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le port, TAnglait Tinviie à déjeuner à son bord. « Deux ennemis oomme nous, répond Jean Bart, ne doi?rat plus se parler qu*à ooups de canon» • L'Anglais insiste, sollicite, et Jean Bart, confiant dans sa loyauté, accepte enfin. Après le d^euner le capitaine anglais lui déclare qu'ayant Juré de le ramener mort ou vif à Plymoutli, il le ftiit son prisonnier. Jean Bart, indigné de tant de lAcbeté, saisit une mèche allumée, se précipite yers un baril à poudre qu'on avait monté par hasard sur le pont, et menace de foire sau** ter le navire si on ne lui rend sur-le-champ sa liberté ! A la vue de tant d'audace, l'équipage entier reste muet d*effiroi i les matelots français, qui étaient à peu de distance, entendant le cri de leur capitaine, volent à sa défense, et, malgré la neutralité du port, enlèvent à l'abordage et coulent bas le navire anglais. — De retour en France, il s'ennuya de rester inactif pendant que les Anglais et les Hollandais tenaient bloqué le port de Bunkerque. Profitant d'une nuit obscure, il se fraya de vive force un passage à travers la ligne ennemie, alla croiser sur les côtes de l'Angleterre, causa des pertes immenses au commerce des puissances coalisées, qui ne s'attendaient pas à le rencontrer dans ces parages ; puis, opérant un débarquement, il saccagea la ville de Newcastle : cruelle et sanglante compensation des désastres qu'essuyait ailleurs la marine française I •- U vint à Paris après cette expédition, pour obéir au désir qu'avait le roi de le voir, et en reçut le brevet de capitaine de vaisseau. Hais l'étiquette de la cour ne lui convenait guère, et il retourna à Bunkerque, où il prit le commandement d'une escardre. Les Hollandais bloquaient alors ce port et empêchaient l'arrivée d'une flotte suédoise chargée de blé pour la France, qu'une disette tourmentait. Jean Bart eut recours à la ruse pour échapper à leur croisière; il fit sortir pendant la nuit un nombre de barques égal à celui de ses navires, leur recommaudant de serrer la c6te; de hisser des finaux au haut des mftts pour faire croire à l'ennemi que c'était l'escadre française, et de les éteindre dès qu'il serait tombé dans le piège. Le stratagème réussit, et Jean Bart alla croiser dans la Manche. Sur l'avis qu'il reçut qu'une division hollandaise forte de 8 vaisseaux avait capturé un convoi suédois chargé de blé pour la France, il Jura de le reprendre. U Joint l'ennemi, et quoique inférieur en forces, engage le combat en criant II ses mateloU : « Mes amis point de canons, point de fUsils, à l'abordage!... * Jean Bart^euuie le feu du vaisseau amiral, l'accroche, saute à son bord , attaque corps à corps
l'amiral lui-même, le tue d'un coup de pistolet dans la poitrine, et ramène en triomphe la flotte marchande à Bunkerque. — Nous n'i^outerons plus qu'un trait pour achever de peindre son indomptable résolution. Ayant reçu la mission de conduire à Blseneur le prince de Conti, élu roi de Pologne, il fut attaqué par les Anglais et courut grand risque d'être pris. Après Paffîrire, comme le prinee lui exprimait sa Joie d'avoir échappé t « Nous n'avions pas à craindre d*être faits prisonniers, lui répondit Jean Bart : mon fils était à la Sainte-Barbe, prêt à nous faire sauter s'il eût fallu nous rendre. » •— U mourut d'une pleurésie le 27 avril 1703, ftgé de 59 ans. — Jean Bart doit être considéré comme le modèle des capitaines de vaisseau, mais il est douteux qu'un si bouillant courage soit compatible avec les qualités que l'art réclame aujourd'hui d'un amiral. Bict. bi l4 GonviasATioii.
BABTAS (GiJiLLàinii SALLUSTB BU), poète gas* con, né en 1544 et mort en 1590. Il appartient à cetteclasse d'écrivains qui ont pris leur nom de l^ge où ils ont vécu, et que l'on a dédaignés Jusqu'à présent.
Le nom de Salluste, auquel il avait i^outé celui de son château , fut illustré non-seulement dans les lettres, mais encore dans l'art militaire ; ce qui le fit employer dans plusieurs négociations importantes auprès des souverains étrangers, qui voulurent le garder auprès d'eux. Enfin, pour achever de ne pas ressembler aux poètes ses amis et ses contemporains, qui presque tous portaient la robe et toutefois se laissaient aller à la plus honteuse dissolution, du Bartas eut pour vertus principales la modestie et la chasteté, ainsi que ses enivres en font foi. La Première $99Haineou la Création est celui de ses ouvrages qui lui fait le plus d'honneur ; la Seconde eemaine, histoire abrégée des faits et des héros primitif^, est au contraire le plus faible de ses poèmes. Dans celui AeJudiih, dans son hymne sur la bataille d'Itry, et dans quelques autres pièces qu'il adressa à la reine de Navarre et au roi d'tcosse, on retrouve ses défauts, mais non pas ses qualités. C'est partout une affectation des tournures grecques et latines, une sorte de jeux de mots presque continuels et du plus mauvais goût. Mais ce qu'il y a de remarquable, c'est que du Bartas vit ses csuvres imprimées 50 fbis dans 6 ans et traduites dans cinq langues, ce qui serait encore aujourd'hui un assez beau succès. X.
BARTENSTUN. ^oy. Hoianu)».
BAETHiLEMT, c'est-à-dire le fils de Tolmal, l'un des douze apAtres, est probablement le per> sonnage que saint Jean appelle NatbanaeL Dans
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ce OH, Il était de Gana en Galilée, et ee fut saint Philippe qui Tamena à J. C. dont il devint Tun des soixante-doiue disciples et des plus fidèles compagnons, comme on le voit par les é?angélistea. Lliistorien des apôtres, saint Luc, mentionne peu saint Barthélémy ; mais les Pères, et surtout Eusèbe, rapportent que Nathanaêi se rendit aux Indes et que saint Pantène qui visita cette région dans le cours du second siècle, y tronya rirangile de saint Luc répandu par son pieux prédécesseur. Ces renseignements n*ont rien d^invralsemblable, et si Ton se rappelle qu*à cette époque le nom dlude était généralement donné à TArable ou aux contrées à Test de la mer Rouge. Saint Barthélémy ne quitta cette région que pour rejoindre saint Philippe à Hiérapolis, en Phrygie, et pour prêcher TÉvangile enLycaonie oùsaintPaul et saintBarnabé avaient déjà Jeté les premières semences du christianisme. Enfin, il passa en Arménie et y trouva le martyre dans la ville d'Albanopolis , suivant les Grecs le 11 Juin, suivant les Latins le S4 août. Son snppUce (la légende veut qu'il fut écorché vif, puis crucifié) a souvent été représenté par les artistes, et Michel-Ange lui-même, dans son Jugememi dernier, qui est peint sur les murs de la chapelle Sixtine, nous le montre tenant sa peau dans une main et Tinstrument de son supplice dans Tautre. Mattu.
BARTHÉLIMT (là saiht). f^qx. Saiht-Bai-
TIÉLIBT.
BARTHÉLEHT (Jkâh-Jaoquis , abbé), naquit eo 1716 à Cassis, en Provence, d*une famille respectable établie depuis longtemps à Aubagne, où elle jouissait d*une considération due à des vertus héréditaires.
Arftge dedouxe ans, Barthélémy entra au collège de roratoire à MarseiUe. 11 s*éUit desUné lui-même à Tétat ecclésiastique ; mais comme le célèbre lelzunce, évéque de Marseille, refusait d*y admettre ceux qui étudiaient & TOraloire, il fit ses cours de philosophie et de théologie chez lesjésuitei.
Barthélémy entra bientôt au séminaire dirigé par les laxaristes; là, dans ses moments de loisir, a étudia les langues orientales; il finit son sémiBaire , et, quoique pénétré des sentiments de la religion, il n*eut pas la moindre idée d'entrer dans le ministère ecclésiastique. Il se contenta d'en garder l'habit, qui, à cette époque donnait rentrée dans les phis hautes sociétés à ceux que leur rang ou leur fortune en éloignait natureUenent. Barthélémy n'avait du penchant q«e pour Tétode, ni d'autre goût que celui des lettres. Retiré à Aubagne dans le sein de sa fa-
mille, fia vie s*y serait passée dans une tranquille obscurité, si le hasard n'avait favorisé son amour pour les sciences et n'avait déterminé la carrière dans laquelle il s'est illustré. Dans plusieurs voyages qu'U fit à MarseUle, il rencontra M. de Cary, savant antiquaire, qui l'initia dans les secrets delà numismatique. Il puisa les premiers éléments de la science archéologique dans les manuscrits de Peiresc qui enrichissaient la bibliothèque du président de Maxangues à Aix. U sentit bientôt que la province n'ofiFrait ni ressources à son talent ni espoir à sa fortune.: il se rendit à Paris, et fut reçu chex Gros de Boxe, ancien secrétaire de l'Académie des inscriptions et belleslettres et garde du cabinet des médailles. Ce savant sut tellement apprécier le jeune Barthélémy que, 18 mois après son arrivée dans la capitale, il le fit nommer son adjoint à la garde des médailles ; Barthélémy n'avait alors que 30 ans.
Deux ans après, il fut élu à la place d'associé à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, et en 1753 il succéda à de Boze comme garde du cabinet des médailles, après avoir été huit ans son adjoint.
Pour compléter ses études et mettre, pour ainsi dire, le sceau à ces connaissances pratiques qui sont indispensables dans la science des antiquités, Barthélémy sentit la nécessité de visiter l'Italie. II partit muni d'une commission du roi et d'une gratification de 6,000 fr. Benoit XIV le reçut avec cette aflbbilité, cette gaieté, cette bonhomie spirituelle qui le caractérisaient.
Ce fut dans ce voyage que Barthélémy connut M. de Stainvilie, depuis duc de Choiseul, dont la protection influa si puissamment sur son existence entière.
Protégé par ce ministre, Barthélémy n'abusa jamais de sa position; il refusa presque autant de bienfaits qu'il fut obligé d'en recevoir. Sa conduite fut toujours noble et généreuse. Il ne voulut accepter la place de directeur du Mercure qu'on enlevait à Marmpntel que pour lui en rendre le brevet; et pourtant sa démarche, mal interprétée, lui fit des ennemis, parmi lesquels d'Alembert se montra le plus acharné. On peut vanter sa modération et citer sa conduite délicate dans le combat de générosité qui s'éleva entre lui et le savant le Beau, à l'occasiou de la place de secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions.
L'histoire de Barthélémy est dans ses travaux, et cette histoire est intimement liée à celle du cabinet des médailles au milieu duquel il vécut près d'un demi-siècle. Il arrangea toutes les médailles transportées de Versailles à Paris, dans
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le cabinet où elles sont maintenant; les Térifia toutes sur les catalogues, inséra dans la suite les médailles du maréchal d^Estrées, celles de Tabbé de Rolhelin, le cabinet de H. de Cary, celui de M. de Clè?es, et enfin le superbe cabinet de M. Pellerin, et les 'pièces acquises de celui de jy.d^Ennery. Les médailles antiques acquises par Barthélémy et classées par lut dans le cabinet des médailles, montèrent à 30,000 et égalèrent, autant pour la rareté que pour la quantité, celles qui depuis son établissement Tavaient placé au premier rang de tous les cabinets de TEurope.
En 1780 Barthélémy succéda à Bauzéedans TAcadémie française, qui avait résolu de Télire malgré sa modeste résistance.
Ce fut son dernier bonheur; il fut bientôt battu par la tempête révolutionnaire, qui frappait un vieillard déjà accablé sous le poids des ans et des infirmités. Il fut dépouillé de tout ce qu*il possédait, chaque Jour lui enleva un ami, et bientôt il subit lui-même Thonneur de incarcération. U a, dans ses Mémoires, la délicatesse de ne pas nommer son dénonciateur. Il resta peu de temps en prison. Paré, ministre de Tinlérieur, vint bientôt lui oflPrir la place de bibliothécaire, douce et honorable récompense de ses travaux; et cette démarche, qui contrastait bien vivement avec les mœurs du moment, honore le miAistre qui la fit dans ces temps désastreux.
Barthélémy mourut au commencement de Tannée 1795. Lé cours de sa vie offk*e peu dUncidents; mais, dans la notice écrite par lui-même deux ans avant sa mort, il peint avec une rare candeur son caractère, son cceur, son âme tout entière. Cette notice est remplie de finesse et de grâce; le style en est simple et pourtant entraînant. On ne peut conter plus agréablement, ni donner plus dlntérêt à une anecdote. Son récit de Texercice littéraire du collège de TOratoire, sa conversation arabe avec un Juif, et surtout sa visité chez le prélat Batardi, à Rome, sont de petits chefâ'd*œuvre et des modèles de Tart de narrer.
Outre le y^yage du jeune Anachar$i$ en Grèce (1788), auquel Barthélémy a travaillé 50 ans et qui a fait sa réputation européenne, on a de Barthélémy des ouvrages moins connus du monde, mais qui sont du plus haut intérêt pour la science. Nous ne citerons que les principaux: leur nomenclature complète serait aussi longue que cet article. On en trouvera la plus grande partie dans les Mémoires de TAcadémie des inscriptions et belles-lettres. Les plus remarquables sont : Réflesions êur l'alphabet et la langue de Palmrre, Paris, 1754. Explication de latnœatqMedePaleêtrine^ Paris, 1760. Dis-
sertation sur une inscription grecque relative aux finances d'Athènes, Paris, 1799. Essai d'une palœographie numismatique, Caryte et Polydore, roman, Paris, 1760. Bdhbesah.
BARTHÉLÉMY et MÉRT, poètes contemporains, se sont fait un pom distingué dans la littérature française. Tous deux sont nés à Marseille, Barthélémy en 1796, Méry en 1802, et ils reçurent leur éducation littéraire au collège des pères de roratoire. Ils se rendirent en 1832 à Paris, presque en même temps que M. Thiers. A cette époque la lutte des partis politiques, s'était décidée en faveur des ultra-royalistes. Barthélémy et Méry, mirent leur verve poétique au service du libéralisme et publièrent une série de poèmes et de satires, remarquables par leur richesse poétique , par leur violence et par leur mordant. Ce furent : les Sidiennes (1825), les Jésuites (1826), la filléliade (1826), Rome à Paris (1826), la Corbiéréide (1827), une soirée chez M. de Peyronnet (1827), le Congrès des ministres (1827), la Censure (1827), la Bacriade (1827), Étrennes à yuièle (1828). Sous le ministère Martignac, la matière â satire devenue plus rare, Barthélémy et Méry écrivirent un poème intitulé Napoléon en Egypte, ouvrage plein de couleur, de mouvement etd*éclat. Après cette publication, Méry partit pour foire un voyage en Italie et en Grèce, et Barthélémy se rendit â Vienne en Autriche pour offrir un exemplaire de leur poème au duc de Relchstadt. Mais le poète ne put être admis auprès du jeune prince, et il raconta, à son retour à Paris, son voyage en un poème intitulé le Fils de l'homme, qui fut saisi par la police et devint Tobjet d'une poursuite Judiciaire. Barthélémy se défendit en vers et n'en ftit pas moins condamné â plusieurs mois de prison. C'est pendant sa captivité qu'il écrivit son poème Waterloo au général Bourmont. Sur ces entrefaites éclata la révolution de 1830. Barthélémy et Méry la chantèrent dans leur poème l'Insurrection. En 1851 ils firent paraître la Dupinade, ou la révolution dupée; en 1882, une élégie sur la moKdu général Lamarque. Dans le cours de la même année Barthélémy publia seul, sous lé titre de Douze Journées de la révolution^ douse tableaux de la grande révolution^de 1789, et U commença la Némésis, recueil hebdomadaire de satires politiques,* dans lequel il fit la plus violente opposition au gouvernement de juillet. Mais au bout d'une année, il fit sa paix avec la dyiàstie de 1830. Les plus graves accusations de vénalité l'assaillirent alors; et, après avoir publié un poème intitulé ma Justification, qui ne le Jus-
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Ufia point aux yeux de PopposilioD, il entreprit un Toyage en Amérique et commença une traduction de l'Énétde en vers français. Ce travail, terminé en 1857, renferme d*admirables pages, Un po«me sur la SjrphHiB est le dernier ouvrage que Barthélémy ait publié. Méry, nommé bibliothécaire de la Tille de Marseille, publia seul le Bonnet vert y roman, l'jé ssassinai, Scènes f néridionalee de 1815 (1851), les Scènes de la vie italienne (1857) Heva et plusieurs autres romans parmi lesquels on distingue un Amour dans Vatenir, les Nuits de Londres, la Comtesse Hortensia et la Floride. V. H.
BARTHEZ (Paul-Joseph), né à Montpellier en 1734, fit ses études élémentaires à Narbonne, puis à Toulouse, étudia la médecine à Monlpel- Wer, et y prit le grade de docteur en 1753. Doué d*une haute portée intellectuelle, plein d*érudition, connaissant sept ou huit langues, Barlhez est sans contredit un des hommes qui jetèrent le plus vif éclat sur récole de Montpellier. Recommandé par son mérite au[jrès des premiers savants de son temps, ceux-ci s*empressèrent de se Tassocier comme collaborateur au Journal des savanU et à VEnqrclopèdie, Jusque-là Barthez n^était encore guère connu que des hommes, tonjours peu nombreux, auxquels il est donné de deviner en quelque sorte le génie. Cependant une chaire vint à être mise au concours à Tuniversiléde Montpellier, et le jeune docteur fut nommé professeur en 1769. La brillante élocution dont il était doué, les vastes connaissances qu'il avait acquises, et surtout cette puissance de généralisation qu*il possédait au plus haut degré, et qui séduit si aisément les jeunes imaginations, concoururent ensemble à attirer à ses leçons un grand nombre d*élèves. Les hypothèses, on pourrait presque dire les rêveries, de Stahl et de Van Helmont, créant un véritable chaos dans lequel 1rs vérités rigoureusement démontrées se trouvaient comme perdues, la plupart des médecins ne voyaient alors dans Torganisation que des phénomènes entièrement et exclusivement sourais à Tempire des lois physiques. Barthez parut : il remania toute la science physiologique, et reconnut dans réconomie un principe distinct de la matière, qui se la subordonne en ranimant, et qu'il appela principe vital. Malheureusement Barthez ne s'en tint point à cette donnée si juste de l'observation : il érigea en forces secondaires tous les phénomènes qu'il ne pouvait rattacher immédiatement à sa première conception. Le premier ouvrage dans lequel cet écrivain mit sa doctrine en lumière parut en 1778, sous le titre de Nouveau» éléments de la science de l'hom-
me. Forcé, à l'époque de la révolution, de quitter Paris, où sa réputation l'avait foit appeler comme médecin du roi, avec le titre dé conseiller d'État, il se retira à Carcassonne où il mit au jour un nouvel ouvrage. Nouvelle mécanique de l'homme et des animaux. Plus tard il fit paraître son Traité des maladies goutteuses. Il a, de plus, laissé plusieurs mémoires remarquables et des consultations de médecine, qu'on ne lit pas sans^uit. Le vice qui entache tous les ouvrages de Barlhez jusqu'à sa Mécanique des mouvements, qui par sa nature semble tant s'en éloigner, résulte d'une trop grande facilité à généraliser, qui le porte à conclure d'un trop petit nombre de faits : l'esprit se perd dans toutes ces abstractions dont la plupart manquent de base légitime, de faits qui les appuient. Barthez Inourut à Paris en 1806. Sixon.
BARTHOLE, né en 1505 à Sasso-Ferrato, dans la Marche d'Ancône, l'un des plus célèbres jurisconsultes du xiv«» siècle. Il s'était livré à l'étude du droit dès l'âge de 14 ans, fut reçu docteur à 21, et enseigna successivement à Pérouse, à Bologne, dans les plus fameuses universités d'Italie. Sa réputation devint européenne. Il fut consulté par l'empereur Charles IV, qui l'anoblit et lui donna l'écusson de Bohème. Son nom s'éteignit avec lui. Il n'eut point de fils de la femme qu'il avait épousée à Pérouse. Il mourut *dans cette ville en 1555. Il avait étudié aussi l'hébreu pour comprendre les livres saints dans leur texte original. Il s'engagea entre lui et Baldus, son ancien disciple, une polémique qui dura plusieurs années : il s'agissait d'un mot. Cette polémique se renouvela en France dans le xvie siècle entre Ramus et l'université de Paris. Toutes ces disputes de pédants d'éeole ne faisaient point foire un pas à l'instruction. La découverte des Pandecles, qui ne sont qu'une informe et immense compilation de lois, de rescrits impériaux; de commentaires, d'annotations de jurisconsultes, de magistrats romains, fut annoncée au monde comme un grand évéuemenl pour la civilisation, et n'a fait qu'ériger des sophismes en systèmes. -— Barthole employa toute sa vie à débrouiller ce chaos. Il y a jeté quelque lumière, et ses annotations ou traités, comme on voudra les appeler, forment 15 énormes infolio. Et après plus de quatre siècles, cette compilation, ordonnée par Jûstinien et grossie par l'effrayante agglomération des arrètistes, des commentateurs qui se sont succédé dans ce long intervalle, régit encore toute l'Europe, la France exceptée : car elle seule possède un corps de lois uniforme, unique pour toutes ses localités
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et tous les oitoyens. Barthole n^appartient qu'à rhlBtoiret des anciennes uniyersités. X.
BARTOLOZZI (FaARGiso), Tun des plus célèbres graveurs, né a Florence en 1750, où il étudia le dessin sous Hugfort. Ferretti et d'autres. A Venise, où il éUit particulièrement bien reçu dans la maison du poète comte Goni, à cause de son talent sur la guitare, chex son professeur Wagner, à Florence et à Milan, il grava à Teau forte une multitude de sujeU religieui. il se rendit ensuite à Londres, où il trouva les plus puissants encouragements et la protection des personnes les plus recommandables j il se voua entièrement au goût national, et travailla lui-même à la gravure pointillée. Ses planches furent enfin tellement recherchées que la coUec- Uon complète s*est payée jusqu'à 1,000 Uvres sterling. Il obtint la place de graveur royal, et fut nommé membre de TAcadémie des beauxarU de Londres, n y avait déjà 40 ans qu'il habitait cette viUe lorsqu'U alla à Lisbonne graver le portrait du prince régent, qui lui conféra, en 1807, l'ordre du Christ. Il mourut dans ceUe dernière vUle en avril 1815. Il se servait fort habilement de l'aiguille, et n'employait le burin que pour achever son travail. U joignait à l'exactitude du dessin une grande délicatesse d'exécution. Une de ses gravures le plus estimées est celle qui représente la mort de lord Ghatam, d'après Coypel, dont une bonne épreuve était payée 500 francs, U y a déjà fort longtemps. Ladr ang ChUd est une des plus gracieuses gravures qu'on connaisse. Le nombre de toutes ses planches dépasse â,000, y compris plusieura imitations de dessins à la main, gravées à l'eau forte. Le banquier viennois, Yan der HuU, mort actuellement, passe pour avoir possédé, d'après un arrangement particulier avec Bartolozzi, tous les ouvrages de cet artiste recommandable. L'AnglaU Marc Sykes possédait également toutes les gravures de Bartoloszi, ainsi, que ses pr^ mières esquisses et un grand nombre d'épreuves. Elles lui avaient coûté 6,000 louis, et furant vendues publiquement à Londres en 1894, avec la collection de manuscrits qu'il possédait. X.
BARUCH, flls de Néria, était de la tribu de Juda ; il s'attacha à la personne du prophète Jerémie à qui il servit de secrétaire et qu'il ne quitta qu'après sa mort. Ce fut Baruch qui, sous sa dictée, écrivit ses prophéties. Joakim, roi de Juda, eut connaissance de cette collection de prophéties : il en fit faire la lecture devant lui, et, après en avoir entendu quelques passages, il prit le livre, le coupa avec le canif du secrétaire cl le brûla tout entier dans un brasier qui était
devant lui. En même temps il ordonna dVirrètcr Baruch et Jérémie; mais on ne les trouva pas. Jérémie fit de nouveau écrire ses inspirations par Baruch, et il ajouta de nouvelles prophéties aux anciennes. La quatrième année de Sédécias, Baruch alla à Babylone pour y porter une lettre de Jérémie dans laquelle le prophèta prédisait les malheura qui devaient arriver à cette ville, Jérémie étant mort en Egypte, Baruch se retira à Babylone où il acheva ses jours.
Le livre qui porte ie nom de Baruch n'existe qu'en grec et n'est pas canonique pour les Israélites; outre la version des Septante, il existe de Baruch des versions en syriaque et en arabe. Le livra de Baruch ne porte point en lui les caractères de l'authenticité. S. Cabin.
BARYTE, oxyde métallique qui compte au nombre des alcalis. Son nom vient d'un mot grec qui signifie pesant et indique une de ses propriétés. Dans les anciens ouvrages, on le trouve désigné sous celui de terre peeanie et de barote.
Les mineurs appellent bwyie ou êpaih pesani la combinaison de cette base avec l'acide sulfurique, qui sert souvent de gangue aux minerais métallifères et surtout à ceux de plomb sulfuré et d'antimoine sulfuré.
Les premiers chimistes qui ont examiné la ba-^ ryte l'ont confondue avec la chaux ; Gahn et Scheele apprirent à la distinguer, et ses propriétés ont été bien connues longtemps avant que l'on ait eu des données certaines sur sa composition. De même que tous les autres alcalis, on la considérait encora comme un corps simple, lorsqu'on 1808 Davy prouva qu'elle est composée d'oxygène et d'un métal quia éte appelé barium. Le nom de protoxyde de barium dut alora remplacer la première dénomination.
La baryte n'existe pas dans la nature à l'état libra. On la trouve toujoura combinée avec l'acide sulfbrique ou avec l'acide carbonique. Pour l'obtenir pure on a ordinairement recoura au sulfate. On le réduit en poudre fine , on le mêle avec du charbon , et on expose le crauset dans lequel on renferme le méUnge à une température très-élevée. Le charbon s'empare de l'oxygène, de l'acide sulfurique et de U baryte; de là résulte de l'oxyde de carbone qui se dégage, tandis que le soufra reste combiné au barium.
Le sulfura ainsi obtenu est dissous dans l'eau; mais U solution est troublée par l'excès de charbon et le sulfete non altéré. On y verse de l'acide nitrique; on filtra ta liqueur pour séparar les matières insolubles, et, en l'évaporant, on obtient des cristaux de nitrate de baryte. Ce sd, calciné dans une cornue en poroetaine ou dans
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on enmei d*argent, jusqu'à cê qu'il ne s'échappe plos aocan ^ax, perd tout Tacide nitrique qu'il cooleuaity et la baryte reste pure, sous fonne de masse poreuse d'une couleur grisâtre. Bans cet état on lui donne souvent l'épitliète de eauatique. Elle verdit le sirop de violettes, rougit la teinture de cureuma. Exposée à l'action de Tair, eDe en attire l'buinidité, se combine avec l'acide carbonique qui y est répandu, et devient alors plus blanche. Si l'on fait passer un courant d'oxygène dans un tube rempli de fragments de baryte et entouré de charbons ardents, elle devient incandescente, le gaz est absorbé; le résultat de l'opération est du 4mto:tyd9 de hor rium, qui sert à préparer l'eau oxygénée.
L'eau versée en petite quantité sur cet oxyde donne lieu à une vive incandescence, et se combine avec lui avec une telle force que la chaleur la plus forte ne peut la dégager. Si on i^oute assez de liquide bouillant pour le dissoudre, on voit, par le refroidissement, se déposer des cris* taux qui se présentent sous forme de prismes hexagones terminés à chaque extrémité par des pyramides tétraèdres, et qui sont fermés de baryte et d'eau.
La sobiUon au contact de l'air se couvre promptement d'une pellicule , qui n'est autre diose que du carbonate de baryte. C'est un réactif souvent employé pour reconnaître la présence de l'ftdde sulfurique, qui forme avec elle un précipité blanc, pesant, insoluble dans Tacide nitrique. U est presque inutile de dire que le même caractère sert à reconnaître la baryte. Il pourrait, il est vrai, la ftiire confondre avec la strontiane; mais les sels dece dernier oxyde colorent la flamme de Falcool en rouge, tandis que ceux du corps qui nous occupe lui communiquent une teinte livide.
La baryte et ges sels solubles sont très-vénéneux ; cq^endant on a employé Thydrochlorate dans le traitement des maladies scrofuleuses | et, ^loique l'usage de ce médicament énergique n*ait pas été sans succès, il a été à peu près abandonné. AuBiaeiia.
BARTTINS. C'est le nom que l'on donne quelquefois à la banrte sulfatée, appelée aussi spoià peêmmi.
BABTTON, voix d'homme qui tient le miiieu entre le ténor et la basse, f^ctr* l'article Yoix.
BABTTON (vUUa di Bordone), instrument de musique à cordes et à archet, dont l'usage s'est perdu depuis peu. Il ressemblait à la viola di gamba (voy. ce mot), mais avait cela de particoUer que des cordes métalliques (au nombre de 10) se pinçaient à vide avec le pouce de la
main gauche, tandis que les cordes à boyau (att nombre de 7) se Jouaient de la manière ordinaire avec l'archet. On ne connaît pas le nom de l'inventeur ; mais c'est vers l'an 1700 que cet instrument a été produit. Il était très^ifflcile à Jouer et c'est peut-être ce qui Ta empêché de se répandre dans lès orchestres. Eesté entre les mains d'un petit nombre d'artistes , il fut poussé au plus haut degré de perfection par deux virtuoses^ allemands , Charles Vranz et Antoine Lidl. Ce dernier perfectionna le mécanisme de Pinstrument et porta le nombre des cordes métalliques jusqu'à 37. Bien n'égalait son habileté ; il charmait son auditoire par des effets extraordinaires. Le prince Ssterhazy aimait beaucoup le baryton, ce qui engagea le célèbre Haydn, directeur de sa chapelle, à composer Jusqu'à 165 morceaux pour cet instrument. 6. B. Ardies.
BABTUH, métal découvert par Davy, et qui se trouve dans la nature en combinaison avec l'oxygène, les acides sulfuriques et carboniques. Foy, Baitti.
BAS (iM^. BoNvrtTiaii). Les peuplesde l'antiquité habitants des pays chauds ne couvraient ordinairement le bas de leurs Jambes d'aucun vêtement, ce qui est constaté par les peintures, les statues, les bas-reliefe qui nous restont des Grecs et des Bomains; les Gaulois, les Germains et autres barbares , étaient si pauvres et si endurcis contre les rigueurs du ciel qui les couvrait qu*une peau de bêto Jetée sur les épaules et un simple caleçon composaient tout leur vêtement ; ce fut dans le moyen âge que l'industrie ayant fait quelques progrès, les gens un peu aisés enveloppèrent leur Jambes de bas, {iibiaie, de tibia [flûte] , os antérieur de la Jambe) , d'étoffé de toile, de peau^ que l'on fixa avec des courroies, des cordons; mais ces bas n'avaient pas de pied ; ce perfectionnement fut trouvé plus tard ; alors, on fit des bas cousus qui collaient sur la Jambe et en prenaient exactement la forme.— On croit avec beaucoup de vraisemblance que l'art de tri-* coter des bas ne fut trouvé que sous François I*'; son fils Henri II porta aux noces de sa fille les premiers bas de soie que l'on eût vus en France, mais le peuple et même les gens des classes aisées continuèrent longtemps encore à porter des bas cousus j le Jeune Laforce portait des bas de toile le Jour de la Saiht-Barthélemy.— Aféfo'erd bas, L^auteur de cetto admirable machine est inconnu ; les Français prétendent qull était de leur nation, qu'il vivait sous Louis XIY, à qui i^fUrent présentés les premiers bas qu'il fabriqua. TiTSStDKE.
BASALTE {Minéralogie, géologie.) Boche si-
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liceuse, d*iin gris plus ou moins noirâtre, contenant des proportions variables de fer oxydulé, d'alumine et de ctiaux, et même quelquefois, suivant Klaproth , un peu de soude. Cette composition rend les t>asaltes fusibles au chalumeau, et le produit de leur fusiop est une scorie analogue à celle des hauts fourneaux où l*on traite les mines de fer. Cette roche est quelquefois assez dure pour donner des étincelles sous le choc du briquet. Suivant les analyses faites par plusieurs chimistes, les divers éléments des basaltes seraient dans les proportions suivantes : silice, 0,50 ; fer oxydulé, 0,25; alumine, 0,16; chaux, 0,00. La cassure est grenue, mais à grains extrêmement petits et d'une texture très-serrée. Un de ses caractères distinctifs et les plus remarquables, c*est la division de plusieurs grandes masses basaltiques en prismes verticaux, subdivisés en tranches superposées comme les tombours dont Tassemblage forme les colonnes construites par les architectes. Quelques minéralogistes ont cru voir dans celte structure une cristallisation : mais comme aucun mode régulier d'agrégation ne peut être assigné à la forme de ces prismes, à leurs angles et à leur juxtaposition , on ne peut attribuer ces faits à une cristallisation, à moins qu'on ne change le sens de ce mot, et qu'à force de le généraliser, on ne le rende beaucoup trop vague. Une autre opinion, qui parait mieux fondée, assimile les fentes verticales des masses basaltiques à celles qui ont lieu dans les corps dilatés par un fluide ou un liquide interposé entre leurs molécules, lorsque la cause de dilatation vient à cesser. Des faits analogues s'offrent souvent à nos observations; mais les formes prismatiques ne s'y produisent point, en sorte qu'ils ne peuvent nous donner une notion complète de ce qui s'est passé dans les masses de basalte.— Des difficultés plus grandes encore viennent s'opposer aux recherches géologiques, lorsqu'il s'agit de remonter jusqu'à la formation des basaltes. Ces roches sont-elles un produit du feu ? On serait tenté de l'affirmer en voyant qu'elles abondent autour des volcans , soit que les éruptions aient cessé depuis longtemps, soit qu'elles continuent avec plus ou moins d'activité. En Europe, le Vésuve, l'Etna, l'Héda; en Afrique, les Volcans des lies de TénérifiFe et de Bourbon ; en Amérique, les cratères disséminés le long des Cordillères, etc., montrent partout des basaltes dans leur voisinage. Les volcans éteints de la France et des
bords du Rhin ne diffèrent pas à cet égard doA l'action violente et tumultueuse des feux souterceux qui lancent encore des flammes et des ma- 1 rains, qui, après les avoir fOndues, les auraient ttères fondues. Il semble donc que les vulcanis- \ lancées au dehors comme les laves des volcans*
ie$ réclament Justement les basaltes pour les placer dans le domaine du feu. Mais d'autres faits viennent attaquer ces prétentions et défendre la cause des neplunistes, partisans zélés des formations aqueuses. « Le basalte, disent leurs avocats , alterne quelquefois avec la chaux carbonatée; on le trouve.mèmeen filons dans cette nature de roches ; il est associé à la houille,qui certainement n'a pas éprouvé l'action des feux souterrains ; on le trouve superposé à la chaux coquillière, formée évidemment au sein des eaux. > A ces arguments,. fondés sur des autorités imposantes, les vulcanistes opposent le résultat des expériences, qui prouvent que le carbonate de chaux peut n'être pas décomposé par la plus haute tenipérature que l'on produise dans les fourneaux , si on le soumet à une pression suffisante pour contre-balancer la force expansive du calorique, et par conséquent le départ de l'acide carbonique et de l'eau; que dans les mêmes circonstances et aux mêmes conditions, les matières végétales ne brûlent point, et prennent la forme, l'apparence et la texture de la houille ; que les terres fondues et converties en verre peuvent revenir à leur état primitif, et ne conserver aucun indice de fusion, si le refroidissement a été très-lent, et s'il a constamment procédé avec uniformité dans toute la masse. « Ainsi, disent les partisans des formations ignées , les matières qui se présentent aujourd'hui sous la forme de basalte ont pu subir autrefois une fusion complète, envelopper des couches de débris végétaux , ou en être enveloppées , traverser des couches décomposables par l'action des feux souterrains; il s'agit seulement d'assigner, d'après une étude approfondie de toutes les circonstances locales, les causes qui purent arracher de l'intérieur de la terre ces masses énormes qui s'élèvent actuellement en montagnes; et il ne fout pas perdre de vue que ces masses devaient être ensevelies à une immense profondeur, que leur déplacement a dû bouleverser de vastes contrées où tout a été déplacé* où ces grandes catastrophes ont dû laisser des traces inefifoçables. • Mais les neplunistes ne se rendent pas encore; ils citent des basaltes superposés à des masses granitiques, où rien n'indique un déplacement, et ils en tirent la conséquence assez plausible, que certaines roches de cette nature ont été formées à la place même où nous les voyons, ou qu'elles y ont été transportées paisiblement avec ordre et lenteur, et non par
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Sn présentant à nos lecteurs ce résumé rapide d^D grand débat géologique, nous nous abstiendrons de f^ire pressentir la décision : adhuc subfudiee lis est. Linstruction n^est point terminée; des faits essentiels lui manquent encore, et pour les recueillir , il faut le concours d'observateurs scrupuleux, qui prennent tout le temps nécessaire pour bien voir et vérifier leurs observations. — La couleur sombre des basaltes le rend peu propres à rarchitecture ornée ; les anciens Égyptiens en firent des statues et surtout des sphinx ; les sculpteurs modernes n'exercent leur art que sur des pierres moins dures, et qui se prêtent mieux à la délicatesse de leur ciseau. Fekkt.
BASANE, peau de bélier, de mouton ou de brebis, que Ton a passée au tan ou au redoul, sorte de plante que les tanneurs emploient pour donner la première préparation à ces peaux. La basane a différents usages , selon les divers apprêts qu'elle reçoit. On en fait des couvertures de livres, des portefeuilles; on en couvre des chaises, âes banquettes, des fauteuils, etc., et on en fait aussi des tapisseries de cuir doré. Il y a plusieurs sortes de basanes : les basanes tannées ou de couche, les basanes coudrées, les basanes chipées , les basanes passées au mescuis, et les basanes aludes. Les basanes tannées ou de couche sont celles qui ont été étendues de plat dans la fosse , pour y être tannées à la façon des peaux de veaux, mais qu'on n'y a pas laissées si longtemps ; elles servent à faire des tapisseries de cuir doré. Les basanes coudrées sont celles qui, après voir été dépouillées de leur laine dans le plein , par le moyen de la chaux, ont été rougies dans l'eau chaude avec le tan. Elles servent aux mêmes usages que les basanes tannées. Les basanes chipées sont celles auxquelles on a donné un apprêt particulier, qu'on appelle cAipage. Les basanes passées au mesquis sont celles qui, au lieu d'être passées au tan, Pont été au.redoul. Enfin les basanes aludes sont celles qu'on teint ordinairement en jaune, en vert ou en violet, et qui sont très-velues d'un seul côté. Elles sont nommées aludes parce qu'on se sert d'alun dans les différents apprêts auxquels elles sont soumises. Cette espèce n'est employée ordinairement qu'à couvrir les livres et des portefeuilles. F. Rathoftd.
BASAK ITE. {Géologie.) Ce nom a été employé quelquefois par Pline pour désigner une substance minérale qu'il dit servir de pierre de touche et être employée pour faire des mortiers. Quelques minéralogistes ont voulu reconnaître sur cette légère indication, soit notre pierre de
touche ordinaire, soit la même roche que le basalte antique, tandis que d'autres ont pensé que c^était un marbre. Sans vouloir lever l'Incertitude qui règne à cet égard, Brongniart a proposé, dans sa classification minéralogique des roches, de donner le, nom de basam'te aux masses minérales mélangées qui ont pour base le basalte considéré dans ce cas, comme substance simple, formant la pâte ou le cimentqui unit les autres matériaux de la roche. Db..z.
BASBORD. ^oy, Baboko.
BASCHKIRS, ou plutôt Baschkourtes y de kourte, abeille , gens qui élèvent des abeilles. Ce peuple, d'origine tâtare, c'est-à-dire turque, errait autrefois au delà de l'Oural ; aujourd'hui il est établi en deçà de ces montagnes, là où elles prennent d'eux le nom iTOural baschkirien, entre les fleuves Kama, Belata, Oural et le Volga, au nombre d'environ 27,000 familles, dont 19,000 appartiennent au gouvernement russe de Perm et les autres à celui d'Orenbourg. Ils prétendent être issus des Nogaïs ; mais leursfigures plus aplaties et leurs petits yeux trahissent un mélange avec des peuples d'une autre race et surtout avec celle des Mongols. On croit aussi qu'ils étaient mêlés avec des Boulgars {vox*) sur le territoire desquels ils ont longtemps demeuré.
Après la prise de Kasan par Ivàn lY Vassiliévitch, les Baschkirs se placèrent sous l'autorité du czar moscovite ; et pour les défendre contre lesKirghises qui ne cessaient de les harceler, les Russes bâtirent la ville d'Oufa. Leur reconnaissance n'alla pas jusqu'à devenir des sujets fidèles et dociles ; au conlraire,.à plusieurs reprises des révoltes éclatèrent parmi eux, et à chaque fois ils ravagèrent de la manière la plus horrible les terres de leurs voisins. Ramenés à l'obéissance par la force des armes, ils perdirent leurs kans, leur noblesse et leur constitution primitive; depuis la révolte de 1735 à 1741, ils sont organisés à la manière des Cosaques, milices dont ils embrassèrent encore le parti en 1774, lors de la rébellion de Pougalchef. Peu à peu la douceur du gouvernement russe à leur égard les désarma, et aujourd'hui, libres de toute autre redevance, ils font sans résistance le service |de la garde des frontières, ainsi que les Cosaques.
Jadis ils étaient tous nomades; mais depuis quelque temps on en trouve aussi de sédentaires. Ceux-ci s'adonnent à l'agriculture, tous les autres sont pasteurs, se livrent à la pêche et à la chasse , et élèvent des abeilles. On trouve des Baschkirs possédant jusqu'à 9,000 chevaux, et il est rare d'en rencontrer qui n'en aient au moins
30 ou 40, Les riches ont 500 ruches et au delà ; les patnnts en ont au moins 4.
Les habitations des Baschkirs, ^oiqne humblés et peu commodes, occupent beaucoup d^espace; diaque chef de femille réunit un certain nombre dt xourteê ou cabanes dans un enclos séparé. Leurs yiOai^s d*hiyer, comme ceux d'été, ne renferment qu'une faible population et annoncent plutôt la pauvreté que Taisance; les églises ne sont guère moins misérables que les maisons.
Le baschkir, de taille moyenne, large, nerveux et charnu, est belliqueux de sa nature, hardi, adonné au brigandage et sans culture. Ses armes sont les flèches, la lance et Tare, auxquels viennent maintenant se joindre les armes à feu. Il parie une bngue assez semblable à celle des Tatars de Kasan, et lorsquHl écrit il se sert des caractères arabes. L*homme ne daigne pas é'occuper des soins du ménage; il se livre à Tindolence pendant que la femme travaille. Quoique mahométans, à peu d'exceptions près, ils connaissent fort peu la loi du prophète et ne pratiquent pas plus Tabstinence du vin que les ablutions qui leur sont prescrites et qui remédieraient à la malpropreté qu*on leur reproche. Avec cela ils sont superstitieux et attribuent un grand pouvoir à leurs magiciens. Quant' à leurs vertus, on on cite leur courage, leur hospitalité et leur bienfaisance , surtout à Tégard de leurs coreligionnaires.
Leur territoire est divisé en 90 volostes ou districts, gouvernés par des anciens dont chacun est assisté d'un écrivain. Leurs mollahs, après avoir étudié à Kasan, sont confirmés par le mufti d'Oufa. ScmiTZLXi.
BASCULE. On désigne parce mot tout système de corps suspendu sur un point, mobile ou non, et autour duquel il oscille , Jusquli ce qu'il se trouve en équilibre. H n'est personne qui ne connaisse le jeu de bascule, SI les deux bras de la bascule, étant égaux en poids, sont inégaux en longueur, la personne la moins lourde se placera sur le plus long, afin que, pesant à l'extrémité d'un plus grand levier, elle agisse plus puissamment.
Le fléau d'une balance est une véritable bascule dontia plupart du temps les deux bras sontégaux. On construit sur le même système des machines hydrauliques de la plus grande simplicité, etdont le mécanisme repose toujours sur l'inégalité des bras delà bascule; de sorte qu'une petite puis* sance étant placée à l'extrémité d'un assez long levier, peut mouvoir un corps assez pesant. Dans la bascitle hydraulique, ce sont deux seaux d'i-
négale capacité et placés aux extrémités d'une bascule dont les deux bras sont d'inégale longueur, et qui s'emplissent et se vident alternativement, de sorte que leur poids changeant sans cesse, ils entretiennent dans la bascule un mouvement continu. D'après ce qui précède U est inutile de dire que le seau le plus léger serait placé à l'extrémité du bras le plus long. On trouve des dispositions du même genre dans la baêcule de d'Artiguee et dans Vhorioge à eau de Perrault. On emploie la bascule dans presque toutes les horloges des monuments publics, pour permettre ou suspendre le mouvement de la sonnerie et pour soulever les marteaux qui frappent l'heure. Enfin, dans ces derniers temps, M. Lepaute a fait à Thorloge du palais de la Bourse de Paris une bien plus curieuse application de cette disposition; car c'est à l'aide d'une bascule, qu'un contre-poids rend trèsfacile à soulever, que sont mues les aiguilles des cadrans , de sorte que la résistance que le poids des aiguilles peut opposer au mouvement dans les autres horloges est presque nulle dans celle-ci. A. LioKàifi».
BASE. Ce mot sert, en général, à désigner la partie inférieure d'un objet, ou celle qui en foit le principe, ou bien encore celle sur laquelle il repose. —Ainsi (en architecture), la based'une colonne est la partie opposée au chapiteau, et qui varie de forme et d'ornement suivant que l'on emploie l'ordre toscan, l'ordre dorique, Tordre ionique on Tordre corinthien. Dans les temples de TÉgypte, dans ceux de Pestum et dans quelques anciennes constructions de l'Inde , il se trouve des colonnes qui n'ont pas de base et dont le fût pose simplement sur une plinthe qui est un socle carré, tandis que la base est ronde comme la colonne; sa ressemblance avec les replis d'un serpent lui a fait quelquefois donner le nom de spire, du latin spiro. — On dit aussi la base d'un piédestal, la base d'une pyramide, celle d'un monument en général , la base d'un bastion. — - La base d'une coquille (en conchyliologie) est la partie opposée à sa pointe et celle sur laquelle il paraît plus facile de la poser. La base du cœur est au contraire la partie la plus élevée, mais qui se trouve en effet la plus large, et qui est également opposée à sa pointe. — En géométrie, on dit la base d'un triangle pour désigner indifféremment celui de ses cOtés qui est opposé au sommet, mais dans un triangle rectangle, la base est toujours la partie opposée à l'angle droit; dans ce cas, on lui donne quelquefois le noot ô^hxpothénuse. — Dans la levée des plans, on
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donne le nom de base à la ligue certaine sur laquelle on établit des opérations ficU?es ; On tâcbe dans ce cas de prendre pour base une muraille, une roule, un canal; et de U on trace des triangles sur divers points. — En médecine, on emploie le mot dose, pour désigner Tobjet principal d'une mixtion quelconque. L*aloès est soutent la base des pilules , le cacao est la base du chocolat — Base, en peinture, est la partie sur hquelle Tartiste a placé sa figure. — On dit figurémeni que la foi est la base de la religon, la justice est la base de taule autorité. On dit aussi qu*un système manque de base quand le principe d*où Ton part n'offire rien de bien assuré. X.
BASE SAUFIÀBLE. On donne ce nom en chimie à toute substance qui, combinée a?ec un acide, produit un sel; les trois alcalis, potasse^ soude et ammoniaque {vcor. ces mots), les substances terreuses, dont le nombre est plus grand, et tons les autres oxydes métalliques, qui sont bien plus nombreux encore, ont été appelés bases salifiables. On se sert encore de Texpression basesaliflable, pour désigner les corps qui, ayec divers acides, concourent à la formation des sels. Le nom de chaque sel est formé de celui de Tacide et de la base qui se sont unis pour le composer. La terminaison de chaque genre de sel indique, de plus, le degré d'oxygénation de Tacide, lorsque celui-ci peut en prendre plus d'un. Enfin, lorsqu'un même corps estsusceplitible de trois ou quatre degrés d'oxydation, dont chacun donnera un acide particulier, on désigne les deux autres degrés intermédiaires en faisant précéder les noms des deux sels qu'il forme et de deux de ses acides du mot l^po. Le nombre des combinaisons salines qui peuvent être formées de cette manière, ne saurait être déterminé, puisque tous les jours on découvre de nouveaux sels; on imagine aisément d'ailleurs que ce nombre doit être très-grand, puisqu'il résulte de Fanion de chaque acide avec presque toutes ks bases, de tous les acides avec les mêmes bases, et enfin de plusieurs sels doubles, triples, etc.
BASIDOW (Jiak-Bbuaid), connu aussi sous le nom de Bernard de Nordalbingen , qu'il substitua en plusieurs occasions à son véritable nom, doit être mis au rang des hommes distingués du xviii« siècle. Né, eu 1733, à Hambourg, où son pèreétait perruquier, il fréquenta d'abord leJohanneum de celte ville, étudia ensuite la philosophie et la théologie à l'université de Leipxig, et accepta plus tard une place de préeeptcnrdaBSleEolsteyi.Bn 1755 U devint profès*
seur de morale et de belles-lettres à l'Académie de Soroe (Danemark), et, en 1761,11 passa, en la même qualité, au gymnase d'Altona. Là il publia quelques ouvrages théologiques qui furent mis à l'index comme hétérodoxes. L'apparition de V Emile, de Rousseau (1769), lui suggéra l'idée de se faire le réformateur de l'éducation et de mettre en pratique les méthodes proposées par Jean -Jacques et par Ck>ménius, auteur pour lequel il avait une grande estime. Pour exécuter un pareil projet, Basedow ne manqua ni d'habileté, ni d'énergie, et les circonstances ue lui furent point défavorables. Une somme de 15,000 thalers (environ 56,000 francs) qu'il obtint, à titre de secours, de plusieurs souverains et particuliers en Allemagne, suffirent pour couvrir les frais de publication de son Ouvrage élèmen» taire qui parut en 1774. Cet ouvrage, que Basedow fit annoncer par de pompeux prospectus, était une espèce d*Orbts pictus composé de cent planches gravées par le célèbre Chodowiecky, et accompagné d'un texte explicatif en langue allemande, française et latine. Il était destiné à procurer à la jeunesse, en Tamusant, la connaissance d'une foule de choses du monde réel, propres à faire naître des sentiments cosmopolites, c'est-à-dire contraires à toute nationalité étroite et exclusive, sentiments dont le développement consUtuait le but spécial de sa méthode. Déjà, en 1771 , Basedow avait été appelé auprès du prince Vrançois-Frédéric-Léopold d'Anhalt- DessaU, qui méditait une réforme dans l'instruction publique; et, en 1774, il ouvrit, à Dessao, le Philanihropinumy ki première école où sa méthode ait été appliquée, et qui devint, pour ainsi dire, le modèle de toutes celles qui l'adoptèrent dans la suite. Cependant Basedow tint moins qu'il n'avait promis. Son esprit inquiet et toujours occupé de plans immenses et en partie chimériques, son caractère dur et impérieux, qui choquait tous ceux avec qui il avait des rapports, s'opposaient à ce qu'il restât longtemps attaché à son établissement. Après maintes altercations avec ses collaborateurs, il quitta le Philanthropinum en 1778. Mais son xèie pour la propagation de ses doctrines ne se ralentit pas; il con« iinua à les développer dans pu grand nombre d'écriU pédagogiques et philosophiques, qui se distinguent moins par la profondeur que par une certaine recherche de la popularité. Depuis sa sortie éuPhilanthropinum, Basedow séjourna tour à tour dans les principales villes de l'Allemagne, et se fixa enfin à HagdeiMurg où il mourut en ITSN), âgé d'environ 67 ani.
L'infiuence morale que Basedow exei*ça sur
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son temps fut très-considérable, et Ton peut dire que renseignement primaire, en Allemagne, reçut par tes soins une puissante et salutaire impulsion. Si les érudits de profession se sont crus en droit de lui reprocher des exagérations, des erreurs, des puérilités et surtout une certaine indifférence pour les littératures classiques (qui provenaient, sans doute, de ce quUi ne les avait pas assez approfondies), personne ne lui contestera le don d*une éloquence mâle, entraînante, victorieuse, par laquelle il sut répandre d*excellentes idées et de hautes vérités, inspirer à ses contemporains un vif intérêt pour la cause sacrée de Téducation de la jeunesse, et appeler la protection et la faveur des gouvernements sur les différentes écoles où sa méthode fut suivie.
Une liste complète des ouvrages de Basedow se trouve dans VAUemagne littéraire, de Mensel. Quant à son système d*éducation , auquel il donna le nom de Philanthropinisme, il en sera question à Tarticle Éducation. Conv. Lbx.
BAS-EMPIRE. f^Ciy, Byzantin (empire).
BAS-FOND«Ce sont des élévations dans le fond de la mer, faciles à .reconnaître avec la sonde, mais assez éloignées de la surface des eaux pour que de grands bâtiments niaient rien à en redouter. Les haute-fonds sont des exhaussements des terrains du fond des eaux, beaucoup plus élevés que ceux des ha$-fondâ, et sur lesquels il y a danger à passer. Les hauts- fonds sont ordinairement des écueils; les bas-fonds ne présentant pas de dangers , on a intérêt cependant à les connaître, soit à cause des ancrages, soit à cause des courants. X.
BASILE (saint), archevêque de Césarée, occupe un rang illustre parmi les grands évêques qui honorèrent non-seulement TÉglise, mais leur siècle et Thumanité tout entière. 11 dut à son génie autant qtt*à ses vertus Péclat de sa renommée. Le savant et Torateur trouvent également à profiter dans ses écrits. Érasme ne lui connaît point de rival dans Tart oratoire, et Rollin, qui avait si bien médité ses principes d*éducalion, le propose à la jeunesse comme un des plus habiles maîtres de Téloquence.
Saint Basile naquit à Césarée, ville de la Cappadoce, vers la fin de Tannée 339. Sa première éducation fut confiée aux soins de sainte Macrine, son aïeule, qui faisait sa résidence dans le Pont, où sa famille tenait un rang considérable. Sa jeunesse fut environnée des images les plus propres à le former à la vertu, t Je n*ai jamais oublié, disait-il depuis, quelles fortes impressions faisaient sur mon âme encore tendre les exemples que j'avais sous les yeux. * Emilie, sa
mère, Hacrine, sa sœur, deux de ses frères, Grégoire et Pierre , évêques, Tun de Nysse, Tautre de Sébaste, ont mérité d*être mis au nombre des saints. Des maîtres habiles le dirigèrent dans rétude des lettres et des sciences, et en peu d'années ses progrès ne lui avalent plus laissé de rivaux. On renvoya d*abord à Constantinople, puis à Athènes , pour y écouter les leçons des philosophes. Ce fut dans cette dernière ville qu'il se lia de la plus étroite amitié avec saint Grégoire de Nazianze. L'un et l'autre s'y formèrent à l'éloquence et se firent remarquer de Julien, depuis empereur, que le même motif avait amené dans ce sanctuaire des arts de la Grèce. Basile y laissa son ami Grégoire de Nazianze, et revint dans sa patrie, ouvrir une école de rhétorique et se livrer aux exercices du barreau, qu'il abandonna pour la solitude. Après avoir quelque temps voyagé dans l'Egypte , visité les solitaires d'Oh'ent, il fixa sa retraite dans le Pont, sur une montagne dont l'élévation, en lui ménageant les aspects les plus agréables, semblait le rapprocher de plus près des cieux. Saint Grégoire, cédant enfin à ses pressantes sollicitations, vint se réunir à lui. Leur temps se trouvait partagé entre l'étude et les travaux des champs. La Providence ne permit pas qu'ils restassent l'un et l'autre ensevelis dans un désert. Une famine étant survenue dans la Cappadoce, Basile vola au secours de ses compatriotes, signala à la fbis sa charité par d'éloquentes homélies en faveur des pauvres, et son orthodoxie en soutenant avec autant de vigueur que de sagesse la cause dç la foi catholique contre l'empereur Yalens et les évêques ariens qui dominaient à sa cour. 11 n'était encx>re que simple prêtre. Après la mort d'Eusèhe, évêque de Césarée, les vœux les plus honorables l'appelaient au gouvernement de cette église, l'un des sièges les plus considérables de TOrienl. Césarée était la métropole des deux grandes provinces de la Cappadoce et du Pont, c'est-à-dire de la meilleure partie de l'Asie Mineure ; c'en était assez pour éveiller les ambitions. L'élection fut orageuse. La faction arienne s'agitait pour repousser l'intrépide défenseur de la foi de Nicée. Les catholiques tinrent bon : Basile fut proclamé.
Cependant Yalens essayait de vaincre par la persécution ceux des évêques qu'il n'avait pu attirer à son parti. Basile ne fut pas épargné. Plusieurs d'entre eux avaient fléchi devant tes menaces ; mais Yalens croyait n'avoir rien gagné tant qu'il n'aurait pas triomphé de l'archevêque de Césarée. Le préfet Modeste avait ordre de lui assurer cette conquête. Il manda à son
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tribunal Basile, qai comparut « non pas, dit saint Gr^olre de Naxianze, comme s*il eût été cité en jugement , mais comme s'il se fût rendu à une téie nuptiale. » Modeste était assis sur son tribunal, entouré de ses licteurs armés de leurs faisceaux, et de tout Teffrayant appareil de la tyrannie. Basile était debout, comme Jésus-Christ devant Pilate, dit encore Téloquent panégyriste. Le magistrat le menace des châtiments les plus sévères, parle de confiscation de biens, d*exil, de tortures, de la mort même, si Tévéque ne se réunit à la religion du prince. Basile, par la fermeté de ses r^nses, remplit Tâme du préfet d'admiration et de terreur. Modeste finit par dire : « Personne ne m'a jamais parlé de la sorte. — Apparemment, répond Basile, que vous n'aviez pas encore rencontré d'évéque. « Le préfet calmé renvoya saint Basile et alla sur-le-champ retrouver Tempereur pour lui dire : « Nous sommes vaincus : cet évéque est au-dessus des menaces; on n'obtiendrait de lui rien de plus par les promesses. *
Yalens en voulut faire l'essai par lui-même. Il se rendit à l'église un jour de fête solennelle. Quand il eut entendu le chant majestueux des psaumes, qu'il eut vu le bel ordre et la modestie d'un peuple immense qui ressemblait à une assemblée de pieux solitaires; quand surtout il eut aperçu la pompe toute céleste du culte et des cérémonies, les ministres sacrés plus semblables à des anges qu'à des mortels, l'évêque , tel que le sacrificateur éternel qu'il représentait, immobile devant l'autel et aussi recueilli que si l'on eût été en pleine paix , le prince demeura luimême immobile et comme glacé d'une religieuse horreur. Mais s'étant un peu remis de ce saisissement,' il vint présenter son offrande; les ministres hésitaient s'ils devaient aller au-devant du prince pour le recevoir. Basile l'attendit, et reçut l'offrande de Yalens arien comme celle des orthodoxes.
Ce grand caractère de sagesse, uni à la charité, dirigea constamment la conduite du saint archevêque de Césarée. Il se manifesta dans ses rapports tant avec les dissidents, à quelque secte qu'ils appartinssent, qu'avec son digne ami saint Grégoire de Nazlanxe dont l'histoire est liée intimement à la sienne. Éloigné de tout excès, Basile savait concilier tous les devoirs sans en exagérer ni affaiblir aucun. Tel était le témoignage rendu universellement à sa prudence, et Tapologie que l'évêqne de Nazianze opposait à des esprits ardents qui auraient souhaité un zèle phis impétueux. Faible de corps, consumé par la souffrance et les austérités, accablé par les
chagrins que lui donnaient les maux de l'Église^ saint Basile ne s'en dévouait pas moins au ser« vice de tous, ne négligeant aucune affaire, en-* tretenant la correspondance la plus étendue; il prêdiait assidûment, publiait de savants traités de controverse ou de morale, réfutait Eunomius, traçait les règles de la vie monastique et de la pénitence, voyageait par delà son diocèse pour apaiser ou prévenir les schismes, bâtissait à Césarée une magnifique église , coustruisait de vastes hôpitaux, servait de ses propres mains les pauvres et les lépreux. Il mourut le premier janvier 579, âgé de 51 ans. Ses obsèques furent un triomphe : les païens, les juifs, les chrétiens de toutes les communions y assistèrent, et confondaient leurs larmes. La foule était si considérable que plusieurs personnes y furent étouffées.
La meilleure édition de ses œuvres est celle qu'en a publié le P. Garnier, de l'ordre des Bénédictins, 3 volumes in-fol., grec et latin, Paris, 1721. Guhlon.
BASILIC. C'était chez les anciens une sorte de reptile aux formes fantastiques, au front surmonté d'une couronne; mais ces formes bizarres furent enfantées par la frayeur qui exagère tout, et cet attribut de la royauté, qui mérita à quelque serpent, peut-être au céraste, par exemple, le nom de basilic (de êacd^ç, roi), fut certainement supposé par la poésie de la terreur qui voit sans regarder. Le défaut d'harmonie des écrivains sur les caractères du basilic est la preuve que cet animal tel qu'on nous l'a présenté était purement imaginaire, car autant d'auteurs autant de versions.
Dans les temps modernes, on a donné le nom de basilic à une espèce de lézard (lacerta hasilUeus) de la Guiane dont l'occiput présente un prolongement de la peau, en forme de capuchon qui rappelle jusqu'à certain point la couronne du basilic des anciens ; son dos et sa queue sont surmontés d'une crête membraneuse, continue, droite, à bord sinueux, soutenue par l'épiai des vertèbres. Tout son corps est couvert de petites écailles, égales, uniformes, carrées, subverticillées; on voit seulement quelques plaques plus grandes au pourtour des lèvres. Le basilic est d'un gris bleuâtre en dessus, d'un bleu pâle en dessous; sur les côtés du museau Ton voit deux bandes blanches dont l'une passe le long des lèvres et va se perdre sur les côtés du cou, vers l'origine des membres antérieurs; l'autre passe sur les yeux au-dessus du tympan et s'éteint sur les côtés supérieurs du thorax ; la crête dorsale prend aussi parfois une teinte blanchâtre à sa
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base. Cet animal atteint environ 80 centimètres, la queue en forme h peu près les deux tiers; ses membres longs, ses doigts grêles, armés d'ongles courts et crochus, lui permettent d*atteindre, sur les branches d*arbres, les insectes et les baies dont il fait sa nourriture; car les petites dents en trèfle, comprimées et tranchantes, que Ton voit aux mâchoires et au palais de ce léiard, le rendent peu propre h manger des graines ainsi qu*on Ta supposé. Ce lézard se distingue des iguanes, avec lesquels il offre plusieurs rapports intimes , par la présence de son capuchon , le plus grand développement de la crête rachidienne, et par Tabsence des pores glanduleux qui garnissent la partie interne des cuisses de ce dernier. Le basilic de la Guiane est un animal tout à fait innocent.
C^est, en botanique, une plante très-aromatique, de la famille des labiées. T. Cootbau.
BASILICAT£. ^otr. Naplis.
BASIUOUE. Ce mot signifie en grec maison royale. A Rome, il désignait un somptueux bâtiment dans lequel les magistrats rendaient la justice à couvert; ce qui le distinguait du forum, où les réunions avaient lieu en plein air. La forme des basiliques était alors celle d*un parallélogramme, avec un portique à chacune de ses extrémités.
Constantin, en assignant aux chrétiens plusieurs basiliques anciennes pour Texercice du nouveau culte, introduisit cette dénomination, appliquée de nos jours aux églises vastes et remarquables. A dater de Constantin, tous les édifices chrétiens en Occident furent construits, à peu de différence près, dans la forme de basilique. L*abside remplaça le demi-cercle où siégeait le tribunal. Les galeries supérieures appelées travées, qui, dans une foule de nos constructions modernes, environnent tout Tintérieur de l'édifice, furent également empruntées aux anciennes formes grecques.
Maintenant peu de nos basiliques sont antérieures à Tan mille; les siècles les ont dévorées. Baronius {jéunal, ecclea.) prétend que la plupart des constructions religieuses sont postérieures à cette époqiie, par la croyance où furent longtemps les populations chrétiennes que le monde devait finir alors.
Cependant plusieurs basiliques chrétiennes furent construites dans des formes différentes ; la disposition crucificale, le sanctuaire dirigé vers rorient, la nef et les collatéraux. Autant qu'il est possible de s'en assurer, la première de ce genre a été celle d'Antioche, dont Saint-Pierre» choisi par le Christ, devait être le chef viaible.
Le pape Évariste, mort Tan 130, ordonna la construction d'églises semblables sur les tombeaux des martyrs. Mais Bioclétien, Maximien- Hercule, etc., furent de grands démolisseurs de ces temples chrétiens. La croisade des iconoclastes d'Orient, tous ce rapport, devint profitable aux arts, en permettant de reconstruhre les basiliques avec une perfection nouvelle et un style rempli d'originalité et de mouvement
Ainsi, aux constructions romaines succédèrent des édifices du style byzantin. L'architecture du Bas-Smpire, ou gothique-grecque, se distingua par l'emploi des matériaux précieux; la sarrasine, par l'élévation et la hardiesse de ses voûtes, la forme de leur cintre, la légèreté de leurs colonnes, la variété des chapiteaux et la multitude prodigieuse d'ornements, qui, dans la décoration des basiliques, ofiMrent l'assemblage de frises, de mosaïques, de rinceaux, de fleurons et de feuillages distribués avec art. Celle des Sarrasins-Espagnols fut caractérisée par la forme da cintre. Après l'invasion des Golhs et des peuplades du Nord, la physionomie des basiliques se modifia encore. Ao second âge de ces oonstruciions, on vit sur les piliers de nos églises, couverts d'emblèmes et d'animaux fantastiques, s'élever des berceaux qui semblaient fuir l'œil le {dus perçant. Tous les angles furent obliques et les intersections de courbes accompagnées d'un masque hideux ou maussadement gai. Ces diverses espèces d'architecture prirent probabtement naissance dans l'Inde. Les pagodes de Kan^jevesams, é'Oucaur, dans le MaUiour, offrent des ogives et les mêmes caractères que Saint-Paul de Rome, la cathédrale de Pise, etc., tandis que, dans les ruines de l'Alhambra, ob retrouve le type véritable de l'architecture moresque. L'église de Saint-Philippe du Roule, à Paris, celle de Montreuil, près de Versailles, rappellent au contraire les premières basiliques romaines dont la destination fut changée par Constantin. L'église de Notre-Dame de Paris, les cathédrales d'Amiens, de Beauvais, celle de Strasbourg, sont un mélange de style byzantin et de style gothique, qu'il est permis de regarder comme véritablement approprié à ce genre de construction. Les formes s'y trouvent en harmonie, non-seulement avec leur destination, mais encore avec nos climats et nos usages. R. i^kCboI.
BASILIQUES, compilation grecque du droit de Justinieo, rédigée au x« siècle. Les Pandectes et le Code étant presque en totaUté écrits en langue latine, les empereurs ordonnèrent qu'il en serait foit un abrégé en langue grecque. Cet abrégé, peu exact et où sa trouvent en fevledes
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