‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 3Chapitre 41 sur 63 · SOI · texte numérisé non relu

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y Mai 9ipHm46S avec plus d$ yér'ité, de couleur et d*éoer^ie. Ce procuré* eft eeosible daoe les épUres $ur le respect bumaiii, sur la connais- Kaoce de soi-même, sur les plaisirs de la cam<* pagnei et dans le remerctmeDt k Louis XIY- De tirillautes descriptions, au vers éléputs, har^ monieuy et souvent pitloresques, des ornements tr^-veriés et toujours convenables, enrichissent ces 4 ^pitres qui ne sont pas les plus Mies. C*est quand U célèbre le passage dn Eh|n, quand 11 iibante les exploits guerriers et recommande les vertuspacl^ues; c*est quand il eiborte à n'aimer qu9 la vérité ; c'est lorsque* inspiré par le goût et par Tamitié, Il enseigne k Racine comment le 0inie, en méprisant U critique malveillante, peut en proAter cependant! c'est en des sujets al divers que Pesppéaujt, prenant tous les tons avec justesse, ennoblit, agrandit ce genre de poèmes, et j remplace au moins par des beautés •évères renjouemeot gpaeieus d*Horace, son nbandon inimitable et sa négligence si parfaite, irons n*étendons ces éloges ni ) sa 9* épitre, ni aux trois dernières* La 9* consiste en ISû vers, où des lieux communs sur la manie des procès, ae terminent par un bien aride apologuCf quoi* que ce soit celui de Tbuttre et des plaideurs, Les s autres, publiées en 16^« étalent de péoi^ blés productionsd'une musepresquesexegénairCf Bespréaux y parle k ses propres vers d^ circonstances de sa vie i 1^ son jardinier d'Anteuil de la nécessité du travail | il Tebbé Uenaudot de Tamour de Dieu- Parmi les épitres composées 30 ans ou pbis auparavant, trois sont adressées A Louis V^f ou mème^, si Ton tient compte d'un ûi9CQun en vers qui se lit à la tête des aatires» et qui n'en est pas un très^digne fron* tispice. Le grand monarque est complimenté aous des forpies diverses et souvent IngénieuseSf «onseuleme nt dans ces 4 pièces, mais dans les satires mêmes, dans l'Art poétique, dans le Lutrin, ailleurs encore] et l'on peut regretter qu^un satirique ù austère ait tant prodigué les louanges. Chez lui du moins elles sont eirconspectes jus-r que dans leur profusion i jamais II n'encense ni un vlMt ni une mauvaise action, ni même une erreur grave; il n'applaudit point aux dragonnades; Il ne célèbre pas, comme a fait Ch. per* rauit, la révocation de Tédit de Nantes, Préeonlser les méfaits des maîtres du monde, c'est en être le complice; leur attribuer des vertus qu'ils n'ont pas est quelquefois le seul moyen de leur adresser d'utiles conseils. Despr^aux a usé de cette licence; il osa Inviter Louis XIV à s'illus* Irer par de sages lois et par une administration iquitablCi pbitôt que par des conquêtes. Le mO"

narque lut l'épltre, l'admira, et At la guerre; mais le poète avait fait un bel ouvrage et une belle action, pensionné comme historiographe, il rima quelques compliments de cour et s*abs* tint d*écrire des Annales qui n'auraient pu être que mensongères,

Sn 1674 il mit au jour l'Art poétique et le LU" trio; ces deux cbeM'muvre l'avaient occupé durant cinq années, Le premier est un poème didactique où sont d'abord exposées les règles générales de l'art d'écrire, Jamais encore elles n'avaient été exprimées avec autant de précision, enchaînées avec autant de méthode; et néan*moins la poète sait les interrompre k propos, y mêler des traits de satire» y joindre un tableau historique de la poésie fj^nçaise, Bn appliquant ces préceptes généraux aux différentes composi' tiens poétiques, k Pidylle, k l'élégie, à l'ode, à l'épigrèmme, 1^ la satire, il décrit véritablement ces poèmes; Il enseigne moins ce qu'ils doivent être qu'il ne montre ce qu'ils sont de leur nature, Son style harmonieux nous les représente en prenant sans effort et sans dissonance tous les tons qui leur conviennent* Loin qu^un tel ira* yail le découra^fe, il se laisse au contraire séduire parles difficultés et consacre 90 excellents vers à l'exposition its règles minutieuses du sonnet. On sait avec quel éclat la tragédie» l'épopée, la comédie sont peintes dans lei^ chant, et quel in" térêt profond répandent sur le 4» la sagesse des maximes, la noblesse du sentiments et la dl** gnité du style; noileeu.nous y entretient des mmurs de l'écrivain» et son langage est è la fois celui d'un poète et d'un homme de bien,

Indigné du succès des poésies burlesques, il voulut, h cet art grossier d*avilir de grands objets par des formes basses, substituer un art plus noble, celui de traiter avec gravité un sujet co* mique et de fiire prendre k de ridicules figures des attitudes solennelles; Ingénieux et fécond système où devaient sa succéder, se f0ndre et ressortir par leurs contrastes les saillies de la gaieté saUrique,les richesses de la poésie descrip* tive et les fictions hardies de l'épopée. VoiU ce qu'un talent fiexiMa, dirigé par un goût exquis» a fait admirer dans les 4 premiers chants du Lu* trlQ. Aucun des précédents ouvrages de Soileau n'avait promis celui-là. 3oa génie n'avait point encore révélé le secret de tant de ressources; on ne le savait pas riche de tout ee qu'il répand ici d'ornements et de grâces sur les récits et sur les discours, sur les portraits et sur les tableaux. lu deux derniers chants n'ont été composés qu'environ 0 ans plus tard, Le Kf plait encore par l'éléganoadu style et par la gaieté des déUils,

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quoi(iu'il8 soient peu variés et fort épisodiques. Hais l*aridité du 6« est déplorable, et il est trop permis de dire que Despréaux n*a réellement point achevé son plus poétique et plus aimable ouvrage.

Après avoir distingué dans les iBuvres de Boileau d*excellentes satires, de meilleures épltres, TArt poétique et quatre chants du Lutrin, il serait inutile de s*arréter aux essais lyriques et aux poésies diverses qui s*impriment à la suite de ces chef8-d*œuvre. D*heureux quatrains n'ajouteraient rien à une gloire si haute; et une mauvaise ode, de froids sonnets, de faibles épigrammes ne peuvent pas la rabaisser. Ses écrits en prose n'attirent Tattention que par leurs objets et par leurs rapports avec de plus mémorables travaux. Presque toujours claire et assez souvent correcte, la prose de Boileau manque beaucoup trop de couleur, d'harmonie et même d'élégance. On voit qu'il Ta composée négligemment, et comme pour se reposer de ses veilles poétiques. Cependant il n'avait fait encore que deux satires quand il écrivit, en 1662, sa dissertation sur Joconde. Cet hommage rendu avec franchise, et non sans quelque soin, au talent de la Fontaine, est un monument de l'estime qu'il avait dès lors conçue pour cet immortel poète, dont il est devenu depuis l'un des amis les plus intimes : on a peine à comprendre par quelle fatalité le nom du fabuliste, si honorablement cité en divers endroits des œuvres de Boileau, a été oublié dans l'Art poétique. Hais de tous les ouvrages en prose que le satirique a laissés, le mieux écrit, le plus plein de traits piquants et de saillies ingénieuses, est le dialogue des héros de romans, publié en 1664. Il s'en fout qu'on doive les mêmes éloges à un discours sur la satire, composé 4 ans plus tard, non plus qu'à d'autres préfoces qui portent des dates encore moins anciennes. L*arrêt burlesque de 1671, production en soi légère, se recommande par l'intention qui l'a dicté et demeure mémorable par l'effet qu'il a produit. La philosophie de Descartes, alors la plus raisonnable, était mena-, cée d'une proscription solennelle : Despréaux eut le bonheur d'empêcher l'université et le parlement, déjà coupables de tant de sottises, d'en commettre une de plus.

A l'époque de la plus glorieuse activité de son génie poétique, en 1674, Boileau fit paraître, avec ses deux plus grands ouvrages, la traduction d'un traité grec sur le Sublime. Elle était, quoi qu'on en ait dit, constamment fidèle, mais rarement élégante; le style en est presque partout faible, décoloré, traînant et pénible. 11 n*y

a d'excellent, dans cette traduction en prose, que les vers. Le rhéteur Longin n'est interprété que par un helléniste; Homère et Sapho, quand Longin les cite, sont traduits par un poêle qui sait reproduire les couleurs et les beautés de leurs vers, les formes et les tours figurés que l'auteur du traité y fait remarquer. Despréaux a imposé le nom de Réflexions sur Longin à des dissertations polémiques qu'il a composées longtemps après cette traduction et dans lesquelles il ne s'agit réellement ni de Longin ni de son traité; seulement des textes de ce rhéteur grec se lisent -à la tête de ces réflexions, et y servent de points de départ pour arriver à d'autres sujets. Les 0 premières, imprimées en 1693, sont des réponses très- judicieuses aux détracteurs des grands écrivains de l'antiquité, particulièrement d'Homère; Ch. Perrault y est durement convaincu d'ignorance et de mauvais goût. Les 5 dernières, écrites par Boileau dans la 74« année de sa vie et publiées après sa mort, concernent un verset célèbre du premier chapitre de la Genèse, et quelques vers de la Phèdre et de l'Athalie de Racine. Entre les autres opuscules en prose du poète satirique, il ne restait guère à distinguer que son remerclment épigrammatique à l'Académie française en 1683, et ses lettres depuis 1672 jusqu'en 1710.

S'il est entré fort tard à TAcadémie, c*est surtout à lui qu*il faut s'en prendre : il attendit un ordre exprèsde Louis XIV pour se juger digne de succéder à H. de Bezons. Ses succès dans cette compagnie n'ont pas été fort éclatants : il y perdait presque toutes les causes qu'il s'avisait de soutenir, contredisait inutilement le décisif Charpentier , et résistait sans prudence à l'admission des gens de cour, amateurs d'honneurs litféraires. Il s'abstint de coopérer à l'exclusion de Furetière; on assure même qu'il s> opposa, et qu'il porta d'ailleurs la témérité jusqu'à proposer à l'Académie un plan de travail, comme ont fait depuis tout aussi vainement Féoelon, l'abbé de Saint-Pierre et Voltaire.

On a recueilli un assex grand nombre de ses lettres, 85 à diverses personnes, 20 à Racine, 61 à Brossette. Les plus remarquables, dans la première de ces trois séries, sont celles qu'il adresse à Vironne au nom de Balzac et de Voiture, en contrefaisant les styles de ces deux écrivains; au docteur Arnauld pour le remercier d'avoir foit l'apologie de la satire des femmes; à Ch. Peivrault sur la littérature ancienne. Ce qu*on a conservé de sa correspondance avec Racine ne commence qu'en 1687 : ces deux poêles ont continué, durant les onze années suivantes, de

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ge consulter mutuellement sur leurs ouvrages. Ils étaient, et ils sont encore, les deux plus habiles écrivayis en vers français : à ce titre ils pouvaient n*étre que des rivaux; une amitié active et franche n*a cessé de les unir jusqu*au jour où Tauteur de Phèdre, reposant sur Boileau ses derniers regards, se félicita de mourir le premier. Depuis 1609 jusqu^en 1710, le principal correspondant de Boileau fut Brossette, son commentateur futur, qui lui était, à tous égards, trop inférieur pour que leur commerce épistolaire pût être d'un grand intérêt. Cependant les lettres de Despréaux , sans excepter celles de cette troisième série, sont encore aujourd'hui instructives : les unes expliquent certains endroits de ses poèmes; les autres tiennent à l'histoire littéraire de son siècle; plusieurs renferment d'excellents conseils et d'utiles observations critiques; la plupart, enfin, donnent une très-bonne idée de son caractère et de ses mœurs. . C'est par les écrits de Boileau et surtout par ses lettres que plusieurs détails de sa vie privée sont bien connus; mais on y a joint un plus grand nombre d'anecdotes, puisées ft des sources moins dignes de confiance. Pour nous borner aux faits avérés, nous dirons qu'il s'estimait heureux quand il pouvait réparer, envers les hommes de lettres , les injustices de la fortune et de la société. Il acheta la bibliothèque de Patru en lui en conservant la pleine jouissance. D'autres littérateurs dignes, comme celui-là, de toute son estime, se sont honorés de son amitié généreuse et n'ont pas repoussé ses bienfaits ; il éprouvait tellement le besoin d'en répandre qu'il en jeta jusque sur l'ingrat Linière. Il n'osa point en o£Frir à Corneille, quand la pension de ce poète, presque octogénaire, récompense trop faible et trop nécessaire de ses veilles immortelles, fut tout à coup supprimée. Hais à cette nouvelle, Despréaux vole vers Louis XIV, il tonne contre cette spoliation barbare, il renonce à la pension dont il jouit lui-même, tant que la plus sacrée de toutes ne sera point acquittée, et Ton s'empresse de. réparer une injustice qu'il menace de punir avec tant d'éclat. Jamais sati* rique ne fut moins haineux; il n'était cruel qu'en vers, a dit M»* de Sévigiié. Enclin k pardonner les o£Fenses qu'il avait reçues, et jusqu'à celles qu'il avait faites, il s'est réconcilié de bonne foi avec Boursaut, avec Regnard, peu s'en faut même avec les frères Perrault. Admirateur de Pascal, ami des jansénistes plutôt que leur disciple, il savait aussi rendre hommage aux talents des Bourdaloue, des Bouhours, des Rapin et de quelques autres jésuites recommandables. Mais

les écrivains qu'il a le plus fréquentés et le plus chéris sont Racine, la Fontaine et Molière. C'est à pleines mains que, dans l'épltre à Racine, il a répandu des fleurs sur la tombe de Molière comme sur celle de la véritable comédie. Il révérait en lui le plus ingénieux censeur des folies humaines, l'appelait le contemplateur, le philosophe, et lui décernait le premier rang dans la littérature d'un si grand siècle, expiant par tant d'hommages huit vers moins équitables du 3« chant de l'Art poétique.

Despréaux porU dans toutes ses relations, et même à la cour, une franchise qui pouvait sembler souvent imprudente. Deux fois devant M»* de Maintenon et son second époux, il couvrit d'opprobre les comédies du premier. Peu content de déclarer détestables les vers que prônaient les grands seigneurs, et surtout ceux qu'ils faitoient, il se mêlait de censurer la tyrannie comme le mauvais goût. On l'entendit blâmer hautement les persécuteurs de ces religieuses de Port-Royal, déjà si cruelles, disait-il, contre elles-mêmes. Apprenant que l'ordre d'arrêter Arnauld venait d'être signé, il s'écria : « Le roi est trop heureux pour le trouver. » Comment ne pas s'étonner des succès qu'obtint à la cour un si mauvais courtisan? il se vit pourvu de pensions, accablé de faveurs qu'il n'avait point sollicitées. On le fit, comme nous l'avons dit, historiographe et membre de l'Académie française; peu après on l'adjoignit, avec Racine, aux cinq premiers membres de la petite Académie des médailles, aujourd'hui des inscriptions. Cependant lorsqu'en 1699 il vint faire à Louis XIV le récit de la mort de Racine, la froide réponse du monarque lui inspira la résolution de ne plus reparaître en de si hauts lieux : il sentait qu'il avait perdu le talent de louer, et il ne le regrettait pas ; mais il croyait avoir conservé celui de médire, et l'usage qu'il en fit, €n 1705, dans sa satire de l'équivoque, nuisit à la tranquillité de sa vieillesse. Oublié déjà dans une cour qu'il avait désertée et où les jésuites devenaient de jour en jour plus puissants, il n'obtint pas la permission d'insérer cette douxième satire dans le recueil de ses œuvres, et il eut la faiblesse de s'affliger vivement de ce refus : la pièce assurément ne méritait ni cette prohibition ni cette tendresse. Un autre chagrin de ses vieux ans fut la perte de sa maison d'Auteuil, vendue par lui sans nécessité au financier Leverrier. Retiré du grand monde, exilé d'Auteuil, Boileau malade et sourd survivait douloureusement à ses talents et à ses amis. On avait pu distinguer trois principaux traits dans ses mœurs ; la probité, la

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bonté, et cette fèMneté d^opinlonâ et de «entiments à laquelle dd â*est accoutamé à donnef, éotùme par etcellence, le nom de dâradtèfe. te ii*est pas (}ù*11 n*dit subi plus d^une fols l^einplre déÈ clrconslâucef : lui qui maudissait la chieane et difi^malt les charlatans, tiil qui se moquait deè gentillfltres, des plaideurs, des médecins et des théologiens, on Ta tu rimer des arguments théologtques, obéir suecessIVement à dix escuia* pesj et plaider pour soutenir de fort minées titres de uoblesse. Sa ftimille Tavait associé à ce tain procès; sa santé délicate, qui chancela 75 ans, le livrait à la médecine) et là théologiè de Port-Aoyal, alors la plus respectable ^ le séduisit surtout par les persécutions qu'elle essuyait, tû 1711 11 babiuit la maison d*un cha^ noine, au cloître Notre-Dame { H f Ûi son testa* ment le t mars de cette année* Les sommes dont il disposait forment un éapital d'entiron 90,000 francs^ Si ron ajoute une rente viagère que lui sertalt là tille de Lyon, et les pensions que lui payait le trésor royale on a lieu de eondure quMl jouissait d*un retenu de 10,000 fr . au moins, sans quil eût pourtant tiré aucun profit de ses outrages. 11 mourut d*une hydropisie de poitrine le 17 dé ce même mois de mars, son cOrpa fut déposé êdna pompB et $anê fHête, comme il Tatalt prescrit; dans la Sainte-Cba' pelle du palais. Transférés au musée des monu-* menu français, les restes de ce grand poeu en ont été retirés en 18t9, pour être transportés, on ne sait trop pourquoi, à réglise de Saint-^^er** main des PréS; il eût été, ce semble, plus oon*tenable de les replacer ft la Saint-Chapelle, sous rendroit, encore bien connu, oà tournait Jadis le lutrin qu'il a chanté.

Mais il s*est életé à lui-même le plus durable des monuments i la parfaite beauté de plusieurs de ses poèmes et i'heureuse Influence qu'ils ont exercée lui assurent Une place éminente dans les fastes littéraires de la f rance. A Tépoque de Ses débuU (J<MM)), les écrits en prose de Montaigne et de Pascal, les meilleures odes de Malherbe et les plus belles tragédies de Ck>N tieille, étalent les premières et déjà magnifiques richesses de la littérature française, on y pouvait Joindre quelques pages de Clément Marot et de fiegnier, et, à plus Juste titre, d'honorables essais de Molière et de la vonuinei maU d'in^ nombrables productions médiocres, informes ou barbares, étaient plus admirées que ces chefs* d'œutre. Sans dédaigner encore l'antiquité classique, on imitait de préférence les écrivains modernes de l'iulie et de llspagne, entre lesquels on ne aatalt pas choisir. Le faux goût cor-

rompait tous les genres de comf^Sltioiis eti f eM et en prose. Despréaux tint, et par ses censii-* res, par ses leçons, par ses exemples, il contfi« hua, plus que personne, I tous les progrès de l*art d'écrire. Durant les 40 dernières années du itti» siècle. Il rendit le public sétére, les auteura circonspects, les talents laborieux, et la médiocrité honteuse. Ce sont là des eff^s qu'on ne produit pas sans se Mre beaucoup d'ennemU t Boileau en eut d^implacables. Ils critiquaient dans ses ters des Incorrections soutent chimériques, quelquefois réelles, et lui reprochalenl néanmoins une perfection laborieuse, ils s'efforçaient de le représenter comme un exact et fh)id versificateur qui ne réussissait qu'a traduire, et qui, de son propre fonds^ manquait de philosophie, d'imagination, de sensibilité. H se plait sans doute a imiter de grands modèles; maM Il crée les pensées d'autrui, a dit la Bruyère $ et l'on peut ajouter que celles qui n'appartiennent ((tt'à lui et 4ul composent plus de la moitié de Ses poèmes n'ont jamais moins de Justesse et d'édii que celles qu'il emprunte. Bn un umps où le cartésianisme était, atec le Jansénisme, la plut haute lumière et la plus forte audace des saeiK' leurs esprits, il fut un télé défenseur de la phile« Sophie de Descartes et de Ui théologie d'ArnauUI« Quatre de ses ters ont délivré la Jurisprudence d'une pratique odieuse. D'autres saiUiea de ae verve étonnent i)ar une énergique hardiesse qui, même au iviti* siècle et au iit«, aurait pu sembler téméraire. D'une autre part, il est dilBcUe de ne pas reconnaître dans son lutrin une véritable création poétique, et dans presque tous ses ters le talent de revêtir ses idées de vives images, d'allier avec harmonie aux expressiotts vraies et simples les couleurs et les mouvemenu du style figuré, d'animer ainsi Son style, et de ftilre partager à ses lecteurs l'intérêt si vif , si passionné même, quMl prend aux sujets qu'il traite.

A toutes les époques, depuis 1606^ et spéelalemment I celles où l'on a tenté de le déprécier^ les éditions de ses œuvres se sont mulUpllées à tel point qu'il nous serait impossible d^iadlquer toutes celles qui mériteraient d'être distinguées. Il en a lui-même publié quatre, entre lesquelles Il préférait celle de 1701. Après sa moH il a eu pour éditeurs KenaudOt, Brossette, Duuonteil, Souchai, et, en 1747, Saint-Marc. La plupart de leurs notes ont été recueillies dans l'édition de 1772. Celles du poète Denis Lebrun ont paru eo 1808. on a pour la première fois rassemblé tous les écrits de Boileau en vers et en prose, y eom* pris ses lettres, dans l'édition stéréotype de IfiOi.

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S«ê pMbcipBUk OUtIrftgè» Ont été Idftj^ifiquênletit imi[>rtiAéi ehei là veuté BodOrti (à Pàrtâé), èft 1814} et par M. P. Didot, en 1810. L^annëé 1891 a produite éditiotts at«ô comuiéiktaii^s. Il en a été donné une du même gent« en 18i5, une encore en 1880é G*en est bien aêfiék pour mon-^ trer qu*il y a peu d*apparenôe que les che^ d*ttuYra de ce poète oeisent de ëiiOt d*être étu« diés. DAvitoo.

BOIS, Kffnum, {BotBhiquê, ) Le bois est la partie la plus solide des régétaux li^neuxi Dans les dicotylédons, c'est^-dire dans presque tous les arbres de nos climats, 11 est composé de AîUiK lets concentriques , sortes de réseaux fibreux , étroitement liés et comme tissés ensemble, dont la réunion fbrme à la fin de chaque année une de ces conçues plus ou moins distinctes qui peu' vent servir asset ordinairement à faire reconnaître rftge de chaque tronc ou de chaque bran-> che et qui s*étendent depuis Vétui méduUatré jusqu'au Kber, Fof, Aaaaits.

Le bois contient A la fois des valéseaux séreux, des talsseaut àérietis et des vaisseaux pro* près.

ses couches les plus internes sont les plul dures; elles constituent le boiif partait qui est recouvert du/eitné boîi auquel on a donné le nomd*fiii{»/»f . Ce dernier, toujours moins dense, est aussi d*une couleur moins foncée; du reste, sa structure est la même et il se transforme progressivement en bois proprement dit. Daus les monocotylédons la paKie extérieure du corps ligneux est au contraire la plus compacte.

Plus la croissance de chaque espèce, et, parmi les mêmes espèces celle de chaque individu, est rapide, nioins le bois offre de densité et moins, en général, il est estimé. On conçoit dès lors que les circonstances qui exercent sur la végétation nue Influence directe réagissent indirectement sur la qualité du bols et que Tarbre qui s*est le plus rapidement développé ne soit pas toujours celui qui donne les meilleurs produits»

Pour augmenter la dureté et par conséquent la force des couches de Taubler, on a proposé d*enlever Técorce une année avant d*abattre les arbres. Ce moyeh, dont Tefficacité reconnue par Duhamel, Malus et quelques autres, a été contestée par Varenne de Fenliies, s>st néanmoins conservé çà et la dans la pratique. Sur divers points de ^Afrique et de l*Australasle, presque partout où les Européens n*ont point encore fait connaître Tusage et le travail du fer, les sauvflges^ après avoir trempé les bois qu'ils destinent ft former des Instruments de labour ou de guerre dans de Phulle ou des gralssiA fOndueS

dont ils lêà laissent rifflblbér, lëi éttfeloppênt de Feuilles et les meitèot sous la cèudrc chàUde) ils acquièrèht ainsi une dureté telle qU*on a vu des xâgûifià lancées contre des arbres à d*ass^ grandes distances, les pénétrer comme Teussenl fait les dards lès mieux acérés r et des hachée assez tranchantes pour suppléer celles dont nous nous servons.

Les bols uue fois abattus perdent plus ou moins lentement leur humidité; mais ils conservent une propriété hygrométrique qui contribue surtout a les f^ire se déjeter et s'échauffer, lort même qu'ils ont été employés en apparence pahftiitement Secs. Le procédé Indiqué en dernier lieu modifie beaucoup cette fâcheuse dispos!*tion.L^ébttUitiondansunehuilechargéad'ôxydei métaUiqUes la détruirait oomplétement^ toaisun pareil moyen n'est pas pratloable en grand. La peinture a l'huile même, a cause de ki dépense qu'elle occasionne, ne peut être employée danft tous les cas où elle produirait un bon effet»

Une dessiccation trop rapide altère la qualité des bois lorsqu'elle a lieu en pleifi air» Pour éviter le fendillement qui en résulte et afin dt léS rendre moins accessibles aux vers qui les rongent j on a imagiué de les submerger pen*dant un certain temps. Malheureusement l'eau, en les dépouillant de divers principes, diminue à la ft>ls leur densité , leur ténacité et leur durée.

Quelques bols se conservent beaucoup pluft longtemps que d'autres à Thumidité. Be ce nom^ brè sont l'orme, le chêhC) et peut-être avaht tout l'acacia, il en est qui s'altèrent très^enteraent a l'air, comme le chêne, le châUignier, divers pins, eto< on les préfère, par cette raison, pour la charpente» D'autres qui se distinguent par leur ténacité sont recherchés des charrons, tels que l'orme, le hêtre, le frêne, le charme* Ceux qui se déjettent le moins conviennent de préfé* renoe à la menuiserie. L'ébénisterie choisit les bois agréablement colorés ou veinés, tels que l'acajou, le noyer, le merisier, l'orme tortillard, le frêne; pour le tour, ceux a grain fin, comme le buis, rallsler, sont les meilleurs. Pour la cerclerle on emploie surtout le châtaignier, le chêne, le bouleau, parfois le saule et le coudrier) enfih pour les articles de fente, c'est-à-dire le merrain, les bardeaux, les lattes, etc., on prend le chêne, le châtaignier, le pin, etc.

Quoique l'on soit assex généralement persuadé que les bois les plus pesants donnent le plus de chaleur pendant la combustion, les expériences de fiartlg tendent à démontrer qu'U existe plu^ sIeurs exceptions à cette règle. D'après ces ex-

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périences en e£fèt le chêne ne viendrait tout au plus qu^en septième ligne parmi nos meilleurs bois de chauffage. Le sycomore, le pin commun, le frêne, le hêtre, le charme et Talisier, sans doute parce qu*à poids égal ils retiennent moins d^eau de végétation , lui seraient sensiblement préférables.

De tous les moyens qui ont été recommandés pour rendre les bois incombustibles, un des meilleurs est de les faire tremper dans une dissolution d*alun, parce que ce sel, en se boursouflant à la chaleur, les isole complètement du feu et de Tair indispensable à sa propagation.

Si le bois employé directement est indispensable sous tant de formes à nos besoins, les produits immédiats qu'on en obtient naturellement * ou artificiellement ont aussi une grande importance dans réconomie domestique et industrielle. Sans parler du charbon, on en retire encore, par la distillation, une huile également propre à réclairage, à la peinture, et dont on forme, en la mêlant à un cinquième de résine, un excellent goudron; et de Tacide acétique que M. Hollerat a su transformer en une sorte de vinaigre inaltérable fort employé surtout dans les manufactures de toiles peintes et les ateliers de teinture. Divers bois contiennent de la matière colorante. Le bois d*aloès est célèbre dans tout TOrient par son odeur; les Chinois en brûlent dans leurs temples et dans leurs appartements les plus somptueux les Jours de grande réception. Le bambou, comme la canne, donne une liqueur quis*épaissit dans le voisinage de chaque nœud , en lames dures et fragiles qui ne sont autre chose que du sucre. On retire du bois de Térable une liqueur analogue, et de celui des pins de la résine. Beaucoup de bois partagent avec les écorces qui les recouvrent dés propriétés médicales ; il en est qui contiennent divers sucs dont la couleur et la consistance sont celles du lait; d^autres qui sont tellement pénétrés des substances résineuses qu*on peut en utiliser les fragments pour réclairage. f^OX' CAIfllB A SUCRE, ÉlABLE A SUCRE,

Pin, Â6AVE, EuFflORBE, etc. Leclerc-Thouiii.

BOIS. {Technologie,) Nons ne considérons ici le bois que sous le rapport de ses divers emplois dans les arts. Ils sont très-nombreux.

Pour suivre Tordre, nous parlerons d*abord du bois de chauffage. Les bois qu'il faut préférer sont les plus durs, tels que le hêtre, le charme, le chêne, etc. Chacun de ces bois peut se vendre dans trois états différents : comme bois neuf, c'est celui qui vient par bateaux ou par charrois; comme bois flotté, il arrive par trains flottants sur les rivières et perd son écorce par le

long séjour qu*il fait dans Teau; enfin comme bois gravier, il n'est plus alors que demi-flotté et descend du Nivernais, de la Bourgogne, etc. On connaît encore le pelard, qui n'estautre chose que le chêne dont on a enlevé Técorce pour le service des tanneries, et le bois d'Andelle qu'on fait flotter sur la rivière de ce nom et qui est ep grande partie du hêtre. Le bois se vend à la mesure; mais il est plus équitable de le vendre au poids, et on doit à M. Rieussec d'avoir introduit à Paris l'usage de ce dernier mode. Dans certains chantiers on le vend des deux façons en même temps, au moyen d'appareils qui sont, à la fois, balance et mesure.

Bois de construction. Les plus propres à cet emploi sont le chêne, le sapin, le hêtre, le châtaignier, l'orme. Gomme le chêne se durcit dans Teau, il est toujours préféré pour les constructions maritimes; le sapin l'est pour les constructions légères et économiques; l'orme pourleif pompes et autres objets consacrés aux usages domestiques^ Les bois du Nord ont une grande supériorité sur ceux du Midi. Ceui^ci se gercent, se fendent, et il faut souvent remédier à ces gerçures en conservant la solidité des poutres au moyen d'étriers en fer. Les bois verts se déforment; la sève les travaille et il est prudent de leur laisser faire leur effet. Tous les bois sont sujets à la maladie appelée powrrUureeèche et que les Anglais nomment dry-rot. On a cherché longtemps un remède pour guérir cette maladie. Il parait certain que l'Anglais M. Kyan l'a découvert et il consiste à laisser immerger la pièce de bois dans un bassin rempli d'eau où l'on a mis un demikil. de sublimé corrosif pour 25 litres d'eau. En général, U ne Aiut employer les bois que longtemps après qu'ils ont été abattus. On les conserve en chantier en les disposant par étage et permelUnt à l'air de les environner de tous côtés. Lorsque les bois doivent être enfouis en terre, il faut charbonner les bouts et les goudronner, pour arrêter l'effet destructeur de l'humidité.

Bois de travail. Ce sont ceux qu'on emploie au charronnage, à la menuiserie et à i'ébénisterie. Les charrons font un grand usage de l'orme, du chêne, du frêne, du charme, de l'érable. Ils ont toujours des provisions de bols en grume, c'est-à-dire qu'il n'est ni débité, ni scié, et qu'il a son écorce. Il est seulement coupé selon les longueurs propres aux ouvrages que les charrons doivent exécuter. Le menuisier recherche principalement le chêne, le frêne, le noyer, le châtaignier, le sapin, l'acacia, le merisier, éte. S'il s'agit de meubles, il emploie le pluscoBiDU-

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Dément le noyer et le hêtre. On classe dans les bois blancs le tilleul , le sapin , le bouleau, le saule, le tremble, etc. ; dans les bois feulllards, les Jeunes bois de châtaignier, de noisetier, qui servent à faire des cercles et des lattes. Le bois de sciage a presque toujours le défaut de se déjeter, et les ouvriers préfèrent le remplacer par du bois de chêne tendre, à droit fil et bien scié. L*ébéniste emploie de préférence les bois durs auxquels on parvient à donner un beau poli, au moyen des couleurs et des vernis qu'on applique de mille manières et presque toujours avec succès, depuis que la chimie a fait de si rapides progrès. Le choix de Tébéniste se porte tantôt sur le buis dur, compacte et d'une belle couleur Jaune; tantôt sur Tacajou également dur, mais veiné et offrant des reflets variés; sur Tébène, bois noir d'une grande dureté, recevant un beau poli et destiné plus spécialement à la confection des instruments à vent; sur le gaïac, bois jaune; sur le fèmambouc ou bois de Brésil ; le palissandre, bois violet ; le bois de citron, le bois de rose, etc., etc. Il est rare que ces bois soient employés à rétat massif; les meubles reviendraient à des prix exorbitants. On les débite en lames très-minces qu*on appelle placage, et qu'on applique sur la carcasse du meuble en les y collant; ensuite une pierre ponce fait disparaître les traits de scie.

Bois colorants. Ce sont ceux qu'on emploie en teinture, tels que les bois du Brésil, du Japon, de Sumac, de Campéche, le santal rouge, etc.

Bois résineux. Ils proviennent des arbres qui fournissent une résine quelconque, lorsqu'on leur fait une incision. Le pin maritime, par exemple, est dans cette classe.

Bois à tan. Leur écorce fournit la substance appelée tannée et qu'on emploie dans le tannage des cuirs. Les peupliers, le bouleau, le sumac, fèurnissent du tan ; mais c'est principalement de récorce du chêne rouvre {qHerciM communia) qu'on l'extrait. Y. de Moléon .

BOIS (Exploitation, AHtif agbheut. Semis des). f^oX' Fobèts, Coupes, Ahéh agement, etc.

BOIS. {Zoologie.) Production qu'au premier aperçu on pourrait confondre avec les cornes, mais qui en est essentiellement distincte et qui appartient spécialement à quelques espèces de mammifères ruminants. Le bois, espèce d'ornement et de moyen défensif, se trouve sur la tête du cerf, du renne, du daim et de l'élan; les mâles seuls en sont pourvus et le voient tomber à l'époque du rut pour repousser au printemps suivant. L'observation a montré que le bois avait avec les organes sexuels une liaison toute par-

ticulière, et que Témasculation pratiquée pendant son absence empêche à jamais son retour, tandis qu'au contraire le cerf qui a subi celte opération pendant que son bois était en pleine végétation ne le perd plus Jamais. C'est, en effet, par une sorte de végétation que se développe cette excroissance qui probablement doit à cette circonstance et peut-être aussi à sa forme rameuse le nom qui lui a été imposé. On sait qu'un prolongement de l'os frontal sert de point de départ au bois ; il s'allonge et soulève la peau ; d'abord mou et cartilagineux il s'ossifie par degrés, se dépouille de son enveloppe et finit par se détacher et tomber. Trois semaines suffisent pour que le bois soit complètement poussé; le nombre des branches augmente chaque année, et peut servir à estimer l'âge de l'animal. -

Les bois sont un objet de commerce ; c'est Aine substance susceptible d'être travaillée comme les os ou l'ivoire, mais la mode veut qu'on les emploie avec leurs formes naturelles plus ou moins bizarres. On en fait des manches de couteaux, des tuyaux de pipe, des pommes de canne, etc. La corne de cerf qu'on employait Jadis en pharmacie n'est autre chose que le bois. Comme les os, il donne à la calcination du posphate de chaux (corne de cerf calcinée) et â la distillation de l'ammoniaque (esprit volatil de corne de cerf). F. Ratibr.

BOIS SACRÉS. Les bois ont été les premiers lieux destinés au culte des dieux : dans les premiers temps, où les hommes ne connaissaient ni villes ni maisons, et qu'ils habitaient les bois ou les cavernes, ils choisirent dans les bois les lieux les plus écartés, les plus sombres, les plus impénétrables aux rayons du soleil, pour Texercice de leur religion. Dans la suite, on y bâtit de petites chapelles , et enfin des temples ; et, pour conserver cette ancienne coutume, on plantait toujours, lorsqu'on le pouvait, des bois autour des temples, et les bois étaient aussi sacrés que les temples mêmes. Ces bois sacrés furent bientôt très-fréquentés. On s'y assemblait aux Jours de fête, et , après la célébration des mystères, on y faisait des repas publics*, accompagnés de danse et de toutes les autres marques de la plus grande Joie. On y suspendait les offrandes avec profusion. On y consacrait particulièrement aux dieux les arbres les plus beaux et les plus grands, et on les ornait de bandelettes comme les statues des dieux mêmes; usage qui, plus tard , fut sévèrement proscrit par les empereurs chrétiens. Couper des bois sacrés était un sacrilège ; il n'était permis que de les élaguer, de les éclaircir et de couper les arbres

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qo*oii oroyait attirer le toonerre. ^ Home était tntourée de boli Morés : les plus célèbres étalent ceux d'tgérie et de* Muses sur la voie Appienne } de Blane^ sur le chemin d*Arieie \ de Juuon tU" cine, au bas des Esquilles; de Laverne, près la yole Salaria { enfin, de Yesta, au pied du mont Palatin. Diot. di là Conv.

lOiaSELIlR. (Technologie.) L*art du boisse* lier comprend une f^ule de menus ouvrages en bois, tels que boisseaux, litres et autres mesures de capacité t seaux, souf&ets^ tamis, cribles^ caisses de tambour» etc.} mais nous ne nons oC'ouperons dons cet article que de la fabrication des mesures de contenance pour les grains et autres matières sèches*

On donne en général une fbrme cylindrique aux mesures de capacité, et on les ferme par le bas avec un fond circulaire, tandis que le dessus reste ouvert* Les grandes mesures, comme le boisseau, l'hectolitre, sont renforcées au bord supérieur par un cercle de fer appliqué en de* hors, avec une tringle transversale du même métal qui sert à les lever plus aisément.

Bans les mesures établies par le nouveau sys-» tème métrique, ^e diamètre doit être toujours égal à la hauteur; ce qui donne un moyen corn* mode d'en vérifier Texactitude et de prévenir les altérations qu'on pourrait pratiquer en rognant le dessus de ces mesures. Ainsi l'hectolitre a dans les deux dimensions, ou en profondeur et en diamètre, la même quantité, 60 centimètres '/i$ le demi^hectolitre a 40 centimètres ; le décalitre 33 centimètres '/s* L'ancien boisseau au contraire avait des dimensions très-variablés, tt le boisseau de ^aris était fermé d'un cylindre de 8 pouces i lignes et ■/. dt haut sur 10 de dia** mètrei

Les boisseliers achètent les corps de boisseaux tout préparés et arrondis, et ils les tirent parti*' culièrement de la Champagne. C'est dans les forets en exploitation qu'on les prépare, en les dé^ bitant à la scie, comme les planchers de volige, el en les amincissant au rabot. Pour les courber, on les teit bouillir dans l'eau, et au sortir on les ploie en cylindre avec une machine.

Les bois les plus convenables sont ceux de hêtre, de chêne ou de noyer ( on leur donne de^ puis 4 Jusqu'à 10 millimètres d'épaisseur, et on les expédie ainsi préparés aux boisseliers, qui les découpent pour leur donner la longueur et la largeur convenables, les assemblent, les clouent et les garnissent de cercles et de bandes de fer ou de tôle. Nous ne nous étendrons pas davantage sur ces anciens prooédéa de boisse* liera, non plus que sur de nouveaux procédés

que Aôus leur aifons lubstitués, et qui sont dé^ criu d'une manière très^détaiUée et avec figures, dans uh mémoire sur la fsbrieation des nouvelles mesures de capacité, inséré dans les âh^ notée deê arti et fnannfàtiureê , tome tx, p. SB2. Nous nous bornerons à dire que notre méthode a le double avantage d'abréger beaucoup le travail et de donner des mesures d'une construction parfaitement cylindrique et régulière, conformément au voeu de la loi ; ce qu'on ne pouvait obtenir par l'ancien mode de Hbtl^ cation. Ltnoa^Aim m Hbllit.

BOisssuit (couxcnoH aB)i Les deux frères Boisserée (Sdlfigx et MtLCHioa) et leur ami JtAN BiatkAK, nés a Cologne vers 1780, après avoir puisé, pendant le séjour qu'ils firent a Paris (1808), dans la galerie du Louvre et dans les leçons publiques que faisait alors dans cette ca*' pitale Frédéric fichlegel, le goût et la passion des arts, formèrent dans leur ville natale, siège d'une antique école de peinture, une collection de tableaux tous appartenant aux maîtres de cette école et del'éoole allemande et bdge en général, telle qu'elle existait dès la fin du xut* siècle, avec un caractère à elle propre et tranché. Cette coUection s'enrichit Successivement de beaucoup d'acquisitions faites dans un tempa où les églises et les couvents étaient dépoullléa de leurs riches ornements; transportée à Heidel* berg, elle passa de là^ en 1810, a Stuttgard , où le roi de Wurtemberg s'empressa d'offrir itil local, et elle fut décrite alors dans un ouvrage de luxe qui parut, à partir de 1881, (Munich, Infél.). Quoique la ville de Stuttgard, jalouse éé conserver un trésor si précieux, eût donné aux trois amis le droit de bourgeoisie, ils la quitté* rent pourUnt en 1837, pour s'établir à Munich avec leur coliection qui venait d'être achetée par le roi Louis de Bavière. Elle fut réunie à odle de gchleissheim, et f^rmè aujourd'hui un des principaux ornements de la Pinacothèque de Munich. On y voit, presque sans interruption, la marche progressive et les développemenU de la peinture en Allemagne et dans les Pays-Bas pendant le xiv«, le xv« et le xvi* siècle $ elle se compose de plus de iOO ouvrages des peintres les plus distingués de cette école. On trouve de grands détails sur cette coUeclion dans la 8* édition du Conversation^s lAWikon de Brockhauf .

M. 8ulpice Boisserée est l'auteur de la magnifique Hiêioifè êi descripiion du dôni9 d9 Cotç^ gne, avec de très-belles planches gravées, repré^ sentant les parties de cet édifice et différents autres monuments de l'arohitecture gothique (Btultgard^ 18BS-185i, ln<M.^ mais exécutée

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à PâHà); et â*ttti gMiid ouvragé lithographique, avec texte alleniaiid et français, «oui ce titre t Monumeniê de VAnhiiectute êur te bas HMH, du tii« au xftt« ifèete. M. Boisserée a été nommé membre honoraire de rAcadémie des sciences de Munich et de celle des beaux-^ arts. J. H. SCBUttZLtii.

B0I9S0KADE (JiAli-l^âAfvçois), célèbre helléniste français , naquit è Paris en 1774. Il fut nommé, en 1809, professeur adjoint de littérature grecque à la faculté des lettres de TAcadémie de Taris, tû 1819 il suecédâ ft Larcher comme professeur titulaire dans la même chaire* Kommé, en )814, chevalier de la Légion d*honneur, H fut reçu membre de TAcadémle des inscriptions et belles-lettres en IdlO. Après la mort de 1. B. Ôall, il lui succéda comme professeur de littérature grecque au collège de France en 1828.

Boissonade débuta dans la carrière philologique par des articles insérés dans le Magasin encyclopédique de MlUin* Un morceau sur Aris- (énète lui gt faire la connaissance de P. J. Bast, qui lui dédia, en 1805, sa Lettre critique sur Antoninus Liberalls, Parthenius et Aristénète. Boissonade lui adressa en revanche (1806) une excellente édition des Héroïques de Philostrate, revues sur 9 M8S, augmentées de scolies grecques et expliquées par un saVânt et judicieux commentaire, à l'instar de ceux qui avaient été tiubliés par des savants hollandais et anglais. Boissonade, dont la réputation était alors établie, se lia d*amltié, non-seulement avec les hellénistes français, mais encore avec les sommités philologiques de Tétranger. Après un long Intervalle, Il fit paraître ft Leipzig, en 1814, MarinlFita Prùciii en 1815 ft Londres, 7Y6erius rhetot De figuris, augmenté de moitié d'après un 18 du Vatican, accompagné de VJrs thetorica de Bufus que Gale avait publié comme Pouvrage d*un anonyme. En 1817 il recueillit et publia ft Paris ta correspohdance de Lucas Uotstenius (Lucœ Holstenii Epfslolœ ad di'versos), auxquelles il joignit une savante explication de l^inscriptlop grecque que M. Pouqueville avait découverte ft Actium, en 1818. Il fit paraître, en 1818, ft Londres Une édition princeps des tpimérismés d*fiérodien le grammairien, ouvrage très-important pour Taccentuatlon grecque, quoiqu*il ne soit pas authentique. En 1819 il donna pour la première fois ft Paris (2 voi. in-IS) le roman de Nicétas Eugenianus, suivi des fragments du roman de Constantin Manasses, greo-latio. M. C. L. 8truve de ftcenigsberg ft rendu compte de cette importante publl'-

efttlon. th 18io pftfiirettt iei Eê Pfùm êehùlUê in Cratylum PltUOHis eâfcofpta, publiés pouf la première fois en grée seulement* Les savantes publications de M. Cousin et surtout celles de 1. Creuier appelaient alors Tattention des philosophes et des philologues sur les néoplatoniciens. En 18!l9 parut enfin ft Amsterdam, àprèi 19 années d*impreSsiOtt, l*Eunape, Vies des 8o^ phistes, et les fragments de THistoire du mémo auteur, en grec. LMUustre D. Wyttenbach dé Leyde s'était chargé du commentaire historique et philosophique; mais les circonstances politu ques, sa cécité, et enfin sa mort, ne lui permi* rent point de terminer ce beau travail. Boissonade, qui ne s'était réservé que \a partie critique et grammaticale, acheva la tftche d'une manière qui ne laisse rien ft désirer, et cet Eunape sera ft Jamais un monument remarquable de l'aUiance parfaite de la critique verbale et de l'interpréta^ tion historique. En 1899. Boissonade fit paraître ft Paris son édition grecque-latine des Lettres d'Aristénète, modèle d'une édition tùrtorum. La même année il donna, comme cinquième vo** lume de l'Ovide de Lemaire, la traduction grecque. Jusqu'alors inédite, des MéUmorphoses par Maxime Planude. De 1898 ft 1896 11 publia ft Paris, en 94 volumes ln-89, une Sylloge poeta-* rum gracorum, coUection remarquable par la pureté des textes revus sur de bons MS8, et par Un choix judicieux de courtes mais excellentes notes. En 1894 11 donna un texte critique du nouveau Testament, 9 vol. in-89; en 1898, le roman des Sept Sages en grec {De Syntipa ei Qrri filio AndreopuU narmlio è codd, Pariss. Paris, in-19), publication qui mit fin à la longue controverse sur la prétendue identité de cet ou* vrage avec les fables de Pidpal. Bans les Aneo*^ dota gtœca (5 vol., Paris, 1899 ft 1833) Boissonade recueillit une grande partie des morceaux InédiU qu'U avait trouvés dans les HSS de la bibUothèque royale. Cette vaste collection est également Importante pour l'histoire du Bas^ Empire, pour la grammaire grecque et pour la patristique ou l'élude des pères. Enfin, Boisso^ nade fut un des ooUaborateurs des plus actifli des Noiieeê $t egiraits des AtSS de la hibU(h thèqu9 du toi. On trouve de lui dans le 10* vol. (1818) : Noltc» des (99) lettres inédites de Diogène le Cynique; dans le 11* (1897) wn^ Notice des (94) lettres Inédites de Craies te Cynique^ Notice des Scolies inédites de Basile de Cesarée sur saint Grégoire de Na^ian^e; Traité alimentaire du médecin Hiérophile \ dans le 19* vol. de la même collection se trouve le poemt moral de Crcorge Lapithès. Le recueil des opus-

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cales presque tous inédits dePsellas, de même qu^une nouvelle édilion des lettres et des Quœsiicnesphxsicœàe Théopliylacte Simocatta, sont sur le point de paraître.

Boissonade contribua aussi à Tédition que M. Setefer donna en 1811 de Touvrage^ie Grégoire de Corinlhe sur les dialectes grecs, à TAthénée de Scliweigliœuser, k TEuripide de M. Matthiae, au Thésaurus linguœ grœcœ publié à Londres par M. Valpy, et ses additions nombreuses enrichissent en ce moment la nouvelle édition française du dictionnaire de Henri Etienne publiée par MM. Didot, à Paris.

Pour apprécier dans Boissonade Thelléniste et le philologue, il faut se rappeler que le plus grand nombre des ouvrages mentionnés ci-dessus ont été publiés par lui pour la première fois; que d*aiUeurs ses travaux sur les textes déjà connus ne laissent presque rien à foire aux éditeurs à venir. L. de LiififSR.

BOISST-B*ANGL AS (François AiiTOiiiB,comte), naquit à Saint-Jean-Chambre, village du canton de Yernhoux (Ardèche), en 1756. Son nom est Tun de ceux qui sont le plus honorablement cités dans l'histoire de la révolution française. Né d*une famille protestante, il avait acheté la charge de maître d'hôtel du comte de Provence et seihblait ne vouloir se livrer qu*à Tétude paisible des lettres, lorsqu'il fut envoyé aux états généraux par le tiers étal de la sénéchaussée d*Annonai. Il s'y réunit aux défenseurs des libertés nationales, et fut un des membres de TAssemblée constituante qui montra le plus d'hostilité contre Ui noblesse et ses privilèges, et le plus d*indulgence pour quelques-uns des actes qui ternirent les beaux jours de la révolution de 1789. On l'accusa alors de rêver à la fois la réforme politique et religieuse, et de vouloir métamorphoser la monarchie française en une république protestante. Mais ce projet, si c'en fut un, ne put tenir contre les événements. Après la dissolution de l'assemblée, Boissy-d'Anglas fut nommé procureur syndic dans le département de FArdèche ; il en remplit les fonctions avec justice et fermeté jusqu'au moment où il fut appelé à la Convention, à la suite d'une mission dans laquelle il ne sut ou ne put prévenir les malheurs que ses deux collègues, Yitet et Legendre, attirèrent bientôt sur Lyon. Il prit part au procès de Louis XYI, et, dans les diverses phases de ce procès, vota tour à tour la détention, la déportation, l'appel au peuple et le sursis. Craignant sans doute que la montagne ne lui demandât compte de ces votes, il se tint à l'écart pendant le règne de la terreur, et surtout

après le 31 mai, et ne reparut plus à la tribune qu'après le 9 thermidor.

Après le 9 thermidor, Boissy-d'Anglas devint l'un des membres du comité de salut public ; il fit adopter ou appuya une foule de mesures politiques pleines de sagesse. Chargé de diriger l'approvisionnement de Paris, il fut dès lors désigné au peuple comme l'un des auteurs de la disette qu'éprouvait Paris, et le rôle qu'il allait jouer dans les scènes tumultueuses et sanglantes des 13 germinal et l*r prairial an m n'en devait être que plus difficile et plus dangereux. Le 13germinal Boissy-d'Anglas était à la tribune, lisant un rapport sur les subsistances, lorsqu'une populace, ivre et en désordre, portant des drapeaux en guenilles et criant : Du pain et la constituh'on de 93! envahit les Tuileries où siégeait alors la Convention, s'empare de la salle des délibérations, s'installe sur les bancs des députés, et s'y tient en permanence jusqu'au moment où, e£Frayée par le bruit des tambours battant la générale et par le bruit du tocsin sonnant l'alarme du haut du iiavillon de l^horloge, elle se dispersa d'elle-même et disparut subitement. Boissy-d'Anglas, qui n'avait point quitté son siège, remonta aussitôt à la tribune et continua son rapport, dont l'assemblée, digne de ces temps d'héroïsme, reprit paisiblement la discussion. Les chef^ inhabiles par qui l'échauffourée du 12 germinal avait été conduite comprirent que ce jour-là une révolution avait avorté dans leurs mains et ils résolurent de recommencer une journée qu'ils espéraient terminer autrement. Dirigés par les mêmes moyens, avec les mêmes hommes,- elle eut le même résultat. Le l»' prairial, au matin, la Convention fut de nouveau assaillie par une multitude de tout âge et de tout sexe, armée de toutes pièces, prête à tout les excès, et qui, partie des foubourgs Saint- Antoine et Saint-Marceau, avait ramassé tout ce que les ennemis du gouvernement avaient pu lui recruter sur sa route. Elle fait d'abord descendre de son fouteuil le président de l'assemblée, dont la fatigue avait épuisé les forces. Boissy-d'Anglas, appelé à lui succéder, monte aussitôt à sa place, menacé de mille morts il resta immobile et calme, comme s'il n'eût entendu aucun cri, comme s'il n'eût vu ni le fèr ni les mousquets tournés contre lui. Kervelgan est frappé à ses yeux de plusieurs coups de sabre; on égorge Féraud, et sa tête, portée au bout d'une pique, lui est présentée en foce de la sienne. L'impassible président se contente de la détourner du regard et du geste, après l'avoir, dit-on, religieusement saluée. Malgré les hurle-

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ments des égorgeurs et les piques iDetiaçantes de ceux qui leur faisaient escorte, rien ne peut le décider à abandonner le fauteuil, et son héroïque exemple empêcha ses collègues de quitter un poste dont Tanarchie triomphante se fût emparée. Cependant la nuit était survenue : quelques sections s*étaient réunies; on entendait au loin le bruit du pas de charge ; le tocsin du là germinal sonnait de nouveau sur la lête des révoltés, et cette multitude fatiguée de ses impuissants excès et saisie d'une inexprimable épouvante, se mit à fuir, se dispersa, s'évanouit, oe laissant pas même deviner à ceux qui avaient été témoins de ces horribles scènes ce qu'il y avait eu de plus extraordinaire dans sa présence ou de plus magique dans sa disparution. Lorsque le lendemain Boissy-d'Anglas entra à la Convention, il fut accueilU par d'unanimes applaudissements et la France y répondit. 11 y eut dans son inébranlable fermeté toute la force d'âme et le calme stoïque dont il semble que l'homme puisse être capable. Il a conquis dans cette journée toute la gloire de sa longue vie.

Le reste de la carrière politique du président du l«r prairial ne fut marqué par aucun événement qui puisse figurer à côté de celui que nous venons de rappeler. En sortant de la Convention il entra au conseil des Cinq-Cents, qu'il fut appelé à présider au mois de thermidor de Tan IV. Il fut réélu en 1795. Hostile au Directoire, et malgré ses serments répétés de haine à la royauté, il fut accusé de complicité avec le parti clichien, et condamné à la déportation à la suite du 18 fk-uctidor. Après le 18 brumaire il fut appelé tour à tour au tribunat par le consul Bonaparte, au sénat avec le titre de comte par l'empereur, et à la chambre des pairs par Louis XVIII, au retour duquel il avait donné son adhésion. Écarté de cette assemblée pour y avoir siégé pendant les cent-jours et avoir accepté une mission de commissaire extraordinaire dans le midi, il y fut bientôt (août 1815) réintégré, et dans cette position il resta fidèle aux principes éclairés et consciencieux qu'il avait professés depuis le début de sa carrière. Il défendit la loi des élections, le jury, la liberté de la presse, et s'éleva avec chaleur contre la loterie ; il mourut à Paris en 1826. De Moutrol. BOITES. Le nom de boiie (bouesie, dérivé de bwpuê, buis) a beaucoup d'acceptions dans les arU industriels : il se dit, en général, de tout assemblage de bois, de cuivre, de fer oU d'autre matière, destiné soit à contenir, soit à diriger ou à solidifier d'autres pièces. Tantôt c'est un petit coffre, tantôt une petite caisse à couvercle,

propre à serrer des objets précieux ou de petites pièces qu'on craint d^égarer.

La boUe de montre est une petite caisse d*or, d'argent ou de cuivre, dans laquelle on renferme le mouvement pour empêcher la poussière de le salir et pour le rendre portatif. Cette caisse se compose de la cuvette, qui contient le mouvement ; de la lunette, dans laquelle est ajusté le verre; de la charnière, qui joint ensemble ces deux parties, et de la batte, sur laquelle repose le cadran. Cette botte se ferme au moyen d'un ressort qui est situé vis-à-vis de la charnière.

On appelle boîte d'une preêse dHmpritnerie un morceau de bois taillé à quatre faces, d'un pied de long, creusé dans toute sa longueur, selon la grosseur et la forme de l'arbre de la vis, pris depuis le dessous du barreau jusqu'au pivot, qui, au moyen de cette embolture, est obligé de tomber d'aplomb dans la grenouille. Aujourd'hui, le mécanisme perfectionné des vis de presses dispense de cette précaution; et la plupart étant entièrement de fonte n'en ont plus besoin.

Ce que les artificiers nomment bottes de réjouissance est un petit mortier de fonte dans lequel on met de la poudre, et que l'on bouche avec un tampon de bois ; on y met le feu par une petite lumière qui correspond à la poudre, et qui lui fait faire explosion. Us donnent aussi ce nom* à des pièces de bois ou de carton qui couvrent les communications des feux fixes avec les feux mobiles. — La boîte à pierrier est un cylindre de cuivre percé, selon son axe, d'un trou carré pour pouvoir être monté sur la tige de l'alésoir, .cette boite porte les couteaux d'a^ cier au moyen desquels on égalise l'âme des canons.

Chez les boisseliers, le mot boite se dit de tout coffret destiné à contenir ou serrer quelque chose ; il y en a de couverts et d'autres sans couvercle. — On appelle boite à soudure, chez les bijoutiers, de petits coffres dans lesquels on renferme les paillons; et, chez les orfèvres, boite à moulures, un châssis de fer dans lequel ils enferment des morceaux de fer plat, modelés dans le milieu, et entre lesquels ils tirent la matière sur laquelle ils veulent pratiquer les moulures. — Chez les serruriers, les armuriers, les tourneurs, et chez tous les artisans qui travaillent le fer, on nomme boite à foret une espèce de bobine, ordinairement en bois, dont un des bouts est pointu, pour entrer dans le plastron, et l'autre bout percé d'un trou carré dans lequel on introduit les forets et les fraises que l'on fixe avec une vis à oreilles. On fait tourner la boite

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avec la eorde de Tarcliet ^ En termes de serru* tiers particulièrement, boUe ge dit d*Mne sorte de douille ronde ou carrée, que Ton scelle ou dans un billot, ou à terre, pour recevoir le bout d'une barre de fer» soit d'un instrument, soit d'un morceau de l>ois, qui sert h les tenir fermes quand ils 7 sont, et d'où on peut les tirer et les replacer à discrétion. On voit de ces boites dans les sacristies : elles y sont scellées dans le pavé, pour y soutenir les devants des tiroirs où Ton enferme les cbapes, etc. ^ En cblrur^ie, bo£te est un instrument propre à contenir .la jambe dans le cas de fracture compliquée; elle est composée de quatre pièces : d'une semelle, d'un plancher, et de deux murailles.— Les boiies, en termes de fbniainiers, sont des coffres de fer ou dé tôle, percés de trous, que l'on met à la superficie des bassins et pièces d'eau, pour arrêter les ordures et empêcher l'engorifement d'une conduite, — A la roonnaiCt la boite d'egaai est un petit coffre où l'on met les monnaies qui ont été essayées, pour qu'elles soient soumises à un second essai. Il y a dans le balancier une partie que l'on nomme aussi boife, qui en embrasse la vis, comme dans une presse d'imprimerie, dont le mécanisme est à peu près le même, — Pans les orfpjes, les boite* sont des tuyaux f0rmés d'un mélange de deux parties de plomb et d'une partie d^étain, de forme cylindrique, terminés par le bas en forme conique, par le sommet duquel le vent du sommier passe dans la boite; mais la structure de cette boite a été perfectionnée et Ton en a considérablement étendu les avantages, -«- Su termes de marine, on donne le nom de boHe du gouvernail à une pièce de bois percée, au travers de laquelle passe le timpn ou la barre. — Les mécaniciens nomment boUe à cuir ou à étoupee une place destinée, dans une machine, k renfermer ûes cuirs gras et des étoupes imbibées de suif, placées autour d'une tige qui tourne et qui a un mouvement de va-etvient, afin d'empécber l'entrée ou la sortie de l'air ou des vapeurs dans le vase auquel cette sorte de boite est appliquée. Dans une voiture, la boite est une partie qui a la fbrme d'un cône tronqué, de la longueur du moyeu, et percée d'un canal de même calibre que la fusée de l'essieu. Cette boUe porte à soi) gros bout et à sa partie extérieure deux pièces saillantes nommées oreillee, qu'on fait entrer de force dans des mortaises pratiquées au bois du moyeu; ces oreilles la maintiennent et l'empêchent de tourner sur la roue. Dans les grosses voitures la boite se febrique en fonte de f^r. Nous fmon» sous silence beaucoup d'autres boUee,

U sera parlé de la gracieuse fietiOD de la bot(# de Pandore à l'article PAsaoai* F, JUlnoaa*

BOKHARAH, ^qr* Boui^baris,

BOL. Ce mot appartient à la médecine et ) la minéralogie, sans que Ton puisse assigner d*un9 manière satisfaisante ce qui a déterminé ces deux fonctions sans aucune analogie* Kn médecinei un bol est un médicament interne, du vo^ lume d'une bouchée au plus, composa d'une matière escipiende (c'est c'elle qui doit opérer l'effet que Ton attend), et d'un e^cipienft pm liquide, ou mou, de telle sorte que le mélange soit un peu plus consistant que du miel. L'exci» pient n'étant destiné qu'à servir de véhicule h la matière efltoce, il suffit qu'il ne nuise pas à l'effet : mais s'il peut y contribuer, le médecin habile ne manquera pas de le préférer à ceux qui sa borneraient à n'être pas nuisibles. *- En minératpgie, on nomme bol, ou terre boWre, une argile ocreuse, dont la médecine fit usage autre^ fois, et dont la plus célèbre venait de l'Arménie, A mesure que la chimie a rectifié les nomencla^ tures minéralogiques, on a compris parmi les terres bolairee Vargile eigillée de Lemnos, la êanguine^ tirée de la même ile, la terre de Sienne, etc Quelques-unes de ces argiles con^ tiennent une très-grande quantité de cbaux» et peuvent être classées parmi les marnes* X*

BOLEEOr Le mot boléro s'emploie pour désigner une danse espagnole appelée proprement seguiflilla, dans laquelle un danseur, nommé Boléro, introduisit des pas qui exigèrent quelques modifications dans le mouyement et le rhythme d'accompagnement de l'air primitif.^

Ce qui constitue le boléro, c'est l'air seul et non le rhythme d'accompagnement. Cet air est fondé sur le mètre et l'accentuation <ieii vers qui forment le couplet et l'estrivUlo, dont l'eu'semble est appelé segmdillQ»

Cette danse, avec la musique qui lui est propre, forme le type du boléro que l'on danse aujourd'hui. Le danseur Boléro introduisit dans la eeguUHllamanchegQ des additions et un mouvement plus précipité; mais cette danse se trouvait dans un ^Ut complet de dégradation lorsqu'un danseur nommé Bequctjo imagina de la réhabiliter. LlumcT.

BOLPLAP, nom de plusieurs princes qui ont porté la couronne de Pologne (ivi), soit comme ducs, soit comme rois; de trois princes qui ont régné en Bohême, d'un duc de Masovie, d'un grand-prince de Lithuanie, et de plusieurs duca de ppméranie et de 3ilésie (preshiw, Liegniu, etc. ), iu|s le plus cél^br^ est Hoteslaf £•', roi de Pologne*

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BOLHUf , miDOQuipé k DaiUani (kkrghrii)^ régna de 993 à 1095. MiétchislaP, lOQ pdre, avait démembré le ducbé eo leparta^eanti k la mort, entre ses enfanU ; Boleslaf répara oelte f^ute, mais en dépouillant ses frères. l<es secours que des étrangers offrirent li ces derniers devinrent pour lui Toccasion d'enlever à ses voisins une partie de leurs possessions, et c*est alors que la Silésie, auparavant morave, et la JUirolMtie furent réunies h la Pologne.

te joug de Tempire d* Allemagne pesait à la ftçrté de Boleslaf : il sollicita le titre de roi, et Otbon m n*osa pas le lui refuser. Sn 1001 il posa lui-mtae sur la tète du duc, à Gnezna, la couronne royale. Toutes les tribus des Polènes obéissaient alors > Boleslaf s il traitait le duc de Ilobéme en vassal, et &ief, la capitale des Slaves- Eusses, avait été obligée de lui ouvrir ses poi^ tes. Il porta ses armes jusqu*^ rsibe et à la Saale, et ce fut U, dit-on, que Boleslaf érigea une colonne de fer qui marqua, de œ cOté, la Uniite de son royaume, comme la porte de Kief, qu'il avait fendue avec son sabre (chich^rbieU)^ marquait la limite du côté de rorient. A la prise de Budlssin ou Bautzeq (1013), il dictai Henri II des conditions humiliantes, et ce prince lui con- 9rma la possession de la Lusace et de la Missnie comme fiefS de TEmpire. Ainsi la domination polonaise s'étendait depuis Magdebourg jusqu'à Kief.

A rintérieur, Boleslaf régna avec violence, et Bittmar de Mersebourg fait un tableau peu flatteur de rétat de ses sujets et des avanies auxquelles ils étaient en butte. Le christianisme se propagea lentement. Les historiens vantent les richesses de Boleslaf. J. H. ScmiiTZLaR,

BOLINOBROU (Haiiai SAINT JOHN, lord vicomte pi) connu comme homme d'État et comme écrivains naquit en 1673 à Baitersea dans le comté de Surrey. Jeune homme, il présenta Tal- Uance si commune des qualités les plus brillantes et d'une conduite déréglée. Pour mettre un terme k ses débauches, son père le maria avec une femme charmante, iille du baronnet Winhescombe, et le fit entrer au parlement. C'était en 1700 \ il fallait se décider entre les whigs et les torys : le jeune orateur prit fait et cause pour les derniers. Déjà en 1704 il éuit arrivé au pouvoir en acceptant la charge de secrétaire au département de la marine et de la guerre ; et dès lors commence sa carrière publique, si difficile, si agitée^ remplie de tant d'alternations de revers et de succès^ Après quatre ans de ministère, il céda la place à Horace Walpole : c'était le tour des i^hi^s. Bn 1710, lors de la chute

de Harlborough, il rentra pour la seconde fois dans les affaires, comme garde des sceaux, et signala cette partie de son administration par la signature de la paix d'Utrecht (1713). A cette époque il se montra homme d'état et politique habile; il lui avait fallu lutter avec les whigs et les lords, neutraliser la volonté contraire de la Hollande, de l'Empereur et de l'Impire; entraîner des collègues envieux, imprudents, irrésolus; enlever l'assentiment de la reine, faible et maladive : aussi la conclusion de ce fameux traité est*-!! un des grands titres de gloire de lord Bolingbroke, comme homme d'État. Cela n'empêcha point qu'à i'avéoement de George l«r il ne fût destitué de nouveau et obligé de s'enfuir en France, pour échapper à un procès ca* pital que ses ennemis politiques lui intentèrent. Déclaré coupable de haute trahison, privé de $^ titres et de ses biens, il crut n'avoir plus rien H ménager et se rendit à Commercy, auprès du prétendant, qui se hâta de lui rendre sa dignité de garde des sceaux et de l'envoyer à Paris pour y soigner les intérêts de la monarchie exilée. Les jacobites réussirent bientôt à le perdre dans l'esprit de son nouveau maître, et Bolingbroke, abandonnant sans regrets un parti dont ilavait entrevu au premier abord la nullité et l'impuissance, chercha, par l'entremise de l'ambassadeur anglais k Paris, à se réconcilier avec George 1»^. « Livrer les secrets du prétendant, » lui dit-on. Bolingbroke se refusa à cette lâcheté et obtint à des conditions plus acceptables la cassation de l'arrêt qui l'avait condamné. Il ne put rentrer cependant en Angleterre avant 1725 : une chambre des communes composée de membres hostiles au ministère Bolingbroke mit obstacle jusque-là â son retour. Pendant cet exil prolongé, il épdusa une parente de M»* de Maintenon, la marquise de la Yiilette, qu'il aima plus constamment que sa première femme, et se mit â faire ce que font beaucoup d'hommes d'État, oisifs et disgraciés, il écrivit. Ses BeflecUona upon exile et ses Mémoires sur les affaires d'Angleterre, de 1710 à 1716, adressés en forme de lettres au chevalier Wyndham, datent de cette époque. De retour dans sa patrie, silencieusement établi dans le comté de Middlesex, il éprouva bienlOt l'irrésistible maladie des esprits supérieurs habitués au maniement des grandes afiPaires et réduits à l'inaction : l'ennui le dévorait dans son obscure retraite. L'opposition lui offrit son bras secourable. Pendant dix ans, de 1726 à 1736, 11 fit des pamphlets, des articles de journaux et des recueils; il écrivit son chef-d'oeuvre, sa Dissertation sur les partis ; mais â la fin, fatigué, dé-

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courage de cet inutile travail, il se retira de nouveau en France, à Fontainebleau; il composa ses Lettres sur Tétude de Thistoire, et de pamplilétaire politique qu*il était il se fit libelliste antireligieux. Triste précurseur des encyclopédistes, il dirigea ses attaques contre la véracité de THistoire biblique, contre le Pentateuque, qu^il assimile au Don Quicbotte. Toute religion révélée n*est plus qu^absurdité à ses yeux; dans le Nouveau Testament, il distingue PÉvangilede Jésus-Christ et celui de saint Paul : Tun, premier résumé de fa loi naturelle et de la philosophie de Platon ; Tautre, ramas de doctrines impies. La polygamie lui parait chose désirable; il nie rimmortalilé et la providence individuelle. A cette époque, en Angleterre, de pareilles propositions, émises avec hardiesse, étaient nouvelles : une foule d*antagonistes se levèrent, et le grand jury de Westminster condamna les écrits de Bolîngbroke, comme contraires à la morale et à TÊtat.

Ami de Svirift et de Pope, il fournit, dit-on, à ce dernier le plan de son Essai sur THomme; peut-être sous Tempire d*autres circonstances serait-il devenu poêle lui-même.

En 1743 il rentra dans sa patrie, écrivit encore son Idea of a palrioi King (le Roi patriote, tel que je le conçois), et termina en rannée 1751 une vie dont toutes les phases sont marquées par une ambition extravagante et ternies quelquefois par les excès d*un caractère impétueux.

Ses œuvres complètes parurent pour la première fois en 1754 : Bolingbroke's works, toith his Ufe by Goldsmtlh, London, 1809, 8 vol. in-4o. Sa correspondance a été publiée par Parke, London, 1798, 2 vol. L. Spach.

BOLIDE, yojr- Aérolithe.

BOLIVAR (SiioN , et Libertador) naquit à Caracas, le 24 juillet 1783. Sa première éducation fut soignée; les lumières qu^il alla demander ensuite aux universités d*Amérique et d*Europe, aux écrivains politiques de tous les âges, étendirent ses connaissances, leur donnèrent de la force et imprimèrent à sa pensée un cachet particulier d*énergie et de réflexion que Ton trouve rarement réunies. Bolivar parlait avec aisance, écrivait avec talent, Tespagnol, le français, Tilalien, Tallemand et Tanglais; et, après s^ètre livré à des recherches profondes sur Téconomie publique, il voulut visiter différents pays pour s'assurer si Tapplicalion des principes établis par celte science tournait véritablement au profit des masses, au bien-être de Thomme soumis aux exigences sociales. Il parcourut à cet effet une

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