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héroïque nécessaires dans cette lutte inégale e. spectacle imposant, Tun des plus attachants de rhistoire»¥t dont H. Augustin Thierry a décrit ayec tant d*éloquenceles premières commotions, dans celles de ses Lettres êur l'Histoire de France qui traitent de Tafl^nchissement des communes. Ce mouvement, soutenu et encouragé par la iNditique des rois, porta les premiers coups au monstre féodal. Les chartes municipales déclarent, ou le plus souvent supposent, les bourgeois libres. Mais bientôt nous voyons dans cette liberté des formes, des degrés, des droits, des titres et des privilèges qui varient presque à rinfini^ puisque .là-dessus chaque ville avait ses coutumes. On sent toute la difficulté de donner des notions générales sur une pareille matière. En voici du moins quelques aperçus principaux. Dans ces premières conquêtes d*une liberté si légitime, il faut distinguer les chartes de communes des chartes de bourgeoisies. Celles-ci n'établissaient point, comme les premières, une espèce de république , par le droit donné aux bourgeois de nommer leurs magistrats et de s'administrer ainsi eux-mêmes. Toutecommune supposait donc une bourgeoisie, mais toute bourgeoisie ne supposait pas une commune. Les communes, par l'éclat qu'elles ne tardèrent pas à jeter, par le fier courage de leurs membres, la hardiesse et la persévérance de leurs entreprises et quelques triomphes étonnants, eurent constamment pour adversaires les seigneurs, et bientôt les rois, effrayés de la rapidité de leurs progrès. Les bourgeoisies, au contraire, furent constamment favorisées par la puissanoeroyale, qui, par une marche savante, étendant son droit de confirmation, finit par attirer à elle seule le droit même d'en c#éer; puis, donnant une extension presque indéfinie à cette nouvelle condition devenue son ouvrage, s'en servit pour arriver peu à peu Jusqu'à l'omnipotence de Louis XIY. L'établissement des bourgeoisies, qui devint par là si favorable à la royauté, semblait se présenter dans les commencements comme une espèce de dommage apporté à ses hautes prérogatives; car, suivant une maxime du droit féodal, le seigneur ne pouvait abréger son fief sans le consentement deson suzerain. Or, renoncera une partie de ses droits sur ses sujets était abréger son fief. Mais les rois, éclairés par leur véritable Intérêt, se gardèrent bien de refuser leur con-» sentement indispensable à la validité de ces actes, et, dès le commencement du xiv* siècle, on avait établi en principe que le roi avait seul le droit d'établir des bourgeoisies. Pour arriver là, les rois avaient commencé à opposer à la bourgeoi-
sie concédée par les seigneurs d'autres bour* geoisies privilégiées. Ce fut d'abord la /Irsucàiis de bourgeoisie. Ceux qui étaient assez ridfts pour acheter le titre de francs bourgeois, noaseulement pouvaient disposer de leurs persoanes comme ils voulaient, mais ils Jouissaient de plusieurs prérogatives honorifiques. Aussi renonçaient-ils au commerce et aux profession! mécaniques, eljouissaient-ils du droit de francs-fieh, qui fut accordé en 1986 à tous les bourgeois de Paris et de 31 autres villes; malscetteordonnanot ne leur conférait pas les autres droits de la noblesse, comme font successivement répété tous les auteurs. Le privilège des francs bourgeois eut un efifet rétrogade pour la liberté; car dès lors, comme le remarque M. Leber, • elle ne se présumait plus; il lui fallait un titre, et oe titre en était un de sujétion. En la recevant le bourgeois devait Jurer df lojraument garderie droit du prince, le droit de son seigneur, et être eifvers euM l^al et vrai sujet. « Il résulte ds là que tous ceux qui ne purent obtenir ce titre furent réputés manants. « Manants sont, dit Boutillier, ceulg qui demeurent es villes st citejs, et n'ont point franchise de bourgeoisie, • Ce fut donc à recommencer; et les bourgeois aspirèrent au titre de franc bourgeois corooie offrant seul ces garanties de liberté, but légitime de leurs effbrts. Mais les rois présentèrent aussitôt des moyens plus focUes d'atteindre ce but; en établissant la bourgeoisie personnelle, le plus rude coup qu'ils aient porté à la puissance féodale. Par cette nouvelle institution, rbabitant d'une ville put, sans quitter son domicile, ans faire partie d'une commune ou d'un corps de bourgeoisie, se soustraire à la Juridiction deson seigneur, et, comme lui, relever directement du roi, en obtenant le titre de bourgeois du ro» ou du roxaume» St ce titre si précieux s'obtenait facilement; car il sufllsait de Joindre à la possession d'une maison la faible redevanoe d'un septier d'avoine au roi; et même, à MAcon, ta possession d'une maison n'était pas nécessaire pour avoir le droit de bourgoisie : il suffisait d*y avoir demeuré un an et un Jour, et de payerai roi un demi-setier de vin au mois d'août. Mais partout ailleurs la possession d'une maison d^iae valeur équivalente au moins à un revenu de 60 sous était nécessaire. Nul bourgeois ne pouvait s'en dispenser, quel que fût son titre de bourgeoisie. Dans les corps de bourgeoisie, à cette obligation éUit Jointe celle du domicile réel du mari ou de la femnse, depuis la veille de ta Toussaint Jusqu'à la veille de la 8aint>Jean ; tan* dis que les bourgeois du roi n'éulent pas tenus
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au domicile réel, (l*où ils étaient nommés bourgeois du dehorê ou bourgeoiê fùraina, par opposition aui bourgeois du dedans. Les rois aocordèrent même aux corps de l>ourgeoi8ie des exemptions dont l'objet ordinaire était de les soustraire à la Juridiction de leur seigneur, tout comme les bourgeois du roi* Bt dans les diverses formalités qui accompagrmient Tobtentlon de ces titres, nulle part il n*est question d'indemnité envers les seigneurs ainsi dépossédés par le teit de raffi*anchissement de leurs vassaux. On se contentait de leur en faire notification par le ministère d*un sergent , tant le pouvoir féodal était déjà affaibli, lorsque Philippe le Bel rendit, le 33 mars 1302, une ordonnance pour régulariser toutes ces diverses concessions de bourgeoisie, en soumettant celles qui étaient faites, comme celles qui se feraient par la suite, à certaines formalités devant les officiers royaux, sous peine de perdre leurs privilèges.
Les formalités particulières pour entrer dans un corps de bourgeoisie variaient dans chaque ville; mais dans presque toutes les conditions indispensables étaient, outre la domicile réel, une naissance légitime, certaines obligations et certaines redevances auxquelles on s'engageait. On perdait le droit si on cessait de remplir ces obligations ou si on les négligeait. Les serfs, les bâtards, les criminels bannis par jugement, les lëpreur et les ennemis du roi et de U ville étaient exclus formellement par les lois. Dans les villes jouissait d'une concession générale , la bourgeoisie était héréditaire.
Quant aux droits et privilèges, outre celui de la liberté et celui d'être jugé par ses pairs, chaque corps de bourgeoisie avait les siens, souvent remarquables par leur importance ou leur bizarrerie , quelquefois- partagés inégalement entre les habitants d'une même ville ; car plusieurs avaient de grands et de petits bourgeois. Le maire et les bourgeois de Rouen exerçaient un véritable droit de haute justice, comme connaissance du plaid de l'épée. Les bourgeois de Nevers avaient le droit de tirer des mains des officiers publics et de garder eux-mêmes jusqu'au jugement tout bourgeois arrêté, à moins que ce ne fût en flagrant délit dans les crimes de vol, de rapt et d'homicide. Les notables bourgeois de Laon et de Sens avaient le droit de donner jusqu'à trois soufflets à des gens du peuple qui se battaient. Un bon bourgeois de Bergerac pouvait, même sans ce motif, traiter publiquement un homme du peuple, ou de moyenne con • dition, de voleur, ribaud, et autres épithètes malhonnêtes» indiquées soigneusement dans le
texte des coutumes el privilèges de cette vflle. Les bourgeois de Paris pouvaient s'emparer en tout lieu, et comme ils avisaient, de tout ce qui appartenait à leurs débiteurs, jusqu'à concurrence de la somme due, etc.
On retrouve les mêmes variétés dans les dispositions pénales pour les crimes commis par les bourgeois ou sur leurs personnes, dans les redevances auxquelles ils s'engageaient pour obtenit divers privilèges, dans l'obligation du service militaire et d'autres services publics. Mais en général l'ensemble des dispositions relatives aux droits et aux devoirs de la bourgeoisie répandit sur cette institution, pendant les xii% xiii«, XIV* et XV* siècles, une véritable splendeur 4ue soutenaient les richesses des bourgeois, leur magnificence dans les grandes occasions, et même les titres de noblesse qu'ils joignaient à celui de bourgeois. L'histoire est. remplie de faits curieux sur cet éclat et cette haute considération de la bourgeoisie» De puissants seigneurs, et des rois même, sollicitèrent plus d'une fois comme un honneur le titre de bourgeois de certaines villes et le prenaient dans leurs actes. Kn 1190, Philippe-Auguste donna à la reine mère un conseil de six bourgeois pendant son absence. Par le traité de Bréquigny, relatif à la rançon du roi Jean, le roi d'Angleterre, outre les princes et grands seigneurs captif^^ exigea encore comme otages 4 bourgeois de Paris et de 10 autres bonnes villes. Le frein du cheval du rot, les jours de bataille, était toujours tenu par deux bourgeois de Paris, et la garde de sa tente confiée aux bourgeois de Tournai. Enfin, Charles Y associa les bourgeois aux fonctions des princes du sang, en nommant, par ordonnance du mois d'octobre 1374, plusieurs notables bourgeois de Paris pour avoir part à la régence du royaume pendant la minorité de son fils. Le noble bourgeois Jean Bernier, marchand de Yalenciennes, égala les rois en magnificence dans le fameux repas qu'il donna en 1333, et où, parmi les convives, figuraient le roi de Bohême, le roi de Navarre, le comte de Flandres, l'évêque de Liège et d'autres princes souverains. Jeanne de Navarre, femme de Philippe le Bel, choquée du luxe des bourgeoises de Bruges, disait qu'elle n'avait vu à Bruges que des reines, quoique un tel état n'appartint qu'à elle seule. La noblesse envia souvent non seulement les richesses, mais les distinctions de la bourgeoisie. On connaît le mot de Louis XI à un riche bourgeois de la rue SaintrDepis, chez lequel il allait assez souvent dîner, et qui, ayant demandé et obtenu des lettres de noblesse, se plaignait de ne plus voir le
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i*oi comme auparavant « Vous étiez, lui répondit o Louis XI, le premier de mes bourgeois, et a vous êtes maintenant le dernier de mes no- « blés. »
Dans les trois derniers siècles la dénomination de bourgeois, qui avait cessé d*étre un titre particulier, semble 8*étre étendue à tous les habitants des villes. « Un bourgeois, dit TEncyclopédie de d*Alembert, est celui dont la résidence est dans une ville. » Il est certain cependant que les personnes en domesticité et les journaliers, quoique remplissant cette condition, n*étaient pas regardés alors comme bourgeois. La définition du dictionnaire de rAcadémie, « citoyen d*une ville, » parait donc préférable; mais les explications qu'on y lit ensuite sur ce mot montrent combien les idées sur la bourgeoisie étaient changées au xvii« siècle. « Il se dit aussi u par mépris.... continue ce dictionnaire; ce « n'est qu'un bourgeois..» avoir la mine bour- « geoise, pour dire avoir Tair commun. » Ces tons de mépris étaient d'autant plus déplacés, même parmi la noblesse, que beaucoup de familles nobles, déjà alors fort anciennes, avaient une origine bourgeoise, la véritable noblesse d'épée ou les pures familles de chevaliers étant dès lors fort rares.
Dans plusieurs pays, et notamment dans plusieurs cantons suisses, la bourgeoisie existe toujours comme une condition privilégiée, reposant sur un titre qui se transmet par Tliérédité, s'acquiert par une longue résidence, ou même s'achète. Ce titre donne droit à plusieurs prérogatives et à une part dans la répartition des revenus de la commune, tant en argent qu'en denrées, comme dans celles de nos communes qui ont des propriétés importantes en forêts, les répartitions de bois entre les habitants. Fox»
COHHDIfAUX.
Aujourd'hui les mots bourgeois et bourgeois sie, en France, appartiennent proprement à l'histoire, tous les Français étant égaux devant la loi ; et la qualification de bourgeois n'est plus reçue dans les actes publics. Ce mot s*applique pourtant encore chaque jour; mais il est difficile de définir comment on doit l'appliquer. L*usage semble le réserver plus particulièrement aux marchands, aux rentiers, et en général à tous les habitants d'une ville auxquels leur profession ou leur patrimoine donne une honnête aisance et une position tranquille. X.
Dans quelques pays le titre de bourgeois admettait deux degrés : ainsi à Genève on avait des milites, espèce de patriciens qui prenaient du service chez les souverains d'alentour, des cives \
ou citoyens, propriétaires commerçants, agriculteurs ou fabricants, enfin des bargeuses ou bourgeois, peUts artisans qui habitaient sur uo terrain seigneurial assujettis à la redevance. A Bâle on classait les habitants en chevaliers, bourgeois et artisans , etc. (voy. HUllmann Geschichte der Siœnde in Deuischland. Berlin, 1830). La valeur du mot bourgeois variait quelquefois d'une ville à une autre. Ainsi tandis que, selon la remarque de Jean de MttUer, à Lausanne les bourgeois étaient privilégiés en comparaison des autres habitants, à Genève les bourgeois étaient au-dessous des citoyens; mais il est clair que dans ce cas bourgeois signée les gens issus du bourg ou d'une partie isolée de la ville, qui n'ont été agrégés à la cité que dans la suite des temps.
La bourgeoisie manquait de lumières pour comprendre toujours ses intérêts, et souvent elle imposait elle-même des entraves au développement de ses ressources industrielles et commerciales. Ainsi elle accordait des privilèges aux maîtrises et corporations d'arts et métiers, et arrêtait par là les progrès des arts. En Italie les corporations s'emparèrent même, dans plusieurs grandes villes, du gouvernement municipal, et eurent presque toute l'autorité en main. Dans ce pays la noblesse trouvait son intérêt à se faire agréger à la bourgeoisie des grandes villes, afin de trouver en elle un appui contre des voisins trop forU; et cette agrégation fut une des causes qui favorisèrent l'esprit de faction dans les villes; car les nobles transplantaient dans la cité la guerre qu'auparavant ils se faisaient de château à château. En Angleterre aussi les corporations devinrent toutes-puissantes, et quelques-unes jouissent encore aujourd'hui de grandes richesses et de fondations importantes. Dans la plupart des monarchies la bourgeoisie était d'abord exclue des parlements ou assemblées que consultait le souverain; ces assemblées se composaient de prélats et de nobles. Cependant aussitôt que les communes se furent constituées, il fallut bien que les classes privilégiées les admi^ sent à délibérer sur les affaires publiques. Dans quelque! États, comme en Espagne, en Angleterre, en Hongrie, ce fut par des députations urbaines, en France et ailleurs par des députations de provinces, que la bourgeoisie entra dans les assemblées publiques, qui alors méritèrent le nom de nationales. En Suède, dans le Tyrol et dans beaucoup d'autres pays, on y admit aussi les paysans envisagés comme classe. Dans ces pays on reconnaissait par conséquent quatre ordres; dans les autres la bourgeoise
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était le troisième et dernier ordre. Nulle part la représentation né fut aussi complète qu*au parlement d'Angleterre, où 173 bourgs eurent le droit d*enToyer au parlement 339 mandataires. Ce droit de la bourgoisie d*étre représentée dans les parlements et de consentir à Tassiette des impôts ne fut méconnu que dans les États despotiques ou sous des princes qui usurpèrent le pouYoir souverain. On sait que les rois de France avaient cessé de convoquer les états généraux, mais que la bourgeoisie, qui prit alors le nom de tiers état, revendiqua son droit en 1789, lors de la réunion des notables. Dimne.
BOURGEONS. Ce mot, dans son acception la plus étendue, comprend à la fois : !<> tous les corps de forme, de nature et d*aspect variés, le plus souvent formés d*écailles imbriquées les unes sur les autres, qui renferment dans leur intérieur les rudiments des tiges, des branches, des fouilles et des organes.de la fructification; d» les scions qui en sont le développement.
Bans lé sens plus rigoureux que nous adoptons, ces derniers, les véritables bourgeons, sont aux premiers, les gemmes {vour. ce mot), ce que les tigelles développées sont aux graines germantes qui les contenaient.
Les gemmes ouycus apparaissent ordinairement sur les tiges, à Taisselle des feuilles, vers le commencement de Tété; ils acquièrent de la force dans le courant de Tautomne et de Thiver, et se transforment en bourgeons au retour des premières chaleurs. Les bourgeons naissent donc au printemps; ce sont de jeunes pousses annuelles qui conservent ce nom tant qu'elles ne sont pas encore complètement ligneuses. Plus tard, en se couvrant de nouveaux gemmes et de nouveaux bourgeons, elles deviendront des ramilles et des rameaux. Les unes se mettront à fruit, les autres resteront branches à bois, et chacune, selon sa position ou les circonstances, sera ainsi appelée à jouer un rôle plus ou moins important parmi les organes de la nutrition ou de la reproduction.
Presque tous les arbres monocotylédons s'accroissent annuellement au moyen d'un seul tK>urgeon central qui ne se ramifie, dans un petit nombre de cas, que par exception à la règle générale. Certains végétaux, tels que la plupart des conifères , poussent des bourgeons de l'extrémité de toutes leurs branches ; mais chez eux le bourgeon terminal est seul prédisposé par la nature à s'élever verticalement. S'il vient à se rompre, l'arbre cesse de croître en hauteur. Enfin , parmi les antres végétaux ligneux, il en est, et c'est le plus grand nombre, dont tous les
bourgeons sont aptes à remplacer la tige prin^ cipale et dont presque toutes les parties des tiges sont organisées de manière à donner naissance à des bourgeons.
De même que dans un arbre les branches les plus verticales sont généralement le mieux alimentées par la sève, dans une branche le gemme terminal est celui qui produit le plus fort bourgeon; après Idl, les bourgeons inférieurs diminuent progressivement de dimension , et trèssouvent les yeux les plus bas se développent à peine ou dépérissent même sans se développer, à moins que , quelques-uns des autres ayant été détruits, ceux qui restent puissent profiter de la nourriture qui leur ét^it destinée. Cette loi souvent inaperçue ou méconnue, malgré sa grande simplicité, est une des bases principales delà taille des arbres. Dans un seul bourgeon le jardinier instruit voit parfois un arbre entier dont il est dès lors à même de régler l'avenir.
Il est facile de distinguer trois sortes de bourgeons :
Les uns qui ont été préparés la première année, chacun dans un gemme, et qui ne poussent, comme il a été dit plus haut, que le printemps d'après la formation de ce même gemme : ce sont les bourgeons proprement dits; les autres qui sortent , dès le premier été , d'yeux à peine formés, c'est-à-dire les sous -bourgeons dont il est souvent donné au cultivateur de provoquer le développement à peu près à son gré , en faisant aflluer vers eux une surabondance de sève; enfin ceux qui naissent accidentellement sur les tiges, sans y avoir été précédés d'aucune végétation apparente, à des places qui ne semblaient pas leur être destinées, et auxquels on a donné le nom de bourgeons adventices. Leur apparition, bien que spontanée dans plusieurs cas, est cependant due à une déviation de la sève : aussi est-elle bien moins fréquente dans la nature abandonnée à elle-même que sous l'influence de la culture. Du reste toutes les espèces végétales ne sont pas également propres à la formation de ces sortes de bourgeons. On sait avec quelle facilité ils se font jour dans la plupart des essences feuillues après le recepage ; mais nul , à coup sûr, ne sera tenté d'essayer sur un bois de cèdre ou de pins ce qui réussit sur un taillis de chênes ou de châtaigniers.
Les bourgeons adventices ne naissent pas seulement sur les tiges. La même puissance qui a voulu que des racines pussent percer l'écorce de ces dernières a permis que des tiges se formassent accidentellement sur les racines. To/. Bouture.
Le développement des bourgeons ne présente
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paf dans 1^ régionf interiropioalei \w mâmei phénomènes que dans les climats tempérés. Là leur croissance serait continue si, pendant la saison des sécheresses , la sève, moins abondante, n'éprouvait un repos qui produit un effet en quelque sorte analogue à celui qui résulte chez nous de la durée des froids. Dans nos contrées, au moins pendant le cours de certains étés, on remarque aussi dans la végétation de jeunes pousses une interruption assez sensible , suivie aux approches de Tautomne d'un nouveau mouvement connu des praticiens sous le nom de sève d*aoùt; mais ce retard, pendant lequel la nature travaille intérieurement à la consolidation des tissus et au perfectionnement des gemmes, n'est pas également appréciable dans toutes les saisons. L'abaissement graduel de la température contribue d'une manière bien plus générale et plus puissante à arrêter tout accroissement herbacé et par conséquent à transformer les bourgeons en ramilles. LiCLiic-TBOciir.
BOURGES {Vjévan'cum des anciens), capitale du Berri , est une des plus anciennes villes des Gaules. Dès le temps de Tarquin l'Ancien les Bituriges-Cubi, dont elle était la capitale, possédaient une suprématie sur tous les peuples voisins. Lorsque César vint soumettre les Gaules, c'est devant Bourges qu'il éprouva la plus vive résistance. Les chefs des peuples voisins s'étaient réfugiés dans ses murs et ils s'y défendirent avec un courage désespéré; à la fin ils succombèrent, et Bourges resta sous la domination romaine jusqu'en 475, époque à laquelle Évaric , roi des Goths d'Espagne, s'en empara. Giovis chassa les Goths en 507, et prit Bourges , qui depuis est toujours restée sous la domination des Français. Vers l'an â53 elle était devenue le siège d'un évèché, dont le premier titulaire fut saint Ursin, apôtre du Berri. Plus tard les évèques de Bourges prirent le titre d*archevèque, patriarche et primai des Aquitaipes. Le commerce y était autrefois florissant, et spécialement le commerce des draps qui jouissaient d'une grande réputation ; aujourd'hui le commerce y est absolument nul.
La ville est environnée de plusieurs petites rivières et de marais étendus qui nuisent à sa salubrité. Autrefois elle avait 80 tours, 4 portes et 3 poternes, les murailles étaient hautes, épaisses. La grosse tour surtout en rendait rapproche dangereuse ; l'époque précise de la construction de celte lour est ignorée : les uns la font remonter à César, d'autres seulement à Philippe-Auguste ; mais cette dernière opinion est évidemment erronée, puisque l'abbé Suger en parle
déjà. Bll« avait à la base 99 pieds do dlanètrt, de circonférence lOi pieds, de hauteur 100 pieds, et d$ la basse-fosse 190 pieds. Elle avait 4 piliers qui se divisaient chacun en 3 branches, contenait une cage de 19 pieds carréf^ faite de pièces de bois garnies de barres de fer en dehors et en dedans, en sorte qu'on ne pouvait ni Ui rompre ni la brûler. Par le bas les murs avaient 17 pieds d'épaisseur. La tour était entourée de courtines et défendue par 5 autres tours { elle fut démolie, en 1651, par ordre de Louis XIV. En 1840, Bou^ ges a été assignée pour résidence à Don Carlos, autrement dit Charles V, après l'issue malheureuse de ses longues tentatives pour prendre le trône d'Espagne à sa nièce Isabelle. X.
BOURGOGNE et BOURGUIGNONS. RoTAWiS,
DUCHi IT COMTÉ DB BOOROOttlIB. LOS BOUrgUi-
gnons, que les écrivains latins nommaient But' guudii et les Grecs Bau^owÇc^yf^, étaient un peuple germanique de la race des Vandales; pendant le m« et le iv^ siècle ils habitaient dans la Germanie septentrionale, près des bouches de la Vistule, et entre les Saxonii et les Goths. Phis avancés dans la civilisation que les autres tribus de la même race, ils s'étaient réunis dans des bourgades (c'est de là que leur est venu leur nom) et ils y cultivaient les arts mécaniques; presque tous les instruments ou de bois ou de fér et de cuivre dont les Germains faisaient usage, soit dans leurs maisons, soit à la guerre, avaient été fabriqués par les Bourguignons. Hais les Saxons, les Vandales, les Goths, qui ne vivaient que du produit de leurs champs et de leurs troupeaux, qui n'estimaient que la guerre, et qui regrettaient de devoir payer à un prix élev^ les produits d'une industrie étrangère, le vengaient de leur incapacité par le mépris : ûi^ prétendirent que les Bourguignons, qui consentaient à passer les journées dans des voûtes ou des souterrains, maniant le marteau et bravant le feu des ateliers, devaient être moins libres et moins vaillants qu*eux. Cependant les Bourguignons avaient su se faire craindre de leurs voisins ; ils étaient vigoureux et de haute taille; la nation était souveraine, et les rois, longtemps électifs, éUient destitués dès qu'ils manquaient de succès à la guerre. La grande invasion dei peuples scythiques, qui mit tout le Nord en mouvement, détermina les Bourguignons, pendant le règne de Valentinien (364 375), à quitter leurs anciennes demeures, au nombre de 80,000 combaltants, et à s'avancer jusque sur le Rhin, dans ce qu'on nomme aujourd'hui le Palatiaat. Ils y étaient établis pendant le règne de Tliéodose (370-305) 9 lorsqu'une incursion des ttuns kf
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