage, expression usitée et descriptive qui devrait être généralement adoptée. Il y a cependant entre les deux opérations, dont le but et le résultat sont absolument les mêmes, une différence qui consiste dans les instruments avec lesquels on les exécute : on bine avec une binette, et on béchotte avec un béchot. Le premier instrument est une petite pioche en fer, armée d'un long manche; un des côtés est à deux pointes, et l'autre est tranchant. L*autre outil est une petite bêche, comme son nom l'indique. Ainsi, le binage ou béchottage est un travail léger et superficiel pour diviser et ameublir la terre autour des plantes cultivées, arracher et détruire les plantes adventices, etc. — La culture en grand emploie très-fréquemment le binage horticole : le travail du sol autour des vignes, des pommes de terre, du maïs et de plusieurs autres plantes ne
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diffère point de celui qu*on exécute dam lei Jardins. Les cultivateurs anglais sont parvenus à le rendre plus facile et plus fk*uctueux en semant en rangées parallèles et équidistantes non-seulement les céréales et les prairies artificielles, mais presque toutes les plantes qu*ils cultivent. G*esi ^insi qu*ils sont parvenus à avoir des blés toujours exempts de mauvaises herbes. X.
BINAIRE* Le mot de cof»2»i'ftat«on ayant perdu le sens restreint que Tétymologie semblerait lui donner, et s'employant en général pour désigner . un association dans laquelle le nombre des choses associées peut élre quelconque, on est obligé de caractériser par Tépilhète de binaireê les combinaisons deux à deux , les plus simples de toutes. Cette épitbète n'est pas exclusivement propre au langage mathématique, elle s'emploie dans toutes les sciences qui se rattachent par quelque point à la théorie des combinaisons.
On appelle plus spécialement arithmétique binaire un système de numération écrite dont le nombre deux serait la base (oo/. NcHtaATioii) et pour lequel il ne faudrait en conséquence que deux caractères, Tunité et le zéro. LUdée de cette arithmétique, qui n'a jamais été qu'un jeu d'esprit, avait frappé Leibnitz ; cet hteme célèbre et le missionnaire jésuite Bouvet avaient cru pouvoir s'en ser?ir pour expliquer une énigme hiéroglyphique, attribuée par les Chinois à leur personnage mythologique Fo-Hi. Hais personne ne croit aujourd'hui qu'à aucune époque les lettrés chinois aient effectivement pratiqué l'arithmétique binaire. L'imagination vive de Leibnitx voyait un emblème de la création dans cette espèce de génération des nombres, au moyen de l'unité et du zéro. Peut-être aussi des pbiloso^ phes d'une tournure d'esprit tout opposée outils à dessein trop insisté sur un rapprochement, sans doute insignifiant dans le fOnd , échappé k la pensée activede ce grand homme. A. Couenot.
BINGEN (FORD ]»i). La petite ville de Bingen est d'une haute antiquité : Tacite en fait mention dans le récit de U guerre excitée par la rébellion de Civilis; Ammien Marcellin dit que Ju« lien fit réparer ses remparts; enfin la table Théodienne la place entre Mayence et Vesel (Ober). On ne saurait douter non plus que cène soit de Bingen que le pœte Ausone a voulu parler au commencement de sa Moêetle, Bingen n'occupait pas alors la place où on le voit aujourd'hui, et éUit près du château de Klopp avant les ravages des Alemani et des Normands.
Le fbnd de Bingen dans lequel, suivant une vieiUe tradiUon, le trésor des Nibêtunge (tx^. ce mot) aurait été plongé, est fort dangereux pour
la navigation { les chaînes de montagnes se Joignent en prolongeant leurs roches sous les flots. Les géologues pensent que primitivement une muraille de roc fermait entièrement le passage, qu'il y avait ici un grand lac, et qu'il fallut une révolution du globe pour donner au fleuve un passage fort étroit. Charlemage le fit élargir { mais alors on ne put encore y hasarder que des nacelles. L'archevêque de Mayence Hatton et l'électeur Sigismond y firent exécuter de grandi travaux. Le génie français et le génie prussien ont de beaucoup diminué les écueilSé Tout cela n'empêche pas que, dans les basses eaux, le Rhin ne soit encore fort dangereux. L'ouverture qu'on s'est procurée dans les écueils n'est guère que de 50 pieds, et il feut bien connaître le fleuve pour y gouverner une embarcation. -^ C'est là, dans une Ile, que l'on voit la fameuse tour appelée Mœkêethurm (Tour des s(»uris). La tradition veut qu'en punition de son avarice et de ses accaparements pendent une disette, i'évêque Hatton ait été assailli de souris qui, de son château d'Shrenfels, le suivirent à la nage et le dévorèrent dans son île. Toutefois l'histoire ne re-' connaît d'existence à la tour qu'à partir du xiu« siècle. Les bâtiments de transport y étaient assujetis à un droit, (f^qr. dans le Rhin, lettre xx, de M. Victor Hugo, le poétique récit qu'y feit l'auteur de sa visite à la Mœuêethurm), En 1650 encore, les gros navires déchargeaient leurs marchandises à Loroh , et les conduisait par terre jusqu'à Rudesheim. P. pb Golbéit. BINGLET. Ce GorrOrde la scène nationale hollandaise naquit en 1755, à Rotterdam, de parents d'origine anglaise et qui possédaient quelque fdrtune. Après avoir achevé ses études, il fût destiné au commerce et placé immédiatement dans un comptoir. Mais bientôt se manifesta en lui un penchant irrésistible pour le théâtre, n entra, à l'âge de 18 ans, dans la société de i'estimable Corver, qui fut son premier maître. En 1779, il débuU sur le théâtre d'Amsterdam. U avait alors 34 ans, et fut fort mal accueilli parce qu'on le croyait Anglais de naissance, et que les Hollandais avaient dans ce temps de graves sujets de mécontentement contre cette nation, qui, sans déclaration de guerre préalable, faisait saisir tous les vaisseaux hollandais qu'elle poufait atteindre. Mais bientôt il sut vaincre tous les pré^lugés qui s'élevaient contre lui, en Jouant le rôle d'Achille dans hi tragédie du même non, avec un talent fort supérieur. Il avait trouvé occasion de développer dans ce rôle la plus brillante inteUigencci ainsi que t<Nites les connais^ fiances dramatiques^ qu'il avait aoquisea ptr une
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étude opiniâUre etastidue* Dèi ce moment il devint le foyori du publie* Bien que la tragédie fût pour son genre de talent Télément le pluf favorable à ta gloire, il ne joua pas moins avec grand succès plusieurs rôles comiques. Il possé* dait la langue française presque aussi bien que la sienne propre, et des comédiens français étant venus en tournée à Amsterdam et à la Haye, il prit plusieurs rôles dans leur répertoire, qu*il joua fort souvent, sur les tbéâtres français de ces deux villes, avec un succès très-remarquable; principalement, en 1811, ceux de Phlloetète et de Léar. En 1706, il était directeur d*une troupe de comédiens qui donnait des représentations à Rotterdam, à la Haye et dans beaucoup d*autres villes de la Hollande. Il mourut à la Haye en 1818. Diqt. db la Conv.
BINOCLE, en latin binoculitê, formé de big et oeuluê, œil. C*est ainsi qu*on appelle, en chirurgiC) un bandage qu*on applique sur les yeux, et qui est fait avec une longue bande roulée, à deux globes, et à laquelle on donne aussi les noms d'a^iY double ou de diophihalme, — En xoologie, le nom de biiioclis a été donné à un genre de crustacés qui vivent dans les eaux douces. X.
BINOCLES, yqy. Lunbttis.
BINOME. On appelle binôme, en algèbre, une expression formée de deux parties, liées par les signes partiels -|- ou — {pluê ou moifis),^-}"'' Qi — 6'c, sont des binômes.
Lorsqu'un binôme entre un certain nombre de fdis comme facteur dans un produit , on peut développer immédiatement ce produit sans avoir recours à des multiplications successives, en fermant chaque terme du précédent, d'après une fot ooitf/cnlequi a été découverte par iVetotim ; en sorte qu'en partant du premier terme, qui est toujours connu, on parvient k formuler la suite de tous les autres termes du développement de la puissance quelconque d'un binôme. Cette formule a été nommée par abréviation binôme de Newton. Elle est fondamentale nonseulement en algèbre, mais encore dans les autres parties des matbémaliques. On peut voir dans VHietoire deê mathématiques par Montuela (partie nr, liv. 6. ) comment Newton décou* vrit cette formule vers 1665 ; depuis lors il en a été donné bien des démonstrations. Mais en voici une que l'auteur de cet article tient de Monge son professeur, et qui n'a été consignée nulle part. Ce grand maître a dit un Jour ft ses élèves t « La formule du binôme est une de plus « géaérales des matbéoiatiques, puisqu'elle ré* « suite imaaédiatement de k différentiaUon et
t de l'intégration de deux parties^ et s du bi- « nome tr +* )■» en partant de/», on difiFéren- « tie par rapport à y, ce qui donne i»v"— '^r» « changeant tfy; en d», et intégrant par rap- « port à s, on a y/»—* jr continuant ainsi de
» suite on trouve : (/ +«)« =/»-{- l^/«—'j?
.+^J±)^«-..-,3+etc.
Ceci suffit pour être compris des lecteurs qui éonnaissent le calcul infinitésimal. Quant à ceux qui n'ont point étudié ce calcul, ils ne doivent considérer ce qui précède que comme un moyen de conserver à la science un résultat des travaux d'un des hommes le plus remarquables de son époque. . Due...
BINOT. ycor, IlfSTBOHBlITS d'aORICULTURB.
BIOGRAPHIE, mot formé du grec fitot, vie, et ypàfti^ j'écrie^ et qui signifie histoire de la vie d'un personnage. On appelle biographe celui qui a écrit une ou plusieurs de ces histoires. Quand le personnage dont on retrace la vie l'a illustrée par ses talents ou par ses vertus, et que l'historien sait le peindre sans flatterie et sans haine, avec les qualités qui font le sage et l'habile écrivain, il est peu de livres qui soient plus attachants et en même temps plus utiles, plus riches en leçons pour la vie publique ou pour la vie privée. Mais il faudrait, comme Pluitarque, se montrer sans autre passion que celle de la vérité ; il faudrait ne louer et ne blâmer que par les faits. Le biographe grec et Cornélius Népos sont encore des modèles en ce genre : aussi est-il peu de livres qui aient été aussi souvent réimprimés et aussi souvent traduits dans toutes les langues, où ils sont devenus classiques et populaires.
On ne sait pas bien quel rang tenait la biographie chez les anciens,* mais il est certain que ce genre de littérature était beaucoup moins cultivé qu'il ne l'est chez les modernes, surtout depuis la fin du xvii* siècle. Dès lors il a pris de nouveaux développements que la révolution française a rendus plus rapides ; et aujourd'hui c'est peut-être de tous les genres celui qui a le plus de vogue et le plus d'extension. Les ouvrages d'un auteur mort ne peuvent plus être reproduits sans qu'ils ne soient précédés d'une notice historique. On fait même entrer la biographie des morts et des vivants, comme besoin de l'époque actuelle et comme élément de succès, dans les grands ouvrages scientifiques, dans les encyclopédies où, jusqu'à ces derniers temps, elle n'avait pas pénétré. Les biographies se multiplient sans cesse, sous les titres de Vies, de Notices, d'Éloges, de Mémoires, de Dictionnaires;
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et tout serait pour le mieux si chaque parti, ctiaque coterie n*avait ses biographes qui souvent flattent ou dénigrent suivant leurs passions, et altèrent la vérité pour le service de leurs opinions ou de leurs intérêts.
Il est plusieurs sortes de biographies, et nous avons pensé que leur étonnante abondance rendait enfin nécessaire de les diviser en biographies individuelles spéciales^ collectives et universelles (vox* Autobiographie et NiCBOLOois). Nous alons suivre rapidement ces divisions.
Biographies individuelles. Le nombre en est immense, et leur seule nomenclature remplirait plusieurs volumes. Tacite , dans sa f^ie d'Agricola, a donné, pour ce genre, un modèle qui n'a pas été souvent surpassé. L'Histoire d'Alexandre, par Quinte-Curce, est un livre de toutes les nations. Parmi les biographes modernes nous nous contenterons de citer, en France, la Vie de Bescartes, par Baillet; celle de Théodose, par Fléchier; les Histoires de Fénelon et de Bossuet, par le cardinal de Bausset; la Vie de la Fontaine, par M. Walckenaer; celles de Molière et de Corneille, par M. Taschereau; celle de Voltaire, par Gondorcet, etc. : en Angleterre, la Vie de Gicéron, par Middleton ; les Vies de Laurent de Hédicis et de Léon X, par Yi. Roscoe : en Belgique, THistoire de la Vie et des ouvrages de Rumens par André Van Hasselt ; en Hollande, la Vie de Ruhnkenius, par V^ittenbach ; celle de V^ittenbach par Mahne : en Allemagne, la Vie de Heyne par Heeren ; celle du célèbre prédicateur Reinhard, par Pœlitz ; celle d'Athanase le Grand, par Hoehler ; celle de Grégoire VII par Voigt; celle d'Innocent par Hurter; celle de Raphaël par Passavant; celle de Dorothée, duchesse de Gourlande, par Tiedge, etc., etc. Toutes les littératures modernes sont riches en biographies individuelles, et il en est beaucoup qui mériteraient encore d'être citées.
Biographies spéciales. Elles sont très-nombreuses et embrassent le vaste domaine des sciences et des arts. Chez les anciens, Diogène- Laêrce écrivit dix livres de la Vie des philosophes ; nous avt>ns de Denys d'Halycarnasse un Traité des anciens orateurs; de Cicéron, des Entretiens sur les orateurs iUustres ; de Sué- . tone, outre la Vie des XII premiers Césars, un Catalogue biographique des grammairiens et des rhéteurs illustres. Cornélius Mépos s'est rendu célèbre par ses Vies des grands capitaines. Eunapius, qui vivait dans le iv» siècle, nous a laissé les Vies des philosophes et des sophistes,* saint Jérôme, la Vie des Pères du Désert et un Traité de la Vie et des Écrits des auteurs ec-
clésiastiques qui avaient vécu avant le v« siècle : cet ouvrage a été d*un grand secours aux biographes modernes.
Quant aux biographies spéciales écrites depuis la renaissance, le nombre s'en est tellement multiplié qu'il suflSra d'indiquer les plus importantes : les Acta sanctorum par les BoUandistes (53, vol. in-fol.); les yies des Saints pàt Baillet et par Alban Butler; les Vies des Pères du Désert par Arnauld d'Andilly ; les Vies des Papes par Platine et Fr. Bruys ; l'Histoire générale des auteurs sacrés et ecclésiastiques par D. Cellier (25 vol. in-4o); la Bibliothèque des auteurs ecclésiastiques par Ellies du Pin (61 vol. in-8o); les Vies des philosophes par Fénelon, Savérien et Naigeon ; des grands capitaines par Brantôme et Chasteauneuf ( Cornélius Népos français)^ des marins célèbres par Richer; des plus illustres favoris par P. du Puy; des femmes célèbres par Boccace, Ménage, le P. Lemoyne, l'abbé de la Porte, Mi>« de Réralio, de Lacroix et Mm« Fortunée-Briquet ; des enfants célèbres par Baillet ; des poëtes grecs par Lefèvre ; des poètes grecs et latins par Gérard-Jean Vossius, par J. Albert Fabricius, par Lanteires; les Vies des poètes provençaux par Jehan de Nostre-Dame ; des troubadours par Fauchet , dans ses œuvres (1610, in-4o), par la Cume de Sainte-Palaye et MilIot(1774, 3 vol. in-12); des poètes français par l'abbé Goujet (Bibliothèque française)^ Sautreau de Marsi (Annales poétiques)^ Auguis et Crapelet (Les poètes français), et Ph. de la Madeleine ; les Vies des historiens grecs et latins par Gérard-Jean Vossius ; la Biographie médicale (par 60 médecins, Paris, 1820) ; les Anciens minéralogistes de France par Gobert, 1779, 2 vol. in-8o; les Biographies des jurisconsultes par Simon, Camus, Dupin, etc. 11 a paru dans ces derniers temps, en France, une fbule de Biographies spéciales où l'esprit de parti est rarement étranger. Nous citerons les Biographies des ministres, des conventionnels, des députés, des pairs, des lieutenants généraux et préfets de police, des archevêques de France, des usurpateurs, des quarante de l'Académie française, des journalistes, etc. On a aussi les Biographies des Pères de l'I^lise, des prédicateurs, des hérétiques (par Pinchinat et Pluquet); des romanciers; des auteurs dramatiques par les frères Parfait, le duc de la Vallière, de Laborde, etc.; des musiciens par de Laborde, Choron, FayoUe, et par Gerber (en allemand); les Biographies des artistes par Fontenay, par Roderic Fuessly (en allemand), 2 vol. in-fol.; des peintres, par Vasari, Bellori, Orlandi (en italien), par Pilkinton (en
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anglais), par Houbraken (en hollandais), par A. Félibien, Descamps, de Piles, d'Argenville, Papillon de Laferté, Ouillet (en français) ; par Zea Bermudez et Palomino Yelasco (en espagnol); par FUsli (eu allemand). On a les Biographies des graveurs par G. Gori, Basan , Horace Walpole ; les Biographies des architectes par Fr. Milizia, Pingeron, Dezallier d*ArgenviIle, etc.
Il est peu de nations qui n'aient des biographies spéciales de leurs hommes célèbres; c'est ainsi que Rossi a donné l'Histoire des auteurs hébreux et celle des auteurs arabes ; que d*Herbelot a publié la Bibliothèque orientale; que Chabert a traduit en allemand, de Hassan Tcheleby, des Notices sur les principaux poètes turcs; que M. Graberg de Hemso a écrit les Vies des Scaldes ou des anciens poëtes Scandinaves; Johnson ses Biographies des poètes anglais; MM. de Becke et Napiersky des Notices sur tous les écrivains des trois provinces baltiques (Courlande, LivonieetEsthonie); Jos. Eguia sa Biblioiheca mexicana, etc.
Presque toutes les anciennes provinces de France ont leurs biographies spéciales, comme celles de Lorraiue, par dom Galmet et Chevrier; de Bourgogne, par Ph. Papillon ; du Poitou, par Dreux du Badier; du Dauphiné, par Allard; de la Provence, par Bougerel et Papon ; du Maine, par Ausart; de Bretagne, par Miorcec de Kerdanet; du Lyonnais, par de Colonia et Pernetty; de la Seine-Inférieure, par Guilbert, etc., etc. L'Italie a un grand nombre de biographies spéciales : générales, par Mazzucbelli, Fabroni, etc.; locales, pour Bologne, Crémone, Modène, le Piémont, le Milanais, le Parmesan, la Toscane, Venise, Naples, le Frloul , etc. L'Espagne a Nie. Antonio { Bibliotheca hispana), Jos. Rod. de Castro, id. Yinc. Ximenez {Escritores del rexno de yalencia). Le Portugal a MaChado, etc.; l'Allemagne, Meusel (das gelehrte Deutschland), MuUer {Cimbria literaia)^ B. Balbini (Bohemia docta). Les Pays-Bas ont la Bibliotheca belgica de Foppens; les Mémoires de Pacquot (1763/ 3 volumes in-fol.); le Trajectum eruditum de Gasp. Burgmann, etc. L'Angleterre compte Johnson, Walton, Ballard, Mackenzie, David Irwine, etc.
Il est peu de congrégations monastiques qui n'aient des biographies spéciales de leurs écrivains. Enfin dans ces derniers temps ont été publiées, sous le titre de Galeries, les Biographies des femmes célèbres; des médecins idem, par le docteur Doin, des Illuêtres Germains, par Klein et par Fest ; le Musée des protestants célèbres, la Galerie européenne, le Plutarque
français, etc., avec notices, portraits et /iicsimile.
Ainsi les biographies spéciales embrassent toute l'histoire ancienne et moderne, civile, religieuse, guerrière, politique , artistique et littéraire.
Biographies collectives, La plus justement célèbre, est celle des ries des hommes illustres de Plutarque, ouvrage traduit d'âge en âge dans les principales langues de l'Europe, et qui a été comme le bréviaire des grands capitaines, des hommes d'État et de plusieurs écrivains, tels que Montaigne et J. J. Rousseau. Hesychius, de Milet, écrivit un livre qui a été publié en grec et en latin , sous ce titre : De zm qui eruditionis famâ claruere, Pline le Jeune composa un recueil De viris illustribus, qui a été traduit en français par Savin , et qui est attribué par plusieurs savants à Aurélius Victor. Valère-Maxime et Elien peuvent être aussi comptés parmi les biographes. Gennade , prêtre de Marseille , qui florissait dans le v« siècle, nous a laissé un livre De viris illustribus, qu'on croit avoir été altéré par une main étrangère.
Les biographies collectives se sont tellement multipliées dans les littératures modernes qu'on ne peut en citer plusieurs que comme exemples : Degli uomini famosi, par Pétrarque ; BibliO' theca tllustrium virorum, par Boissard; la Bibliothèque française, de la Croix du Maine et celle de du Verdier; les Hommes illustres, de Perrault; les Mémoires de Niceron (44 volumes), les Mémoires de Palissot, les Trois siècles littéraires de Sabatier, V Europe illustre de Dreux du Radier, les Fies des hommes illustres de d'Auvigny (27 volumes), le Plutarque an- * glais, trad. en fraaç., 13 vol. in -80, les Éloges académiques de Fontenelle, Fouchy, Mairan, Coudorcet, Cuvier (pour l'Académie des sciences); de Pélisson, d*Olivet et d'Alembert (pour l'Académie française) ; de Gros de Boze et Dacier (pour l'Académie des belles-lettres); de Vicq-d'Azyr (pour la Société royale de médecine); des académiciens de Berlin, par Formey; l'^^nnuaire nécrologique, de M. Mahul, etc.
Biographie universelle. Les anciens ne nous ont point transmis de modèle de ce genre d'ouvrages, qui a malmenant, chez tous les peuples civilisés, un succès de vogue fondé sur le désir et sur le besoin de trouver réunis, en un seul corps, des notices historiques sur les personnages célèbres de tous les temps et de tous les pays. La première pensée d'un dictionnaire historique parait avoir été conçue, ou du moins exécutée par Conrad Gessner, surnommé le Pline de
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f4Umnagn9f et dont la prfiiQièr« édition parut à Zurich, en 1545. Juigné de la Boissinière publia, le premier en France, un Dictionnaire liistorique, dont la huitième édition est de 1645. Vinrent ensuite le fameux dictionnaire de Moreri, publié d'abord en un seul volume (1673), et qui luccessivement augmenté par Jean le Clerc, du Pin, Drouet et Tabbé Goujet, eut, en 1759, sa dix-neuvième et dernière édition, 10 vol. in-fôl.; le dictionnaire de Bayle qui parut en 1697, et qui a eu six éditions in-fol.^ et une édition refondue par V. Beuchot (18â0), en 16 vol. in-a»; le dictionnaire de Chaufepié, pour servir de supplément à celui de Bayle, 1750, 4 vol. in -fol.; le dictionnaire de Prosper Marchand, 1758, % petits vol. in-fùl.; le dictiounaire historique portatif de I^dvocat , dont les éditions et les contrefaçons sont assez nombreuses \ le dictionnaire historique de Tabbé Barrai, 1758, 6 voK in-8o* le dictionnaire historique de Chaudon, continué par Delandine et dont la neuvième édition (1810-181 â) est en 30 vol. in-S»; le diction* naire historique de Tabbé Feller, qui se dit an- Hchandonistefei<l\x\ a eu. plusieurs éditions; et, de nos Jours la Biographie universelle (52 vol. in-8o, sans compter le supplément qu*on imprime actuellement); la Biographie de$ vivante (1816-1819), 5 vol. in-8»; la Galerie historié que de$ contemporaine, ou nouvelle biographie, etc.» Bruxelles, 1817-1819,8 vol. in-8oj la Biographie des contemporaine, 30 vol. in-8o) la Biographie universelle et portative de$ contemporains, publiée sous la direction de MM. Eabbe, Yieilh de Boiijolin et Sainte-Preuve ( 1836 et ann. suiv., in-8o, édition compacte, dite en un volume); le dictionnaire historique rédigé par le général Beauyais et AL Barbier; le Dictionnaire historique critique et biographique, publié par le libraire Desenne, en 50 vol. in-8<>, etc.; en Allemagne, le Lewioon de Ghr. Gottl. Jœcher, continué par J. G. Adelung et autres. 11 vol. in-4«; les dictionnaires de Fréd. Hirsching et Ernesti, etc.; en Angleterre, le Biographical dictionnary de Chalmer, 33 vol. in-8o; le General Biographx d*Aikin, 10 vol. in-4s etc. '. Yiushavi.
BIOLOGIE. For. Vit,
BIOMÉTRIE. ^QT* Vil.
BION. Dix ou douze hommes célèbres de Tantiquité ont porté ce nom. Ceux qui Font le plus illustré sont : 1» un mathématicien d*Abdère, disciple de Démocrite, le premier qui ait dit qu*en
* Noiu ctteroM coniM un ntlU nppWiMat i loptM Us BtograpblM aoivertdlea rrsceUrat jovrna] allcaiandt /m Comum-
certain pays il y a lit mois de iiuit et six mois de jour; 3o un philosophe ou plutôt un sophUle grec, d^origine scythe« auquel Biogène de Laerle a consacré un article; S» le poète bucolique, une des gloires de U période alexandrine. On n^a des traditions un peu précises que sur la vie des deux derniers.
BiON, le poète bucolique, naquit au village de Phlossa, près de Smyrne, en louie. Contemporain de Tbéocrite et de Moschus, il florissait vers le milieu du iu« siècle avant J, G., à une époque où déjà la civilisation avancée, le luxe des villes et leurs jouissances excessives avaient mis en vogue la paix et le calme des champs et Tinno^ cence de la vie pastorale. G*est Moschus, son dis« ciple et rhéritier de sa muse, qui nous a conservé, dans une touchante idylle, intitulée YÉ^ pitaphe de Bion, les seules circonstances de st vie qui nous soient connues. Nous y voyons qu*il était de la patrie du prince des poètes : « Fleuve dlonie, 0 Mélès, une nouvelle blessure est faite à ton cœur. La mort te ravit autrefois Homère : pour un autre de tes fils tes pleurs enoore vont couler. » Nous y apprenons aussi quUl mourut avant Tbéocrite : % Philétas et Tbéocrite pleurent ta mort, Tun sur les bords de raalente, Tautre à Syracuse. > Ges regrets, ce deuil qu*ex* cita la mort de Bion attestent ses talents; ma'ui le crédit, les honneurs qu'ils lui procurèrent, le rendirent une des plus dépbrables victimes de Tenvie; il mourut empoisonné. Le temps, non moins jaloux que Tassassin de Bion , ne nous a laissé de ses ouvrages que neuf idylles et huit fragments. Le mérite de ces poésies est dans la délicatesse et la grâce de la pensée, dansTagré^ ment et la lucidité de Texpression. Moins simple, moins naïf, moins passionné que Tbéocrite, il ne peut lui être comparé; mais placé au-dessous d*un si grand poète, il occupe encore, avec Moschus, son élève et son émule, une des premières places de la poésie antique. On a remarqué que ces deux aimables poètes, unis pendant leur vie, n*ont point été séparés après leur mort. En effet, leurs œuvres, pour ainsi dire fraternelles, ont toujours été publiées ensemble, d*abord à Bruges, par Meckerch, 1565; ensuite par H. Estienne, 1566, etc. Les meilleures éditions sont celles de Jacobs, 1795; de Manso, 1807; de Heindorf, 1810, 3 vol. à la suite du Tbéocrite; de Schœfer, Leipz.» 1811, in-fol. également avec le Tbéocrite; de M. Boissonade , Paris, 1833, dans sa collection des poètes grecs. F. BuUequb.
en 1816 et contioiië d«pnU.
(i U^stg, cW lli«ckk«»>
J. H. SCMViTBUft.
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BIOT (Js^-BA?Tmi),de rAoadémie des seienoe8,profesMurd*a8tronomieau collège de France et chcTalier de la Légion d'honneur. Né k Paris, en 1774, M. Biot Ait admis â Técole polytechnique après avoir quitté Tartillerie où il était entré à sa sortie du collège Louis le Grand, après de brillantes études. Envoyé â Beauvals, comme professeur à Técole centrale de cette Tille, il en revint, en 1800, pour occuper la chaire de physique au collège de France , quoiqu'il n*eût encore que 96 ans. Ayant été admis à TAcadémie des sciences sous Thonorable patronage de La< place, il empêcha, de concert avec Camus, iln« stltot de voter sur Télévation du général Bonaparte au trône impérial. Cette décision basée sur ce que Tlnstitut n*étalt point un corps politique, fut cassée le lendemain par une décision contraire. M. Biot fut de la premièfe>e ascension aé^ rostatiqne de M. 6ay-Lussac, et nommé, en 1800, membre du bureau des longitudes, il accompagna H. Arago en Espagne, et ce fut lui qui fit à llnsUtnt lo rapport sur Topéralion géodésiqué dont ce voyage était le but. On croit asses généralement qu'en 1815 il vota contre Tacte additionnel ; ce vote serait en rapport avec ses antécédents. H. Biot a entrepris plusieurs voyages •cientifiqnes : nous citerons celui aux tles Orcades où il flit secondé dans tes observations astronomiques par plusieurs savants écossais qu'avait attirés sur ses pas sa grande réputation. Une excursion moins éloignée ne fut cependant pas aans intérêt; elle eut lieu dans le département d« l'Orne et dans le but de constater la chute de pierres tombés de l'atmosphère {vour* AiaoLinos). En général on peut dUre des travaux de M. Biot qu'ils sont plus scientifiques que d'appUcatioB ; cependant, dans ces derniers temps, il a fÉit une application ingénieuse du phéno- Bène de la polarisation de la lumière (polafiêa* iion eirculairt) comme moyen de distinguer différentes espèces de sucre. C'est dans les mé- UM^ires qu'il a lus à l'Institnt sur ce sujet (séances du 7 et du 14 janvier 1853) que H. Biot a fait preuve d'une noble impartialité en proclamant à plusieurs reprises l'exactitude des travaux et des recherches de M. Raspail, à l'égard duquel l'Académie des sciences s'était laissée aller à des préventions iqjustes. Nous ne saurions donner ici le titre de tous les mémoires que M. Biot a publiés ; elle serait du reste incesaamment incomplète, car l'âge ne ralentit pas son activité. En 1834 il lut à l'Académie des sciences m némoire plein d'intérêt, de recherches savan- Ses et cttrteuses Sur quelque déierminaiionê d'uêironomie tmcitnme, étudièeê comparative
mentcheM ieê Égypiient, les Chaidéehs ei le$ Chinoiê. C'est dans les AnnaUê de physique ei de chimie f dans les Mëmoireê d'jircueil, dans le Journal des savants, dont il est un des directeurs, qu'on trouvera hi plupart des nombreux mémoires publiés par M. Biot, à la plume duquel on doit aussi un asseï grand nombre de notices biographiques dans la Biographie universelle et deux grands Traités de physique, qui ont l'inconvénient de n'être pas assez élémentaires. Ce reproche peut même s'adresser à celui en 2 volumes, quoique l'auteur se soit attaché à le mettre, mieux que le premier (en 4 volumes), k la portée d'un plus grand nombre d'intelligences. LKOEAlVa.
filOTINE. Substance volcanique découverte par Monticelli dans les laves du Tésnve, et qu'il a ainsi appelée du nom d'un savant auquel la cristallographie est redevable de beaucoup d'applications heureuses. La bioline a pour forme primitive le rhomboïde obtus, mais le plus souvent elle est en petits cristaux indéterminables; sa pesanteur spécifique est 5,11; sa cassure est vitreuse, légèrement conoholde; elle ne raye point le verre; elle semble n'éprouver aucune altération de l'action même protongée du chalumeau; l'acide nitrique détroit l'adhérence de ses parties, mais ne la convertit pas en gelée; sas cristaux sont limpides ou transparents, tirant quelquefois sur le gris ou le Jaune de topaze et sont ordinairement disséminés dans un aggrégat granitolde, renfermant du pyroxène et du mica. Da..s.
BIPÈDE, nom par lequel les naturalistes dé« signent, en général, tous les animaux qui sont munis de deux pieds seulement M. Lacépède, d'après Pallas, applique aussi spécialement ce nom à un genre de reptiles de l'ordre des sauriens et de la famille des urobènes, qui manquent de pattes antérieures, et pour lesquels M. Doméril a proposé celui d'hysièrope. X.
BIBAGUB (Ruft n), chancelier de France, cardinal, éUit Milanais; Galéas deBirague, son père, était patrice, à l'époque où Louis XII et François I» occupaient le duché de Milan. Il destinait son fils au barreau, mais ce fiis abhorrait l'étude; il prit le parti des armes et entra au service de la France^ dont les armées couvraient le Piémont et le Milanais. Homme de plaisir et d'intrigue, Birague se maintint dans la plus grande faveur sous le règne du successeur de François I«r. Lorsque la paix fut conclue entre la France, l'Espagne et la Sardaigne, il fut nommé gouverneur du Lyonnais, puis conseiller au parlement de Paris. Il obtint toute la con-
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fianee de Catherine de Médicis, à laquelle il se dévoua corps et àme.— Ce fut lui qui provoqua et organisa le vaste massacre de la Saint-Bartbélemi <rqr. ce mot). Michel THospital avait donné pour la dernière fois sa démission de chancelier en 1568. Sa retraite était une bonne fortune pour le parti des Guise. — Birague partageait à regard de cette famille la haine et la faiblesse de Catherine de Hédicis; tous deux tremblaient devant les Guiso et les détestaient. Aussi, dans le plan de massacre, les Guise elles Montmorenci étaient destinés à périr. On peut voir à rarticledelaSAiNT-BARTHÉLEHT comment Henri de Guise se joua, dans ce grand désastre, des projets de Catherine et de Birague. Les chefs de la Ligue n'avaient pas osé braver TopinioD au point de donner à Birague, si décrié pour ses mœurs, et dont Tignorance était notoire, la charge de chancelier vacante par bi démission de Michel THospitaL Les sceaux avaient été provisoirement donnés à Jean de Morvilliers, évêque d*Orléans, qui n'avait accepté que dans l'espoir de les remettre à l'Hospital. La qualité d'étranger était un obstacle à ce que Birague exerçât une grande charge en France; on avait pris la précaution de le faire naturaliser par Charles IX. Morvilliers ne garda les sceaux que deux ans. La Ligue avait pris une grande consistance. Tout était disposé pour l'entière extermination des huguenots. Morvilliers n'était plus qu'un obstacle. — Il reçut l'ordre de remettre les sceaux à Birague en 1570, et s'estima heureux de quitter un ministère qu'il ne pouvait plus garder s^s se rendre complice des attentats que l'on méditait. Birague ne prit le titre de chancelier qu'après la mort de Michel l'Hospital, en 1573. Devenu veuf, il embrassa l'état ecclésiastique, et fut nommé évéque de Lavanr. Le saint-siége ne fut point ingrat envers lui, et récompensa ses services par le chapeau de cardinal. Birague vivait en prince, et sans souci de l'avenir. Il lui eût été facile de se faire donner de gros bénéfices ; il n'y songea pas. Le trésor public n'était-il pas celui des ministres? Mais depuis qu'il avait remis les sceaux au comte de Chiverni, son successeur, le trésor lui avait été fermé. Il n'avait plus qu'une grande dignité ecclésiastique sans profit. Quelque temps avant sa mort, il disait qu'il était cardinal sans titre, prêtre sans bénéfice et chancelier sans chancellerie. Dans le temps de sa prospérité, ii avait fait réparer et avait richement doté l'église Sainte- Catherine du Val des écoliers. On lui devait aussi l'érection d'une grande fontaine monilmentale dans le même quartier. Cet édifice, qui devait
perpétuer son nom, fut démoli par la population du quartier en haine de son fondateur. Le nom de Birague rappelait le souvenir des massacres de la Saint-Barthélemi. Cette fontaine fut démolie et rebâtie sur un nouveau plan en 1627. Les grandes inscriptions en l'honneur de Birague disparurent. La tradition populaire a substitué le nom de Sainte-Catherine à celui de Birague. — Le magnifique tombeau qu'il avait fait élever à Yalencia Babiani, son épouse, dans l'église Sainte-Catherine, avait été respecté : Birague y fut inhumé. Ce monument a été depuis transféré au Musée des monuments français, supprimé pendant la restauration. Le cardinal de Birague mourut à Paris le 6 décembre 1583, âgé de 76 ans; ses obsèques furent magnifiques; le parlement y assista en corps. Il n'avait eu de son mariage avec Yalencia Babiani qu'une seule fille, qui fut mariée trois fèis et mourut dans l'indigence. Dufet. moo.
BIRËME, biremis, terme de marine ancienne, fbrmé de bis et de ramus; vaisseau qui avait deux rangs de rames l'un sur l'autre, de chaque côté, et dont on retrouve la figure et la représentation fidèle sur la colonne trajane. Les galères dont on se servait encore du temps de Louis XIY avaient aussi deux rangs de rames et n'étaient que les birèmes des anciens, qui avaient changé de nom.
BIREN ou BuBBN (EBiiEST-jEàii), plus connu sous le nom usurpé de Biren, naquit en 1690 en Courlande où ses parents possédaient une terre. Son extraction ne fut pas aussi obscure qu'on s'est plu à le répéter, car son père avait le grade de capitaine ; et, si son grand-père a été premier palefrenier du duc de Courlande Jacques III, il avait cependant déjà obtenu le grade de lieutenant. Aussi l'éducation du jeune Biren ne fut pas négligée : comme la jeune noblesse de son pays, il alla étudier à l'université. de Kœnigsberg, et ce ne fut pas la faute de sa naissance s'il n'atteignit pas, dans ses études, à un degré plus avancé.
Arrivé en 1714 à Saint-Pétersbourg, il se flatta d'être compris, comme gentilhomme, dans la maison qu'on formait alors à la jeune fiancée du fils atné de Pierre le Grand; ce projet manqua, mais la protection de Bestoujef-Rumioe, le père, le fit recevoir en la même qualité â la cour d'Anne-Ivanovna^ alors duchesse douairière de Courlande. La bonne mine de Biren, ses manières insinuantes, et une hardiesse qui n'était pas sans habileté, lui valurent les bonnes grâces de sa maltresse qui le maria à une de ses dames d'honneur appartenant à une bonne famille du
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pays, contre le gré des parents de cette demoiselle. Biren crut ainsi prendre place parmi la noblesse courlandaise et sollicita Thonneur d*étre inscrit sur ses registres; mais ce corps féodal, jaloux de ses prérogatiyes, repoussa le petit-fils d^un palefrenier.
En 1750 des députés de la haute noblesse russe Tinrent à Mitau, ofiFrir à la duchesse le trône de son père que la jeune Élisabeth-Pétrovna n*osait pas encore revendiquer; Tune des conditions imposées à Anne était Téloignement de Biren. jUine souscrivit à tout, et Biren n'accompagna pas la nouvelle impératrice; mais, par son ordre, il la suivit de près, et Tacte restrictif des droits du trône n'était pas déchiré encore par la main de la princesse qu'on connut à Moscou que son favori y éUit arrivé. Après son couronnement, rimpératrice le nomma grand chambellan, lui donna des terres considérables, et lui conféra le cordon de Saint-André, ainsi que le litre de comte de l'empire russe; à ce titre l'empereur romain ajouta bientôt celui de comte d'empire. Depuis ce moment jusqu'à la mort d'Anne, Biren gou- Terna la Russie et sa souveraine, non sans gloire, car il sut se servir d'excellents instruments, mais avec une dureté inouïe. Outre les infortunés princes Dolgorouki, on nomme plusieurs milliers de ses victimes. Anne elle-même, dit-on, ne put pas toujours le fléchir et avilit quelquefois son rang suprême jusqu'à le supplier à genoux. L'élévation de Biren au trône de Courtaude par l'élection (13 juin 1757) de cette même noblesse qui jadis lui avait refusé Vindigènat ne satisfait pas encore son ambition : il nourrissait l'espérance de marier la princesse de Mecklenbourg, nièce de l'impératrice, à l'ainé de ses fils, et, s'il fit quelque bien au duché de Courlande, il ne détourna pas pour cela un instant son attention de l'empire russe et ne quitta pas Moscou. Plusieurs conspirations tramées contre sa vie furent découvertes et échouèrent. La haine profonde que la plupart des grands de l'empire lui avaient vouée ne l'empêcha pas de se faire déclarer régent de la Russie pendant la minorité d*Ivân-Antonovitch, dans le cas où l'impératrice mourrait avant que ce jeune prince ne fût ma-' jeur. Ce cas arriva le 28 oct. 1740, et Biren exigea aussitôt l'hommage dû à son titre; il se serait même emparé de la personne de l'héritier sans l'opiniâtre résistance des parents. Après avoir tout fait pour contrarier leur union et leur élévation, le régent crut devoir se rapprocher de ceux-ci : il leur fit décerner la qualité d*altesse impénale avant de se l'attribuer à lui-même, et leur alloua une pension. Puis U régna en maître
absolu au nom d'un enfant qu^on le soupçonnait même de vouloir déshériter en faveur de son fils qu'il aurait uni à la grande -princesse Elisabeth.
Le féld-maréchal Munnich avait secondé le favori d'Anne jusqu'à le pousser à la régence ; mais, plus fin que lui et voyant que ses services ne recevaient pas la récompense qu'il en avait attendue, il le trompa par des dehors de dévouement, tandis qui! travaillait à le renverser. La catastrophe eut lieu le 90 nov. 1740 (nouveau style) : Munnich proclama la princesse Anne grande-duchesse et régente, fit surprendre et garrotter Biren dans son lit par le colonel Manstein, et ordonna ensuite qu'il fût transporté dans la forteresse de Schlusselbourg avec sofi frère cadet, Gustave Biren. Quoiqu'on ne prouvât pas le fait qu'on lui imputait, d'avoir voulu changer au profit de sa famille l'ordre de succession au trône, le duc de Courtaude fut condanmé à mort, en mai 1741. La régente commua cette peine en exil perpétuel, et il fut envoyé à Pelim, 600 verstes au delà de Tobolsk, où Munnich lui avait fait préparer une prison bien palissadée. Ses biens furent confisqués, et il entraîna dans son infortune presque tous les membres de sa famille.
Mais une nouvelle révolution du palais arriva vers la fin de la même année : Elisabeth, devenue impératrice, rappela Biren de Sibérie et y envoya Munnich à sa place. Les deux rivaux se rencontrèrent à Kasan et se mesurèrent des yeux sans proférer une parole; mais leur regard parlait pour eux. Ce genre d'éloquence peut suffire aux hommes; les passions des femmes leur permettent moins de s'y borner : aussi la duchesse de Courlande ne put-elle s'empêcher d'insulter la malheureuse régente lorsqu'elle la rencontra également sur son passage, allant en exil avec son mari et son fils.
Elisabeth n'obéit pas à son premier mouvement de clémence : Biren, au lieu de revenir à Saint-Pétersbourg, reçut l'ordre d'aller vivre à laroslav. Deux ducs furent successivement élus à sa place par les états de Courtaude; mais sans pouvoir se faire reconnaître. Enfin Pierre III rappela Biren aussi bien que Munnich, et Catherine II lui rendit même son duché. Le âO janvier 1765 Biren rentra à Mitau, et, profitant des leçons du malheur avec la même sagesse qu'il avait prouvée en le supportant sans faiblesse, il régna avec douceur et justice jusqu'à sa mort arrivée le 38 déc. 1772. Il laissa deux filsqui,run et l'autre, avaient partagé son sort.
L'ainé, Pikrrk, qui lui succéda en qualité de
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duc de Courlaàde et de seigneur de Wartenberg en Silésie, était né à Mitau en 1742, et régna de 1769 à 1795. Ce fut lui qui fonda en iT74 le Gymnasium illustre de Mitau. Mais son règne fut orageux t une longue absence ayaU laissé le pouToir aux mains d*un conseil qui, n^ayant pu faire approuver tous ses actes par le duo, lutta contre lui, et finit par le trahir en s^adressant à Catherine II, déjà maitresse de la Pologne. Celle* ci, mécontente de Pierre qui s*était placé sous la protection du roi de Prusse; prit possession du duché dont la députation des états lui avaitoffert la souferaineté; il ne resta plus au duc qu*à «anctionner cet arrangement, ce quUl tt par acte du 98 mars 1795. En reranche, Timpératrioe s'engagea à hii payer une pension de 100,000 écus d*Albert et lui acheta pour la somme de 500,000 ducats ses domaines en Gourlande. Depuis, Pierre Técut altematiyement à Berlin, dans son duché de Sagan, et dans ses terres de War« tenberg, de Nachod et de Gellenau. G'estdansla dernière qu'il mourut en 1800« ScninnLii.
BIKIBI, nom d*un Jeu de hasard qui nous est Tenu d'Italie, dont les instruments sont un grand tableau qui contient 70 cases avec leurs numéros, et un sac dans lequel sont 64 petites boules qui contiennent autant de billets numérotés. Chaque joueur tire à son tour une boule du sac, et si le numéro du billet répond à celui de la case du tableau sur laquelle il a mis son argent, un banquier lui paye 64 fbis sa mise« On conçoit que l'avantage du banquier est toujours de 6 sur 70, sans compter qu'il a 6 cases nulles à chaque coup.
BIRKKNFELB, petite principauté allemande, montagneuse, boisée^ arrosée par la Nahe, et dont le chef-lieu porte le même nom. Par acte du 9 juin 1315, cette principauté fut cédée par la Prusse au grand-duché d'Oldenbourg, dont il est cependant séparé par d'autres possessions. Son étendue est d'environ 10 milles car. géogr. Une partie de cSette principauté ayant appartenu depuis 1457 à la maison palatine du Rhin et à celle de Deux-Ponts, elle forma un apanage en faveur de la ligne palatine de Birkenfeld , issue de Charles (mort en 1600), fils du comte palatin Wolfgang. C'est à cette ligne qu'appartient le duc de Bavière Birkenfeld, oncle du roi de Bavière et père de M™« la princesse de Wagram. J* H. Scbuitzlbr.
BIRMAN (ehpirb), vasteÉtatdansla presqu'île orientale de Plude, traversé par l'Iraouaddy et ayant une surface de plus de 40,000 lieues carrées, entre 6 et 27» de latitude N. Au nord, il touche au Tibet et k la Chine, du côté de Test au
Siam, qui en est séparé par une chaîne de mon* tagnes; à l'ouest il est situé sur le golfe du Ben» gale, enfin au sud il touche k la presqu'île de Malaeoa.
Le bassin de l'Iraouaddy est enfermé entre de longues chaînes de montagnes. Outre ce fleuve^ on trouve le Louklang qui descend du Tibet, l'Aracan, le Tavay et le Tenasserun qui tous se Jettent dans la mer des Indes. On connaît peu le nord de cet empire, où habitent des tribus sau* vages dont on assure qu'ils sont d'une taille inférieure à celle des Birmans, qu'ils n'ont aucun culte, et que leurs femmes gâtent leurs jolis traits par un tatouage d'une couleur bleue. Le pays birman a un sol fertile^ surtout en rix} les Jonques chinoises en exportent une grande quantité. On cultive rin4igo, le coton, la soie* Dans les forêts il croit beaucoup de bois tek, bon pour la construction des navires* On tire des mines l'or, l'argent, l'étain, le fér, presque tous les métaux. L'empire birman fournit aussi des pierres précieuses, de l'ambre, du naphte. On se, sert d'éléphants. Il y a des singes, des tigres, des rhinocéros. On évalue la population de l'empire birman à 7 ou 8 millions d'âmes. Le peuple birman ressemble aux Chinois; sa nourriture prln« cipale consiste en rix et en poissons. Il est bien constitué; on vante la beauté des Birmanes. Leur culte est le bouddhisme, et ils croient â la mé* tempsycose. Ils ont du goût pour les arts : la ville de Pagahmore est remplie de monuments d'arcliitecture ; on cite surtout le temple de Gaudma, qui date de plusieurs siècles et que décorent des sculptures et des tableaux à firesque. Les Birmans ont des spectacles semblables k ceux des Chiuois. On permet aux hommes d'émigrer; mais les femmes ne le peuvent. Ce sont elles qui font tous les travaux du ménage ; les hommes s'adonnent au repos en mâchant du bétel. En cas de misère, ils vendent leurs propres filles. On les dit avides, rusés et querelleurs. L'empereur exerce un pouvoir absolu , prélève la dlme de toutes les denrées, perçoit un droit sur l'importation des marchandises, et s'attribue le monopole des marbres, du bois tek^ des éléphants. U choisit son successeur parmi ses fils. Sa résidence est Oumerapour* L'empire birman consiste dans les anciens royaumes d'Ava, de Pégu et d'Aracan , ainsi que dans diverses autres contrées que les empereurs ont réunies successivement sous leur sceptre.
Les Birmans ne régnaient d'abord que sur le royaume de Pégu ; au xvi« siècle ils subjuguèrent celui d'Ava et étendirent leur empire Jusqu'aux frontières de la Chine. Bn 1740 les indi-
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