‹ Nouveau dictionnaire de la conversation: ou répertoire universel ..., Volume 3Chapitre 7 sur 63 · KK · texte numérisé non relu

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règles tirées» selon le goût du temps, des Pères de rÉgllse et des conciles, est ce qu*on nomma Hê bmâiUqueê. Basilius le Macédonien, Léon le jihiioaopht, et son fils Constantin Porpbyrogénéte, paraissCTt en aroir été lés principaux auteurs. Les basiliques ont été pnbUées par Hervet} Paris, 1857, in-ft>L, édition incomplète; par Fabrot, 1647, 7 ToK In-tol., et KM. Heimbaoh en ont commencé (t. l«r; Ldpiig, 1855, in«4o). Une nonrelle édition sous le titre suirant : BasUicorum libriLX,po$t JnnibaliêFàbroH curai ope eodd, mss. a G. E. Hé alitaque coUalorum, hUegrioru cum êchoUiê edidii, editoê denuo reeensuit, deperdiios reêtUuii, translaiUh nem iatinam ei adnot. crit. adjeoit D* C. 6. E. H. 0« Viii-CàSTBt.

BASIH {banbagine)^ éto£Fe croisée, dont la chaîne est de fil et la trame de coton. Le basin se fabrique à peu près comme la toile ordinaire, et il y en a de différentes façons et de différentes qualités: de larges, d'étroits, de fins, de moyens, d^nnls arec du poil d*nn o^; d'autres sont à petites raies imperceptibles sans poils, et quelques-uns à grandes raies ou barres, aussi sans poO; et dans toutes ces sortes, on en distingue une infinité d'autres relativement à Paunage et à la condition. On febrique des basins en France, en Belgique, en Hollande et aux Indes. Ceux de Hollande sont ordinairement rayés; ils sont estimés pour leur finesse et lenr bonne qualité. Cenx que Ton fabrique à Bruges, auxquels on donne aussi le nom de bomhoêinê^ sont unis, rayés à petites raies imperc^ibles, on à grandes raies, eomie ceux de franco, et à poil. Les basins des Indes sont blancs et sans poil; il y en a de deux façons : les uns sont croisés et sargés; les autres, à carreaux et outrés. Les meilleors se febriquent ao Bengale et à POBdkbéry . F. IUtmonv.

BASN AGE DE BEAUYAL ( Jacquis), ministrede la religfon réformée, né en 1656 à Rouen, réfugié en loUande, mort fan 1795. Pendant son séjoiir en HoHnMie, 11 sot se concilier la ftr?eiir du grand pensionnaire Heinsius. Il en profita pour renére des serrtees à son pays, auquel il était reaté attaché, el contribua puissamment à faire eostracler Palliance avec la Hollande, qui Alt eonolue par Tabbé Bubois, à la Haye, en 1717. Basnage était Tamt de Bayle, ayee lequel fl s^était lié à Genèfe et à Sedan. Jacques Basnage a laissé un grand nombre d'ouvrages snr Phistoiro de la religion , dont les plus estimés tooUVaistoifê de PÉgHse depmiê Jéeus-Chrisi /ira^épfésafs/>Bolterdam^ 1699, 9 vol. i»M.; THiêMre ém Juife depwiê Jéeuê-Chriei fuê-

l'hisiùire de Joièphe, 1706, 5 vol. ln-19, plusieurs fois réimprimés I les JntkUeê des ProtinceS'Unièâ (depuis 1646 à 1678), la Haye, 1719, 9 vol. in-fOL— Haaai Basraoi n BiAtVAL, frère cadet du précédent, né en 1056, mort en Hollande en 1710, fiai d'abord atocat au parlement de Rouen, puis se réfugia en Hollande, où il se lia avec Bayle par l'entremise de son frère. Il continua, sousle ^ite^^Hietoiredeê ouvrages de$ eavantê (depuis 1667 jusqu'à 1709, 24 voL in-19), Pintéressant recueil que Bayle avait créé sous le titre de Nouvelleê de la république deê lettrée} cette continnation, écrite avec l'impartialité et les égards convenables, n'est pas indigne de l'ouvrage auquel elle fait suite* H. Basnage donna en 1701 une 9» édition du Die^ tionnaire univerêel de Furetière, 5 vol. In-fol. Il avait publié en 1784 un petit ouvrage intitulé T^olénifice dee reiigùmê^ in-19. Bovii.lit«

BASOCHE. Ce mot est la traduction burlesque du latin baiilioa, palais royal, et les suppôts de la baeoche sont précisément les çem de palais^ Quand le parlement, cessant d'être le grand conseil du roi, fut uniquement chargé de rendre la Justice, une distinction de nom dut s'établir entre les seigneurs qui formaient la compagnie du roi et les habitués de la cour de Justice. Les premiers s'appelèrent les gens de la cour ou courtisans, ïee autres furent les deree de la baeoche ou boêochiene. Ce n'est pas tout : Pidée de baeilique (i^.) entraînant nécessairement c^le de roi, des baeoohiens se groupèrent autour d'un souverain, comme on le faisait au Lonvre, au château des ToumeUea ou à l'hâte! Sain t-Pol. Tdle fat Poriglne du roi et du royaume de la basoche.

Les magistrats de ce pacifique empire étaient, après le roi, le chanceler, les maîtres des requêtes, le référendaire, le grand audiencier, le procureur génénd, l'avocat du roi, le procureur de la communauté, quatre trésoriers, le greffier, quatre notaires, un premier huissier, huit huissiers ordinaires, et ra«m6nia. Henri 111, qui ne tremblait pas encore devant les Guises, parut éprouver quelque ombrage du titre de roi qu'afitectait le chef des basoehiens de la France; et vonhmt qu'il n'y eût en son royaume d'autre couronne que la sienne, il supprima le titre do roi de la basoche, et transmit an chancdier tous les privilégeset tous les droits dont Jouissait cet estimable souverain. Hais la basoche n'en oob- Unaa pas moins d'être on royanme ; d'avoir. If ce titre, m écu royal d'asur à trois éoritoirea d'or, et d'employer les formules s«ivantes,danv looi les Jugements qu'elle srvail droit de ren-

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dre : « La basoche régnant en triomphe et tillre « d*honneur, à tous présents et à venir, salut. — « Notre bien-amé... A ces causes... Be grâce spé- « cialeet autorité royale basochienne... Si man- « dons à nos amés et féaux. —Car tel est nostre c plaisir. — Donné en nostre dit royaume « Tan de Joie... et de nostre règne le perpé- 0 tuel. »

La juridiction de la basoche comprenait la connaissance et la décision de tous les procès et débats qui venaient à s*élever entre les clercs du Châtelet. Elle prétendait remonter aux premières années du xiv« siècle, et, diaprés les termes incontestés de son institution, le roi de la basoche avait droit de porter la toque surmontée d'une couronne royale. Il rendait la justice deux fols par semaine; il foisait la montre de tous les sujets de son empire, une fois par an, dans un célèbre et vaste champ qu'ils avaient acquis et qu'on nommait pour cela le Pré aux Clercs, Il faisait frapper une espèce de monnaie qui avait cours entre les clercs , mais que les gens de commerce pouvaient refuser à leur gré. Si Ton en juge par le proverbe de la monnaie de basoche, les pièces de cette fabrique ne jouissaient pas d'un immense crédit. Le roi basochien avait encore le droit de choisir et faire couper tous les ans, dans les forêts royales, un arbre de haute futaie que les clercs venaient planter, le premier mai , devant la grande cour du palais, au bruit des tambours et au son des trompettes. Ce n'est pas tout : le triomphant royaume de basoche élait dignement honoré dans les jeux publics : à rhôtel de Bourgogne, son chancelier avait une loge ; au carnaval , les basochiens se réunissaient au Prince des sots et aux joueurs de farces, de sotties et de mystères. A leur tour, ils donnaient une moralité satirique dans laquelle ils usaient largement de la liberté de railler les vices et dHnsulter aux favoris de la fortune. On sent bien qu'ils devaient finir par soulever des inimitiés et produire de véritables scandales. Cependant Louis XII les avait protégés; il leur avait même accordé la faveur de jouer leurs pièces sur la table de marbre de la grande salle du Palais. En 1538 ils jouèrent encore devant françois !«'; mais en 1540 leurs facéties parurent d^idément trop incommodes, et défense leur fut faite de ne plus jouer ou faire Jouer à l'avenir les produits de leur veine cléricale. Cette défense n'atteignit pas les basoches de province; car plusieurs années après on voit encore citées avec éloge les sotties de la basache de Bordeaux.

L'histoire des pièces jouées par les clercs i

de la basoche est liée à celle du théâtre en France. p. Paiis.

BASQUES. {Géographie.) Peuple de l'Europe occidentale, qui habite en 'France le pays de Labour et de Soûle, et la basse Navarre formant la partie méridionale du département des Basses- Pyrénées; et en Espagne la Navarre et les provinces Yascongadas, qui comprennent la Biscaye, l'Alava et le Guipuzcoa.

Les Basques parlent une langue particulière; ils se donnent à eux-mêmes le nom d'Escualdunac, et à leur langue celui d'escuarac. On pense qu'ils descendent des P^ascones, un des principaux peuples de l'Espagne ancienne. Les Fascones habitaient la Navarre et une grande partie de l'Aragon ; leur territoire s'étendait le long des Pyrénées jusqu'à l'océan Atlantique. C'étaient des hommes belliqueux.

On* ne peut dire avec certitude si leur langue, beaucoup plus répandue autrefois qu'aujourd'hui, était celle de toute l'Espagne; quoique l'on en puisse douter, on en trouve des traces dans divers noms de lieux de la Péninsule, et même d'autres pays de l'Europe. Peut-être était elle parlée assez généralement par les peuples de l'Espagne pour faciliter les communications.

La langue basque ne présente de l'affinité avec aucun idiome connu; on n*y trouve qu'un trèspetit nombre de mots ressemblant à ceux des autres langues. Les bases manquent pour asseoir une opinion bien positive sur son origîDe. Celte langue se divise en trois dialectes : lo le labourdan, qui est en usage dans la Navarre et le territoire situé en France ; 3o le guipuscoan, dans l'Alava et le Guipuzcoa; S^le biscayen, dans la Biscaye. Une particularité très-remarquable, dans le basque, est le système des conjugaisons, qui est très-curieux par sa complication, et réellement singulier.

M. le baron Guillaume de Humboldt, qui a fait une étude particulière du basque, et publié ses savantes recherches sur cette langue, pense que le nom de Fasconesy qui, probablement se prononce aussi Bascones, dérive de Basocoa, habitants des forêts, formé de basoa, forêt, et de la syllabe co. EifCTCL. Moderne.

BAS-RELIEF. Ce nom est généralement donné à tout ouvrage de sculpture dont les objets ne sont point isolés, mais adhérents à un fond ou champ, soit qu'ils y aient été attachés ou appliqués, soit qu'ils fassent partie de la matière dans laquelle ils ont été travaillés. Chez les anciens, le mot anagfjrphum avait la même signification générale, mais lorsque les sculptures étaient de métal, on leur donnait le nom de iareuma. Ce-

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pendant le nom spécial, et dont Pausanias se sert toujours, est txpos, et dans les auteurs latins txput. On distingue trois genres de relief : on appelle haut-relief ou plein-relief ceux dont les figures sont entièrement détachées et qui paraissent saillantes hors du fond ; lorsque la figure sort à demi-corps du plan, c'est le demi-relief; enfin, le bas-relief proprement dit est celui où les figures perdent leur saillie, et sont représentées comme aplaties sur le fond. Ce dernier genre de travail exige plus d*art que celui dont la saillie est plus considérable, parce qu'il est en effet très-difficile de donner Pair naturel à une figure qui a sa hauteur et sa largeur véritable, mais qui n^a que très-peu d*épaisseur. La composition pittoresque ou la formation des figures en groupes est encore bien plus difficile dans ce travail, parce quMl est impossible d*employer, comme dans la peinture, différents fonds éloignés les uns des autres, et qu*il est nécessaire de tout bien calculer d'après la lumière dont Touvrage est éclairé, puisque les ombres des bas-relief^ sont des ombres véritables. Toutes les nations connues dans l'histoire de Part ont eu des bas-relief^ dont le style était semblable à celui de leurs autres monuments, et toutes aussi ont employé comme ornements de temples, palais, maisons, meubles, etc., ce travail, qui souvent nous aide à rintelligence d'un auteur ou à connaître les usages et coutumes d'un peuple que les chroniques mutilées ne nous ont qu'imparfeitement conservés. Sous ce dernier rapport, les Égyptiens surtout en sont une preuve convaincante; et ce n'est que dans les innombrables bas-relief^ dont ils ont couvert leurs temples, leurs palais ou leurs tombeaux, qu'il est permis d'espérer de retrouver les annales de cette nation, qui porta à un si haut degré la civilisation, et qui après tant d'invasions est encore celle qui a laissé le plus de monuments. Les Égyptiens ont fait peu de véritables bas-reliefs, c'est-à-dire de figures saillantes plus ou moins sur le fond : leur relief est d'ordinaire dans le creux, de sorte que la figure ne dépasse pas le plan général de la surfoce ; cette habitude a puissamment concouru à la conservation des sculptures égyptiennes en relief. — Chez les Persans, au contraire, les reliefs étaient très-prononcés. — Les murs de Tschelminar, l'ancienne Persépolis, attestent encore le goût des Persans pour les bas-reliefft. Ils sont ordinairement d'un relief très-saillant, et souvent les tètes principales, surtout celles des animaux, se détachent complètement du plan ; ce qui en a surtout favorisé la destruction. Les Étrusques nous ont

aussi laissé de nombreux bas-relief^ : l'on ne doit cependant pas leur attribuer toutes les productions de ce genre dont les figures ont des vêtements à plis droits ou à style roide, et qui sont les plus anciennes productions de l'art chez les Grecs. Les Volsques avaient l'usage de peindre les figures de leurs bas-relief^, comme nous l'apprennent des monuments de ce genre, conservés dans différents cabinets d'antiquités. Les basreliefs en terre cuite servaient souvent chez les anciens à orner les frontons des temples : on en connaît aussi d'exécutés en ivoire, en métal; mais les plus nombreux sont en marbre. Parmi ceux qui ont été les plus célèbres, on cite celui que Phidias exécuta sur la base et le bouclier de la statue de Minerve à Athènes, et qui était en ivoire ; les bas-reliefs qui ornaient le trône de Jupiter olympien, exécuté par Alcamène ; celui d'Apollon amydéen, la caisse de Cypsélus, les bas-reliefs du temple d'Hercule à Thèbes, exécutés par Praxitèle; ceux du temple de Delphes, exécutés par Praxias et Androsthène; le célèbre monument funèbre de Mausolus, appelé de là mausolée, et exécuté par Scopas, Bryaxis, Timotheus et Leochares ; les 36 colonnes du temple de Diane d'Éphèse, etc. Les artistes anciens qui se distinguèrent dans l'exécution des bas-reliefs dont on ornait les vases sont, entre autres, d'après Pline, Mentor, Acragas, Boethus, Mys, Calamis, Antipater, Stratonicus, Praxitèle, etc. Les bas-reliefs du fronton du Parthénon, qui existaient encore du temps de Spon, à qui on en doit la description, étaient travaillés en grand relief, comme autant de statues appliquées sur un fond de marbre. Leur grandeur et leur élévation les préservaient des atteintes auxquelles étaient exposés les bas-reliefs placés plus bas, et auxquels pour cette raison on donnait moins de saillie. Cette circonstance a donné lieu à de vives discussions, parmi les artistes et les savants, et enfin on a osé imiter les anciens dans la composition du sujet d'un flrontou au moyeu de figures de plein-relief, isolées et détachées du fond ; il en existe des exemples récents à Paris au frt>nton de la nouvelle église de Notre-Dame de Lorette, et ailleurs. Le succès de cette tentative lui procurera des imitateurs, et elle aide à expliquer la singularité de la pose de certaines statues antiques : il est reconnu que l'ensemble des figures nommées la famille de Niobé avait été composé pour l'ornement du fronton d'un temple grec.— Les bas-reliefs, proprement dits, exécutés en marbre sont ceux qi4 nous sont parvenus en plus grand nombre : on les employait pour orner les autels, la base des sta-

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tues, le plus souvent les tombeaux, et quelque* fois mérae la margelle des puits, comme le prouve le monument conservé au musée du Ca* pitole, et qui représente l'éducation d'Achille. Beui autres monuments qui se trouvent aussi dans le même musée indiquent assez tout le soin et tout le talent que Ton déployait pour les basrelieft des autels anciens ; l'un représente l'é* duoation de Jupiter et l'autre les travaux d'Hercule, tors de la décadence des arts en Grèce, au lieu d'ériger des statues en mémoire des hom* mes qui avaient bien mérité de la patrie, on leur consacra des bas-reliefe{ c'est ce que nous rapporte Pausanias en citant le* bas-relief que plusieurs villes d'Arcadie consacrèrent à Po- Ijrbe. Dans les temples, on en voyait qui retraçaient les images des dieux et leurs aventures mythologiques. Pausanias nous a conservé la description de deux des plus fameux, qui représentaient Hercule et Hlnerve, ouvrages en mar-t bre pentelien, de grandeur colossale, qu'avait exécutés Alcamène, et que les Athéniens placèrent dans le temple d'Hercule à Thèbes, après Texpulsion de leurs tyrans. Quelques monuments nous ont aussi appris que les bas-reliefe servaient pour ainsi dire de table figurée d'une partie du cercle mythologique, ou mémede l'histoire cyclique tout entière; ils étaient accompagnés d'épigraphes qui désignaient les choses et les personnes, et qui souvent étaient disposées en ferme de table chronologique, comme la liste des prétresses de Junon argienné. C'est ce qu'on voit par les bas-reliefs du Eepos ou de TApothéose d'Hercule de la villa Albani, par la table isiaque maintenant au musée de Turin, par les fragments mythologiques de Vérone, que Ton a vus longtemps au cabinet des antiques de Paris, et par ceux du cabinet du cardinal Borgia. Les arcs de triomphe que les Romains firent élever pour immortaliser leurs victoires lorsque les arts de fa Grèce furent appelés dans la capitale du monde, pour y répandre le luxe et les ornements, furent décorés de bas-reliefk qui retracèrent les ftiits les plus mémorables de l'histoire de Eome. Sais l'usage des cercueils ou sarcophages que l'on adopta sous les empereurs, soit par imitation de la religion des Orientaux, soit pour accroître la splendeur des honneurs funéraires, rendit l'usage des bas-relief^ encore bien plus commun. A tome et dans les environs de cette ville, leur nombre était prodigieux et leur travail généralement très -grossier et exécuté avec peu de soin. Mais quelques-uns ont le mérite assex rare de retracer les plus beaux morceaux des plus célèbres sculpteurs. L'on a

trouvé plusieurs de ces sarcophages grecs dont la figure du bas-relief n'était que dégrossie ; d'où l'on a pu présumer qu'il en existait des manu* factures, et qu'en achevant hi ^gure principale, on tâchait de lui donner de la ressemblance avec celle du mort. Le luxe et hi protection des empereurs romains avaient altiré les artistes les plus distingués de la Grèce dans la capitale de l'empire t aussi ce genre de production n'est-il dft qu'à des sculpteurs d'un talent très-médiocre; et quoique d'un mauvais goût, ils n'en ont pas moins été travaillés par des artistes grecs. — Les nombreuses carrières de marbre de la Grèce, et surtout del'Attique, durent les engager à ces sortes de productions, qui, du reste, se vendaient très-bien è Rome. Ces bas-reliefs sont d'une grande utilité pour Tétude de l'art et des usages de l'antiquité. Us nous rappellent ime multitude de scènes mythologiques extrêmement curieuses, et plusieurs nous ont ainsi conservé la copie de quelques-unes des belles productions de hi sculpture grecque; car il arrivait souvent que l'artiste, choisissant dans les bas-reliefs célèbres la figure ou le groupe qui l'avait le plus frappé, le reproduisait dans la scène qu'il avait à exécuter. Ainsi, par la comparaison des figures avec les bas-relief^, on a déterminé que celle dite vulgairement le Rémouleur devait être d'un Scythe qui écorche Harsyas, et que celle du prétendu Amphion de Florence est d'un des pédagogues des Niobides. De même, l'on trouve sur des intailles ou sur des lampes la figure de Minerve observant Oreste dans l'Aréopage, etc. Dans le moyen âge et dans les temps modernes, on a fait le même emploi du bas-relief que les anciens; on en a décoré les monuments publics, les meubles , les palais , les églises , les tombeaux, etc.; mais par la profusion des détails et le grand nombre des têtes représentées dans le même sujet, les artistes se sont éloignés de hi belle simplicité des bas-relief^ antiques. L'on retrouve dans plusieurs vieilles églises des figures dites gothiques, et qui ornent les stalles, les devants d'autels, etc. ; leur relief est très-saillant, et annonce l'art dans sa décadence. te$ bu -reliefs de la porte Saint -Denis de Girardon et Michel Anguier, et ceux de la fontaine des Innocents , ouvrage de Jean Goujon , sont ceux que l'on admire le plus h Paris parmi les productions modernes de ce genre. Le Louvre offre aussi de belles études du même ordre. Cbahpoluoh-Fiobac.

BA8SAN0, yille commerciale de la délégation vénitienne de Yicence, sur la rive gauche de la Brenta, lat. nord 45* 40', lougit. est 9» 13'. Elle

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«8t bted bâtie et eit entourée de murg, â de trèsbeam faubourgs -, et lee rues sout garnies de très-beaux trottoirs feits avec les marbres tirés des montagnes voisines. Un pont en pierres de 189 pieds de long joint cette ville au beau TiHage Yicantino. Le climat est très-fàvorable à la vigne et à Tolivier. Le commerce de soieries, des draps * et de cuir y est très^ctif. Le S septembre 1796, Bonaparte y défit le général aùtricbien Quosdanowicb. C'est la patrie de Jacques da Ponte, dit le lassan , de êes quatre fils et du philosophe Manuzzi. 8a population est de 11 ,800 bab. X.

BASSAKO (DUC Bi). Fçjr» Maiit.

BASSI. La basse est celle des parties de l*barmonte qui est au-dessous des autres, et la plus basse de toutes, d*où lui vient le nom de ba$se.

Sous le rapport de la mélodie on désigne par le titre deàoase les voix ou hs instruments qui par les sons graves qu*ils produisent sont au-dessous des voix ou instruments du médium et de l'aigu.

Bans un morceau à plusieurs parties, celle qui ftiit entendre les sons les plus graves est la véritable basse, et doit prendre ce titre, fût-ce dans un duo, dans un trio.

Lorsqu'une note de basse, par l'accord qu'elle porte, donne trois notes dans les portées supérieures, on les divise en parties aigui, ou deisuê, ou soprano; en/tautenfonire, ou alto, ou second deêiUi, ou second soprano; et enfin en ÉfUlle ou iénor\i lesquelles trois parties se ferment sur la bosse ou partie grave, donnant un tout harmonique aM>elé quatuor.

81 la note de basse ne donne que deux notes par son harmonie, on n'obtient alors que trois parties, y compris la basse; et ces parties se divisent en aiguë ou dessusy en second dessus ou aUo ou taiUe, qui, unies avec la partie grave de basse, ferment l'harmonie en trio.

8i de l'harmonie que donne la note de basse on ne prend qu'une partie, on la considère toujours comme partie aiguë, qui étant jointe à hi basse forme harmonie en duo.

Telle mélodie peut être susceptible de plusieurs basses et de plusieurs harmonies, toutes également bonnes; telle autre au contraire peut présenter des difficultés pour recevoir une basse firanehe et une harmonie correcte. Dans ce cas il loot connaître l'emploi des notes accidentelles dont la mélodie peut contenir un grand nombre. Plus une mélodie renferme de notes accidentelles, plus l'harmonie est claire et simple, parce que le nombre des accords est moindre.

Les principales fonctions de la basse sont : lo d'assurer le ton, les modulations, les transitions et la ponctuation; S<» de marcher autant

que possible en sens contraire avec le chant; 8o d'indiquer d'une manière précise le repos, le mouvement, les mutations de l'harmonie.

Une basse est chantante lorsque, ne marchant pas exclusivement par rondes ou par blanches, elle chante ou contient au moins des phrases mélodiques. Ces basses sont à la fois partie chanUnte et basses régulières de Pbarmonie placée au-dessus. Ce double rôle les rend plus difficiles à accompagner une mélodie exécutée par la partie supérieure. Il sera question plus bas de la basse chiffrée.

Sans entrer ici dans l'explication des anciens systèmes, expliquons en peu de mots ce que l'on entend par basse fondamentale (voy, ce mot).

Notre système musical se compose d'un petit nombre d'accords qui peuvent être renversés ou altérés par des notes qui leur sont étrangères. On a souvent pris ces renversements et ces altérations accidentelles pour autant d'autres accords qui n'existent point réellement et qui ne servent qu'à embarrasser l'esprit. La classification des accords étant comprise, il est facile de reconnaître quand un accord est renversé, parce que sa note fondamentale n'est pas mise à la basse; mais le renversement ne change point la nature de l'accord.

Dans chaque accord il y a donc une note à laquelle on donne le nom de note principale, note fondamentale, basse fondamentaie, comme étant celle sur laquelle repose un des accords de la classification.

Pour trouver la note fondamentale des accords renversés, on place la note de ces accords de manière à former une progression de liercesj la note la plus basse est la fondamentale.

C'est la note fondamentale qui donne le nom à un accord parfait; ainsi, si un accord a ut pour note fondamentale, il s'appellera accord d'ut; s'il a soi, on l'appellera accord de sol.

La basse continue est celle qui règne dans toute l'étendue du morceau, se formant à chaque instant des notes les plus graves de l'harmonie.

La basse figurée partage la valeur d'une seule note en plusieurs autres notes sous un même accord.

La basse est la plus importante des parties de l'harmonie, et elle sert de base à toute composition musicale.

Cette vérité est tellement sentie, même par des amateurs, qu'on entend dire de tel morceau : il n'x a point de basses, pour indiquer la pauvreté de l'harmonie et d|i formules ; ou : il y a des basses admirables, ce qui désigne une composition bien écrite, bien accentuée, et

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dont les basses font ressortir la mélodie et Pharmonie d*une manière convenable et agréable à Toreille. Ledhdt.

BASSE (instrument). Voy. Violorcellk et .£k)iiTEs-BÀSSs. BàssB DE VioiB. VùX' Viole.

BASSE (voix d^bomme), Bàssb-Cortre, Basse- Taille. Voy, Voix.

BASSE CHIFFRÉE. C*est ainsi qu'on appelle une basse, sur laquelle les accords sont notés au moyen de cbififres, tenant lieu des notes musicales ordinaires. Comme les chiffres s*écri?ent plus rapidement que les notes, on peut regarder la basse chiffrée comme une espèce de sténographie musicale.

Les chiffres désignent les intervalles qui se comptent de bas en haut et à partir de la basse. Ainsi un 9 indique la seconde, un 3 la tierce, un 4 la quarte, et ainsi de suite. Un accord composé, par exemple, de tierce, quinte et septième, serait donc désigné par les chiffres 3, 5 et 7, placés perpendiculairement Tun sur Tautre. Mais comme trop de chiffres accumulés rendraient la lecture difficile, on a songé à simplifier ces combinaisons en retranchant quelques chiffres et à ne conserver que ceux qui caractérisent Taccord. Ainsi raccord de septième (celui dont nous venons de parler) pourra s'écrire par un seul 7, au lieu

de 5, et Texécutant saura qu'il faut en même

temps foire entendre la tierce et la quinte, qui font partie de l'accord \ de même l'accord de seconde (composé de la seconde, avec quarte et

sixte, se marquera par un 2, au lieu de 4, etc.

Les accords qui portent un double nom se marquent par deux chiffres, par exemple, l'ac-

cord de sixte et quarte par ^, celui de sixte et

quinte par ^, etc. Cependant il y a des cas où il devient nécessaire de mettre tous les chiffres. Toute note qui n'est point chiffrée, porte l'occord parfait, f^oy. Accords.

Pour éviter la répétition du même chiffre, lorsque le même accord ou le même intervalle reste sur plusieurs notes de la basse, on a adopté un trait horizontal placé derrière le chiffre. Ce trait, placé dans une position oblique devant un chiffre, indique l'anticipation d'un accord, c'està-dire qu'il fout frapper l'accord sur la note qui précède. Un zéro au-dessus d'une note de la basse, indique qu'elle ne porte point d'accord. Lorsque plusieurs notesdoivent être Jouées seules (sans accords) on l'indique par les lettres T. S., ce qui veut dire ta$tOf solo.

Nous ne pouvons indiquer ici la manière dont se chiffrent tous les accords. Les traités d'accompagnement en donnent des tableaux avec des explications auxquelles nous renvoyons pour de plus amples renseignements. Nous ferons seulement observer que la manière de chiffrer varie selon les pays et même selon les compositeurs, dont plusieurs ont introduit des signes qui ne sont pas généralement adoptés.

Quant à rinvention de cette écriture musicale» on Tattribue ordinairement à Ludovico Viadana qu'on dit l'avoir imaginée vers 1600. Mais on trouve des traces antérieures de l'emploi des chiffres dans la musique^ et le véritable inventeur reste à découvrir.

Au temps où l'harmonie était moins compliquée qu'aujourd'hui, cette manière d'écrire la partie de l'accompagnateur présentait des avantages : de nos jours on préfère tout noter en notes ordinaires. On a reconnu, pour beaucoup de cas, l'insuffisance des chiffires, et nous nous souviendrons toujours avec plaisir du désespoir d'un brave homme, grand déchiffreur de basses chiffrées, qui ne trouvait qu'un seul défaut aux compositions de Beethoven, c'est qu'elles contenaient des passages dont il lui était impossible de chiffrer la basse. 6. E. Andees.

BASSE-COUR. On nomme, en général, bassecour la partie de la maison rurale, la plus voisine de l'œildu maître, qui comprend les granges, les greniers, les écuries, étables et bergeries, le colombier, le poulailler, le clapier et les toits à porcs, les remises et hangars, les celliers, le fournil et la buanderie. Le plus communément le mot basse-cour est limité au gouvernement des oiseaux domestiques et de quelques petits animaux; c'est sous ce dernier point de yue que nous allons en parler. Pour peupler une bassecour il faut consulter les usages du canton que l'on habite, la nature des produits que l'on récolte et la focilité des débouchés pour se défoire avec avantage de ce qu'on destine à la vente. Il fout ensuite faire de bons choix : le mâle, étant le principal agent de la reproduction, doit toujours être pris parmi les mieux constitués, les plus vite, les plus libres dans leurs mouvements, sollicitant avec ardeur les femelles à manger. D'un autre côté, ces dernières seront en nombre proportionné à l'étendue de l'emplacement, et de manière à ne point épuiser en peu de temps les forces des mâles. M'importe la localité, les poules vivent partout et de tout; pourvu que leur habitation ne soit ni trop chaude, ni froide, ni humide ou sujette aux mauvaises odeurs, et qu'elle ait dans le voisinage un tapis

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de verdure, les poules payent par leur fécondité les soins qu^elles reçoivent. Soutiens du ménage des champs, elles en font Tagrément et ofiTrent une mine inépuisable, susceptible de répondre aux besoins journaliers de Thomme en santé, du Hialade et du convalescent. 11 n*en est pas de même des autres volatiles soumis à la domesticité. Le canard, quoique très-vorace dans son premier âge, demande à vivre dans des lieux aquatiques pour prospérer et avoir la chair délicate. Les oies se plaisent avec les canards, mais elles aiment mieux pâturer que barboter; si elles mangent tout ce qu*on feur présente, elles donnent la préférence aux grains et -principalement à llierbe sur pied. Le dindon veut un pays planté de buissons et de petit bois; il convient mieux aux cantons pauvres, couverts de landes, où il peut errer plus librement quedansceux quisont riches et bien cultivés. Ces différentes espèces doivent être tenues dans une enceinte close, leur divagation pouvant causer les plus grands préjudices aux cultures et à leurs propriétaires. La loi condamne à une amende, et même à une action en tribunal de police, celui qui laisse ses volailles à Tabandon ; elle autorise de plus la personne lésée à tuer les animaux pris en flagrant délit dans ses terres encloses; mais elle ne loi donne pas droit sur leurs dépouilles, qui appartiennent au propriétaire.

La basse-cour est le domaine de la fermière et de toute maltresse de maison champêtre. Elle doit être son occupation la plus chère. Quand les soins de la famille absorbeut tout son temps, elle a le plus grand intérêt à se faire suppléer par une fille douce, propre, laborieuse et prévoyante; sans quoi la basse-cour, au lieu d*être utUe et profitable, ne serait qu^une occasion de dépenses et d*embarras.

La plus grande propreté doit régner dans toutes les parties de la basse-cour; presque toutes les maladies qui affectent les oiseaux domestiques proviennent de la négligence qu'on apporte à les soigner. ^

Outre les pigeons, dont nous parlerons plus au long à Tarticle qui leur est destiné, on entretient aussi dans la basse-cour le paon, le cygne, le faisan, 1^ grive, la pintade, Tortolan, et quelques petits oiseaux de volière; mais c*est plutôt comme objet d'agrément et de luxe que d'économie. X.

BASSE-FOSSE (sorte de prison). C'est simplement une fosse de quelques pieds de profondeur dont les parois sont revêtus en maçonnerie. On y descend le prisonnier au moyen d'une échelle et Ton referme à l'aide d'une trappe on d'une

pierre. Cet usage barbare parait venir de TOrient, où il sert depuis la plus haute antiquité à la garde des animaux pris à la chasse, comme on le voit par cette fosse aux lions dans laquelle Daniel fut conservé si miraculeusement. Les Romains faisaient servir la basse-fosse au supplice de la vestale qui avait manqué à son vœu de chasteté. Un lit y était préparé avec une lampe allumée, et une petite ration de pain, d'eau et de lait. Ainsi enterrée vive, la malheureuse périssait par la faim au bout de quelques jours; le séducteur périssait en place publique, sous les verges. Ce mode de supplice réservé aux seules vestales peut donner à penser : les vestales étaient toujours choisies dans un petit cercle des plus hautes familles ; leur beauté était souvent remarquable; je soupçonne les prêtres de l'époque de s'être ménagé un moyen d'escamoter, quand bon leur semblerait, la coupable à leur profit, ou de vendre en cachette fort cher sa résurrection à ses parents. La pierre du caveau scellée, le bon peuple, satisfait d'avoir vu acquitter la dette envers Yesta, se retirait. Qui empêchait le grand prêtre de rouvrir pendant la nuit le caveau et de replacer l'échelle ? J'aime à croire pour l'honneur de l'humanité que plus d'un de ces graves personnages s'est rendu coupable d'une telle infraction au Code pénal de Numa. C'était assez en vérité de la mort du séducteur, expédié, lui, d'une façon ostensible et radicale, à la ftice des dévots. Les prêtres de rindoustan usent d'une supercherie semblable à l'égard des veuves qui se brûlent en l'honneur de leur mari. Plus d'une jolie femme a rencontré sur le bûcher où ses principes religieux la faisaient monter une trappe philanthropique, qui s'ouvrait au moment même où la fumée s'élevait et dérobait le bûcher aux yeux des spectateurs. Plus d'une est arrivée par ce chemin à un paradis dont force lui était de se contenter puisqu'on lui interceptait la route de l'autre. — Les châtelains du moyen âge faisaient un grand usage de la basse-fosse. C'était un appendice obligé de tout manoir. Une ordonnance en date de mai 1425, rendue par Henri YI, cet Anglais qui fut quelques mois roi de Paris, pendant que le pauvre Charles YII était réduit à n'être que le roi de Bourges, donne le tarif des droits que les prisonniers de la geôle de Paris ont à acquitter au geôlier, selon la prison où ils sont placés. « Si un prisonnier est mis dans la fosse, y est-il dit, il doit, quand il a de quoi payer, un denier.» Payer pour un pareil gîte était un peu fort? Ce qu'il y a de curieux dans l'ordonnance, c'est la proportion délicatement graduée entre

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le prix ft acquitter et la qualité du prisonnier. « Que chaque prisonnier soit mis et logé en ladite geéle selon son état, le cas de son emprisonnement, et le mandement du Juge ou seigneur qui renverra prisonnier. Et si un comte ou une comtesse est mis en prison, sera payé pour son geélage d'entrée et d^ssue 10 livres parisis; iiem payera pour semblable cause un chevalier banneret ou une dame bannerette 33 sols ; itetn un simple chevalier ou une simple dame 5 sols; item un écuyer ou simple demoiselle noble 13 deniers; item un lombard (prêteur) ou lombarde 13 deniers; un Juif ou une juive 11 sols; tous autres prisonniers 8 deniers. Si un prisonnier gU es chaînes en beauvoir ou en la ialle, il payera chacune nuit pour lit 4 deniers et pour place 3 deniers; et s*il veut faire venir son Ht de sa maison ne payera que 3 deniers pour place. » —Avant la révolution de 1789, le lieutenant de police de Paris avait encore à sa disposition une basse-fosse dont il menaçait les fiiles publiques et les vagabonds. « Je vous enverrai pourrir dans un cul-de-basse-fosse, » était la phrase favorite de ce redoutable fonctionnaire. Aujourd'hui le chef de division de la police à qui cette juridiction est abandonnée envoie les hommes carder de la laine à Bicétre, et les femmes coudre des chemises aux Madelonnettes. Depuis que le système des prisons, en France, à commencé à subir quelques améliorations, la basse*fbsse a disparu; le hideux cachot ne peut manquer de disparaitrebientôt à son tour. Le régime pénitentiaire importé des États-Unis finira par triompher des u$ barl)ares de la vieille Europe féodale.

BASSE-LISSE. Foy. UCB.

BASSEVILLE. (NiGOUS-jEAlf HUTON Dl) , secrétaire de légation à Naples pour le gouvernement français, se trouvant à Rome le 15 janvier 1795, fut assailli par un attroupement populaire qui voulait lui arracher le signe dislinctif national, la cocarde. Il tomba frappé d*un coup de rasoir, dont il mourut quelques instants après. Cet assassinat devint le motif d'une yengeanoe éclatante de la Convention envers les £tau romains. X-

BASSIN. {Anatomie.) Le système osseux, réduit à sa plus simple expression , se compose d'une série de vertèbres qui, par suite de développements, d'extensions et de dispositions variables, de leurs éléments, donnent les autres pièces osseuses qui composent la tête, le tronc et les membres. Mous n'anticiperons sur cette idée que pour pouvoir faire apprécier ce qu'est le bassin en anatomie philosophique. Cette ceinture osseuse, qui occupe une place variable dans

rétendue de lu cdonney^rtébrale, selon les dasses d'animaux, n'est point un surajouté aux vertèbres au niveau desquelles il se trouve; mais c'est réellement une partie des éléments formateurs de ces mêmes vertèbres qui se sont élargies, développées pour former une ceinture osseuse, comme, plus haut, les mêmes pièces se sont allongées pour former les c6tes. Si nous pouvions développer cette idée, ce serait dans le squelette le plus simple, celui du serpent, ou dans ceux de quelques poissons, que nous irions étudier la vertèbre pour la voir former à elle seule toute hi charpente osseuse du tronc de l'animal ; nous l'y verrions fournir les cêtes, et nous donner ainsi la clef de la composition du tronc. Hais nous ne pouvons ici qu'indiquer les questions ; il n'entre pas dans le cadre de ce Dictionnaire d'en présenter le développement. Le principal usage du bassin est de servir d'articulation aux membres abdominaux, et de point d'insertion aux muscles qui circonscrivent la cavité abdominale.

U existe chez tous les yertébréSyà Texception des serpents et de quelques poissons qui alors n'ont pas de nageoires ventrales.

Chez tous les animaux qui ont un bassin, IVd)domep s'y termine. Les excréments, les produits de la génération et de la sécrétion urinaire le traversent. La taupe présente une exception remarquable : les os de son bassin aont si serrés les uns contre les autres, que la cavité qu'ils ferment ne pourrait donner issue aux produits de la génération ; aussi la matrice s*ouvre-t-elle au dessus du pubis, disposition qui n'est connue que dans oe seul animal. L'homme est, de tous les animaux, celui qui, proportionneUement à sa grandeur, a le bassin le plus large et le plus évasé, ce que nécessitait la grosseur de la tète de l'enfsnt naissant. Le bassin des singes s'en rapproche beaucoup ; il est auui celui qui, après le bassin de l'homme, forme un angle moins ouvert avec la colonne vertébrale, ce qui détermine en grande partie la station des uns et des autres.

Le bassin ne forme pas une c^ture osseuse chez tous les animaux; il ne se compose, dans les oétacés, que de deux os suspendus dans les chairs. Dans le cochon d'Inde, les pubis sont aussi séparés l'un de l'autre, et les pièces du bassin sont mobiles sur la colonne vertébrale, ce qui doit rendre l'accouchement très-facile chez ces animaux. Cet éeartement des os du bassin est aussi un caractère de la classe entière des oiseaux, tant il est vrai que chaque fois quHui aminal sort des conditions naturelles a sa classe, c'est toiyours pour retomber dans celles d'une

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aiilr«» U baftin de» didelphti offirt une dispcaiftioii qu*on leor a lonstemps crue ptHiculièra; leur pubis est surmonté de deux grands os que roQ a nommés marsupiaux, du nom de la famille où on les a observés pour la première fois. Us sont mobiles, et donnent attache à des muscles ([ui ouvrent et ferment la poche qui renferme et leurs mamelles et leurs petits. Hais c*est surtout dans les oiseaux que ces os se trouventau maximum de développement; ils appartiennent, comme 8erre l*a montré, k la classe tout entière, et font partie essentiels de leur bassin ; ils forment Je stylet que Ton avait Jusqu'ici pris pour le pubis. On les retrouve aussi dans les mammifères, autres que les marsupiaux. Le ftatus humain les présente souvent { mais il faut les chercher dans le très-jeune âge : leur présence est liée à celle des muscles pyramidaux. Bans les oiseaux, les os eoxaux et le sacrum font, avec les vertèbres des lombes, un seul et même os qui forme une large cavité évasée, dont les pubis se portent en arrière au lieu de se réunir pour former ceinture.

L*autrucfae, qui touche les mammifères par nombre de points, s*en rapproche, encore par son bassin ; dans cet oiseau les pubis s*élargis^ sent beaucoup et se réunissent pour former une ceinture osseuse.

Il est des poissons où Ton ne trouve point de bassin, et qui alora manquent aussi de nageoires ventrales; quand il existe, ou il se borne à une simple plaque qui soutient ces nageoires, ou il se compose d'un phis grand nombre de pièces doutladisposition varie singulièrement : il n*est, chez aucun, attaché à la colonne épinière, et il est plus ou moins rapproché de la tète.

Le bassin est, dans Thomme et la plupart des vertébrés, formé, en arrière, par le sacrum, série de corps vertébraux qui fait évidemmei\^ suite à la colonne épinière, et qui se continue en coccyx ou en une queue plus ou moins allongée. U est, sur les câtes et en devant, formé par quatre os, ordinairement soudés en un seul dansTâge adulte; Tun est lUléon attenant au sacrum ; un autre, le pubis, qui s*unit avec celui du c6té opposé pour former la saillie et Tarcadedece nom; le troisième est Tos marsupial qui, cbez Toiseau, concourt à former la cavité du bassin, et passe chez les didelphes è des usages phis spéciaux, ceux de servir de point d'insertion aux muscles de la poche de ces animaux; le quatrième enfin est l'ischion qui, chez les mammifères, i^ire une large tubérosité qui porte sur le sol dans la situation assise; aussi la peau qui recouvre cette tubérosité, est-elle dure et calkuse. BR..Z.

lAMIK. {Oéographie phy»iqu9*) L'ensemble de toutes les pentes d\in terrain traversé parle lit d'un fleuve et de toutes les vallées qui y aboutissent porte le nom de ba$iin. On peut aussi donner le même nom à l'ensemble de tous les versants qui circonscrivent une mer intérieure.

Par suite de cette définition, que nous proposons parce qu'elle nous semble compléter, par sa généralité, l'idée qu'on doit se faire d'un bassin, nous sommes naturellement porté à diviser tous les bassins en deux classes : les boêêinê fluviatilsê et les boêêins mariUmei,

Bassins fluviatiles. Bien que la plupart des montagnes d'une grande élévation donnent naissance à des fleuves considérables, le bassin d'un grand fleuve n'a pas toujoura pour origine une haute chaîne de montagnes. Ainsi les petits plateaux qui forment les seules inégalités du sol de la Russie d'Europe voient naîtra sur leura flancs des fleuves bien plus importants que ceux qui naissent dans nos Alpes et nos Pyrénées.

Quelquefois des bassins di£Férents ne sont séparés par aucune chaîne : c'est ce qu'il est facile de remarquer à l'égard du bassin de la Seine et de celui de la Loire, entre lesquels il n'existe qu'un plateau peu élevé, tandis que dans beaucoup de cartes, qui passent cependant pour être bien faites , le dessinateur trace entre ces deux grands cours d'eau une véritable chaîne.

L'idée qu'on se fait généralement d'un bassin porte à regarder le point d'où partent plusieura fleuves comme plus élevés que ceux qu'ils traversent dans leurs cours, et à regarder le relief du terrain comme s'abaissant graduellement à mesure que le fleuve s'éloigne de sa source. Cette idée est tout k fait inexacte ainsi qu'un grand nombre de faits l'attestent. Le plateau de Langres, par exemple, donne naissance à la Meuse, et l'on a cru Jusqu'à cesderniers temps que, dans le sens que suit la pente de ce fleuve, le terrain s'abaissait Jusqu'à son embouchure; et cependant des nivellements récents ont prouvé que le plateau de l'Ardenne, que travers^ la Meuse, est de 50 mètres plus élevé que celui de Laogres. C'est par de grandes déchirures et des gorges profondes que le fleuve suit son cours à travers de l'Ardenne.

Une remarque importante qui a déjà été faite relativement aux bassins fluviatiles , c'est que les grands cours d'eau ne sont point des limites naturelles, ni en géographie physique ni en géographie politique; il faut chercher ces limites dans les crêtes des chaînes qui sont les points de partage des eaux. Il est facile de reconnaître que les bassins présentent dans toute leur étendue

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des producUons naturelles à peu près analogues, et que les habitants même y offrent des caractères d*une commune origine. Ainsi le bassin du Rhin, malgré une longueur de plus de 300 lieues, est peuplé sur les deux rives du fleuve, depuis sa source jusqu^à son embouchure, par des nations germaniques ; tandis que les versants occidentaux du Jura et des Vosges sont peuplés de nations d*une origine différente. C*est qu^en effet les points de partage des eaux isolent les peuples, tandis que les cours d*eau tendent à favoriser leur rapprochement et leur extension.

Bassins maritimes. On peut considérer comme dMmmenses bassins les méditerranées, telles que la mer qui porte spécialement ce nom , la mer Noire, la mer Baltique, etc. Un bassin encore plus tranché par son isolement, c*est celui de la mer Caspienne.

Les bassins maritimes forment, comme les bassins fluviatiles, de véritables régions physiques; il suffit d*examiner les productions animales et végétales du littoral de la Méditerranée pour en être convaincu. Ainsi les rivages de la France y offrent plus d'analogie avec les rivages de TAfriquequ*avec les rivages de TOcéan. On y trouve la plupart des insectes et des plantes de TAfrique septentrionale. J. Huot.

BASSIN. (Marine.) Kéduit pratiqué dans un port, soit pour y tenir les navires à flot et à ]*abri de Tagitation de la mer, soit pour y construire ou réparer les bâtiments. Dans le premier cas, on rappelle bassin de port, et dans le second, bassin de construction ou forme. Ordinairement, les bassins de port sont fermés par des portes busquées comme les écluses , afin de garder Teau et maintenir les navires à flot. Dans les ports de la Méditerranée, où la marée n*a pas d*élévation sensible, cette disposition est inutile, et les bassins, qu'on y nomme aussi darces, servent également à garantir les bâtiments de la houle. J. T. Pâeisot.

BASSIN. (Architecture) C'est une fouille plus ou moins grande faite dans un terrain, avec construction en maçonnerie; ce terrain est revêtu de pierre, d'un pavé ou de plomb, et bordé de gazon , de pierre ou de marbre , pour contenir l'eau. La forme des bassins est ordinairement circulaire, quelquefois hexagone ou octogone, la forme rectangulaire n'étant adoptée que pour les pièces d'eau. Du milieu des bassins s'élève le jet d'eau qui peut fournir à l'art les motifs de décoration les plus variés et à l'imagination du statuaire une foule d'allégories qui, se mariant à l'ordoni^ance des jardins, contribuent à animer le paysage. Quelquefois le bassin se métamor-

phose en bain consacré à une divinité; d'autres fois la scène s'élève au milieu du bassin, ou s'adosse au mur de terrasse qui le domine. On voit des bassins bordés d'une balustrade de pierre, de marbre ou de bronze^ comme aux bains d'Apollon à Versailles. Le bassin lance aussi l'eau en bouillonnant d'espace en espace, et forme une nappe autour de la balustrade, comme à la fontaine du rocher dans les jardins du Vatican, à Rome.

Les bassins se construisent en maçonnerie de moellons revêtus à l'intérieur d'un fort enduit de ciment, préparé à peu près comme le béton (vqjr.). Cependant la construction la plus en usage, comme la moins coûteuse, est celle dont les corrois se font en glaise et en terre franche, entre deux murs; sur le fond bien dressé on construit au pourtour un mur d'un pied d'épaisseur, afin de maintenir les bords de la fouille ; le fond est couvert d'une couche de glaise bien pétrie sur laquelle on établit, à 18 pouces du mur qui soutient les terres, une espèce de plate-forme où l'on construit le mur d'enceinte. A mesure qu'il s'élève on remplit l'espace vide entre les deux murs avec de hi terre franche ou de la glaise. Sur la couche du fond on étend un lit de sable destiné à recevoir un pavé en dalles, grès, briques posées de champ, où en blocage de maçonnerie en ciment. Le revêtement du mur se fait avec des dalles en pierre dure.

Avant de commencer la construction d'un bassin il est important de s'assurer de la nature du sol; dans le cas où il serait de terres rapportées, il conviendrait d'établir dans le fond un grillage de poutrelles dont les intervalles seront remplis en moellons maçonnés avec glaise à fleur des poutrelles. Sur ce terrassement on pose un rang de madriers servant à établir le fond et le mur circulaire. Ainsi qu'il a été dit, on pratique dans le fond des bassins deux décharges , l'une de fond et l'autre de superficie; celle du fond se place vers le bord du bassin et la pente est dirigée toute de ce côté; cependant il est préférable de placer cette décharge vers le milieu, parce qu'en la mettant vers le bord, Tefforl de l'eau tend à le dégrader; au lieu qu'en dirigeant la pente vers le milieu, la masse de l'eau est en équilibre et n'agit pas plus d'un côté que de l'autre. La décharge de superficie, qui sert à maintenir l'eau à un même niveau , se place dans l'endroit le plus convenable du mur d'enceinte. PlEROT.

BASSIN D'ÉPARGNE, f^qy. Canaux.

BASSINET. Ce mot, qui est un diminutif de bassin, présente plusieurs significations. Dans l'art hydraulique, on nomme bassinet un petit

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retranchement cintré que Ton ménage sur les bords intérieurs d*une cuvette, pour y faire entrer la quantité d'eau distribuée aux particuliers, par une ou plusieurs jauges de différents diamètres, ce qui s'appelle jauger. On nomme aussi bassinet, en hydraulique, un bassin qui est trop petit pour le lieu.

En termes d^arqnebusier, c'est un morceau de fer plat en dedans du corps de la platine, où il 8*attache avec deux vis à tète ronde et plate, dont les tètes n'excèdent ni d'un côté ni de l'autre. Cette pièce, ou ce que Ton nomme proprement bassinet, ressort en dehors et dépasse le corp« de la platine d*une arme à feu d'environ un demi-pouce à un pouce. Il est de figure ronde en dessous, et la face de dessus est plate et creusée en rond. Ce creux répond directement à la lumière du canon du fbsil ou du pislolet, et sert à recevoir la poudre d*amorce qui y est retenue ensuite par Tassiette d*un autre morceau de fer nommé batterie, que l'on renverse sur cette face creusée du bassinet. U y a des armes à féu auxquelles on adapte ce que Ton nomme aies bassinets de sûreté : ce sont des bassinets garnis d^une espèce de boite tournante que Ton ouvre ou ferme à volonté. Par ce moyen on empêche Tarme de partir accidentellement; il a de plus l'avantage de préserver l'amorce et la batterie de toute humidité.

On nommait autrefois bassinet une espèce de casque ou de chapeau de fer, sans visière ni gorgerin, que portaient les militaires. F.Kathohd.

BASSOXPIERRE (le maréchal François db), de la maison de Clèves, né en Lorraine, en 1579, se rendit célèbre sous Henri lY et Louis XIII, par sa bravoure, son esprit et ses galanteries. Il fit sa première campagne contre le duc de Savoie, en 1009, et sa seconde en Hongrie, contre les Turcs, en 1603. De retour en France, il rechercha M}^ de Montmorency, dont alors le roi Henri lY était éperdument amoureux; mais il renonça à sa main pour complaire au roi, qui le dédommagea de ce sacrifice en le faisant colonel général des Suisses et Grisons. De 1617 à 1623, époque à laquelle Louis XIII lui donna le bâton de maréchal de France, Bassompierre se montra avec honneur à divers sièges et combats. Le favori de Luynes, auquel son crédit portait ombrage, lui proposa, pour l'écarter de la cour, des emplois éminents. Peu disposé à disputer une fiveurdont peut-être il ne se souciait guère, le maréchal accepta l'ambassade d'Espagne. Là il prit part aux négociations entamées au sujet de la Yalteline et qui furent terminées par le traité de Madrid (16^. L'année suivante il fut suc-

cessivement envoyé en Suisse et en Angleterre.

Au siège de la Rochelle, Bassompierre commanda un corps de troupes séparé; mais quoiqu'il poussât l'attaque avec la bravoure et l'ardeur qui lui étaient naturelles, H n'en reconnaissait pas moins que la chute de cette ville entraînerait celle du parti protestant dont elle était le boulevard, et donnerait une nouvelle force au cardinal de Richelieu, déjà si redoutable à l'aristocratie. Convaincu que ce ministre cherchait à établir la puissance royale sur les ruines de ce parti, il disait un jour : « Je crois que nous serons assez fous pour prendre la Rochelle. » La place se rendit le 28 oct. 1623, malgré les efforts des Anglais et la résistance opiniâtre de ses défenseurs.

Toujours dévoué à la cau^e des grands. Bas* sompierre seconda tant qu'il put leurs attaques contre Richelieu. Quand il nepouvait agir, H parlait. Le ministre offensé de la hardiesse de ses discours, trouva bientôt l'occasion de s'en venver. Bassompierre, accusé d'avoir pris part à l'in trigue qui amena le mariage de Gaston d'Orléans avec la princesse Marguerite, sœur du duc de Lorraine, fut mis à la Bastille, le 23 février 1631. On dit qu'avant d'être arrêté il brûla plus de 6,000 lettres, preuves et souvenirs de ses succès auprès des dames. La liberté ne lui fut rendue que 12 ans après, à la mort de Richelieu.

Bassompierre fut réintégré, par Mazarin, dans la charge de colonel général des Suisses, dont ou l'avait forcé de se défaire. Il reçut, depuis, le collier des ordres du roi. On songeait même à le nommer gouverneur de Louis XIY, lorsque, frappé d'apoplexie, il mourut le 12 octobre

On trouve dans ses écrits et dans les Mémoires du temps des détails piquants sur ses aventures tour à tour romanesques, plaisantes et bizarres. Ses amours avec M^^^d'Entragues firent beaucoup de bruit. Pendant huit ans cette dame réclama, sans succès, le litre de maréchale de Bassompierre, qu'elle croyait devoir porter, en vertu d'une promesse de mariage que le maréchal lui avait faite. Le rencontrant un jour au Louvre, elle le pressa de la reconnaître pour sa femme. « Pourquoi, lui répondit-il ironiquement, prenez- vous un nom de guerre? »— « Yous êtes le plus sot des hommes, y* s'écria celle-ci indignée. — « Que diriez-vous donc, répliqua le maréchal, si je vous avais épousée. » Un fils né de leurs amours mourut évêque.

On a de Bassompierre : 1» des Mémoires sur sa vie, de 1508 à 1631 (Cologne, 1665, 2 volumes in-12; Amsterd., 1725, 4 volumes). Ces mémoi-

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re9, écrits avec assez de pureté et d*uii style quelquefois aaimé et toujours spirituel, reuferment une foule de détails prédeux sur les boo^ mes et sur les événemeuts de Tépoqne où a vécu Tauteur; 9*" un ouvrage estimé, en un volume, intitulé : Jmbaêsadei de M, le maréchal de Baisompierre en Eêpagne, en Suisie et en ^n^totorre, Cologne, IMl, in-1d; 9<» desiVo^ écrites dans sa prison, sur la vie des rois Henri lY et Louis XIII, par Doplelx. Ces notes, ou plutôt ces critiques hardies et amères, qui n'étaient pas destinées à voir le Jour, ont été publiées sans son consentement par un minime auquel il les avait confiées; 4« de nouveaux Mémoires du maréchal de Bassompierre, recueillis par le président Hénault, et publiés en 1803 par Serleys, 1 vol. in-8o, mais dont on ne saurait garantir raulbenticité« Di LatAha.

BASSON. Instrument de musique à vent et à anche, qui, dans la famille du hautbois, tient le même rang que le violoncelle dans la famille du violon. Le diapason du basson est de trois octaves et demie, à partir du premier êi bémol grave du piano; il commence par conséquent un ton plus bas que celui du violoncelle. Le basson se Joue dans tous les tons. Ses tons favoris sont : ut^ fà, êi bémol, mi bémol et leurs relatifs mineurs. — Les compositeurs italiens de Tancienne école, après «voir fait entendre le basson dans un chant suivi ou dans un solo d*apparat, le renvoyaient à la partie de basse, qu*il doublait avec fidélité. On a depuis généralement adopté la manière de récole allemande, en considérant cet instrument comme deva nt figurer dans lés masses intermédiaires, et se Joindre à la viole ^utôt que àe porter un secours, souvent inutile, à la partie grave, lui réservant ce renfort pour les unissons, les marches travaillées, les entrées de fugue et tous les passages où la basse, placée en première l%ne, doit se faire Jour à travers les trémolo des violons et les tenues des instruments à vent. Les contre-basses et les violoncelles suffisent pour les grosses notes de la simple basse. -* Quoique le caractère du basson soit tendre et mélancolique, ses accents, pleins de vigueur et de sentiment, servent à exprimer les grandes passions dans Vagiiato, invitent au recueillement, inspirent une doiice piété s*ils accompagnent des chants religieux. Si le basson ne saurait être très-brillant, il s^unit du moins parftiitement aux instruments qui ont cette qualité; et lorsque les violons suspendent leur dis* cours pour laisser le champ libre aux lûtes, aux hautbois, aux darhiettes, aux eors, e*est lui qui seH ée buse k leur tarmonie écUtanto. lutra*

ment universel, il module un récit avec autant de grâce que de suavité, et porte ensuite sa voix surlous les points où elle peut servir utilement, soit pour remplir les vides qui existent entre les parties intermédiaires, soit pour lier un trait d'accompagnement ou renforcer un passage staccato. Possédant le timbre qui s'accorde le mieux avec tous les diapasons, il double successivement la basse, la viole, la clarinette, le hautbois, la flûte; il suit la marche rapide des violons ou la paisible lenteur des cors. Ses notes graves, ronflantes, celles du médium, fournissent à l'accompagnement, et sa dernière octave donne une mélodie aussi pure que sonore. Gluck, Haydn, Mozart, Beethoven, ont eu pour cet instrument une telle afiPecUon qu'ils semblent ne s'être décidés qu'avec peine à l'exclure du plus petit fragment de leurs compositions. L'école de Eossini emploie le basson dans tous les morceaux d'un opéra ou d'une symphonie, mais elle en use de même à l'égard des autres instruments de Torchestre. — Comme la voix du basson a peu d'éclat, on ne la distingue pas toujours dans les masses; mais les bien^ts qu'elle répand, Tiiarmonie qu'elle y introduit, n'existent pas moins, et l'on doit lui en savoir d'autant plus de gré qu'on les attribue qudquefois à d'autres instruments. — Deux bassons figurent dans les orchestres ordinaires; c'est la seule partie d'instruments à vent que l'on double pour les grands orchestres, tels que ceux de l'Académie royale de musique et du conservatoire, où l'on admet quatre bassons, deux premiers et deux seconds. Les unissons d'archet de ces grands orchestres, dont le résultat est si puissant et si flatteur, doivent la plus grande part de leur charme aux quatre bassons, qui les attaquent aussi* On entend le frottement de Tanche déborder les gammes et les arpèges de l'archet, comme on voit le duvet brillant qui lustre les ailes du papillon ou du colibri. — Quatre cors figurent, H est vrai, dans les grands orchestres, mais ils sont par paires en tons différenU pour exécuter quatre parties, tandis que les bassons se remissent par deux sur la même. — On se sert de la def de fa quatrième ligne, et de la def d'ut quatrième ligne, pour hi musique du basson. Quelques traits ëe omcerto on d'air varié, s'élevant Jusqu'aux dernières Umites à l'aigu, doivent être écrits sur la clef de so/.— Le basson, si utile daua l'orchestre, est aussi un instrument de rédt dans les concerts et la musique de duui^e. On compose des concertos pour basson, des coucertautes où il figure avee la flûle, le hautbois, la elarinetta,le eor; des quataurs, des triost des soinles avec

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Mcompagnement de TiolonceRe, des duos poar deux bassons, des lrk>s même pour trois bassous, dont Teffet est très-agréable. — Le nom de basêon yieol de ce que cet instrument donne des êonê boê. Les Italiens Font appelé fagoito, à cause de b ressemblance que ses trois pièces, réunies ou démontées, ont avec un fagoi. — Le jeu de basson est un Jeu d\mcbe qui, dans Torgue, complète le Jeu de hautbois et lui sert de basse. Le Jeu de basson a une étendue de deux octaves. Castu-Blau.

BASSOKAou Basiâh. ri^. Ixak-Arabi.

1AS50II19S ou lASSOAiTB. Matière particulière de la nature des gommes, observée pour la première fois par Yauquelin, dans ce qu*on nomme vulgairement gomme de Bagdad, et que J. Pelletier a reconnue dans la plupart des gommes-résines dont on Tobtient en traitant successivement ces goBimes-résines par Teau, Talcool et Téther. La bassorine est insoluble dans Teau, quelle que soit la température ; elle s*y gonfle considérablement, et se dissout à chaud dans Teau chargée d^nn peu d*aeide nitrique ou hydrochlorique. La dissolution évaporée et édulcorée par Takool abandonne un pr^pité floconneux, lequel, desséché, offire tous les caractères de la gomme arabique. DA..a.

BASHA. Faor. Coisi.

BASTILLE, tour, bastion, ouvrage de fortification en général. Ce mot, dérivé de TitaMen basiia ou de bmêUan, a la même étymologie que le verbe bâiir. Bans le vieux français hoêUliô signifie siège, et boêtilUr, assiéger, ainsi qu*on le voit par des citations dans Bucange.

Ce nom appeUatif est resté, comme nom propre, au château f6rt élevé au nord-est de Paris dans le quartier Saint-Antoine, en 1360, sous la direction de Hugues Aubriot, prévôt des mardiande, qui eut l*bonneur d*étfe à la fbis le fùndateur de cette citadelle et le premier prisonnier d^itat qui y fut enfermé.

La Bastille ne consista d^abord qn^en deux lovs, bordant chaque côté du chemin qui entrait dans Paris. Bn 1585, il y en avait huit que Charles TI environna d*un foasé. Be 1609 è 1610, Henri lY y déposa ses trésors. Mais Tusage habituel de la Bastille fut celui d'une prison d'État. Les cachets étaient enfoncés de 10 pieds au-dessous du niveau de la cour. Le Jour n*y arrivait que par une étroite ouverture donnant sur le fossé. Leprisosinier, plongé dans une atmosphère in^BCte el humide, au miliett d^un Umon oà pul- InlaieBi les crapauds , n*y pouvait vivre longtempe. Aussi dans rorigiBe oa B*y plaçait ^le ceu 4«BiT0ttlail«R»ihar Aïs «feux par la le^

reur. Les autres étages des tours étaient des polygones de 15. à 16 pieds de diamètre et de 15 à 90 pieds de haut. Au cinquième étage étaient les calottes étouflbntes en été, glaciales en hiver.

L'ameublement ordinaire consistait en un lit de serge verte avec rideaux, paillasse et matelas, une ou deux tables, deux ou trois chaises ; par faveur, des pincettes et une pelle, deux pierres au lieu de chenets. La Bastille pouvait contenir environ 50 prisonniers bgés séparément, et 100 quand on en réunissait plusieurs dans la même chambre, satisfaction rare et Jamais accordée dans les premiers Jours de hi détention. Linguet, dans ses Mémoires, convient qu'outre une fèndation de 44,750 francs par an, pour la nourriture, le roi ajoutait trois francs par Jour pour4in prisonnier du plus bas étage, cent sous pour un bourgeois, et 56 francs pour un maréchal de France. A sept heures, à onie et à six, les porte-cleft apportaient les repas. Suivant le prisonnier, la séquestration était absolue ou temporaire; la promenade rare, courte, bornée à la cour, ou étendue au jardin. La rigueur de la surveillance ou du traitement a dû varier avec le caractère de l'époque et du prince. Boulainvilliers assure avoir vu un cône dans le creux duquel restait continuellent le prisonnier, sans que ses pieds pussent poser horizontalement. Cette torture était digne de Louis XI. Bien d'approchant sous Louis XYI. On ne trouva que sept prisonniers lors de la prise de la Bastille. L'odieux abus des lettres de cachet, dont le nombre fut porté Jusqu'à 50,000 sous le ministère de M. Saint-riorentin,avait accrédité des bruits reconnus plus tard être sans ftmdement.

LaraiSB Bi LA Bastilli est un des événements les plus remarquables de la révolution fï*ançaise de 17S9. L'éclat de ce Jpur n'est pas toutefois sans nuages; car il ouvrit la carrière à des désordres qui devaient entraîner dans l'abîme vainqueurs et vaincus, avec les libertés, objet de la lutte et prix de la victoire.

Le tiers état ayant contraint la noblesse et le clergé à délibérer en commun dans l'assemblée où sa nu^orité les dominait et lui assurait le pouvoir de dicter en maître la constitution, Louis XYI fut poussé à foire usage de la force. On peut douter que cette tentative eût réussi quand même il se fût mis à la tête des troupes. La manière dont elle fut conduite n'aboutit qu'à lui faire rendre son épée.

Bésenval commandant de Paris et des huit provinces drconvoisiiies, racoale dans ses Mémoires qn^OB ne pewait cewpter même sur le

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régiment des gardes françaises €Oinposé de 3,600 hommes, te détail du service étant abandonné à rétat-major, les oflSciers connaissaient à peine les soldats et n*aTaient sur eux aucune autorité (t. II, p. 352). Figurants des jours de parade, souvent ils ne les accompagnaient même pas aux casernes. Une ordonnance exigeant quatre quartiers de noblesse pour le grade d*ofllcier, puis la discipline nouTellement introduite des coups de plat de sabre, avaient aliéné les troupes. Un matin que le régiment était consigné dans ses quartiers, plusieurs compagnies, malgré les efforts des sergents et des officiers, forcèrent la consigne et allèrent remplir les cabarets de Yaugirard, y faisant une énorme dépense; elle fut payée. D^où leur venait Targent? Peu après, le 30 juin, 11 d'entre eux, mis à la prison militaire de TAbbaye, en furent arrachés par les Parisiens et conduits en triomphe. Une députation de TAssemblée nationale avait sollicité pour eux la clémence royale. Remis en prison sur sa promesse, ils n*y étaient restés que 24 heures. C*en était fait de la discipline. Cependant autour de Paris et de Versailles se concentraient 15 régiments sous le maréchal de Broglie, le général le plus imposant de Tarmée. Le parc de Versailles offrait Taspect d*un camp. Une adresse de TAssemblée demanda le renvoi des troupes. Le roi répondit que le maintien de la tranquillité était le seul objet de ce rassemblement; que si PAssemblée avait encore des craintes, il la transférerait à Soissons ou à Noyon. Cétait lui ôter Tappui de la capitale et la placer entre deux camps.

Quatre petites lieues séparent Versailles de Paris; on cherchait à se rapprocher des foyers où arrivaient les nouvelles. Au Palais -Royal se formaient Hes plus nombreux rassemblements. Patriotes, oisifs, curieux, agitateurs y affluaient. Dans les cafés , au jardin même, relenlissait le bruit des paroles. Souvent un orateur monté sur une table attirait autour de lui la multitude et lui souillait la sédition avec impunité. Le dimanche 12 juillet 1789, vers midi, se répandit le bruit du renvoi de Necker , de celui de ses collègues, et de leur remplacement par des ministres opposés à la cause populaire. Les premiers qui débilaient cette nouvelle furent d*abord maltraités; mais bientôt la consternation devint générale. On fit cesser les jeux , suspendre les spectacles. Entre 4 et 5 heures, près de 10,000 personnes étaient accourues au Palais-Royal, émues, décidées à tout, mais incertaines sur les mesures à prendre. Un jeune homme, Camille Desmoulins, connu par sa bouillante exaltation républicaine,

monte sur une table, le pistolet en main. « C*est le tocsin d'une Saint -Barthélémy de patriotes, s*écrie-t-il. Ce soir, les Allemands et les Suisses sortiront du Champ de Maiv pour nous égorger! Aux armes ! » On lui répond par de bruyantes acclamations. Pour se reconnaître il fallait des cocardes : en un instant les maronniers sont dépouillés de leurs feuilles. La troupe en tumulte prend chez un sculpteur les bustes de Necker et du duc d'Orléans, les entoure d'un crêpe et les porte en triomphe, obligeant tous ceux qu'elle rencontre à mettre chapeau bas. Ce cortège grossissait à chaque pas. A la place Vendôme, un détachement de Royal-Allemand veut le disperser : il est repoussé à coups de pierres et la multitude parvient jusqu'à la place Louis XV.

Là, le baron de Bésenval, chargé du commandement de Paris, avait réuni un fort détachement des gardes suisses, les hussards de Berchiny, les dragons de ChoiseuI,le régiment de SalisSamade; l'ordre était donné aux postes de cavalerie répandus dans les faubourgs de venir l'y joindre. En s'y rendant, ils furent, dit-il, assaillis de propos injurieux, de coups de pierres, de coups de pistolets ; plusieurs hommes furent blessés grièvement, sans qu'il échappât même un geste menaçant auxsoldats : tant fut respectée la consigne générale de ne pas répandre une seule goutte du sang des citoyens. Le cortège avec ses bustes s'avançait vers les troupes , espérant les amener à l'insurrection. Quelques soldats allemands se détachent, mettent les bustes en pièces et les renversent dans la boue. En résistant, un de ceux qui les portaient est tué avec un soldat des gardes françaises. La foule épouvantée fuit vers les quais, sur les boulevards; on se précipite dans les Tuileries, par le pont tournant qui n'existe plus aujourd'hui. Des pierres étaient lancées contre les soldats que Bésenval contint quelque temps. Mais le prince de Lambesc, colonel du régiment de Royal-Allemand, s'aperçut qu'on voulait lever le pont-levis des Tuileries. Aussitôt il s'élance pour l'empèeher; assailli d'une grêle de pierres et transporté de fureur, il fond le sabre en main sur cette foule, avec ses cavaliers. Un vieillard inoffensif tomba, dit-on, sous ses coups. Le cri de vengeance répété par 100,000 voix retentit en un moment par tous les quartiers de la ville.

Les gardes françaises ébient consignées dans leurs casernes. A la nouvelle de cette charge, il devint impossible aux officiers de les contenir. A 11 heures du soir, 1,200 d'entre eux, se présentant sur la place Louis XV, tirèrent des coups de fusil sur Royal-Allemand qui ne riposta paa.

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Quoique Bésenyal eût Tordre de repousser la sédition par la force, il fit, à 1 heure du matin, retirer ses troupes au Champ de Mars où campaient 9 régiments suisses avec 800 cavaliers. Avant de 8*engager dans les rues et d'allumer la guerre civile, il voulait des ordres plus formels, que ne purent obtenir ses messages. Le 13 et le 14 il resta dans TinacUon , et le soir, après la prise de la Bastille, voyant les canons des gardes françaises menacer Técole militaire, il se replia sur Sèvres. La force militaire resta donc paralysée et Paris fut abandonné à lui-même (Mémoires, t n, p. 261, S66 et 378).

Bans les grandes villes il y a toujours un ramas d*hommes sans aveu, écume qui reparaît, attirée par Tespoir du pillage, quand Tautorité qui la contenait se trouve un instant suspendue. A leurs désordres se joignent ceux du petit peuple, toujours irrité contre les impôts de consommation. Cette foule court aux barrières et les incendie pour avoir désormais les entrées libres. Sot cent autres points, les boutiques des armuriers sont enfoncées. Le bruit des pas précipités, mlDe voix confuses et le tintement lugubre du tocsin ajoutent aux objets d*effroi que multipliait à dessein Thabileté des meneurs : chaos épouvantable où tout semblait devoir 8*abimer, sUl ne 8*était offert un centre de ralliement, une autorité, pour organaiser les moyens de défense et en dûiger remploi.

Les électeurs de Paris avaient arrêté quMIs continueraient leurs séances à volonté, après la nomination des députés. Instruits par ceux-ci du danger que courait TAssemblée nationale d'être dissoute, le S5 Juin en plein Jour, ils s'étaient réunis au nombre de 900 à 300, dans la salle du musée de la rue Bauphine. L'un d'eux, fort jeune, proposait déjà de prendre les armes; quelques-uns eurent horreur de la proposition, d'autres l'approuvaient : «Jeune homme, répondit une voix, remettons cette motion à la quinzaine.» A partir de ce jour ils s'installèrent librement à l'hôtel de ville, eurent le temps de reconnaître ceux d'entre eux qui pouvaient diriger le mouvement au milieu de la tourmente, et fermèrent rapidement avec les provinces cette coalition qui fit sortir de terre comme des millions de gardes nationales devant laquelle l'administration de Louis XYI resta pétrifiée comme par la tête de Méduse.

Ce furent ces électeurs qui improvisèrent, le 13, l'organisation d'une milice bourgeoise de 48,000 hommes fournis par les districts, et portant la cocarde parisienne rouge et bleue. On devait désarmer et punir tout homme qui, avec

cette cocarde, n'aurait pas été enrôlé dans son district. Le prévôt des marchands, de Flesselles, consentit à se mettre à la tête d'une municipaUté rapidement élue et investie de tous les pouvoirs. Un comité permanent travailla jour et nuit à établir l'ordre. Vingt fois cette frêle, mais courageuse autorité, faillit être mise en pièces, au milieu des agitations populaires qu'exaltaient le danger, la défiance et la confusion inévitables en de pareils moments. La multitude prétendait que la ville avait un arsenal secret, et n'écoutant aucune raison, dès 0 heures du matin elle avait pris le dépôt des armes des gardes de la ville et distribué leurs 360 fusils. Partout on cherchait de la poudre. Cinq milliers qui sortaient secrètement de Paris venaient d'être saisis et déposés dans une salle basse de l'hôtel de ville. Tandis qu'un abbé Lefèvre s'occupait à la distribuer, un coup de fusil est tiré sur les tonneaux, un coup de pistolet sur sa personne : peu après un homme ivre entre la pipe à la bouche , fumant sur les barils ouverts. Une étincelle tombée eût fait sauter dix mille personnes : l'abbé ne s'en tira qu'en achetant cette pipe allumée. La nuit, la porte était brisée à coups de hache qui faisaient Jaillir l'étincelle de ses clous. De moment en moment se succédaient les flots du peuple impatient qui demandait des armes. A une heure et demie M. de Flesselles annonce que le directeur de la manufacture de Charleville lui a promis 12,000 fusils qui seront suivis de 30,000 autres. On s'apaise et l'on attend. Arrivent des caisses avec l'étiquette « artillerie. » Elles n'étaient remplies que de vieux linge, de bouts de chandelles et de morceaux de bois. Qui les avait amenées? On est encore à le savoir; mais un cri général de trahison éclata aussitôt contre le comité et contre Flesselles. Sans doute celui-ci n'en était pas coupable ; mais il avait encore eu l'imprudence ou le malheurd'ordonner la feuille de la maison des Chartreux, comme contenant des armes : rien n'y fut trouvé; on amenait les religieux tremblants. Tandis qu'un orage d'imprécations tonnait sur la place, le malheureux Flesselles, réduit à révoquer l'ordre donné, disait avec embarras aux commissaires qui demandaient Texplication de ce mystère : « Je me suis trompé... j'ai été trompé. » Erreur qui devait hii coûter hi vie! (Procès-verbal des séances^ etc.). Ce Jour du moins, il vécut encore. L'ordre de fabriquer 50,000 piques apaisa un moment la tempête. Toutes les enclumes de la ville résonnèrent aussitôt.

Une foule d'autres mouvements croisaient, empêchaient ou favorisaient ces opérations. Au

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