‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 3Chapitre 57 sur 63 · MT · texte numérisé non relu

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saint iouU, «t encore, dit*OQ , par la malfOQ d^Albret ft laquelle elle s*allia, Jouiiaait, aoufl lee Yaloii, du rang det^pnmi$r9 pfi%o$s du mng» Par la trahison du connétable de Bourbon elle était déchue de sa splendeur et de son ancienne puissance, lorsqu'elle se para d*une couronne royale , à la suite du mariage du duc Antoine avec Jeanne d^Albret* héritière de Kavarre* Henri lY, d*abord éloigné du trône de France par le fanatisme religieui qui secondait les prétentions des Guise, s'y assit k la ^n-et réunit k une couronne sans éclat celle des Capétiens, ses ancêtres, Tune des plus brillantes de la clirétienté.

Vais Id ne' s'arrêta pas la fortune de la maison de Bourbon ou de celle de Vendôme qui en est une branche cadette. On a vu, dans Tartide précédent, que Louis XIV plaça l'un de ses petits^ fils sur le trône des Espagnes etdes Indes auquel, à cette époque, étaient soumises les Peux-Siciles; et ainsi sa race semblait destinée k entrer à son tour en possession de cet empire presque uni*- Tersel longtemps exercé en Burope par ia maison de Habsbourg* Les droits du roi étaient litigieu]( et d'ailleurs il y avait formellement renoncé; ceux de sa femme Marie -Thérèse, fille du roi Philippe rv et de leur descendance, les ducs de Bourgogne et d'Anjou, n'étaient pas moins contestables» Néanmoins le petit-fils de Louis XIV fut proclamé roi à Madrid, en 1700, sous le nom de PniuPFi V, La dynastie nouvelle régna sur l'Espagne Jusqu'à nos Jours et sans autre inter^ ruption que celle de la guerre de la Péninsule, suscitée par Napoléon lorsqu'il imposa comme roi k l'Espagne son frère Joseph.

Les Bourbons ne donnèrent point k ce pays de ces rois puissants et dominateurs tels qu'il en avait vu dans Charles I» et dans Philippe II; mais l'administration fut réglée sous Charles III et l'agriculture encouragée. Le pacte de bmille entraîna souvent l'Espagne dans des guerres ; cependant elle put s'occuper d'ellemême plus qu'elle n'avait fait jusque-là, et des ministres habiles la poussèrent dans la voie du progrès social. Après Philippe V ( 1700-1740), FiiNHARD VI (1746-1759), Ciarlxs m (1759- 1788), Chaeibs IV (1788-1808), et EiiDidAna VII (1814-1833), régnèrent successivement. Ferdinand VII qui n'avait pas de descendance mÀle, mais k qui sa 3« femme avait donné deux filles, abolit dans ses États la loi sallque, et à sa mort, en 1883, le trône passa à Isabkljli II , sa fille aînée, qui Toccupe aujourd'hui. Cependant^ le chef actuel de la maison,, don Caii^s , frère de Ferdinand VII , se Jeta, en 1854 , dans les pro-

vinces basques où détjà une insurrection s^tait organisée, et prit le titre de roi ; mais, sur la proposition de la reine régente , les certes réunies à Madrid ont prononcé son explusion du trône et celle de sa postérité, pour fait de rébellion et de lèse-majesté.

Philippe V, tranquille possesseur du trône d'Espagne , ne put conserver celui des Deux- Siciles où la maison de Habsbourg opéra sa restauration dans la personne d'un fils de Léopold î^ qui prit le titre de Charles III. Elisabeth de Farnèse, héritière de Parme et femme de Philippe V, opposa k ce prince son fils du même nom qui finit par se faire proclamer roi en 1755. Alors la maison de Bourbon resta en possession de ce nouveau trône, en même temps qu'elle fit l'acquisition des duehés de Parme et de Plaisance, dévolus au second fils d'ilisabeth. Cette dernière souveraineté est dans ce moment en d'autres mains {vor* Mahi-Lodisi), mais ellç doit être restituée aux Bourbons k la mort de la duchesse actuelle, et le duché de Lucques leur a été-donné provisoirement en dépôt.

CiABU» m, fils de Philippe V et d'Elisabeth de Farnèse, succéda en 1759 k son frère Ferdi^ nand VI sur le trône d'Espagne et céda celui de Naples ^ son 5* fils, Firdiii and, IV« du nom, et depuis appelé Ferdinand I^ (1759*1895) ; celui-ci eut pour successeurs son fils FiahçoisI»' (1895- 1830) et son petit^fils Fxbdinard II, le roi actuel, La reine des Finançais Marie-Amélie est une fille de Ferdinand !«'; madame la duchesse de Berri et Marie -Christine, reine* régente d'Espagne, sont de$ filles de François V] les deux rois ont laissé plusieurs autres princes et princesses.

Le futur possesseur de Parme et de Plaisance est l'infent d'Espagne, duc de Lucques, Cbarlxs* LoDis, fils de la reine d'£trurie. . SQBmTZLBB.

BOUBCER BiiB voiLB. (Marine,) C'est ne fixer cette voile que par les sommets de ses deux an» gles inférieurs, ou cargue-points, en laissant toutes les autres manesuvres sans être tendues, ou largtmf lâ voile se bombe alors par le vent« On coure sous la misaine bourcée, quand on veut f^ire peu de chemin; au lieu qu'on la borde par les autres cargues et la bouline du vent, lorsqu^on veut bien marcher. Dvb...

BODBDALOUE (Louis), né k Bourges le 90 août 1633, entra dans la société de Jésus à l'âge de 16 ans. Les dix^^huit premières années qu'il y passa furent employées k achever ses études et à remplir successivement les chaires de rhétorique, de philosophie et de théologie morale. 3es supérieurs, reconnaissaiU en lui un grand talent pour la prédication, l'envoyèrent prêcher en

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province, où il obtint un succès tel quHls le ratH pelèrent à Paris. Sur ce grand théâtre, il lutta avec avantage contre le mauvais goût, les manières ridicules et le style ampoulé des prédicateurs de son temps : aussi, à Paris, comme en province, ses succès furent prodigieux, et, plus qu*en province, ratifiés par tout ce que la cour et la ville comptaient de juges éclairés., «Je n*ai jamais rien entendu de plus étonnant que le père Bourdaloue, » écrivait à sa fille madame de Sévigné. — Quelque temps après, mandé à la cour par LouijS XIY, il y prêcha Tavent de 1670 et le carême de 1672. H fut redemandé pour les carêmes de 1674, 1675, 1680 et 1682, et pour les avenu de 1684, 1686, 1689 et 1695. Ainsi, il parut ' dix fois à la cour, ce qui est d'autant plus remarquable que le même prédicateur y était rarement appelé jusqu'à trois fois. — Après la révocation de redit de Nantes, Louis XIY l'envoya en Languedoc pour faire goûter aux nouveaux convertis la religion catholique. Dans cette mission si délicate, Bourdaloue sut concilier tout ce qu'il devait aux uns et aux autres, tout ce qu'il devait à ses devoirs, tout ce qu'il se devait à lui-même. Sa douceur, sa tolérance, lui acquirent l'estime des deux partis.— En 1700, il abandonna la chaire et se voua tout entier aux assemblées de charité, aux hôpitaux et aux prisons, et, passant de la chaire au lit des mourants, il sut les consoler sans les e£Prayer, et masquer, par tout le prestige de l'espérance, toute l'horreur de cette transition si redoutée de la vie à la mort.— Il mourut le 13 mai 1704 à l'âge de 72 ans, après avoir dit la messe la veille.— Dans ses prédications, Bourdaloue, simple et érudit tout à la fois, insinuant, concis, nerveux, serré sans sécheresse, et profond sans obscurité, savait se mettre à la portée de ses auditeurs.— Nourri de la lecture des Pères de l'Église, il avait l'âme, le génie et l'abondance de Chrysostome ou d'Augustin. Son style, quoique sévère, n'avait rien de recherché; mais, plein de force et d'énergie, il était fleuri, gracieux ou orné sans affectation. Il s'arrêtait peu à certaines pensées ou toutes mystiques ou seulement pieuses; il ne les rejetait ni nés les affaiblissait, mais n'avançait rien qui ne parût solidement établi dans la religion. Sa fécondité était telle qu'il a composé divers discours sur le même sujet. Sur certains sujets, il y eu a jusqu'à quatre, mais communément deux ou trois, tous si complets, qu'à les prendre chacun séparément il semble qu'il ait épuisé toute sa matière.— On l'a souvent mis en parallèle avec Massillon; mais, éloquents tous les deux, ils le sont d'une manière différente : ils ont chacun un caractère

propre, distinctif, original, qui exclut toute com* paraison exacte, et Ton pourrait dire avec raison que ce que Massillon dut au sentiment, Bourdaloue le dut à la force de son génie. — Quelques autres l'ont placé après Fléchier et Bossuet; cependant la première partie d'une de ses Passions, dans laquelle il s'attache à prouver que la mort du fils de Dieu est le triomphe de sa puissance, est regardée avec raison comme le chef-d'oeuvre de l'éloquence chrétienne. Du reste, Bossuet disait de lui : €et homme sera éternellement tnon maître en /ot»/. — Quoi qu'il en soit, Bourdaloue eut le talent de se faire goûter également des grands et du peuple, des gens du monde et des hommes pieux, et d'exercer sur eux tous un empire qu'il dut à la douceur de ses mœurs et à la force de ses raisonnements. — Le père Bretonneau, son confrère, a donné deux éditions de ses œuvres imprimées à Paris, en l'année 1707 et suiv. : celle en 15 vol. in -S» est la plus estimée; sur l'autre, en 18 vol. in-13, ont été faites les éditions contrefaites de Lyon, Rouen, Toulouse, Amsterdam. Cette édition se distribue §insi qu'il suit : Jvent, 1 vol.; Carême, 3 vol.; Exhortations ^ 2 vol.; Dominicales, 4 vol.; Panégyriques^ 2 vol.; Mystères^ 2 vol.; Retraites^ 1 vol.; Pensées, 3 vol. Ces pensées ne sont que des réflexions ou mieux encore des fragments de sermons non prêches. En 1793, on imprima de lui àe% Sermons pour tous les jours de l'année (Anvers et Bruxelles, 8 vol. in-12). Ces éditions, faites d'après dés copies inexactes, ne méritent aucune confiance. En 1812, l'abbé Sicard publia des Sermons inédits de Bourdaloue (Paris, ln-12 et in-8o). D'autres éditions ont été faites depuis, bien supérieures à toutes celles précitées. — La vie de Bourdaloue a été écrite par madame de Pringi (Paris, 1705, ln-4«). On y lit l'anecdote suivante : «Bourdaloue avait son franc parler avec Louis XIY. Un jour le roi lui dit: Mon père, vous devez être content de moi, madame de Montespan est à Clagni? Oui, sire, répondit Bourdaloue, mais Dieu serait plus satisfait si Clagni était à 70 lieues de f^ersailles.

On a donné le nom du prédicateur fameux dont on vient de lire la vie, d'abord à une étoffé assez simple et assez modeste, dont les femmes s'habillèrent pendant quelque temps, après une réforme dans le luxe, opérée, dit-on, par ses sermons ; puis à une sorte de tresse d'or, d'a^ gent ou de soie, large d'environ un doigt, qui se mettait autour des chapeaux d'homme, et qui s'attachait avec une petite boucle de métal, comme il est d'usage encore aujourd'hui d'y attacher un simple ruban. • Le P. Bourdaloue,

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dit Richelet, dând sa Manière déparier la lan* gue française (page 176, édit. de Lyon, 1697), prèchaot un Jour contre la magnificence des habits de femme, toucha si fort la plupart d^entre elles qu^eUes se réformèrent et changèrent leurs superbes étoffés en de plus modestes, qui furent alors nommées bourdalou ou bourdaloue, DiCT. DB LA Comr.

BOUIIDE, mot dériyé, selon Ménage, de TiUlien hurla^ plaisanterie, d*où nous avons fait aussi le mot burlesque^ ou, selon plus de probabilité, de la basse latinité burda, fait de versutia, et qui signifie tout à la fois fausseté, mensonge, plaisanterie, raillerie, sornette, etc. On dit bailler des bourdes, pour débiter des mensonges, donner des contes pour argent comptant.

En termes de marine, on appelle bourde une YoUe dont on se sert quand le temps est tempéré. On avait aussi donné ce nom à une espèce de sonde très-mauvaise. — Enfin, on a appelé bourdesj de burdo^ des espèces de béquilles, des potences, etc., et bourde est aussi lé nom du bâton des pèlerins, plus connu sous celui de bourdon, X.

BOURDON. Ce mot a beaucoup d'acceptions. Il est le nom d'un insecte dont nous parlons aux articles Bouedon nkhkit et Abkillb. On nomme bourdon des pèlerins leur long bâton de voyage. Dans plusieurs chapitres les chanoines ou bénéficiers en chape qui sont au lutrin, portent aussi de ces bourdon» qui sont très-hauts, revêtus de feuilles d'argent ou de vermeil et surmontés de divers ornements.

La cloche qui porte le nom de bourdon est d'un son grave et de fortes dimensions ; on ne sonne ces grosses cloches que dans les grandes occasions. Le bourdon de Notre-Dame de Paris pèse près de 32 milliers et son battant est du poids de 976 liv. Elle fut fondue en 1682 et définitivement suspendue en 1685. S.

mi3KJ)0^.{Musigue.)Jen d*orgue de l'espèce des flûtes, composé de tuyaux à ouverture cylindrique ou carrée, bouchés à leur extrémité supérieure, et produisant, à cause de cela, l'octave grave du son qui en sorUrait s'ils étaient ouverts par les deux bouts. Il est facile de se rendre compte de ce phénomène, en considérant que la colonne d'air mise en vibration par le vent du soufllet doit parcourir deux fois la longueur du tuyau, puisqu'elle ne trouve pas d'issue à l'extrémité supérieure ; la longueur étant doublée, au moyen de cette allée et venue, l'intonation se trouve nécessairement baissée d'une octave.

Le son d'un bourdon est plus sourd et plus faible que celui d'une flûte ouverte sonnant à

l'untsion; mais dans les petites orgues ce dés« avantage est balancé par l'exiguïté de la place qu'occupe le bourdon.

Il y a des bourdons de 4, de 8, de 16 et de 33 pieds, c'est-à-dire, dont le son le plus grave est à l'unisson d'un tuyau de 4, de 8, de 16 et de 32 pieds, d'où il suit que le tuyau le plus grand d'un bourdon de 4^ n'a que 2 pieds; celui d'un bourdon de 8 a 4 pieds, et ainsi des autres.

Dans les orgues de petite dimension , où la place manque pour mettre une flûte de 8 pieds ouverte, on emploie un bourdon de 8, une flûte ouverte de 4 pieds, un bourdon de 4 et un preS' tant ou flûte ouverte de 2 pieds. Tous ces jeux s'emploient dans la combinaison d'orgue qu'on appelle 7&tfs de fonds. Foy, Oigde, Fiute oo-

VEETE et PEESTART.

Les bourdons de 8, de 16 et de 32 j)ieds sont ordinairement en chêne de beau choix. Le bourdon de 4 est en étain ou en étoffe, mélange d'étain, de plomb ou de zinc. Quelques bourdons sont faits en bois doublé de plomb ou d'étain.

On appelle aussi bourdon la grosse corde à vide de la vielle des Auvergnats et des Savoyards, ainsi que le plus long tuyau des musettes et des cornemuses. e. fetis.

BOURDON (SAbastieh), peintre et graveur naquit à Montpellier en 1616, d'un calviniste, peintre sur verre, qui l'envoya à 7 ans étudier à Paris, sous un peintre médiocre. A 16 ans, livré à lui-mème,cberchant de ville en ville à utiliser ses talents et ne trouvant point à s'occuper, il se fit soldat. Son capitaine, ayant vu quelques-uns de ses dessins, en reconnut le mérite, lui donna son congé, et l'aida par des secours pécuniaires à suivre ses études. A 18 ans Bourdon partit pour l'Italie où il se mit aux gages d'un marchand de tableaux qui profita de la facilité extraordinaire qu'il avait de s'identifier avec tous les maîtres, en lui faisant exécuter des tableaux dans le style et la manière de Claude Lorrain, de Michel-Ange, du Caravage, de Sacchi, du Bamboche qu'il imitait à s'y méprendre. De retour en France il fit pour l'église Notre-Dame de Paris ce célèbre Crucifiement de saint Pierre qui passe pour son chef-d'œuvre et que l'on range, comme son tableau de l'église de Saint-Pierre à Rome, au nombre des productions les plus estimables de l'école française. En 1652 il quitta de nouveau la France, agitée par la Fronde, et Christine de Suède le fit son premier peintre. Ne trouvant là que des portraits à peindre, il revint dans son pays natal et s'y fixa enfin. Ce fut alors qu'il exécuta pour l'église Saint-Benoit un Christ inort aux pieds de la Fierge qui seul suffirait pour justifier sa

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grande réputation, si son Marthe de saint Pr<h fais, seê Sept œuvres de miséricorde, son Saio^ mon sacrifiant à la déesse des Sidoniens, son Martyre de saint Andréj ne témoignaient encore de réminence de son talent comme peintre d'histoire. Son Retour de l'arche de la captivité est cité par Reynolds comme un paysage historique du plus grand style et de la pensée la plus sublime. Sébastien Bourdon n'a ni la sagesse du Poussin, ni la grâce de Lesueur; mais, par la fécondité, Poriginalité de son génie, la vivacité de ses pensées, son pinceau facile et spirituel, il justifie la réputation quMl s'est acquise comme peintre d'histoire. Comme paysagiste, il se place assez près de Claude Lorrain et du Poussin.

Bourdon fut Tun deà douze anciens peintres qui commencèrent, en 164S, l'établissement de l'Académie (|e peinture dont il fut plus tard élu recteur. Il mourut à Paris en 1071.

Comme graveur. Bourdon s'est fait un nom célèbre. On a de sa main une quarantaine d'estampes exécutées d'après ses propres dessins ; Ton y remarque le même esprit, le même féu que dans ses tableaux. En général, il avançait beaucoup ses planches à l'eau f6rte et les terminait ensuite avec le burin d'une manière très>adroite. Les Sept œuvres de miséricorde sont ses pièces capitales. Heinecke a donné le catalogue de ses estampes et de celles eyécutées d'après lui. L. G. SoTii.

BOUBDONNAIE ( Fa ançois- Etais , comte de ià), ministre de la restauration, était né à Angers, en 1767* Officier municipal de sa ville natale, il ne se décida à embrasser le parti de l'émigration qu'en 1793, Il prit du service dans l'armée du prince de Condé, sa comporta vaillamment, et ne quitta ses frères d'armes, après le licenciement, que pour se réunir auK chouans et plus tard aux Vendéens* Lors de la pacification générale des départements de l'ouest, il se rallia, comme tant d'autres, au gouvernement, fut réintégré dans une partie de ses biens et devint successivement membre du conseil général du département de Maine-et-Loire, maire d'Angers et candidat au corps législatif. Dévoué sincèrement à l'ancien ordre des choses, il contribua de tout son pouvoir à son rétablissement. Sa conduite, pendant la première restauration, lui valut un arrêt de proscription pendant les cent-jours. En 1815,1a ville d'Angers le choisit pour son représentant à la chambre des députés,

* « D'oDs Yatte capadtéf a dit M. de Cbateaabriuid (CcngrU de y iront, t. l«r, p. S04), maU an peu faible de caractère, comme Irt esprits entière qui ne eofit pae dominatevre, M. de la Boardoanaic ne lit i|ue paurr dana le coateil de Cbarlce X. Svu» le pré*

et, dès son arrivée, le comte de Labourdonnaie se rangea parmi cette majorité connue sous le nom d'ultrà-royaliste. Homme froid et dénaé d'éloquence, il arrivait à son but à force de pe^ sévérance i les premières motions qull fit, et qui toutes portaient l'empreinte d'une rigueur excessive et d'une singulière énergie, lui firent décerner, par certains journalistes, le surnom de jacobin blanc. U, Decazes, dont il s'éveKuall à contrarier les projets, se vengea de lui en l'sppelant un tigre à froid.^ Ouelques-unes de ses propositions subsistent malheureusement pour justifier de semblables qualifications : celle, entre autres, dans laquelle il fit entrer trois catégories de proscriptions, dont les deux premières entraînaient la mort, et la troisième la déporta» tion. Envoyé de nouveau à la chambre de 1S16, malgré les difficultés que les ministres opposé^ rent à sa réélection, il devint bientôt le chef de l'extrême droite, et, dans sa haine contre la politique ministérielle, il ne craignit pas de faire alliance avec l'opposition. En 18] 7, ses fréquentes apparitions à la tribune le firent surnommer, par la Minerve^ l'Ajax du côté droit. Porté, en 18i1, à la vioe-présidence de la chambre, il fut, l'année suivante, présenté le premier à la nomi« nation du roi, oomme candidat à la présidence; mais le choix tomba sur M. Bavez. A l'époque de la dissolution opérée par Charles X, en 18S7, la Bourdonnaie fut encore réélu par son département, et sa persistante opposition contribua à frapper de mort le ministère YiUèle, qui fit place à celui de Martignac. En 1829, le prince de Polignac, de retour d'Angleterre, ayant été chargé de composer un nouveau ministère, la Bourdonnaie reçut en partage le portefeuille de l'intérieur; mais, la majorité lui ayant fait défaut, il se vit contraint d'offrir sa démission, et reçut en dédommagement le titre de ministre d'État, celui de membre du conseil privé et la dignité de pair de France. Sa renonciation aux affaires était ainsi motivée ; « Quand je Joue ma tête, j'aime à tenir les cartes '. » Depuis ce moment, retiré dans ses terres, il vit passer la révolution de 1830, qu'il avait prévue (séance du 14 juillet 1828), sans donner signe d'existence politique, et il termina ses jours, le 38 août 1839, en soo château de Mésangeau, près de Beaupréau (Maineet-Loire). DtÀMâ.

Le comte Anuk-EiauçoisAuoustui oi la Boni- DONNAia était aussi de cette ancienne famille de

texte aMf s vrai qu'il Àatt enYinmoé d'imb^ilea, tncapabir» de prendre ao parti, il m retira babilement d«i «flaire» aa bool de troit mole. Il est tttxi de lai one bone ordomiMCtt, Te relative i l'école dra charte*. »

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Bretagne. Né à GuéniDde, le i7 septembre 1747, il reçut une éducation toute miÛtaire. S^étant trouvé en opposition avec Dumourier, après la conquête de la Belgique, où il avait un commandement, il fut rappelé à Paris; mais il parvint à se Justifier, et fut envoyé à Tarmée des Pyrénées. Une ancienne blessure le força à se retirer à Dax, où il mourut en novembre 1793.

Le marquis de la Bourdonnaie, maréchal de camp^mort en 1899, à Tâge de 77 ans, appartenait à une autre branche de la même famille : c'était le père de M. Aithci di la BouRnoififÀis, né à Paris le 39 janvier 1785, qui, parvenu au grade de maréchal de camp, était , à la révolution de Juillet, gentilhomme de la chambre du roi, et représentant du Morbihan à la chambre des députés, depuis 1827. Il continua de siéger à la chambre pendant la session de 1850 ; mais son mandat ne lui fut rendu qu'en 1837; il lui a été renouvelé aux élections de 1839. Il est mort le 11 avril 1844. Z.

BOURBONKAIS(BnTmÀHn-FRAiiçoi8 MAHÉ db la), gouverneur des lies de France «t de Bourbon, naquit à Saint-Malo, le 11 février 1699. Destiné, dès son enfonce, à la marine, il fit plusieurs campagnes dans les mers du Sud et les mers du Nord; et, en 17i3, il était d^à second capitaine sur les bâtiments de la compagnie des Indes. Ce fut en celte qualité qu'en 1734 il prit une part active à la conquête de Mahé, d'où lui vint le surnom de Mahé, ajouté depuis à son nom. Les sollicitations du vice-roi de Croa le firent entrer au service du Portugal; mais en 1733,1a Bourdonnais retourna dans son pays, et, peu de temps après, il fut nommé gouverneur des lies de France et de Bourbon. La première de ces colonies, où il arriva au mois de juin 1735, se trouvait dans l'état le plus déplorable. La Bourdonnais ne se laissa pas rebuter par les grandes difficultés qu'il, avait à vaincre, et, en moins de quatre ans, l'Ile n'était plus reconnaissable, tant il y avait fait d'heureux changements. Ce fut lui qui y introduisit la culture du manioc, du sucre, du café et du coton.' « Tout ce que J'ai vu dans celte lie, écrit Bernardin de Saint-Pierre, de plus utile el de mieux exécuté, était son ouvrage. » L'Ile Bourbon lui dut aussi d'importantes améliorations. La croix de Saint-Louis fut, en 1737, la récompense de ses travaux^ Bn 1740, la Bourdonnais fil un nouveau voyage en France. A cette époque, tout faisait présumer une rupture avec TAngleterre. Nommé au commandement d'une escadre qui devait se rendre dans les mers de l'Inde, il arriva à Pondichéry en 1741, et, remettant immédiatement à la voile, il alla au secours de Hahé*

assiégé par les Naïrs. Après plusieurs combats, où il paya de sa personne, il f6rça Bayanor, chef des Naïrs, à lever le siège. Au moment où il se disposait à agir contre la compagnie anglaise, on lui expédia l'ordre de renvoyer ses vaisseaux en Europe. Il obéit, mais en sollicitant son rappel, qui lui fût refusé de la manière la plus flatteuse. En septembre 1744, une ftrégate lui apporta de France la nouvelle de la déclara* tlon de guerre contre l'Angleterre. Cependant ce ne fut pas avant 1746 qu'il put prendre la mer. Le 6 Juillet, il rendontra, sur la côte de Goromandel,le commodorePey ton, avec 6 vaisseaux. Il n'hésita pas à l'attaquer. 1>e9 neuf vaisseaux qu'il commandait, trois furent d'abord mis hors de combat; mais, avec les six autres, il força le Commodore à lui abandonner le champ de bataille. Le conseil supérieur de Pondichéry ayant résolu le siège de Madras (i>qr*)i la Bourdonnais fut chargé de cette entreprise. Le 14 septembre de la même année, il était devant cette place, et, le 31, une capitulation était signée, en vertu de laquelle Madras ouvrit ses portes aux Français, à condition de rachat. Cependant, Dupleix * refusa de ratifier cette capitulation ; el à peine la Bourdonnais eut-il quitté Madras, qu'un arrêt du conseil de Pondichéry (7 novembre) annula le traité, et que la ville Noire {f?ûy. Isn) qui alors ne renfermait pas moins de 80,000 habitants de toutes les nations, fut rasée. A son arrivée à Pondichéry, Dupleix lui exhiba un ordre de la cour, lui enjoignant de prendre le commandement des vaisseaux de la compagnie qui se trouvaient dans les mers de l'Inde, et de les reconduire en Europe. Au mois d^avril 1747, il appareilla de l'Ile de France. Arrivé à la Martinique conformément à ses instructions, il résolut de passer en France pour se laver d'odieuses inculpations, qui ne tendaient k rien moins qu'à établir sa connivence avec les ennemis de l'Étal, dans le but d'amener la ruine de la compagnie française. A cet effet, il prit passage sur un bâtiment hollandais. Mais, dans une relâche à Falmoulh, il fut reconnu et foit prisonnier de guerre. Cependant, sur sa parole d'honneur qu'il retournerait se constituer prisonnier, le gouvernement anglais lui permit de passer sur le continent. Trois jours après son arrivée â Paris (mars 1743), il fut arrêté el enfermé à la Bastille, où on le traita avec hi dernière inhumanité. Ce ne fût qu'après trois ans de détention que son Innocence fut reconnue. Mais les privations et les

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fioaffrances (|uMl avait endurées avâienl entièrement détruit sa santé. Son existence ne fut plus qu'une douloureuse agonie. Il succomba le 9 septembre 1755. En 1774, le gouvernement accorda une pension à la veuve de la Bourdonnais, « mort, selon les propres expressions du brevet, sans avoir reçu* aucune récompense ni aucun dédommagement pour tant de persécutions et tant de services. »

La Bourdonnais a publié de volumineux Mémoires pour sa justification. On lui doit aussi un Traité sur la mâture des vaisseaux, — Son petit-fils, né en 1795, et surnommé le roi des échecs^ à cause de sa grande habileté à ce jeu, a publié rhistoire de la vie de son grand-père, indépendamment d*un Traité du jeu des échecs et d'une rcTue mensuelle, le Palamède, exclusivement consacrée au même exercice, revue qu'il a fait paraître pendant plusieurs années. Il mourut à Londres, en février 1840, dans un état voisin de Tindigence. ' J. F. G. HErmEQum.

BOURDONNEMENT. Bruit que font cerUins insectes, et particulièrement les bourdons qu^nd ils volent. Il arrive quelquefois qu'on croit entendre un semblable bruit, quoiqu'il n'existe pas : c'est cette hallucination qui a été appelée bourdonnement d'oreille. Ce bourdonnement illusoire dépend, soit du battement des artères, soit de rintroduction de l'air par le conduit auditif rétréci, ou par la trompe d'Eustache embarrassée de mucosités, soit enfin d'une disposition particulière du nerf acoustique. M. Itard donne le nom de bourdonnement faux à cette dernière espèce , par opposition aux deux premières, qu'il nomme bourdonnements f>rats, parce qu'ils peuvent s'expliquer par les lois de l'acoustique. Ntsteh.

BOURG, lieu composé d'un certain nombre d'habitations , plus fort qu'un village et moins considérable qu'une ville. Un bourg peut être entouré de murs ou ne pas en avoir ; mais il a toujours un marché. Nous/ ne recherchons pas rétymologie du mot bourg : comme beaucoup d'autres , celle-ci est vague et arbitraire ; pourtant nous devons remarquer, d'une part, que Yégèce emploie le mot burgus dans le sens de tour ou petit château ( vox. l'article Bouigeois, Boukgeoisie). Bourgade est l'intermédiaire entre bourg et village : la bourgade se rapproche plus de celui-ci, le bourg ressemble davantage à la ville.

En Angleterre le mot borough^ que nous traduisons bourg, a un sens tout particulier. Il désigne non un lieu moins important qu'une ville et plus important qu'un village, comme parmi

nous, mais tout lieu auquel râutorité royale a reconnu certaines immunités, et qui relèvent directement de cette autorité. Userait donc plus exact de traduire le mot de borough par celui de commune.

Soit que beaucoup de ces bourgs soient réellement tombés dans la suite des temps dans uo état completde décadence, soit qu'on n'employât le terme que comme un sobriquet pour flétrir un droit dont jouissaient des localités insignifiantes tandis que de grandes villes en demeuraient privées, on les a désignés sous le nom de rotten-boroughs, bourgs-pourris, Fof, l'article

BOCKG-POUKRT. A. SATAGIVU.

BOURGELAT (Claude), fondateur des écolesTétérinaires et créateur del'hippiatrique en France, naquit à Lyon en 1712 et mourut en 1799. Après des études soignées, il avait d'abord embrassé la carrière du barreau, lorsqu^un scrupule honorable la lui fit abandonner pour l'état militaire, où, servant dans la cavalerie, il sentit se ranimer son goût pour les chevaux et acquit comme écuyer une habileté extraordinaire. Alors, en France, la médecine vétérinaire n'existait pas comme science : cultivée seulement par d'ignorants maréchaux, elle ne présentait qu'un amas informe de pratiques bizarres et superstitieuses. Bourgelat vit qu'il y avait un vaste champ d'observation à exploiter, et il y entra courageusement. Tout étaità faire, il fit tout : anatomie, physiologie, pathologie, hygiène, furent l'objet de ses études dans lesquelles il fut encouragé parle célèbre chirurgien Ponteau, près de qui il acquit également des connaissances dans la médecine humaine qui lui furent d'une grande utilité. C'est avec ces éléments de succès, et avec l'appui de l'autorité locale qu'il ouvrit en 1772 l'école vétérinaire de Lyon qui n*a rien perdu de sa renommée et qui prit, deux ans après, le titre d'école royale. Ce n'était pas tout d'avoir fondé un enseignement théorique etpratique, il fallaitencore des livres de tout genre pour les élèves : Bourgelat y avait pourvu à l'avance, car outre le Nouveau Newcastle ou Traité de cavalerie, publié en 1747, il fit paraître en 1753 ses Éléments d'hippiatrique, ou Nouveaux principes sur la connaissance et la médecine des cheyaux, ouvrage remarquable par l'esprit d'obserration consciencieuse qui y domine. On lui doit également les articles de maréchallerie et de manège de l'Encyclopédie, et un nombre considérable de mémoires sur l'anatomie , la physiologie et la pathologie vétérinaires. Il correspondit avec les notabilités scientifiques de son époque, et ses lettres renferment toi^ours de précieuses obser-

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valions. Un de ses ouvrages les plus estimés est le Traité de la conformation extérieure du cheval^ etc., 1769. Bourgelat fut membre de TAcadémie des sciences de Paris et de Berlin ; il a laissé la réputation d*un savant laborieux et pratique et d*un excellent citoyen. F. Ratui.

BOURGEOIS, Bourgeoisie, du bas latin hurgensis , dérivé immédiatement du mot burgus (bourg), sur Torigine duquel les étymologistes varient beaucoup. Du Gange, dans son Glossaire de la basse latinité, au mot Burgensis, et Ménage, au mot Bourg, dans son Dictionnaire étymologi(fue,ont traité savamment cette question, qui n^est point oiseuse ici, comme pouvant contribuer à Jeter quelque lumière sur les com> mencements de la bourgeoisie au moyen âge. L*étymologie purement leutonique parait la plus vraisemblable, le mot burg existant dans les langues germaniques dès lesplus anciens temps. Il n*en est pas de même de son dérivé burgensis, bourgeois, qu*on ne trouve pas avant le 3U« siècle. On n*est donc pas fondé à faire remonter la bourgeoisie aux temps de la dénomination romaine et au delà , autrement que par analogie, et pour y chercher une sorte de type éloigné, presque effacé par Tinterruption des souvenirs, pendant la période de la toute- puissance féodale. Kon-seulement le mot burgensis ne se trouve pas avant la dernière partie du xi« siècle, mais la condition sociale qu'il exprime ne peut guère se reconnaître en France auparavant. .

Au temps de Grégoire de Tours les habitants des villes se partageaient en six classes ou décuries : le clergé, les familles sénatoriales, les fonctionnaires publics, les citoyens vivant de leurs revenus , nommés stationnaires, les artisans et agents subalternes de Tadministration, les gens de mainmorte ou demi-serf^, sans compter les serf^ purs. Les violences et les guerres intestines qui continuent à remplir la première race, jettent la confusion dans ce classement des populations urbaines, et la nation entière ne présente plus que quatre conditions sociales bien tranchées : la noblesse, le clergé, le peuple et les serfs. Le peuple était cette classe d*hommes libres intermédiaire entre les deux premiers ordres et les serfs. Ce sont eux que les historiens désignent par les mots ingenui ou populus. Leur consentement ( consensus populi) était requis dans les assemblées générales. Ils élisaient leurs magistrats et concouraient, avec le clergé, à Télection des évèques. Cet état de choses, antérieur à la bourgeoisie, dura Jusque vers le milieu du ix« siècle. Pendant les x* et xi« siècles « La féodalité mit le sceptre aux mains

de quelques sujets , et la nation entière tomba dans la servitude, » dit M. Leber, dans son excellente Histoire du droit municipal.

Les faibles traces de liberté qui se conservent dans la classe intermédiaire sont effacées à chaque instant par une tyrannie de fait; et suivant le droit de ce temps, cette demi-liberté des habitants des villes, plus ou moins restreinte par les seigneurs dont ils étaient sigets, prit souvent les caractères de la plus complète servitude, comme on le voit par des habitants de villes déjà appelés bourgeois et donnés par leurs seigneurs en présents, en aumônes, en payement, en échange. Ces populations essayaient pourtant encore quelqMes efforts pour ne pas succomber sous une telle oppression. LMnfluence du haut clergé leur fournit un premier secours, par le privilège qu^avaient les cathédrales et autres grands établissements ecclésiastiques de s'attacher des hommes de la cité , qui , sous le nom d*avoués de l'église, purent se soustraire à la Juridiction du seigneur séculier, et éviter les charges les plus pénibles. Quelques grandes villes obtinrent de se choisir un officier royal pour protecteur, comme le gardiateur de la ville de Lyon, ce qui supposait encore quelque droit de délibération. Mais c'était là une exception plus rare que les violences tyranniques dont on vient de parler. Le plus communément la population des villes, composée en grande partie de marchands et d'artisans, était retenue forcément et par le droit féodal, et aussi par son propre intérêt; car, en cas d'émigration, les biens du transfuge étaient acquis au seigneur. Ce qui pouvait, malgré cela, favoriser les émigrations d'un domaine dans un autre où l'on espérait être moins opprimé, c'est que des terrains vacants autour des villes s'offraient aux hommes libres qui arrivaient avec quelque argent (comme aujourd'hui les parties incultes du nouveau monde) pour s'établir et y bâtir, ce qui augmentait la richesse dû seigneur. Ces groupes d'habitations extérieures se nommaient faubourgs ou simplement bourgs; leurs habitants, ainsi que ceux des villes, se nommaient bourgeois, et, au lieu d'être attachés à la glèbe comme les habitants des campagnes, ils étaient soumis au ban du lieu, d'où le mot banlieue donné à tout l'espace occupé ainsi par les bourgeois de l'intérieur et de l'extérieur.

Telle était la situation des bourgeois, lorsqu'à la fin du xi« siècle et pendant tout le xii«, éclata dans la classe moyenne, ainsi humiliée, ce mouvement d'émancipation si admirable par la grandeur des efforts, la patience etle courage souvent

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