‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 3Chapitre 35 sur 63 · US · texte numérisé non relu

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le5 ÂdtersàHa Pononi, Lord Bristol le mit en même temps en possession des deux cures du grand et du petit Cbesterford , dans le comté d*Essex.

C*est an nom que lui méritèrent ses connaissances philologiques et Ihéologiques qu*il dut rhonneur d*étre appelé auprès de Tévéque de Londres, en 1819, en qualité de son chapelain ordinaire; ce choix tombe toujours sur un homme dont rérudition est généralement reconnue^ attendu qu*il est en même temps chargé de Texamen des prédicateurs qui se présentent à Tordination dans le diocèse. M. Blomfield obtint enfin lui-même , en 1834 , le siège épiscopal de Londres. Parmi ses derniers travaux littéraires , la publication de son Eschyle est le plus important.

Son frère Edwabd-Yalsiitiii , également philologue, était né en 1788, et avait fait de brillantes études à Cambridge. Entre autres prix qu*il remporta est surtout remarquable la médaille que lui valut sa belle ode In destderium Porêoni. Après un voyage qu*il fit en Allemagne, en 1813, il 8*occupa de divers travaux philologiques, et il mourut dans le mois d'octobre 1816, à son retour d*un voyage qu*il venait de fiire en Suisse. Cohversation's Lbxigoii.

BLONDEL, serviteur fidèle, confident et maître de musique du roi Richard I«r d'Angleterre, dit Cœur de Lion, qui vivait en 1190. Pendant la captivité de son maître, prisonnier du duc d'Autriche , Blondel voyagea par toutes les contrées d'Allemagne pour tâcher de le délivrer. 11 apprit par la voie publique qu'on gardait soigneusement un prisonnier de distinction dans le château de Lovrenstein , et se hâta de s'y rendre. Aussitôt qu'il eut remarqué une tour bien défendue par des grilles et des barreaux de fér, il se mit â chanter une des romances françaises qu'il avait autrefois composées avec le roi Richard. A peine avait -il achevé le premier couplet qu'une voix sortie du f6ud de la tour se mit â chanter le second , et continua jusqu'à la fin de la romance. C'est ainsi qu'il découvrit son roi, qu'il le délivra, et qu'il mérita le surnom de fidèle Blondel. Cette anecdote a fourni le sujet d'un des meilleurs opéras de Sedaine et de Grétry, Richard Cœur de Lion, Dict. Conv.

BLOOMFIELD (Robbiit), poëte anglais né à Honington en 1766. Fils d'un pauvre tailleur, élevé au village, il apprit le métier de cordonnier chez son frère à Londres. Là, en fréquentant les conventicules, les clubs, les théâtres et en lisant beaucoup , il vit un nouveau monde s'ouvrir devant lui : il devint poète et débuta, dans le London magazine, par quelques chants

populaires, tels que la LaiUère (the Milk-maid) et le Retour du Matelot (ihe Sailor*8 Retum). En 1786 il conçut l'idée de son Farmer'ê Boy (le Garçon fermier), et le composa dans une triste mansarde, jetant son propre caractère et ses plu9 belles inspirations dans ce moule. En 1799 seulement, un jurisconsulte, Capel Lofft, vint à lire par hasard le manuscrit de ce poème intéressant, plus simple que les Saisons de Thompson, aussi bien versifié , aussi pathétique et rempli d'idées fortes : charmé de cette découverte, Lofft le ftiit imprimer et procure par là au pauvre artisan de l'argent et des protecteurs. Plus tard, Bloomfield composa encore une espèce d'idylle dramatique, HoMelwood hall, et publia un recueil de poésies qui a été traduit en français. Au lieu de souliers il fabriqua des harpes éoliennes, occupation un peu plus poétique. Il ne cessa cependant d'être en butte aux coups du sort. Il perdit sa fortune, ses yeux, sa santé, et des accès nerveux faisaient craindre pour sa raison, lorsqu'il mourut à Sheffèrd en 1823. Corr v. Lsx. aoB. BLOT, Instrument dont on se servait autrefois dans la navigation pour estimer le chemin que foit un vaisseau. C'était une pièce de bois, longue d'un demi-pied, large de deux pouces, et coupée par les bouts en ferme de nacelle. Il était chargé de plomb pour qu'il pût se tenir immobile sur la mer. On lé jetait derrière la poupe, attaché à une corde, et, à mesure que le vaisseau avançait, on filait cette corde, et l'on voyait com< bien il en fallait filer de toises pendant un certain nombre de minutes ou de secondes; ce qui donnait la mesure de la vitesse avec laquelle le vaisseau ^'éloignait du blot, et par conséquent du chemin qu'il faisait, {y^qjr, l'article Loch.) — Blot est aussi, en termes de fouconnerie, le chevalet où se repose l'oiseau. C'est de là sans doute qu'a été Mit le verbe se bloUir, employé pour s'accroupir, se ramasser, se rouler sur soi-même, que d'autres fènt venir de pila, pelotte, parce que, disent-ils, se blottir, c'est se metlre en pelotte. DlCTIOIlHAIRI DK LA COIlVIRSATIOIf.

BLOUSE GAULOISE. On donne le nom de blouse ou de blaude à une espèce de surtout ou de robe d'étoffe fort courte et serrée sur les reins avec une ceinture. Ce vêtement vient des Gaulois, chez lesquels il était déjà affecté aux hommes du peuple qui se livraient à de grossiers travaux. Il existe dans quelques parties de la France, et notamment dans les Pyrénées , des habitants qui portent la blouse telle que la portaient les Gaulois; comme eux ils la font encore avec des peaux de bêtes qu'ils tuent dans la montagne.

De nos jours, l'usage de la blouse s'est eonsi-

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dérablement répandu, surtout parmi certaines classes, comme celles des artistes, des imprimeurs, et en général celles qui se livrent à des travaux qui demandent une grande liberté dans les mouvements.

Les charretiers ne portent pas d*autre costume, et lorsqu*Û fait froid ils le mettent pardessus leurs vêtements. Leurs blouses sont presque toujours en grosse toile.

Le nom de blouse gauloise a été donné par Napoléon à la blouse qui servait d*unif6rme aux gardes nationales de la campagne, dont les services lui furent si utiles au temps de ses désastres pour retarder la catastrophe qui devait les terminer. A Tépoque de la révolution française de 1830, rélan universel des habitants des départements empêcha le gouvernement de poûr- TOir à Thabillement des nombreuses gardes citoyennes qui surgissaient de toutes parts. La blouse gauloise, si commode et si peu dispendieuse leur fut rendue, et plusieurs Tout conservée. Elle fut aussi adoptée par tes gardes civiques de la Belgique, après la révolution qui éclata dans ce pays, au mois de septembre 1830.

Elle consiste dans une sorte de robe bleue, semblable à la blaude des voituriers, avec le parement et le collet des gardes nationales de la ville ; elle est bordée, en bas, par une bande rouge et serrée sur les reins par une ceinture tricolore. Dé/ldié.

BLUCHER (GiBHàRB-LiBBBGHT Ds), princo de Wahlstatt, issu de la maison de Grossen-Rensow, dans le duché de Mecklenbourg, naquit à Rostook en 1743. A Torigine de la guerre de sept ans, son père, capitaine au service de Télecteur de Hesse-Cassel, renvoya à Tile de Rttgen, où la vue des hussards suédois ferma son inclination pour le métier des armes. Ses parents s*étant vainement eflPorcés de Ten détourner, il entra en qualité de cadet dans un des régiments de hussards suédois. Dès sa première campagne il fut fait prisonnier par des hussards du même régiment prussien qu*il commanda plus tard si glorieusement. Le colonel de ce régiment rengagea à entrer au service de Ui Prusse, et, la Suède y ayant consenti, Blttdier obtint une lieutenance dans les hussards ; mais un passe-droit dont il eut à se phiindre lui fit prendre son congé. Il se retira avec le grade de capitaine. Alors il se voua à Péconomie rurale, et bientôt il se vit en état d*acquértr une terre, se maria et devint conseiller provincial. Après la mort de Frédéric II, U rentra, avec le grade de nu^or, dans son ancien régiment Bientôt après, il en obtint le coiçmandeDient, et pendant les années

1708 et 1704, appelé à Parmée du Rhin, U sV signala par sa bravoure; Orcbies, Luxembourg, Frankenheim, Oppenheim, Kerweiler et Edesheim, furent témoins de ses faits d^armes. La journée du 18 septembre 1704, près de Leystadt, réleva au rang de général-major à Tannée d*observation du bas Rhin. En 1802 il s*empara d*Erfurt et de Mulhausen, au nom du roi de Prusse. La guerre qui éclata en 1806 le conduisit au champ de bataille d'Auerstœdt. Après cette journée fatale aux armes de la Prusse, il suivit, à la tête de la plus grande partie de la cavalerie, le mouvement du corps d'armée du prince de Hohenlohe, qui battait en retraite sur la Poméranie. Cependant la distance qui séparait les deux corps était trop grande pour pouvoir espérer une jonction entre eux| des marches forcées Tauraient seule rendue possible, et BlUcher ne voulut pas hasarder ce mouvement. Alors le prince de Hohenlohe fut obligé de se rendre aux Français à Prenzlau, et BlUcher, voyant ainsi sa retraite coupée sur Stettin, entra dans le Mecklenbourg et opéra sa jonction avec le corps du duc de ^yveimar, commandé par le prince Guillaume de Brunswick-OEls. Ses troupes étaient tellement épuisées qu*il ne pouvait tenter aucun combat. Inquiété sur Taile gauche par le grandduc de Berg, menacé sur son front par le prince de Ponte-CSorvo, et serré par le maréchal Soult sur Paile droite, il se vit obligé de se porter en arrière de la Trave, afin d'éloigner de roder^ aussi longtemps que possible, ces trois corps d*armée. Il opéra ce mouvement en se dirigeant sur le territoire de la ville libre de Lubeck, qui venait d'être fortifiée à la hâte, mais qni Ait enlevée par Parmée française, qu'aucun obstacle n'arrêtait. BlUcher se sauva ^eore assez à temps avec quelques troupes ; mais, privé de tout moyea de défense et coupé dans sa retraite, il se vit fèrcé de se rendre, près de Ratkau, village de la banlieue de Lubeck. Après de longs pourpari^v, il lui fut accordé qu'il pourrait ajouter à sa capitulation un article signé do sa main, portant : Que la capituhition lui avait été offerte par le prince de Ponte-Corvo et qu'il n'avait cédé qae par le manque de vivres et de fourrages. Blttcher, prisonnier de guerre, fut bientôt échangé contre le général Victor. A peine de retoor à Kœnigsberg, il reçut l'ordre de se rendre par mer, à la tête d'un corps d'armée, dans la Poiiéranié" suédoise, pour coopérer à la défense de Stralsund et pour seconder les Suédois dans leurs entreprises. Après la paix de Tilsitt, il fat employé, tant à Berlin qu*à Kœnigsberg, au département de la iRierre. Plus tard, il obtint le

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commandement militaire de la Poméranie i mais ensuite il fut admis à la retraite. On prétend que le cabinet prussien avait été déterminé à cette mesure par le désir de plaire à Napoléon. Blttcher ne prit aucune part à la campaf^e de Russie ; mais lorsque la Prusse se déclara contre Napoléon, il déploya, quoique Agé de 70 ans, une activité étonnante.

U obtint le commandement en chef de Tarmée prussienne et du corps d^armée russe commandé par le général Winzingerode, qui cepepdant en fut détaché dans la suite. Il se distingua à la l»ataille de Lutien, le â mai 181$; les journées de Bautzen et de Haynau ne furent pas moins glorieuses pour lui. Le combat de la Ratibach lui valut de Justes éloges; après un avantage remporté sur le maréchal Macdonald, il fit évacuer toute la Silésie, ce qui fut cause que son corps d*armée fut appelé armée de Silésie. En vain Napoléon essaya d*arr6ter dans sa marche le vieux général de hussards, comme il se dénommait lui-même : le 5 octobre, Blucher passa r£lbe près de Wartenburg, et par celte manoBUvre hardie il excita à plus d'activité la grande armée de Bohème, sous les ordres du prince de Schwarzenberg, et Tarmée du Nord commandée par le prince royal de Suède. Le 16 octobre, il remporta de grands avantages sur le maréchal Harmont près de Mœckern. Le 18, ayant opéré sa jonction avec le prince royal de Suède, il contribua beaucoup à la déroute des armées fhinçaises, et ses troupes furent les premières qui entrèrent à Leipzig, le 19. La rapidité qu*il mettait dans Texécution de ses plans et sa méthode d'attaque lui avaient, dès Touv^ture de la campagne, fait donner dans Tarmée russe le surnom de maréchal vono(Brtê{en avant). Toute rAUeniagne lui conféra alors ce sobriquet honorifique. Le 1«' janvier 1814 il passa le Rhin, près de Kaub, avec Tannée de Silésie, .composée alors de deux corps d'armée prussiens, de deux corps d'année russes, d'un corps d'armée hessois et d'un corps d'armée mixte; le 17 janvier il entra à Nancy et gagna, le 1» février, la bataille de la Rothière. Il s'avança alors sur Paris; mais Napoléon repoussa ces différents corps d'armée, et BlUcher ne parvint à couvrir sa retraite sur Châlons qu'après une perte considérable. Il se porta alors sur Soissons où il passa l'Aisne et effectua sa jonction avec l'armée du Nord. Après la bataille de Laon il dirigea sa marche sur Paris, conjointement avec le prince de Schwarzenberg. Ses succès à Montmartre lui ouvrirent la capitale où il entra le SI mars. Alors tous les souferains envoyèrent leurs ordres

au général BlUcher; Frédéric*Guillaume III le nomma prince de Wahlstatt, en commémoration de sa victoire remportée sur la Katzbach, près du village de Wahlstatt; il lui assigna en même temps de grandes dotations et lui conféra la dignité de feld-maréchal et de chevalier de tous les ordres de Prusse. L'Angleterre, où il avait suivi les monarques alliés, le reçut avec enthoiisiasme; l'université d*0xf6rd le nomma solennellement docteur en droit : singulier honneur pour un hussard! U se rendit alors dans ses terres en Silésie. Sn 1815, il fut de nouveau nommé général en chef et parut brusquement dans les Pays-Bas. Napoléon le battit à la bataille de Ligny, le 15 juin. Renversé de cheval, il fut redevable de sa vie et de sa liberté au hasard de ne pas avoir été reconnu. Le 18, vers le soir, il arriva assez à temps sur le champ de bataille de Waterloo pour décider en faveur des alliés la victoire qui penchait pour les Français. Il refusa l'armistice proposé et marcha sur Paris, où il montra une grande anîmosité contre les vaincus. Bans le conseil des souverains il s'opposa au système de ménagement qu'on avait observé lors de la première campagne. Frédéric-Guillaume III, pour récompenser ses nouveaux services, l'honora d'un ordre particulier créé exprès pour lui; c'était une croix de fer entourée de rayons d'or. Après hi paix de Paris, BlUcher se retira de nouveau dans ses terres. Le 26 août 1819, pour célébrer l'anniversaire de la bataille de hi Katzbach, ses concitoyens firent ériger en son honneur, à Rostock, sa ville natale, une statue colossale coulée en bronze représentant le vieux général. C'est le seul exemple en Allemagne d'un monument élevé à la mémoire d'un homme encore vivant.

BlUcher mourut la même année, après une courte ^laladie, à Kriblowitz, l'une de ses terres en Silésie. Le roi de Prusse lui fit ériger à Berlin, en face du principal corps de garde ( Ëauptwache)^ sous le9 tilleuls, le 18 juin 1836, une statue en bronze haute de 12 pieds et placée sur un piédestal orné de bas-reliefs; en 1827 une autre statue fut élevée à sa mémoire à Breslau. M. Yarnhagen d'Ense a écrit la biographie du feld-maréchal (Berlin, 1827). Gorv. Lsxicov.'

BLUETTE. Oo appelle ainsi une légère et petite composition dont l'esprit seul fait tous le^ frais ; on doit donc n'y chercher ni abondance d'idées ni chaleur de sentiment; un plan, quel qu'il soit, n'est pas même indispensable : il ne s'agit que d'amuser ou d'éblouir un instant A la naissance d'une littérature, les bluettes ne sont pas entièrement à dédaigner ; si elles ne contri-

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bueût pas à donner au goût une direction élevée, elles piquent, elles éveillent du moins la curiosité; elles mettent enfin sur la route des plaisirs intellectuels. On cite quelques bluettes qui, venues à propos, ont une place imperceptible dans les bibliothèques et se çont conservées pendant quelque temps dans la mémoire des amateurs. Les femmes aiment les bluettes ; souvent elles les inspirent. Les jeunes gens partagent ce penchant, mais ils 8*en corrigent plus t^rd. A une époque comme la ndtre, les bluettes proprement dites n*ont aucun prix : le public ne saurait les comprendre ; son attention est trop vivement préoccupée par le débat des plus hautes questions. Les écrivains, de leur côté, qui sont forcés d*obéir au goût général, ont perdu Thabitude des bluettes, pour composer des articles de journaux, des brochures ou des romans; on peut, dans ces genres différents, se montrer grave- ou utile. Saiht-Prosper.

BLUHAUEK (Alots), poète allemand, né à Steyer, ville d'Autriche, en 1755, entra dans Tordre des jésuites à Vienne, en 1772, fut nommé plus tard censeur, se mit à la tête d'une librairie, en 1795, et mourut en 1798. Blumauer se fit un nom par son Enéide travestie (1781), qui ne le cède point, pour Tesprit burlesque, à celle de Scarron; c'est une parodie fort amusante, quelquefois un peu triviale. Blumauer se sert avec un grand bonheur des anachronismes ; et, le genre une fuis admis, on ne lit guère de meilleure caricature poétique. Le même esprit caractérise le reste de ses vers, dont quelques-uns sont remplis de verve comique et écrits avec un talent de style très-remarquable; d'autres au contraire pèchent par la trivialité et l'incorrection. La tragédie à^Ervin de Steinheitn n'est pas sans mérite. Ses œuvres complètes ont paru à Leipzig, en 1801 et 1803, en 8 vol. Coirv. Lex.

BLUMENBACH (jEAN-FRtoiiic), naquit à Gotha, le 11 mai 1753 et mourut en 1840. 11 étudia d'abord à léna, puis à Gcettingue dans cette université qu'il devait plus tard illustrer par ses nombreux écrits, ses découvertes et la dhrection nouvelle qu'il saurait imprimer aux sciences qui considèrent la vie dans l'état de santé, dans celui de maladie, et dans ses rapports avec la création. Il apporta un goût si prononcé pour l'observation, une aptitude si grande, qu'il remplit rapidement le cours de ses classes et se fit distinguer par des succès dont ses condisciples étaient émerveillés. A 91 ans, il était reçu médecin, il professait publiquement les sciences naturelles, et il se trouvait à la tète du muséum qui fait partie de la riche bibliothèque de l'université. Bientôt

après, son nom devint européen, et l'Allemagne l'inscrivit avec orgueil parmi ses savants les plus distingués.

Blumenbach s'est spécialement occupé de l'histoire physique de l'homme {de Generiê hutnani mrietate native, Gottingœ, 1775 et 1794, in-4o). Avant lui, un voyageur français, en 1684 (Journal des savants, p. 135 et suiv.), avait, le premier, divisé le genre humain en quatre races distinctes, que Leibnitz modifia légèrement ensuite. Pownal n'en voyait que trois, qu'il désignait d'après la couleur blanche, rouge et noire; Buffbn en admettait six, Hunter sept ; Linné les ramena, d'après les limites naturelles, aux quatre parties de la terre alors connues, appuyé sur des données constantes fournies par chacune d'elles. B*autres en ont porté le nombre de onze à quinze et même plus. Blumenbach n'en reconnaît que cinq, la caucisisienne, la mongole, la nègre, l'américaine et la malaise; il fixe les caractères distinctifk qui spécifient leur confirmation particulière, ainsi que les différences qui les séparent les unes des autres, les points de contact qui les rapprochent, les traits de ressemblance^ les nuances jusque^ insensibles à tout autre œil que^le sien qui les appellent à l'unité; il les suit dans les situations géographiques que ces races occupent, et jusque dans les couleurs qu'elles affectent. Si le naturaliste découvre des difi^rences plus ou moins notables dans quelques grandes familles non encore observées, il les rapporte aisément, comme variétés, à ces types essentiels, à ces cinq divisions parfoitement tranchées {Décades viii craniorum diversarum genUutn, Gottingœ, 1790-1808, in-4o, contenant quatre-vingts figures).

Ce travail important amena Blumenbach vers l'anatomie comparée (Manuel d'anatomie comparée, Handhuch der vergleichenden Anatomie, Gœttingen, 1805 et 1815, in-S»). Ses comparaisons des animaux à sang chaud et à sang fh>id, ovipares et vivipares , sont remplies de vues piquantes, d'observations neuves, de recherches étendues {Spécimen phxsiologiœ comparatœ inter animantia calidi ac frigidi songuinis, vivipara et ovipara. Gottingœ, 1787 et 1789, in.4*).

Son manuel d'histoire naturelle {Handbueh der Naturgeschichte , traduit en français par S. Artaud, Metz, 180S, 9 vol. in-8o), est un livre élémentaire très-estimé, propre à ouvrir A l'adepte la route de la science et à la lui rendre facile. Il compte dix éditions allemandes depuis 1779 et 1780 que parurent les deux volumes.

La médecine doit à Blumenbach plusieurs ex-

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