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BLANCHI, fiUe d^Alpbonse IX« roi de GasUUe, naquit Tan 1185, épousa en lâOO Louis, fils de Philippe-AugMSte qui, en 1325, devint roi de France, et fut couronnée avec lui à Reims. Elle devint mère de saint Louis. Après huit ans de règne, Louis VIII mourut, et, d*après sa volonté, Blanche devint tutrice de ses enfants et régente du royaume, qu*eUe gouverna avec sagesse. Elle mourut à Melun en 1352. Voy. Louis IX. T.
BLANCHE (iJk HEB) , au nord de la Russie, n^est qu*uo golfe de la mer Glacis^le. La Dvina, ronéga, le Mézen, etc., ont leur embouchure dans celte mer, et Arkhangel est le principal port que les bâtiments y fréquentent. La mer Blanche est couverte de glace pendant six mois de Tannée. Au nord-est la mer Blanche baigne les côtes de la Laponie, et à Touest celles de la Finlande. Parmi les golfes de cette mer on distingue celui que ferme Tembouchure delà Dvina, et à Textrémité duquel est situé Arkhangel, le golfe de rOnéga et enfin celui de Kondalok, qui se prolonge dans la Laponie. Le commerce qui se fait dans cette mer appartient principalement à Arkhangel, et ce sont surtout les bâtiments anglais qui le font. 11^ viennent chercher les grains, le chanvre, le lin, le bois, le goudron, etc., des provinces qui avoisineut la Dvina. Il se fait sur la mer Blanche un mouvement commercial considérable; mais, eu général, il y a de grandes variations dans (es affaires, suivant les événements qui afifectent le commerce ou la politique de TAngleterre.
\jt& harengs qu*on sale dans les ports de la mer Blanche sont moins estimés en Russie que ceux qui viennent d*autres mers; on avait espéré relever cette branche d*industrie en fondant, en 1805, la compagnie pour le commerce de la mer Blanche; mais jusqu*à présent les pêcheries de cette mer y ont peu gagné, comme .on le voit par le montant des importations de poissons en Russie. Deffiro. ion.
BLANCHIHCNT, opération au moyen de laquelle op blanchit divers corps ou divers produits manufacturiers, eu les dépouillant du principe qui les colore. Le flambeau de la chimie a porté depuis quelques années un grand jour sur cet art important et qui intéresse à un haut ilegré la salubrité et Téconomie domestique. C*est à Berthollet qu*on doit la première application du chlore, connu alors sous le nom d*a- 9id» muriatique, à la destruction du principe c^^lorant de la laine, du colon, du chanvre, du lin, etc. ;' le chimiste suédois Scheele avait seuloment entrevu cette propriété du chlore. Le tomps a^ apporté de grandes améliorations au
blanchiment herihoUéen, En général les sub* stances employées au blanchiment sont les acides, tels que .Facide hydrochiorique, appelé anciennement acide marin , acide muriatique ; Tacide oxalique, Tacide citrique, le sel d*oseille, Tacide sulfureux, la potasse, Teau oxygénée do M. Thénard, etc., etc. On se sert aussi de divers savons économiques, tels que le savon propre ft blanchir le fil de coton, le savon de ménage, le savon liquide de Chaptal, le s^von de laine, celui de suint. La lumière solaire, Tair, le calorique, reau, les acides, les substances alcalines, le chlore et les chlorures sont autant de corps dont on peut se servir dans les manufactures ou ateliers^ mais avec des procédés divers, car chaque suIh stance exige un mode particulier : ainsi les toiles exigent des manipulations autres quecelles qu*on ftiit pour le fil en écheveaux^ pour le fil à coudre, les linons; les toiles de coton destinées à Timpression ne se blanchissent pas comme celles destinées à être livrées au commerce en bhine, etc. Quoiqu*U y ait une grande analogie entre la matière colorante du coton et celle du chanvre et du lin, néanmoins Texpérience a démontré qu*il était beaucoup plus focile d'enlever la matière colorante du coton que celle des deux autres, et qu'il suffisait d'employer la vapeur de reau bouillante. Pour blanchir ces trois sortes de matières on grille d*abord les toiles, ce qui leur enlève le duvet, sans attaquer la fibre végétale ou le tissu ; ensuite on les macère, pour leur dter une espèce de colle ou parement, et puis on les lave en les soumettant à diverses lessives. Dans plusieurs blanchisseries on ajoute à ces ~ trois opérations Texposition des toiles sur le pré« Là finit le blanchiment proprement dit. Pour blanchir les laines on leur enlève d*abord leur suint en employant un savon à base de potasse, ou, ce qui est préférable, Turine ammoniacale; on les lave dans une eau courante et on les soumet ensuite à Taction de Tacide sulfureux, gaxeux ou liquide. S'il s'agit de la soie, on commence par la décreuser ; on lui enlève son vernis en la plongeant dans un bain de savon blanc de Marseille, et on la lave ensuite dans le courant d'une rivière. On blanchit aussi lesplumes et les marabous, avec une eau de savon légère; les éponges, avec de l'acide sulfurique étendu d'eau; la cire, en la réduisant en rubans très-minces et en l'exposant alternativement au contact de l'air humide et de la lumière ; le papier, en le trempant dans une dissolution de chlore. On voit, en résumé, que le blanchiment est une opération que la chimie a mise à la portée de tous lel fabricants et qu'elle n*exlge que des
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précautions faciles à prendre. Fi^. l*article suivant. Y. de MoUon.
BLANCHISSAGE, opération d^économie domestique au moyen de laquelle on enlève les corps qui salissent accidentellement les fibres végétales des tissus, tandis que dans le blanchiment on a pour but de dépouiller ces mêmes fibres de leur principe colorant. Ces corps salissants étant en général de nature grasse, on emploie pour les détruire les alcalis, qui, agissant sur eux, les saponifient; tel est le principe des lessives qu'on fait dans les ménages ou chez les blanchisseuses. Ces opérations sont trop connues pour que nous ne puissions pas nous dispenser de les décrire. Nous nous contenterons d'ajouter qu'on les a perfectionnées et que, sous ce rapport, la salubrité a fait beaucoup de progrès. Elle est ici une cause influente sur la santé, car le bkinchissage, outre qu*il 6te au linge de table et de cuisine les matières grasses et qu'il donne au linge en général une partie dé l'éclat et de la blancheur qu'il avait étant neuf, il enlève encore à nos vêtements les miasmes souvent putrides que les émanations de nos corps leur communiquent.
Un des principaux perfectionnements consiste à blanchir à la vapeur. On éconçmise les cinq sixièmes du combustible et beaucoup de temps, car on peut faire la lessive en 8 heures au lieu d'y en employer 34; on réduit au tiers la consommation du savon et d'un tiers les frais de main-d'œuvre; enfin on a la certitude de pouvoir porter la chaleur à la température de l'eau bouillante, chaleur bien nécessaire pour enlever des taches qui, sans elle, ne disparaîtraient pas. On est parvenu à blanchir avec d'autres matières que le savon : c'est ainsi qu'on blanchit avec plusieurs substances végétales, telles que le marron d'Inde, la pomme de terre, la saponaire, le riz (ce procédé est employé dans l'Inde), le savon végétal de la Jamaïque qui est tiré du grand aloès d'Amérique, etc. V. de Moléoft.
BLANGINI ( Joseph-Maec-Marie-Félix), né à Turin le 8 novembre 1781, a fait ses études sous' la direction de l'abbé Ottani, maître de chapelle de la cathédrale de cette ville. Dès l'âge de douze ans , il accompagnait sur l'orgue le chœur de cette église ; à quatorze ans, il y fit exécuter une messe à grand orchestre. Chanteur et compositeur, il réussit dans celte double carrière. Il vint à Paris en 1799, et fut chargé de terminer to Fausse Duègne^ opéra en trois actes, que Della- Haria avait laissé Inachevé. Il écrivit ensuite plusieurs opéras parmi lesquels on dislingue Nephtali, en trois actes, représenté avec beau-
coup de succès à TAcadémie royale de musique. — Blangini s'est signalé par ses pièces fugitives : ses romances, ses nocturnes à deux voix, ont eu longtemps un succès de vogue. Appelé en 1805 à Munich, il y fit exécuter Trajano in Dacia; le roi de Bavière lui confia la direction de sa chapelle. La princesse Pauline Borghèse le nomma directeur de sa musique et de ses concerts l'année suivante. En 1809, il passa au service du roi de Westphaiie en qualité de maître de musique de la chapelle, du théâtre et de la chambre. La révolution de 1830 a enlevé à Blangini les places qu'il avait à la cour de France; il était compositeur et accompagnateur de la chambre du roi et de la duchesse de Berri. — Blangini a composé dix-huit opéras. Les Gondoliers, tel est le titre de l'ouvrage qu'il a fait représenter en 1833 sur le théâtre de l'Opéra-Comlque. Il a publié plus de deux cents romances ou nocturnes, dont un grand nombre ont été adoptés par les auteurs de vaudevilles. Castil-Blazb.
BLASON. On appelle ainsi l'art ^ui S'occupe spécialement de l'étude et de la composition des armoiries; quelquefois ce mot se prend ifussi pour les armoiries elles-mêmes. La plupart des auteurs l'ont tait dériver de l'allemand blasen (sonner du cor), parce que, dit le P. Ménestrier, c'était la coutume de ceux qui se présentaient pour combattre dans les tournois dp notifier ainsi leur arrivée. Les hérauts les annonçaient ensuite de la même manière, décrivant à haute voix, ou hlasonnant à mesure les armes de chacun des concurrents. Par le même motif le blason a reçu encore le nom d'arf héraldique. CM en France qu'il a été le plus cultivé; et, ce qui le prouve, c'est que les étrangers, et surtout les Anglais, lui en ont emprunté tous les termes. Cet art, auquel on avait accordé jadis une haute importance, quand il semblait n'avoir pour but que de constater l'ancienneté et les diverses illustrations de quelques familles privilégiées , était tombé, depuis les premiers temps de la révolution de 1789, dans un oubli presque complet. Il reprit quelque faveur sous l'empire, à l'époque où la création d'une noblesse nouvelle reporta Tattention vers l'étude des signes et des emblèmes par lesquels on avait distingué l'ancienne. Mais, de nos Jours, une utilité plus réelle recommande l'art du blason. On a compris que cette étude, trop vantée du temps de nos pères, mais beaucoup trop dépréciée depuis, peut rendre les plus grands services à l'archéologie et à la numismatique nationales. Ainsi, quand nous apercevons dans quelques-unes des salles abandonnées du château de Saint-Germain , ou sur un écu d*or
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du XYi* siècle, oo sur une des pièces de canon récemment apportées d*Alger, Temblème si connu de la salamandre, nous nous reportons aussitôt au règne de François !«'. De même, au château d*Ëcouen,la devise AIIAANOS (sans reproche) et récusson d*or chargé d^une croix de gueules et de seiie alérions d*azur, rappellent le nom des Montmorency .et Tun des beaux faits d^armes qui ont illustré cette famille. On a vu, à Tarticle Ae- ■oiEiBS,' que le système le plus probable reportait seulement au temps des croisades Torigine des distinctions héraldiques. (Nous ne parlons* pas ici des auteurs qui ont donné sérieusement les armoiries des enfants de Noé et celles des enflants dlsraèl ). L*assertion que nous venons de rappeler a bien été contredite par des personnes éclairées : cependant nous ne voyons citer nulle part de monuments antérieurs à Tépoque de ces guerres lointaines , qui soient décorés d*armoiries. Ainsi, Ton n*en voit pas même Tapparence dans la célèbre tapisserie de Bayeux, exécutée (d*aprè8 la daie la plus ancienne qu*on puisse lui donner), vers Tan 1070, c*est-à-dire moins de 30 ans avant la première croisade. Il y a ici, au surplus, une distinction importante à faire. Sans doute, à toutes les époques, les peuples guerriers et leurs chefk eux-mêmes ont pu porter, au milieu de leurs boucliers et sur leurs étendards, des emblèmes propres à les rallier sur le champ de bataille; mais il y a une grande différence entre ces signes isolés, variables suivant le caprice de la nation ou de ses maîtres (on sait, par exemple, que Taigle n*a été définitivement adoptée par les Komains qu*au temps de Harius), et ^es signes convenus et invariables, disposés suivant un ordre régulier, et surtout héréditaires. Or, ce sont ces derniers traits qui caractérisent Tart du blason. Les signes nombreux qu'il emploie, représentation plus ou moins exacte d'objets naturels ou fictif», ne sont pas les seuls éléments dont il fasse usage. On y joint encore les devises, qu'il faut distinguer du cri de guerre ou d'armes et dont plusieurs, devenus célèbres, rappellent , d'une manière souvent ingénieuse, des faits qui ont obtenu une juste illustration. C*est ainsi que l'histoire du moyen âge et la science des armoiries peuvent encore se prêter on mutuel appui et s'éclairer Tune par l'autre. Il faut s'occuper d'abord du champ de l'écu. Ce dernier, variable de forme suivant les pays, est en France rectangulaire, posé droit, et terminé par une pointe peu saillante. On y distingue le haut ou le clitf, le milieu ou centre, et le bas ou la pointe. Si on le partage également par deux lignes» Tune horizontale, l'autre verticale.
la première donnera le parti i la seconde, le coupés Le tranché et le taillé s'obtiennent par des diagonales menées de droite à gauche, et de gauche à droite. La division ou partition en quatre carrés donne ce qu'on appelle les guar^ tiers, qui peuvent être subdivisés à leur tour. De là l'expression si connue de guartiers de noblesse, dont les preuves étaient exigées dans certains cas. On a appelé écar télés les écussons qui offrent alternativement , dans le premier et le troisième, le deuxième et le quatrième quartier, les armes de deux familles ou de deux nations, réunies par suite d'une alliance, ou par tout autre motif. Tel était l'écusson d'Angleterre, sous Edouard III, qui l'avait écarteié de Francu, en y faisant alterner les fleurs de lis et les léopards.
Le champ bien reconnu, il faut maintenant en distinguer les partitions au moyen des émaux. On en emploie neuf, savoir : deux métaux, or et argent; cinq couleurs, qui sont : azur, gueuies (rouge), pourpre (violet), sinople (vert), et sable (noir). Enfin il y a encore deux fourrures: /termine et vair ou petit-gris. Chacun de ces émaux est distingué dans la gravure par des points, des hachures, etc. , disposés d'une manière particulière. Ainsi, l'ar^eit^ est représenté par un fond tout blanc; l'or par un fond sablé à petits points; le gueules par des hachures verticales ; Vazur par des hachures horizontales ; le sable par un fond noir, etc. Une des lois les plus sévères du blason est de ne pas mettre couleur sur couleur, ni métal sur métal. Cela se présente pourtant dans quelques cas : ainsi, Jérusalem porte d'argent à la croix d'or, etc.
Avec les éléments qui viennent d'être indi- ^ qués, on peut déjà décrire ou blasonner un assez grand nombre d'armoiries; celles qui ne contiennent aucune figure. Ainsi on se représente très-bien les armes de la ville de Bordeaux (d'or plein); de Narbonne (de gueules plein); celles de Bretagne (d'hermine), de la maison de Biron (écartelées d'or et de gueules), etc.
Mais sur la plupart des écus d'armoiries on trouve encore, outre les émaux, des figures dont les formes et le nombre varient à l'infini. Il faut distinguer ict les figures héraldiques et celles que Ton nomme naturelles et artificielles. Les premières portent encore le nom de pièces honorables, et ont été, pour la plupart, empruqitées aux tournois. Ce sont, en ne citant que les principales : la fasce (ou bande horizontale); le iMi/ (bande verticale); la bande eè la barre (bande proprement dite, inclinant à droite ou à gauche); le chevron. Vécu en abime (ou isolé); la crois f le sautoir, le canton, etc. Ces pièces se
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modifient de kille manières et reçoivent det noms différents , suivant leur nombre et leurs dimensions. On peut consulter à cet égard les divers traités de blason.
Les figures tuUurelles sont prises des animaux, des plantes, des astres, du corps humain, etc. Les artificielles sont des meubles ou instruments de métiers , de guerre , de cérémonies, etc. Tous ces objets peuvent être peints avec les émaux que nous avons indiqués. Ainsi, il y aura des croix d*or, de gueules, des lions d*azur, des ours de sable , des tours d'argent. Ici sont encore employées des dénominations nouvelles : un bras droit étendu s'appelle deslro" chère; deux mains unies, une foi, etc. Les figures d'animaux ont aussi des désignations qui leur sont propres. Ainsi , il y a des lions passants (qui marchent), léopardés (vus de face), rampants (quand ils semblent grimper), etc.; ils sont d'ailleurs armés, lampassés, mor^ nés, etc. Plusieurs de ces emblèmes constituent des armes parlantes : la maison da Gréqui porte des criquets (arbustes épineux des haies) ; celle de Hailly des maillets ; celle de Colbert une couleuvre (co/u6er); les dauphins de France et d'Auvergne avaient un dauphin, etc.
Nous n'avons pas encore parlé des brisures. On appelle ainsi tout accessoire et même toute modification introduite dans des armoiries, et qui ont pour objet de distinguer les branches d'une même famille. On emploie surtout pour cet usage : le lambel, la bordure, le bâton péri (raccourci et isolé), Vétoile, la coquille, la crotzetle, et autres accessoires qui n'altèrent pas sensiblement le blason principal. Ainsi, l'écu de la branche aînée de Bourbon, brisé d'un lambel d'argent à trois pendants , forme les armes de la branche d'Orléans. Le dernier duc de Bourbon portait un bâton péri en bande de gueules, pour brisure; Montmorency-Laval charge la croix de gueules de cinq coquilles d'argent, etc. On peut regarder encore comme une brisure, la liyne de bâtardise qui, tracée en diagonale sur tout le champ de l'écu, annonçait que le titulaire n'appartenait que d'une manière illégitime à la noble famille dont il portait les armes.
Maintenant que nous avons étudié l'écu et les divers emblèmes dont il peut être orné (et nous observons eu passant que les armes les plus simples sont regardées, en général, commentant les plus anciennes), il nous reste à parler des ornements extérieurs, tels que les casques et couronnes, les lambrequins, les supports et tenants fXeê insignes etlesorc/ref de eheoalerie.
On a appelé /^M6ref les ornemeuu tais que les
casquesf coorennes, etc., qui reposent immédiatement sur l'écu des armoiries. Les couronnes s'emploient) non-seulement pour les souverains, mais même pour la noblesse titrée, jusqu'au rang de vicomte inclusivement. Elles sont dis* tingués par le nombre des perles et des fleurons qui les surmontent. Ainsi, la couronne de duc porte alternativement une perle et un fleuron ; celle de comte n'a que des perles, et celle de vicomte quatre perles seulement* Sous le régime impérial, on avait employé, pour les personnes attachées à la magistrature et à l'ordre oivil, une toque ornée de plumes, dont le nombre variait selon le rang du tituhiire. Cette innovation parait n'avoir pas été maintenue* Les casques ou heaumes sont réservés à la noblesse militaire; ils diffèrent de même de forme et de richesse. Les rois et empereurs ont le casque d*or, bordé et damasquiné du mème^ tout à fait ouvert et sans grilles; le métal change et les ornements diminuent à mesure qu'on descend , et le nombre des grilles augmente dans la même propo^tion.
Les lambrequins sont des bandes d'étoffe, de rubans découpés qui descendent en forme de festons très-enroulés autour du timbre, pour lui servir d'ornemenU. C'était, dit-on, Tancienne enveloppe des casques, destinée à les préserver de la chaleur et de la poussière comme le faisait la cotte d'armes pour le reste de l'armure. Le fond des lambrequins est ordinairement de la couleur du champ de l'écu, £t les bords sont de celle des autres émaux. Au-dessus des casques et des couronnes se place encore quelquefois un ornement particulier qui a reçu, par suite de sa position, le nom de cimier. C'est tantôt ont touffe ou masse de plumes, tantôt une figure d'animal ou de tout autre objet réel ou imaginaire, tels que les chevaliers en portaient jadis sur leur casque, à l'imitation des héros grecs ou romains.
On a donné le nom de tenants à des figures humaines, telles que des guerriers, des sauvages, et même des anges, qu'on place des deux côtés de récusson. Quand ce sont des animaux qui sont ainsi placés, ils reçoivent le nom de supports. Ainsi, les armes de France avaient pour tenants deux anges; celles d'Angleterre ont pour supports une licorne d'un côté et un léopard de l'autre, etc.
Quant aux marques de dignités, ce sont les chapeaux de cardinaux, les mortiers pour U haute magistrature, la croix patriarcale pour les archevêques, etCt» placés comme timbres sur l'éou* Uê bâtons de maréchaux, les masses des
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efaancelidrs, se metlent en sautoir, âerrièrt le champ. Les cordons des ordres nationaux et étrangers sont disposés autour de Téou; la croix, derrière celui-ci, ou pendante au bas du collier, suivant le rang du dignitaire. Enfin, derrière les armoiries des souverains on ajoute un manteau ou pavilion, plus ou moins ricbe^ aux couleurs du blason ; c*est sur ce pavillon et au-dessous de la pointe de Técu que se voit ordinairement la devise, tandis que le cri d*armes se place plus Volontiers autour du timbre, comme dans réeusson d'Angleterre.
Pour de plus amples détails, on peut consulter les traités spéeiaux, et particulièrement celui du P. Ménestrier, revu et augmenté par H. L. Lyon, 1770; et les ouvrages de Favyn, de la Colombtère et du P. de Yarennes.
Ce mot biason a été encore employé par les vieux poètes français, surtout au- xvi« siècle, pour désigner de petits poèmes, le plus souvent satiriques. Marot en offre beaucoup d*exem* pies. C. N. Allov.
BLASPHiMS. La véritable définition du blasphème se trouve dans ces paroles de Moïse : Quiconque awHi maudii son Ditu portera la peine de eon péchi (Lév. XXIV, 15). Le blasphème consiste donc à proférer contre Dieu des outrages, des imprécations ou des menaces; à braver sa puissance ; à méconnaître, dans une folie impiété, sa grandeur et ses droits ; à bUmer ouvertement les directions de sa sagesse et les dispensaticws de sa providence. On le confond à tort avec la profanation, le sacrilège, le parjure ; avec Tathéismo et le panthéisme. On a même quelquefbis qualifié du nom de blasphème des injures proférées contre la Vierge et les saints. Réprouvé par la loi de Moïse qui prononçait contre lui la peine de mort, le blasphème fut aussi, même ches les nations idolâtres, Tob» jet de rhorreur universelle. Cependant les condamnations pour cause de blasphème, prononcées par les Athéniens contre Socrate et par les prêtres Juifs Contre Jésus-Christ, montrent assez Tabus quUl est trop facile de faire des U>is pénales en pareilles matières. Les anciennes législations avaient généralement proscrit le blasphème sous les peines les plus Sévères. Justinien, saint Louis, Pie V, etc., Pavaient puni de Tamende, du fouet, de la mutilation de la langue, des galères et même de mOrt. La dernière exécution à mort pour fait de blasphème eut lieu en 1748, à Orléans, sur sentence du pariement de Paris. Ces anciennes lois sont généralement tombées en désuétude : la diversité des opinions religieuses et rinconvénient qu'il y aurait à prononcer
exdusitement dans le sens de telle ou telle d'entre elles en est peut-être la cause. Les lois aotu()Ues gardent un profond silence sur le blasphème : serait-ce par la raison qui porta Solon à garder le silence au sujet du parricide? Le sage athénien ne voulut pas supposer la possibilité du parricide : il est aussi de la sagesse du législateur de ne pas supposer la possibilité du blasphème. Boissard.
BLATTE {blatêa orientaiis, L.), du grec, biaptô, Je nuis. Les blattes sont des insectes orthoptères qui volent peu, mais qui marchent avec une grande agilité. La plupart sont nocturnes, et c'est à cause de celte habitude que les anciens les nommaient' /ùc^ti^c?. Quelques espèces vivent dans les bois, d'autres habitent nos demeures et y font un très-grand dégât en mangeant nos comestibles et en se nourrissant de nos vêtements de laine, de soie, de fil, de cuir, etc. Leurs ravages sont principalement sensibles dails les pays chauds, en Amérique, par exemple, et dans nos colonies où elles ont reçu les noms de ravets, cancrelats, kakerlaa ou kaUerlaquee. Comme ces insectes évilent la clarté, et que, pendant le jour, ils se tiennent cachés sous les pic^rres, dans les fentes de murailles ou entre les planchers, on n'a pu les étudier avec assez* de soin pour copnaitre les circonstances de leur accouplement; on sait seulement que la femelle pond successivement un ou deux œufs cylindriques, arrondis vers les bouts et relevés d'une sorte de cèle en carène, de la grosseur de la moitié de l'abdomen environ.
BLAUDE, espèce de blouse (voy* ce mot), habillement de dessus , surtout de charretier, fait de grosse toile, que nos pères appelaient bliaud, et qui était chez eux un vêtement commun aux deux sexes. Ce mot vient de la basse latinité blialdus, d'où les Provençaux ont fait blisaud, les Languedociens brisaud, les Lyonnais blauda, les Comtois biauda, les Normands plaud et les VïMràsbleude. X.
BLÉ, espèce du genre froment dont la graine forme, en Europe, la base de la nourriture de l'homme. Ce nom a été étendu â d'autres végétaux que ceux du genre trilicum; il désigne aussi, quand il est accompagné de quelque épithète, des variétés de ce végétal précieux ; ainsi l'on appelle :
Bit d'abonbangi, un froment dont les épis gros, longs et composés, donnent plus de grain que les épis ordinaires.
BLt AVRULt, le blé semé en avril.
Blé ai Baiiaiu, le sarrasin, pofyffonum fa- ^opyrum*
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Blé BàRBV, le blé dont les épis sont munis cTarétes.
BU DE BOEUF, le mélampyre des champs, «lelampyrum arvense, L.
BLt DE CàifàKiB, un alpiste, phalarU canariengis.
Blé CHABBOFTifÉ, le blé atteint d*une maladie occasionnée par une urédinée, vulgairement nommée charbon.
' Blé coBif u ou ebgoté, le seigle dont les grains sont atteints d*une maladie produite par un champignon du genre sclérotie.
Blé D*Ê6TrrE, le blé d*abondance.
Blé D*£spA.GifE, le maïs.
Blé d*bivbb, le froment semé en automne.
Blé b*Iif de, le mats.
Blé bE MUES, mabcbl ou mabget, le ftroment semé au mois de mars.
Blé méteil, un mélange de blé et de seigle.
Blé de mi BACLE, le blé d*abondance.
Blé de Nagbodb, une variété indienne de froment dont la graine ne reste que peu de temps en terre.
Blé noiB, le sarrasin.
Blé de PBOViDBifCE, une variété de fh>ment qui produit le plus de grain.
Blé bouge, le sarrasin et le mélampyre des champs.
Blé de la Saint-Jean, une variété de seigle qui se sème en été.
Blé de SMTBif b, le blé d*abondance.
Blé de Tabtabib, le polygonum tariari* cum, L.
Blé tbéhois, le blé semé de foçon à ce qu*il ne se passe que trois mois entre la semaille et la récolte.
Blé de Tubquib et blé de Rome, le maïs.
Blé de vacbe, les melampyrum arvense et oriêlaium, L«, la saponaire, et quelquefèis le sarrasin. Db..z.
BLENDE, y^oy. Zinc sclpubé.
BLENHEIM. y^ay. HoghstjIDT et Mablbobougb.
BLESSUKE est un mot générique par lequel on désigne toutes les lésions accidentelles produites dans nos organes par des agents extérieurs. Ainsi une brûlure par le feu ou par les caustiques, une contusion, une fracture, une plaie, sont des blessures. Outre Tusage vulgaire qu^on en fait, à la guerre surtout, c*est dans la médecine légale que cette expression est principalement employée; car la loi, qui ne peut pas entrer dans les détails minimes, s*en sert pour signaler les lédons occasionnées par la violence, et même par les imprudences dont Tauteur est
responsable devant elle. L*ezamen etPappréciation des blessures sont du ressort de Texpert, et c*est souvent d*après son rapport que le jury décide et que le tribunal applique la peine. Il importe donc d*é(ablir des divisions entre elles. On distingue, en effet, parmi les blessures celles qui sont mortelles, celles qui, bien que graves et dangereuses, peuvent guérir sous Tinfluence d*un traitement bien dirigé, celles enfin qui sont légères. Mais il reste encore du vague dans cette appréciation relative, puisqu'une blessure assez simple d'ordinaire, et par elle-même, peut entraîner la mort par suite de conditions personnelles à rindividu : tel serait par exemple le cas d'un homme affecté d'une tumeur anévrtsmale dont un coup léger déterminerait la rupture; tel serait encore celui d'un sujet qui, ayant une transposition des viscères intérieurs, viendrait à avoir le cœur percé par un instrument qui pénétrerait dans le côté droit de la poitrine. L'expert, qui n'est pas appelé à juger la moralité de l'action, doit s'attacher à bien préciser les faits qui lui sont soumis, et à mettre dans un jour exact toutes les circonstances qui s'y rattachent. La mort, quand elle est survenue, estelle le résultat de l'homicide ou du suicide ? La blessure n'est-elle pas devenue plus fftcheuse ou funeste par le manque de soins nécessaires, ou même parce qu'on aurait employé des pratiques nuisibles? Telles sont quelques-unes des nombreuses questions qui pourraient être posées et qu'il serait facile de multiplier beaucoup plus encore.
Cette précision est d'autant plus nécessaire que la pénalité peut être infiniment différente dans des circonstances semblables, lorsqu'on s'attache à la lettre d'une loi qui demanderait à être revue avec soin, et que d'ailleurs l'intervention du jury a souvent adoucie. Ainsi, par exemple, le Code prononce la peine des travaux forcés à temps, dans les cas de blessures faites avec violence et préméditation, lorsqu'il s'en est suivi une incapacité de travail de plus de vingt jours (article 310); et lorsque l'incapacité de travail a été moindre, il ne s'agit plus que d'un emprison* nement de deux à cinq ans et d'une amende de 50 à 300 francs (article 311). On voit donc que d'un jour en plus dépend une grande pénalité : or combien de circonstances indépendantes de la volonté et du foit de l'auteur des blessures peuvent faire varier bien davantage la durée de l'incapacité de travail ! Et cette variation constitue l'énorme différence entre une peine siaiplement correctionnelle et une peine incarnante.
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On D6 saurait donc procéder avec trop de scrupule à Texamen des blessures Iorsqu*on est appelé à éclairer la justice; non-seulement il faut décrire arec exactitude et clarté les phénomènes qui se présentent et dire ce qui est, mais encore dire quelles sont les parties et les fènctions exemptes de toute lésion. Rien n^est à négliger, et souvent un fait en apparence insignifiant a jeté sur la procédure la plus vive lumière; car bien souvent la haine ou la malveillance cherchent à exploiter un événement malheureux et peuvent profiter de Timpéritie ou de la légèreté de Texpert pour atteindre leur but. F. Ratiu.
BLF^ DS PRUSSE. (Hydro-férro-cyanate de Ikfferro^ryanure de fer des chimistes). G*est une BiaH^e doublement intéressante, et par les sertira qu*elle rend aux arts et par les progrès que son étude a fait foire à la chimie. On doit sa découverte au hasard. En 1710, un fabricant de couleurs de Berlin nommé Diesbach, ayant jeté dans sa cour des eaux sales, vit avec étonnement se développer sur les pavés une magnifique couleur bleue. Il en rechercha les éléments et parvint à la reproduire. Mais il se' réserva le secret de cette fabrication, et ce ne fut qu*en 1734 que f Anglais Woodwart, après de longues recherches, publia un procédé qui réussit bien, mais qu*on a beaucoup modifié depuis sous le rapport de Péconomie et de ravivage de la couleur. Cependant c*est toujours en calcinant des matières animales, telles que le sang de bœuf desséché, ses cornes, les sabots, les peaux, les chiffdns de laine, avec un sel de potasse, et un sel de fer, qu*on obtient le bleu de Prusse. Le sang est employé de préférence à causede la grandequaniité de fer quMl contient. Dans chaque atelier, on le prépare par une méthode particulière. Et qu*on ne s^étonne pas de la diversité des procédés : rincertitude dans Tapplication témoigne ordinairement du vague de la théorie, et il faut dire que, malgré des hypothèses et des expériences nombreuses, les circonstances de la formation du bleu de Prusse sont encore imparfaitement connues. Mais si les travaux des chimistes n*ont pas conduit à connaître la manière dont les éléments du bleu de Prusse se groupent entre eux, au moins leur doit-on deux des plus belles découvertes de la chimie moderne, celle de Tacide prussique par Scheele et celle du cyanogène par H. Gay-Lussac. Aujourd'hui il est constant que le bleu de Prusse est essentiellement formé de cyanogène et de fér, combinés en diverses proportions. L*alcali, qui est, ainsi qu'une haute température, nécessaire à la fèrmation du cyanogène, est enlevé ensuite par le lavage. Cepen-
dant, les bleus les mieux lavés retiennent toujours une petite quantité de cyanure de potassium. La consommation du bleu de Prusse est immense. On Ta d*abord appliqué sur les papiers; la peinture à Phuile s'en est également emparée; mais il faut éviter de le mêler à des couleurs où entrerait la chaux, car elle le détruirait promptement. On emploie avec succès le bleu de Prusse à teindre les.étofiFès de toute nature, surtout depuis la belle découverte de M. Raimond, qui a eu rbeureuse idée de fermer la couleur sur l'étoffe elle-même. A. dis Guibvez. nos.
BLEU D'OUTRE-MER. Couleur bleue du plus vif éclat, obtenue du lazulité par une opération purement mécanique.
BLIN. {Marine») Pièce de bois carrée, munie de plusieurs barres clouées de travers à angles droits, qui sert à pousser des coins de bois pour isoler la quille du vaiskeau lorsqu'on veut le mettre à l'eau. — Blinder un vaisseau se dit quand on l'embosse pour soutenir une batterie ou défendre une passe. Ce blindage est fait de ballots de laine ou d'étoupe de câbles. On blinde aussi les ponts des vaisseaux dans un port où Ton craint un bombardement, eu les couvrant de câbles et d'étoupe jusqu'à une certaine épaisseur pour amortir l'effet de la chute d'une bombe. •— Les blindée, employées également dans la défense par terre et par mer, sont des morceaux de bois dont on couvre les tranchées, ou des morceaux de vieux câbles dont on couvre les flancs d'un vaisseau pour les préserver des
boulets. DiCT. M LA C05V.
BLINDAGE, mot dont l'expression blinde est la racine; autrefois le mot cattus y répondait. Il exprime un travail de siège, un abri ménagé contre les projectiles d'artillerie, et surtout contre les projectiles creux ou les ricochets. Un blindage est un assemblage de blindes; cependant on a donné le nom de blindage à des défenses exécutées sans blindes, parce qu'on avait obtenu par des procédés particuliera des résultats analogues. Tout moyen d'intercepter le passage aux projectiles de l'ennemi et d'en amortir les effets a donc été exprimé par le verbe 6/tfider. • 0^ B^iDiif.
BLOC. Un bloc est un morceau de pierre ou de marbre dont la forme et la dimension sont souvent l'effet du hasard, lorsque le carrier le détache du banc auquel il appartient. C'est ainsi qu'on les emploie maintenant dans les fondations des grands monuments. Pour ne rien perdre de la matière, on change très -peu leur forme primitive, ayant seulement soin de les réduire à une hauteur uniforme pour chaque
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afsf6e,tandig que dans les constructions hors de terre les pierres sont toujours équarries bien régulièrement. On donne à la première de ces méthodes le nom de conêtrueiionexclopéenne, parce que d'anciens monuments, offrant cette irrégularité dans leur construction, ont été regardés comme faits à Tépoque même où vivaient les oyclopes. — Les blocs sortent donc ordinai* rement de la carrière sans aucun travail; quelquefois cependant ils sont équarris grossièrement, ou bien enfin on leur donne une forme demandée, et, dans ce cas, ils reçoivent la dénomination de biocê d'échantUton; mais on ne fait usage de pareils blocs que pour procurer plus de solidité à certaine partie d*un monument, et seulement dans des cas assex rares, à cause de la difficulté qu'entraîne le placement de blocs d'un grand volume, et aussi pour éviter la dépense que cela occasionne. C'est ainsi que, dans le temple delà Gloire à Pari8,les chapiteaux de la colonnade ont tous été faits d'un seul bloc, qui, en place, a coûté S,000 fr. Au Panthéon, les angles du fronton du péristyle sont aussi d'un seul Moo, ayant 9 pieds en carré sur 5 pieds de hauteur, ce qui produit plus de 400 pieds cubes, pesant environ 59 milliers, et une dépense de 10,000 francs pour chacun. Le fronton de la colonnade du Louvre est aussi recouvert par deux pierres tirées des carrières de Heudon; chaque bloc avait 52 pieds de long sur 8 de large et un pied et demi d'épaisseur. ^ Le plus extraordinaire de tous les blocs pour son volume et pour son poids est celui qui a été employé pour la base de hi statue de Pierre I«% élevée à Saint^Pétersbourgpar ordre de l'impératrice Catherine II, et exécutée en bronze parle statuaire Falconnet. Ce bloc immense était une roche de granit trouvée dans un marais de la Finlande, à 5 lieues de Saint-Pétersbourg; il aVait 42 pieds de long, 37 de large et 21 de haut, ce qui donnait un poids d'environ 4 millions de livres. On le transporta dans toute son intégrité, mais, lorsqu'il fut arrivé à Saint-Pétersbourg, on en retrancha quelques parties, qui diminuèrent son poids d'un quaK environ. Ce travail se fait ordinairement dans la carrière même, pour diminuer le volume et le poids du bloc afin d'économiser les frais de transport. Anciennement, lorsqu'un sculpteur était chargé de faire une statue, le gouvernement lui livrait un bloc de marbre dont le cubage était calculé sur les parties les plus élevées de la figure, et l'artiste en la faisant épannekr, c'està-dire en faisant enlever k la scie toutM les portions inutiles pour exécuter son modèle , trouvait souvent dans les rognures d'une statue
colossale depetiU blocs dont il faisait emploi pour son compte, et dans lesquels il trouvait un buste de grandeur naturelle ou même une statue de petite proportion. On a senti depuis qu'il était trop coûteux de payer le transport de ces parties de marbre, et pour les statues colossales du pont Louis lYI on a envoyé à Carrare des modèles qui ont donné avec exactitude la forme 4u bloc dont on avait besoin pour chacune d'elles. Par ce moyen, on a obtenu une économie d'un tiers envir.on sur les frais de transport. On donne aussi le nom de bloc à une fbrte pièce de bols qui, dans les vaisseaux, sert de support aux mets, *- La même dénomination s'emploie également pour désigner une pièce de fer ronde et creuse dans laquelle les graveurs.sur métaux fixent, au moyen de quatre vis, le coin ou le cachet qu'ils veulent graver, et qui serait trop petit pour être tenu seulement à la main- — Dans le eommeroè, on dit aussi vendra en bloo, lorsqu'une partie de marchandises est vendue dans son intégrité sans avoir rien déballé, et même sans donner aucune désignation de poids oud'aunage. X.
BLOCAGE ou Blocailii, diminutif de bioc; nom donné en maçonnerie, i de petites pierres brutes, irrégulières, qu*on emploie sans prépa« ration pour la construction de certaines fondations ou dans l'eau. On les jette pêle-mêle avec le mortier. On les emploie aussi pour garnir le milieu des murs et des gros massifs. •— En ter« mes d'imprimerie blocage $e dit de l'emploi d'une lettre retournée sur son œil, et mise à la place d'une autre qui manque dans la casse. X-
BLOCH {VLk%cviriiitm)^ naturaliste, né à Anspach, en 1729, de parents juif^ très-pauvres, fut élevé, comme presque tous les enfants de cette religion, dans une extrême ignorance. Jusqu'à l'âge de 19 ans toute sa lecture consista en quelques écrits de rabbins. Il fut toutefois employé comme instituteur chez un chirurgien juif, à Hambourg; là il trouva l'occasion d'apprendre l'aUemand, Un catholique lui apprit le latin. Il acquit aussi alors quelques connaiisances astronomiques. Be Hambourg il se rendit à Berlin où il étudia avec un zèle IncroyaUe l'anatomie et toutes les branches de l'histoire naturelle. Il fut reçu docteur à Francfort-sur* l'Oder et revint à Berlin pour y exercer la médecine. Des travaux soutenus étendirent ses connaissances. Son principal ouvrage est son Jchthyologie ou Histoire naturelle générale et particulière des poissons, en allemand et en français. (Berlin, 1785 et suiv,, 13 vol. in-4»). Cet ouvrage est regardé comme fondamental. Des princes et de rlcbes gmaéeurs firent les Arals ém
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Ja gravure des planchée des six derniers vola* mes, et chacune de ces planches porte le nom de la personne qui en avait lait les frais, Bloch publia d'autres ouvrages sur Tanatomie et Thistoiie naturelle, et mourut, Jouissant d*une réputation méritée, à Tâge de 76 ans. CONV.LU.MOD.
BLOCKHAUS, petit fort en bois que Ton place sur des points dét^bés, et dont la garnison est^ comme dans une place assiégée, pourvue de vivres et munitions de guerre et chargée de défendre ce postjB jusqu'à la dernière extrémité. Blockhaus {msiïtOD en blocs, poutres) est un mot allemand, et les Allemands, qui s*en servent beaucoup en campagne, s'attribuent le mérite de Pinvention de ce genre de forts portatifè. Ce* pendant il y a longtemps qu^ les Français font de semblables constructions. Charles VI, ayant projeté une descente en Angleterre, fit construire, en 1386, à l'Écluse, une grande ville de bois, pour mettre l'armée française à couvert quand elle aurait mis pfed à terre. Cette ville était composée de pièces de charpente qui se plaçaient facilement sur les vaisseaux et pouvaient être ensuite dressées et assemblées sur les côtes d'Angleterre.
Les murs des blockhaus sont percés d'un et même de deux étages de créneaux, et couverts d'une plate-f^me armée de quelques pièces de canon. Cette forme de construction est trèscommode; elle peut être disposée à l'avance ou transportée et dressée prompten^ent sur le point que l'on veut occqper. On en avait construit à Paris un assez bon nombre pour l'expédition d'Alger, et quand le débarquement de l'armée française fttt effectué, on fit usage de ces blockhaus avec le plus grand succès, pour mettre les avant-postes à l'abri de toute surprise de la part des Arabes. Aussi continue-t^n à les employer en AfHque dans la plupart des opérations militaires. Cabittb.
BLOCUS, de bloc, comme blockhaus {bloquer, entourer de blocs, puis en général, cerner). Ooand on n'est pas assez fort pour faire le siège d'une place, ou qu'on craint d'affaiblir une armée en disséminant les Croupes, bu qu'on n*a pas un intérêt puissante se rendre promptement maître d'une place, on se contente d'en foire le blocus, c'est-A-dire d'en occuper toutes les avenues pour empêcher les secours en troupes, en munitions de guerre ou en vivres d'y pénétrer, afin de réduire la garnison à la famine.
11 arrive quelquefois que l'on lient une place bloquée pendant un certain temps, pour en faire «nsoite le siège. Gomme alors elle a consommé la plus grande partie dosaMW^e^^lsIonnements,
et que la garnison a déjà éprouvé de longues fatigues, on a l'espoir de s'en emparer plus promptement et avec moins de sacrifices.
Un général peut bien laisser, sans inconvénient, bloquer ainsi de faibles garnisons dans un petit nombre de places; mais quand, poursuivi par des armées victorieuses, il enferme dans toutes les places qu'il abandonne des garnisons plus ou moins fortes, il affaiblit considérablement ses troupes, et se prive des moyens de résister aux attaques de l'ennemi qui le harcèle et le poursuit avec des forces supérieures.
Le devoir d'une garnison bloquée est de faire, dès les premiers moments, de fréquentes sorties dans les environs de la place, pour y ramasser tous les grains, bestiaux, légumes, outils et matériaux de toute espèce; puis de s'opposer vigoureusement à l'établissement des batteries que l'ennemi cherche à élever contre la place ; de l'obliger à se tenir toujours à une distanœ respectueuse des travaux de défense, enfin d'entraver autant que possible ses moyens d'attaque, et de donner à quelque corps d*armée le temps de venir au secours de la place et de délivrer lA garnison. Carette.
BLOIS (viLUt rr tTATS de). Le Blaisois ou Blésois, ou pays de Blois, faisait jadis partie du gouvernement de l'Orléanais. Blois est situé à 15 lieues au-dessous d'Orléans, sur les bords de la Loire, partie sur une élévation et partie dans un fond , au milieu d'une des plus belles campagnes de France. Cette ville n'est connue que depuis le vi« siècle de l'ère chrétienne. Aujourd'hui elle est le chef-lieu du département de Loir-et-Cher ; elle est aussi le siège d'une cour d'assises, d'un tribunal de première instance et d'un tribunal de commerce. Les auteurs qui ont écrit en latin l'appellent Blesœ, Blessnss easlrutn. On y remarque plusieurs monuments, mais surtout le .château royal où naquit Louis XII, où résidèrent François I", Charles IX et Henri III, et qui a été, dans ces derniers temps, transformé en caserne d'infanterie ; c'est un assez beau monument gothique. On y voit aussi un aqueduc dont on attribue, A tort ou à raison, la construction aux Bomains. Blois a été appelée la vills des rois, parce que longtemps la pureté de l'air qu'on y respire a fait choisir ce lieu pour y élever les enfants de France.
Le Blaisois {Biesensis ager) avait environ 90 lieues de long sur 1 1 de large; ses limites étaient : au nord, le Yendêmois, le Bunois et l'Orléanais propre; au sud, le Berri; à l'est, la Sologne; A l'ouest, laTouraine. Il formait le comté de Bhis, qui a eu une suite de comtes de quatre races di^
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férentes depuis le ix» siècle. Lôuis de France, duc d*OrIéaos, acquit ce comté avec celui de Dunois, à. la fin du xiy« siècle, de Gui de ChastilloD. Il fut entièrement réuni à la couronne sous le règne de Henri II. 11 fit partie de Tapanage des ducs d*0rléans , depuis Philippe, frère de Louis XIY; il avait la même étendue que le bailliage de Blois, qui avait une coutume particulière. L*évéché de Blois fut érigé, en 1697, par un démembrement de celui de Chartres. L'histoire du comté de Blois se confond tellement avec celle des comtés de Chartres et de Champagne, et avec celle de TiUustre maison de Chastillon, que, pour éviter des répétitions, nous renvoyons aux articles Chartres, Chahpagnr et Chastillon.
Dans les guerres de religion du xvi« siècle, Blois fut deux fois le siège des états généraux, en 1577 et 1588.
ÉTATS DE Blois oe 1577. Dans le traité conclu par Henri III, en 1576, avec les protestants, traita qui donna naissance à la Ligue , on avait résolu de convoquer les états généraux; ils furent assemblés à Blois. Jean Bodin qui, dans ce siècle de désordres, avait réfléchi sur les principes constitutif^ des gouvernements, fit entendre la voix de la raison au milieu des clameurs de la violence et du délire. Les états de Blois voulaient limiter Tautorité royale, en créant un comité permanent de députés pris dans leur sein. Cette mesure, à une pareille époque, où l'Espagne croyait pouvoir placer une de ses princesses sur le trône de France, eût été plus funeste encore à la liberté et à Tindépendance de la nation qu'au pouvoir du roi. Elle eût substitué à un roi faible plusieurs tyrans, fait de la monarchie une aristocratie turbulente , et décidé peut-être l'usurpation étrangère. Bodin combattit ce plan avec autant de sagesse que de vigueur. Cependant la proposition eût peut-être passé, malgré sa résistance, si les états, divisés sur la conduite à tenir envers les protestants , ne s'étaient pas séparée sans être arrivés à des conclusions fixes et générales. Henri III s'était flatté d'opposer la volonté nationale à la puissance de la Ligue naissante. 11 avait paru aux états avec tout l'éclat d'une grande représentation et y avait employé toutes les ressources de son éloquence naturelle pour rallier les esprits autour du trône ; mais ce fut sans effet. 11 vit clairement que la plupart des membres de l'assemblée avaient signé l'acte de V Union, ou se préparaient à le faire. C'est alors qu'il résolut de se mettre lui-même à la tête de la Ligue, f^qy. Ligue.
ÉTATS DE Blois DE 1588. Après.la Journée des
Barricades (w^.), Henri III, po«r déjouer les projets ambitieux du duc de Guise, eut encore une fois recours aux négociations, au lieu d'agir avec force. Les états généraux furent de nouveau convoqués à Blois, pour réformer tqus les abus du royaume. Le roi espérait trouver dans cette assemblée nationale de l'appui contre le duc de Guise. Hais lorsque les états furent ouverts, Henri vit avec effroi que la grande majorité des députés adoptait les principes et partageait les affections des Ligueurs. Védit d'Union fut déclaré loi de l'État Guise, parlant d'un ton de maître, fit des demandes et forma des prétentions qui tendaient à dépouiller le roi de toute son autorité. C'est alors que Henri III le fit assassiner. Ce crime ne fit qu'exapérer la Ligue. LeB états nommèrent un comité de 40 personnes pour gérer les a£^dres générales du royaume. Henri III, excommunié, fut assassiné bientôt après par un moine fanatique.
En 1814, lorsque Paris fut menacé par toutes les forces de la coalition , l'impératrice Marie- Louise se retira un moment à Blois ; les derniers actes de la régence et du gouvernement impérial furent datés et expédiés de cette ville. L'histoire de cette courte régence, écrite par Hodey, a été imprimée en 1814 et a eu plusieurs éditions. A. Savagner.
BLOMFIËLD (Charles-Jahbs), philologue anglais très-connu , naquit en 1786 à Bury-Saint- Edmunds, dans le comté de Suffolk. Ce fut dans cette dernière ville qu'il reçut, avec son firère Edward , d'excellentes leçons de littérature ancienne de Bêcher, directeur de la Grammarêchool très-renommée qui s'y trouve. De là il se rendit à Cambridge, où il se fit remarquer, nonseulement dans les examens publics qu'il y subit, mais encore dans les solennités académiques auxquelles il prit part et qui lui méritèrent plusieurs distinctions honorables. Lorsqu*il eut publié son édition du Prométhée d'Eschyle, il fut élu fellow du collège de la Trinité. La renommée de ses vastes connaissances se répandant bientôt, lord Bristol lui conféra, en 1810, la cure de Quarrington dans le Lincolnshire , et, de son propre chef, lord Spencer lui en donna, dans la même année, une autre à Dunton. 11 y séjourna environ sept années, pendant lesquelles il publia la 2« édition du Prométhée , et de plus les Sept contre Thèbes, les Perses et l'Agamemnon d'Eschyle. Il travailla aussi à une édition de Callimaque, et publia, de concert avec T. Rennel, les Musœ cantabrigienses, et en même temps, en 1813, avec le professeur Monck, les Poêihwmouê tracté ofJ^oreon. U publia seul, en 1814,
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