‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 3Chapitre 42 sur 63 · partie de I*Europe et les États-Unis de PAmérique du Nord · texte numérisé non relu

partie de I*Europe et les États-Unis de PAmérique du Nord

De retour dans son pays, il donne le premier exemple de Taffranchissement des nègres employés sur les domaines de sa famille; il prépare les voies à la prochaine explosion qui doit enfin réaliser les tentatives malheureuses de 1780, de 1787, de 1794 et de 1797. Le sang des victimes que l'Espagnol a fait répandre à grands flots crie vengeance; la surcharge des impôts, qui décide à Tabandon des cultures, rend de plus en plus insupportable le poids des fers; les crimes que multiplient les agents d*un pouvoir en délire et pour qui rien n*est sacré, tout force les feimilles à se soulever. Narino, Joseph de Espana, Picornel, Manuel Gual, ouvrent la carrière des nobles sacrifices; Miranda dirige le mouvement; Mendez et Bolivar sont expédiés vers la Grande- Bretagne qui, tout à rheure encore, promettait un appui en hommes, en munitions ; mais il est trop tard, l'Anglais a traité avec PEspagne, et les deux députés, trompés dans leur attente, reviennent dans le Venezuela apprendre à leurs compatriotes qu*ils sont abandonnés à euxmêmes. Il faut vaincre ou mourir : ces mots ont de Pécho dans le pays, ils enflamment tous les cœurs, et la tyrannie espagnole est attaquée de front.

Peu satisfait de la composition du congrès qui, depuis le 19 avril 1810, régissait le pays et montrait peu d'ensemble dans son action et sa tendance, Bolivar se tint quelque temps éloigné des affaires. Mais dès que les dangers de la patrie furent imminents (1811), dès qu'il vil la désertion se mettre dans les rangs et les Espagnols menacer chaque citoyen, il courut offrir ses ser^ vices et se ranger sous les drapeaux de Miranda que la victoire abandonnait Nommé colonel, il fut chargé par la république de défendre la forteresse de Puerto- Cabello sur laquelle se portaient les forces ennemies. Il fit bonne résistance; mais il dut céder au nombre et se retira avec sa troupe à la Guayra, pour subir l'exil au fort San-Felipe, d'où il s'écihappa, se rendit à Curaçao, et fit voile sur Cartagena. Si ce fâcheux *début ne lui aliéna point la juste confiance des indépendants, qui avaient reconnu l'impossibilité de tenir, il servit de prétexte aux royalistes pour le calomnier : ils le firent accuser par leurs séides d'avoir abandonné Miranda, de l'avoir livré à ses ennemis, quand il est constant que ce fut plus de 25 jours après le départ de Bolivar que Miranda capitula et fut, au mépris des conventions signées, non pas exilé, mais aussitôt emmené et transporté dans la prison de Madrid.

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Le mensonge ne coûte pas quand on veut perdre un homme que Ton redoute ; nous le verrons désormais sans cesse attaché aux pas de Bolivar et le poursuivre encore après sa mort.

Les Espagnols se livraient aux cruautés les plus inouïes envers les patriotes : Monteverde créait chaque jour de nouvelles conspirations, afin de se donner aux yeux des lâches le droit de frapper les familles, les communes, les contrées qui s*étaient prononcées pour la révolution. Il fit ouvrir les prisons, armer les malfaiteurs; il les organisa en guérillas, dans la vue de détruire tout ce que les indépendants comptaient encore de troupes et d*amis.

Sur ces entrefaites, en septemhre 1812, Boli-* var rompt le ban qui le retenait inutile : il reparaît sur le sol de la confédération, il appelle à lui tous les bons citoyens, il vient venger le pays des outrages faits chaque jour à ses enfants. II remporte des succès, oblige toutes les villes devant lesquelles il s'arrête à céder à son audace, et, fort tout au plus de mille hommes aguerris, il harcèle sans cesse Monteverde qui marche à la tète de troupes fraîches, nombreuses et bien pourvues; il le chasse du Venezuela, lui livre plusieurs batailles sanglantes, et, après avoir taillé en pièces les forces qui Tappuyaient, il le contraint à s*enfermer dans Puerto-Cabello, puis à s'évader pour échapper à la colère de ses propres soldats.

L'année 1815 fut pour Bolivar une année de fktigues et de gloire. Les villes étaient pillées et les habitations brûlées; le sexe exposé publiquement à la brutalité d'une soldatesque effrénée; la population presque entière plongée dans le deuil, dans des cachots infects, ou déchirée par les coups d'assommeurs organisés; les prisonniers de guerre impitoyablement fusillés; des victimes sans nombre envoyées à la mort, sans qu'aucun délit fût légalement établi, sans qu'aucun jugement préalable eût, pour ainsi dire, sanctionné tant d'iniquités; et ces horreurs étaient accompagnées de circonstances si barbares que la plume n'ose les retracer. A cette guerre d'extermination, digne des premiers temps de la conquête, Bolivar, que le peuple avait salué du nom de libérateur en lui remetr tant le commandement suprême, répondit par deux terribles décrets, ceux des 8 juin et 15 juillet, l'un daté de Merida, l'autre de Truxillo, par lesquels il déclara guerra a muerie à tous les ennemis qui tomberaient. Heureusement la menace ne fut réalisée qu'une seule fois, et encore fut-ce au grand regret de Bolivar et des républicains qu'il commandait.

Au 3 janvier 1814, ayant purgé de ses mains le territoire de Venezuela, il se présenta devant l'assemblée nationale pour rendre compte de sa conduite et abdiquer son pouvoir immense. Mais il fut invité à le conserver jusqu'à la paix générale, et son devoir était de céder à la voix de la patrie.

Battus sur tous les points, les Espagnols cherchèrent par tous les moyens à fatiguer le pays qui les repoussait avec horreur, à reprendre leur prépondérance, et à empêcher les institutions républicaines de s'asseoir. Ils jetèrent sur un espace de 40(Klieues des bandes d'esclaves et de brigands, ayant à leur tête Boves, Tanez, Rosete, Puy et le noir Palomo ; dès lors le carnage et la dévastation s'étendirent sur toute la contrée. La bataille de Gorabozzo, si fatale d'abord aux royalistes, devint bientôt pour les indépendants le signal de défaites sur défaites. L'ennemi ayant reçu des renforts nombreux se releva. Cartagena et l'Ile MaVgarita, si longtemps la terreur des Espagnols, tombèrent en leur pouvoir. De jeunes héros, l'espoir de la patrie, trahis et livrés par de lâches auxiliaires, furent égorgés ; les femmes ne furent point épargnées; l'on assassina sans pitié de jeunes filles pour avoir sollicité leurs frères à prendre les armes : en un mot, tout ce que le fer et le feu négligèrent fut livré à la hache du bourreau. L'année 1814 laissait la cause de la liberté presque entièrement désespérée; Bolivar seul, que les chances les plus malheureuses ne pouvaient décourager, combinait les moyens de réparer promptement ces désastres en profitant de l'impopularité croissante de l'ennemi commun.

L'arrivée de Morillo avec une flotte de 50 bâtiments de transport devait cependant mettre le comble à cette pénible situation (15 mars 1815), puisqu'il s'empara avec une rapidité sans exemple des diverses places situées entre les immenses déserts de Casanare et les rives malsaines de Santa-Marta et de Cartagena, depuis l'embouchure de l'Atrato et le port de San-Buenaventura jusqu'au pied des montagnes qui s'élèvent derrière Popayan. Il étendit ses conquêtes en 1810, et exerça partout des vengeances plus terribles encore que celles des deux années précédentes. L'exil, l'exécution de plus de 000 des principaux chefe indépendants, signalèrent son triomphe.

Tout à coup Bolivar, que les intérêts de la liberté avaient obligé, durant ces désastreuses circonstances, à se retirer à la Jamaïque, ensuite à Haïti, reparait, en décembre 1810, dans l'Ile Margarita dont il se rend maître à la tête de 300 hommes égaux en courage et en patrich

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$i9m0,c<mm0ilê le sont en nombre au0^ompa' gnane de lMnida$\ il établit un gou?«rnenièDt provisoire k Barcelopa, et iocendie ses vaisaeaax, afio de reprendre la supériorité sur tous les points ou périr les armes à la main. A cette iionytlle« les troupes regagnent leurs drapeaux, et, malgré les persécutions les plus acharnées dirigées contre leurs familles, malgré la défaslation de leur patrimoine, les républicains courent aux armes. La campagne de 1817 s'ouvre pour eux sous les plus heureux auspices, de l^embouchuce de rorénoque jusqu'au golfe de Jlarien, et la lutte se termine par des combats acbarniés sur les côtes de l'océan PacifiquCt au pied des Cordilières, et dans les plaines sablonaeuses qui longent la Ouiane.

ID 1816, les succès sont brillants, rapides et décisiCi. Sn moins de cinquante jours, Bolivar a balaf é 300 lieues de pays, livré cinq batailles rangées, les Id* 19, 14, 16 et 17 févriers chaque Jour est signalé par un combat nouveau ; des deux côtés les pertes sont grandes en hommes, en munitions; nuiis la victoire demeure fidèle au Ubérateur. Le 15 août, le sang de 30,000 Bspagnols arrose la terre de Venezuela, et le 1 0 novembre, le gouvernement, interprète de la volonté générale, décide que la république est affranchie du Joug de l*Kspagne, qu'elle se conatitue en £tat libre, souverain et indépendant» qu'elle ne tentera plus aucune voie de conciliation auprès de Tancienne métropole, et ue traitera pkis avec elle que de puissance è puiseauce,

Sq 1810 les deux r^ubliques de Venezuela et de la Nouvelle -Grenade se réunirent en une feule, sous le nom de République de Colombie , et Bolivar est investi de la présidence, avec vm pouvoir dictatorial. L'année fut remplie d'é?énements militaires et de vicissitudes de toute espèce. Honllo qui a deux fois reçu des renfbris d'Europe, reparaît sur les champs de bataille où il avait succombé, Bolivar, de son côté, se montre partout avec un grand développement de forces, avec une ardeur sans cesse croissante, et menace d'une ruine totale le parti royal. La victoire le suit pas à pas ; on se souviendra surtout de la journée du 8 août, à Boyaca, où l'armée libératrice détruisit des troupes d'une force numérique trois fois supérieure, et affranchit toutes les communes de la Nouvelle-Greoade. Cette campagne mémorable fut le résultat de l'opération hardie entreprise par Bolivar à travers les Cordillères, en prenant une route en mauvais état, peu ou point fréquentée, et par conséquent sans ressources.

Daus Tannée 1690, que le combat de la Plata annonçait devoir suivre une marche non moins heureuse, un long armistice demandé par les Espagnols fut conclu. Le gouvernement de Tan^ cienne métropole appela des députés pour traiter de la paix ; mais il ne voulut que gagner iiu temps, rassembler de nouvelles troupes, et tom«ber è l'improviste sur les indépendants avec des forces puissantes. Bolivar profita de cette trêve à une guerre de onze années pour exiger avant tout de Morille un second traité, basé sur des principes libéraux et philanthropiques, qui déterminât la manière dont se ferait la guerre si elle devait avoir lieu de pouveau. Qe traité est conforme au droit des gens et aux usages les plus humains des nations civilisées. Ce fut aussi l'instant favorable pour donner sa démission de président du Congrès : « Je suis l'enfent des « camps, dit-il; les combats m'ont porté h la « magistrature où la fortune m'a soutenu; mais « un pouvoir semblable h celui qui m'est confié • est dangereux dans up gouvernement popu- « laire : je préfère le titre de simple soldat I « celui de libérateur, et en descendant du bu*- « teuil de président, je n'aspire qu'A mériter le « titre de bon citoyen. • Mais, s'étant aperçu du piège tendu par les Espagnols à la bonne foi des républicains, averti d'ailleurs de ce qui se passait à Madrid, il prit les devants et dénonça l'ouverture des hostilités ; il accepta de nouveau le gouvernement suprême, débusqua l'ennemi de quelques positions peu importantes, mais néoeasaires k squ plan; puis il entra, le 98 janvier Ifiâl, dans Maracaybo, réduisit la formidable forteresse de Cartagena, Ténérif, ville située sur les bords escarpés de la Madalena, Cunega assise sur les hauteurs, près Naguenagua, et Santa-Marta que défendaient 17 batteries extérieures, toutes enlevées d'assaut. U pressa vivement l'ennemi, lui livra, le 35 juin, la mémorable bataille de Carabobo, et le 30 il prit la Guayra, tandis que ses lieutenants, guidés par son génie, se couronnaient de gloire è Cumàna et sur tous les points où ils faisaient flotter le pavilloa jaune aux sept étoiles.

Eéduils à n'occuper, sur le vaste territoire de la Colombie, que Puerto-Cabello et l'isthme de Panama, qui proclama son indépendance le 28 novembre 1821, les Espagnols entamèrent la campagne de 1822 par le Pérou ; mais en peu de temps ils en furent punis, et la bataille du Pi* chincha, livrée le 24 mai, décida de leur ruine et de la liberté du pays. Bolivar signa un traité d'alliance offensive et défensive entre U Colons bie et le Pérou; il fit son eptrée solennelle k

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Um If 1^ septembre, et oomme 8«n Martto venait d'abdiquer la préiidenœ, avee le titre de libérateur, il reçMt Tautorité aupréme politique et militaire de la république. Jamais héroa d*A* tbènes ou de Home ne fut aecueilli avec plui 4*entbou«iaime; jamaii bomme auMi n'en fut pivi (lisne* « 4*accepte, diti'il, avec reconnais'* « sauce les honneurs que les citoyens me ren-* « dent, parce qu^ils appartiennent aui^ braves f que je commande ; }*aocepte l^ieuse autorité « dictatoriale afin d*éteindre les discordes ci* « viles, donner de la stabilité et de la force au]( « nouveau) itatsf mais c'est à la condition ex-^ « presse q^% vous ne permettrez dans aucune

• circonstance qu'un Napoléon ou un itgrbide « vienne, an nom de la liberté, détruire celle

• que nous ^oni conquise an prix de tant de % sang et confisquer 1^ leur profit la gloire de « nos armées citoyennes. »

Pans Tannée 18^5, le 11 novembre, les Kspa« gnols furent entièrement expulsés du territoire de Colombie I Tindépendance de tout le sud du continent, cimentée par la confédération des républiques du Pérou, du Chili, de Quenos-Ayres, de Eio de la Plala, et de la nation mexicaine, fut reconnue par les IttatsUnis de TAm^rique du Nord et par TAngleterre. I<a paix allait être le résultat de cette position nouvelle et consolantei mais auparavant le sang devait couler encore,

£n 1834, les royalistes du Pérou, unis aux débris de Tarmée espagnole, furent complète^» ment battus, le 5 août, dans les plaines de Junio, et le 9 décembre dans celles d'Ayacucbo. Cette dernière victoire, la plus glorieuse qu*ait remporté le nouveau monde, mit fin à la guerre sur le continent et délivra de tout ennemi le territoire de ses républiques. Bolivar abdiqua la dictature le w janvier l8%i, et s*opposa à rérectiou de la statue équestre que la municipalité de Caracas voulait lui élever.

Ce que le sort des armes n'avait pu obtenir, la trahison et Tanarcbie résolurentde raccorder* Pendant que le libérateur visitait le sud et que ce voyage était pour lui un triomphe continuel, Cordova, Paez, Çantander lèvent Tétendard de la rébellion *, font tonner le canon fratricide dans les provincesdu nord (1 826), puisde ces contrées la révolte descend dans le sud. Bolivar accourt

> LUntenr noM fênh traiter vne $ifirïU aa hoamc qui jotttt dSine graadc oonsldÀatioD. Santander (vof.) aTalt peut-être in «Mtib p«b4i dans l'intérêt même de h patrie» et non* devons dfcw qna dans «n Irês-boa aitiela de roarrafe allemand Cmmwnatmae^Uwihn é$r tutmHr gtii mm4 Littrmtv, BoUva» art afowê da ffoirts a»biii«af «wiqnàb UfMral 8wi«K|ct «asefiOt oppoa4 |*r w patrMwBo t^ft^. Hm M ii»f(»rua oaUié par opiff

fmrtout où le besoin rappelle, et le flambeau de la gberre civile s'éteint. Tordre légal succède à la confusion. Cordova mourut les armes à la main près d^Antioquia, Santander consentit à son bannissement, Paei et les autres coupables furent graciés,à:raison des nobles services qu'ils avaient rendus dans les armées.

Un pareil échec décida les royalistes à recourir à des moyens plus odieux encore \ ils armèrent, d'un côté, le bras de quelques fanatiques et leur demandèrent pour victime le généreux Bolivar. Un traître, suivi de douxe hommes, pénètre de nuit dans sa tente ; il échappe presque nu. Une autre f^is on viole son domicile, on> arrive jus* qu'à lui : SOU courage lui fournit les moyens de repousser les assassins. On séduit ensuite jusqu'à son domestique de confiance] enfin, on frappe en plein jour et à ses côtés son ami Hopteagudo; il évite encore miraculeusement le poignard di* rigé sur son sein. H'un autre côté, on renouvelle les bruits odieux d'une ambition secrète, et le grand congrès des nations de l'Amérique appelé par lui à Tacubaya, dans Tisthme de Panaa^a, sert de prétexte pour lui prêter Tintention positive de dominer tout le continent, ia but de Bolivar était d'en assurer, au contraire, Tlndépendance absolue, rigoureuse, en plaçant sur ce point, situé au centre du globe, regardant TAaie d'une part, de l'autre l'Afrique et l'Europe, une cour suprême chargée de veiller aux intérèu de tous les Américains, d'être le c^rdien fidèle des traités, d'appeler tous les efforts de TUnion contre Toppression de Tétranger ou contre quiconque oserait concevoir Tidée de ravir aux uns en particulier ou à tous en général la liberté, leurs droits politiques; de s'opposer à tnute espèce de colonie venue du dehors, et de rendre commune à tous l'injure ^te à un des États fédérés. Ce plan de la plus haute portée, ce plan que le temps réalisera quelque jour, n'a pas été compris.

Singulièrement affecté d'être aussi mal jugé par ses compatriotes et dans les t;tatS'Unis oA il devait attendre de la justice, Bolivar le fut plus profondément encore quand il apprit que le général Sucre, le héros d'Ayaoucbo, venait de périr sous le fer d'un assassin; quand il vit Paei oublier une seconde fois ses serments, persister dans la

savant coUab«ratc«r, c'est 'qna Bdlnur* 4^ fr^id^Mfc M U Colombie, le derlnt encore da Përon et de B«4ivia, «C ^m U CoJt hihtano ne respire pas l'esprit rêpnbttcain, La congrès que Bolftar lasseaiMa & Nnama donna Ucn à de noweans soupçons cwtra lui} i tact ov à raison, on cmt gdndrtlenent qna la présidant aeplraU à l%<a<aien|a m ¥t^ rkmkiqm «drUHapaleb KoM rappoftona caa fato lana «9— patmCtea anonn Jngwst. 8.

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révolte, et solliciter les passions les plus tumultueuses. II prit pour la dernière fuis la résolution d^abdiquer et de résister désonnais à toutes les prières, à toutes les considérations, telles pressantes qu^elles fussent. Il déposa donc le pouvoir le 20 janvier 1830, et garda le simple titre de généralissime des armées de la Colombie.

Peu de jours après cet acte de dévouement, il se retira à Bogota pour y vivre dans la retraite. A peine eut-il vu Tordre se rétablir, Mosquera appelé à la présidence, et la constitution par lui rédigée prendre de la consistance, quMl reconnut lUnuUlité de ses services et le danger de Tautorité qu*il conservait encore; il adressa aux Colombiens la lettre suivante : « La présence d*un « soldat heureux, quelque désintéressé qu^il soit, « est toujours dangereuse dans un État jeune de « liberté. Je suis las d'entendre sans cesse répéter « que je vise à m*ériger empereur, à relever le «trône des incas; on envenime partout mes « actions; il n*y a pas jusques à mes pensées qui « ne donnent matière à de misérables libelles : « c^en est assez. Tai payé ma dette à la patrie, « à Thumanité; j'ai donné mon sang, ma santé, « ma fortune à la cause de la liberté; tant qu'il « y a eu péril, je me suis dévoué; mais aujour- « d'hui que l'Amérique n'est plus déchirée par « la guerre, ni souillée par la présence de l'é- « tranger armé, Je me retire, pour que ma pré- « sence ne soit point un obstacle au bonheur de « mes concitoyens. Le bien seul de mon pays « peut m'imposer la dure nécessité d'un exil a perpétuel, loin de la contrée qui m'a donné le «jour. Recevez donc mes adieux comme une < nouvelle preuve de mon ardent patriotisme et « de l'amour que je porte en particulier aux « Colombiens. »

Le 19 mai il s'éloigna de Bogota, en passant par Santanna, et, ne voulant point grever le trésor national, il vendit sa dernière propriété, une mine qu'il possédait à Sanma ; puis il par- Ut pour Cartagena, où il devait s'embarquer pour la Jamaïque et de là faire voile vers l'Europe.

A la réception de la lettre de Bolivar, le gouvernement s'assembla : on voulut le rappeler è la tète des affaires; mais des amis qui connaissaient sa ferme résolution s'y opposèrent. Alors il fut décidé qu'il serait proclamé le premier citoyen de la Colombie, et que^en tribut de gratitude et d'admiration que commandent ses vertus, son courage, ses services éminents, l'emploi de sa fortune pour le bien de la patrie, il lui serait offert, en vertu du décret du congrès en date du 23 juillet 1823, une pension annuelle et

viagère de trente mille dollars (environ 155,000 ftrancs) partout où il voudrait résider.

Ce témoignage lui fut remis à San -Pedro, maison de campagne près de Santa-lUirta, où Bolivar mourut d'une fièvre bilieuse, le 17 décembre 1830. Ainsi périt, à l'âge de 47 ans et demi, le héros de l'Amérique du Sud, le véritable fondateur de son indépendance. Il termina sa vie si courte et si pleine, abîmé de fatigues, abreuvé de dégoûts, victime de son noble dévouement; mais il put, en cet Instant suprême, reporter sans crainte les yeux surlepassé. La translation de ses restes, de Santa-Harta à Caracas, a eu lieu récemment. Thiébaut de BsaimiLUi).

BOLIVIE, État de l'Amérique du Sud, qui a le Pérou à ro., et au N., le Brésil à l'E., les Provinces-Unies de Rio de la Plata et le Paraguay an S.,par le 59o50'-73o28' long.0. 11«— 23o30'lat. S., se confond avec ce qu'on appelait précédemment Haut-Pérou; 1,500 kil. sur 1,600; 1 ,090,000 habitants, dont beaucoup d'Indiens (les autres créoles, nègres ou de sang mixte). Capitale, Chuquisaca, nommée aussi Charcas et la Plata. Division actuelle : 6 départements, Chaquisaca, la Paz-d'Ayacucho, Oruro, Potosi, Cochabamba, Santa-Cruz de la Sierra; et les provinces de Tarija et de Lamar. Dans le département de Santa- Cruz sont les vastes territoires des Moxos et des Chiquitos, qui forment deux provinces et vingttrois missions. Montagnes très-hautes (5,000 mètres et plus), vallées, pampas immenses, déserts. Climat varié, tempéré en général. Métaux précieux en abondance; plantes et animaux des parties froides du Pérou. Gouvernement républicain. — La Bolivie ou Pérou fit partie d'abord de la vipe-royauté du Pérou, puis de celle de Rio de la Plata. Elle existe comme État particulier depuis le 6 août 1825, et a été ainsi nommée en l'honneur de Bolivar qu'on regarde comme son créateur. La victoire d'Ayacucho, remportée le 10 décembre 1824 par le général Sucre, avait assuré son indépendance. Du reste la guerre est encore permanente entre le Pérou et la Bolivie. BODILLIT.

BOLLANDISTES. C'est le nom générique sous lequel on désigne les différents écrivains qui ont travaillé à la célèbre collection des Jetés deê saints, dont le premier auteur fut Jean Bollandus, jésuite né à Tirlemonten Brabant en 1596. Le projet de cet ouvrage avait été conçu par le père Héribert Rossveide dlJtrecht, jésuite de la maison professe d'Anvers, mais ce religieux étant mort en 16^, avant d'avoir rien publié, BoUandus, qui était,entré dans l'ordre l'année précédente, entreprit de réaliser ce vaste projet. H

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•^associa un de ses confrères, Godefroi Heuschen, et en 1643 ces deux laborieux écrivains publièrent à Anvers les deux premiers volumes des Jeta êanctorum quotquot tote orbe coluntur. Ces deux premiers volumes contiennent les vies des saints du mois de janvier. Les trois volumes pour février parurent en 1658. Bollandus étant mort en 1665, le père Daniel Papebrocta, qui avait été adjoint aux deux collaborateurs, continua le travail avec le survivant. Les autres continuateurs furent : F. Baert, Conrad Jauning, J. Pinius, Guillel. Guper, N. Ruyœus, J. B. Sollier, P. Boscb, J. Stiling, J. Linissenus, J. Yeldlus , Const. Luyskben, J. Périer. Urb. Stuker, J. Çleus, Corn. Bye, J. Bue, Jos. Gbesquière, J. B. Fonson et Hubens, tous jésuites. Le père Bertbold, bénédictin, S. Dyck, Cypr. Goorius, Zeylen et Stalsnis, prémontrés, y ont aussi coopéré. Tels sont les écrivains que Ton nomme boUandistes, du nom du premier xl'entre eux. Leur volumineuse collection jouit dans le monde savant de Testime la mieux méritée. Elle a rendu les plus grands services à la science pour réclairclssement et la connaissance d^une foule de points historiques du moyen âge. « En effet, dit Camus, presque toute Thistoire de TEurope et une partie de celle deTOrient depuis le vu* siècle jusqu'au xiii* est dans la vie des personnages auxquels on donna alors le titre de saints : chacun a pu remarquer, en lisant Thistoire, qu'il n'y avait aucun événement de quelque importance dans Tordre civil auquel un évèque, un abbé, un moine ou un saint n'aient pris part. » — • On nous saura gré sans doute de donner ici quelques détails bibliographiques sur cet important ouvrage, dont le titre complet est celui-ci : Jeta êanctorum quotquot toto orbe coluntur, coUegit, digesêit, notU illuitravit Joan. Bollanduê; operam et studium contuUt Godefroi Heuêcheniua, etc., Jntuerpiœ et Tongurlow, et qui compte 55 vol. in-fol. imprimés de 1643 à 1794. U n'existe, dit Brunet dans son Dictionnaire bibliographique, que très-peu d'exemplaires complets de cette vaste collection, et U est devenu difficile de compléter ceux qui sont imparfaits, parce que les derniers volumes qui restaient au fonds ont été dispersés ou même détruits pendant la révolution. Le 5« volume d'octobre a été imprimé k Bruxelles en 1786, et le 6« à Tongerloo en 1794. L'ouvrage est divisé de cette manière : janvier 2 vol.; fév. 5 vol. (ces 5 premiers volumes seulement sont de Bollandus, les autres de ses continuateurs); mars, 5 vol.; mai, 8 vol. (y compris le volume intitulé Propylœum ad Jeta êanctorum, maii, lequel

contient des suppléments, pour les tomes 1 , 4, et

5 de ce mois, suppléments qui peuvent d'ailleurs être reliés avec les volumes qu'ils concernent, ce qui réduirait alors le nombre des volumes de ce mois à 7); juin, 7 vol.; juillet, 7 vol.; août,

6 vol.; septembre, 8 vol.; octobre (jusqu'au 14* jour) 6 vol. — On joint ordinairement aux 53 vol. les deux articles suivants : Martyrologium Usnardi^ Jntuerpiœ, 1714 In-fèl. Jeta êanct, BoUandiana; apologetioie libriê vindicata, Jntuerp, 1755 in-fèl. Les 55 volumes réunis sont estimés de 750 k 1,000 francs. — La réimpression faite à Venise, en 1734 et années suivantes,'compte 49 volumes, qui vont jusqu'au 15 septembre. Elle est à bas pris et fèrt peu est!-* mée, tant à cause des fautes d'impression qui s'y trouvent que par rapport à la médiocrité de l'exécution. — Interrompus lors de la destruction des jésuites, repris en 1779, les travaux des bollandistes ont été de nouveau interrompus, en 1794, lors de l'entrée des troupes ftrançaises en Belgique. Depuis quelques années, les pères jésuites de Bruxelles s'occupentde la continuation de ce recueil si important. Bigt. db la Corv.

BOLLMANN (Ebig-Jdstvs), docteur en médecine, homme remarquable pïir ses connaissances variées, par son caractère, par ses entreprises et ses aventures, joua dans le grand drame de la fin du XVIII* siècle un rôle qui pour être secondaire n'en eut pas moins un caractère singulièrement romanesque. Né en 1769, à Hoya, dans le Hanovre, 11 se distingua de bonne heure par beaucoup de résolution et de vivacité d'esprit. Après avoir achevé ses études classiques, il alla étudier la médecine à l'université de Gœttingue. — Le désir de voir le monde l'attira vers le commencement de 1799 à Paris, où il commença sa carrière médicale, non sans quelque bonheur. La révolution française était alors dans toute sa force, et Bollmann, qui n'en partageait ni les principes ni les illusions, fut néanmoins, contre sa volonté, entraîné dans le tourbillon des grands événements dont la France était alors chaque jour le théâtre. Un de ses amis, chapelain de la légation suédoise de Paris, lui fit part de l'embarras où se trouvait alors madame de Staël, femme de l'ambassadeur de Suède, au sujet du comte de Narbonne, proscrit par les jacobins, qu'elle ne pouvait garder plus longtemps en sûreté. Il s'agissait de le fteire passer en Angleterre. Bollmann vit le comte, fut touché de sa situation et offrit de se charger de la dangereuse entreprise de faciliter son évasion, s'exposant ainsi, en cas de non réussite, à une mort certaine, 11 eut le bonheur de réussir et de faire

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arriver lain et sfeuf ft Lotidm le protégé de madame de Staël. Là, Il Técutdaïki la a oelété d*éiiih gréa de distinction. Talle^rrand, Jauoourt, Mont^ morenci^ Lalli^ToHendal^ et plui tardlnadame dé Staël) y fbrmalent un cercle brillant où Bollménn fut re^ atec <)ordiamé» tl retint encore une fois à Paria pour lei iffairea particullèrea^ mais il fut bientôt de retour à Lolidrés, où il a'appliqya avec têle à Fétude des affaires publi» queS) du commerce et de Tindustrie, et noua des relations importantes. Il vif ait entouré des amis et des admirateurs de la Fafette, dont la dure captivité à OlmUti excitait alors un intérêt gé-^ néral. On la considérait comme un attentat au droit des gens. Des Anglais, des Américains, des Frinfais, s*employaient vivement eii sa faveur. Ils trouvèrent en Bollmann un agent intelligent et dévoué, auquel ils oonilrent Une mission pour BerlIUi Muni de lettres de recommandations, autorisé par Pitt et ttrantille^ il partit pour la Prusse vers la fin de 1796, demeura 10 Jours à Ehinsberg, Auprès du prince Heiiri, auquel il avait d*abord à parier, et s6 rendit ensuite a ie^ lin. Ses effdrts échouèrent contre les diflicultés qu*il rencontra à cette coilr, plus prévenue que Jamais contre les principes des novateurs» Il re^ vint à Londres sans avoir rien pu effcctueri D^autres tentatives pour la délivrance de la Fayette furent également déçues, et la position du général, sur le sort duquel les bnlits les plus tristes cirCOlaient, parut à tous sans remède< Hais Bollmann, irrité des difficultés qu*il rencoritrait, ne renonça nullement ù son projet} il s*embarqlia ettcore une fois pour le continent, dans Télé de inM^ muni de recommandations et de lettres de cbange. -^ Il parcourut comme na^ turaliste toute PAllemagne, s'arrêta en Silésie, visita les mines de la frontière de Pologne, et parvint enfin à Olmttti» Dès les premiers Jours il réussit à fkire connaître ses projets ù laFayette^ malgré la stricte surveillance dont tl était entouré} on se concerta Sur le temps, le lieu et les moyens d'évaaion* Bollmann continua alors son voyage, et s'arrêta à Vienne où il vécut eomme savant étranger au milieu dea relations les plus agréables. Après une longue attente, il reçut enfin un billet de la Fayette, par lequel oeluiMîl le prévenait qu'il lui était souvent permis de faire des promenades eu voiture, sous bonne escorte. Bollmann chercha alors un second; il le trouva dans la personne d'un Jeune Américain nommé HUger, qui résidait momentanément à Vienne, et qui se prêta avec empressement au projet de'délivraucei Ils se rendirent à Olmuti, où il» laisaient de fréquentes courses à cheval

dans les environs, comttie pour en voli" lès beau-* tés, afin de tromperie surveillance des gârdiensi Bnfin le S novembre au matin. Ils envoyèrent â Hof leur voiture avec un domestique, et firent tenir préis des ohevaUi de poste : la Fayette fil après dîner sa promenade accoutumée, et vere les deut heures, Bollmann et Huger pariifent ft cheval pour le ehencher. Ils le rencontrèrent sur la grande foute, A une certaine distance de là forteresse, mirent pied è terre et attaquèrent là voiture. La Fayette ouvrit la porilère et se Jeta dehori avec Tofficier autrichien qui voulait le retenir. Pendant cet Intervalle, tauger avait i&ia en fuite le soldat qui était derrière la voiture, et tait arrêter le cocher, que la peur tenait Ioh mobilci Bollmann avait délivré là Fayette dé rofficler en l'attaquant lui-même et eh se battant avec lui» Aussitôt qttll l'eut désarmé, la vietbiré fut décidée} il s'agissait d'en profiter au plua vlte« Hais pendant la lutte les chevaux s'éUient eftsrottchés t l'un d'eux prit le morsaut deiU étse sauva à travers champs. Il n'yavalt pas une minute a perdre; les paysans avaient Vu le éOtt>> bat et les fuyards devaient en donner avis à 01muta. La Fayette fut donc obligé de monter le cheval qui restait et de fuir seul. Bollmann devait le rejoindre à fiof . Huger se sépara de celuici et chercha son salut dans la fuite. Bollmann reçut le cheval éehàppé des mains d'un paysan, après s'être écarté d'une asset grande distance pour le rattraper, et se bâta de rejoindre la Fkyettéi Celui-ci s'était trompé de chemin, et après avoir fatigué son eheval, avait été obligé de continuer sa route à pied. Ignorant la langue aUemande, il s'était arrêté dans un village} là U avait été reconnu et ramehé ensuite à OlmQU. Bollmann atteignit la frontière en toute sûreté. La routé de Dantiig lui était ouverie, mais, In-» quiet sur le sort de la Fayette, il revint sur ses pas, fouilla soigneusement la contrée, et de cette manière tomba dans les mainé de wux qui la poursuivaient* Il fut chargé de chaînée, amené à Vienne, et là, plongé dans un affreux cachots Il ne se trouva pas malheureux : sa eonscieiiOe était tranquille, et il envisageait aon sort sana crainte. Les détails particuliers de cette entrr» prise romanesque, les Intentions courageuses du Jeune homme, excitèrent dans le monde le plua vif senUment d'intérêt. Des personnes de haut rang, mues par un sentiment d'admiration et d'humanité, s'employèrent pour lui] la aévérité des Juges mêmes fut ébranlée. Par une aério d'influences, dont l'eoMmble et la eonnexioa Sont encore aujourd'hui oouveries du voile du mystère, Bollasann fut seulement condanné ft

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rail def ttats autiichiens^ indulgence dont il se montra fort reeonnilsiadt dans la suite, lorsqu*il Tisita Vienne pour la seconde fois. Bollmann retourna à Londres, où quelque temps après il apprit la mise en liberté de la Fayette. — Wf atait déjà longtemps quMI nourrissait le désir de se rendre dans TAmérique du nord : il exécuta ce projet avecd*autant pli^ de plaisir que sa réputation lui afait déjft fait dans ce pays de nom* breux amis, qui rengageaient yiirement k venir explorer ce nouTeay et vaste ehamp ouvert au développement de ses connaissances. Deux de ses frères Vy avaient déjà précédé. Il entreprit là de vastes opérations commerciales et parvint bientôt à un état brillant de fortune et de considération, entouré de restime de ses nouveaux compatriotes, au sein desquels il trouva également le bonheur domestique dans son alliance avec une femme Jeune et belle. Pour donner plus d*extension à des découvertes importantes qu*U avait faites dans le domaine de la physique et de la chimie expérimentale, il fit un voyage à Paris en 1814. De là, il se rendit au congrès de Vienne, oà il fut fort bien accueilli comme citoyen des Éiats-Unlsi 11 s*y lia avec les hommes d*itat les plus distingués de Pépoque, tels que le prince de Metternlcb, le comte de SUdion, M. de Gentx, etc., etc. Le comte de Btadion, ministre des finances, qui avait à surmonter des dlflloul* tés occasionées par la masse de papier-monnaie qui encombrait le trésor, estimait beaucoup les talettts pratiques de Bollmann dans celte branche de radministration. 11 suivit même ses vues et Ses plans dans la nouvelle organisation flnan" cière qui fut créée et dans rérection de la banque nationale» On doit considérer Bollmann comme le vériUble fondateur de cet éublissement, qui commença une èfe nouvelle pour les finances autrichiennes. Bollmann, qui, sans aucun bénéfice ni aucune récompense^ avait Jeté les fonde* ments de cette nouvelle institution, n*en put attendre Texécution à Vienne. 11 partit pour Paris, se rendit à Londres, et de là en Amérique, pour ramener sa famille en Angleterre, où son séjour éUit exigé par les affaires qu*il projetait* Partout où il s*arrétait, il entrait en relation avec les penonnes les plus marquantes, et son activité n*éuit pas sans influence sur des afiaires qui d'ordinaire ne sont pas du ressort de Thomme privé, mais dont le maniement, dans le pays où vécut Franklin, appartient aussi bien au citoyen instruit qu'au fonctionnaire. Bollmann resta ï^mï de madame de Buel Jusqu'à la mort de cette femme célébra qui a fait mention de lui avec êtes* dans son dernier ouvrage. Fort peu de

ses ouvrages ont été publiés sous son nom, à l'exception de ce qa'il a écrit sur le système financier de l'Anglelerre, livre estimé des éco* nomistes«t des financiers. Il mourut, le 10 décembre 1891, à Kingston (Jamaïque), à TAge de cinquante-deux ans« laissant deux filles en An« gleterre. Dicr. nt la Gonv*

BOLOGHB(Aowofifsi FêUtniu), une des plus anciennes, des plus grandes et des plus riches villes d'Italie, avec des rues bordées, tout le long de maisons, de colonnades couvertes pour les piétons. Elle est appelée ia Oraêêa, parée qu'elle est située dans une plaine fertile et bien cultivée^ i^u pied des Apennins, entra les fleuvet leno et Bavena. Slle a 70,500 habitants et 8,000 maisons 9 beaucoup de moulins et de machlnea pour la fabrication de tissus; de cordages, pour les savonneries, les papeteries, les fabriques de fleura et d*armés. Bologne, chef-lieu de la délégalion papale du même nom, est le siège du car^ dinal qui préside à cette administration*

Les Bolonais se soumirant, en 1519| sponta* nément à ia domination du pape) Us étalent las des queralles de partis auxquelles les patriciens se livraient entre eux et qui éparpillaient les forces de l'iUt, dans un temps où Ton ne con« naissait plus en Italie ni droits, ni Justiee. Jusqu'à l'époque de la révolution française, Bolo« gne avait le droit de battre monnaie et Jouissait d'une constitution privilégiée.

C'est à Bologne que réside la riche noblesse de l'Étet de l'Église : elle n'est pas toi^oura en bonne harmonie avec le chef du monde chrétien et la curie romaine; on y trouve aussi les anciennes familles patriciennes bolonaises, dont les richesses consistent en biens-fOnds qui s'é« tendent dans la plaine fertile de la Marche, depuis les Apennins Jusqu'à la mer. Plus d'un mem* bra de ces familles s'est assis dans la chaire de saint Pierre. Les hommes les plus libéraux de l'Eut de l'Église y cultivent les sciences et les ktlres : on lit sur ses armoiries la devise { Likerlas. La noblesse, des savante et des citoyens. se réunirent en 1816 pour fonder U Société son cratiquê dont le but éteit de hâter les progrès du bien-être social^ depuis elle s'est vue soupçonnée de carbonarisme. Pendant longtemps une source importante de revenus était pour ta ville sa cé^ lèbre universite, qui aurait été fondée en 42B« par Théodose le Jeune, si l'on en croyaR les Bo* louais. Cette école a fait briller dans des siècles de ténèbres le flambeau des lumières; mais de nos Jours les i,000 étudiants qui visitaient Jadis ce foyer d'érudition sont réduite au chiffre de 500. Le célèbre Jurisconsulte Irnerius y enseigna

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dans le xi« siëele le droit romain , et les Bulgerus, les BUrtinus, les Jacobus, les Hugo, attirèrent les Jeunes gens à leurs leçons. L*uniyersité Jouissait autrefois d*un tel crédit dans la ville que celle-ci fit mettre sur ses monnaies la devise de Tuniversité : Bononia docet. L*école de droit était particulièrement célèbre : ses docteurs passaient pour des partisans déclarés de Fautocratie, ce qui leur assura la faveur des empereurs et des souverains italiens. Il est certain que, depuis 1,400 années, chaque nouvelle découverte dans les sciences et les arts a trouvé dans cet antique foyer des sciences des protecteurs. Le général comte Fern. Harsigli, comme citoyen de Bologne, y fonda, en 1707, VUtùuio délie scient, avec une bibliothèque de 150,000 volumes qui eut pour bibliothé<»ire M. Mezzofanti, attaché depuis 1853 à la bibliothèque du Vatican. Le comte Marsigli fonda également un observatoire, un amphithéâtre anatomique, un Jardin botanique, et des collections précieuses pour toutes les branches du savoir humain; elles se trouvent réunies maintenant avec VÀccademia Clementina, du pape Clément XL Bologne avait aussi depuis le xii« et le xiii* siècle de grands peintres; Francesco, appelé il Francia, se distingua au xv«. Les célèbres peintres Annibal et Ludovico Carracci fondèrent au xvi* siècle dans cette ville cette école célèbre dont ils commencèrent la gloire par leurs œuvres. La place principale de la ville est ornée d*édifices imposants, entre autres et principalement Thôlel de ville où Ton voit des tableaux et des statues magnifiques et les 200 in-folio du célèbre Aldrovande; le palais de Justice du podestat et la cathédrale San-Petronio , avec sa façade non achevée et le méridien tracé par Gassini sur un plancher en cuivre. Parmi les 73 autres églises se distinguent San-Pielro, San-Salvatore, San- Domenico, San-Giovanni in Monte, San-Giacomo maggiore : toutes ces églises sont enrichies par des chéfs-d*œuvre. Le nombre des collections d*art provenant de riches majorats est considérable, et elles s'agrandissent tous les jours. Les galeries Sampieri et Zambeccari effaçaient Jadis toutes les autres par leur magnificence : aujourd'hui elles sont surpassées à leur tour par celles de BUrescalchi, Marlinengo et Srcolani. La collection de tableaux de TAcadémie de peinture (Accademia délie belle arti) est riche et présente beaucoup d'intérêt historique. On y voit le tableau de l'Assomption de la Vierge par An. Carrache, la Sainte Agnès du Dominiquin, l'Infanticide par Guido, la Sainte Cécile par Raphaël, et Jean dans le désert, d'après Raphaël,

par Jules Romain. Sur la place publique on admire le bassin du Jet d'eau; il n'y manque absolument que de l'eau; on y voit la statue de Neptune en bronze, travail de Jean de Bologne. Depuis de longs siècles les tours Asinelli et Garisenda attirent l'attention, la première par sa forme élancée ressemblant aux minarets de l'Orient; la dernière, ^ul n'est pas dans son équilibre, ne menace plus ruine depuis que sa hauteur a été réduite au tiers. Bologne , chère aux savants , n'est pas non plus indifférente aux gastronomes, car elle est la patrie d'excellents macaroni, salami, liqueurs et fruits confits. I^ pèlerinage de la madona di San-Luca, dont le temple est situé sur l'extrême promontoire des Apennins, à une demi-lieue de Bologne, et auquel conduit une arcade de 640 arches, attire beaucoup de monde. Non loin de la ville, sur la montagne Paterno , on trouve la pierre de Bologne, qui, étant calcinée, luit dans les ténèbres. Bologne a vu naître le Dominiquin, le Guide, les Carrache, le compositeur Righini, et d'autres grands artistes. L'insurrection qui éclata à Bologne, centre des Provincie unile d'Italie, le 4 février 1831 et qui se répandit Jusqu'à Ancône, Ait réprimée le 91 mars de la même année par, les troupes autrichiennes qui y firent leur entrée sous la conduite du général Frimont. Les négociations avec Rome n'ayant conduite aucun résultat, l'agitation et l'anarchie continuèrent; et le 91 décembre 1831 les troupes autrichiennes reparurent pour rétablir Tordre. f^ox> Albiri (Joseph, cardinal). Il y eut encore à Bologne, il y a peu de mois (1844), quelques troubles qui ont été promptement réprimés. Coiiv. Ltxicoii.

BOLSWERT. Dans l'histoire de la gravure au burin, les deux Bolswert occupent un rang bien honorable; formés à l'école de Rubens, ils partagent avec L. Vosterman et P. Pontius la gloire d'avoir le mieux traduit ses tableaux et d'être les premiers graveurs qui aient été ce qu'on peut nommer coloristes. On ignore la date de leur naissance et de leur mort; on sait seulement que Bot» Bolswert, plus âgé de 6 ans que Schelte, son frère, naquit vers 1580 à Bolswert, en Frise, et que leur père se nommait Adam, ce qui fit que plusieurs fois ils signèrent leurs ouvrages de Àdamê ou A, Bolêwert, d*où l'on a induit faussement qu'un troisième artiste de ce nom avait exercé la gravure, lorsque cette signature doit être interprétée : fils d'Adam. On ignore sous quel maître ils apprirent les éléments de leur art.

Boèce a gravé au burin pur et imité avec succès le style libre et assuré de Bloemaert; mais ses ouvrages d*après Rubens sont traités différem- •

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ment : le seDtiment de la couleur y prédomine, et ils sont d*un travail plus fini. Dans plus d*une de ses estampes il a montré qu*il n*était inférieur en rien à son frère Schelte. Sa Réêurrection de LaMare et sa Cène, diaprés Rubens, sont ce qu*il y a de plus remarquable dans son œuvre, qui se compose de plus de cent pièces ; la première a été portée Jusqu'à 295 fr. à la vente Saint-Tves; la Cène n*a guère dépassé 60 à 80 fr.; le Christ entre les deux larrons, à Tun desquels un bourreau casse la Jambe, d*après Rubens, va de 50 à 75 fr.; son Jugement de Salotnon, d'après Rubens, de 80 à 100 fr. ^

Si SCHBLTi BoLSWBET cut uu talent supérieur à celui de son frère, il le dut à son intimité avec Rubens, qui se plaisait à retoucher au piqceau ou au crayon les épreuves de ses planches. Bans un grand nombre- de ses estampes les parties retouchées après coup s'aperçoivent au travail, quelquefois discordant avec celui de la première préparation, qu'il a ftillu établir pour arriver à l'effet demandé. Généralement Schelte s'occupa plutôt du rendu complet de son sujet, de conserver le sentiment du maître qu'il copiait, que de l'arrangement muuitieusement régulier de ses tailles. Mais dans son Assomption, d'après Rubens, on reconnaît un très-habile buriniste, savant dans l'art de disposer ses tailles suivant la nature des objets à imiter. Il a traité le portrait, l'histoire et le paysage avec un égal succès. 5on œuvre est considérable. II a particulièrement gravé d'après Rubens et Van Byck, et beaucoup d'après ses propres compositions. On admire sa Sainte Cécile, d'après Rubens ; le Couronnement d'épines, d'après Yan Byck, qui se vend Jusqu'à 350 fr., lorsque ('épreuve est avant les eontre-tailies au bas de l'habit du nègre debout, derrière un soldat placé à droite; le Crucifiement, connu sous le nom du Christ à l'éponge, d'après Yan Byck (dont il existe trois sortes d'épreuves qu'il serait trop long de désigner ici, mais dont celles où saint Jean k>ose sa main sur l'épaule de la Yierge, avant toutes retouches, sont les premières et valent un prix inestimable pour le curieux; tandis que celles où Marie, supprimée aux secondes épreuves, est rétablie avec transposition du nom du peintre, sont les dernières et ne valent pas plus de 50 francs); le Boi boit, d'après Jordaens, vendu 145 francs ; le Concert, Pan jouant de la flûte, Argus et dormi, etc. L. C. Sovr

BOMBALON, grande trompette marine, aont se servent les nègres.

BOMBARBE. On donne ce nom, dans la marine, aux bâtiments nommés anciennement ga-

liotes à bofnbe;ïis étaient armés de un ou deux mortiers de fbrt calibre, afin de servir à bombarder, par mer, une place forte ou à incendier une flotte bloquée.

La marine n'a pas, en temps de paix des bâtiments spécialement affectés au service, de bombardes. En temps de guerre tout navire qui a beaucoup de stabilité peut être installé en bombarde; mais quand on construit des bâtiments pdur ce service, on a soin de les rendre le plus stables possible, en donnant un grand déplacement à leurs œuvres vives ; ce que l'on l'on a soin d'éviter dans la construction des autres navires, dont on veut assurer la marche. La stabilité est doublement nécessaire dans une bombarde, tant pour assurer la Justesse du tir, déjà incertain sur terre; que pour résister auxdésa^* treux effets des détonations du mortier.

Pour installer un navire en bombarde on commence par doubler sa carlingue et son vaigrage afin de bien relier ses œuvres vives. La plateforme du mortier établie au milieu du navire doit être mobile; on la fbrme de deux épaisseurs de madriers de chêne croisés en angle droit, et placés sur deux rangs de tronçons de cable également croisés , puis vient une seconde double plateforme mobile en sapin, ensuite de petites fticines de 0», 50 de tongueur placées debout dans des compartiments; enfin une troisième plate-fOrme en sapin supporte les fascines et des poutres en sapin croisées et offrant autant de pleins que de vides s'étendent Jusqu'au fond du navire. Telle est l'instaUalion indispensable pour parvenir à résister aux secousses violentes qui résultent pour le navire de la détonation 'et de la réaction du mortier. Il est en outre nécessaire d'assurer la liaison des œuvres mortes du navire par une ceinture formée d'une double préceinte et d'une serre-bauquière bien chevillées ; on empêche ainsi le bâtiment de s'ouvrir sous l'action destructive des mortiers. Bdb....

On donne, mais par abus du mot, le nom de bombardes à quelques bâtiments marchands des ports de la Méditerranée. Cette dénomination s'applique, dans le Levant, aux navires que nous désignons dans le Nord sous le nom de troismâts.

Les bateaux-bombes étaient, dans les flottilles de l'empire, de petites embarcations armées '** . seul mortier de faible calibre. X.

BOHBARBEMENT. C'est l'opéraUon par laquelle se termine le plus ordinairement le siège d'une place qui ne teut pas se rendre. Elle consiste à lancer une multitude de bombes sur les établissements militaires de l'assiégé pour le mettre

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hori 4i*éut de prolonger li défenie) mais dani lei plaees dont IMiiiérieur est habité par Udt Dodibreuse population, les maisons particulières ont beaucoup à souffrir du jet des bombes qui les écrasent et les hiinent de fond en comble j aussi on n'en vient jamais ft celle eitrémité qu*aprds avoir fait une sommation au commandant de la place et ravoir informé que tout est prêt pour le bombardement. Le refus de rendre la place est aussitôt suivi d'une nombreuse projection de bombes {tox* ce mot) chargées de poudre et de matières inflammables qui metteni le feu dans les bâtiments écrasés par le poids des bombes. Ces dangereux projectiles sont du calibre de 19, de 10 et de 8 pouces. La trajectoire que les bombes parcourent étant beaucoup plus élevée que celle des boulets, elles parviennent dans les lieui que ceux-ci ne peuvent atteindre.

L'un des bombardemenU les plus remarquables en France est celui de Lille. Vainement les Autrichiens, en 170S , firent pleuvoir pehdant cinq jours sur eette ville une grêle de boulets rouges, de bombes et d'obus. les habitants, leurs femmes I leurs enfants, familiarisés avec ces scènes de désastre, arrachaient les mèches des bombes pour les empêcher d'éclater et ramassalent les boulets rouges avec des tenailles de fèr pour les jeter dans Teaui Ils parvinrent par cette conduite héroïque à forcer left Autrichiens de re« noneer à leur entreprise. Ils levèrent le siège le 9 octobre. GAaam.

BOMBARDISR, canonnier, chargé spécialement du service des mortiers et des obusiers* Les militaires connus sous le nom de b^mbardierêf dans les ports de guerre^ étaient les hommes qui composaient les compagnies d'élite de l'artillerie de marine. C'étaient, à proprement parier, les grenadiers de ce corps spécial. X.

BOMBASIME ou BoHB48iif. On donne ce nom À deux sortes d'étoffes. L'une est faite de soie | elle se fabriquait à Milan particulièrement. On en a vu quelques méiiers à Lyon; mais depuis longtemps celte fabrication a passé dans quelques autres provinces de France. La seconde sorte se fabrique avec un fil qui est la chaîne, et du coton qui fait la trame. On en fait même au* jourd'hui en laine et soie, pour robes; c'est une étoffe fort légère. Les basins que l'on fait à Bruges sont appelés aussi bombasins, terme que des manufacturiers français ont emprunté des Flamands pour désigner ies basins qu'ils fabriquent; . ils sont, comme les leurs, unis, à poil, rayés à petites raies imperceptibles et à grandes raies ou barres de trois petites raies chacune. Depuis peu de temps on a donné le nom de bofnbannek

plusieurs étofliM nouvellei de divers Uasut^ soit en soie« soit de laine, ou de coton, f^ar. Bàsiif . r* EàTionv*

BOMBAT, Tune des trois présidences anglaises dans rinde, sur la côte oecidentale de la prts-> qu'Ile. Elle a une superficie de 99,486 m. carrés anglais et comprend les anciennes provinces d'Aufengabad, Beydjapour, &audeiscb, ftuxurate et Adjemir, avec une population deO,S61 ,540 âmes. Le gouverneur a aussi dans son ressort les iuu tributaires des Ri^epoutes et d'autres oontrées* Les productions du sol de cette présidence consiste en coton , riz , poivre, cardamome , ea bois de construction , gomme, bambou, bois de sandali On tire de ce pays des peHes et de l'ivoire* On y. entretient une armée de 40,000 hommes dont 7,799 sont Anglais et les autres pris parmi les indigènes^

Le cheMieu , B9mbax, est bâti dans une tte près de la côte, de 4 lieues de long et qu*ttno chaussée construite par les Anglais unit à 111c de Salsette. Une autre lie, celle de Galabba, n*est séparée de Bombay que par un canal étroit. Ces Iles, accessibles aux marées et situées sous un climat brûlant, sont insalubres, surtout pour les Européens : aussi la mortalité est effrayante parmi eux. Les riches se retirent dans des lieux plus frais lors de la saison brûlante. On compte dans l'Ile plus de 160,000 babiUnU et Ton f trouve de grands chantiers où Ton oonStniU, avee une habileté étonnante, toute espèoe de bâtiments de mer; des milliers de Parais travaillent dans ces chantiers, auxquels les Anglais ont i^outé des docks susceptibles de recevoir troisvaisseaux de ligne. Cette Ile appartenait anciennement au rejah de Salsette ; il la céda dans le xvi« siècle aux Portugais^ et ceux-ci la remirent, un siècle après, aux Anglais, comaae partie de la dot de l'infinte Catherine. C'est seulement sous le régime anglais que Bombay a acquis l'importance commerciale et navale que celte Ile a maintenant. Entre Bombay, Salsette et la côte continentale, la nature a formé un des ptas beaux ports du monde, où une flotte entière peut trouver un refuge. La ville de Bombay située sous 18<> 56' de iatit. N., 70* 18' longit. 0.» est construite dans le goût moderne; elle est bien fortifiée le long de la oôle, et protégée par une citadelle, auprès de laquelle sont situés rarseoal et les caserneSi Sur la grande place on voit Téglise anglicane et le palais du gouverneur qtti éuit autrefois le collège des missionnaires, bay a un théâtre et un bazar bien fourni de i chandises asiaUques et de denrées. La Scdét4 littéraire de Bombay a publié des aiémoircs où st

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trouTènt eonsignéi les résultats des reèherches des saTénts sur les antiituités du pays. Des pagoûtês des mosquées, des synagogues serrent au cttltë des Indbus ( qui forment les trois quarts de la population ), des musulmans et des Juin. Les Partis pratiquent librement le culte du feo« Bombay est atantageusement situé pour faire la commerce avec toute la côte du Malabar, afeo rintérieur de Tlnde^ la Perse et TArabie t aussi s*experle-t-ii dans son |)ort des marcbandises pour environ 80 millions de francs par an. La traversée de Bombay en Europe est sujette à moins d*accidents que celle de Caloutta« Bombay acquerra enCbre plus dMmpolftailce lorsque le projet d*établir un sertice régulier de bateaux a vapeur entre cette Tille et le port de suei aura reçu son exécution; Les eommunioations entre riurope et Tlnde par TÉgypte, deviendront alors plus rapides et plus faciles, et cette voie sera probablement préférée par les luropéens qui voudraient se rendre dans Tlbde ou revenir de là en Europe. DBPriiia.

BOMBE, mot totmé par une espèce d^onoma* topée pour désigner Texplesion produite par la tir d*un projectile, et qui désigne un globe creux eh fente de fèr dans lequel on introduit une quan'> tité déterminée de poudre et d^artlEoe pour le faire éclater en plusieurs morceaux, soit au mi* lieu des ennemis, soit sur des bftliments que i*on veut enfoncer ou incendier. La bombe est percée d*un trou conique qu*on appelle œil : on-y place utie fusée remplie de composition asseï ienie à brûler pour donner à la bombe le temps d'arriver à sa destination avant d*éciater. Elle a deux an-» ses ou mentonnets placés de chaque cdié de Pœil, dans lesquels on passe un anneau en fèr pour aider à la mettre dans le mortier qui doit la lancer. Il y a, à la partie de la bombe opposée à i*œil une sur* épaisseur que Ton nomme ouioi et qui a pour objet d*empéeher la bombe de tomber sur la fusée« Il y en a de plusieurs calibres^ de IS pouces^ de 10 pouces et de 6 pouces de diamètre; celles de 19 pouces pèsent 145 à 150 livres (71 a 7S kilogr.), celles de 10 pouces, de OB A 109 livres (48 à 60 Milogr.); et celles de 8 pouces, de 49 à 44 litres (91 â 99 kilogr.). OU varie la charge des bombes suivant Tetfet auquel on les destine. Tantôt elles doivent éclater dans Tair en un grand nombre de morceaux, comme quand elles sont dirigées sur un corps de troupes$ tantôt elles sont destinées à renverser des murs, ou à écraser et incendier des bâtiments, et alors elles ne doivent éclater qu*en tombant. ^O/^é MOETUa, PaOJBQTILK.et BOMBAEDX* MBIT. CARSTTS.

BOMBE VOLCANIQUE» Les laveë ttollei lam cées par là violence des ieiix souterrains acquiè' rent par la projectloh, Un mouvement de lt»ta-> tion assex fort pour influer sur la forme que peuvent prendre ces laves en se refroidissant avant leur chute. Le plus communément cette forme est sphérique et rintérieur reste plus ou moins vide) de sorte que Ton trouve dans le voisinage des cratères de ces sphéroïdes plus ou moins réguliers que Voh k comparés à des bombes d'artillerie. DauSi

BOMBITE. Les géologues ont donné ce nom à une pierre rapportée de Bombay et qui a toutes les apparences de la pierre de touche, ou Jaspe lydien. L'analyse faite par le prof* LaUgier a produit t Silice 50; oxide de for 95; alumine 10,5; magnésie 8,5; charbon 5; souffreS; chaux 9» Da.iX*

BONALD (Louis-GabeiiL-AmbeoisB) vicomte Bi)) ancien ministre d*État^ ancien pair de France, Tun des quarante de TAcadémie Iran* çaise, naquit au Monna, près Milhaud, en Rouer* gue, vers 1700. Il débuta dans la carrière publi» que par la place de conseiller du département de TAveyron. Attaché par principes à la cause de de la royauté et pai' oonsclenceà Celle de la religion^ il a travaillé pendant sa vie à soutenir l'une et Tautre^ Il émigra en 1791 et débuta bientôt après dans la carrière littéraire par sa Théorie du pouvoir iwliifquef ouvrage qui fut publié du temps du Directoire et saisi par ses ordres; plus tard de Bonald rentra en France et devint, en 1808, meihbre du conseil de Puniversite. A la restauration, il fut élu (1815) dans son département membre de la chambra des députés, où il siégea Jusqu'à ce qu'il fût promui en 1898, à la dignité de pair de France, par Louis XTin qUi l'avait foit élire à l'Académie française en 1816. On pense bien que la révolution de juillet ne trouva pas un paKisan en lui; il refusa en 1810 le serment exigé de tous lès membres de la législature et perdit ainsi son titre de pair. Il se retira dans son château du Monna et ne prit plus aucune part aux affaires publiques. Il mourut en 1840.

Ses œuvres complètes ont été publiées en 19 Vol. (PâHs 1817-1819 iri-S»). Elles comprënent les ouvrages suivants : Ju Divorce, 1 vol.; Législation primitive, 3 vol.; Recherches phi' losophiquesf 9 vol.; Mélanges littéraires et po* litiques, 9 vol.; Pensées et Discours, 9 vol.; Démonstration philosophique dU principe constitutif de ta société^ ouvrage publié vers la fin de 1830, 1 vol. X.

BONAPARTE (fÀMiLLi) OU Buorapaetb^ car Napoléon et ses parenta signèrent ainai^ eircon-

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stance indifiFérente pour un nom italien, ti et o formant un seul son dans cet idiome. Un des plus terribles et aussi des plus brillants météores qui parût Jamais sur Pborizon politique fut sans contredit NAPOLtoii Bonaparte ', et si jamais une famille put se^passer de toute espèce' d*illustration, ce fut la sienne. Mais jalouse de ne point dater d*un empereur des Français, couronné en 1804, quoiqu'il y eût dans cet événement de quoi contenter Torgueil le plus insatiable, la famille Bonaparte a fait des recherches et publié des preuves qui la rattachent aux Buonapartè du continent de Tltalie, célèbres à Trévise, dans la personne de Jbar Buonapartè, dès 1178, et apparaissant depuis à différentes époques à Parme, à Rome, à Florence, à San-Miniato al Tedesco, comme dignitaires, signataires de traités, chevaliers, fondateurs d'ordres, etc. Ces renseignements se trouvent au commencement du livre intitulé : Sacco di Roma, par Jacques Buonapartè, imprimé à Cologne, en 1756. L'éditeur, dans sa préface, nomme cette famille illustre^ entre celles de San-Miniato et de la Toscane, et dit qu'elle a brillé de tout temps dans les lettres \ C'est à Napoléon-Louis Bonaparte, fils de Louis, qui fut roi de Hollande, que Ton a dû, en 1830, la traduction française de cet ouvrage, écrit en italien par Jacques, témoin oculaire de l'entrée des hordes que conduisit à Rome le connétable de Bourbon, Tan 1527 K

C'est d'une branche des Buonapartè établis à Sarzana, dans le territoire de Gènes, que sortait Louis-HAEiB-FoHTUNt BuoRAPAETB, quî alla se fixer à Ajaccio en 1619, et qui fut l'aïeul de Charles Buonapartè, père de Napoléon. Charles, étant assesseur à la juridiction d'Ajaccio, épousa, en 1767, Letizzia Ramolino , âgée de 17 ans et parfaitement belle, car sa taille, ses mains, ses pieds, pouvaient servir de* modèles comme son visage. La famille Buonapartè était une des premières d'Âjaccio, quoique les Corses lui reprochassent des aïeux génois ; et le comte de Mar-

> Ce n'est pac àuM cet article qu'on ncoatera U Tie âe l'eni. pcreur Napol&>a : ce dernier nom eet conMcrë par rblatoire comme par la votz populaire ; U faat donc cbercber an mot Nâro* xâon le récit de la carrière la plue étonnante et la plu* menreiU lenee que jamais homme ait parcourue. C'est aussi sous leurs prénoms qu'on doit chcrcber les articles sur tous les membres de la famille Bonaparte qui ont porté une couronne. S.

* On connaît la Fêdovat commêdta faéitiMimm de Nicolo. Buonapartè; Flwence^ 1582, cbes Glunti; non*, éd.; Paris, 1803, petit in.8e. S.

9 Voici le titre complet de l'original italien : RagumgUo ttorieo JU tutto l'çMorso, giorno por giorno, ne/ séuoo di Roma dttl* «MO 1527, Opéra di JmeopoJBooHoparîê. Colon., 1756, In^o. La tfidnctloB XraBfulBe est ainsi inUlBlée: Taklnm historique dos

beuf n'eût pas choisi sa maison pour y loger, étant gouverneur de la Corse, si elle n'eût pas été la mieux bâtie de la vUle. Tout ce qui a vécu en Corse sait que Jérôme Bonaparte, né en 1784, est le seul enfant qui aurait pu naître d'un amour illégitime entre M. de Marbeuf et Letizzia ; elle avait donc plus de trente ans et était mère de sept enfants, quand sa liaison avec le gouverneur devint l'objet de beaucoup de jalousies et de médisances. U ne lui rendit pourtant d'autres services que celui de présenter les preuves de noblesse qui devaient faire admettre k l'école militaire son fils Napoléon et à celle de Saint-Cyr sa fille Marie-Anne-Élisa. Charles, étant allé à Montpellier pour se faire guérir d'un ulcèi'e au pylore, y mourut en 1785, et sa veuve, aidée des conseils de son frère de mère, Joseph Fesch, dirigea avec tant de sagesse les afiRaires de sa maison et l'éducation de ses enfants qu'elle s'attira la considération générale. Lorsqu'en 17S!^ le célèbre Paschal Paoli forma la garde nationale de Corse, il fit nommer lieutenant-colonel Napoléon Bonaparte, qui n'était âgé que de 33 ans; l'ordonnance en exigeait 25, et Napoléon était « si fluet, si petit et si délicat (portent les manuscrits de l'abbé Rossi) qu'il paraissait tout au plus âgé de 15 ans. U fallut disputer ; mais son mérite était déjà si manifeste qu'il l'emporta. » Bientôt Paoli voulut soustraire 111e à la puissance de la France révolutionnaire; à tout ce que disait ce vieux chef Napoléon répondait : Nous ne serons donc plus Français? Il n'était point électeur et pourtant il influençait l'assemblée de Corte. Paoli voulut en finir; une lettre de Joseph Bonaparte, datée de Toulon le 15 juin 1793, Âiit connaître comment. « J'arrive « dans cet instant â Toulon avec ma famille; « Paoli a finalement arboré l'étendard de la ré- « volte ; j'ai été plus longtemps sa dupe que « vous, j'en suis puni : j'ai fini par être sa vic- « time. II y avait deux mille paysans armés. Ha « famille a été poursuivie. Ma maison, celle de

Mmowuuu saroêHBS psmdoHi /« sac do Botno en 1527, IraMertir dm mmamterit original »t imprimé pour U proauhro fois à Cb/efW on 1756, cvec me notioo historiqmo do la/amilio do Bonapartoi traduit de l'Italien par M*** (Hsmdin), avec le texte «n refard. Paris, 1809, In.8e; ouTrage rare, ajoute M. Quérard {la Framoo littérairo, tom. II) qui dit ensuite en citant Barbier (Dîef. dos Onwr. anonjmos» tom. III, p. 301) : ■ On est port< à croire q«« « Jacq. Bonaparte a seulement M possesseur du mànoscrlt qno « l'on a Imprima sons son nom. Les Cslu raconta dans le TsMomm m historijno sont tirés d'un petit volume publié à Parts en 1664 c sons le titre de : // saoeo di Borna dal Cmàciardimi (Crére dm « l'historien), a La traduction publiée par l'ez^ol Loni* «n 1830 n'est peut-être qu'oae aootalle édition de celle de 180B. 8.

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« Moltedo, ont été pillées, saccagées ou brûlées. « De Calvi, où nous nous sommes réfugiés dV « bord, nous sommes venus ici. » (Lettres autographes appartenant à Tauteur de cet article.) Ce que Joseph ne dit point, c*est que sa famille fut bannie de Corse par une délibération délia consulta de Corte, en date du 37 mai 1793, conçue dans les termes les plus injurieux. La famille Bonaparte Técut à Marseille des secours que la Convention faisait distribuer aux réfugiés corses; et Letizzia, par économie, se retira au Beausset, petit village près de Marseille. Comment la maitresse du gouverneur de la Corse ^ qui n^avait Jamais Hïi une dépense de luxe, se trouvait-elle réduite à vivre avec ses trois filles de pain et de cerises, à porter des robes de toile si grossières, si usées, qu'elles ne pouvaient, elle ni ses enfants, sortir pendant le Jour? Celte pauvreté authentique n'est pas un des moindres titres Justificatif^ de Letizzia. Tout changea rapidement : napoléon devint général en chef de Tarmée dltalie; son frère Joseph, son oncle Fesch, furent nommés commissaires des guerres ; madame Bonaparte revint habiter Marseille pendant quelque temps, alla trouver le général Bonaparte à Milan, visita plusieurs villes d'Italie, et finit par se fixer à Paris, pendant que son fils faisait la guerre en Egypte. Après le 18 brumaire, elle Jouit des biens que la fbrtune commençait à départir à ses enfants; mais elle en Jouit avec une modération qui ne se démentit Jamais; et de toutes les femmes de sa famille elle fut la seule qui ne s'enivra point de cette nouvelle position. SUe s'occupa du soin de maintenir l'union entre ses enfants et contribua à réconcilier Joséphine avec Napoléon, lorsqu'à son retour d'Egypte celui-ci était pressé par Lucien et ses sœurs de divorcer. Elle prêcha d'exemple, comme de précepte, l'ordre et la décence, et n'étant âgée que de 48 ans, toujours belle, dans le rang social le plus élevé, ne donna pas une seule fois prise aux railleries qui poursuivent les vieilles femmes coquettes et prétentieuses. Les désordres de ses filles ne purent Jamais lui être imputés. Nommée Madame et Altesse Impériale, à l'avènement de son fils au trône, elle fbrma sa maison d'après les ordres de ce fils, augmenta ses charités, et ne changea rien à ses habitudes remplies de dignité et de modestie. Ignorante, mais spirituelle et sensée ; mère aussi sensible que courageuse ; prévoyante, adonnée au travail des mains, simple pendant son élévation, fière depuis ses revers, Letizzia est un des beaux caractères de femmes que l'on puisse tracer. Elle se retira à Rome en 1814. Dans le palais qu'elle habitait, on la

trouvalttoujours occupant une chambre remplie des portraits de tous ses enfonts. Là, vêtue d'une robe de deuil qu'elle ne quitta jamais depuis la mort de Napoléon, ayant assises à quelque distance d'elle deux vieilles femmes corses tricotant» Letizzia contemplait le portrait en pied de l'empereur ou filait au fuseau. S'étant f^it à la cuisse une fracture dont on ne put obtenir la consolidation, elle ne quitta plus son lit. Elle mourut à Rome le 3 février 1836.

Charles Bonaparte et Letizzia Ramolino ont eu 8 enfants tous nés à AJaccio, Joseph, Napoléon, Élisa, Lucien, Louis, Pauline, Caroline et Jérôme, dont nous parlerons très -succinctement.

JosKPH, né en 1768, épousa en 1794, à Marseille, Marie -Julie Clary, fille d'un n^^ociant estimé de cette ville, dont il n'a Jamais assez apprécié les angéliques vertus. II a eu de cette épouse accomplie : Zénatde, mariée à Charles Bonaparte, prince de Musignano, fils de Lucien. Zénaïde est sensée, instruite, laborieuse; elle travaille, sous les ordres de son mari, aux ouvrages d'histoire naturelle que celui-ci entreprend ; elle a fait une traduction de Schiller qui a beaucoup de réputation. Charlotte, seconde fille de Joseph, est veuve du prince Napoléon- Louis Bonaparte, fils de Louis, roi de Hollande ; sa conduite est digne de celle de sa mère et de sa sœur; elle dessine d'une manière remarquable (PCX» JosiPH, roi d'Espagne).

Napoléoii, né en 1769. ^ox* Napoléoh !•«•, empereur des Français, et Napoléon, roi de Rome.

MAin-ANifi-ÉLiSA obtint de Lucien dont elle était l'atnée, que l'ordre des dates serait interverti en sa feveur, et que, dans les almanachs impériaux, elle serait inscrite comme sa cadette ; elle doit être née en 1775 ou 1774. M»* de Luchet, chargée en particulier de son éducation à Saint-Cyr, célébra beaucoup son intelligence, son esprit, et parla aussi de son amour pour la domination ; elle épousa en 1797 Félix Bacciochi, d'une famille corse où se portait le titre de baron. Félix reçut le titre de prince de Lucques et de Piombino, quand sa femme devint grandeduchesse et gouvernante de Toscane en 1805. Pendant la durée de son administration, on ne put lui reprocher que le désordre de ses mœurs ; elle s'efforça de faire rendre la Justice, protégea les sciences, les lettres, les arts, l'industrie, et n'eut qu'un tort grave, celui de vouloir s'accommoder avec les ennemis de son frère Napoléon quand celui-ci luttait contre tous les souverains de l'Europe. En 1815, elle fut forcée de se retirer

soif

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