BOET
decin avait une réputation fiite lonqu^U avait étadlé fous Boerhaave. Comme praticien il jouit de la plus grande vogue, et compta parmi sei clients des têtes couronnées. Sa fille unique recueillit une fortune de plus de 900,000 florins, fruit de son travail et de son économie; car la simplicité de ses habitudes était telle qu*on Taurait prise pour de Tavarice, si Ton n*avait vu en même temps les dépenses considérables qu*il faisait dans le seul intérêt de la science. Outre la bibliothèque très-importante qu'il rassembla, il fit faire à ses frais, et avec beaucoup de luxe, un grand nombre d'éditions d*auteurs tant anelens que modernes, dont plusieurs sont ornées de gravures précieuses.
8a santé chancelante le força de renoncer suceessivement à sa chaire de botanique et de chimie, et aux fonctions de recteur dont il avait été investi pour la seconde fbis. Il fit ses adieux à ses élèves par un discours dans lequel, revenant aux doctrines hippocratiques, il déclarait le meilleur médecin celui qui, soumis à la nature, sait attendre et seconder ses efforts. La goutte, dont il avait depuis longtemps éprouvé de fréquentes atteintes, Tenleva en 1783 k Tâge de 70 ans. Sa HiodesUè et sa bieuveillance lui avaient concilié Taffection de seê collègues, et celle des nombreux élèves qui suivaient ses leçons, et dont plusieurs, qui occupèrent un rang distingué dans la science, propagèrent ses doctrines. La ville de Leyde lui fit élever dans Téglise de Saint- Pierre un monument sur lequel on grava sa devise : Simples iigilium tferi, F. RikTi».
BŒTTGHIR (JBAff-FEiDtaïc), inventeur de la porcelaine de Saxe, né à Schleiz, dans le bailliage de Reuss, le 5 février 1682, vint, à Tâge de 15 ans, de Magdebourg, où il avait ses premières études, à Berlin, et entra en apprentissage chex un a|k>thicaire nommé Frédéric Zorn. Il annonçait de grands talents, unis à une louable persévérance, surtout pour Tétude de la chimie; mais il se conduisit d'une manière si opposée à ce qu'il promettait qu'on le crut à moitié fou. D'abord il s'occupa à vernir et graver à l'eauforte) bientôt après, il employa tous ses loisirs à essayer de faire de l'or. Il avait été poussé à la vaine recherche du secret de la transmutation des métaux par l'apothicaire Copke, d'Heymersleben, qui lui avait prêté un manuscrit sur la pierre philosophale, qu'il tenait, disait-il, d'un moine de Salnl- Gall. Il passait des nuits entières dans le laboratoire de Zorn, où il travaillait auii^dépens de son maître, car il n'avait aucune fortune par luimême : s^tendonnant pendant le Jour au sommeil, ^*il ne pouvait goitter pendant la nuit, il
négligeait tout à fait les travaux professionnels qui lui étaient prescrits. — Celte conduite lui attira de vtolents reproches de la part de son maître, et leurs rapports devinrent bientôt si insupportables que Bcmcher le quitta au mois de septembre 1699. N'ayant pas tardé à tomber dans ta misère la plus profonde, il consentit à en passer par la condition expresse qui lui fut faite de renoncer k sa conduite passée, et vers Pâques 1790, il fut admis de nouveau k fonctionner dans l'ofScine de l'apothicaire Zorn. Il n'en continua pas moins en secret ses essais d*alchimie à l'aide d'un de ses camarades nommé Schrader, et il obtint dans la maison de Zorn une considération telle, en montrant quelques fragments d'or qu'il prétendait avoir transmués, qu'on abrégea de beaucoup le temps de son apprentissage. In reconnaissance de ce procédé, Bœttcher offrit à son maître de lui donner, en présence de plusieurs de ses amis, une preuve de ses talents en alchimie, et, le 1« octobre 1701, il transmua ou du moins parut transmuer en or du titre le plus fin dix-huit pièces de deux gros, qu'il avait fait fondre dans un creuset en y mêlant une certaine poudre rouge.— Quoique Bœttcher priât qu'on lui gardât le secret, son prétendu art n'en fut pas moins généralement connu, ce qui lui valut les encouragements des gens les plus distingués, entre autres du chimiste Kunkel, de Lœwenstern. Le roi même voulut lui parler. Mais Beettcher ayant appris qu'en sa qualité d'adepte on voulait le faire arrêter, disparut tout à coup, et vécut caché dans une mansarde du marchand Bober.Ils'échappaensuiteàlafindV>ctobrel701, et se rendit à Wittemberg, où il feignit de vouloir étudier ta médecine chez le docteur Vater. On le fit poursuivre par des soldats jusqu'à la frontière, et là, un oflicier demanda son extradition au commandant de Wittemberg. Mais celui-ci, devant lequel BcHtcher avait Joué le rôle d'un adepte, donna en toute diligence à la cour de Dresde avis de ce qui se passait; et 11 en reçut aussitôt l'ordre de ne point livrer BcBttdier, et de l'envoyer à Dresde aussi secrètement que possible. Cest ce qui eut lieu en décembre 1701, avec les plus grandes précautions. Le gouverneur de ta Saxe, le prince Bgon de Furstemberg, lui envoya ses propres chevaux, avec ordre de ne marcher que ta nuit, de ne pas suivre ta grande route, et de prendre par Wurzen, parce qu'il y avait dans les viltages voisins de Wittemberg des soldats prussiens déguisés, chargés de l'épier, de le saisir et de ta ramener à Berlin. De nouvelles tentatives de ta cour de Prusse auprès de cette de Dresde, poar obtenir IVxtradition de
BOËT