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«enter à la diôte ie Francfort aisembUe pour donner un suoceiseur à Tempereur Maximilien. . ïrançoU I^^ s'était mis sur les rangs; Pamiral devait cbercher à lui gagner les voix des élec* teurs; mais ses folles dépenses, ses vivacités, son arrogance, indisposèrent contre lui la majorité, et, malgré les efforts de Télecteur de Trêves, dief de la faction frani}aise, rarchevéque de Mayence remporta, et Cbarles-Quint fut élu.
Honteux de cet éobec, Bonnivet craignait de reparaître à la cour; cependant à son retour le roi le reçut à bras ouverts et lui donna le com^ mandement de rurmée dirigée contre la Navarre; Tamiral s*empara de Footarabie,' mais les Sspa^ gnols ne tardèrent pas à reprendre celte place.
JusquMci Tamitié du roi pour Bonnivet n*avait eu aucune suite funeste pour la France; mais sa haine pour le connétable de Bourbon, forti^ée de celle de la duchesse de Savoie, mère du roi, amena tous les revers de François !«'. On sait que Louise de Savoie, d'abord protectrice dctBour^ bon, lui fit donner Tépée de connétable; mais que bientôt après, furieuse de voir ce prince méconnaître ses services et son amour, elle s'unit à Bonnivet, son plus grand ennemi. De concert avec M»« d*Angouléroe, celui-ci porta le roi à sévir contre le prince dans Taffaire de la trop fameuse conspiration, dont la découverte amena la retraite funeste de Bourbon. A cette époque (1525) François 1«', toujours en guerre avec Charles-Quint, se préparait à passer en Italie. Retenu en France , il envoya à sa place son fiivori qui, après quelques succès, repoussé de Milan, fut obligé de battre en retraite. Au passage de la Sesia il fut blessé et laissa le commandement à Bayard, qui fut tué en défendant les derrières de Tarmée (1534). Malgré ces revers, Bonoivet ne perdit rien de son ascendant sur son maître qui, Tannée suivante (1595), livra aux Impériaux„par les conseils de son présomptueux compagnon, la bataille de Pavie, où il perdit la liberté.
Ne voulant pas survivre aux désastres dont il était Tauteur principal, Tamiral alla chercher la mort dans le plus épais des bataillons ennemis.
L'excessive galanterie de Bonnivet est connue; il poussa la hardiesse Jusqu'à être le rival de son maître et le rival htureuk : bien plus, It roi le savait et ne l'en aimait pas moins. Bonnivet porta phis haut ses prétentions : il osa déclarer son amour à Marguerite, reine de Navarre, duchesse d'Alençoo, et aour du roi. Repoussé, il ne voulut pas s'avouer vaincu, et recevant un Jour la oour da«s son chAteau de Bonnivet, il s'introduisit la M^ pn une trappadius la chambre de la
princesse, qui, réveillée à temps, appela du soçours et seMéfèndit si bien qu'elle força l'entreprenant amiral de se retirer en emportant sur sa figure les marques de sa débite. La duchesse a donné elle-même les détails de cette aventure dans la !¥« nouvelle de VHepiameron, où elle la raconte sous des noms supposés. Hobault.
BÛNPLAND (Aint), élève de l'école de médecine et du Jardin des Plantes de Paris, accompagna, en 1790, M. A. de Humboldt dans son voyage en Amérique, et découvrit dans cette expédition scientifique plus de 6,000 nouvelles espèces de plantes. A son retour en France, il fut chargé de la direction du célèbre jardin de la Malmaison, magnifique création de l'impératrice Joséphine, qui n'a guère survécu, comme on sait, à cette excellente princesse, fiionpkind en a publié la description de 1813 à 1817 en 1 1 livraisons in^fbl, Il participa à la publication du célèbre f^oxage dans let régionM éguinostaies^ d'Al. de Humboldt. En 1818,11 se rendit en qualité de professeur d'histoire naturelle à Buenos- Ayres. Le !•' octobre 1820, il quitta cette capitale pour entreprendre une expédition scientifique au Paraguay en remontant le Parana; mais à Santa-Anna, sur la rive orientale du Parana, où il avait étabU des plantations de thé du Paraguay et fondé une colonie d'Indiens, il fut attaqué à l'improviste sur le territoire même de la république de Buenos-Ayres, par 600 soldais du dictateur du Paraguay, le docteur Francia {vqy, ce nom), qui l'emmenèrent prisonnier avec la plus grande partie de ses Indiens. Francia l'envoya dans un fort remplir les fonctions de médecin, et le chargea plus tard de la construction d'une route de commerce* Après une captivité de plus de 19 années, qui n'avait d'autre motif que le succès obtenu par ses essais de plantation de thé du Paraguay, et à laquelle difi'érents gouvernements européens tentèrent vainement à diverses reprises de mettre un terme par la voie diplomatique, M. Bonpiand a enfin obtenu la permission de quitter la singulière république fondée par Francia sur les débris du gouvernement encore plus singulier peut-être qu'avaient Jadis fondé les Jésuites. Après quoi, il se mit aussitôt en roule pour revenir en Europe. X.
B0N8TETTEN (Chabus- Victor m) naquit à Berne, en 1745, d'une riche fsmille patricienne, et fut envoyé da bonne heure au collège de sa ville natale. Mais les vieilles méthodes d'enseignement qu'on y suivait ne firent qu'amortir la vivacité naturelle de son esprit et lui inspiré^ rcnt bientôt un profond dégoût ppur le travail. U quitte le collège k l'Age de 15 ans. ai fut mis
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en pension à Yverdun, cbe< un de ses parents maternels. G*est à cette époque qu^ commença son éducation intellectueUe. Le premier livre qu'il lut avec intérêt fut la traduction d'Horace, par Dacier; le Spectacle de la nature, de Pluche, lui apprit à observer les objets qui Tenlouraient et le rendit sensible aux beautés de la nature; il étudia avec ardeur 1^ discours de Cicéron et puisa dans VÉmtle de Rousseau cet amour de Tbumanité et de la vérité, cet enthousiasme pour tout ce qui est beau et bon, qui formaient le fond de son caractère, et qu'on retrouve ft chaque page de ses écrits. En 1765 Bonstetten fit la connaissance personnelle de Jean-Jacques qui venait de s'établir à Yverdun; mais à peine fut-il admis dans l'intimité de cet homme célèbre que son père lui ordonna de se rendre à Genève. La rivalité déjà ancienne entre les patriciens et les plébéiens de celte petite république était alors au comble et se faisait jour par des mîHlers de brochures qu'on se lançait des deux camps opposés. Cette polémique, dans laquelle furent traitées les plus hautes questions de politique et de morale, répandit une masse de lumière jusque dans les dernières classes de la population , tandis que le puritanisme du clergé, qui avait banni toutes les réjouissances et même les représentations théâtrales, rendait les mœurs graves et réservées. Bonstetten ne resta pas étranger à la lutte générale : il se rangea sous le drapeau des démocrates et publia, dans les journaux, plusieurs articles qui obtinrent un grand succès 'et lui valurent Tamitié de Voltaire et de Charles Bonnet, qui, à cette époque-là, se trouvaient tous les deux à Genève. Le premier l'initia dans l'art d'écrire en français, l'autre lui enseigna les éléments de la métaphysique et de la psychologie, sciences qui, dès lors, devinrent les principales occupations de sa vie. En 1765 Bonstetten parcourut l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Angleterre. L'année suivante il vint passer quelque temps à Paris et se rendit de là en Italie dont il visita en détail les contrées les plus remarquables sous le rapport historique. Dès 1775 nous le voyons membre du conseil souverain de Berne, fonctions qu'il cumula plus tard avec celles de bailli du district de Gessnay. Dansées deux magistratures il déploya un grand zèle pour l'instruction primaire : il proposa à ses frais un prix pour une statistique scolaire de la Suisse, réforma un grand nombre d'écoles et en établit deux nouvelles. Ed 1787 il devint bailli de Nyon, et là il se liaavecles poètes Matthisson, Salisetll*"oFrédérique Brun, d'une amitié qui a pris place parmi
les plus illustres qui aient été formées sous les auspices des lettres. Bans la même ville il fit la connaissance du jeune Jean Muller qui s'était fait connaître avantageusement par quelques essais littéraires. Il devina en lui le grand historien qui devait un jour illustrer et sa patrie et l'Allemagne; et il contribua à le mettre dans une position indépendante, afin qu'il pût suivre librement sa vocation. Au commencement de la révolution helvétique. Bonstetten se retira à Copenhague auprès de son amie M»* Brun, et ne revint en Suisse qu'à la fin de 1801. Vers 1806 il se rendit pour la seconde fois en Italie, et, après y avoir séjourné quelques années, il se fixa à Genève où il est mort en 1833, à Tàge de 85 ans, emportant dans la tombe les regrets de tous ceux qui l'avaient connu.
Les ouvrages de Bonstetten sont écrits les uns en français, les autres en allemand. Nous en examinerons les plus importants et nous nous bornerons à donner les titres de ceux qui offrent un intérêt moins général. 1» JRechercltes sur la nature et le$ loi$ de l'imagination, Genève, 1807, 3 vol. in-8o (en français). 2° Études de l'homme, ou Recherches sur les facultés de sentir et de penser, Genève et Paris, 1831, 3 vol. in-S» (en français). C'est dans ces deux ouvrages que Bonstetten a consigné les principaux résultats de ses travaux philosophiques. Il appartient à l'école éclectique et ouvre, en quelque sorte, la série de ceux chez qui la pensée de l'éclectisme commence à paraître plus développé et plus expresse. Ayant senti de bonne heure l'inconvénient de la méthode qui assimile aux mathématiques la science de l'esprit humain et qui prétend en résoudre les questions comme des problèmes de géométrie, il la rejeta, pour y substituer celle de l'observation. Hais, au lieu de l'appliquer au monde extérieur, il la transporta dans le monde intérieur; il se replia sur lui-même et étudia son moi, à partir de l'époque où sa mémoire lui permit de saisir la manière d'être de ce moi et ses divers développements. Aussi les deux ouvrages que nous venons d'indiquer ne contiennent-ils aucune de ces hypothèses et de ces classifications arbitraires qui abondent dans les livres d'idéologie; mais une histoire de la vie intérieure de l'auteur, histoire incomplète, il est vrai, mais qui présente un grand nombre de faits psychologiques de la plus haute importance. Si l'on recherche avec soin la pensée qui y prédomine, on reconnaîtra que c'est surtout le désir de trouver aux sciences morales et métaphysiques un point de départ; et ce point de départ il le trouve dans la science de l'âme on la psychologie. L*aa-
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teur fait donc de la psychologie, mais il en fait selon sa méthode. Observateur recueilli, sincère et spirituel , il jetait les livres lorsqu*il se mettait à philosopher, et repoussait tous les systèmes. Selon lui, Thomme a deux espèces de sens : les sens externes et les sens internée. Les premiers serrent à lui transmettre Timage des objets extérieurs; les derniers lui procurent les impressions agréables et désagréables. Les principales facultés de Tâme sont Timagination et Tintelligence : celle-là suppose Faction réciproque des sens internes et externes, celle-ci la faculté de former des rapports entre les idées; et de là émane ce qu^on appelle la vérité. L*imagination consiste en trois espèces de sentiments, savoir : 1» le sentiment de nos besoins, qui tend à produire la jouissance; 3o le sentiment du beau, qui appelle \ lui telle sensation préférablement à telle autre et tel ordre de sensations préférablement à tel autre ordre, pour les combiner d*après les lois de rharmonie; S» les sentiments moraux. Tout sentiment produit par le sentiment d'autrui est un sentiment moral. Les sentiments moraux sont ou agréables ou désagréables, ou consonnants ou dissonants; ils ont leurs signes naturels qui sont parfaitement compris par le spectateur ou par Tauditeur, et c'est sur ces rapports organiques entre les sentiments du spectateur ou de Tauditeur et les signes naturels des sentiments de son semblable que repose Torigine du langage pris dans Tacceptioa la plus étendue. Le sens moral, souvent en opposition avec le sens du besoin , est en harmonie avec les grandes lois de rinlelligence, révélées à Thomme par la raison ; et c'est cette harmonie qui constitue la morale. La seconde feculté de Tâme est Tintelligencc ; ses fonctions consistent en plusieurs opérations successives, savoir : 1» percevoir les idées qui la frappent, S» les réunir, 3o les distinguer, 4» les comparer, et 5» tirer des résultats de la comparaison , c'est-à-dire former un jugement. — Après la psychologie et la morale, Tordre naturel des idées amenait la religion. L'auteur a suivi cet ordre : il a traité, dans un chapitre des Études, de Dieu et fie Timmortalité de rame , et ici encore son opinion n*est qu'une conséquence de sa psychologie. C'est en lui, dans sa nature, qu'il trouva les raisons qui le portaient à croire à ces deux grandes vérités. Ainsi Dieu existait pour lui parce que lui-même il existaîL L'homme en effet prouve Dieu ; mais non-seulement il le prouve , il sert encore à le connaître ou du moins à le concevoir. Selon Bonstetten, l'homme est l'image de Dieu aussi bien que son ouvrage; il y a de l'homme dans
Dieu, comme il y a de Dieu dans l'homme. Ce n'est pas l'essence, c'est seulement le degré qui fait la différence ; l'infini les sépare, mais ne les rend pas dissemblables. La cbnviction de l'auteur sur l'immortalité de l^âme n'était pas moins ferme, et cette conviction il la folt partager sans effort, car elle est chez lui un sentiment. En général on pourrait reprocher à Bonstetten de ne pas donner à ses preuves une forme assez scientifique et de traiter certaines questions plutôt en orateur et en poète qu'en philosophe ; mais son but était de se faire comprendre même par les gens du monde, de populariser, pour ainsi dire, la philosophie; et ce but a été complètement atteint par la faveur avec laquelle les deux ouvrages ont été accueillis. Les Recherches ont été citées avec éloge par la classe d'histoire et de littérature de l'Institut de France, dans son rapport de 1806 sur les progrès des sciences. 30 Voycige sur ta scène des six derniers livres de l'Enéide, suivi de quelques observations sur le Latium moderne, Genève, 1804, in-S^, avec une carte (en français). Cet ouvrage, dontle titre indique suffisamment le contenu, se distingue surtout par un style, plein de chaleur qui s'élève quelquefois à la hauteur de la poésie. Il en existe une traduction allemande. 4» L'homme du Midi et l'homme du Nord, Genève, 1824, in-8<» (en français). Dans ce petit écrit pétillant d'esprit, Bonstetten établit un parallèle entre les hommes vivant sous des climats opposés, et s'attache à prouver que le climat n'est point, comme l'avaient pensé Montesquieu et d'autres écrivains, la cause principale et presque unique des institutions études qualités morales des peuples. 50 La Scandinavie et les Alpes, Genève et Paris, 1826, in-80 (en français). Ce livre est un recueil de souvenirs du séjour que Bonstetten fit dans le Nord. Les grands tableaux, les traits de sensibilité, les observations ingénieuses ou profondes s'y succèdent rapidement, mais d'une manière si confuse qu'il n'y a ni ordre, ni méthode, défaut qu'on remarque souvent dans les ouvrages de Bonstetten. Ce dernier livre a pourtant obtenu un succès immense , qui doit être attribué, en grande partie, au charme qu'ont les compositions de ce genre pour les lecteurs qui ne recherchent que l'amusement. 6» et 7» Lettres de M, de Bonstetten à Matthisson, publiées par H, Fuesslî, Zurich, 1827, In-S»; Lettres de Bonstetten à Frédérique Brun, publiées par Frédéric de Matthison, Francfôrt-sur-le-Heln, 1829 , 2 vol. in-8<». Ces deux recueils de lettres (en allemand), où l'esprit enjoué, la grâce aimable et la naïve originalité de Bonstetten brillent
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de tout leur éclat, comprennent un espace de 40 années (de 1790 à 1829) et renferment des récits variés et pleins de vie, qui sont comme un reflet des événements immenses de cette période. A la fln du premier recueil se trouve une autobiographie de Tauteur, qui est riche en développements psychologiques. S» Souvenin écrits en 1831, Genève, 1832, in-12 (en français). GeUe brochure, qui a paru peu de temps après la mort de Bonstetten, n'est au fond qtfun abrégé de Tautobiographie dont nous venons de parler. 9» Sur l'éducaifon des familles patriciennes de Berne, Zurich, 1786, 2 parties, in-8o (en allemand). 10<> Lettres sur un canton pastoral de la Suisse, Bftle, 1787, in-S», 2« édit., ibid., 1796 (en allemand). Cet ouvrage a pour objet le district de Gessnay, dans le canton de Berne, où Tauteur exerça pendant quelque temps les fonctions de bailli. 11 <» L'Ennite, histoire alpine, Manheim, 1788, in-8o (en allemand). 12» Mélanges, 2«édit., Zurich, 1792, in-8o (en allemand). 13o Les principes de la révolution de la Suisse, discours prononcé à Yverdun, le 26 mars 1795, in-4o (en français). U^ Nouveauw mélanges, Copenhague, 1799-1801 , 4 vol. in-12 (en allemand). \^ Sur l^éducation nationale, Zurich, 1802, 2 vol. in-8» (en allemand). 16» Pensées sur divers objets de bien pubic, Genève, 1815, ln-8o (en français). Mbldoia. BONTÉ. La bonté est un penchant de Tâme qui nous porte à excuser les torts des autres à notre égard. Elle est naturelle ou enseignée par la religion et la morale. Naturelle, elle découle du caractère et de Torganisation : les caractères i|erveiix et sanguins sont irritables ; les tempéraments mélancoliques sont plus enclins à la bonté. La bonté est d'ailleurs le résultat de l'éducation ; plus un esprit est cultivé, plus il est porté à la politesse qui est, pour ainsi dire, la bonté extérieure. La politesse sert quelquefois A cacher des actions peu honorables : dans les cours les exemples en sont fréquents. Il faut souvent se défier de cette fausse bonté qui prend des formes polies jusqu'à l'obséquiosité; mieux vaut une franchise un peu rude dans son expression, mais dont l'indulgence et la sympathie sont la source.. Qui dit bon dit enclin à être utile, à soulager, à consoler. Ensuite la fôl vient au secours de la nature et de l'âme, elle les fortifie toutes les deux; alors la bonté prend un caractère plus élevé, plus pur : elle devient la charité et s'é-, tend jusqu'au pardon des injures; mais celle-ci est une vertu chrétienne et la bonté est une vertu qui est dans le domaine de la morale en général. Une juste tolérance pour les erreurs d'autrui.
l'application de cette maxime : « Ne ftiis pas aux « autres ce que tu ne voudrais pas qu'il te fût a fait! » une sympathie éclairée pour toutes les souffrances réelles, une propension à les consoler, à les secourir, une fàdlité douce dans les rapports sociaux, un échange d'égards, plein de prévenances sans affectation, voilà les principaux caractères de la bonté.
Mais elle ne doit pas être voisine de la faiblesse, ni tomber dans ces molles tolérances qui s'accommodent aux vices. Bans les relations domestiques et politiques, la faiblesse est la plus fâcheuse des trahisons, parce qu'elle inspire la pitié et qu'elle a des excuses toutes prêtes, des semblants dont elle se couvre, tire faible, c'est se trouver bien près d'être méchant. La bonté, loin d'exclure la force de caractère, l'exige à un certain degré ; sans doute il n'est pas bespln ici de celte haute énergie qui conçoit et accomplit les grandes choses ; mais de cette rectitude de jugement et de cette modération de caractère qu'on puise dans une juste appréciation des choses et dans la connaissance du cœur humain. Yivre et connaître pour l'homme sage, c'est ap^ prétodre à être bon. G. BaomiiKÀU.
BONZES. Sous ce nom, inconnu aux OrlenUux, les Européens désignent les prêtres des Chinois, des Japonais, des Cochinchinois,'de l'empire birman, etc., mais c'est particulièrement aux prêtres des deux premiers de ces peuples qu'on l'applique. Le terme est assez vague pour appartenir à i^ classe sacerdotale des diverses sectes connues eh Chine et au Japon; il convient aux prêtres bouddhistes comme aux Tao-sse ou docteurs de la raison. Si la secte de Confucius avait des prêtres, on les aurait probablement compris aussi sous le nom de bonzes; mais les lettrés de cette secte ont quelquefois dû être considérés ainsi par les voyageurs européens. Les bonzes observent le célibat, et il y en a qui vivent en communauté, comme les moines dans le christianisme. Il en est qui enseignent un culte superstitieux jusqu'à l'absurdité et qui rendent hommage à des figures symboliques et à des idoles monstrueuses. Loin d'éclairer le peuple, ils l'abrutissent par leurs enseignements et par leurs pratiques de dévotion ridicules; ils laissent leurs compatriotes dans l'ignorance et les affermissent dans la plus honteuse superstition. Il y en a qui mènent une vie entièrement contemplative et qui ont au moins des mœurs pureSf s'ils ne rendent pas de services à l'humanité. Ce qui a frappé depuis longtemps les Européens, c'est la ressemblance qui existe entre la vie et les pratiques nligieuses des bonzes et certains usages établis