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dani iti iut8 autrictiieni, auprès de la mur Caroline, épouse de Murât, roi de Ifaples. £Ue est morte à Trieste eu 1890. Félix Baocioohi ao^ quit de rAutrlcbe le litre de pripce. Il est mort à Eome en 1841, le 98 avril, tlisa a eu de lui ; Napoléone'Élm, née en 1806, mariée au comte Camerata, d*une grande maison d'Italie. Un fils seulement est né de son mariage^ Napoléoner Éllsa vit séparée de son mari* Napoiéên^Frér déric, second enfent d'tUsa, ué en 1815 ou 1816, Jeune prince dont Tédueation et les premières années donnaient des espérances ^ sa famille, est mort en 1839 k tome, d*une cbute de ebeval liPCiiif, prince 4e C^ninQ, né ep 1775, se réfugia avec sa famille proscrite en Provence. Nommé garde magasip à Saint HaKimin et logé d)ei un nommé 30Fer, au|)ergiste, il en épousa la fille, Christine, douce et vertueuse personne, qu'il rendit lieureuse tant qu*elle vécut, Il était Inspecteur des çliarrois, quand en Temprisonna k Ai?i comme terroriste, en 1704. S*élevant graduellement k la suite de Napoléon, il devint commissaire des guerres et représentant au conseil des Cinq-Cents; il présidait cette assemblée, réunie à Sajut-cioud, quand Napoléon Bonaparte, accusé d*aspirer au pouvoir, s*y présent^. Cette assemblée voulait proscrire le gépéfal ambitieux : IiUCleq sV oppose et fait soutenir la cause de son frère par un bataillon de grenadiers qui, de gré ou de force, dispersent la représentation nationale. Cette journée du 18 brumaire fit honneur au courage et à la présence d*esprit de («ucieo. Il fut ministre de Tintérieur et ambassadeur en Espagne. Là son intelligence fut mise en défaut par les rapports des ({ens de sa suite, qui lui persuadèrent que les Espagnols n*aspiraient qu*à devenir Français. De cette époque data le plan de Napoléon de s'emparer de la Péninsule. Nommé tribun en 1809, sénateur peu de temps après, Lucien s*opposa plusieurs fois aux volontés de son frère. Sa femme Christine étant morte, il s'attacha à M"»* Ipuberton, femme divorcée d'un a^ent de change, et celle-ci lui ayant donné un fils, iucien Tépousa malgré la volonté de Napoléon et je vou de toute sa ftimille. Il lui fut ordonné de quitter la Frauce. De Kome, où il s'était retiré, il ne cessa dç s'élever contre l'ambition de son frère; il refusa les offres les plus brillantes que lui fit l'empereur, et, voulant enfin se mettre è l'abri de son mécontentement. Il s'embarqua pour les États-Unis (5 août 1810), h peu près sûr de tomber au pouvoir d'un vaisseau anglais, qui le conduisit en Angleterre où il acheta la terre de Tomgrove, près dç Worcester ; le gouvernement britan-
nique attacha un eelonel k la personne. Ion nom ne figure point dans les almanaohs impé^ riaux i il n'était point censé faire paKie de la famille de Napoléon. Lucien retourna à lome en 1^14, où le pape lui conféra le titre de prince de Canino, et revint à Paris (9 mai 1815) réoon<cilié avec Napoléon pendant les cent-jours. Dans la chambre des pairs où il siégea, non comme prince, mais, disait-il, en vertu d'une nomination de l'empereur, il défendit les droits de Napoléon et ceux de son fils avec une noble fermeté, Jusqu^au moment où V. de Pontér ooulant lui demanda, en pleine séance, à quel titre, lui, prince romaiis, voulait imposer son opinion aux représentants de U^ nation française. Lucien « forcé de fuir devant les armées étrangères, retourna k Eome après la bataille de Waterloo. D'abord le comte de Bubna le fit enfermer dans la citadelle de Turin, en le traitant toutefois avec égard; mais ses déclarations et rinteroession du pape le firent élargir en septembre 1815. Le 91 mai 1816 il fut rayé de la liste des membres de l'Académie française et les passe-ports qu'il demanda en 1817) pour lui et l'un de ses fils, dans le dessein d'aller aux États-Unis d'Amérique, lui furent refusés par les ministres de toutes les cours. Depuis ce temps, le prince de Canine a vécu a Rome avec plus de splendeur que de prudence, et s'est yu obligé de plaider, i| y a peu d'années, contre son propre fils, qui l'accusa d'avoir dissipé la dot d« si femme, remise aux mains de Lucien, l'es dis<cours prononcés par Lucien, lors du concordat et de l'institution d^ la Légion d'honneur, ne furent point rédigés par lui, mais il en donna toutes les idées . 3on poepie de Charlemague, épopée en 94 chants (1815, 9 yo|. in-8°), dédiée au pape PieYII, et la Cirnéide^ poème épique en 13 chants (1810, in-8o), ne valent guère mieux que Baihiuie, reine Uet France^ poème en 1(( chants (Paris, 1890, in-S») composé par sa seconde femme Alexandrinc) cependant dans l'un et l'autre on reconnaît de l'esprit et de l'instruction, Déijà dans l'an vu (1799) Lucien avait publié la Tribu indienne, 9 vol. in-19. Amateur de tableaux et d'antiquités, il protégeait les arts et se livrait à leur étude en même temps qu'à celle des lettres. I| est mort h Yiterbe, le 99 Juin 1840,
Le prince de Canino a eu de Christine, sa première épouse, Charlotte 9 mariée à don Mario, prince Qabrielli, et Christine ^ mariée d'abord ad comte de Possé, Suédois, puis divorcée et remariée avec lord 8tewart; de W^ Jouberion : Cfmrlee^ prince dç Alusi||oano, marié à sa cou-
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fine ZénftTde, ille 4e loiaph } UtiMm'; mariée h ■* WyM, irlaodtis de distinction, mais qui ne vit point ayee aon mari| J^antw, mariée au marquiiOnorati, d'une grande famille italienne, et morte prématurément; Paoh, mort en Grèee d'un accident , sur le yaiMeau de Tamiral Go*cbrane. Il eiiite encore deux autrea enftints dent Tuo est le prisée Pierre, quia, depuis quelques années , pris son domicile en Belgique, dans la provinee de Iiuxembourg. On peut ajouter à cette lifte Anne Joul)erton, 0Ue du premier mari de la prioeesse de Canine, que Lucien a adoptée et qu'il a mariée au prinee Krcolani, dont elle est veuve.
Loeis, eomte 4e Sainhl£Ut né en 1779, marié à PortensedeBeauliarnaif , quoiqu'il désirAt épouser M^^ de Beaubamais, devenue Mm» de la Yallette. De ce mariage sont nés un prince mort dans son enfonce en HoUandei Ntipoléon^'louis, né en 1 804, mort de la rougeole k Forli, en 1 831 : il avait épousé sa cousine Charlotte, fille de Josepb i tous les deux donnaient l'exemple des plus touchantes vertus et inspiraient autant d'estime que d'afftetion; Charles- Louf$ iVff« poléon, né en 1808, prinee aimable, doux et courageux, était l'unique eonsolation de sespa< rents depuis qu'ils avaient perd«i son frère atné, quand ^'imprudents eonseili le poussèrent à de folles tentatives pour reprendre le trône de France à la dynastie actuelle. |1 est aujourd'hui détenu en France au fort de Ham (voy. .^o^r'a* Napoléon), Il vient de publier nu nouvel ouvrage, ayant pour titre i S»iineHm 4u pau* périeme (1844).
lUaixPADuai naquit en 1781 , et épousa d't* bord le général Leclerc que Napoléon, premier consul, la contraignit de suivra quand il envoya son mari eontra les noirs de Saint-Domingue en 1801. Sur le vaisseau amiral l'Océan on rendit d'éclatants hommages à la belle voyageuse et à son cbarman( enfant : c'éuit Galatbée ou Vénus Anadyomène. Bile montra beaucoup de courage pendant cette expédition malheureuse, dont elle revint veuve en 1803, et perdit peu de temps après ce fils, unique enfant qu'elle ait Jamais eu. Napoléon la remaria, en 1803, à Camille Borgbèse, prinee romain , d'un caraeièra dou^ et frivole, mais qui pourtant conçut pour le dé*
capa m»* frÛ9 d« palais Borgb^ ^oe «on «art loi avait abandonnée ; dcpob 1819 éHt habita la villa Sclarra. Sa maisoDi oè r^airat la goèt et la aru, fat la raBdet^roiM dn ccrda la pkM briUaat da X«»e. OmmI cita «ml ra^ la MovaHa de la ■•lUIadaXaptUiM dU «bllMu plMtewa Ma 1* f trwiwian Sa a<
sordra de mmurs de Pauline une aversion qui ne lui permettait plus de supporter sa vue. Près* que aussi parfaitement belle que sa mère, Pauline agissait malheurausement comme si le soin de sa réputation eût été incompatible avee le haut rang où elle était parvenue. A ses derniers moments elle sembla vouloir prouver combien lui étaient obéras les vanités du monde, en s'en séparant le plus tard possible. Une vertu la dis* tingua éminemment t ce fut l'amour tendre , passionné et raconnaiuant que, malgré quelques boutades, elle, ne cessa de ressentir pour son frèra Napoléon , et qu'elle lui prouva par tous les sacrifices qu'il fut en son pouvoir de lui faire. Ses caprices, sa fierté qui la portaient i) exiger là où ses fk*ères et sœun se contentaient de prier, contribuaient peut-être à la rendre chère à l'emperaur. Hais elle le blessa en manquant de raspect à l'impératrhie. Brouillée avee lui au moment de sa chute, elle courut le rejoindre à l'Ile d'Elbe, et avant la bataille de Waterloo elle lui envoya ses diamants '. La princesse Borghèse est morte réconciliée avee son mari et toujours belle, à Florence, en 1896.
■▲■ii'AiiRinfeiADi-CARO|.iNi, née en 1789, ma* Hée, en 1800, au général Joachim Murat, depuis grand-duc deBerg et ensuite roi delfaples (voy. #9^cnui), déploya un earactèra ferme et résolu lorsqu'en 1814 il lui fallut ranoncer au trône et rendra le royaume de Naples à son ancien pos* sesseur. Bile résista d'abord avec tant de courage et eéda ensuite avee tant.de dignité à ce revers de foKune, qu'elle ragagna l'estime que us habitudes frivoles et sa galanterie avaient compromise. Après la mort de Hurat , sous le nom de comtesse de Lipane, elle erra en Italie et dans les États de l'empereur d'Autriche, s'oceupaot sans cesse de l'éducation de ses enfants. Par suite reUrée à Floranc^ et privée de fortune, elle se hasarda è faire valoir de Justes réclama* tions sur les propriétés situées en France qui avaient appartenu à Murat.Blle obtint la faveur, malgré la loi d'expulsion qui frappait sa famille de venir elle-même à Paris appuyer sa demande. Le roi des Français touché de ses infortunes s'intéressa vivement à son sort, et sa bienveillante intervention fit obtenir è la veuve de Murat une rente viagèra de fr. 100,000 qui fut
rifa la vonvalla da a» rnmî. PanUna m^mrm à VUtHme* la 9 jvin 1825. Op|m plnalaon Up tt vaa fondation doai la» rtrenw «ont alTretÀ & dtfrayrr deni jennea gêna d'Ajacdu qai ▼oa4raient étn* dier la médaclne et la chirargie, elle institua aes frèrei, la^conita da Salnt»U« cl la priaca de Montfort, bëiitlcn da m fortune q«l a'dievaii OMact à dau «MUom. Son bvela ca narb», exfeotd pfr CMifta, f#t m .dMM'Vffn et cal •rHalf.
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votée par les chambres. Caroline ne jonit pas longtemps de cette tardive décision. Retirée de nouveau à Florence , elle 7 mourut le 28 mai 1639. Les enfants de Caroline et de Murât sont : JckiUe, né en 1801, jeune homme plein de courage et qui s^est fait connaître comme écrivain par son Exposition des principes du gouvernement républicain tel qu'il q été perfectionné en Amérique y un vol. in -80, publié à Paris en 1833; Letizzia, né en 1802, mariée au comte Pepoli , est aussi distinguée par sa sagesse que par sa beauté. Cette beauté était accompagnée d*un tel charme que la vue de la princesse a souvent calmé Thumeur de la populace napolitaine, qui ne cessa jamais de regretter les Bourbons; Lucien-Charles y né en 1805; Louise- Julie-Caroline, née en 1805, aimable comme sa sœur, mariée au comte Kasponi de Kavenne.
JtaÔHE, comte de Montfort, né en 1784, épousa en 1803, étant mineur et sans Tautorisation de sa famille, à Baltimore, M"« Patterson; mais son mariage n^ayant pas été approuvé, il y renonça en 1807 et prit pour épouse Catherine de Wurtemberg , excellente et vertueuse princesse. De son mariage avec H"« Patterson Jérôme a un fils, Jérôme Bonaparte, seul homme de cette famille qui en porte le nom. L*ex-reine de Westphalie, feu la princesse de Montfort, eut toujours pour ce fils de Tépouse qui Tavait précédée le plus tendre attachement, et ne négligea rien , non plus que le comte de Montfort , pour fixer ce jeune homme en Italie; mais Jérôme Bonaparte, dont Tesprit et le jugement sont d*une égale supériorité , a préféré son titre de citoyen américain à ceux que pourrait lui obtenir, sur le vieux continent, le reste de crédit dont jouit encore sa famille paternelle ; il aime Tindépendance , le travail, et s*est créé par le commerce, auprès d*une jeune personne de Boston ou de Baltimore quMl a épousée, une fortune qui ne lui rappellera ni les larmes des rois, ni le sang des peuples. Les enfants de Jérôme et de Catherine de Wurtemberg sont : Jérôme, officier aux gardes du roi de Wurtemberg, son oncle, et qui a. Tan passé (1843), excité un instant Tattention de TEurope par son différend avec le général de la Roche-Pouchin. Les deux champions s*étaient donné rendez-vous à Marseille, où un duel sanglant aurait eu lieu, sans rintervention delà police; Mathilde mariée au comte Bemidoff, et Napoléon (ro/. Jébômk, roi de Westphalie ).
Au moment où nous écrivons, nous apprenons que le prince Jérôme Bonaparte vient de quitter précipitamment Florence. Après avoir longtemps
occupé Tun des plus beaux palais de cette ville, où il tenait autrefois une sorte de cour, Texroî de Westphalie vint habiterla campagne après la mort de sa femme, la vertueuse princesse de Wurtemberg. Ce fut à cette époque qu*il maria sa fille, la belle princesse Mathilde, à M. Bemidoff. n vendit ensuite sa maison de campagne et vécut de nouveau très-retiré à Florence, dans la maison de la marquise Bartolini, dont la liaison avec le prince est , selon Topinion générale, consacrée par un mariage secret. On attribue le brusque départ du prince à des embarras financiers auxquels il lui serait impossible de faire face en ce moment (juillet 1844).
Tous les mâles , dans la famille Bonaparte, portent le nom de Napoléon^ joint à d'autres noms patronymiques, depuis Télévation de Napoléon, empereur des Français.
JostPBiiiB, première femme de Napoléon Bonaparte, et ensuite impératrice des Français, aura , sous ce nom , un article particulier, f^of . aussi , outre les renvois indiqués plus haut , Bbauhabiiàis , Edgèhi ( prince ), Fesch , Clâbt. C«m db Bbadi. (Mod.)
BON AVENTURE (Saifit), cardinal, évéquc d'Albano, et docteur de FÉglise, naquit, en 1221, à Bagnarea en Toscane. Il se nommait Jean de de Fidenza, du nom de son père. Saint François d'Assise le rencontrant un jour, s'écria, prévoyant ce qu'il devait être dans la suite : 0 Theureuse rencontre ! O buona ventural Ce nom lui demeura. A l'âge de vingt et un ans, il reçut l'habit religieux des mains d'Haymor, général des franciscains. On l'envoya aussitôt achever ses études dans l'université de Paris, sous le célèbre Alexandre de Haies, auquel il succéda deux ans après, malgré son extrême jeunesse. Il occupait encore cette chaire, en 1256, lorsqu'il fkit élu général de son ordre, dans un chapitre qui se tint à Rome. Sa douceur et sa prudence ne contribuèrent pas peu à apaiser les divisions intestines que trop de sévérité d'une part, trop de relâchement de l'autre, avaient amenées dans l'ordre; en peu de temps le calme fut rétabli, et la régularité régna de nouveau. Quelques années après, le pape Clément lY lui proposa l'archevêché d'Tork, qu'il refusa modestement. Clément IV mourut en 1268. Les cardinaux réunis à. Yiterbe, ne pouvant s^accorder sur le choix d'un successeur, convinrent, après trois ans de vacance, de remettre leur pouvoir à six d'entre eux, et de reconnaître celui qu'ils éliraient. Bonaventure, quoiqu'il ne fit pas partie du sacré collège, sut faire tomber les suffrages sur Thibaud, archidiacre de Liège, qui était alors en
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Palestine. Le ûoUTeau pontife, qui prit le nom de Grégoire X, ne fut pas plus tôt à Rome qu*il nomma Bonaventure à TéTéché d*Albano, et qu*il le força d*accepter la dignité de cardinal. Il remmena ensuite au concile général qu*il avait convoqué à Lyon, pour la réunion de l*Églîse grecque. L*évéque d*Albano y prononça le discours d*ouverture. 11 Ait chargé aussi de tenir des conférences avec les députés grecs, pour aplanir les difficultés de la réunion. Gagnés par Taménité des manières du saint prélat, et convaincus par la solidité de ses raisonnements, les députés acquiescèrent à tout ce qu*on exigeait d*eux. En réjouissance de cet heureux succès, le pape célébra lui-même, le jour de saint Pierre et de saint Paul, une messe solennelle, dans laquelle, pour la première fois, TÉvangile et le symbole furent chantés en grec et en latin. Saint Bonaventure ne jouit pas longtemps du fruit de ses travaux ; il mourut, pendant le concile, au mois de juillet 1974. — On compte parmi les œuvres du saint docteur des commentaires sur rÉcriture sainte, des sermons et des panégyriques, des commentaires de théologie sur le Maître de sentences, un grand nombre d*opus* cules sur divers sujets de piété. On en a publié plusieurs éditions, entre autres, une à Rome, en 1588, en 8 vol. in-fol., une autre à Venise, de 1751 à 1756, en 14 vol. in-4o. « Les ouvrages de saint Bonaventure, dit Tabbé Triihème, surpassent tous ceux des docteurs du même siècle par leur utilité, si Ton considère Tesprit de charité et de dévotion qui y règne. Le saint docteur est profond sans être diffus, éloquent sans vanité... Quiconque veut être savant et pieux doit s*attacher à la lecture de ses ouvrages. » L*abbé C. Bandkvillk.
BOKCHAMP (Chaelxs-Mblcbiob-Ahtbiis, marquis Di), l*un des meilleurs généraux vendéens, Issu d*une maison très-ancienne, naquit au diâteau du Crucifix, province d*Anjou, en 1760, et fit ses premières armes dans la guerre d*indépendance d* Amérique. De retour en France, il était devenu capitaine, lorsqu*il se crut obligé de donner sa démission en 1791. Quoique bien convaincu que les guerres civiles ne donnent point de gloire, il accepta le commandement que lui déféraient les insurgés de TAnjou, et il dirigea avec talent et courage les mouvements des Vendéen^. Rarement il sortait d*un combat sans être blessé : à Tattaque de Nantes il eut le coude fracassé. Mais sa^ prudence égalait sa bra- Toure : elle le rendit même suspect aux chefs des Vendéens, jaloux des rares qualités de Bonchamp et qui Taccusaient souvent de tiédeur. A
Tattaque de Chollet, 17 octobre 1703, Bonchamp fut blessé à mort, et en expirant cet homme généreux sauva la vie à 4,000 prisonniers républicains. On a vu exposé au Louvre, en 1835, le monument qui lui a été élevé près du champ de bataille, dans Téglise de Saintr Florent. j. h. Schnitzlbb.
BONDE. C'est, à proprement parler, l'ouverture circulaire pratiquée sur le flanc d*un tonneau par laquelle on le remplit. On appelle bondon le cOne tronqué avec lequel on bouche la bonde. — Les boudons se fabriquent en bois de chêne, coupé de façon que ses fibres sent parallèles au diamètre du cône, ou, pour s'exprimer comme le vulgaire, les boudons sont faits en bois de travers, car Texpérience a fait connaître que les liquides filtrent à la manière de la sève à travers les bouchons qui sont en bois defti,— On fait les bondons avec de vieilles douves ou avec des bûches de chêne que Uon plonge dans Teau pour les amollir; on les débite ensuite en petits carrés, puis on les ébauche, et on termine le bondon sur le tour à points.
On appelle aussi bonde une rigole qui traverse la chaussée d'un étang et qui sert à en faire écouler les eaux quand on veut le pécher ; elle se lève avec une vis ou des leviers. La pièce de bois qui ferme la bonde s'appelle paie. — Par analogie, on dit, dans le sens figuré, mais dans un style, sinon trivial, du moins très -familier : Lâcher la bonde à ses soupirs, à ses larmes, à ses pas* sions, pour dire les laisser s'exhaler, les laisser couler, ou agir en pleine liberté. Dict. Conv.
BONER (Ulbich), le plus ancien fabuliste allemand, vivait à Berne , dans l'ordre des frèires prêcheurs, vers la première moitié du xiv« siècle. Il écrivait à cette époque de transition qui sépare les Minnesinger de la poésie chevaleresque, et nous a laissé un recueil de fables intitulé :,to Pierre précieuse, qui se distingue par la pureté du langage et par un style pittoresque, riant et plein de naïveté. Bodmer et Eschenburg ont publié ces fables, et Benecke de Gcettingue a fait paraître un travail précieux sur le texte de Boner, accompagné d'un vocabulaire (Beriin, 1816). x.
BONHEUR. Le bonheur est un état continu de rame jouissant d'un plaisir inaltérable quand ses désirs sont en rapport avec ses facultés. Au reste, on ne saurait en donner une définition qui satisfasse tous les esprits; car la diversité des goûts et des caractères y trouvera toujours à redire, et dans un siècle d'individualisme, tel que le nôtre , les dissentiments ne manqueront pas sur ce sujet. Les uns font consister le bon-
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beur en de vives gensations, dans la libre jouisiance de tous les plaisirs du luze; les autres dans la considération publique, les honneurs et les dignités ; ceux-ci le placent dans la médiocrité dorée, dont parle Horace; ceux-là dans la piété sincère ou dans le bien-être limité de la /amiUe. On ne saurait saisir toutes les nuances de pensées que le mot de bonheur renferme : elles sont presque aussi variées que les imaginations et les individus.
Le bonheur est le but des sciences morales, religieuses et politiques; il touche h toutes les questions; il a été chanté sur tous les modes; il est le foyer des inspirations poétiques, le terme où tendent sans cesse nos pas et nos vaux. Chose singulière! on ne parvient guère à faire comprendre ce qu'il peut être ici-bas que par des négations, c'est-à-dire en retraçant ce qui nous rend malheureux ; il semble qu'un bonheur complet soit une impossibilité dans ce monde. En effet, une des causes eertaines de notre malheur c'est déjà de nous exagérer le bonheur auquel il est permis d'atteindre sur la terre ; les peintures poétiques, les fictions; les livres de philosophie même, nous font déi peintures d'une félicité séduisante, variée, enivrante, et quand nous retombons dans la réalité des choses nous sommes tout étonnés de voir si peu de rapport entre ce qui est et ce que nous souhaitons. Il faut savoir se limiter; la justesse de l'esprit est la première condition de notre bonheur terrestre. Ainsi la connaissance du cœur humain , ses faiblesses , les mécomptes auxquels il expose dans la vie, sont une nécessité de l'éducation première. Peutêtre serait- il bon d'enseigner à la jeunesse la vie et la réalité; l'idéal doit descendre vers le réel et, pour ainsi dire, lui tendre la main. L'homme entre alors dans le mopde avec des idées plus justes et plus certaines ; il va plus droit à un but qu'il s'est proposé; il sait, autant que possible , dédaigner le ftiux éclat; le bonheur intime et de réflexion est toujours le plus sûr, c'est celui qui nous abandonne le moins, le plus désirable et celui qui donne le plus de dignité à rhomme. Mais, il Ijpiut bien le dire, ce^ lui-là seul ne suffit pas ; le bonheur dépend des fiiits extérieurs et de la santé ; l'homme n'est pas maître de régler lui-même ces accidents.
Les idées religieuses sincères, profondes, sont de puissantes consolations; elles ont des soulagements délicieux, de douces larmes, et créent en quelque sorte un bonheur au sein du malheur même. Mais la résignation qu'elles conseillent ne doit pas dégénérer en un mysticisme inerte : cette apathie rê?euse est contraire aux lois de
l'humanité , qui sont celles de la Providence. L'homme est né pour l'action et le travail, qui sont deux garanties de vertu : l'esprit occupé, actif, est rarement vicieux; la rêverie sans but et sans direction utile est funeste. G. Dkouihb^u.
BONIFAGE. Indépendamment de saint Bonifàce dont il sera question plus bas, ce nom a été porté par différents autres saints personnages, tels que saint Bonitace de Tarse au iv« siècle; saint Boniface, évêque de Carthage, au v»; saint Bonifiée, évêque de Ferento, vers le milieu du vi« , etc. U appartient eneore à neuf papes dont plusieurs méritent une mention particulière ; mais nous pouvons passer sous silence Bo- 11 IFAOB m (606-607), BoiTiFACS IV (607-€ri5), Bo- RifACK Y (617-635) et BoifiFACB VI (806).
Boiiiràcx î- fut élu pape en décembre 41 S, après la mort de Zosime. Un parti opposé, protégé par le préfet Symmaque, nomma dans le même temps l^archidiacre Eulalius. Informé de ce^ schisme , l'empereur Honorius ordonna aux deux conlendants de s'abstenir de toute fonction et de sortir de Rome, jusqu'à ce que l'afiisiire eût été jugée par un concile qu'il venait de convoquer à Eavenne. Boniface obéit, et les évêques jugèrent en sa faveur; Bulalius refdsa, et sa cause fut réputée mauvaise. On le déclara intrus et on le chassa de Rome. Resté paisible possesseur du saint-siége, Boniface gouverna sagement et termina à son gré la contestation qui s'était élevée entre lui et le patriarche de Constantinople, au sujet de la juridiction sur les églises d'Ulyrie. Il mourut le 35 octobre 433. Saint Augustin lui avait adressé ses quatre livres en réponse aux deux lettres des Pélagiens» Quelques factieux vouhirent, après la mort de Boniface, rappeler Sulalius; mais Eulalius refusa de quitter sa retraite.
BoHirACi n, Romain, élu pape au mois d'octobre 530, succéda à Félix IV. Il eut pour concurrent Dioscore qui mourut quelques jours après et fit évanouir ainsi la crainte d'un schisme. Boniface condamna la mémoire de Dioscore; mais il reçut à sa communion ceux qui l'avaient nommé. Il convoqua les évêques de la métropole et tout son clergé, les obligea par serment de lui donner le diaêre Vigile pour successeur, et en fit dresser acte. Cette convention excita des réclamations générales et fut anéantie, après quelques délais et quelques hésitations. Boniface II mourut le 8 novembre 533 et n'eut pas Vigile pour successeur immédiat. On a de ce pontife Epiitola ad Cœsarium Jrêlatensem, dans le recueil de dom Constant.
BoaiFAGs VII , Romain » élu pape en 074 , 4«i
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vivant de Benoit YI, malgré son intrusion, n'en est pas moins compté parmi les papes légitimes. Accusé d'avoir eu part à la mort de Benoil VI, il fut chassé de Rome ; mais il y révint après la mort de Benoit YII, et trouvant le siège occupé par Jean XIV, Il le fit jeter en prison, où il mourut de faim et de misère. Boniface VII mourut subitement en 985. Son cadavre fut mutilé, percé de coups de lance, et exposé devant la statue de Constantin.
BoniFAGi VIII (BenoU Cc^jeUmU d'Anagni, monta sur la chaire de Rome en 1994. Après avoir étudié le droit, il devint successivement chanoine de Paris et de Lyon, avocat et notaire du pape à Rome, eardinal de la création de Martin IV, légat en Sicile et en Portugal, négociateur auprès de quelques souverains, arbitre entre le roi de Sicile et le roi d'Aragon, entre Philippe le Bel et Edouard 1^. L'abdication de Célestin V eut lieu le 14 décembre 1394, et dix jours après il fut lui-même élu pape à Naples,
Après la mort de Célestin, dix mois après, Boniface commença par excommunier les Colonne et se fit installer avec une magnificence et un foste qu'on n'avait point encore vus. U est vraisemblable qu'il se servit le premier dans cette cérémonie de la triple couronne appelée le triregno. l\ ne tarda pas à lancer l'excommunication contre les Siciliens qui refusaient de lui rendre hommage et qui couronnèrent Frédério. Les rois de France et d'Angleterre ne voulant pas s*en rapporter à sa médiation, sans la participation du roi des Romains, Boniface ordonna qu'il y aurait trêve entre eux ; mais elle ne fut point acceptée. En 1396 il fulmina la fameuse bulle Ciericiê laïcoê, dans laquelle il établissait en principe qu'aucun ecclésiastique ne peut être imposé sans le consentement du saint-siége. Le clergé d'Angleterre applaudit; celui de France garda le silence. Philippe le Bel et les barons étaient résolus de ftiire résistance* Boniface s'en aperçut et sembla se relâcher un peu de ses.prétenlions, en ratifiant la levée de quelques décimes sur le clergé, par ses bulles Bomana mater, et Coram illo, et en canonisant saint Louis, par sa bulle du 1 1 août 1397.
Malheureusement l'affaire de l'évèque de Pamiers détruisit les espérances de paix que l'on pouvait concevoir. Cet évêque avait tenu des propos injurieux contre Philippe : le roi le fit arrêter; le pape réclama le prisonnier comme étant son justiciable et adressa en même temps au roi la buUe Juêculta ftU, dans laquelle il développa avec hardiesse les principes sur les^ quels il fondait la souveraine puissance, et une
autre qui commençait ainsi : Scire te volumuê, quod in apiriittalibus et temporalibuB nobis aubes, Philippe ordonna, en présence des grands et des prélats assemblés, que la bulle AuectUia flli serait brûlée publiquement. Le mauvais exemple du roi encouragea la médisance , et il n'y a point de crimes qu'on n'ait reprochés à Boniface. On ne s'arrêta pas là ; il fut décidé qu'un concile général serait convoqué à Lyon et que Boniface / serait jugé et déposé; en attendant, le roi et la nation se rendaient appelants des bulles du pape. Boniface répondit à bes menaces par la bulle Unam eanctam, dans laquelle il disait : « Quiconque résiste à la souveraine puissance spirituelle résiste à l'ordre de Dieu, à moins qu'il n'admette- deux principes, et que, par conséquent, il ne soit manichéen. •
Philippe, de son côté, osa chasser les messagers du pape qui portaient la bulle d'excommunication, et envoya citer Boniface au concile de Lyon. Le S septembre 1S05 Guillaume de Jîogaret, avocat du roi, et Sciarra-Colonne, à la tête de 300 chevaux et de quelques compagnies de gens de pied, entrèrent dans Anagni aux cris de Meure le pape Boniface! vive le roi de France! Bonifoce, surpris et consterné, s'écria : « Puis- • que je suis trahi comme notre Sauveur Jésus- « Christ pour être mis à mort, je veux au moins t mourir en pape. » Aussitôt il se revêt de ses habits pontificaux et s'assied dans sa chaire. Cet appareil n'en impose point à Nogaret, qui ose s'avancer et lui intimer l'ordre de le suivre à Lyon : « Je me consolerai aisément, répond le « pape, d'être condamné par des Patarins. «Colonne, outré de colère, charge Boniface d'injures et s'emporte même, dit-on, jusqu*à le frapper à la joue avec son gantelet. D'autres versions attribuent cet acte de violence à Nogaret. On s'empare de la personne du pontife et on le retient prisonnier dans son propre palais. Quatre jours après, les habitants d'Anagni courent aux armes, en criant : yive le pape ! meurent les irai" très! Ils délivrent Boniface, qui se fait transporter k Rome, où, au bout d'un mois, il meurt d'une fièvre continue, le 11 octobre 1303.
Boniface avait hasardé beaucoup d'entreprises. Il fit prêcher une croisade, il imposa des contributions sur le clergé, il institua le jubilé séculaire en 1500, il excommunia ceux qui em^ péchaient le voyage de Rome, sans excepter le roi. Du reste, il était très-savant dans le droit, et il recueillit, en 1398, le sixième ll?re des décrétales appelé le Seste. On lui attribue quelques opuscules.
BoifiTAGi U {Piètre Tom^tcelU), Napoli-
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taîti, moula sur le saint-siége après la mort d*Urbain VI, !e 2 novembre 1389, et il eut pour compétiteurs à Avignon Clément YII et Benoit XIII. Il établit les annales et répandit beaucoup de grâces et de provisions. Il célébra le jubilé en 1400. Comme ses concurrents d'Avignon, il chercha à mettre fin au schisme, et sut se maintenir sur la chaire pontificale. Il mourut en 1404, et fut enterré dans Téglise de Saint -Pierre, où son tombeau est orné d'une épitaphe splendide. On lui attribue des épitres et des constitutions. J. Laboudkeib. iod. BONIFACE (Saint). Cet apôtre de la religion chrétienne ne laisse point que d'avoir de l'importance. Il naquit en Angleterre dans la petite ville de Rirton , au comté de Bevonshire, vers l'an 680, et y reçut le baptême sous le nom de Winfrid ou Winfreth, qu'il échangea dans la suite en celui de Boniface. Son goût pour la vie ascétique se manifesta de bonne heure. Encore dans l'adolescence, il se confina, au grand regret de son père, qui cependant y consentit, dans le monastère d'Escancastre, où il resta treize ans, si bien mis à profit par le jeune solitaire qu'il professa la théologie, l'histoire et la rhétorique dans le monastère de Nutrell, où il entra immédiatement : ce fut là qu'à trente ans il fut promu au sacerdoce. Bans leur synode de Westsex ou des Saxons occidentaux, les évéqiies, qui l'avaient présenté à leur roi Tna, depuis descendu volontairement du trône dans le fond d'un monastère, ne crurent rien faire de mieux que de s'en rapporter à ses lumières. — L'an 716, Winfrid laissa les côtes d'Angleterre, et vint dans la Frise pour y porter la parole de l'Évangile. Radbod, roi de ce pays, et demi-idolâtre, alors en guerre avec Charles Martel, reçut mal le missionnaire, qui retourna dans la Grande-Bretagne, où il fut élu abbé de son monastère. En 718, il se rendit à Rome près du pape Grégoire II, qui lui donna à^h lettres apostoliques pour prêcher la foi dans toute la Germanie, dont le cruel Irminsul et la sanglante Hertha étaient encore en partie les divinités. Accompagné de pèlerins anglais et romains, il quitta lltalie pour répandre les eaux du baptême jusque dans les fbrêts des Bruides. Ala mort de Radbod, Charles Martel éUnt maître de la Frise, Winfrid repassa dans cette contrée, où il ne cessa de prêcher pendant trois années, puis il entra dans la Hesse, convertissant le peuple, entre autres deux jeunes seigneurs qu'il arracha au culte des idoles : ces deux frères s'appellaient Bietdic et Biérolf. Je les nomme ici parce que ces deux catéchumènes ayant donné au saint, pour prix de ses soins
apostoliques, leur terre d'Omerburchl, Boniface y éleva un monastère, qui dans la suite devint la ville de Marpurg. — En 725, Grégoire II l'appela à Rome, où il le sacra évêque : c'est à cette cérémonie qu'il changea son nom saxon de Winfrid en celui de Bonifoce, qui était plus romain. Il reçut du pape un recueil de canons pour son second apostolat. Ce fut par Grégoire III qu'il se vit honoré du pallium, insigne de la dignité archiépiscopale, dont ce pontife l'investit. En 738, à son troisième voyage à Rome , il fut nommé par ce pape légat du saint- siège en Allemagne. Sa juridiction apostolique s'étendait sur toute la Germanie : archevêque sans siège fixe, on eût pu l'appeler emphatiquement Varehevêque du Nord. La Bavière fut particulièrement le théâtre de ses prédications; il divisa ce pays en quatre diocèses, celui de Saltzbourg, de Freisingen et de Ratisbonne : celui dePassau existant déjà. Il établit ensuite l'évêché d'Erfurt pour la Tburinge, celui de Baraboug, transféré depuis à Paderborn, pour la Hesse; celui de Wurtzbourg, pour la Franconie, et celui d'Eichstoedt, dans le palatinat de Bavière.— Après la mort de Charles Martel, Carloman, son fils et son successeur, d'accord avec le pape Zacharie, confirma Boniface dans sa puissance épiscopale. Cet archevêque avait tant d'empire sur ce roi que ce fut d'après ses saintes exhortations que, dégoûté da trône, il alla sur les cimes solitaires du Soracte s'ensevelir dans un monastère qu'il y fonda. Après la réclusion de Thierri, fils du dernier roi mérovingien, dans un cloître. Pépin le Bref crut «jouter à sa puissance et à l'éclat de sa couronne en se faisant sacrer à Soissons par Bonifiée, qui, à son tour, fut élu par Pépin à l'évêché de Mayence^ Zacharie confirma cette élection ; de plus, il assujettit à la métropole de Mayenceles évêchésde Tongres, dlJtrecht, de Cologne, de Worms, de Spire et tous les évêchés d'Allemagne que le saint avait érigés, ou qui étaient auparavant sous la métropole de Worms. Ses pouvoirs de légat en Germanie s'étendaient aussi dans les Gaules; dans le cercle du Haut-Rhin, il fonda une abbaye à Fulde; il en établit à Fidislar, à Uamelbourg, à Ordorf : la plupart furent les commencements de villes célèbres. — Emporté par sa vocation d'apôtre, avec le consentement du pape, il céda son évêché de Mayence à saint Lulle, moine de Malmesbury, son disciple, et partit pour achever la conversion de la Frise, toujours attachée au culte antique des arbres et des fontaines. C'était en pleine campagne et sous des tentes qu^ll baptisait et confirmait la foule des néophytes, trop considérable pour tenir dans les églises ; ce
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champ 8*âppelle aujourd'hui Bockum, près de la petite rivière de Bordne. Des barbares de cette coDtrée alors demi-sauvage, plus furieux que les flots qui se brisent sur leurs côtes, fondirent un jour tout armés sur la tente de Boniface, qu'ils massacrèrent et avec lui Tévéque Eoban, trois prêtres, trois diacres et quarante catéchumènes. Ces hommes avides crurent en pillant la tente de Tapôtre y trouver de Tor et des vêtements magnifiques; des livres de piété et un drap de toile de lin, que le saint, dans le pressentiment de son sort, avait apporté pour Tensevelir, furent tout le butin qu'elle cachait. — C'est ainsi que le 5 juin, en 755, cet apôtre termina, à Tâge de soixante et quinze ans, une carrière bien remplie et honorable. Boniface avait tenu près de huit conciles; on a de lui trente-neuf lettres, des canons et des homélies ; il composa aussi un livre,' De Vunité delà foi, qui est perdu. X.
BONIFACE (DtTROiT Di). U sépare la Corse et la Sardaigoe; entre les pointes les plus rapprochées des deux Iles il n'a que deux lieues trois quarts de largeur. Sur ce détroit est située la ville de Boniface ou Bonifacio, dans une petite péninsule à l'extrémité de la Corse. C'est une phice de guerre et le siège d*un tribunal de commerce. Bonifacio, éloignée d*Ajaccio de 17 lieues, a un port profond et sur, mais dont l'entrée est diff cile. Sa population est de 2,500 âmes. Dxrpine.
BONN, ville du distrit de la régence de Cologne, dans la province prussienne de Juliers, Clèves et Berg, sur la rive gauche du Rhin. Bile a 13,000 habitants, 4 églises catholiques, parmi lesquelles on distingue la cathédrale et l'église Saint-Martin, et, depuis 1817, une église protestante. Bonn est le siège d'une direction supérieure des mines. Cette ville possède* une université, un gyomase et trois écoles élémentaires. L'académie de Léopold des naturalistes, fondée en 1651, et qui publie des Éphémérides depuis 1670, fut transférée en 1808 à Bonn, où se forma aussi en 1818 la Société du bas Bhin, pour l'histoire naturelle et la médecine. Parmi les édifices de Bonn nous citerons, comme dignes de remarque, l'hôtel de ville et la place romaine avec un monument ancien. Les fabriques en coton, soie, vitriol et savon méritent d'être mentionnées; le commerce est principalement entre les mains des juifi, qui habitent une rue particulière.
Bonn, appelée par les Romains BonOt fut originairement un de ces forts qu'ils établirent sur plusieurs points de l'Allemagne. Détruit au rv« siècle et relevé ensuite par l'empereur Julien, il
fut successivement assailli par les Huns, les Francs, les Saxons et les Normands. En 94*2 un grand synode se tint à Bonn. En 1673, les Français s'y soutinrent contre les Hollandais, les Espagnols et les Autrichiens. Après un violent bombardement, la ville fut prise en 1689 par le grand électeur; mais ce fut en wain que Cœhorn et Marlborough l'assiégèrent en 1703. Les fortifications successivement ajoutées au simple mur d'enceinte dont elle avait été revêtue en 1340 furent presque entièrement démolies en 1717, et de leurs débris fut construit sur le même emplacement le château électoral.
Bonn possédait depuis 1786 une université qui, en 1801, sous la domination française, fut fermée et convertie en un lycée. La fondation de l'université rhénane â Bonn, par le roi de Prusse, eut lieu le 18 octobre 1818; il lui fut alloué sur les caisses de l'État une somme annuelle de 85,533 écus, jointe â ses propres revenus, montant à 3,781 écus; 4,150 écus sont employés annuellement pour l'entietien de la bibliothèque. L'ancien château électoral, qui fut donné à cette université et restaurée grands frais, forme run des plus beaux édifices universitaires que l'on connaisse en Europe. Il contient les cinq facultés, une bibliothèque de plus de 60,000 volumes, un musée d'antiquités, une collection de plâtres des meilleurs morceaux de sculpture ancienne, un cabinet de physique et une clinique médicale d'une vaste étendue et parfaitement organisée. L*université doit aussi â Ja libéralité du défunt roi un amphithéâtre d*anatomie, une école d'équitation, et l'ancien château de plaisance de Poppelsdorf nouvellement restauré, où sont renfermées les collections zoologiques et minéralogiques. Devant le château se trouve le jardin botanique, ainsi que les édifices et les terrains destinés â l'institut économique. On a destiné â Tobservatoire l'ancienne douane, local célèbre dans toute l'Allemagne par ses points de vue ravissants. Le gouvernement prussien a de plus établi â Bonn une imprimerie pour la langue sanscrite, sous la direction de H. Auguste-GuHlaume de Schlegel, chargé en même temps de la surveillance du musée d'antiquités germaniques et romaines qui a été enrichi par de nombreuses fouilles entreprises sur les lieux. L'université de Bonn se compose de 50 professeurs; parmi les cinq facultés, il y en a deux de théologie, l'une pour les catholiques, et Tautre pour les protestants. Le nombre des étudiants est de plus de 900. Voir les Annales de l'université rhénane prussienne , en allemand. GOHV. Lbxigofi.
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BomiB-ESPÉRANCS (gap de), territoire de TAfrique méridionale qui prend son nom d*un cap situé à son extrémité sud-ouest et s^étend entre les 29o 53' et S4o W de latitude sud et les 14» SO' et 35* de longitude est. Il est borné au nord et au nord-est par la Hottenlotie^ à Test par la Cafrerie, au sud par TOcéan méridional et à Touest par rocéan atlantique. Il a environ 970 lieues dans sa plus grande longueur de Touest-nord-ouestàTest-sud-est, 58 à 160 lieues de large, et 19,000 lieues carrées de superficie. Sa population, diaprés un recensement ftiit en 18â9, 8*éièye à 129,000 Individus, tant blancsque Hottentots et Cafres, dont 35,510 esclaves et 25,850 Hottentots. Peu de contrées offirent un aspect plus varié que celle-d. Elle est traversée par trois principales chaînes de montagnes qui se dirigent presque parallèlement de Touest â Test. Au nord s'élèvent les monts Koggevelds et Nieuwevelds, les plus hautes montagnes de TA** frique méridionale, et plus au sud les Bokkeveids, Içs Lange-Kloof et les Ztvartebergen. Les pics les plus remarquables de ces montagnes sont le Kompasberg (5,048 mètres au-dessus du nivead de la mer), le Komberg (2,446 mètres)^ le Tafelberg (montagne de la Table, 1,165 mè-* très) et le Rœpelberg. Il y existe aussi de vastes plaines couvertes de pâturages en hiver, mais entièrement stériles en été, et qui ont reçu le nom de karrou. Des différentes chaînes de montagnes découlent un grand nombre de rivières, dont les plus considérables sont : la Groote Visch-rivier, la Camtoos, la Gaurits, formée de la grande et de la petite Gamka ; la Zondags, 1*011pbants-rivler, la grande et la petite Doom, la Breede-rivier, la Sack, la Visch-rivier, la Riet, la Tau, etc. Le climat du Cap, d'ailleurs très^ agréable, est sujet à de graves inconvénients. Par une ftitalité particulière tout est inondé dans la saison pluvieusç, lorsque dans la saison sèche il pleut à peine un Jour. Il souffle aussi à cette époque un vent de sud-est que Pon peut comparer au sirooo de nos contrées méridionales et qui est accompagné d*une poussière et d'une chaleur dont il est difficile de se garantir. Dans la ville du Cap le thermomètre s'élève souvent en été à 57o (centigrade) au-dessus de 0. Le sol y est en général fertile; cependant sur environ 4,000 lieues de terres arables il y en a tout au plus 450 de cultivées. Un voyageur moderne (M. Barrow) dit que les sept dixièmes du territoire entier, sans parler des parties entièrement incultes, sont privées de toute espèce de verdure pendant la majeure partie de Tannée* Ses principales productions consistent en froment d*une
très^bonne qualité^ orge, avoine, ehanvré, liiit coton, café, tabac, vins estimés, et entre autrea celui de Constance; figues, abricots, oranges, dattes, olives, noix de coco, aloès, cire végétale^ melons, concombres, grenades, eto< La province occidentale est particulièrement propre à la culture des grains et de la vigne, tandis que rorientale n'offre guère que de vastes pâturages^ C'est sur ce caractère physique qu'est fiondée la grande division du pays. Le mûrier blanc y atteint le plus haut degré de perfection. Au nombre des arbres à fruits kidlgènes sont : l'arbre A pain, le châtaignier, l'amandier et le prunier sau" vage. Le bois de construction y eit rare. La iMta* nique de cette partie de l'Afrique est d'ailleurs ex* trèmement brillante, et il n'existe peut'^ètre dans aucune partie du globe des plantes et des fleura aussi remarquables par Téléganoe des formes et la beauté des couleurs. On y élève de nombreux troupeaux de gros bétail, de moutons à grosses queues, de chèvres, de porcs, des chevaux d'une assez bonne race , et toutes espèces de volaille, comme dindons, canards, oies, etc. Les cOtés sont très-poissonneuses, et l'on pèche dans dif* férentes baies des baleines et des veaux marins. Le règne animal offre Ici des extrêmes presque dans tous les genres. Par exemple, on y volt réléphant et la souris à raies noires, la girafe et le petit zinnik ou viverra, haut de 5 pouces; la gaxeile de la plus grande espèce et le petit pygmée ou la gazelle royale, qui a moins de 6 pouces ; et parmi les oiseaux l'autruche et le grimpereau. Là habite aussi le monstrueux hip« popotame, ainsi que le rhinocéros bicorne. Sur trente espèces d'antilopes le Cap en possède dlx-^ huit. On y trouve également le Uon, le léopard, la panthère, différentes espèces de chats^igres, mais non pas le tigre rayé deTIndoustani le loup, la hyène, le chacal, etc. Le buffle peuple les bois, et le zèbre, accompagné du kouacha, quadrupède plus fort et d'une forme plus élégante enoore, y erre paisiblement parmi les troupeaux de gnous, singulier animal qui tient du bSMif , du cheval, du cerf et de l'antilope. Les montagnes servent de refuge à de nombreuses troupes de babouina. Les diverses espèces de serpents y sont très-com* munes. Enfin des myriades de sauterelles y eau* sent assez souvent les mêmes ravages qu'en Sénégambie. Les oiseaux sont très«nombreux. L'aigle, le vautour et le milan planent sur les montagnes. Le paon sauvage est non-seulement plus beau que celui d'Europe, mais il est encore exquis. Les perdrix, les faisans, les outardes de différentes espèces, les tourterelles, les pigeons, les piverts abondent dans toute la eoloaie. Oa j