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d^ftilleuKqu^iln'exerçaitpasun grand ascendant moral sur les troupes. Ayant essuyé une défaite à Murriedro, il se jeta dans Valence, et, ne pouvant tenir dans une place mal fortifiée, il fut obligé de capituler le 9 Janvier 1812. U fut fait prisonnier de guerre avec toute la garnison et conduit au château de Yincennes, près Paris. Au moment de se mettre en route, il écrivit à la régence pour lui recommander sa famille, n*espérant plus de revoir sa patrie. Cependant les événements tournèrent autrement : le trône de Napoléon ayant été renversé en 1814, Blake sortit de yincennes, reçut un bon accueil des souve^ rains alliés, rentra en Espagne et obtint la direction du corps du génie militaire. La révolution libérale de 1820, qu*il dut nécessairement seconder, le porta au conseil d*État. Cependant lorsque Ferdinand , à Taide des secours de Louis XYIII, eut anéanti le système des cortès, Blake resta, comme les autres membres de Tancienne régence, en butte aux persécutions des absolutistes. Ce fut avec peine qu*il obtint la faveur de n*étre plus inquiété. U mourut en 1827 à Yalladolid, délaissé par le roi pour lequel il avait souffert; il n'avait tenu qu'à lui d'être employé par Joseph Bonaparte. Dspraio.
BLAME. On nommait ainsi, dans Pancienne législation, la réprimande adressée par les Juges à un criminel, en exécution d'une sentence ou d'un arrêt. Le biftme emportait infamie, et, dans l'ordre des peines, venait immédiatement après le bannissement à temps. Le Code pénal de 1791 a aboli la peine du blâme.
Dans la langue du droit féodal, le frMifie est l'acte par lequel le seigneur contredisait, lorsqu'il le trouvait défectueux, l'aveu et dénombrement fbumi par son nouveau vassal. La coutume de Paris accordait au seigneur un délai de 40Jours, à partir de la présentation du dénombrement, pour le blâmer. E. Rxgn aea.
BLANC. {Couleur,) Aux articles Coloeatioh et LvHitix, on exposera les raisons qui ne permettent d'admettre les perceptions de l'organe de la vue, d'où résulte pour nous l'idée des couleurs, que sous la dénomination rationnelle d'apparences. Mais ici, pour matérialiser notre sujet, nous considérerons, par abstraction, la couleur comme un être substantiel. Nous trouvons qu'elle dépend pour nos organes du d^pré particulier de ténuité des lames dans lesquelles elle se manifeste à notre vue, en raison du mou* vement des ondes produites par le fluide «ubtil éthéré; cela est si vrai qu'il nous sera toujours possible, à l'aide du calcul, de prévoir Jusqu'où il suffira de pousser la division mécanique des
lames pour arriver à une nuance quelconque qui varie continuellement avec l'épaisseur de ces lames.
Bans le système newtonien de l'émission lumineuse solaire, on considérait le blanc comme un résultat de la réflexion complète et simultanée de tous les rayons colorés; et par une opposition conséquente le noir était considéré comme un résultat d'absorption totale de ces mêmes rayons; d'où cette assertion, que le noir n'était qu'une couleur négative, c'est-à^ire l'absence de couleur. On verra en son lieu combien, en admettant le mouvement onduleux du fluide éthéré pour cause unique de tous les phénomènes lumineux, une multitude d'apparences qui semblent d'abord contradictoires, viennent plausiblement se ranger ^us des lois invariables parfaitement en harmonie avec l'observation des faits et les déductions mathématiques.
Le mot adjectif blanc, est devenu substantif dans une multitude d'acceptions différentes. Pour les énumérer, il nous faudrait passer en revue tous les arts de la vie, toutes les bizarreries de la nomenclature, toutes les fantaisies des . imaginations vagabondes, et du blanc^manger des cuisiniers nous élever Jusqu'au blanc celeste qui déguise l'irréparable outrage, tourment de la beauté fanée.
Quoi qu'il en soit de la théorie physique du blanc dans les deux hypothèses d'Huyghens et de Newton, il est un fait qu'elles essayent toutes deux d'expliquer et dont les conséquences pratiques sont utiles à connaître : c'est que les corps blancs s'échauffent le moins, que le calorique dont ils sont frappés se réfléchit en plus grande abondance, et que par conséquent un revêtement blanc, celui de l'intérieur des cheminées, par exemple, est le plus convenable pour mettre à profit le calorique rayonnant dans les appar* tements.
Dans les arts de l'industrie, on connaît beaucoup de produits sous la dénomination de blanc. Les blancs d'Espagne, d'Orléans, de Senlis, de Troie, de craie, ne sont que du sous-carbonate de chaux plus ou moins divisé, lotionné, purifié; le blanc de plomb est un mélange de sous-carbonate et de sous-acétate de ce métal {vox- CtRUSB). Le blanc de Kremnitz est un sulfate de plomb ; le blanc ou magistère de bismuth, ou blanc de fard, ^t un mélange d'oxyde hydraté de ce métal et de sous-nitrate, qu'on précipite par l'eau versée en abondance dans la solution nitrique ; le blanc de zinc que Guyton de Morveau avait proposé de substituer, dans la peinture, au blanc de plomb, comme moins al-
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térable et mains natfain, est le peroxydede zinc, obtenu paf la codibustion rapide de ce métal : c'est le pompholix, fiitrilalbum, laine philosophique des anciens chimistes; on Ta aussi appelé blanc de peries. La synonymie est à Tinfini ; on retrouve les mêmes substances sous les noms les plus divers. Cest ainsi que dans les blancs de plomb nous avons le blanc d'écaillés, le blanc d'argent, le blanc de kreme; dans les craies, le blanc deê carmes, etc.
Chacun connaît le blanc de baleine, concrétion sébacée qui se trouve principalement et en. plus grande quantité dans Fhuile contenue dans la tête du physeter macrocephalus, et à laquelle le vulgaire, sous Timpression d*utie fausse notion, a ridiculement donné le nom de sperma eeii. Pbloitzb, p.
BLANC. {Monnaie.) On donnait le nom de monnaie Ùancfie à la monnaie d'argent, sous le règne de Charles YI. Les gros tournois d'argent fin étaient nonunés gros deniers blancs^ et on appela longtemps les écus de 5 livres écus blancs.
On nommait grands blancs ou gros deniers blancs ceux qui valaient 10 deniers tournois, et petits blancs ou demi-blancs ceux qui n'en valaient que 5. Sous Philippe de Valois et le roi Jean, les blancs remplacèrent les gros tournois qu'on ne fabriquait plus à cause de la disette d'argent. On leur substitua des monnaies de billon (M^.) qui étaient de si bas aloi qu'elles ne yalalent réellement pas deux deniers. Pour cacher cette fraude au peuple, on blanchissait ces espèces, afin qu'elles parussent être de l'argent.
Sn 1458, Philippe de Valois, que l'on surnomma le faux monnayeur, fit faire des gros tournois qu'il nomma blancs :\!i% ne contenaient que six deniers d'argent, et il leur assigna pourtant une valeur de 15 deniers tournois. Le roi Jean en fit foire qui ne valaient que 4 deniers et qui eurent cours au taux de 8 deniers tournois. Ko 1354,il fit fabriquer les 6tonC«àtoco«ronne qui valaient 5 deniers ; on ne fit guère d'autre monnaie sous son règne.
Sous Charles V, qui remit de l'ordre dans les monnaies, les blancs furent toujours à 4 deniers de 06 au marc, valant 5 deniers tournois la pièce. Charles VIII fit foire une sorte de grands blancs qu'on appela aussi Karolus; un K était gravé sur cette monnaie.
Sous les règnes suivants cette monnaie ne varia guère. Henri II fit foire des gros et des deml- 0ros dont le premier valait deux sols six deniers, et le second un sol trois deniers, qu'on appela des pièces éesis blancs et de trois blancs. X.
BLANC DE BALEINE. Matière grasse, solide, d'un blanc sacré, douce au toucher, friable, fusible à 45 degrés environ, insoluble dans l'eau, soluble dans l'akool et l'éther, miscible aux huiles fixes, formant des savons avec les alcalis, etc. etc. Dn la trouve abondamment dans la^graisse de certains cétacés, et plus particulièrement dans les cavités qui entourent le cerveau. Chevreul, qui s'est occupé de l'analyse de cette substance, l'a trouvée composée de beaucoup de cétine et d'huile fluide. Le blanc de baleine est employé en pharmacie dans la préparation de quelques topiques gras; on en foit usage dans les arts pour laconféction de bougies translucides. Db..z.
BLANC DE CHAMPIGNON. SubsUnce blanche, fugace et filamenteuse, formée d'une multitude de fibriies, et qui n'est que l'état rudimentâire des champignons. Les jardiniers placent sur des couches préparées à cet effet celui qui produit les espèces comestibles, qui se prêtent à cette sorte de domesticité. De. .z.
BLANC DE PLOMB, ^i^. Cékusb.
BLANCHARD (Feahçois), fomeux aéronaute né aux Andelys (Eure) en 1738, se voua (lès sa Jeunesse aux arts mécaniques, et, à peine âgé de 16 ans, construisit une voiture mécanique avec laquelle il parcourut un espace de sept lieues. Cette invention , qu'il perfectionna encore en 1778, le fit admettre à la cour de Versailles. A 19 ans il imagina une machine hydraulique, et enfin un vaisseau volant qui, au moyen d'un contre-poids de 6 livres, s'éleva à 30 pieds audessus de terre. La découverte des firères Montgolfier et \§s perfectionnements de Robert et de Charles, ne pouvaient manquer d'être accueillis par Blanchard : aussi, après les premières expériences, osa-t-il traverser en ballon, accompagné du docteur Jeffèries, la Manche de Douvres à Calais (1785) ; et si l'art de diriger les aérostats n'est point trouvé, ce passage du détroit à travers les airs rendra le nom de Blanchard immortel. Un présent de 13,000 tr, et une rente de 1,200 livres que lui accorda le roi de France furent la récompense de cet essai. Dans la même année, il fit à Londres le premier essai public du parachute inventé par lui, mais attribué par quelques personnes à Etienne Montgolfier. En 1795, après plusieurs voyages aériens exécutés à l'étranger, il fût emprisonné à Rufktein dans le Tyrol, comme prévenu d'avoir propagé les principes révolutionnaires; mais, bientôt rendu à la liberté, il partit pour New-Tork où il fit sa 46« ascension. En 1798, à Rouen, 11 s'éleva avec 16 personnes dans un vaste baUon et alla descendre à 6 lieues de celte ville. U mourut en
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l8(yo, ayant hïi 66 voyagdi aérieni. Sa famme, qui avait participé à ses travaux, Its continua. In 1811 elle fit une ascension à Rome, et, aprôi avoir parcouru un espace de 6 milles, elle s^éleva de nouveau pour se rendre à Naples. Sa mort, arrivée en 1819, fut amenée par Texplosion de son ballon. Elle s^était élevée de Tivoli et retomba morte dans sa nacelle, rue de Provence, à Paris. Comr. Lix.
BLANCHE DE BOUEGOGNI, fille d'Othon IV, comte palatin de Bourgogne, fut unie en 1607 au comte de la Marche, le plus Jeune des trois fils île Philippe le Bel, roi de France. ^ Jeanne, sœur de Blanche, avait épousé le comte de Poi-* tou, second fils du roi. L*alné, héritier présomptif de la couronne de France, était déjà roi de Navarre; il était marié à Marguerite de Bourgogne* -^ Il y eut entre ces trois princesses communauté de goûts, de passions, de vices, de scandales et dé malheurs. C*est le ooiivent de Maubuisson qui fut le théâtre des amours adultères de Marguerite et de Blanche de Bourgogne; la princesse Jeanne ne fut que soupçonnée. L'auteur des GalanUries de$ roiê de France, qui a moins écrit Thistoire que la satire des mœurs privées des familles royales, distingue la princesse Jeanne des deux autres. Ces trois princesses, dit-il, avaient toutes les grâces du corps et de Tesprit, et comme elles étaient d'une humeur gaie, leur cour était toujours fort nombreuse; elles attiraient auprès d'elles tous les jeunes gens d'un rang distillé, et faisaient leur divertissement le plus ordinaire de la chasse, où elles allaient quelquefois avec les pj^inces leurs maris, et le pluis souvent accompagnées des ofllciers de leur maison et des dames qui avaient accoutumé d'être de leurs plaisirs. ^Philippe et Gautier de Launoi, dont l'un était écuyer du roi de Navarre (mari de Marguerite de Bourgogne), et l'autre du comte de la Marche (mari de Blanche de Bourgogne), ne les quittaient guère dans ces occasions; ils pouvaient passer pour les deux seigneurs de la cour les mieux faits et les plus siftrituels.M Tous deux furent aimés de Margue* rite et de BUinche... Il ne leur fut pas difficile de gagner l'huissier de la chambre et les dames d'honneur des princesses, qui les introduisirent dans leur chambre dans le temps que tout le monde était retiré. Tout favorisait leurs désirs... -* Les princesses, oraignant d'être surprises par leurs maris, leur demandèrent Ui permission d'aller passer la belle saison à Maubuisson, près de Pontoise : elles n'y reçurent que des personnes qui étaient dans leur confidence... ^ Les deux amants passaient chaque nuit par-dessus
les murailles du jardin et se glissaient dans leur chambre. — Les princesses n'avaient rien fait connaître de leurs amours à leurs filles d'honneur, dont elles redoutaient l'inexpérience et l'indiscrétion. Cependant leur secret fut découvert par celle qui pouvait en faire le plus funeste usage. — Mademoiselle de Morfùntaine, fille d'honneur de lA reine de Navarre , était en intrigue gaUinte avec Philippe de Launoi, qui lui avait promis mariage. Depuis longtemps elle n'avait plus rien à lui refuser, et la jeune imprudente portait déjà dans son sein le.fruitd'un amour malheureux, et qui n'était plus partagé^ elle résolut de tout tenter pour découvrir sa rivale. Un escalier secret conduisait des appartements au jardin; la jeune fille s'y glisse furtivement, et dès la première nuit elle aperçoit un cavalier franchir la muraille, traverser le jardin et s'éUincer dans le petit escalier :.elle l'a suivi» elle l'a vu entrer chex la reine Blanche; il était attendu, et la porte de la chambre à oouoher s'est refermée sur lui. La jeune fille était trahie, abandonnée ; elle ne peut se plaindre sans compromettre la reine, sans perdre celui qu'elle aime encore; elle comprime sa douleur : elle n'exposait qu'elle seule en gardant le silence; mais une religieuse, sa parente, lui arracha son secret. La nonne ne voit que hi profanation de Ui maison du Seigneur; elle se charge de mettre fin à oè scandale abominable, et ses mesures sont si bien combinées que les deux frères de Launoi sont surpris dans les bras de leurs maîtresses, et arrêtés. — Les coupables restèrent prisonniers dans le oouvent jusqu'à ce que l'on eût reçu dea ordres du roi, qu'on s'était hâté de foire avertir. Philippe et Gautier furent traduits devant le parlement, condamnés â être éoorohés vifï, à une cruelle mutilation, et à être traînés à la queue de chevaux fougueux sur un pré nouvellement fauché. L'huissier de la chambre de Marguerite de Bourgogne fut pendu , les deux prineesaet enfermées au château Gaillard; Marguerite y hit étranglée par ordre de son mari; Blanche obtint sa liberté après que son mari eut fait casser son mariage, sous prétexte qu'il était filleul de Mathilde d'Artois, mère de Ui princesse. Jeanne fut plus heureuse; son mari vint lui-même lui rendre la liberté- et tous ses droits d'épouse et de princesse. Le titre de reine la consola bientôt de ses chagrins passagers. Elle fut mère de oinq filles, et c'est â celles-ci que l'histoire attrilrae les orgiis de la tour de JNtêle. — Blanche de Bourgogne, après la casution de son mariage» s'était retirée au couvent de Maubuisson, où elle prit le voile; elle y mourut ^ 1035* K«