‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 3Chapitre 5 sur 63 · SAR · texte numérisé non relu

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fes : longtemps fouste et ampoulée, elle est aq]ourd*liui âiuti simple et aussi natureUe qu'on peut le désirer. « Il n*f a pas même un siéde, dit un auteur, qu*un discours au palais n*étatt qu^un récit ennuyeux de laits étrangers, une abondance énorme de paroles, de citations inutiles et surtout de passages latins; un mélange Indécent du sacré et du profane, un assemblage bizarre des traits de l*histoire et de la Mie ; un tissu ridicule de pointes et d*épigrammes, d'emblèmes et de figures. Les deux modèles qu'on eut à se proposer, et qu'on se garde bien aujourd'hui d'imiter, étaient Lemaltre et Patru : l'un était diffus et sans ordre, plus chargé d'autorités que de raisons; l'autre plus correct; mais froid, sans mouvement, et presque sans Âme et sans Tie. »

Dumoulin, Cochin, Loyseau de Hauléon, Gerbier, Lingnet, Target, Treilhard, Besèze, Poirier, Ferrère, Delacroix -Frainvllle, Bellart et Billecocq, sont au premier rang parmi les écrivains ou les orateurs du barreau ; Il ne peut être ici question des hommes vivants que chacun connaît et apprécie à son gré.

Depuis l'établissement en France du gouvernement représentatif, en Belgique depuis la séparation de la Hollande, beaucoup d'avocats ont joué un r^le politique; du barreau à la tribune, de la tribune au pouvoir la transition est toute naturelle; également aux États-Unis et en Angleterre un grand nombre d'hommes politiques ont eu le barreau pour point de départ. Là où l'on gouverne par la parole, ceux qui ont Thabitude de bien parler doivent gouverner. Napoléon, qui avait supprimé le régime parlementaire, n'aimait pas les avocats. « Il détestait, dit M. Dupin, leur indépendance et leur esprit de controverse. Un projet de règlement (sur leur profession) lui avait été présenté, il le repoussa avec colère et le renvoya à l'archichancelier avec une lettre que J'ai vue lors de la levée du scellé administratif apposé au domicile de M. Cambacérès, en 1814, et sur laquelle J'ai copié cette boutade, plus digne d'un dey d'Alger que du chef d'une nation civilisée, a Le décret est ab- « surde, il ne laisse aucune prise, aucune action « contre eux. Ce sont des factieux, des artisans « de crimes et de trahisons ; tant que J'aurai « l'épée au côté, Jamais Je ne signerai un tel « décret; Je veux qu'on puisse couper la langue « à un avocat qui 8*en sert contre le gouverne- « ment. »

n ne paraK pas que le barreau ait gardé rancune de cela ; car tout récemment ses membres les plus disUngués ont rédigé des consultaUons pour établir que l*épée de Napoléon devait être

rendue i la France* Au surplus c'est la nature même du gouvernement représentatif qui ouvre au barreau la carrière politique; toutefois les avocats qui y entrent seulement avec leur éducation et leurs connaissances de légistes sentent bientôt la nécessité d'acquérir une instruction plus vaste et plus variée. Quelques-uns ont reculé devant cette obligation ; plusieurs l'ont acceptée avec ardeur et l'ont remplie avec distinction. Les uns sont restés obscurs, les autres sont maintenant placés au premier rang. P^cijr. BATomnaa, DisciFLiifi, etc. J. B. Duviaona.

Li BàRRiAU AHOLus sc composc de l'ordre entier des avocats reçus à plaider dans tous les tribunaux, et ne comprend pas d*autres officiers de Justice ou gens de robe. Le nom de barrisferaqui désigne tous les avocats en général, vient du mot anglais bar, barre d'audience. Les sièges des Juges sont une espèce de trône, et le parquet est réservé k l'avocat général (attornxt onriRAL), au procureur général {êoUciior gênerai) et aux avocats spécialement nommés pour assister les gens du roi dans les causes du fisc et appelés en conséquence avocats du roi {king's ooun$el). Cette distinction est accompagnée du privilège de porter la longue robe de soie {a silk gown). Derrière ce parquet sont des bancs élevés en amphithéâtre pour le reste de Tordre des avocats qui portent également le rabat et la longue robe noire; mais celle-ci n'est point de soie. Pour être admis à plaider il fallut autrefèis de longues épreuves ou formalités qui sont à présent limitées au terme de cinq ans. La Jurisprudence anglaise repose principalement : 1» sur les décisions des tribunaux qu'on recueille avec soin sous le nom de rapports et qui constituent la loi commune non écrite (the common Law); et 3» sur les statuts du royaume ou la loi écrite, c'est-à-dire les actes du pariement (itatutes at large) dont la collection se monte à plus de 60 gros volumes. Les rapports (reporîerê) de la loi commune se trouvent dans 950 recueils. Lors de rétablissement des cours supérieures dans Westmnister-Hall , en conséquence de la grande charte, les Jurisconsultes qui pUiidaient dans ces cours formèrent, pour ainsi dire, une corporation destinée à initier les étudiants en droit au dédale des lois et à la défense des causes civiles et criminelles. On leur accorda des gradations semblables aux degrés académiques. Le premier degré est celui de bachelier ou licencié en droit, et le second, au bout de seize ans de pratique , celui de sergent {serjeant at law, tervdns ad legem, eques legum, dociar). Pour apprendre la théorie du droit, les étudianU de-

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mennient en eommunautéfl dans Im bôtels de la cbaocelkrie (/fiii« of Chanoity), et pour la pratique, dans les hdtels des tribunaux {Inns of Court), Cet hôtels ou aul>ërges donnèrent nais^ sance à plusieurs sociétés ou fondations encore existantes pour la forme, personne ne pouvant être recn avocat en Angleterre, à moins d*avoir été pendant un certain espace de temps membre de l'une on Tautre des quatre sociétés nommées Inné of Qmrtf savoir t Jnner Templo, MiddU Temgpiê, Lineoln'a Inn eiGrajr^s inn» QuoiquMl y ait à présent des chaires de jurisprudence à Oxford, à Cambridge, à Puniversité de Londres, et au coU^ du roi à Londres, les étudiants en droit sont toujours obligés de se soumettre à ces formalités. Illes paraissent vaines, mais elles donnent an talent le temps de mûrir ; et c*est peut-être cette marche lente et mesurée dans la carrière du barreau en Angleterre, qui a contribué à former les jurisconsultes célèbres dont une grande partie de la haute noblesse du royaume est descendue. G*e6t sans doate aussi à cette marche peu précipitée que le barreau anglais lui-même doit la considération dont il jouit à si juste titre. Les présidents, ainai que les juges des cours supérieures et le grand chancelier lui-même, sont toujours tirés de Tordre des avocats, qui fournit aussi les magistrats de police pensionnés et tous les autres fonctionnaires de la justice* Les plaidoyers des avocats, en Angleterre, peuvent être parfèis sujets à manquer de précision, mais ils sont rarement entachés de ce ton de déclamation oiseuse qui dépare souvent Téloquenoe du barreau dans d*autres pays. D. Boiliav.

BAâUAU (AuxAiiaRiiii-Rosx). L*histoire qui nous a transmis les noms de Jeanne d*Arc et de Jeanne Hachette, ne sera pas moins juste envers Alexandrine-Aose Barreau, née en 1775 a Samalens, département du Tarn qui a donné à Ui France guerrière le maréchal Soult, les généraux dUaupoult, Muratelle, Ricard, gégainville et tant dVmtres braves. Cette femme, dont la valeur, exaltée par le plus ardent amour de la patrie, fit Tadmiration des armées républicaines, sera loagtèmps citée comme un modèle de bravoure et d'intrépidité. Alexandrine, vouUint partager la gloire et les dangers de son mari Layrac et de son Ik^re, tous deux grenadiers dans le second bataillon du Tarn, échange contre Tuniform» militaire les vêtements de son sexe, et se rend à Farmée des Pyrénées occidentales, où elle se signale bientôt par des prodiges de la plus grande audace^

le 15 août 17(»5, son bataillon reçoit Tordre d^ttaqœrla redoute d'AUoqui, défendue par une

nombreuse artillerie et des retranchements formhlables. L*ennemi oppose une vigoureuse résistance; Alexandrine combat auprès de son mari et de son frère; ce dernier est blessé mortellement; Layrac est atteint d*une balle; ce double malheur enflamme le courage de Thérolne. « Avant de vous secourir, il faut que je vous venge, s*écrie-t-elle. * Au même instant elle se précipite hors des rangs et s*élanoe la troisième dans les retranchements; la redoute est emportée.

Alexandrine n'en continue pas moins à poursuivre Fennemi ; dix-neuf cartouches qui lui ont été remises avant Taction sont déjà épuisées; elle avait tiré son dernier coup de fusil, lors^ qu'un Espagnol, s'avançant contre elle, veut la saisir au corps ; mais elle Tévite adroitement, lui fend la tête d*un coup de sabre, s'empare de sa giberne, vole à de nouveaux exploits et ne quitte le champ de bataille que lorsqu*il a retenti des cris de victoire. Elle revient auprès de Layrac, panse ses blessures, le porte à Pambulance, lui prodigue tous les soins de la tendresse conjugale, et attend qu*ilsoit guéri pour rejoindre avec lui son bataillon.

La bravoure remarquable qu'a déployée celle nouvelle Clélie dans toutes les afibires où elle a combattu, lui mérita l'honneur qui n'avait été accordé avant elle a aucune femme française, d*être admise dans l'asile des vieux défenseurs de la patrie, à l'hôtel des invalides, à Avignon, où elle est déoédée le 94 Janvier 1845. M. le commandant de rhôtel, interprète de l'admiration générale pour la valeur de la défunte, Ta fsiit accompagner à sa dernière demeure par un double détachement de ces braves dont les cicatrices attestent le courage et rintrépidité. X.

BARRSRE BB YIBUZAC (BBaTSAim), conventionnel, membre du comité de salut public, etc., naquit à Tarbes,en 1775. U débuta fort jeune, et avec quelque éclat, au barreau de sa ville nalale; et dès la même époque un Éloge do Louio XII, qui lui ouvrit rentrée de l'Académie des Jeux floraux, commença sa réputation littéraire.

La révolution de 1789 le trouva conseiller à la sénéchaussée de Bigorre. Député par cette sénéchaussée aux états généraux, il y prit rang, parmi les partisans d'une sage réforme, et, pour en hâter Taccomplissement, il rédigea un journal intitulé le Point dm Jour (91 vol. in-8o). La première séance importantede l*Assemblée nationale où il s^essaya è la tribune fut celle du 31 mars 1790. Il s*agi9sait de régler la discussion de divers projets proposés pour l'établissement de l'ordre judiciaire. Sur sa proposition, l'assemblée, par un

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décret, divisa la matière en UA,e série de questions sur lesquelles elle aurait à TOter successivement. Le 9 décembre suivant, il fut chargé de faire, au nom du comité des domaines, un rapport sur les moyens de donner une pleine exécution au décret rendu le 10 juillet précédent, d*aprèsla proposition deMarsanneFontJulianne, sur la restitution des biens confisqués pour cause de religion. Ce rapport offrit un abrégé historique des persécutions qui avaient pesé Jusque-là sur les protestants. Il dénotait dans son auteur un attachement raisonné aux vrais principes de la liberté politique et religieuse.

C*est dans une vue analogue de réparation qu*à la séance du 91 décembre il demanda pour la veuve de J. J. Rousseau une pension de 600 livres. Cette proposition fut favorablement accueillie et donna lieu à celle de Tabbé Eymard, sur laquelle fut rendu le décret portant qu'une statue serait élevée à Tauteur d'Emile, et qu'une pension de 1900 livres serait payée à sa veuve. Le 2 avril 1791, quand la mort de Mirabeau fut annoncée à rassemblée, ce fut Barrère qui, avec Barnave, fit la motion qu'elle assistât en corps à ses funérailles.

Ainsi se dessinait l'attitude de Barrère dans le grand drame où bientôt son nom allait être accolé à ceux des fauteurs de la plus hideuse anarchie. Il n'aspirait pas à une grande puissance d'action; mais persuadé que tous les efforts de la nation allaient être nécessaires pour faire triompher la révolution, il crut remplir un rdle utile en s'associantaux hommes enthousiastes, afin de faire tourner au profit de la chose publique l'élan national que d'autres ne songeaient qu'à exploiter au profit de leur ambition. Celle de Barrère était pour la popularité; il la paya trop souvent par l'abandon de ses propres convictions. On croirait voir en lui un acteur habitué aux bravos du parterre, qui lui sait gré des belles choses qu'il débite, comme si elles étaient le produit de ses propres inspirations. Son langage solennel produisait toujours un heureux efiFet sur la majorité, qu'il tendait d'ailleurs à conserver puissante au milieu de la lutte des partis extrêmes. Mais quand la violence pénétra dans la majorité elle-même, au lieu de sacrifier sa popularité, il resta l'organe des terroristes. Toutefois ceux qui l'ont flétri du nom ù^Anacréon de la guillotine n'ont peut-être pas assez tenu compte des difficultés que provoqua l'inflexible rigueur de principes des girondins.

Il faudrait écrire tout un volume pour contenir une simple analyse des travaux législatifs de Barrère : nous ne prétendons pas la tracer ici;

cherchons-en seulement quelques traits. Ayant pris la parole dans la question de la résidence du roi et des fonctionnaires, le 95 février, il avait prononcé ces mots dignes de souvenir : a si la liberté ne fut jamais le droit de mal faire, si elle ne fut jamais le droit de nuire à la patrie, si elle ne fut jamais le droit de fuir les dangers de la patrie, même de les augmenter pour prix de ses immenses bienfaits, vous rendrez un décret qui, après avoir appris à la dynastie les droits que lui donne la nation, lui apprendra aussi les devoirs qu'elle est en droit de lui imposer. »

Lorsqu'à la séance du 19 mai 1791 il demanda que le droit de réélection fût limité à deux législatures consécutives, il ne fit que trouver un juste milieu entre les propositions extrêmes de Robespierre et de Cazalès. C'est ainsi qu'en cent occasions il attacha la majorité aux moyens ter-, mes qu'il proposait, et c'est surtout à la Convention qu'il usa de cette tactique. II y avait été envoyé par son département, quoique après la session de la Constituante il eût semblé vouloir se soustraire à ce dangereux honneur en acceptant un siège de juge au tribunal de cassation.

Un biographe qui loue les qualités de son cœur s'exprime ainsi sur sa conduite t « Il entra à la Convention rempli de sombres terreurs, et n'osa pas se déclarer pour l'un des partis qui menaçaient de se livrer un combat à mort... Quoique ses principes et son caractère semblassent devoir l'entraîner au milieu de la brillante ghronde, la peur, sa passion dominante, lui faisait quelquefois soutenir les motions des plus extravagants montagnards, et les colorer d'un élégant vernis de rhéteur. » Nous croyons avoir indiqué avec plus de justice ses vraies dispositions, en les représentant comme le résultat d'une conscience égarée par les illusions du temps. Un fait, qu'on a cité pour preuve de la sanglante lâcheté de Barrère, viendrait, mieux compris, à l'appui de notre jugement. Ce fait se rapporte au jugement de Louis XYI, durant l'interrogatoire duquel il présida la Convention. On rapporte que, s'expliquant confidentiellement avec Malesherbes de ses sentiments intimes à l'égard du prince qu'il n'avait pas craint d'appeler publiquement Louis le Traître, avant que fût rendu le décret qui le déclara coupable, il disait en pleurant : « Si je n'étais pas membre de la Convention, je tiendrais à honneur, comme vous, de me dévouer à la défense de notre infortuné roi. » Et à côté de ces paroles, on rappelle celles qu'il prononça à l'appui de son vote pour la mort, sans appel et sans sursis : « L'arbre de la liberté oe croit qu'arroaé par le sang des

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tyrans !» Tout le malheur de Barrèrec^estd'étre resté sous le poids de ce reprocUe de lâcheté avec lequel on prétend expliquer toute sa conduite parlementaire. Mais il serait difficile de s*arréler à ce jugement pour ceux qui ne liraient que ses discours, notamment celui quUl improvisa contre la loi a^ire, à la séance du 18 mars 1703, malgré les redoutables clameurs de la montagne et des tribunes. « Ayons, sHl le faut, dit-il, Texagérationdu patriotisme, car nous ne sommes pas dans des temps ordinaires! » Et sur sa motion la peine de mort fut portée contre quiconque proposerait la loi agraire.

Ce qui demeure incontestable, c*est qu*il choisit merveilleusement son temps pour lutter contre Robespierre, après ravoir aidé à établir sa domination; il Tavait apostrophé plusieurs fois, il est vrai, dans les temps de sa toute-puissance; mais aussitôt il s^était incliné devant le favori de Topinion et des clubs. Il croyait à la nécessité d'une dictature au milieu de Thorrible anarchie où. se trouvait la France; mais il ne voulut pas laisser arriver la proscription jusque sur le milieu où il s*était retranché, et il se trouva en mesure d*avoir sa part d*action dans la journée du 9 thermidor.

Décrété d*accusation avec Collot-d*Herbois et Biliaud-Yarennes, le 12 vendémiaire an ni, il mit dans sa défense autant de modération que de chaleur, et se ménagea ainsi le moyen d'échapper, seul d^entre les trois accusés, au décret d'exportation rendu contre eux ; la fuite le déroba aux persécutions dirigées contre ceuxqu*on nommait la gueue de Robespierre; et tandis qu*il était encore sous le coup de cet arrêt de proscription, son département le porta en Pan v au corps législatif, qui le repoussa. Compris enfin dans Tamnistie du 18 brumaire, il acquitta sa dette de reconnaissance envers le premier consul, en lui dévoilant la conspiration du 18 vendémiaire. Le département des Hautes-Pyrénées le présenta encore en 1805 comme candidat au corps législatif, mais il n'en put franchir décidément rentrée qu'en 1815. A cette épopueon parut étonné de la sagesse et de la modération de cet homme, que les souvenirs de la révolution représentaient comme le séide de Robespierre. Les circonstances avaient cjiangé; ses principes peut-être étaient restés les mêmes; mais il avait de plus Texpérience des hommes et des choses. Alors il n'était pas seulement dirigé par sa brillante imagination; il avait fait sur le passé les méditations les plus profondes, et son coup d'œil aurait sondé dans l'avenir toutes les conséquences d^une démarche politique dont ses

souvenirs lui auraient représenté l'équivalent dans quelqu*un des incidents de la révolution. A la chambre de 1815, malgré la défaveur attachée à son nom, il eut encore de Tinfluence due à Tautorité même de son expérience^ Lorsque rétrangerfUt aux portes de Paris, ce fut le sexagénaire député des Hautes-Pyrénées qui fit la motion de placer la représentation nationale sous la sauvegarde du peuple, et de déclarer antinational tout gouvernement qui ne tiendrait pas d'elle ses pouvoirs.

Depuis la révolution de juillet Barrëre fut encore élu par son département pour la députation; mais cette élection fut annulée pour vice de fonne. L'arrondissement de Tarbes le dédommagea de cette ovation manquée, en lui conférant le titre de membre du conseil général des Hautes-Pyrénées. Barrère mourut à Tarbes le 13 janvier 1841.

Parmi les nombreux ouvrages de Barrère de Yieuzac, nous nous bornerons à citer les suivants : Esprit des états généraux, 1789, in-8o; Beautés poétiques, d'Ed, Voung, traduit de l'anglais, 1804, in-8o; les Chants de Tyrlée, traduits du grec, 1805, in-8o; Foyage de Platon en Italie, traduit de l'italien de Cuoco, 1807, 3 vol. in-8o; Histoire des Révolutions de Naples (de 1789 à 1806), Paris, 1806, in-8o; Considérations sur la chambre des pairs, etc., 1814, in -8»; Éloges académiques, 1806, in-8o, etc. De CHàHAofiBRT.

MM. Hippolyte Carnot, fils du célèbre général, et David d'Angers ont publié une notice historique sur Barrère qui doit précéder le recueil des notes laissées par cet homme politique, et dont il a déjà paru deux volumes. X.

BARRES (jeu de). C'est le nom donné par les écoliers à un jeu qui consiste à se séparer en deux troupes, placées l'une en face de l'autre, à une distance plus ou moins grande, selon l'espace qu'offre le terrain que Ton a choisi pour cet exercice. De chaque côté le nombre des joueurs doit être égal ; cependant il arrive quelquefois que les plus habiles d'une troupe cèdent un ou deux des leurs pour qu'ils n'écrasent pas leurs adversaires par leurs forces physiques. Dans cette position et après être convenus de différentes clauses pour la règle du jeu, ils viennent se provoquer réciproquement, et courent les uns sur les autres entre des limite^ marquées. Un seul s'aivance d'abord pour engager l'affaire, ou pour donner barre, à la distance de plusieurs pas, et tend la main à celui qui sort du camp opposé pour en être frappé. Aussitôt que le pre- * mier a reçu le coup, il part, s*èlance comme un

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éclair après celui qui Ta frappé» et qui de son côté s*est mis à courir; et, s*il Tatteint, il le fait prisonnier. Dans le moment que le premier est parti pour toucher son adversaire, un autre du camp opposé courtsur lui, un autre encore court sur celui-ci, et successivement les deux troupes se trouvent en course, jusqu*à ce que Ton entende le mot de priai alors tous rentrent dans leur camp respectif, et les vainqueurs emmènent leurs prisonniers. On les place un peu en avant du parti victorieux; et, s'ils sont en assez grand nombre, ils se touchent tous par les mains quUls étendent le plus possible pour se rapprocher d*autant de leurs camarades qui s'apprêtent à les délivrer. Le dernier de ces prisonniers, le plus près de ses amis, tend aussi la main autant qu*il est en son pouvoir, surtout lorsqu'il voit accourir l'un des siens pour lui donner le coup de la délivrance, malgré les poursuites de ceux qui sortent du camp vainqueur. Par, cet attouchement seul, tous les prisonniers sont délivrés. Cependant quelquefois on convient de ne délivrer que deux, trois prisonniers à la fois. U faut observer que, dans cette course qui se fait en faveur des vaincus, on choisit les plus alertes, les meilleurs coureurs, ceux qui, souples et adroits, savent éviter les attouchements de ceux qui accourent sur eux pour s'opposer à la délivrance des prisonniers. C'est particulièrement lorsque l'exercice du jeu de barres s'étend au loin, ce que l'on nomme en campagne, que ces habiles coureurs font merveilles. On les voit courir à travers champs, sauter les fossés, pénétrer et traverser les haies, baisser la tète quand un autre étend la main pour les frapper, et faire adroitement plusieurs tours et circonvolutions dans le même but, etc., toujours jusqu'au moment où il y a quelques prisonniers de faits, ou que l'un des camps, qui se trouve quelquefois vide par Ui désertion de tous les coureurs, se trouve pris par un fort de la troupe. U faut aussi observer que, dans la mêlée dont ces jeunes gens ont l'habitude d'éviter la confusion et les désagréments, tous ceux qui sont partis les derniers ont toujours prise sur les premiers sortis; mais ceux-ci, lorsqu'ils n'ont rien à faire dans leur poursuite, reviennent toucher leur camp du pied seulement, et reprennent par ce moyen leur avantage sur les adversaires dont ils craignaient Fatteinte. Le jeu étant fini, on recommence; mais en égalisant les deux camps par Ui force des coureurs, afin que les plus faibles en moyens physiques ne soient pas toujours victimes.

Autrefois on se servait aussi du mot de barres pour désigner un exercice d'hommes armés et

combattant ensemble avec de courtes épées, dans un espace fermé de barreaux ou barrières qui les séparaient des spectateurs. F.Râthori».

BARRICADES. On formait autrefois des barricades dans les rues des villes et villages en y tendant des chaînes que l'on suspendait à des crochets scellés dans lt$ murs des maisons. Il se trouve encore quelques-uns de ces crochets dans les anciennes mes de Paris. C'était un moyen de relarder la marche des troupes dirigées, dans l'intérieur des villes, contre les habitants qui avaient pris les armes, soit pour arrêter les progrès de l'ennemi, soit pour appuyer quelque mouvement popukiire. 11 fut employé à Paris pour la première fuis en 1557, par Marcel, prévôt des marchands, comme mesure de sûreté contre les troupes dirigées par le dauphin vers la capitale. Les chaînes ne mettant pas ceux qui les employaient à l'abri des feux de l'ennemi, on a fait des barricades avec des sacs ou des tonneaux remplis de terre, avec des pièces de bois, dQS arbres, des débris de maisons démolies. A défaut d'autres matériaux, on a vu, à la révolution de juillet 1830 et dans les troubles des 5 et 6 juin 1883 et du 13 avril 1834, des barricades faites dans les rues de Paris avec des pavés, des charrettes, des voitures renversées, etc.; sur les boulevards et sur les avenues de la ville, on barricadait les chemins avec des arbres abattus que l'on mettait en travers des routes. La même cause a produit les mêmes effets à Bruxelles; cette ville, au mois de septembre 1830, fut à son tour sillonnée de barricades, lorsque le peuple soulevé accomplit une révolution semblable à celle de Paris. Ces barricades forment un excellent moyen de défense, qui a été souvent employé avec le plus brillant succès. Le fameux siège de Saragosse soutenu par les Espagnols contre l'armée française fournit un exemple remarquable de la résistance que l'on peut opposer à l'ennemi le plus valeureux quand un patriotisme exalté veut défendre avec opiniâtreté le sol national. Carittb.

BARRICADES (jovEiitx Dis), époque fameuse dans l'histoire de France, parce qu'elle est pour ainsi dire le paroxysme de cette ligue puissante qui commença à l'édit de pacification de 1S76 et qui ne finit qu'à l'avènement au trône de Henri lY.

La mort du du d'Anjou , frère de Henri m, qui rendait le roi de Navarre le pkis proche héritier de la couronne, servit, en 1584, de prétexte au duc de Guise pour faire éclater la Ligue, en faisant craindre au clergé catholique un roi séparé de rÉfflisc romaine. Cette conspiration ne

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se ëéfeIo|»pa à Paris qu*eii 1586. Un certain Bonbre d*ageiiis du balafré ou de mécontents se partagèrent dans les seiae quartiers de la capitale, pour aisurer leur influence immédiate sur la population. Le sobriquet de SeiM leur demeura. In i587, Nicolas Poullein, lieutenant du préfet de nie-de-Franee, révéla au roi les projets de la fSuiion dont lui-même faisait partie. Les mignons de Henri III, Yillequier notamment, contrâ>yèrent à tromper leur maître sur les dangers de sa position. Cependant Tannée saiTante, Henri de Pologne, le père d$$ flagellanis, comme on rappelait alors, laissa échapper des menaces qui effirayèrent les ligueurs. Les Seize pressèrent le duc de Cruise de venir à Paris; le roi lui en fit la défense. Guise j vint cependant, et alla braver le roi Jusques en son palais. Henri m, qui avait été subjugué par la présence de son rival, comme tons les caractères faibles, sentit aDumer sa colère par le souvenir du mépris qu*on lui avait témoigné : il voulut introduire les régiments suisses dans Paris, pour les Joindre anz gardes françaises, rompre les communications entre les Seixe et probablement sévir contre les principaux membres de cette faction. Ce ftot le IS mai (1588), avant le Jour, que, se glissant sans bruit comme des ombres, les Suisses, an nombre de 4,000, suivis de 9,000 fantassins fonçais, entrèrent danS'la capitale. Les gardes fkvnçaises se rangèrent sur le Petit-Pont, sur le pont Saint-Michel et le pont K otre-Dame \ mais Crueé, procureur au ChÂtelet, un des plus Tiolents parmi les Seize, ayant eu avis, sur les quatre heures et demie du matin , que des gen$ de guerre entraient par la porte Saint-Bonoré, envoya iroiê fêunee gare crier dans toutes les rues du quartier de TUniversité alarme. Aussitôt la population pHt les armes; les officiers et les serviteurs soudoyés par Guise se répandirent dans tonC Paris , pour soutenir les efforts de la population, la diriger et exciter son ardeur. Le comte de Brissac avait choisit son poste dans rcniversité, et ce fut lui qui , ayant rencontré nne grosse troupe d*écoliers armés, leur fit faire la première barricade avec des tonneaux, d*où vint le nom de cette émeute qu*on appela /<mrnée des barricadée. Partout dans Paris l'exemple des écoliers fut suivi. Des chaînes furent tendues dns les principales rues,les pavés arrachés et lancés du haut des maisons. Chi^que ouver* turc reçut un citoyen armé, et bientôt les Suisses et les autres troupes royales, attaqués dans tous les sens, sans moyen de retraite et de ralliement, manquant de munitions, fatigués de verser leur sang pour une royauté lâche, qui leur

mandait de se rendre , honteux de combattre contre des compatriotes, des femmes, et des en» fants, prirent la fuite on se rendirent. Henri III suivit leur exemple et quitta Paris en blasphé* mant contre des événements qu*U n'avait pas la force de maîtriser, et en proférant des menaces de vengeance contre une population dont luimême avait excité rindigoation et les mépris.

Cette Journée des barricades, dont la dernière révolution (1880) a rappelé le souvenir, n'eut pas les conséquences qu'elle aurait pu amener. R. Bl Croï.

BAHRlilES (rmuTi ras). C*est ainsi qu'on appela le traité particulier signé par les Hollan-' dais, le )9 Janvier 1718, quelques mois atant la paix diJtrecht, et par lequel ils se réservaient, sous la garantie de l'Angleterre, le droit de tenir garnison dans Fumes, Tpres, Xenin, Tournai, Hons, Gharleroi, Namur, et autres forteresses des Pays-Bas espagnols. Les Hollandais, forcés de rendre les plus fortes places parmi celles qu'ils avaient conquises dans cette province, et bientôt convaincus qu'ils n'avaient élevé qu'une barrière impuissante entre eux et la France, se plaignirent longtemps d'avoir été, dans les négociations dlTtrecht , sacrifiés par l'égoïsme de l'Angleterre. X.

BABBIÈBES. Les différents gouvernements, dans le but de protéger l'industrie nationale contre la concurrence étrangère, et aussi dans un intérêt fiscal, ne permettent l'introduction dans leurs États des marchandises venant de l'étranger que moyennant l'acquit de droits déterminés. L'entrée de certaines marchandises ou denrées est même quelquefèis entièrement prohibée. Pour percevoir les droits sur les marchandises étrangères, at, suivant les cas, empêcher l'introduction de ces marchandises, on établit aux frontières des barrièree ou bureau» de douanee {voy. Douahis). Mais ce qui existe aujourd'hui de nation à nation, d'État è État, a existé longtemps en France de province à pro« vince. Les marchandises ne pouvaient passer d'une province du royaume à l'autre sans acquitter sur les limites un droit de péage. Cette institution remontait aux temps de la féodalité, alors que chaque seigneur, maître dans ses domaines, pouvait établir les r^lements qu'U croyait utiles à ses intérêts. Une ordonnance de Louis XIV, du mois de février 1687, abolit en partie ce système dont les restes se sont maintenus Jusqu'après la révolution de 1789. En effet, c'est par une loi des 81 octobre, 5 novembre 1700 qu'ont été reculées au« fhmtières toutes ces barrières qui, suivant l'expression du législa*

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leur {voy» le préambule de la loi), « rendaient difiPérentes parties de l*État étrangères les unes aux autres, resserraient la consonimation, et nuisaient ainsi à la reproduction et à raccroissemenl des ricliesses nationales. Du reste, il faut dire que plusieurs provinces (la Lorraine, TAlsace, par exemple,) avaient stipulé, lors de leur réunion à la France, qu'elles seraient considérées comme provinces étrangères. Par. là elles avaient voulu se conserver la faculté de commercer librement avec Tétranger; mais on sent qu'un pareil régime était incompatible avec le principe de la grande unité nationale, qui est la base du nouvel édifice social en France. On trouve encore aujourd'hui, en Allemagne, des barrières et des péages intérieurs; il est vrai que c'est toujours d'État à État, et qu'elles tendent à disparaître des différents États de la confédération germanique.

Il existe, à l'entrée de beaucoup de villes, en France, des barrières qui sont établies principalement pour la perception des droits d'octroi (voy. OcTHOi), et aussi pour l'exercice de certaines parties de la police. C'est à l'établissement de semblables barrières que le royaume de Belgique doit la conservation et le bon état de ses routes.

Dans plusieurs contrées de l'Europe ( en Angleterre, en Allemagne), il existe sur les routes des barrières où l'on perçoit sur les voitures, les chevaux et les bètes de somme, Âes taxes destinées à payer les frais de construction et d'entretien des routes. Ce système a été essayé en France, à la suite de la révolution de 1789 (notamment par la loi du 5 nivôse an yi, et par celle du 23 décembre 1797); mais les plaintes qu'excita la perception de ces droits, justes en euxmêmes, et qui produisaient moins de 20 millions, les firent supprimer, à compter du 23 sept. 1806, et remplacer par un impôt sur le sel. (Voir la loi du 24 avril 1806, art. 60.) Le grand-duc de Bade Léopold signala, en 1830, son avènement par l'abolition du droit de barrière dans son pays.

Le besoin de la conservation des' routes a fait étabUr en France des barrières de dégel, qui ont pour but de prévenir la dégradation des routes, sous la pression de voilures trop lourdement chargées, dans des circonstances où le sol n'est pas suffisamment affermi. L'établissement des barrières de dégel a lieu par un acte du préfet, sous l'autorisation du directeur des ponts et chaussées. Ces barrières concernent surtout le roulage. Aussi on admet à circuler sur les routes, pendant la fermeture des barrières de dégel, les courriers de la malle, les voitures non chargé^ es voitures de voyage des particuliers. Quantauz

voitures publiques et de roulage, elles ne peuvent circuler qu'autant que leur poids n'excède point les limites déterminées par un tarif. Des agents sont institués pour le service des barrières de dégel, et des peines établies pour punir ceux qui contreviennent aux règles concernant ces barrières. Eue. ois gens du morde.

BARROS (Jean de), le plus célèbre de tous les historiens portugais, né à Tiseo en 1496, d'une noble et ancienne famille, se distingua par son esprit et son intelligence lorsqu'il était page du roi Emmanuel, et à tel point quece roi le nomma à l'âge de 17 ans compagnon du prince royal. Il employait tout le temps que ses nouvelles fonctions lui laissaient de libre à la lecture de Virgile, Salluste et Tite-Live. Au milieu des distractions de la cour, il écrivit à l'âge de 24 ans son premier ouvrage : L'emper^r Clarimond, roman historique (1520), qui se fait remarquer par la beauté du langage et la pureté du style. Il présenta cet ouvrage au roi , qui en fut si satisfait qu'il le chargea d'écrire l'histoire des Portugais dans les Indes. Le monarque étant venu à mourir quelque temps après, sa commission ne lui fut pas retirée, et 52 ans plus tard cet ouvrage historique fut publié. Le roi Jean III nomina Barros au gouvernement des colonies portugaises en Guinée, et dans la suite, il fut créé agent général de toutes les possessions portugaises dans ces contrées. Il remplit ces nouvelles fonctions avec zèle et probité. En 1530, le roi lui fit don de la province de Maragoon dans le Brésil pour y fonder une colonie. Mais Barros, après y avoir employé toute sa fortune sans succès, rendit la province au roi, qui l'en dédommagea d'une autre manière. Il se retira dans sa terre d'Alitem à l'âge de 72 ans, et y mourut 3 années après. Son grand ouvrage, l'^jst'a portugueMa, sur les possessions portugaises dans l'Asie, consiste.en 40 livres qui resteront toujours un modèle classique dans ce genre. Soltau en a fait un abrégé en langue allemande, qui fut publié à Lunebourg. Barros a écrit en outre un dialogue moral Bhopicancuma, dans lequel il démontre combien il est pernicieux d'abandonner ses principes pour s'accommoder aux circonstances; mais cet ouvrage fut condamné par l'inquisition. On a encorede lui des dialogues sur la fausse honte et une grammaire portugaise, la première qui fut publiée. Dicr. de la Corv.

BARROT. f (^. Odilor Barrot.

BARROW (IsAAc), né à Londres en 1630, fut à la fois théologien distingué et grand mathématicien.

Les partis qui troublaient alors l'État et l'Église

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TaTaJent gêné dang le choix d*une carrière. Après a?oir vaioemenl sollicité la place de professeur de langue grecque à Cambridge, il quitta TAngleterre, en 1655, voyagea en France et en Italie, combattit vaillamment contre un corsaire algérien qui Tattaqua dans un Toyage à Smyrne, se rendit ensoite à Constantinople, retourna en Angleterre en 1659, et y fut attaché à TÉglise métropolitaine. L*année suivante il fut nommé professeur de langue grecque à Cambridge, ensuite professeur des sciences mathématiques. Là il apprit à connaître le jeune Newton, dont il devina le génie. Pour conserver à Tuniversité un si grand talent, ir céda sa chaire à cet élève, et, retiré dans la solitude, il se livra tout entier àTétude de la théologie En 1670 il fut nommé docteur en théologie et chapelain de Charles II; en 1675 il devint chancelier de Tuniversité de Cambridge. Il mourut à Londres en 1677. Également célèbre comme théologien et comme historien des sciences mathématiques, Barrow est regardé comme Tinventeur du triangle appelé différentiel. Par là il a préparé Tapplicatlon du calcul différentiel à la géométrie. Barrow se fonde sur la théorie de Fermât; mais son exposition est plus simple, elle a Tavantage de parler aux yeux. On aurait tort cependant de regarder le géomètre anglais comme le véritable inventeur du calcul différentiel. C*est dans les Leetiones geometricœ (Londres, 1669, in-4«), que le docteur Barrow expose surtout sa méthode; ses Leetiones opticœ (Cambridge, 1674, in-4«) sont également un ouvrage trèsestimé. Gonvebsatioii^s Lkxicon.

BABKT (M"» DU), f ctr. Dubarrt.

BAKSABAS. Ce nom est donné dans le Nouveau Testament à deux disciples de Jésus-Christ, atnis et compagnons des apôtres. Joseph Barsa- BAS fut Tun des deux candidats élus pour remplacer VapàlTt Judas; mais le sort favorisa son compétiteur Matthias {Actes 1, 33). Jddb Barsa- BAS qui, suivant les uns, était ft*ère du précédent et, suivant les autres , frère de Tapôlre Judas Thaddée, flit élu par les apôtres, par les anciens et par toute TÉglise de Jérusalem pour accompagner Paul et Barnabe à Antioche (jictes XV,

23). J. H. SCHIfITZLBR.

BABT ( Jbaii). Le caractère de Jean Bart fait époque dans les annales de la marine française; son nom est passé en proverbe ; pour peindre un marin déterminé, on dit : c*est un Jean Bart. Brave Jusqu^à la témérité, doué d*une inébranlable résolution, franc jusqu*à la rudesse, il semble le vrai type de Tofficier de marine. — Il débuta de bonne heure dans la marine hollan-

daise, alors la première du monde; mais quand la guerre éclaU entre la France et la Hollande, il revint ofiirir à sa patrie son bras et sa valeur. Né roturier, et par conséquent indigne de servir comme officier sur les bâtiments du roi, il se fit capiUine de corsaire, et se signala par Unt de traits d*audace que Louis XIV lui donna une commission pour croiser dans la Méditerranée. Bans un combat à outrance qu'il livra à un corsaire anglais, il crut remarquer au milieu de la mêlée de Taltération sur la figure de son fils, jeune enfant de 10 ans : frémissant à Tidée que jamais la peur pût entrer au cœur de son fils, il le fit attacher au pied du grand mât, et le laissa exposé à une grêle de balles pendant tout rengagement. — Nommé lieutenant de vaisseau malgré le préjugé de sa naissance, il protégeait avec deux petites frégates un convoi de 30 navires marchands, lorsqu'on signala 3 vaisseaux anglais de 50 canons chacun. Des forces si supérieures effrayèrent le chevalier, de Forbin, alors sous ses ordres, qui lui conseilla d'éviter l'engagement, au risque d'exposer la flotte marchande à être prise ou détruite. « Fuir devant l'ennemi, s'écria Jean Bart, jamais!... » et le signal du combat flotta au haut des mâts. Il arma comme il put 5 des navires marchands, donna l'ordre aux autres de prendre le large au plus-vile, et vira fièrement sur l'ennemi. Le combat fut long et terrible; plusieurs fois Jean Bart tenta l'abordage, mais lesS bâtiments marchands n'ayant pas secondé sa manoeuvre, il fallut enfin céder au nombre. Jean Bart et Forbin furent faits prisonniers après avoir vu leurs navires et leurs équipages hachés par les boulets et la mitraille. Quoique serré de près dans sa prison à Plymouth, il parvint à s'évader, fit plus de 60 lieues en mer dans un canot de pécheur, et arriva sur les côtes de France. Le bruit de ses exploits l'y avait devancé; les navires marchands sauvés par son dévouement avaient vanté partout son intrépidité, et le roi l'éleva au grade de capitaine de frégate. — Le trait suivant peint l'exaltation des qualités éminemment françaises de Jean Bart. Appelé à croiser dans la Manche, il avait fait sur les ennemis des prises considérables qu'il avait conduites à Bergen (Suède), port neutre où il restait pour se radouber. Un jour qu'il se promenait à terre, le capitaine d'un corsaire anglais l'aborde et lui demande s'il n'est pas M. Je^ Bart. — Oui, répond ^celui-ci. — £h bien! répond TAnglais, il y a longtemps que je vous cherche ; je veux avoir une affaire avec vous. — J'accepte, dit Jean Bart; aussitôt mon navire réparé, nous irons nous battre en pleine mer. — Sur le point de quitter

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