‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 3Chapitre 50 sur 63 · IV. Àmphigames. (m CeUalaires · texte numérisé non relu

IV. Àmphigames. (m CeUalaires

Chacun de ces embranchements peut ae sousdiviser en classes secondaires, et cellet-ci en ftimilles. Les classes secondaires sont encore mal connues dans le règne végétal, malgré des efforts récents et heureux dus à V. Bartling. Les familles au contraire y sont en général établies avec une grande régularité. Les familles se sousdivisent elles-mêmes eu genre , et les genres contiennent un nombre variable d'espèces. Au moyep de cette échafaudage de divisions, l'armée végétale se trouve rangée, malgré son nombre, dans un ordre essentiellement logique. Tous les botanistes s'occupent à le perfectionner, et la réunion de leurs travaux se trouve de temps en temps fixée momentanément par des ouvrages généraux où l'on enregistre toutes les plantes connues. Gaspard Bauhin (vof.)^ TournefOrl, Linné ont, chacun dans son temps, présenté le tableau général des végétaux connus. J'ai tenté pour notre époque de faire cette énumératioa, d'après les principes généraux queje viens d'ex-

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poser, dans Pouyrage întitolé t Prodromuê Êurê- Umatiê regni wgetabiliê < •

La nomeDclalure est, avons-nous dit, une conséquence de cet ordre général. G*esl à Linné qu*on doit la simplicité qu^elle a atteint. Il a ap* pllqué h riiistoire naturelle le principe de la nomenclature civile des hommes* Pe même que chacun de nous porte un nom de famille et un prénom* de même chaque plante porte un nom de genre substantif ( rosier, trèfle, chêne, etc. ), et un nom d*espèoe qui est ordinairement une épithète adjective (blanc, sauvage, vert). A la suite du nom on ajoute une phrase qu^on nomme spéci^que et qui contient, en aussi peu de mots qu*il est possible, les caractères qui distinguent chaque espèce de toutes celles du même genre et forment, pour ainsi dire , son signalement, de manière h n^avoir recours à sa description complète que dans cettains cas de recherches plus approfondies. Au moyen du mécanisme d*ordre dont Je viens de tracer les traits princijpaux, rensfmble du règne végétal se présente aux yeux des botanistes avec une netteté remarquable, et ils sont parvenus à créer, sur tous les points du monde à la fols, une langue commune k tous les peuples. Pour atteindre à oe résultat ils ont conservé Tusage du latin, trop abandonné peut-être dans d*autres sciences.

lY. Il ne suflit pas d*étudier les plantes en elles-mêmes, il ftiut examiner leurs rapports avec les corps qui les entourent et desquels elles tirent leur nourriture. La branche de la science qu*on nomme géographie botanique*^ ou plus exactement peut-être botanique géographique, a pour but spécial d'étudier les lois delà distribution naturelle deii plantes sur la surface du globe. La base de cette élude, bien entrevue par Linné, repose entièrement sur la distinction des etaUone et des habitation* des plantes. Par le premier de ces termes on désigne la nature particulière des localités où les végétaux ont coutume de croître : C^est ainsi qu*on dit que les uns se plaisent dans les marais, d'autres dans des lieux sablonneux, sur les rochers, dans les fbrèts, etc. Par la seconde dénomination on indique le pays où la plante croit, considéré sous le rapport géographique. Ainsi lorsqu*on dit du tulipier qu'il croit dans les marais de la Virginie , on indique sa station et son habitation.

Les stations tiennent évidemment à la combinaison des besoins des végétaux déterminés par leur organlsatHui ei û^ l'inilueBce MtueUe des

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éléments qui les entourent. Toutes les plantes produisent un grand nombre de graines : celles-ci sont disséminées sur le sol de manière à ce qu'elles tombent dans des localités ou favorables ou contraires au développement de l'espèce. Celles qui tombent dans des lieux favorables poussent avec facilité et s'emparent du terrain ; celles qui tombent dans des lieux défavorables, soit par la nature du sol, soit parce que le terrain est déjà occupé par d'autres plantes robustes, celles-là, dis-je, se développent mal ou même point du tout, et ne s'établissent point dans cette localité. Il y a ainsi lutte continuelle entre les pkintes pour s'emparer des terrains vacants, et c'est celte lutte, favorisée par le nombre immense des graines, qui détermine la variété de la station des végétaux. Quand le terrain est trop mauvais pour que la plupart d'entre eux puissent y vivre, alors le petit nombre de ceux qui peuvent le supporter s'y établissent sans rivaux; c'est ce qui explique ces grands espaces couverts ou de bruyère, ou de roseaux, qu'on observe dans certaines localités, On donne le nom de plantes sociales aux plantes qui vivent ainsi réunies, et on nomme sporadiques celles qui ont Tliabilude de vivre isolées. Les stations forment donc un phénomène dont les détails sont compliqués, mais qui se réduisent à des conséquences des faits d'organographie ou de physiologie appréciables directement et soumis aux lois de la nature actuelle. Il n'en est pas de même des babitalions : il serait sans doute ftieile de trouver aux États Unis et en Europe, dans l'Inde et dans TAmérique équinoxiale, des points semblablement dotés relativement à toutes les circonstances qui influent sur la vie végétale , c'est-à-dire situés à la même hauteur, à la même température , à la même humidité, etc. ; or, il est de fait que ces deux localités pourront bien produire spontanément des plaptes un peu analogues, mais non des espèces identiques. Ainsi nos marais d*Europe ont beau ressembler par la nature physique à ceux de la Virginie, ils ne produisent point de tulipier ; ce n'est pas qu'il y ait dans leur nature rien qui soit contraire à cet ordre, car si on l'y plante, il y vient comme dans son pays natal. La cause qui l'en exclut tient donc à des circonstances indépendantes de la nature actuelle du globe; c'est là ce qui caractérise les habitations. La surface de la terre peut se diviser en une trentaino de régions botaniques, séparées par des espaces phis ou moins

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rebelles à la végétation , tels que des mers, des marais salants , d<ès déserts de sable 4 des montagnes très-élevées, etc. Chaque région a une végétation qui lui est propre; si elle est séparée de sa voisine par un obstacle très-continu, comme une vaste mer , alors il n*y a presque jamais de végétaux communs aux deux régions ; si Tobstacle qui les sépare est peu dirimant, alors on trouve des espèces qui passent graduellement de Tune à Tautre région. Ces passages ou transports des graines s'opèrent ou par les eaux courantes, ou par les vents, ou par les animaux, ou surtout par Taction cosmopolite de Thomme. On ne connaît qu*un très-petit nombre de plantes qui habitent dans des régions très-diverses sans y avoir ainsi été transportées : telles sont la pritnula farinosa des Alpes qu*on trouve aux iles Malouines,ou le samolus d*£uropequi croit à la Nouvelle-Hollande ; mais ces exceptions sont si rares et quelques-unes si incomplètement avérées qu'elles atteignent peu la loi générale. On peut ainsi comparer la végétation des différentes régions, reconnaître la distribution générale des classes et des familles sur le globe entier, la comparer avec les latitudes, avec les hauteurs au-dessus de la mer, avec Pisolement ou la continuité des pays, etc. Cette étude est encore récente et ne pouvait en effet se développer que lorsque les trois parties précédentes auraient acquis un certain degré de perfection; elle pique vivement la curiosité, se lie de près avec la géographie physique et la statistique, et fournit des documents d*une haute importance à Tart des naturalisations des végétaux d*un pays dansTautre.

On a coutume, depuis Linné, de citer la station et Thabitation de chaque plante, à la suite de la phrase spécifique, dans les ouvrages généraux ou particuliers qui contiennent les descriptions des espèces. C'est un lien précieux qu'on établit ainsi en peu de mots entre la méthodologie et la botanique géographique.

V. La botanique oryctologique est, ainsi que le précédente, un lien entre l'étude des plantes et celle du globe terrestre; mais tandis que la botanique géographique fait connaître la distribution des plantes vivantes sur la surface actuelle de la terre, la botanique oryctologique recherche les débris plus ou moins bien conservés des plantes qui ont vécu sur le sol avant les cataclysmes qui en ont bouleversé la surface. Cette étude n'a pu commencer à se développer que lorsque les progrès de la botanique ont fourni des moyens exacts de comparaison et que ceux de la géognosie ont fait sentir le besoin de comparer entre eux les restes de tous les êtres vi-

vants qu'on trouve dans diverses couches de la terre. Les brillants succès obtenus de nos jours dans l'étude des animaux fossiles ont aussi encouragé l'examen des végétaux anté-dilu viens. HM. le comte de Sternberg et Adolphe Brongniart se sont adonnés avec un succès particulier à ce genre de recherches; malgré leur sagacité on n'a pas obtenu et on ne peut espérer de cette étude autant qu'on a obtenu de celle des animaux fossiles, soit parce que les débris végétaux sont bien moins nombreux à cet état que ceux des animaux, soit parce que, dans le plus grand nombre des cas, au lieu de trouver les restes entiers de leurs parties solides, on ne trouve que des empreintes de leurs feuiHes, ce qui rend la connaissance précise des espèces très-équivoque et souvent impossible. Malgré ces difficultés inhérentes au sujet, et quoique cette étude soit très-récente, elle a d^à présenté quelques résultats curieux. Elle donne une grande probabilité que les plantes de l'ancien monde étaient des espèces différentes de celles du monde actuel; elle prouve que les monocotylédones et les sethéogames devaient être à proportion , plus nombreuses que dans le monde actuel. Elle fait connaître des exemples de genres, tels que les Équisetum, qui étaient alors arborescents et dont les espèces actuellement vivantes sont réduites à l'état d'herbes; elle concourt surtout à faire connaître aux minéralogistes l'identité ou la différence'de couches situées dans des régions différentes. Mais cette étude rend plus de services à la géognosie qu'elle n'en rend à la botanique proprement dite.

VI. La botanique historique a pour but, comme son nom même l'indique, de rechercher toutes les diverses phases par lesquelles' on a passé pour atteindre à la connaissance des plantes telle que nous l'avous aujourd'hui. Trois classes cf'ouvrages rentrent dans cette catégorie.

Bans les premiers, qui composent l'histoire de la science, on trace la marche générale des travaux botaniques et l'on montre comment chaque découverte dans l'une de ses branches a réagi sur les autres parties '. Nous possédons un ouvrage de ce genre qui, sans être aussi philosophique qu'il pourrait l'être, fournit cependant un canevas assez exact de la marche de la botanique depuis les temps les plus anciens jusqu'à l'époque de Linné; je veux parler de VHiêtoria rei herbariœ de M. Sprengel (9 vol. in-80, Amstel., 1807); mais il aurait besoin d'être

* On pc«t voir no apcr^ de l'hUtoIre àt U botanl^M aa ton* XIII da DicUmmmn d'histoire t^tmrêfit, p«g« 4^» ar- Ude Phjrtographiê.

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