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gènes dt Pégu seeouèreot le Joug et dominèrent à leur tour; mais un Birman obsour^ Alompra, que la nature avait doué de grandes qualitéi, résolut de rendre à sa nation la suprématie dont elle arait Joui depuis quelques siècles. Ayant battu les troupes péguanes, il s'empara, en 1759, de la yilie d*Ava , flt prisonnier le roi, le Jeta dans les fers et monta sur son trdne. Ce fut sous lOvrègne de son frère que la compagnie anglaise des Indes chercha d*établir des relations commerciales plus intimes avec Tempire birman dont elle s'était approchée par lei agrandisse^ ments successif^ de ses possessions* A cet efifèt elle envoya , au commencement de ce siècle, à Rangoun^ le capitaine Hiram côx, chargé, k ce qu*on présume, de prendre en secret tous les rensdgnements propres à servir les desseins ambitieux de la compagnie. Cox a publié une relation trop succincte de sa mission : Ffijrags du capitaine U. Co» dans l'empire dee Bir^ tnanê, traduit de l'anglais atee deê notée hie* toriques sur ûei empire, par Cbaalons d*Argé, Paris, 1 835. Ce frère, M enderagee*Prawe, mourut en 1819 et son neveu lui succéda. Celui-ci soumit le royaume d'Assam, et eut, en 18S3, des que* relies avec les Anglais au siqet des frontières du sud-ouest Une île du fleuve Naaf, appelée Cba* pouri, que les Birmans enlevèrent aux Anglais, donna lieu k des représailles de la part de ceux-ci) Tannée suivante ils prirent sous leur protection le njah de Gachar, poursuivi par les Birmans :' ce fut le signal ou le prétexte d'une guerre, à laquelle la compagnie s'était depuis longtemps préparée. Les Birmans ne la redoutaient pas. Ce peuple a l'esprit belliqueux, il regarde le service militaire comme l'occupation la plus honorable, et tout sujet de l'empereur y est astreint. A la tète des troupes de la compagnie, le général Archibald Campbell débarqua, en mai 1834, dans l'empire birman : il éprouva une vive résistance de la part de l'armée de l'empereur, et ce ne fut pas sans des pertes considérables que les Anglais s'emparèrent des palissades dont les Birmans entouraient habilement toutes leurs positions* La bataille de Prome détruisit enfin les illusions des Birmans. Sur la route d'Ava une armée de 40,000 hommes essaya encore d'anéantir les troopes d^invasion; mais une nouvelle défaite apprit aux Birmans que leur empire allait finir. Au moment où les Anglais se disposaient k entrer dans Ava^ l'empereur s'empressa de de* mander la paix. Il ne l'obtint, le 34 février 1830, qu'en cédant les provinces méridionales aux Au* giais et en leur payant 35 lacks de roupies pQur les frais de la guerre.Ges conditions humiliantes
ont mis Tempèreur birman dans la Éième dépen** dance que les princes de l'Inde k l'égard de là compagnie. L'histoire de la guerre a été publiée par le major Snodgrass, gendre du comman« dant t Narrative of the Birmeêe war , Londres 4 1^7 9 et par un autre officier, H. Trant, Two ymkre in Jvë, Londres, 1^. L'empire birman a perdu les provinces de Té, Tavaï, Kartaban et Mergui, avec l'archipel de ce nom. Dans cette nouvelle conquête les Angkiis ont fondé une nouvelle ville, celle d'Amhersttown, pour servir de résidence aux autorités publiques et de gar* nison à leurs troupes. Située auprès de la mer, elle deviendra probablement très^îommerçante*
Dans le Kartaban il y a des forêts de bois tek| de bois sapas et d'autres espèces. On tisse, dans ce pays, des étoffes de coton et de soie; une tribu indépendante, celle des Karians, habite les montagnes au nord du Harlaban. Ces monta* gnards vendent aux habitants du bas pays de l'ivoire, du cardamome et de la cire. La ville de Martaban, ainsi que celles de Taval et de Mergui^ sont toutes bien situées pour le commerce* Par l'Iraouaddy on peut d'ailleurs commercer avec l'intérieur de l'empire) aussi est-il probable que les Anghiis trouveront dans ce pays un débouché important pour leurs marchandises, et qu'ils en tireront par échange beaucoup de produe« tiens utiles. Dimno.
BIRMINGHAM, une des villes manufacturières les plus importantes de l'Angleterre , est située dans le comté de Warwick, à 100 milles angUis de Londres, sur le penchant d'une colline près de la rivière Rea, au milieu d'un pays riche en mines de fer et de charbon* Sous le règne d'Al^ fred le Grand c'était un petit bourg qui, dans le xii« siècle, avait d'excellents tanneurs; ma& ces tanneries (il n'en existait plus qu'une en 1795) ont fait place à une immense variété de fabri*ques, surtout en fer et en acier. En 1666 la peste fit de grands ravages k Birmingham, qui, vers la fin du xvn« siècle, ne comptait encore que 900 maisons et 5,000 habitants. On commença k y fabriquer des ustensiles de fer avant la révolution de 1688; mais c'est depuis cette époque seulement que l'aotivité industrielle de cette ville s'est graduellement développée. Jean Baskerville y établit une célèbre imprimerie en 1750. La fabrique de boutons, de boucles, de toutes sortes de quincailleries et d'ouvrages vernis d'un beau laque, qui lui est antérieure de quelques années , fut singulièrement secondée par Boulton, qui inventa l'art de travailler l'acier en mosaïque et, k son décès, en 1745, en transmit le secret y ainsi qu'une fortune considérable, à
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son fils Matthieu Boulton. Celui-ci porta cet art à sa perfection et forma des établissements d*où sont sortis dés ouvrages d*acier qui ofiFrent tout ce que Timagination de l*tiomme peut désirer. Ce fut à peu près dans ce même temps que la manufacture de vaisselle plaquée passa en grande partie de SheflSeld à Birmingham. Mais c*est surtout depuis la fabrique de machines établie à Soho, en 1764, que Tindustrie de Birmingham a pris un essor prodigieux. Matthieu Bouiton entra en société avec, le créateur de cet étabiissement, James Watt de Glascow, qui, en 1769, avait obtenu un brevet dUnvention pour les machines à vapeur. C*est à Soho qu*ont été construits ces étonnants leviers qui ont supplanté une partie de la maln-d*œuvre et qui, en diminuant le coût de la fabrication, ont mis à la portée des plus humbles ménages plusieurs objets d'utilité et d'agrément, anciennement réservés à Topulence et dont le prix est devenu très -modique. BUis Tesprit inventif des fabricants de Birmingham a continuellement devancé les besoins des riches. Témoin ces tirebouchons en spirale qui opèrent sans secousse; ces machines à copier .des lettres ; ces pliants cachés dans une canne ; ces parasols de poche ; ces marchepieds de carrosse qui s'élancent au moment qu'on ouvre la portière; ces cravaches munies de petits aiguillons, qu'on fait sortir, au moyen d'un renfort, pour servir d'éperons ; ces béquilles qu'on peut allonger ou raccourcir également au moyen d'un ressort; ces couteaux pour les manchots, et mille jolis riens en fait de bijoux et de joujoux d'enfants. Les lampes de table en obélisques de bronze, surmontées d'un dôme qui en réfléchit la lumière sans donner de l'ombre, sont aussi une invention nouvelle dont la fabrication à Birmingham ne date que de 18 ans. Le monnayage y est aussi très-remarquable : un seul moulin, établi en 1788, foit travailler huit machines qui, en moins d'une heure, frappent 80 mille pièces de monnaie; les fabriques d'armes ne sont pas moins étonnantes. Des marteaux énormes, mus par une machine à vapeur de la force de 120 chevaux, battent les barres de fer à leur sortie de la fournaise : en un instant elles sont converties en cerceaux et roulées autour d'une baguette de métal qui détermine le calibre des fusils. Pendant les guerres de la révolution de France, Birmingham a fourni au gouvernement anglais 14,500 fusils par semaine; on continue d*y fabriquer toutes sortes d'armes à feu et des lames de sabres pour des puissances étrangères. Des barreaux de ter au delà d*un pouce en grosseur sont découpés par de fortes tenailles
tranchantes, comme si c'était du papier. On taille 19,000 épingles en pointe en une heure, et l'on fait 50,000 têtes d'épingle dans le même espace de temps. Le cuivre aussi s'amincit sous le cylindre d'une machine à vapeur, comme la pâte sous la brie du pâtissier, et donne ces feuilles de cuivre dont on revêt les vaisseaux de guerre. Il parait cependant que l'activité des usines a décliné depuis 1825 à l'égard du cuivre.
Birmingham a l'avantage de plusieurs canaux qui y portent le minerai de f^r, le charbon et d'autres objets de consommation, et en transportent les marchandises aux ports de Liverpool et de HuU , d'où elles passent à toutes les parties du globe.
On peut juger du progrès de la prospérité industrielle de Birmingham par l'accroissement de sa population. En 1801, cette ville comptait 73,670 habitants; 20 ans après elle en avait 85,416, et en 1831 elle en compta 418,914. Depuis, elle s'est encore considérablement accrue. Jusqu'à cette même année, Birmingham n'avait pas eu de députés dans la chambre des communes ; mais depuis la réformation du parlement, cette ville y envoie deux représentants. Les communes adjacentes d'Edgbaston, de Bordsley, Deritend et Doddeston avec Nachells, participent au droit d'élection , ce qui fait monter le nombre des habitants de la ville et de la banlieue ensemble, à 147,000, et celui des électeurs dûment enregistrés à près de 5,000. D. Boilkac.
BIRON, nom appartenant à l'ancienne et illustre famille française de Goniaut, qui a fOumi des hommes remarquables sous plus d'un rapport.
BiRoif ( Armand de GoirrAUT , baron de), né vers 1524, fut élevé parmi les pages de Marguerite, reine de Navarre. Il se distingua dans les guerres du Piémont et fut fait gentilhomme de la chambre du roi. Il penchait secrètement pour les huguenots, et cependant il prit parti contre eux , lors des guerres de religion ; U figura aux journées de Dreux (1562), de Saint-Denis (1567) et de Moncontour (1569). C'est à cette dernière époque qu'il fut nommé grand maître de l'artillerie. Il fut, avec de Mesme , négociateur, pour la cour, de la paix de Saint-Germain (1570) qui fut appelée boiteuse et mal assise , parce que Biron était boiteux , et que de Mesme était seigneur de Malassise. Dans la nuit de la Saint- Barthélemi, il se renferma dans l'arsenal , d'où il repoussa les assassins. Lorsqu'il fut envoyé par Charles II à la Rochelle pour y commander, les habitants refusèrent de le recevoir^ il fit
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Tainement le siège de la Tille, et alla guerroyer avec plus de bonheur en Guienne. Henri III le rappela de celte province en 1580 et le décora de Tordre du Saint-Esprit; il avait été feit maréchal de France en 1577. Il donna d*inutiles conseils au duc d*Alençon qu*i] suivit dans les Pays- Bas en 1583. Trois ans après, il essaya, sans y réussir, d*empécher la Jouruée des barricades. A la mort de Henri III, il fut un des premiers à reconnaître Henri IV, et lui rendit un grand service en retenant les Suisses dans son armée. A la journée d'Arqués , au premier siège de Paris (1589), à U baUille d*Ivri (1590), il se dislingua par la valeur et les talents que tant de fois déjà il avait déployés. Il eut la tète emportée d*un coup de canon au siège d*Épernay, en 1593, à rage de 68 ans. Aux qualités du guerrier il Joignait quelques connaissances littéraires. Il portait toujours avec lui des tablettes où il notait tout ce qu*il voyait ou entendait de remarquable. Elles étaient passées en proverbe et quelquefois même le f6u du roi jurait par elles. Le maréchal de Biron fut le parrain du cardinal de Eichelieu.
Son fils, Biioif (Charleê de Gontaut, duc sb), né en 1562, se fit de bonne heure remarquer par une entière indifférence pour Tune et Tautre des reUgions qui causaient alors des guerres si cruelles. U montra dès sa jeunesse un goût décidé pour les armes, et fut obligé de s'éloigner quelque temps de la cour à la suite d'un duel qui eut beaucoup d'éclat. Atlaché à Henri IV dès Tavénement de ce prince, il devint son ami et son favori et obtint un avancement Irès-rapide, qu'il justifia dans tous les combats auxquels il assista, par ses talents et son intrépidité. Il était colonel des Suisses dès l'âge de 14 ans ; il fut bientôt maréchal de camp , puis lieutenant général. En 1599, après la mort de son père, le roi lui donna le titre d'amiral de France. Biron était d'un caractère bouillant, d'une activité efi^rénée, brillant à la cour et sur les champs de baUille, prodigue, magnifique , sans aucun principe de morale, vain, léger, opiniâtre, présomptueux, n'épargnant pas même dans ses propos Henri IV, qui, en 1594, lui donna le titre de maréchal de France en échange de celui d'amiral qu'il rendit à Yillars. En 1595, il fut nommé gouverneur de Bourgogne ; Henri lui sauva ia vie au combat de Fontaine-Française, et, en 1598, après la reprise d'Amiens, le fit duc et pair. « Messieurs, dit le roi aux députés du parlement qui étaient venus le complimenter, voilà le maréchal de Biron, que je présente avec un ^gal succès à mes amis et à mes ennemis. »
Mais Biron avait toujours besoin d'argent; il s'irritait de ce que le roi n'épuisait point pour lui ses trésors. Il devait bientôt passer du mécontentement au crime. Beauvais là Nocle, sieur de Lafin, agent secret des Espagnols, qui, malgré la paix de Yervins, cherchaient toujours à exciter des troubles en France, gagna Biron, et celui-ci, dans une mission dont il fut chargé par le roi à Bruxelles, promit de se joindre aux rebelles que l'Espagne parviendrait à soulever en France. En 1599, lors du voyage du duc de Savoie en France, Biron fit un traité formel, contre Henri son bienfaiteur, avec ce prince et avec Fuentès, gouverneur de Milan. Quoique, dans la guerre de 1601, il combattit franchement le duc de Savoie, ses intrigues ne purent rester cachées au roi, qui eut avec lui une explication dans le cloître des cordeliers de Lyon. Biron fit des aveux, et Henri lui pardonna. Mais le maréchal continua ses menées : le roi l'avertit encore une fois et l'envoya comme ambassadeur à Londres auprès d'Elisabeth. A son retour, des preuves non équivoques de sa trahison furent découvertes ; Henri IV le fit venir à Fontainebleau et essaya inutilement de l'amener au repentir. Biron fut arrêté au milieu de la nuit, en sortant de la chambre du roi, conduit à la Bastille, jugé et condamné à être décapité; cette sentence fut exécutée dans l'intérieur de la Bastille, le 31 juillet 1602. Le maréchal de Biron était âgé de 40 ans.
Le petit-neveu de ce maréchal de Biron, Chai- LES-ARHAiia, né en 1663, mort en 1756, fut maréchal de France, ainsi que le fils de celui-ci, Louis- Antoine, né en 1701, mort en 1788. Arhaud-Lodis db Gortact (duc de Biron), né en 1747, neveu de Louis-Antoine, fut connu jusqu'à la mort de son oncle, dont il fut l'héritier, sous le nom de duc de LACzuif. A. S a vaguer.
BISCAYE, en espagnol Vizcaya, province d'Espagne, bornée au N. par la baie de Biscaye, à l'E. par le Guipuscoa, au S. par l'Alava, à l'O. par l'intendance de Burgos : 60 kil. sur 100; 200,000 habitants. Bu temps des Romains, les Cantabri, les Autrigones, les GarisU occupaient cette partie de l'Espagne; elle ne fut appelée Biscaye que depuis Alphonse le Grand (866). Vers le xi« siècle, Inigo Lopez, nommé gouverneur de cette province, s'y rendit presque indépendant, et 19 de ses successeurs la gouvernèrent aprêB lui comme seigneurs, jusqu'à la réunion de la Biscaye à la couronne de Castille, 1479. Après cette réunion les Biscayens conservèrent leurs coutumes et privilèges dits fueros. Ce n'est que dans ces derniers temps que des
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teodiflôatiotifly furent apportées, après une longue guerre civile. Bonuit.
BISCAYE (MER ou tàiE Bi), partie du grand golfe de Gascogne, n>8t qu*une sous-division de la mer qui baigne toute la côte septentrionale de la péninsule hispanique. On circonscrit le nom de baie de Biscaye à la partie qui longe la côte de la Biscaye propre. Cette c^te^ en général, est rude et sauvage, mais peu dentelée; la mer n*a point d*iles importantes. Le meilleur port est Santander. La mer de Biscaye nourrit des sardines excellentes, et, comme si la nature se plaisait à semer partout des contrastes, c*est dans cette mer que s*est opérée pour la première fois la grande pècbe des baleines. Mais aujourd'hui , décimé par l'acllvité d'une chasse destructive, cet énorme cétacé a pris pour refuge les- régions polaires , malgré l'exquise saveur des sardines qu*il consommait par milliers. Vai* Parisot.
BISCAYE (NotvtiLi-), ancienne province du Mexique, aujourd'hui partie de TÉiat de Durango, bornée par ceux du Nouveau -Mexique au nord, du NouveaU'Leon à Test, du Zacatecas au sud. BooiUBT.
BISGAYElf^ adjectif devenu substantif; on appelait mouêquet hiêca/en un fusil de rempart. Aujourd'hui on entend, sous le mot de hiscayen^ un petit boulet de fér ou balle de fer battu, de divers calU>res, dont on charge les canons pour lancer ces projectiles à la distance de 400 à 600 mètres.
On range les biscayens exactement par con« ches dans les boites à cartouches : on met au fond des boites un culot de fer battu qui donne beaucoup de portée aux biscayens, parce qu'il leur communique toute l'action de la charge qui, sans cela, s'échapperait à travers les balles et les ferait écarter davantage. Gabitte.
BISCUIT. (Mâtine*) Pain préparé d*une manière particulière, et qui sert de nourriture aux marins pendant leurs voyages. Le nom de biscuit, qui lui a été donné, ne signifie pas qu'il est cuit en deux fois , Aiais qu*on le fait cuire pendant un temps au moins double de la cuisson du pain ordinaire. Le biscuit de mer est fabriqué d'une pâte très-forte, bien travaillée et desséchée. Quand cette pâte a été parfaitement pétrie, on la divise par portions , auxquelles on donne la forme de galettes rondes ou carrées; cette dernière forme est préférable parce que les galettes ainsi feites s'arriment mieux dans les caisses et y laissent moins d*es|iace perdu. Dans cet état, on les laisse lever pendant seulement le temps de chauffer le fOur. Le biscuit, après sa
cuisson, doit être mis à ressuer , pendant six semaines, dans des soutes où se communique la chaleur des fours. Ce n*est qu*après ce ressnagé qu*ll convient de l'embarquer; il se conserve alors très^longtemps. S'il a été bien fabriqué et si Ton a soin de le tenir à Tabri de l'fiumidité. On le trouve souvent encore bon â manger après dix -huit mois et même deux ans d*embarquement. Les galettes de biscuit refroidies doivent peser six onces, qui forment la ration d'un homme pour chaque repas. On a reconnu que ces dix-huit onces de biscuit équivalent précisément aux vingt-quatBe onces de pain frais qui forment ordinairement la ration d'un soldat ou d*un matelot. J. t. Paiisot.
BISE. yoy. Vents.
BISEAU, extrémité conpéé en talus. En architecture, la plus grande partie des moulures se taille en biseau avant de recevoir Tarrondissement qui leur convient. Dans les plus anciens monuments de Tordre dorique, on remarque que l'échiné du chapiteau est taillée en biseau; cette forme s^arrondlt dans la suite, et vint à former un quart de rond. Les profils laissés ou talUéS en biseau donnent à l'architecture un caractère de force et de sévérité. — Bi$eau se dit en parlant de la taille des verres, des diamants, des pierres précieuses, des glaces de miroir, lunettes à facettes, etc. : c*est l'angle formé de leurs sa*perdes qui rejoignent ( /tn^tito an^utoto). On voit les objets doubles quand on les expose au biseau des deux côtés. — La plupart des outils des ouvriers en fer et en acier sont aussi taillés en biseau, c'est-à-dire qu^ils ont un petit UlUS pratiqué le long de leur tranchant (ofr//^Mé anr gulata fèrri acieê). ~ Cher les tourneurs et quelques autres, le biseau est un outil dont le tranchant forme Un angle aigu. — En termes d'orfèvre et de metteur en oravre, le biseau est ce qui tient et arrête la pierre de la bague dans le chaton. — En termes de fticteur dVgues, le biseau est le diaphragme, ou petit morceau d*étain où de plomb, qui couvre le tuyau et sert au résonnement de Torgue, ainsi que dans les autres instruments à vent, —te biseau ou chan^ ftein est encore une surface Inclinée, ou platebande, faite par l'arête rabattue d'une pièce de bois équarrie; on dit également, taillé en chan* frein ou en biseau, et Ton se sert aussi de ce terme dans la description de certains frtilts. ^ En termes dMmprimerte, les biseaux sont les morceaux de bois en glacis qui servent à entourer les pages des formes. ^ Enfin, biêeau se dit, dans une acception toute différente, de i*eiidroit du pain où la croûte ne a'éel point fofttiée»
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ce qui prùTitnt du contact et de la réunion des pains dam le four, partie que Ton appelle en latin partie pan moUior, et dam la basse lati^ Dite bUelluij d*où Ton a fait le mot hiseau, auquel on substitue yulgairement celui de bai-
SUfê, DlCTlORIIAIll DB LA COlIVBBSàTIOIf .
BISHOP, du mot biêhùp, évéque. Cette boisaon, digne, disait^n,d*élre présentée aux princes de rÉglise anglicane, est une espèce de punch composé de vin rouge qu*on fait bouillir avec do récorce d*orange et auquel on ajoute du sucre et du jus d*oranges douces* On le prépare externporanément avec une bouteille de vin rouge, deux onces de sirop d*oranges ou de limons, et ane once de teinture d*écorces d Vanges.
Cette boisson est bien connue en Angleterre, en Hollande et en Allemagne. V. Ratibb.
BISMUTH^ IChimU.) MéUl blanc Jaunâtre, très-cassant, ayant une structure lamelleuse, une pesanteur de 9,8S9, fmible à 256 degrés centigrades, mais non volatil, et cristallisant par le refroidissement en cubes posés les uns sur lea autres, de manière k former des pyramides creuses et bordées d'escaliers* Saiobt.
BUMUTH. (HiêlOire naturelie.) Ce méUl, non ductile, se reconnaît, à Tétat natif, à son tissu lamelleux et à sa couleur blanc jaunâtre. Il est fragile, et 8*égrène par le choc d*un corps dur* Il se f6nd à la flamme d*une bougie, il se dissout avec effervescence dans Tacide nitrique en répandant un nuage vert jaunâtre, et en formant un dépôt de la même couleur. L*acide sulfurique, .avec lequel il se trouve combiné dans la nature, donne à ce métal une couleur grise et le rend moins soluble dans Tacide nitrique. Comme le bismuth natif, le bismuth êulfuré cristallise en aiguilles et en petites lames; cependant il se dispose aussi en prismes hexaèdres saciculaires. Ainsi que le précédent , il présente des reflets irisés.
La minéralogie compte encore une troisième eapèce de ce genre, o*est le bismuth oxydé ; elle est assez rare, on la trouve principalement en Saxe : elle est tout â fait analogue au dépôt formé par la dissolution du bismuth natif dans Tacide nitrique. Le bismuth s'emploie utilement comme alliage pour donner plus d'éclat à Tétain. M. Darcet a découvert que l'amalgame de 5 parties de plomb , de 3 d'étaln et de 8 de bismuth , forme un alliage qui se fond dans l'eau k la température de 07» du thermomètre de Béaumur. Mionnet a. essayé d'employer cet alliage à prendre des empreintes des médailles antiques pour remplacer l'usage du soufre et substituer à ce minéral une matière moins fragile. Mais les empreintes
qnni a Obtenues n*avaient point la netteté dé celles en soufre.
La dissolution du bismuth, par Tacide nitrique, sert ft faire une encre sympathique que le plus léger contact de l'hydrogène sulfuré colore en noir; une composition qui sert à donner aux cheveux une couleur blond cendré , et le blanc de fard, dont le moindre désavantage est de dessécher la peau. Il serait a souhaiter que les femmes reconnussent aussi bien le danger de ce cosmétique que l'inutilité de celte teinture et de cette encre sympathique. Huot.
BISQUB, terme du Jeu de paume, pour exprimer l'avantage qu'un Joueur fait à un antre en lui donnant un quinze, que celui-ci peut prendre dans le cours de la partie, quand 11 le juge â propos. Ce mot vient de l'italien bisca^ biêeauma, qui signifie académie de jeu , d'où biëcoMiere, Joueur de profession, faits l'un et l'autre de bis et de eoitia, c'est-â-dire double chance. — On nomme aussi bisqub une sorte de potage ou coulis fait d'écrevisses et de divers ingrédients, et ce mot, dans cette acception, est fbrmé de bis et de cootuê, qui signifient deux fois cuit, parce qu'il faut que ce potage soit bien réduit au feu. Bicr. db la Corrv.
BIS9BXTILB. f^or> Anhéb (tome U, page B7).
BI98U9. f^ctr* Btssus.
BISTOUBI, instrument de chirurgie, ainsi nommé parce qu'il est retourné, et qu'il sert k oouper et â faire des incisions dans les chairs; en latin, novacula incurva, ou, selon Uuet, piBtorienHê gladiuê, du nom de la ville de Pistoie ou Pistori, renommée autrefois pour la fabrication des instruments de chirurgie, et dont on aurait fait, en français, biêtùuri, par corruption. Le bistouri a remplacé le scalpel (Beat" pellus, de sealpere, inciser) des anciens. Il a ordinairement la ferme d'un petit couteau, com*posé d'une lame et d'un manche ou châsse. La lame, qui est le plus souvent mobile sur le manche, peut être assujettie par un bouton, un ressort, un anneau coulant ou tout autre moyen, et quand elle est fixée sur le manche, elle donne au bistouri le nom de bisiouri à lame fixe ou doi-mante. Les dimensions, la forme et les mages du bistouri sont fbrt variables; il y en a de grands, de moyens, de petits, de plat^, de courbes, qu'on emploie suivant les cas, et dont nous ne donnerons pas ici l'énumération et la description, qui ne peuvent intéresser que les chirurgiens. X.
BISTBE. Le bistre est cette couleur brune et un peu Jaunâtre, formée de suie détrempée, ou tirée seulement des égouttures des tuyaux de
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poêles, dont les artistes se serrent pour dessiner et laver sur le papier. On fait avec le tabac une couleur à peu près semblable au bistre, et qui a sur lui quelques avantages. Quelquefois on s*est servi pour le même objet du jus de réglisse noir. Les peintres anciens ont fréquemment employé le bistre pour exprimer les premières pensées de leurs tableaux; aussi la gravure s*est-elle appliquée, et avec succès, à reproduire leurs dessins ainsi colorés. L. C. Sotkb.
BITAUBÉ (PAUi^JtRÉMiE), né en 1733, à Kœnigsberg, en Prusse, appartenait à Tune de ces familles protestantes que Louis XIY obligea de quitter leur patrie ; mais ce fut dans la langue française que Bitaubé publia ses premiers essais; c*est en France qu*il vint fixer son séjour, dès qu*il lui fut possible d*exécu ter ce projet.
Une traduction libre de Tlliade, publiée à Berlin en 1762, attira sur le jeune auteur les regards de Frédéric, qui, pour Tattacber à la Prusse, le nomma membre de son académie, et «goûta une pension au traitement atttaché à cette place. Bitaubé sollicita une faveur plus précieuse encore pour lui, et Frédéric lui permit d*aller passer plusieurs années à Paris, afin d*y. perfectionner son ouvrage.
Il y fil paraître, en 1764, sa traduction complète de riliade, et le succès qu*elle obtint nePempécba pas d*y apporter encore pendant plusieurs années d'utiles améliorations que firent connaître des éditions successives. Ce fut seulement en 1785 qu'il y joignit la traduction de TOdyssée, à laquelle il avait aussi consacré beaucoup de temps et de soins. Homère, dont on n'avait encore en français que la traduction de JH^^ Dacier, eut enfin un interprète un peu plus digne de lui.
Dès ses plus tendres années Bitaubé avait partagé son admiration entre les beautés de la Bible et celles d'Homère; l'épisode si toucbant de Joseph lui inspira un poème en prose qui ne fut pas moins bien accueilli que ses traductions et qui eut des éditions nombreuses.
La révoluUon de 1789 vint rendre à Bitaubé ses droits de cité. Il redevint Français. Son poème Guillaume de Nassau ou les Bataves, peinpeinture énergique et animée de l'élan patriotique qui affranchit la Hollande, fut son tribut au nouvel ordre de choses ; mais bientôt les orages . politiques, des passions révolutionnaires menacèrent les jours de Bitaubé, comme ceux de tant d'autres hommes vertueux. Ami de Brissot et de Roland, comme il l'avait été autrefois de Thomas et de Duels, il devait être suspect aux décemvirs de 1793 ; aussi fut-il jeté dans leurs cachots sur un mandat d*arrèt qui portait entre
autres causes : c Ancien membre de rAcadémie des inscriptions et belles lettres. » Rendu à la liberté le 9 thermidor, avec une épouse qui avait partagé et adouci sa captivité, Bitaubé se trouva encore dans une position très-fâcheuse; mais la paix signée avec Frédéric-Guillaume, la nomination du traducteur d'Homère à la 3« classe de l'Institut, vinrent enfin lui rendre des j^irs plus heureux. Plus tard Napoléon le nomma membre de la Légion d'honneur et lui accorda une pension. Une édition complète de ses* œuvres, en 9 vol. in-8o, publiée en 1807, acheva de lui assurer une aisance conquise par des travaux estimables. Mais bientôt après la perle de sa compagne, dont les qualités et la tendresse étaient devenues en quelque sorte une partie de son existence, mina sa santé. U mourut en iSOS.
Sa carrière littéraire s'était terminée, en 1803, par la publication d^Bermann ei Dorothée, imitation pâle ^t décolorée du poème de Goethe. M. OOUT.
BITHTNIE. Dans l'antiquité, c'était un royaume de l'Asie Mineure, qui avait pour limites au nord le Pont-Euxin, le Bosphore de Thrace et la Proponlide, au sud la Phrygie. Ce royaume portait originairement le nom de Bébrycie, des Bébryces, qui l'habitaient, et qui tiraient le leur, suivant la tradition d'Arien, consacrée par Eustathe, de Bébrycé, fille de DanaUs. Ce pays des Bébryces prit ensuite le nom de Bithynie d'un fleuve de Thrace appelé Belhyas. Avant Crésus^ la Bithynie était yn, État indépendant, gouverné par un prince de son choix. Lorsque Prusias I*' perdit la vie en combattant contre Crésus, elle tomba au pouvoir des Lydiens l'an 560 avant Jésus- Christ, et fut ensuite conquise par les Perses. Mais elle sut résister aux armes d'Alexandre, et finit par secouer le joug de la Perse. Le restaurateur du trône de Bithynie était Bias ou Bas, prince indigène. Ce fut chez le successeur de celui-ci, Prusias II, qu'Annibal se réfugia et s'empoisonna 183 ans avant Jésus-Christ. Nicomède, dernier roi de celte race, légua son empire aux Romains 75 ans avant Jésus-Christ. Les fameuses villes de Nicomédie, Nicée et Héraclée, étaient situées en Bithynie. Les Ottomans y fondèrent un nouvel empire en 1298, dont Prusa, capitale, florissait en 1397. — Maintenant, cet ancien royaume forme une province de l'Anatolie, dont Bursa est la capitale. Cette ville, trèsconsidérable, était autrefois (de 1350 à 1452) la capitale de l'empire turc. On suppose que* c'est la même que Prusa, dont il vient d'être fait mention plus haut, qui fût bâtie par Prusias, roi de Bitbynle« C*est près de là que se livra la ffa-
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meuse bataille que perdit Bajazet, vaincu par Tamerlan, et où périrent plus de 400 mille hommes. Dict. bb la Conv.
BITTES. (3farfne.)Les bittes sont deux pièces de bois verticales, placées au milieu du premier pont d*un vaisseau, un peu à Tanière du mât de misaine ; elles laissent entre elles un intervalle d*un mètre environ, elles traversent le' pont et sont bien fixées par le pied au faux pont; elles sont en outre fortement arc -boutées par des pièces de bois horizontales qui sont chevillées au pont; enfin elles sont croisées à la hauteur d^appui, par une pièce horizontale en chêne recouverte d*une pièce arrondie en sapin. Tous ces soins sont nécessaires pour bien consolider les bittes, auxquelles on amarre le câble de Tancre mouillée, qui retient le vaisseau en rade. Bitterle câble, c*est le rouler autour des bittes. Les vaisseaux ont toujours deux rangs de bittes Tun derrière Tautre. On établit aussi sur le platbord et à Tavant de tous les bâtiments des pièces de bois nommées bittons, et qui servent à amarrer les bâtiments dans les ports. Ddb...
BITUME, substance minérale combustible que Ton serait tenté de regarder comme étant d^origine végétale, à en juger par la quantité de carbone qui entre dans sa composition. Son principal caractère est de répandre pendant sa combustion, qui est toujours accompagnée d*une flamme peu brillante et d^ine fumée épaisse, une odeur particulière queFon désigne pour cela sous le nom de bitumineuse.
Cependant, à Taide d'autres caractères, on a été conduit à distinguer plusieurs espèces de bitume, que nous allons examiner*
Le nophte est une matière liquide à la température ordinaire, d*une couleur jaunâtre, extrêmement inflammable, répandant une forte odeur de goudron, et soluble en toute proportion dans Palcool.
Le pétrole est un bitume liquide et huileux, de couleur noirâtre plus ou moins foncée; il donne du naphte à une distillation douce et laisse pour résidu une matière grasse, épaisse, visqueuse qui prend delà consistance lorsqu'elle a été exposée à Pair.
Le naphte et le pétrole sont toujours unis dans la nature. Ils accompagnent le gaz hydrogène carboné qui se dégage de Tintérieur de la terre dans certaines localités; dans les environs de Bakou sur les bords occidentaux de la mer Caspienne, il suffit de creuser un puits de 8 à 10 pieds de profondeur pour que le mélange de naphte et de pétrole s'y rassemble en grande quantité; on en extrait aussi près d'Amiano dans le duché de
Parme, et sur la pente des Apennins dans celui de Modène, ainsi qu'en France aux environs de Pézenas, dans le département de l'Hérault.
Partout où le naphte est abondant il est employé pour l'éclairage, comme l'hydrogène carboné. Celui que l'on extrait à Gabian, dans les environs de Pézenas, est en usage comme vermifuge sous le nom â^huile de Gabian. '
Le bitume élastique, appelé communément caoutchouc minéral, a reçu le nom detlapèche et d*élatérite. C'est une substance d'un brun plus ou moins foncé, compressible, et qui devient élastique lorsqu'elle a été chauffée dans de l'eau bouillante. Son odeur tient â la fois de celle du cuir et de celle du suif. On trouve Télatérite en Angleterre, dans les mines de plomb d'Odin, dans le Derbyshire; et en France, dans les mines de houille de Montreloir, près de Yarades, département de la Loire-Inférieure.
Sous le nom de malthe on désigne le bitume glutineux appelé aussi poix minérale, pétrole tendre, goudron minéral, eipissasphalte, substance molle, glutineuse, qui, douée d'une assez grande dureté l'hiver, se ramollit l'été, mais qui se fond toujours dans l'eau bouillante et se dissqut dans l'alcool. La malthe abonde dans un grand nombre de pays , en Europe et en Asie : la Suisse, la Bavière, la Hongrie, la Galicie et la France possèdent plusieurs localités où elle découle soit du calcaire, soit du grès, soit de l'argile, soit aussi de quelques roches d'origine volcanique ou en contact avec celle-ci. Ce bitume est employé à 'différents usages : oa en enduit les cordages et le bois qui doivent servir dans l'eau ; on s'en sert pour goudronner les toiles, pour préserver de l'humidité les plâtres jet les constructions en maçonnerie, pour mastiquer les caves, les citernes et les fosses d'aisance. Mélangé avec des sables et des calcaires en poudre, il remplace avec économie et solidité les dalles, les tuiles, les ardoises, etc. On le fait entrer dans la composition du vernis dont on recouvre le fer et dans des peintures grossières qui ont besoin d'être très-solides; enfin on s'en sert en Auvergne, en Suisse, en Allemagne et en Hongrie pour graisser les voitures.
Le bitume solide est connu sous les noms d*aêphalte, de bitume de Judée, de poix miné^ raie scoriacée ^ de karabé de Sodome et de baume de momie. C'est une substance noire, solide, brillante, à cassure coooldale, insoluble dans l'alcool, et fusible â une température plus élevée que celle de l'eau bouillante. Son nom d'asphalte lui vien^4e la mer Morte, autrefois le lac Asphaltite, où elle est exploitée de temps
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inunémorial, avdo d^auUnt plui de facilité quelle surnage Teau et que le yeut la pousse et la réunit dans les anses ou petits goltes de ce lac. Les Égyptiens s*en servaient dans les embaumements^ les Babyloniens en enduisaient les briques qu'ils employaient aux divers édifices de leur ville ; les Romains même en recouvraient d'une couche légère les statues quHls voulaient' préserver des injures de Tair. Les modernes le font entrer dans la composition de certains ver* Dis noirs, dans la couleur connue sous le nom de bilume de Judée, et dans celle qui a reçu le nom de momte; parce qu'on Ta souvent extraite des anciens cadavres égyptiens.
X II existe encore un autre bitume qui est sans usage dans les $rts; c'est le retinusphaUe ou rétinii$, matière solide, d'un brun plus ou moins clair, d'un aspect résineux et qui a quelquefois l'apparence du succin ou de l'ambre compact et veiné. Il est fusible à une basse température; il pétille au feu et répand en brûlant une odeur d'abord agréable, puis bitumineuse.
Le retinasphalte se trouve dans le Devonsbire, en Angleterre, en rognons isolés dans la formation de lignite. 11 en est de même de celui qui existe dans l'État de ^ew-Tork en Amérique. J. HOOT.
IITURIGES. f'cir, Bnu.
IIYAG. Ce mot est composé de deux mots hollandais, bx, auprès, et wakf, veille. Le mot bivac (en allemand bexwachi) a acquis dans les guerres de la révolution un sens plus étendu que celui qu'on lui avait donné jusque-là. Il ne s'entendait que d'une veille ou garde de nuit que faisait extraordinairement en plein air un poste, une division, quelquefèis même une armée entière; mais ce n'était que dans les occasions périlleuses qu'on tenait une armée au bivac. Dans les circonstances ordinaires l'armée restait campée sous des tentes ou logée dans des baraques qu'elle avait faites elle-même. Dans les premières campagnes de la révolution, nos généraux, reconnaissant avec le maréchal de Saxe que tout le secret de la guerre est dans les jambes, se délivrèrent des embarras du campement et du liaraquement, et tinrent habituellement toutes les troupes au bivac, excepté dans la mauvaise saison et quand les armées devaient prolonger leur séjour dans lés positions qu'elles occupaient. Quand une troupe bivaque, une partie est de garde pendant que l'autre se repose sur la terre. Quelquefois on distribue de la paille au soldat pour se coucher; BMis souve^ on ne peut pas lui en procurer ei il couche sur la terre.
De tout temps on a lut bivaquer les troupes»
soit quand elles sont en présence de l'ennemi, soit quand on fait la circonvallation d'une place. La santé du soldat a sans contredit à souffrir dans les nuits froides et humides du bivac presque constant auquel il a été soumis; mais la rapidité introduite ainsi dans les mouvements de nos armées rachète cet inconvénient et leur pro* cure dans les manoeuvres une supériorité à laquelle la France est redevable d'une parëe des victoires qu'elle a obtenues pendant tant d'an* nées. GàtXTTi.
BIVALVES, yqjr, COQDILLIS.
BIZARRE (de bi$ et variare), ce qui diffère des choses de la même espèce et s'écarte des règles générales que la nature, l'usage ou l'opinion leur ont prescrites. Un homme bixarre est un homme dont le caractère, les goûts, les opinions varient sans cesse, sans être jamais conformes au caractère, au goût, aux opinions générales des autres hommes; ou qui se fait remarquer par une pure affectation de ne rien dire ou ne rien foire que de singulier. U est dangereux de passer pour bizarre : cette réputation nuit à la confiance que l'on désire inspirer. L'on regarde aussi comme bizarre celui dont le caractère est inégal et brusque, ce que l'on peut distinguer parla dénomination defankiêgue; mais biMarre s'applique plus particulièrement à celui qui, contre le goût ordinaire, se distingue par Ui smgularité de ses prédilections ou par l'extra* vagancedans u conduite, comme l'exprime ce vers de Boileau :
Mali mol qn'oa ynln caprice, hm hàmrrt hamear, «le.
Bizarre signifie aussi extraordinaire, singulier, ainsi que l'indique ee vers du bon la Fontaine :
Flof le tour est hi%arr$ et pins ^e (b Fortane) est contente, etc.
y'ox, Caprigi. F. Ratmon».
BLACAS (Blaeude), seigneur d'Aulps, surnommé le grand guerrier, et l'un des neuf preux de Ui Provence, naquit au milieu du xu« siècle. Sa naissance était illustre, car les chartes du temps prouvent qu'il tenait le rang de haut baron. Sa valeur, son esprit et sa magnificence lui donnèrent un grand crédit i la cour d'Alphonse II et de Raimoud Bérenger, comtes de Provence. Les contemporains de Blacas, éblouis par ses grandes qualités, ont peut- . être cru qu'il manquerait quelque chose à M gloire s'ils n'inscrivaient son nom parmi ceux des troubadours. Mais le peu de tensons qu'on a recueillies de lui ne donne pas une idée fort avantageuse de son imagination poétique* Sa
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renommée guerrière était asiUe sur des fondements plus solides; aussi son caructère est*il imssé k l0 postérité comme le type de la générosité et de la vaillance. Les vieux historiens nous en ont transmis le portrait suivant : a No« ble baron, riche, généreux, bien fait, il se plai* sait à faire Tamour et la guerre, à dépenser, à tenir des cours plénières. Il aimait la magnificence, la gloire, le chant, le plaisir et tout ce qui donne de Thonneur et de la considération dans le monde. Personne n*eut jamais autant de plaisir à recevoir que lui à donner. Il nourrit toujours les nécessiteux ; il fut le protecteur des délaissés, et plus il avança en âge, plus on le vit croître en générosité, en courtoisie, en valeur, en richesse et en gloire, plus aussi il se fit aimer de ses amis et redouter de ses ennemis* U fit les mêmes progrès en esprit, en savoir, en habileté à composer et en galanterie. » Ces derniers traits, s'ils ne sont pas outrés, peuvent foire supposer que les chansons les plus remarquables de Blacas ne sont pas parvenues jusqu'à nous. Blacas mourut dans un voyage à Rome en 13^5. Bertrand d'Alamanon, Richard de Noves et Sordel (poète du Mantouan), ses amis et ses frères d'armes, ont célébré sa mémoire par plusieurs chants funèbres. Celui de Sordel est surtout remarquable par la hardiesse d'une apostrophe qu'il adresse nommément à tous les princes de la chrétienté, en les conviant à venir manger du cœur de Blacas, s'ils veulent être animés de son courage. Blacas eut deux petitsfils également célèbres dans les armes, Blacasset de Plaças, qui composa le poème De la mamèr0 de bien guerrqjrer, et Guillaume de Blacas, l'un des preux que Charles d'Anjou, comte de Provence, choisit pour le combat en champ clos que ce prince, à la tête de cent chevaliers, devait soutenir contre Pierre 111, roi d'Aragon, dans la ville de Bordeaux, le l«r juin 1283, mais où'l'Aragonais ne Jugea pas à propos de paraître. DlCT. DX Là. CONViaSATIOll.
BLACK (JosKPi), chimiste, né en 1738 à Bordeaux, de parents écossais, étudia la médecine à Glascow, sous le célèbre CuUen, qui lui inspira le goût de sa science. D^à dans la thèse qu'il soutint pour obtenir le titre de docteur en médecine, il fit connaître ses découvertes sur racide carbonique et les alcalis, découvertes quUl développa plus tard dans les essais physiques et littéraires de la Société littéraire d*Édimbourg (1756). Il y démontre l'existence d'un fluide aériforme, qu'il appelle air fixe et dont la pr^ence adoucit la causticité des alcalis et des terres calcaires, Cette découverte peut être cou-
sidérée comme le principe de toutes celles qui ont immortalisé les noms de Cavendish,dePriestley, de Lavoisier, et qui ont fait prendre ^ la chimie une fece nouvelle. En 1757 il enrichit encore la science de sa Théorie du calorique latent. Dès 1756 il avait été nommé, en remplace* ment de Cullen, professeur de médecine à Tuniversité de Glascow, et en 1765 il lui succéda dans la chaire qu'il occupait à Edimbourg. Son enseignement contribua beaucoup.à populariser dans la Grande Bretagne le goût de la chimie. U mourut en 1709. L'Académie des sciences de Paris, sur le rapport de Lavoisier, l'avait nommé l'un de ses huit membres étrangers. Black était de mœurs simples, d'un caractère froid et réfléchi. Comme médecin sa réputation fut bornée, et comme chimiste il nuisit à sa propre renommée par son opposition aux nouvelles théories chimiques, auxquelles cependant il finit par rendre justice. On a de lui : Lectures on che^ mitf/rr ( Edimbourg, 1805,3 vol. in-4o), deux mémoires dans les Philoeophical traneactione, 1774 et 1701, et deux lettres sur des sujets de chimie publiées parCrell et Lavoisier. Cofiv. Ltx. BLACRSTONE (sir Wiu.iah), célèbre jurisconsulte, né à Londres en 1733, fils d'un tisserand en soie, perdit de bonne heure ses père et mère, et fut élevé par un parent jusqu'en 1738; alors il se rendit à Oxford où il ne tarda pas à se distinguer par son application et par des talents remarquables. Il montra des dispositions et du goût pour la poésie, se décida toutefois pour le droit, et en entrant à l'école de Biiddle-Temple de Londres, il composa un poème fort spirituel qui a pour titre : Adieuw d'un lègitte ans muêee. Ce poème se trouve dans le recueil de Dudley. En 1746 il commença à plaider devant les tribunaux comme avocat; mais manquant du talent de Télocution, il ne put parvenir à se faire une réputation, ce qui rengagea à retournera Oxfèrd où il avait d^à précédemment possédé un bénéfice {fellowêMp), On ne faisait pas alors de cours publics sur le droit civil et politique anglais : Blackstone se décida à remplir cette lacune dans l'enseignement et ouvrit en 1753 des cours publics sur la constitution et la législation de son pays, cours qui furent très-suivis. Cetteinnovationdonnaàunjurisconsulte nommé Viner l'idée de léguer par son testament une somme poiir servir à la fondation d'une chaire de droit public anglais; et quand, après la mort de Viner, en 1758, on se disposa à nommer un titulaire pour cette chaire, Blackstone fut nommé à l'unanimité. La gloirequelui procurèrent pendant plusieurs années ses leçons l'engagea à se
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représenter de nouveau à Londres, comme avocat, et alors il acquit une grande réputation. En 1761, il entra au parlement et bientôt après il abandonna sa chaire d'Oxford. En 1759, Blackslone avait publié une nouvelle édition de la Grande Charte avec une préface historique. Ses lectures publiques lui servirent ensuite de base pour son ouvrage intitulé : Commentaries on ihe lato of England, dont le !•' volume parut en 1765 et fut suivi de trois autres. Dans cet ouvrage célèbre, il ne se contenta pas de donner simplement TexpUcation des lois, mais il chercha à en ofiPrir le commentaire le plus complet, et sesefiPorts furent d*autant plus méritoires qu'il n*avait pas de modèle dans ce genre. Il ne se borna pas à exposer d*une manière philosophique les principes du droit civil et politique anglais, mais il présenta avec clarté la défense du système en général; et, abstraction faite de quelques propositions hardies, il se montra zélé défenseur des prérogatives de la couronne, sans beaucoup de tolérance en matière religieuse. Par là il s'attira de vives attaques,'et il trouva un vigoureux adversaire en Bentham qui avait dirigé contre lui son Fragment on government Un travail constant mina sa santé; il mourut le 14 septembre 1^80, après avoir refusé, en 1770, le poste de soUicitor général,
La meilleure édition de ses Commentaries, imprimés 15 fois en Angleterre et traduits en plusieurs langues, est celle de Christian publiée en 1809 à Londres, en 4 volumes. Corrv. Lsx.
BLAIR (HooH ), l'un des prédicateurs et des écrivains les plus célèbres des temps modernes, naquit en 1718 à Edimbourg, où il étudia la théologie. Les preuves qu'il ne tarda pas à donner de ses talents et de son éloquence lui valurent déjà en 1743 une place de ministre, qu'il échangea, dès l'année suivante, contre la même place près de l'église cathédrale de sa ville natale, où il s'éleva, en 1758, à la plus haute dignité de l'Église presbytérienne en Ecosse. Une fois parvenu à ce faite de sa sphère d'activité pratique, qu'il ne perdit jamais de vue, il ne tarda pas à se créer une carrière littéraire; et déjà à la fin de l'année 1759 il ouvrit, avec l'approbation de l'université, des conférences publiques sur la théorie de l'éloquence. Le gouvernement fonda, en 1762, une chaire spéciale de rhétorique et de belles -lettres, qui lui fut conférée en reconnaissance de ses honorables services. Nous connaissons sa théorie de l'éloquence par ses Lectures on Rhetoric and belles-lettres (i vol., Londres, 1783, in-4o), traduites en français par Cantwell (Paris, 1797, 4 vol. in-8o) et avec plus
de succès par Prévost (Genève, 1808). Ses pensées sur la rhétorique, sans avoir un caractère original, ofiFrent beaucoup d'attrait et d'instruction à celui qui veut se familiariser avec les principes de l'art oratoire, par la multitude d*ex« cellentes observations pratiques qu'elles contiennent sur la composition. Il rendit aussi des services signalés à la poésie, en soutenant de toute son activité les travaux de Macpherson dans la publication des chants d'Ossian, et le premier il en soutint l'authenticité dans un traité remarquable sous tous les rapports (pœms o/* OMtan). Enfin il devint, en 1755, le fondateur de VEdinburg Review.
Mais ce fut surtout par ses sermons que Blair acquit sa célébrité. On les regarde comme des modèles de l'éloquence sacrée chez les Anglais. Ils se distinguent par une exposition claire et élégante; ils tendent moins à briller par des formes oratoires qu'à produire une douce persuasion, et sont plutôt des traités de morale que des sermons. Leur première partie ne parut qu'en 1778, et déjà l'année suivante ils arrivèrent à leur 10« édition. Blair en publia plus tard Une seconde collection qui eut le même succès que la première. On les a traduits dans presque toutes les langues; parmi les traductions françaises, nous citerons, comme la plus estimée, celle de l'abbé de Tressan, qui a été faite sur la 3âe édition anglaise {Sermons de Hugues Blair, 5 vol. in-8o, Paris, 1807). Les sermons de Blair devaient d'autant plus agir sur ses auditeurs qu'il donnait lui-même l'exemple sévère de ses préceptes et qu'il ofl^rait, autant que l'homme en est capable, la digne image d'un parfait apôtre de la religion. Pendant toute sa vie, il travailla avec une sage modération à la liberté et au bienêtre de son église, et mourut heureux et généralement estimé et regretté, en 1801, après une courte maladie. Conv. Lbx. hod.
BLAIREAU (mêles) ^ genre de mammifères plantigrades, de la famille des carnivores, ordre des carnassiers, selon la méthode de Cuvier. Linné l'avait considéré comme une espèce du genre ours, ainsi que tous les animaux qui, comme l'ours, marchent en reposant sur la plante du pied tout entière.
Le blaireau, ursns mêles, L. ; Encycl., pi. 55, fig. 4; BufiP., 7, pi. 7; Schreb., pi. 143, a deux ou trois pieds de long. Le dessus de la tête est presque blanc, la face est traversée de la base des oreilles en passant sur l'œil par une bande noire; une autre bande blanche, inférieure à celle-ci, s'étend depuis l'épaule jusqu'à la mousUche. Le dessus du corps est grisâtre, le dessous noir. —
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Schreber, fig. 149, b, représente, sous le nom d*ur$u$ iaxus, un blaireau dont le ventre est d*un gris plus clair que les flancs, où Poreille est de la couleur générale et seulement bordéede noir, où la bande noire de la face est supérieure à Tceil, sans y toucher; est-ce une variété ou une espèce?
Le blaireau habite l*Europe et TAsie tempérée: Pallas Ta rencontré dans Touest de TAsie, au nord de la mer Caspienne; les Calmoucks en mangent la chair. C*est un animal défiant, solitaire, qui recherche les bois les plus déserts et s*y creuse un terrier d*où il ne sort que pour chercher à manger; le boyau de ce terrier est tortueux , oblique , et poussé quelquefois trèsloin. Comme la plupart des animaux, attaché au site où il est né, le blaireau, débusqué de son souterrain, soit par Thomme qui Ta détruit, soit par les ruses du renard qui Ten chasse en y déposant ses ordures, ne change pas de pays. Il creuse un nouveau terrier à peu de distance ; il n*en sort guère que la nuit, s*en écarte peu, car la brièveté de ses Jambes ralentit sa fuite, et les chiens Tout bientôt atteint, pour peu qu*il en soit éloigné. Dans ce cas, le blaireau se couche sur le dos, se défend des ongles et des dents. Outrequ^ila beaucoup de courage, il a la vie très-dure, de sorte qu'il regagne le plus souvent son terrier qu'il faut défoncer pour r> prendre.
Le blaireau vit principalement de proie; il déterre les nids d'abeilles-bourdons, il chasse les lapins et les mulots; il mange aussi des sauterelles, des serpents, des œufs, et sans doute quelquefois des fruits et des racines. Son terrier est toujours propre. On trouve rarement ensemble le mâle et la femelle. C'est en été que celle-ci met bas trois ou quatre petits. Dr..z.
BLAK.E (Kobeet), célèbre amiral anglais, né en 1599, à Bridgewater dans le comté de Somerset, contribua beaucoup à faire prendre à la marine de son pays le rang qu^elle occupe maintenant. Il affaiblit la puissance des Hollandais et des Espagnols et prit à ces derniers une flotte des Indes chargée de grandes valeurs.
Il embrassa chaudement le parti des indépendants et fut, après la mort du comte de Warwick, nommé amiral, sans avoir parcouru tous les rangs inférieurs. Alors il devint le redoutable adversaire de Tromp. Blake apprit aux marins à mépriser les forteresses. Cromwell l'estima; mais, connaissant ses idées républicaines, il saisit, en 1657, l'occasion de l'éloigner, en le chargeant de faire respecter l'honneur du pavillon anglais dans la Méditerranée. Le nom seul de Blake suffit pour inspirer ^ crainte aux États barbaresques et Iç respect aux pays voisins. La
faiblesse de sa santé le força de retourner dans sa patrie. Il mourut en 1657, au moment où sa flotte entrait dans le port de Plymoulh. Cromwell honora sa mémoire par des funérailles magnifiques et le fit enterrer dans l'abbaye de Westminster. Le caractère de Blake était sombre, sévère, et dans toutes les circonstances ce marin se montra calme et impassible. Cofrv. Lsx. BLAKE (WiLiUM), graveur, peintre et poète anglais d'une étonnante imagination, d'un talent plein de magie, l'un des artistes les plus originaux de celle Angleterre, si féconde en génies d'un type unique. William Blake naquit le 28 novembre 1757, à Londres, d'un père bonnetier, fort entêté de son commerce, et qui- voulut, bon gré mal gré, y dresser son fils dès sa plus tendre enfance. Son goût était ailleurs, et il s'était de lui-même choisi d'autres maîtres moins coûteux, et avec lesquels il se plaisait davantage. C'étaient quelques figures de Raphaël et de Reynolds, qui lui étaient tombées sous la main, et qu'il se mit à copier avec une incroyable ardeur et à varier de cent ftiçons. Le blanc des factures, les planches de la boutique, les marges des livres de compte, reçurent de fréquents témoignages de cette passion du petit William pour le dessin. Son père s'en affligea d'abord ; mais enfin il vit qu'une plus longue résistance n'aurait pu que nuire aux excellentes dispositions que l'enfant avait montrées. 11 était né artiste. William entra donc comme apprenti, engagé pour sept années, chez Bazire, graveur en grande réputation à Londres, à celte époque. Cependant, il ne négligeait, pour la gravure, son occupation ordinaire, ni le dessin, ni la peinture; il allait aussi prendre des leçons de dessin et de modelé chez Flaxman et chez Fuseli, qui l'avaient pris en grande afiFéction. De 14 à 20 ans enfin, que dura ce glorieux apprentissage, il ne cessa de travailler joyeusement et courageusement ; ses heures de repos même se passaient en études diverses. Outre ce qu'il acquit d'expérience et de finesse de main dans la pratique de son art et de ceux qui s'y rattachent, ou plutdt qui en sont la base, il trouva encore le temps de composer un assez grand nombre de poésies, chansons, odes, ballades et sonnets, et même un essai dramatique, pleins de sentiments naïfe et profonds, et où brillaient des qualités si heureuses et d'un ordre si peu commun que John Flaxman, à qui il les communiqua plus tard, à 30 ans, en fut charmé et lui conseilla de les publier, se chargeant lui-même de faire les frais de cette publication. — Au sortir de son apprentissage, qui avait duré un peu
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moini de sept ans, l}lake fit deux parts de son temps % la première, par esprit d^ordre, il la oonsacra reKsieasement à la grature, qui M rapportait de quoi Tivre dans une honnête aisance ; la seconde, il la donnait avec effusion à la peinture ou au dessin et à la poésie, quMl cultivait simultanément. Sa première Jeunesse s*é«coula ainsi. Tout ce qui le détournait du travail lui paraissait futile et vain. — Cependant, avec rage, le désir de trouver une Ame qui répondit à la sienne lui était venu. Il touchait ft 96 ans. Ge fnt dans ces dispositions qifil vint à connaître une naïve Jeune fille, d*une naissance fort humble et d*une grande beauté, Catherine Boutcher, dont sa plume et sou crayon retracèrent mille fèis depuis le nom et les traits. U Tépousa. — Peu après la mort de son père, notre artiste revint ft la maison paternelle, qu*il n'avait presque plus habitée depuis son entrée en apprentissage ches Bazire. Il vint t''j établir avec sa Catherine. Puis, vouUint essayer un peu du négoce, il prit un associé qui avait été son camarade d'atelier, et ouvrit un magasin de marchand d'estampes. Ce commerce, quoique fort du goût de sa femme, qui s'y adonnait volontiers, ne lui réussit point. Il y renonça, quitta de nouveau la maison de son père, et se retira dans un quartier tranquille pour s'y livrer tout entier et avec abandon à ses travaux de prédilection. Dès lors, les productions de tous les genres sortirent en foule de ses mains. — II conçut vers ce temps l'Idée d*une publication d'un genre nouveau et original, f6rt estimée des gens de goût, et qui lui fit le plus grand honneur, et à la toi» une réputation de peintre et de poète. Nous voulons parler de l'ouvrage intitulé : les Chanté de l'innocence et de l'espériénce, titre assex bizarre. C'est une CBUvre du plus grand mérite, qui se compose de 65 pièces : poésie et dessin y sont réunis, selon l'habitude que l'artiste avait contractée dès ses premiers essais. — Ces sujets sont des scènes diverses où l'auteur peint les hommes comme il les voyait au moment de l'inspiration. L'enfance Joueuse y est surtout représentée avec une simplicité qui diarme. Joies et soucis domestiques, pleurs et ris, toute la vie intime , avec ses alternatives de peines et de plaisirs, tout cela y es| retracé avec une grande Tértté et une singulière énergie d'expression. Il y manifeste aussi déjà en plus d'un endroit cet esprit mystique et dt seconde vue, si Ton pettt ainsi dire, qu'il répandit profusément depuis, surtout dans ses dcâmiers ouvrages. On dit que dès lors il éprouvait dans la contention d'esprit où le jetait la composition une sorte dMllumi-
nisme qui le tomrmentait josqù^à ce que l'œuvre fût faite, et où sa raison se perdait. Il se croyait alors sous l'influence toute-puissante d'esprits supérieurs. Dans ces moments, il voyait les figures, il écoutait les voix des héros de ThiSr toire et de la religion ; le voile qui dérobe à nos yeux vulgaires les choses du passé et de revenir se levait devant lui, et il lui semblait parfois même entendre ceête voiw terrible qui appela Adam parmi Uê arbres du jardin. — Notre artiste était puissamment doué de cette faculté de voir par les yeux de Tâme. Il avait des hallucinations et des visions fréquentes, qu'il traduisait sur le papier indifféremment à l'aide de la plume ou du crayon avec une merveilleuse fèrce de réalisation. — Il dut sans doute à la fr^ quenoe de cet état d'abstraction rêveuse ses défauts et aussi peut-être ses qualités. Il y tombait régulièrement à certaines heures. Dans les intermittences, entre les paroxysmes, pour ainsi parler, de cet état fiévreux de l'esprit, le matin d'ordinaire, Blake se livrait avec un grand calme et une exemplaire assiduité à ses travaux de graveur. Pu|s, ce travail fait, qui lui procurait honorablement, comme nous l'avons dit, son pain quotidien, il taiissait là la gravure, et se retirait eu quelque sorte dans son monde idéal et fantastique. Là, c'étaient des scènes de féerie d'une éblouissante splendeur, où bien d'étranges et ténébreuses visions. C'étaient des entrevues avec des esprits de toute nature, anges et démons, fées, déesses, sylphides. It tout cela très-sérieusement : il y croyait. Bien différent d'Uoffinann, qui se jouait avec ses créations, et n'y croyait pas lui-même au delà du moment de transport où elles se formaient dans son esprit, Blake avait fOi, et toujours, dans ses propres fanttoes. Il en avait peur; il causait, il riait, il pleurait avec eux ; il visitait, dans leur compagnie, des mondes mystérieux, qu'il ne ftit donné à aucun autre d'entrevoir; et il nous en a laissé de ravissantes images et d'incroyables récits. *- C'est ce commerce de visionnaire avec des êtres d'un ordre surnaturel, créatures de la fantaisie, qui a empreint ses œuvres d'un caractère et d'une couleur qui leur sont propres, sans exemple Jusque-là, et qui se reproduisent plus ou moins dans tout ce-qu*il fit depuis l'époque où il commença à s*y laisser entraîner, vers trente ans. C'est évidemment aussi à ces emporleinento extatiques qu'il faut attribuer les fréquentes obscurités qu'on rencontre dans la plupart de ses compositions ultérieures, obscurités panni lesquelles la plus farte Intelligence humaine se perd et ne voit rietu Dans sa Jérusalem, par exem-