‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 3Chapitre 53 sur 63 · MT · texte numérisé non relu

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en brisant le tjtikmé hiitopiqae qtii fiUait de la royauté le principe et la source de tout droit, le comte de Boulainvilliers ne développa jamais d^une manière explicite le système qu*il eût mis à sa place : il fut admirable critique et ipédiocre organisateur. Mais il ne faut pas oublier qu*il écrivait son principal ouvrage par ordre de Louis XIV et à la sollicitation du duc de Bour» gogne. C*est en pressant les idées du comte de Boulainvilliers qu'on en tire de grandes et de fécondes vérités , que lui-même n*a pas aperçues, comme la division de la noblesse en deux parts : la noblesse qui précéda la royauté, ou la noblesse de race, et la noblesse qui accompagna la royauté et périt avec elle, ou |a noblesse féodale et d'institution. Cependant il y a dans les ouvrages de Tiliustre écrivain la base d^une ad« roirable histoire de France. Il est impossible d'expliquer les deux premières races sans avoir recours à lui» Il y a maintenant cent années qu'il écrivait, et bous en sommes arrivés, en fait de critique historique, au point où il s'était arrêté lui-même. Montesquieu, Voltaire, le président Hainault, disparaissent, le comte de Boulainvii* tiers reste et grandit, et son nom servira de date à la naissance de Tbistoire générale de son pays. — Les principaux ouvrages du comte de Bou-r lainvilliers, sous le rapport de ses théories his* toriques, sont : 1« HUtoire de l'ancien gouver» nemen$ dp France, avec quatorze Uêires kietoriqueê êur ks parlementé et le$ ilate gi* néraus; io État de la France xmvriige # #« trait dee mémoiree dreuée par 1$$ intendante du royaumui &<> Rechercliee eut l'anoiemne noblesee de France. U écrivit aussi une f^ie de Mahomet juequ'à Phégircf et on lui attribue deux ouvrages non imprimés sur V Astrologie Judiciaire. GRàiiua m Cassagrao.

BOULANGER, BouiAiffiiau. Le boulanger est celui que l'on a autorisé à faire, à cuire et à vendre du pain au public; son art consiste à pétrir Ja fSirine et à mettre le pain au lour pour le faire cuire. Cette profession, qui parait aujourd'hui si nécessaire, était inconnue des peuples anciens. Lorsque les hommes eurent trouvé le secret de réduire le blé en tarife, ils se contentèrent encore longtemps de n'en faire que de la bouillie; mais, quand ils furent parvenus à en pétrir du pain, ils ne préparèrent cet aliment que dans leur maison et seulement aux heures des repas. Daqs les premiers temps, ceux qui pétrissaient la farine n'ea faisaient que ce qu<^ nous nommons, de nos Jours, galeêles ou gAteausf, composés d'ufie pâte mate et sans levain. K Bome* avant l'an de la Tille 580 , les citoyens alliaient

eox-ménies lenr pain, et c'était U tâche des femmes. Sous Auguste, Il y avait des boulangeries publiques, distribuées en différents quaKiers de la ville et qui étaient tenues par des Grecs. Ces étrangers instruisirent dans l'art de ftiire du pain quelques affranchis qui se livrèrent avec zèle à une profession si utile. On prit alors, des précautions pour que le nombre de ces boulangers nediminuâtpasetque leur fortune répondit de leur fidélité et de leur exactitude au travail. Ils avaient des greniers particuliers, où ils dé* posaient le grain des greniers publics. Tous ces usages des Romains ne tardèrent pas â passer dans les Gaules. Dès la naissance de la monarchie, en France, il y eut des boulangers, des moulins à bras ou h eau, ainsi quç des marchands de farine.

La profession de boulanger, quoique libre, fut néanmoins assujettie! des règlements et distinguée en quatre classes : U les boulangers des villes ; 8<> les boulangers des faubourgs et banlieues} S» les boulangers privilégiés; 4» les boulangers forains. Les fburs banaux subsistaient encore avant le règne de Philippe-Auguste. Enfin, en 1637, les boulangers songèrent à se donner des statuts et se soumirent volontairement â la Juridiction du grand pauetier. PepMis que les Jurandes et les maîtrises ont disparu, les boulangers ne sont soumis qu'à des règlements de police locale.

La boulangerie est l'atelier et la boutique du boulanger; c'est aussi un bâtiment construit dans un palais, dans une maison de campagne, dans une communauté, destiné, comme Tatelier du boulanger, à faire le pain, et composé de plusieurs pièces, comme fournil, le lieu où est le four, la paneterie, le pétrin, la farinière, etc.

En termes de marine, la boulangerie est l'endroit d'un arsenal, d'un port, destiné â la fabrication du biscuit, f^ctr* P^iif etPARincATiov. X*

BoDUifoias, BoDLAifoaaiu ( Polioe dee ). Le pain étant comme la viande un objet de première nécessité, les boulangers sont assujettis aux mêmes obligations que les bouchers, et ils n'ont que le même privilège relativement aux fournitures qu^ils ont faites dans les derniers six mois, au moment de leur réclamation. Comme les bouchers, ils sont donc sous la surveillance spéciale de l'autorité municipale, et comme eux ils ont deux obligations principales â remplir : ne mettre en vente que du pain de bonne qualité et le donner ajuste poids. En France et en Belgique les boulangers sont soumis, dans chaque localité, à un règlement public dont les dispositions doivent étr* ei^ècuiëes avec d'autant plus de soin

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que dans nos habitudes on pourrait se passer de tout excepté de pain. Bien que ces règlements soient locaux, ils sont tous à peu près identiques; ils obligent celui qui veut exercer la profession de boulanger à en obtenir Tautorisation du maire, en justifiant que non-seulement il est par sa fortune en état d'ouvrir une boulangerie, mais quUl offre par sa moralité toutes les garanties nécessaires, sauf à lui à recourir à Tautoriié administrative supérieure si Tautorisation qu*il sollicite lui était refusée par le maire. Cette autorisation elle-même ne lui est accordée qu'autant qu'il prend l'engagement de tenir constamment en réserve, soit en grains, soit en farine, un approvisionnement suffisant pour pourvoir à la consommation journalière^ pendant un mois au moins. X..

BOULÂT (di la Heuiths, AirroiiiB-jACQUBS- Claude-Jossph, comte), grand officier de la Légion d'bonneur, naquit à Cbaumousey, village des Vosges, en 1701. Ses parents étaient cultivateurs. Resté de bonne heure orphelin, il fut recueilli par un oncle, curé près de Nancy, qui consacra le modeste héritage de son neveu aux frais de ses études, lien fit de brillantes au collège de Toul. Eeçu avocat à Nancy, en 1783, il ne tarda pas à venir exercer sa profession à Paris, où son nom commençait à percer au barreau quand éclata la révolution. En 1799, lorsque la patrie eut été déclarée en danger, il partit comme volontaire, fit la campagne de cette année et combattit à la bataille de Valmy. Étant tombé malade il revint à Nancy, où il fut élu juge au tribunal civiU Peu de temps après destitué, comme modéré, par un conventionnel en mission, il s'enrôla de nouveau, fut élevé au grade de capitaine et se trouva aux lignes de Wissembourg. Renvoyé dans ses foyers, par suite des mesures prises pour la réorganisation de l'armée, il fut bientôt, sous le régime de la terreur, frappé d'un mandat d'arrêt ; il parvint heureusement à s'y soustraire, et pendant tout le tbmps que dura ce régime il vécut caché dans les Vosges. Quand le 9 thermidor y eut mis fin, il reparut à Nancy, où il fut élu successivement président du tribunal civil et accusateur public du département. Ces dernières fonctions étaient imporUntes et difficiles : Boulay s*en acquitta tellement à la satisfaction de ses concitoyens que, malgré la réaction contrerévolutionnaire de l'époque, ils l'élurent, en l'an V, député au conseil des Cinq-Cents. Dès son début il entraîna l'assemblée à imposer aux prêtres un serment politique qui les liât envers le nouvel ordre de choses. Peu après il fut rapporteur de la commission chargée, au 18 fructidor,

de présenter des mesures de salut public. Il ne consentit à se charger de ce rapport qu'à la condition que les échafàuds ne seraient pas relevés. U avait été convaincu de la nécessité de cette journée poursauver la révolution ; mais il n'avait pas voulu que ses conséquences s'étendissent au delà de cette nécessité. Aussi Boulay de la Meurthe se montra bientôt l'adversaire le plus constant et le plus courageux de la violence des jacobins et de la tyrannie du Directoire. Un grand nombre de ses collègues suivirent sa ligne politique, et il devint ainsi, au conseil des Cinq-Cents, le chef d'un parti composé d'hommes sincères et éclairés quV>n nomma le parti constitutionnel et modéré, qui presque toujours fut l'arbitre des délibérations. Son influence en effet fut très-grande dans cette assemblée : presque toujours, quand il parla, il détermina le vote du conseil. Durant trois ans qu'il siégea aux Cinq-Cents, de l'an ▼ à l'an VIII, il en fut élu une fois secrétaire et deux fois président. Dans sa seconde présidence, ce fut surtout à sa courageuse fermeté au fauteuil (car en cette occasion sa vie fut menacée) et à un discours remarquable qu'il prononça, que la France fut redevable du rejet de la proposition tendant à faire déclarer la patrie en danger, proposition qui n'était autre chose au fbnd qu'une tentative du parti démagogue pour ressaisir le pouvoir que le 9 thermidor lui avait feit perdre. Cependant l'expérience prouvait chaque jour que la constitution de l'an m, bien moins à cause de ses propres vices qu'à cause de la nécessité des circonstances, ne pouvait plus suffire au salut de la révolution. Alors Boulay se joignit à Sieyès et à ceux qui voulaient un changement dans la constitution; mais pour affermir la république et non pour la renverser : il prit part dans cette vue au 18 brumaire (vqy.). Il ne tint pas à Boulay que l'époque du consulat ne durât plus longtemps, puisqu'il vota contre l'établissement de l'empire. Cependant, quand l'autorité de Napoléon dégénéra en pouvoir absolu, il n'abandonna pas sa cause; car elle lui parut identifiée à celle de la révolution. Durant les 14 ans du règne de Napoléon, Boulay rendit des services signalés. Il avait refusé le ministère de la |K>lice après le 18 brumaire, mais il accepta la présidence de la section de législation du conseil d'État et la garda pendant tout le temps que durèrent les discussions du Code civil; il prit ainsi une des principales parts à la rédaction de ce grand ouvrage, le plus beau monument du règne de Napoléon. U fut ensuite chargé de l'administration du contentieux des domaines nationaux. Boulay, prévoyant une de ces réactions si communes dans les révo«

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lotions et craignant qu'elle n'amenât le retour des Bourbons, travailla nuit et Jour à préparer la solution de toutes ces attires ; il en instruisit ainsi 15,000 à 90,000, dont pas une ne fut jugée contrairement à ses conclusions. En moins de 8 ans de ce travail opiniâtre la matière fut tellement épuisée que Tadministration qu*il dirigeait put être supprimée. Quand survint la restauration , la jurisprudence qui garantissait les acquéreurs de domaines nationaux était tellement assise qu'il fallut forcément la respecter ; et ce qui honore le caractère de Boulay de la Heurthe, c'est que, tandis qu'il maintenait ainsi d'une main ferme les ventes de ces domaines, il fût tellement équitable envers les émigrés que pas une voix dans leurs rangs, même dans la réaction de 1 815, alors qu'il était proscrit, ne s'éleva pour Jeter le moindre doute ni sur son intégrité, ni sur sa Justice.

A la fin de 1810 il reprit la présidence de la section de législation du conseil d'État et fut appelé, eu cette qualité, à siéger au conseil privé , et plus tard au conseil de régence. Tous les avis qu'il donna dans ces fonctions éminentes furent ceux d'un homme courageux et d*un ami de la révolution. En 1814 , lorsque s'agita dans le conseil de régence la question du départ de rimpératrice, il soutint avec énergie que, bien loin de partir, elle devait monter à cheval, prendre son fils entre ses bras, parcourir Paris, Tinsurger et se réfugier ensuite à Thôtel de ville pour s'y défendre jusqu'à Tarrivée de l'empereur. Si l'un ou rautre de ces deux conseils avait été suivi, rempire était sauvé. *

Boulay de la Meurthe n'exerça aucune fonction publique pendant la première restauration. Dans les cent-Jours, il fut nommé président de la section de législation pour la troisième fois, et ministre d'État : il partagea avec Cambacérès l'administration du ministère de la justice. Il fut le principal rédacteur du rapport sur la déclaration du congrès de Vienne du 13 mars 1815 et de la déclaration de principes du conseil d*État du 95 mars même année. Il est Tauteur du fameux art. 67 de l'acte additionnel. Élu membre de la chambre des représentants par le département de la Meurthe, il fit reconnaître à l'unanimité, par cette chambre. Napoléon II comme empereur des Français, après l'abdication de Napoléon, abdication qu'il avait d'ailleurs combattue dans le conseil privé. La commission de gouvernement lui confia le portefeuiUe du ministère de la Justice qu'il garda Jusqu'à la seconde ^Mtatt' ration.

A cette époque il fût proscrit par l'or^^^ -^c

du 34 juillet 1815, arrêté à Paris, forcé de se retirer à Nancy, arrêté de nouveau dans celte ville et transféré par les Russes hors de la frontière. Il resta quatre ans et demi exilé, et ne fut rappelé qu'à la fin de 1810. Depuis ce temps Boulay de la Meurthe vécut retiré au milieu de sa famille, exclusivement livré à des travaux de son choix.

Les discours prononcés par Boulay de la Meurthe dans les assemblées législatives où U a siégé pourraient former 9 volumes in-8«. 11 a publié en l'an vu un écrit intitulé : Essai sur les causes qui en 1049 amenèrent en Angleterre l'établissement de la république; sur celles qui devaient Vx consolider i sur celles qui l'y firent périr. Paris, an vu. Boulay de la Meurthe y a donné une suite sous ce titre : Tableau politique des règnes de Charles II et de Jacques II, derniers rois de la maison de Stuart, 9 vol. in-8o. On trouve de lui dans un ouvrage intitulé : Bourrienne et ses erreurs volontaires et involontaires (Paris, 1850, 9 vol. in-8o), un chapitre ayant pour titre : Observations sur le 18 brumaire de M. de Bourrienne, F. Rathoiid hod.

BOULE ou SniÈBi. Pour faire une boule dans les arts, on emploie divers procédés. Le tailleur de pierres commence par équàrrir un cube sur les six faces duquel il trace des cercles égaux entre eux et au grand cercle de la sphère qu'il veut exécuter ; ensuite il abat les huit sommets du cube, et en travaillant ainsi de proche en proche il parvient à dégrossir sa boule. Pour la parfaire 11 y applique dans toutes les positions une cerce^ ou arc de grand cercle découpé dans une planche. Le tourneur peut travailler une boule plus fecilement et plus exactement au moyen du tour en l'air et d'un ciseau fixé à la poupée, de manière à lui donner successivement une suite de positions tangentes à la sphère le long d'un méridien depuis le p6le jusqu'à l'équateur. Le fabricant de globes géographiques emploie la presse pour satiner, entre deux fuseaux égaux, l'un creux, l'autre en relief, de fôrls cartons mouillés. Ces fuseaux assemblés sur des cloisons circulaires en carton, forment des globes solides et légers, sans employer le plâtre, et sur lesquels les cartes peuvent se coller exactement. Ddb...

BocLs D'AHOinssinNT, en architecture, se dit de tout corps sphérique qui termine quelque édifice ou quelque décoration, telle que la pointe d'un clocher, ou le haut d'un dême : la coupole de Saint-Pierre, à Rome, par exemple, est surmontée d'uneboule de bronze avec une armature

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de ftr en dedani,. dont le diamètre eét de pluf de huit pieds, et qui peut oooteDir seize per* sonnes.

BOULE ( André-ci AiLBs), ébéniste du xtii«siè« cle, qui a laissé son nom à une sorte de meubles qui, après avoir joui d*une grande réputation, sont, dans ces derniers temps, encore fort rechercliés. Boule, né à Paris, en 1642, reçut une éducation propre à déyelopper ses bonnes dispositions, cultiva le dessin, et s'appliqua néan* moins à la profession de son père ; mais il sut s'y distinguer en créant un genre nouveau : ce sont des espèces de mosaïques pour lesquelles il employait différentes espèces dei>ois, de Técaille, du cuivre, etc., avec lesquels il produisait soit des arabesques, soit même des tableaux de tout genre. Ses travaux furent récompensés par la fortune et la considération. Il obtint de Louis XIT le titre de graveur ordinaire du sceau et un logement au Louvre, où il mourut en 1789. Les ouvrages de Boule, qui étaient tous d*iin grand prix, décoraient les palais et les principaux hôtels. F. RATiia.

BOULBAU. Cet arbre est d'un usage si général et tellement connu en Europe, où il croit naturellement, que nous nous bornerons à rapporter ses propriétés les plus saillantes. Le bouleau blanc s'élève à 50 ou 60 pieds, et aucun arbre ne Jouit autant que lui peut-être de la propriété de croître partout. On le voit occupant seul des contrées entières dans les dernières et les plus froides régions du Mord, où il tient lieu pour ainsi dire de tout à ces tristes peuplades, qu'il nourrit 1» avec sa sève, dont on f^t une boisson excellente; â^avec son écorce, de laquelle on obtient une i^ine sucrée. — En France, l'une des circonstances où le bouleau change en riches superficies des sites auparavant sans valeur, est lorsqu'on le phinte ou qu'on le sème seul ou avec le mabaleb (bois de Sainte-Lucie), les bouleaux d'Amérique , le pin maritime, Tépicea de Morwége, le pin sylvestre, etc., etc., qui sont de très-grands arbres et d'une multiplication trèsfacile sur les coteaux calcaires. X.

BOULET. {ÀrtiUerie.) C'est un globe ou projectile sphérique, en fonte de fer, dont on charge les canons. lï y en a de différents calibres, de diverses formes, et on en varie l'emploi suivant les circonstances.

Dans l'armée de .terre, on emploie des boulets de 4, 8, 12, 16 et 94. La marine se sert de boulets de 4, 6, 8, 19, 18, 94 et 56, suivant la grandeur des bâtiments qu'elle veut atteindre. Quand elle cherche k couper les mâts, les cordages et les manœuvres d'un vaisseau, elle Joint deux

boulets par une barre ou une cbafoe en fer ; on leur donne le nom de boulets barrée ou rmnéê. On se sert pour la défense des c6tes ou pour détruire les revêtements des remparts de boulets creux, que l'on nomme aussi ohua.

Si l'on veut incendier des édifices où des Taisseaux ennemis, on fait alors chauffer les boulets jusqu'au rouge clair, et ces boulets rougWj lancés par le canon, pénètrent dans les charpentes des maisons ou dans les flancs des vaisseaux qu'ils embrasent rapidement, si on ne s'empresse d'éteindre le feu. C'est en 1670, au siège de Stralsund, qu'on employa pour la première fois en Europe le tir à boulet rouge.

On emploie aussi des boulets creux, qu*on appelle boulets meêsagen, pour donner des ordres ou des nouvelles dans une place assiégée» ou dans un camp* CAitrrs.

BOULET. (Droit.) On désigne par ce mot une peine, dont la durée, en l'absence de circonstances aggravantes, est de 10 ans, et qui est prononcée contre tout sous-officier ou soldat qui se trouve dans l'un des cas suivants : 1» s'il a déserté à l'étranger; 9» s'il a déserté à l'intérieur, en emportant des vêtementf ou des effets appartenant à ses camarades; 3o s'il a déserté plus d'une fbis à l'intérieur; 4o si, après avoir été condamné et conduit aux travaux publics pour désertion simple, il s^ést soustrait à cette peine par la fuite.

Les condamnés i la peine du boulet doiveat être employés dans les places de guerre à des travaux particuliers et traîner un boulet de a, attaché à une chaîne de fer de I mètres et demi de longueur. Il leur est défendu de raser ou de couper leur barbe ; leurs cheveux et leurs moustaches doivent au contraire être rasés tous les huit Jours, f^ox» l'artiole DisuTion . RB«RAan.

BOULET, (^r/çé^én'fiaire.) Nom que les hippiatres donnent à l'articulation du canon avec le paturon, sans doute parce que cette articulation forme, chei les chevaux fins, une éminenoe plus ou moins arrondie (Girard). On dit que )a jambe est bouletée, quand les rayons inférieurs sont à demi fléchis, et le boulet porté en avant (Yatil).

BOULEVARD (quelques-uns écrivent bouiôvart). Ce mot vient de l'allemand boUwerk, fortification, rempart, et désigne en français un ouvrage fait avec des poutres pour en montrer la solidité. Les Anglais disent buiwark, et les Italiens balumrdo, dans le même sens* Autrefois boulevard s'entendait simplement d*un ouvrage de fortification extérieure, et signifiait oequi garde, ce qui courre, ce qui revêt les défenses

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déjà élevées pour la âftreCé d*une place. G*est la fortification avancée qui protège celles qui sont plus près de la tille; enfin, c*est tout le terrain qa*occupe un bastion ou une courtine, (les sortes de bastions ou boulevards n*ont guère commencé a être en usage que dans le temps de François I*' et de Gharles-Qulnt, c*està^ire vers Tan 1530. 6n leur avait d*abord donné le nom de boulevards, et on les feiiait très-petits ; on peut dire, en ce sens, que ces boulevards étalent primitivement des endroits à découvert tout autour de Tenceinle d*une ville, ou un peu avancés dans la campagne, selon cette maxime essentielle de la fortification qu'il ne doii y aeoir aucune partie de l'enœinte d'une place qui ne eoii vue dB loue celée et défendue par quelque autre* Mais si le mot de boulevard tire son ori* gine de ramoneellement des terres pour former des bastions, il n^est plus employé aujourd'hui qu^a désigner une grande avenue d*arbres, tantôt droite, tantôt circulaire, ou triangulaire, placée à Tentour d*une ville sur le terrain qui avait été élevé primitivement pour sa déféiise. Ai^oiird*hui eetle avenue sert particulièrement de promenade, comme on le voit dans un grand nombre de villes de France ou de Tétranger, et à Pentoor de certains eb&teaux forts qu*on avait autrefois environnés de retranchements pour les défendre des attaques des ennemis.

Les boulevards de Paris sont connus dans toute TBurope comme Tune des promenades les plus curieuses qu*on puisse imaginer. Celte ville a deui aortes de boulevards : les intérieurs et les extérieurs. €n appelle bouievarde intérieure ceux que Ton avait disposés anciennement autour de la ville, qui sont restés ainsi par l'agran* dissement des constructions, et qui constituent la séparation dee ftiubourgs. Lorsqu'on a nivelé Tespaoe qui, de la porte Saint-Martin, s*étend Jusqu'à la porte Saint^Denis, sur Palignement de la rue Basse-d'Orléans , on a encore trouvé dans les fouilles les vestiges des anciens murs de fortification avancée qui servaient de retranchement et de défense. Le nom de boulevards emtérieure est donné aux boulevards nouveaux que Ton a pratiqués en dehors de la ville, au delà même des murs qui en font le tour, et qui servent également de promenade comme les intérieurs.

On vient de construire autour de Paris, et à une assex grande dislance, une enceinte bastionnée et défendue par des forts isolés. Cette enceinte comprend huit grands logements mili* taires ; le premier, à Vaogirard, de 50,(H)0 mètres de superficie; le deutièiM, au Petit Cvcnlilly, de

40,00d mètres; le troisième, à la Maison blanche, de 40,000 mètres; le quatrième, à Charonne, de 50,000 mètres; le cinquième, à Saint-Fargeau, de 45,000 mètres; le sixième, à la Vilelte, de 00,000 mètres; le septième, à la Chapelle, de 50,000 mètres; le huiltème, aux Batignoles, de 48,000 mètres. Plus, l'agrandissement de Vin* cennes de 195,000 mètres de superficie. L'ensemble de ces logements ou camps retranchés vers Paris a donc une superficie totale de 505,000 mètres, ou de 50 hectares*

Les boulevards de Paris forment une magnifique promenade, qui s'étend du Jardin du Roi Jusqu'à hi Madeleine^ et qui sera prolongée vers les barrières de ce côté-là. Celte promenade offre une si étonnante variété d'aspects qu'on peut, en quelque sorte, y passer en revue tout Paris, avec les mœurs, les costumes et les habitudes si différentes des habitants de ses divers quartiers. On connaît surtout le boulevard des Italiens, rendei-vous des gens à la mode, et le boulevard du Temple, où se trouvent les petits théâtres fréquehtés par la population des feubourgs. Les moCs Ihéàtrede boulevard désignent des théâtres popuhiirés et de second ordre.

Les boulevards de Bruxelles forment aussi une belle promenade, non interrompue, autour de la Ville; et lorsqu'on réalisera le projet d'une nouvelle enceinte pour réunir les faubourgs à la ville, les boulevards se trouveront à l'intérieur de la capitale de la Belgique.

Plusieurs villes ont conservé le nom de 6otilewMrd à des terrains extérieurs ou au dehors d'une Ville, quoique manquant d'arbres, et qui rappellent plus aisément l'origine d'une fortifi-* cation avancée.

On se sert, au figuré, du mot boulevard pour désigner une ville forte, placée sur la frontière d'un royaume, d'un Étal quelconque, pour arrè* ter l'enoeodi dans sa marche. Lille, Metx et Stras* bourg sont les principaux boulevards de la France. 1.

BOULEVEBSSMSNT, renversement, dérange* ment total d'un ordre de choses ou d'une manière d'être quelconque, mélange et confosion de toutes ses parties, eversioy disturbalio: —En mo* raie, il y a bouleversement complet lorsque les devoirs le cèdent aux intérêts et les plaisirs aux affections. Une société ne peut rester longtemps dans cet état, car tout ce que l'homme renferme de sociabilité se pervertirait. Les proscriptions, qui enrichissent ceux qui dénoncent ou assassinent, laissent de si terribles tracés que le caractère national ne peut Jamais remonter à sa pureté primitive. Dans l'antiquité, Rome en

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fournit la preuve : les monirg deviennent-elles corrompues, les émeutes du forum éclatent. Les vertus politiques se dessèchent à leur tour; alors surgissent les proscriptions de Blarius et de Sylla ; elles rendent inévitable le despotisme de Tempire, qui, après avoir donné Auguste, lègue Néron au monde. Ainsi, la morale éprouve-t-elle à Rome un véritable bouleversement, Tunivers est courbé sous de longs siècles d*abJection qui éteignent et la liberté et Tintelligence. Il arrive, à certain âge de la civilisation , que les sentiments les plus purs comme les plus nobles tombent tour à tour renversés sous les coups d*une raillerie ingénieuse et fine« Le cœur se dessèche; il ne peut plus rien féconder; Tesprit est la seule puissance qui reste, et c*est sous les côtés qui prêtent au ridicule que désormais il envisage tout : un peuple alors charge en badinant Tarme qui 4e blessera un Jour. A la même époque naissent les sophistes : poussés par l'instinct, ils accourent à ce commun rendez-vous de ruines, et ce que le badinage de Tesprit a épargné, le raisonnement le renverse : alors le bouleversement est complet. Mais , chez les peuples modernes, les mœurs, les intérêts et la raison publique remettent tût ou tard Totdre à sa place. On rencontre chez les nations qui sont encore barbares des usages qui sont contraires à la bonne morale : il est prudent alors de miner avec précaution, mais non de détruire avec violence; autrement, c'est une réaction qu'on préparerait. Les hommes, dans cet état primitif de la société, ne possèdent pas encore le discernement de ce qui peut leur être salutaire; c'est donc avec douceur et mesure qu'il faut les faire glisser dans le bien. N'oublions jamais qu'en toute espèce de réforme bouleverëemeni est presque synonyme de deêtruction. C'est un avis que, sous toutes les formes, donnent l'histoire et même l'expérience de chaque jour. 9)kiifT-PK08PKB.

BOULGARES^ Pour ne pas ajouter à la confusion qui a toujours régné à l'égard de ce nom historique, il faut soigneusement distinguer les deux branches du même peuple , les Boulgares du Volga et ceux du Danube. Les uns et les autres fondateurs d'une domination considérable, occupent dans l'histoire une place importante; «oais les derniers, mieux connus parleur longue lutte avec les Romains de Byzance, ont foit oublier les Boulgares du Volga, et ce n'est qu'à l'occasion des études sur les antiquités russes, grâce aux travaux érudits de G. F. Muller (dans le Magasin de Busching, t. xvi) et de M. Frœhn (voir son édition d'Ibn Fosslân et les nouveaux extraits qu'il a donnés de cet auteur, avec traduc-

tion et commentaire, dans les Mèmolreê de VA* cadémie de$ sciences de Saint -Péteribourg, 6« série, section des sciences politiques, de l'histoire et de la philologie , 1. 1, p. 537-577), que ceux-ci ont reparu dans les annales et qu'on a reconnu leur antique iUustratlon. Ici nous devons nous bornera un rapide coup d*Œil sur leur histoire; nous aurons ailleurs l'occasion delà présenter dans tous ses détails.

BouLOAKBS DU VoLGA. Nous commcnçoDS par ceux-ci comme étant la souche de toutes les tribus qui ont porté le nom de Boulgares. Ils prennent place dans l'histoire au moment où les Huns, affaiblis et démembrés, y disparaissent. Leur origine, sans doute ouralienne et par conséquent scythique, n'est pourtant pas certaine. « Primitivement, dit H. Frsahn, ils faisaient sans doute partie de la race nombreuse des Finnois orientaux qui finirent par devenir tout à fait turcs, tandis que leurs frères du Danube devinrent tout à fait slavons. » Cependant beaucoup d'historiens ont fait passer pour des Slaves les uns et les autres , et il est dit dans la préface d'Ibn Fosslân par H. Frœfan que cet écrifaio arabe du x« siècle confond habituellement les noms de Slaves et de Boulgares; de plus, les noms qu'on cite parmi ce peuple appartiennent également aux langues slavonne, finnoise et ta^ que; enfin les Boulgares de la Mœsie pariaient un dialecte slavon. Hais cette dernière circonstance ne prouve rien, ainsi qpi'on le verra plus bas, et quant au mélange de mots slavons et de mots ouraliques, il est expliqué parce témoignage d'un géographe arabe cité par H. Frehn. Les Boulgares arrivés à Bagdad au x« siècle, dit Chems-eddin Mohammed) ayant été questionnés pour savoir qui ils étaient, répondirent : Nous sommes des Boulgares ; les Boulgares sont un peuple né du fnélange des Turcs avec les Slaves. Cette opinion , vraisemblable sous tous les rapports, parait avoir prévalu, et l'on ne balance plus, pour trouver les véritables ancêtres des Boulgares, qu'entre les Turcs et les Finnois.

Ils habitaient sur le Volga , dans les gonve^ nemeuts russes actuels de Kasan , de Simbirsk, de Saratof, d'Orenbourg, etc. Leur nom ressemble assez à celui du fleuve pour qu'on Ten ait dérivé. Mais le nom de Volga est moins ancien que celui de Bolgar, et plus anciennement encore c'est Boulgar qu'écrivaient les Orientaux, aussi bien que les Grecs et les Latins. Chez les premiers, le fleuve s'appelait alors Atel ou Etd {vcx- Volga), et chez les autres Rha ; c'est donc peut-être l'inverse qu'il faut croire : le Volga peut avoir pris son nom moderne des Bolgares.

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