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Après le t« ftiècle les fioulgares du Volga sont généralement un peuple mahométan : lorsque, en 988, le grand-prince de Russie Vladimir ras- ' sembla autour de son trône les pontifes de tous les peuples voisins, ceux des Boulgares plaidèrent en faveur du Coran , et le voyageur Rubruquis, qui a été les visiter, affirme même qu*ils étaient plus attachés à Tislâm que la plupart des autres musulmans. Avant le x« siècle, ils étaient, les uns chrétiens , les autres probablement chamanes, et Ibn Fossiân signale de nombreuses superstitions qu'ils alliaient à leur nouveau culte. La conversion commença en 923 : le même Ibn Fossiân accompagna, vers la fin du siècle, une ambassade arabe, chargée par Le calife de Bagdad de la consommer. Le roi Boulatavar avait donné Texemple : il s*était soumis à la circoncision, avait pris le nom de Djafar, en Thonneur du calife Houktédir, et adopté le titre d'émir des Boulgares et de protégé de Témir des croyants.
A cette époque ils étaient encore en partie nomades, car le roi vivait avec sa suite sous des tentes et changeait fréquemment de résidence; ils habitaient des iourteê en été, et en hiver des cabanes de bois; cependant Tagriculture était chez eux en usage; ils cultivaient Torge, le froment et le millet.
Bien différents des Boulgares du Danube, ceux du Volga n'étaient pas belliqueux ; ils se livraient au commerce et peut-être aussi à Tindustrie. Ils exportaient des pelleteries , du miel , de la dre et des dents de mammouth ; les cuirs de Russie et les noisettes paraissent avoir formé Tun des objets de la demande des Orientaux , car dans tout rorient on appelle les iouftes boulgari et les noisettes guai boulgari. Les Boulgares ont frappé monnaie longtemps avant tous leurs voisins de Test et de l'ouest, et l'écriture leur était connue peut-être même avant l'introduction de l'islamisme. Outre les Russes, les Vesses, les lougres et les Khasars, ils avaient des relations avec le Kharism (Khiva), le Khoraçan et tous les pays riverains de la mer Caspienne.
Pour élever leur première ville murée, il leur fallut faire venir des architectes de Bagdad ; c'était ce qu'on appela ensuite la grande mUe^ Braikhimof chez les Russes ou peut-être BouLgar, cette ancienne capitale , dont on voit encore aujourd'hui les ruines près du village de Bolgary ( gouvernement de Kasan , district de Spask), à quelque distance de la rive gauche du Volga , un peu au-dessus de l'embouchure de la Kama dans ce fleuve, et à 23 lieues de Kasan. Ces ruines consistent en quelques murs, tours, caves et inscriptions sépulcrales. Les inscriptions sont
ou en arménien ou en arabe; et, dès I7â2,]^ierre le Grand en a fait prendre copie. La ville de Boulgar se soutint jusqu'en 1396, époque où son nom disparaît pour faire place à celui de Kasan {vqy. ce mot).
Malgré leurs relations commerciales, les Boulgares furent souvent en guerre avec les Russes et rarement heureux dans leurs expéditions. Dès l'année 1164 on voit leur émir battu parles armées moscovites. De temps à autre des traités de paix et de commerce intervinrent. Les Mongols n'attaquèrent pas d'abord (1224) les Boulgares; ils ne les menacèrent qu'en 1232. Alors ce peuple envoya une députation à Moscou, pour obtenir, dans leur intérêt commun , le secours des Russes. Ils essuyèrent un refus et devinrent la proie des conquérants; leurs villes furent prises et saccagées, leur population décimée et leur indépendance abolie. Ils restèrent sous la domination de la grande horde, mais avec des gouverneurs <]ue les Tfttars choisirent au milieu d'eux. La tentative faite par l'un de ces gouverneurs, pour insurger le pays, fut réprimée à l'aide des troupes russes, et,.depuis ce temps, les grands-princes de Moscou convoitèrent la possession du territoire des Boulgares. Elle leur échut au XV* siècle par leurs victoires sur les Tâtars, et en 1490 ils augmentèrent leur titre de celui de maître de la Boulgarie, qu'ils conservèrent jusqu'à Pierre le Grand. Depuis, les Boulgares du Volga ont entièrement disparu de ces contrées, où l'on ne trouve plus, avec les Russes et les Tâtars , que des Tchouvaches , des Mardouans et des Tchérémisses.
On conserve à Saint-Pétersbourg trois médailles provenant des Boulgares ; elles sont des années 950 et 976.
Boulgares du Danube. Des bandes de ce peuple, mêlées à des Slaves, arrivèrent, l'an de J. G. 501, sur le Danube; dès 487 ou 489, ils avaient fait, sous leur roi Bousas, une incursion dans la Mœssie, où ils furent baltus par Théodoric, roi des Ostrogoths {voir Thunmann Uniersuchungen, etc., et Engel dans la continuation allemande de la grande histoire universelle, in-4«>, t. XLix, p. 298). Le roi Asparuch que Théophane de Byzance et d'autres écrivains placent à une époque postérieure, parait appartenir à celle-ci, ainsi que Muller l'a fait voir. Voici ce qu*on rapporte à son sujet : Crobat, roi des Boulgares (sans doute du Volga), recommanda sur son lit de mort à ses cinq fils de rester unis, afin de résister plus efficacement aux attaques de leurs ennemis ; mais ce conseil ne fut point écouté, et Batbaï , Fainé, ayant été abandonné des au-
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très, Ait «ubjusué parles Uasars. Gotrag Inii* cliit le DoQ pour s'établir sur sa rive occidentale; Aspanich passa le Dnieper et le Dniester, et s*ar« rèta dans la Holdayie; le quatrième frère alla en Pannonie, et le cinquième Ju8qu*en Italie. Asparuch fonda avec les Boulga^es et les Slaves , qui s'étaient mêlés à eux, ce qu*on ne tarda pas à nommer la petite Baulgarie, par opposition ^ la grande Boulgari^, dénomination qui, dès le vi« siècle, appartient au pays du Yolga, dans la langue des Romains, |«es Antes et les Slaves se mêlèrent avec les Boulgares du Danube, et cbez eux rélément slavon prit le dessus sur Télément ouralien.
Ce fut un peuple belliqueuxi et il devint si féroce que, dès Tannée 551, Jornandès voit en eux le fléau des chrétiens, envoyé en expiation de leurs pécbés; ils se divisaient, à ce quUI parait, en Goutrigoures et en Outrigoures. Formidables aux Romains, ils les harcelèrent fréquemment, etquoiqu'en 507 Tempereur Anastase eût fait élever contre eux une longue muraille, ils les battirent en plusieurs rencontres et arrivèrent même Jusque devant Constantinople. Cependant, en 550, Justinien leur opposa avec succès son général Bélisaire, Peu après Us furent soumis par les Avares et restèrent près d*un siècle sous leur domination, jusqu'à ce que Kou' vrat y mit fin. Alors il se fOrma un royaume indépendant de Boulgarie (679-1019), et le peuple ne tarda pas à embrasser le christianisme. Ce royaume fut souvent en guerre avec Tempire de Byzance et finit par en devenir une province. Pendant, cette période, la langue slavonne prit décidément le dessus chez eux sur Tidiome primiUf (Engel., p. 315 et suiv.). De 1180 à 1389 les Boulgares eurent de nouveau des princes indépendants, qui régnèrent en même temps sur la Yalachle; cette dernière année est Fépoque de la bataille de Cassovo, après laquelle Mourad I«r subjugua les Boulgares. En 1392 Bajazet !«' mit fin à leur indépendance; c'est alors que les rois de Hongrie reçurent dans leur titre celui de rois de Boulgarie.
Ce nom de Boulgabie est resté attaché au pays des Boulgares, province septentrionale de Tempire ottoman, appelée en turc Boulgar-IU et aussi Sofia- Vilaxeti, du nom de l'une de ses plus anciennes villes. Située au nord de Roum-Ili, la Boulgarie en est séparée par le fleuve Kamtchi et par le Balkan, qui, avec le mont Sardik, sont ses limites au sud ; elle est bornée à Touest par la Servie, au nord par la Yalachie dont le Danube la sépare, et à l'est par la mer Noire, sur laquelle elle possède le port de Varna. On lui donne une
étendue de 1 J^40 m. car. géogr. Au sud la province est hérissée de montagnes; mais elles s'aplatissent du côté du nord, où elles laisseot de vastes plaines fertiles en blé et en vin, et couvertes d'excellents pâturages. Elle est arrosée par beaucoup de petites rivières* LesBoulgarss exportent du blé, du vin, des bestiaux, du fer «t quelques autres métaux^ du miel et de la cire, des poissons qui abondent dans le Danube, des plumes d'aigles, etc. On évalue la populatioD à 1,800,000 âmes. Ja religion dominante est celle de l'IgUse grecque orientale, dont les afibires sont dirigées par un patriarche avec trois archevêques. On peint les habitacnts actuels comme abrutis par le despotisme turc, et l'ignorance qui règne dans le pays est telle, suivant Epgel (p. 471), que les prêtres eux-mêmes savent à peine lire leur Hturgie.
lia Boulgarie est gouvernée par le beglerbeg de Koumtli, résidant à Svflef l'ancienne Suf" dica, et que les Boulgares appellent dans leur langne Triadit^a* Cette ancienne ville est tel* lement déchue aujourd'hui que Engel la nomme un village; néanmoins elle est assez peuplée. Sous les ordres du beglerbeg sont placés quatre grands sandjiacats, ceux de Sardik ou SoSa, de Widdin, de Nicopoii et de Silistrie. Les autres villes principales sont la forteresse de Varna; Ternova, l'ancien siège du patriarche; Toni ott Temesvar, lieu d'exil d'Ovide, etc. On voit encore près de Silistrie, ville forte sur le Danube, des restes de l'ancienne muraille de l'empereur Anastase. scammsi*
BOULOAKINE (THADte), écrivain satirique et romancier russe, naquit dans la Uthuaqle en 1789, et fut élevé à Saint-Pétersbourg où sa mère le fit recevoir au corps des cadets en 1798. Il entra avec le grade d'enseigne dans les uUaos du grand-prince Constantin et fit la campagne de Friedland; après la paix de Tilsitt il yécat quelque temps à Pétershourg et fut ensuite compris dans le corps d'armée qui entra en Finlande, Mais les circonstances ayant dégoûté Boulgarine du service russe , il se rendit à Varsovie près des parents qu'il y avait, et de là en France où il prit du service. Envoyé en Espagne, en 1810, il s'y trouva au milieu des troupes polonaises et reprit l'usage de la première langue qu*il eût parlée, mais que le séjour en Russie lui avait fait oublier en grande partie. Pendant la campagne de 1814 il tomba au pouvoir des Prussieai et reparut au quartier général de l'empereur après une courte captivité. La chute de Napo* léon mil fin pour lui à la carrière des armes et des aventures : il échangea l'épée contre la